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 "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett]

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Primo

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Primo
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MessageSujet: "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett]   "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett] EmptyMar 21 Juil - 16:05


C'est trop looong c'est beaucoup trop loooong, j'aurais pas dû laisser Primo de côté tout ce temps, il se venge avec un déluge de conneriiies arrrgiiihuguhurphr *jetée*


D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu être musicien.*
Bon. Étant donné que le grand Primo est issu d'une famille de musiciens, a été élevé et éduqué comme tel, et a grandi dans le pays berceau de nombreux virtuoses, il était presque impensable qu'il ne devienne pas musicien. Aussi, son souhait s'était-il affiné au fil du temps, et il faudrait dorénavant formuler son vœu le plus cher avec plus de précisions :
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu être un riche et talentueux violoniste, compositeur de génie, accompagné d'une jolie demoiselle admirative et fort bien pourvue, qui aurait l'honneur d'être mon épousée, de venir vivre avec moi dans ma luxueuse demeure et de porter mes cinq enfants, futurs musiciens prodiges à leur tour.
Rien que de très banal, en somme.
Et jusqu'à là, je m'en sortais plutôt bien.

Première étape : contrairement à ce que craignait ma mère, je ne suis pas devenu truand mais bel et bien musicien, et j'étais effectivement talentueux et génial (mais ça, je n'en avais jamais douté).
Deuxième étape : je n'étais pas (encore) riche, mais il fallait croire que dans l'imaginaire populaire, virtuosité rimait avec pauvreté, et le Destin semblait persister dans cette vision des choses et lambiner à faire de moi un riche nanti. Pourtant, je ne demandais pas la lune. Juste que l'argent ne disparaisse pas sitôt arrivé dans ma main. Ces temps-ci, il était plus navrant encore de constater qu'il fondait comme neige au soleil dans certains lieux précis, comme, au hasard, le cabaret.
(N'oubliez pas ce détail, nous y viendrons plus tard)
Troisième étape : je vivais bien dans une luxueuse demeure. Certes, le seul souci était que ce n'était pas la mienne, mais l’Évêque ne rajeunissait pas et j'avais bon espoir de figurer sur son testament. Enfin, il faudrait évincer ce traître d'Alceus avant – de toute façon ce malotru avait ruiné ma vie sentimentale, et un bon chrétien comme lui méritait seulement de brûler en enfer pour cet acte. (Souvenez-vous de ceci également, nous y reviendrons aussi bientôt) Mais nul doute qu'une fois que je me serai penché sur ce léger problème il serait réglé en moins de deux.

Mais pour l'heure, Primo avait des affaires plus importantes à régler que s'occuper de son cousin.
(Et pourtant je ne loupais jamais une occasion de lui casser les pieds, c'était dire)
C'était la quatrième étape, « être accompagné d'une jolie demoiselle admirative et fort bien pourvue » qui pêchait  le plus, actuellement.
Entendons-nous : j'avais toujours été plus ou moins accompagné de jolies filles. Même tout jeune, j'échappais à la vigilance de ma gouvernante pour aller dragouiller les fillettes du village d'à côté. (He ! le succès n'a pas d'âge, et l'amour non plus !) D'ailleurs ça ennuyait même ce jaloux d'Alceus, qui se plaignait que la maison d'un Évêque ne pouvait décemment pas servir de refuge à ces dames. (Je vous ai déjà dit que nous y viendrions plus tard. Ne perdez pas le fil, surtout.)
Bref, Primo n'avait jamais été en manque de flirts. Le problème était d'ailleurs plutôt de satisfaire tout le monde – on est galant ou on ne l'est pas, et j'aimais trop ces demoiselles pour briser le cœur de l'une en accordant ma préférence à l'autre.
Et pourtant ! il faudrait s'y résoudre, car Primo avait élu celle qui serait bientôt sa promise. Quelle tristesse pour la gente féminine !
Mais alors, me direz-vous, quel est le problème, cher Primo ? Cela signifie que tu as trouvé ta «  jolie demoiselle admirative et fort bien pourvue » non ? C'est merveilleux !
Hélas, malheureux !

