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 Theophil ~ Incompréhensible

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Theophil

{ A... PINK... Elephant *o* }

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Messages : 306
Localisation : Planqué quelque part pour échapper à son Boss.
Âge du personnage : 22 ans
Fiche du personnage :



RPs : Cavalcade en nuitée - Lucien et Willy (fini)

Shut up and let me go, yeah ! - Vidal et Shad (inachevé)

Woman or man ? - Chan Dai (fini)

Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse - Lucien (fini)

A silly situation - Eulalie (en cours)

Course nocturne - Heather (en cours)

La violence ne résout rien (mais elle soulage) - Lucien (fini)

Il ne faut jurer de rien - Lucien (fini)

Un rien suffit - Lucien (fini)

Des lendemains qui chantent - Lucien (en cours)



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Profession ou titre: Garde
MessageSujet: Theophil ~ Incompréhensible   Lun 18 Jan - 1:19





    Prénom : Theophil Pàl Mikhaïl.
    « Paraît que Theophil viendrait de Theos Phileô, Qui aime les dieux. Mon bougre de paternel avait plutôt bien prévu mon avenir de lèche-bottes. Mikhaïl, c'est son nom, et le mien maintenant, mon héritage. Un nom qui ne s'oublie pas, avais-je crus. »
    Âge : 21 ans.
    Orientation sexuelle : Bisexuel.
    Fonction, métier, titre de noblesse : Garde. Et derrière le rideau, trafiquant de cannabis.
    Signe caractéristique : Monochromatique.
    Manie, habitude : Probablement jouer avec son petit couteau. De temps en temps, faire perler une goutte de sang sur un de ses doigts avec, juste pour se rassurer de ne pas en voir la couleur. Et évidemment, comme tous les fumeurs, le tabac à rouler (papelate, comme il est nommé à l'époque) est une habitude.
    Groupe : Extremist.




    D'aussi loin qu'il se souvienne, sa vie n'avait réellement commencé que devant la grille forgée du château. Une vieille besace de tissu rêche contenant presque toute sa vie; des vêtements fatigués par un long voyage; des cheveux sales et emmêlés, bataillon blond cendré tombant devant ses yeux gris, en dépit d'un bandeau froissé. Un visage exténué sur lequel se dessinait finement un sourire, tandis qu'il franchissait la barrière. « Mon Royaume pour celui-ci! » s'était-il dit en repensant à Wien.



    Il avait 11 ans. Il rentrait chez lui, comme après chaque journée de travail dans la rue Laberlveg, près du canal. Avançant tête baissée, pour tenter d'oublier le vent glacial qui lui fouettait le visage; pour esquiver les flocons de neige hasardant une entrée par le col de son manteau; ou tout simplement pour ne pas avoir à croiser le regard des autres personnes autour de lui. Il tenait encore contre sa hanche, honteux, le sac besace de sa mère – contenant évidemment la marchandise à revendre. Ce que sa mère appelait « Les herbes magiques pour grandes personnes ».
    Il bifurqua sur la gauche, passa devant le monument aux morts avant d'arriver sur la petite place Schuttaüplatz. Les nombreux allers et venus des habitants avaient fait fondre la neige sur une partie du chemin, traçant des sillons détrempés sur les pavés. Theophil releva instinctivement la tête pour regarder en face de lui, histoire d'éviter de percuter un passant. Des flocons atterrirent dans ses yeux gris; il battit des paupières douloureusement. Le garçon pencha de nouveau son visage vers le sol. Après tout il connaissait le chemin par cœur, et tant pis pour le pauvre inconnu qu'il risquerait de bousculer – celui-ci n'aurait qu'à lui lancer un regard noir, auquel Theophil répondrait par un visage sombre et vaguement affolé, avant de repartir sans un mot, son sac besace toujours calé sous son bras.
    Quelques raccourcis boueux furent utilisés jusqu'à la rue Gänsehäufel, après quoi Theophil arriva devant chez lui, transi par le froid et dégoulinant. Il poussa la lourde porte d'entrée bloquée par la neige, permettant à une rafale de vent enneigé de s'introduire dans la chaumière, puis franchit maladroitement le seuil. S'il accédait directement à la cuisine, c'était simplement parce qu'elle était la pièce principale: comme toutes les autres maisons de l'époque, celle-ci n'était pas bien grande et ne comportait que deux pièces. La plus grande, faiblement chauffée par une cheminée qui tirait mal, contenait table, lits et baignoire (une simple bassine). La seconde, minuscule, servait à ranger les provisions. Une sorte de réserve pour entreposer le grain, le blé, quelques viandes – et, le plus important, le contenu du sac.
    Sa mère, blonde svelte aux traits fatigués, dormait sous un amas de draps, couettes et édredons légèrement humides. Elle semblait presque paisible, il choisit de ne pas la réveiller.
    Il déposa le sac, plus léger qu'il ne l'était lorsque le garçon avait quitté la maison quelques heures plus tôt, et commença à se dépouiller. Vidant ses poches des pièces sonnantes et trébuchantes qu'il avait amassé dans l'après-midi, jetant son manteau doublé contre la chaise en face de la cheminée, quittant ses chaussures détrempés et ses bas. Ce qu'il y avait de plus gênant à Wien, c'était l'humidité de l'hiver. Theophil n'avait jamais vraiment aimé cette ville – ou plutôt, il n'avait jamais vraiment aimé ce quartier de la ville qui l'entourait depuis toujours et qu'il n'avait jamais quitté.
    Il s'assit sur la chaise et se mit à fixer les flammes dans l'âtre noir. Tout en regardant le feu consumer le bois difficilement, il tenta d'imaginer des formes, des êtres, des histoires fantastiques pour s'occuper jusqu'au réveil de sa mère. Mais il ne voyait rien d'autre qu'une sombre fournaise. Theophil n'était plus un petit garçon rêveur - on l'avait arraché si jeune à ses contes de fées.



    - Et t'as quel âge? Tu sais te battre, au moins?
    Le capitaine de la Garde, une sorte de colosse à l'haleine chaude et embuée par la bière, le regardait fixement. Ses yeux étaient vitreux, ses rides creusées avant l'âge. Theophil s'était dit que si l'armée entière de ce royaume était à l'image de cet homme, il n'aurait aucun problème à s'y faire admettre.
    - Je m'en tire plutôt bien, ouais.
    Quelques mois plus tard, il était gradé.




    « Les vers mangent d'abord mes organes féminins.
    Ils ont déjà complètement rongé mon vagin et mes seins
    et maintenant ils s'attaquent à ma bouche et à ma gorge. »

    L'Herbe Bleue


    Il n'eut d'autre échappatoire que la réserve.
    Les cris de sa mère résonnaient dans la grande pièce tandis que le vent se projetait en puissantes rafales contre les volets. Theophil se recroquevilla un peu plus sur lui même, contre les sacs de grains, ses bras entourant ses genoux. Sa mère faisait ce qu'elle avait appelé autrefois pour un de ses clients « un mauvais voyage ».
    A peine sortie de son sommeil, en sursaut, elle s'était précipité sur son fils pour lui quémander l'argent qu'il avait gagné dans la journée, ainsi que la besace contenant les restes des herbes médicinales. Médicinales, c'est comme ça que les fonctions de la plante était qualifiées depuis leurs découvertes, parce que les gens devenaient heureux après l'avoir consommé. Les temps étaient durs pour tous le monde; si les trafiquants et leurs clientèles avaient la solution pour surmonter leurs malheurs, autant