(A cet instant, je me roulai sur le lit sur lequel j'étais allongé depuis des temps immémoriaux, emporté par mon monologue intérieur comme le serait le héros d'une tragédie grecque)

Hélas ! La demoiselle est bien jolie, et fort bien pourvue, et lotie de nombreuses autres qualités encore – mais admirative, elle l'avait surtout été de mon porte-feuille, et dernièrement, elle ne l'était même plus du tout.

Trois jours plus tôt, ma très chère Scarlett avait refusé de me voir.

(Dans ma tête, un chœur de pleureuses se mit à se lamenter et me plaindre sur mon sort, tandis que je soupirai d'un air accablé, désormais étendu sur mon lit comme Jésus sur sa croix)

Pauvre Primo, me direz vous, cela fait donc trois jours que tu vivotes misérablement et que tu dépéris d'amour comme un de ces bergers de l'Astrée ! Raconte nous (encore une fois) tes déboires, pour au moins soulager ta peine !
Fort bien, cher public.

Au dernier chapitre de ses mémoires, Primo s'était fait passer pour un riche nabab (prenant juste un peu d'avance sur ce que lui réservait son incroyable Destin) auprès de Scarlett, afin d'obtenir d'elle qu'elle lui accorde la priorité sur ses autres clients.
Ainsi, j'étais revenu au cabaret au rythme de deux ou trois fois par semaine, dilapidant la maigre fortune que j'avais acquise – puis celle d'Alceus, jusqu'à ce qu'il s'en rende compte et fasse égoïstement obstacle à mon histoire d'amour – puis travaillant d'arrache-pied pour continuer à m'offrir des nuits en compagnie de Scarlett. Mais mes efforts avaient payé puisque, finalement, j'avais réussi à obtenir des rendez-vous avec ma belle courtisane en dehors du cabaret. Jouant à Crésus, nous nous promenions et je lui offrais des douceurs ou des fleurs, je l'invitais au théâtre, ou je l'emmenais à l'Opéra où je jouais quelque fois et la conduisais dans les coulisses avec autant d'aisance que le propriétaire – et puis, je me suis laissé emporter. Je l'ai invitée dans la demeure de l’Évêque.
J'avais naturellement choisi un après-midi où le réel propriétaire était absent. Diable, j'avais même soudoyé le fichu gardien pour qu'il me salut poliment, pour une fois ! (Ce qui était vraiment abusé, quand on y pensait : un « Bien le bonjour, très cher monsieur » de temps en temps ne l'aurait pourtant pas tué) Nous passions d'une pièce à l'autre joyeusement, et j'impressionnais ma chère Scarlett en parlant de l'auteur de tel ou tel tableau, sculpture ou autre-truc-précieux-lambda-qui-traînait-là – bon, j'ai peut-être inventé quelques noms et historiques (que voulez-vous, je suis musicien moi, pas peintre) mais comme je vous l'ai dit, je me suis laissé emporter par mon élan.
Oui, j'ai menti. A propos des tableaux, à propos de la maison, à propos de mon inépuisable richesse imaginaire... Mais c'était au nom de l'amour !
(Soupirs tendres de mon public mental)
Et ces petits mensonges de rien du tout seraient passés inaperçus... si Alceus ne s'en était pas mêlé.
(Exclamations choquées de mon public mental)
Car, alors que je conduisais innocemment Scarlett vers la chambre de l’Évêque (eh bien oui, la mienne n'est pas mal mais soyons honnête, le lit à baldaquin peint à la feuille d'or de Monseigneur  fait toujours son petit effet auprès des dames), je croisais ce gredin d'Alceus qui s'exclama, avant que je ne puisse le faire taire : « Encore ?! Bon sang Primo, on est chez l’Évêque de Turin ici, pas dans une maison de passe ! »
(En rogne, je me retournai comme une crêpe sur mon lit, la tête entre les bras. Silence compatissant de mon public mental)
Scarlett devait être la deuxième ou troisième fille maximum que je ramenais ici. Pour quoi me faisait-il passer, ce fourbe mouchard ? Il l'avait évidemment fait exprès pour me faire perdre toute crédibilité ! Je lui aurais bien envoyé mon poing dans la tronche, si Scarlett ne m'avait pas collé le sien dans la figure avant.
La suite, vous la connaissez. Le lendemain, quand je suis passé la voir au cabaret pour m'excuser, elle m'a fermé sa porte.

Après un long silence, je poussai un râle et m'exclamai : « Pourriture d'Alceus !
- Sérieusement ? C'est la première chose que tu trouves à dire ? »

Je relevai vivement la tête. Alceus était assis dans le fauteuil, face à mon lit, haussant un sourcil.

« Qu'est-ce que tu fiches ici ? demandai-je d'un air assassin.
- Je suis entré il y a vingt minutes. »

Ah.
Je me redressai.

« Ça n'explique pas ce que tu viens faire là.
- Vérifier que tu es toujours vivant.
- Eh bien c'est chose faite, tu peux ressortir.
- Tu as mangé quelque chose, aujourd'hui ?
- Bien naïf celui qui croirait en la compassion de Judas ! Serpent. »

Alceus leva les yeux au ciel. Je repris :

« Je reformule : qu'est-ce que tu fais encore ici ?
- Tu m'avais promis une sonate. J'attends encore.
- Et ille exspectat, in infinitum... »

Il poussa un soupir exaspéré. Soudainement je me redressai, mû par une brillante idée :

« Prête moi de l'argent.
-Non.
-Tu auras ta sonate demain, sans faute.
-Tu aurais dû me la rendre il y a deux jours.
-Tu auras ta sonate et une suite pour piano et orchestre de chambre. » Une seule seconde d'hésitation, et je m’engouffrai dans la brèche : « J'ai saigné du nez pendant deux heures, par ta faute. »

Il soupira une fois de plus. C'était gagné.


Quelques heures plus tard, en fin d'après-midi, le grand Primo avait retrouvé figure humaine et entrait gaiement dans le cabaret, un bouquet à la main.
Blanche me fusilla du regard mais, avant qu'elle ne puisse donner l'ordre à ses brutes épaisses de me jeter dehors, j'agitai une bourse pleine de monnaie sonnante et trébuchante avant de lui envoyer un baiser de loin. Cerbère fronça les sourcils, mais accepta finalement de me laisser monter.
Je croisai quelques filles dans les escaliers ou les couloirs, occupées à chahuter ou se préparer pour la soirée à venir. Elles me saluèrent, je leur rendis leurs sourires. Plus personne ne s'offusquait de me voir me promener dans les coulisses de la maison. Je pressai le pas jusqu'à la porte de la chambre de Scarlett. J'avais hâte de reprendre ma vie sentimentale en mains – Scarlett avait boudé quelques jours, et alors ? Nul doute qu'elle souhaitait à présent autant que moi reprendre notre merveilleuse idylle là où elle en était.
Je toquai :

« Scarlett ? C'est moi. »

Aucune réponse.
Ne pas se laisser abattre, Primo.

« Je t'ai apporté des fleurs. Je suis désolé pour l'autre jour. Ouvre moi, je t'expliquerai... »

Toujours rien.
Ne pas perdre la foi, Primo.

« Scarlett, ma Scarlett, laisse moi entrer ! » Avec un rire un peu nerveux, j'ajoutai : « Ne m'oblige pas à venir jouer la sérénade à ta fenêtre toutes les nuits, j'en suis capable. »

J'entendis glousser derrière moi. A quelques portes, deux filles me regardaient d'un air taquin. Ce n'était sans doute pas la première fois qu'elles apercevaient un homme soupirer vainement à la porte d'une de leur camarade.
Tant pis, il fallait me résoudre à utiliser mon joker.

« J'ai amené de l'argent. » soupirai-je.

La porte s'ouvrit.
* .... Merci, hein >D

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MessageSujet: Re: "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett]   "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett] EmptyVen 20 Nov - 18:14

  • Scarlett, les mains enfoncées dans ses joues, les coudes appuyés sur la table de sa coiffeuse, fixait son reflet d’un air boudeur depuis de longues minutes. Le Seigneur, ce vieux bougon pernicieux, l’avait encore trahi. Dire qu’elle avait failli retrouver la foi ! Il ne la méritait nullement. Si elle s’était écoutée un peu, elle serait allé mettre le feu à une de ses église, à ce décrépi sans pitié (ou, plus bienveillant et moins meurtrier, elle serait allé souffler toutes les bougies que les bigotes allumaient à qui mieux mieux pour exercer elle ne savait quel vœu sans importance aucune – pour ce qu’elle en savait, ça devait être des inepties telles que « faites que mon levain soit le plu goutu du village » ou « pitié, que Germaine, la fille du boulanger, demande en mariage mon incapable de fils sans se rendre compte qu’il ne sait même pas nouer ses lacets »- ça leur apprendrait à la regarder de travers, et ça la soulagerait un temps de ses tracasseries).

    Détaillant son visage, elle faillit s’étrangler en découvrant ce qui, à la commissure de ses lèvres, ressemblait bel et bien à une ride naissante. Elle étouffa un juron, puis, se rappelant qu’elle était seule, donna libre cours à son inventivité en incriminant le barbu, le cabaret, la société, les vieux, les jeunes, les à naître et tout le reste de la smala, histoire d’être sûre d’avoir bien fait le tour. Elle serra le ruban qu’elle tenait dans sa main en imaginant que c’était la tête du charlatan qui l’avait baladée pendant plusieurs semaines. Non. Garder son calme. Après tout, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Elle avait juste pensé pouvoir améliorer sa condition avec un bon pigeon et c’était elle qui s’était fait entourlouper. C’était des choses qui arrivaient.

    Elle devait plutôt penser à ceux qui étaient dans le dénuement le plus total et lui auraient envié sa condition. Il devait bien y avoir un clodo tout pourri quelque part qui était plus misérable qu’elle. Non ? Sous le coup d’un pic de colère subi, elle tapa du poing dans le bois du meuble et ravala un nouveau flot de vulgarité sous le coup de la douleur. Non, même le dernier des derniers des pauvres bougres de la planète ne pouvait égaler le malheur de son existence, méprisée et roulée dans la farine par le plus infâme des escrocs que la terre ait jamais portée – non, l’exagération n’était pas de mise, les mots étaient même trop faibles pour décrire le complot dont elle avait été l’innocente victime.

    Elle, abusée comme une jeune vierge par un bonimenteur ! Elle avait refusé de voir Primo ces derniers jours. Elle ne bossait pas gratuitement. Elle avait ses règles de survie. Et sa fierté, qu’il avait foulée aux pieds comme le vulgaire vagabond qu’il était. Elle était furieuse de s’être laissée avoir par ses belles paroles et le luxe qu’il lui jetait aux yeux comme si ce n’était que peccadille. S’il osait se pointer ici, elle lui réservait l’accueil approprié (le coup de poing qu’elle lui avait envoyé pile dans le nez l’avait soulagée sur le moment, mais elle n’aurait pas été contre renouveler l’expérience. Elle avait encore de la colère à revendre).

    Au moment où elle formulait ces pensées, on frappa la porte. Elle ouvrait la bouche pour renvoyer l’intrus séance tenante -on ne pouvait plus broyer ses idées noires en paix ici ou quoi?- quand elle reconnut la voix qui s’exprimait. Elle se raidit. Oh, elle allait se faire un plaisir de le recevoir avec toute l’absence de tact dont elle était capable, cet infâme petit…

    « J’ai amené de l’argent. »

    Oh. Voilà qui changeait la donne d’une bien agréable façon. Elle prit le temps de remettre quelque peu ses cheveux en place, se tapota les joues et arrangea son rouge avant d’ouvrir. Elle resta cependant dans l’encadrement de la porte – Primo, traître, menteur, et à jamais objet de son courroux avait tendance à prendre ses aises beaucoup trop rapidement si on le laissait faire. Il n’entrerait chez elle que si elle le décidait – et il était peu probable qu’elle le décide, au vu des antécédents de cet insolent traîne-savates (elle aurait dû s’intéresser à son condescendant colocataire, lui avait l’air d’un homme avec du potentiel).

    Elle avança la main pour récupérer son dû, un grand sourire aux lèvres.

    « Bien. Ça paiera pour toutes les entrevues que tu m’as extorquées. »

    Il allait de soi qu’elle comptait lui refermer la porte au nez dès qu’elle aurait obtenu ce qu’elle voulait. Elle savait reconnaître une entreprise foireuse. Hors de question qu’elle se laisse avoir une nouvelle fois. Elle apprenait de ses erreurs, et elle jurait que Primo allait en faire les frais.

    « Si jamais tu oses venir sous ma fenêtre avec ton crincrin, je te le fais manger, est-ce que c’est clair ? »

    Elle était furieuse. Et il était hors de question qu’elle laisse le malotru s’en sortir impunément.
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MessageSujet: Re: "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett]   "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett] EmptyDim 10 Jan - 16:42

Le vif sentiment de victoire que je ressentis à l'ouverture de la porte disparut dès que Scarlett apparut dans l'encadrement. Elle ne m'invita pas à entrer, ne me salua pas non plus ; elle se contenta, avec un sourire qui n'atteignit pas ses yeux, de tendre sa jolie main en réclamant son dû. Adieu, idylliques retrouvailles !
Si j'avais comparé Blanche à Cerbère, qu'en était-il de ma Scarlett ? Elle n'était certainement pas une douce âme captive des Enfers, loin de là : à cet instant elle était l'incarnation même d'Hadès. Son regard me foudroya sur place. Pour un peu, j'aurais fui directement sans demander mon reste.

Mais jamais on a vu – jamais on ne verra ! – Primo battre en retraite face à une belle jeune fille.

(Même s'il était difficile d'effacer de mon esprit cette image de Scarlett me faisant manger mon violon, morceau par morceau. Elle était parfaitement capable d'aller au bout de ses menaces.)

Comme un capitaine se préparant au combat, je pris une inspiration et me lançai bravement :

« Non, je te le donnerai quand tu m'auras laissé m'expliquer. »

Derrière moi dans les couloirs, j'entendais régulièrement le froufrou des robes, les bruits de pas précipités des filles affairées – toutes semblaient occupées à préparer la soirée, mais les gloussements réguliers laissaient deviner que les oreilles restaient tendues dans notre direction.
D'ordinaire, capter l'attention d'un troupeau de jeunes filles n'était pas pour me déranger, mais je n'étais clairement pas à mon avantage dans cette situation, et je me sentais plus gauche et embarrassé qu'autre chose. Quel homme ne l'aurait pas été, à ma place ? Toute cette assemblée restait à l'affût de ce qui lui paraissait mérité et inévitable : un refus net de la part de Scarlett, suivi d'une gifle et d'un claquement de porte. Action qui ne manquerait pas de se produire si je donnais dès à présent son argent à Scarlett, au vu de son humeur. En amour comme à la guerre : pas question de la laisser s'échapper sans avoir livré bataille avant.

Pourtant, la lutte serait loin d'être très offensive. Tout homme qui s'est déjà retrouvé à la porte de sa dulcinée (à qui n'est-ce pas arrivé ? C'est une histoire vieille comme le monde) sait que pour la reconquérir il n'y a qu'une solution : mettre de côté sa fierté toute masculine.
(Oh, c'est loin d'être si compliqué – nous, les italiens, avons la galanterie facile, contrairement à ces machistes d'espagnols qui ont l'impression que s'excuser revient tout bonnement à piétiner leur virilité. Tsss)

Face à la colère de Scarlett, et au soutien ostensible de toutes ces demoiselles, donc, je n'avais qu'une seule option.

Reculer pour mieux avancer ensuite ; perdre la bataille pour gagner la guerre.

Une main sur le cœur, l'autre tendant le bouquet de fleurs à Scarlett, je m'inclinai solennellement :

« Je te prie de m'excuser, Scarlett. Je ne voulais pas t'offenser, je te le promets. »

Puis je retins ma respiration, attendant la sentence : serais-je gracié, ou bien le couperet s’abattrait-il sur ma nuque ?

(Mais quelle demoiselle ne succomberait pas devant tant de sincérité ? Quel cœur resterait de marbre face à l'honnête détresse de Primo, à son tendre désarroi ? Je vous le demande)

« S'il te plaît, laisse moi entrer et discutons. »

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MessageSujet: Re: "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett]   "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett] EmptyMer 10 Fév - 22:42

  • Autour d’eux, le cabaret bruissait d’activité, de froissements de robes, de vaisselle entrechoquée et brisée, de craquements du vieux parquet, des frictions de liquide clapotant dans les tonneaux, de rires, en majorité féminins, qui bizarrement cessaient dès qu’ils atteignaient le couloir où se trouvait la loge de Scarlett. Elle soupira intérieurement. Que serait cet établissement sans ragots ? Une coquille infâme d’ennui mortel, elle le supposait. Ce qui maintenait les filles en éveil la journée, c’était les bruits de couloir qui ne cessaient de courir – et étaient d’autant plus nombreux que les arrivées augmentaient, rajoutant de nouveaux parfums de scandales à un endroit qui n’en manquait pas. Ainsi, les assiduités de Primo ne pouvaient que susciter l’intérêt de femmes désœuvrées, qui ne rêvaient que de conversations sulfureuses à voix basse en attendant le début du travail. Un homme quémandant après une porte close était une occasion trop tentante. D’autant que le jeune musicien n’était pas passé inaperçu. Auprès de Blanche, d’abord, qui voyait d’un mauvais œil un fauteur de troubles se trouver bien trop souvent dans son environnement proche, et s’accaparer une de ses danseuses. Auprès des femmes du cabaret, pour qui un jeune homme était toujours une attraction de premier choix, surtout quand il pouvait être l’éventuelle source de rumeurs. Auprès des musiciens, qui avaient assez mal vécu leur dernière entrevue avec Primo, le considéraient encore avec désapprobation et évitaient de le côtoyer de trop près.

    Pour toutes ces raisons, et en particulier car elle détestait être le sujet de bruits de couloirs (« Scarlett essaie de se placer, la vieillesse guette », « Vous croyez qu’il lui a fait un môme ? Si c’est le cas, on le verra plus en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire », « Il est sûrement venu la renvoyer non ? C’est digne d’un gentilhomme de le faire en face »), elle aurait dû faire entrer Primo. Mais sa fierté étant plus forte (elle se chargerait d’arracher la langue des vipères -en toute piété et avec beaucoup de compassion, elle était bonne catholique après tout, et elle agissait toujours dans la bonté du Seigneur- plus tard -et avec délectation, sans offense Seigneur), elle se contenta de le toiser de toute sa hauteur, avec tout le mépris dont elle était capable, et en exprimant tous les ricanements contenus du monde.

    Même si elle se doutait que Primo ne se laisserait pas faire aussi facilement, elle ressentit une certaine pointe de déception quand il refusa de lui donner l’argent promis. Le chantage était un procédé déplorable dont elle ne cesserait jamais de dénoncer la malhonnêteté -bon, sauf quand elle l’utilisait, mais c’était souvent pour la bonne cause et donc ne comptait pas réellement comme tel, cela allait sans dire. Déception mêlée d’une petite pointe d’un sentiment qu’elle aurait bien voulu refouler. Du plaisir, en quelque sorte ? Une certaine joie que Primo ne s’en aille pas sitôt l’argent fourni et la porte refermée. C’était ridicule. Elle était une grande fille. Rien n’était plus important, plus palpable, plus tangible, que l’argent. Mais les faits étaient là. Elle était heureuse de voir Primo, malgré l’envie pressante qu’elle avait de lui arracher la tête à mains nues.

    La tentation était grande de lui faire avaler ses excuses. Elle se contenta de hausser un sourcil en s’appuyant sur le chambranle de la porte. C’était mal la connaître que de penser qu’elle allait se rendre sur de simples excuses. Elle avait connu des baratineurs de tous les niveaux et de toutes les classes sociales. Ses économies ne seraient pas ce qu’elles étaient si elle laissait tomber gratuitement le corsage à la première parole doucereuse.

    Elle fixa ses ongles d’un air pénétré.

    « Je suppose que je pourrais. Mais vois-tu, de récentes expériences m’ont appris à ne pas me laisser influencer si facilement. »
    En revanche, elle pouvait bien prendre le bouquet. Elles étaient jolies et sentaient bons. Cela serait du plus bel effet chez elle et embellirait la pièce. Elle attrapa les fleurs d’un air princier, les calant contre sa poitrine et adressant un petit sourire contrit à Primo, toujours incliné devant elle. Elle devait admettre que la situation n’était pas désagréable. Qui cracherait sur les excuses d’un charmant jeune homme, fut-il le dernier des vauriens et probablement l’enfant caché de Satan venu causer sa perte ? Personne. Et surtout pas elle.

    « Ce serait avec plaisir, vraiment. Cependant, à faire des faveurs au premier venu, j’y perdrais ma réputation. Ce serait regrettable pour mes affaires. »

    Elle ajouta un petit clin d’œil et un sourire enjôleur. Ça, par contre, ça ne coûtait rien. Elle pouvait se le permettre.
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MessageSujet: Re: "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett]   "Rondo Capriccioso" [PV Scarlett] EmptyLun 22 Fév - 9:16


Je me redressai juste à temps pour saisir le sourire de Scarlett, assorti d'un clin d’œil. Sur son cœur, le bouquet de fleurs qu'elle venait d'accepter. Dans son regard, une étincelle d'intérêt à mon égard.
Non, Scarlett ne pardonnait pas – pas encore, pas si facilement – mais elle n'était plus sur le point de me claquer la porte sur les doigts. Mieux, sa voix cajoleuse laissait supposer qu'une ouverture était  à présent possible.

En somme, elle quittait le champ de bataille des franches hostilités pour s'aventurer sur un autre terrain, bien plus favorable à un séducteur né comme Primo : celui de la bagatelle.

(Acclamations de mon petit public mental ; la foule est en délire tandis que je m'apprête à entrer dans cette arène-là, tel un gladiateur éternellement invaincu)

(Ne l'avais-je pas dit ? Reculer pour mieux avancer, perdre d'abord pour gagner ensuite. Infaillible.)

Je portai la main à mon cœur comme si je venais d'y recevoir une flèche perfide. Bien sûr, je n'étais qu'à moitié peiné par ses paroles – allons, je savais bien que Scarlett était déjà folle de moi : elle refusait simplement de l'admettre pour le moment. Évidemment. Comme toutes les jolies femmes, elle préférait se faire désirer un certain temps avant de céder (et celui qui ose dire qu'il en va différemment pour les travailleuses du cabaret se verra jeter le gant du grand Primo en pleine figure, car jamais il ne laissera passer un tel affront envers ces dames. Toute femme est en droit de se faire désirer si elle le souhaite. Le travail et l'amour sont deux choses différentes. Mais je m’égare).
Sur son invitation, j'entrai dans le jeu de Scarlett, et pris un air meurtri. Séduire était un art, qui reposait sur une multitude de codes – que je connaissais sur le bout des doigts.

« Oh, Scarlett, qu'entends-je ? Peux-tu m'en vouloir à ce point ? Ce manque de confiance me brise le cœur. » Oui, rien de moins. « Et me considérer seulement comme un client, encore aujourd'hui ! Un ''premier venu'' ! »

Je séparai une rose blanche du reste du bouquet que tenait Scarlett, en cassai la tige et glissai la fleur derrière l'oreille de la douce, tout en soufflant :

« Ne suis-je vraiment rien de plus pour toi ? »

L'opération nécessitait forcément une proximité certaine, qui était loin de me déplaire au regard de ces derniers jours de méprisante solitude, mais je n'en abusai pas et m'éloignai aussitôt. Scarlett se montrait peut-être un peu moins colérique pour le moment, il serait dommage qu'elle considère de nouveau ma présence comme intrusive et que ses doigts la démangent de m'en retourner une, une fois encore.

J'attrapai donc plutôt la main libre de la demoiselle, pour lancer fougueusement :

« Tu me parles d'affaires, de réputation, quand moi je te parle d'amour ! »

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"Rondo Capriccioso" [PV Scarlett]

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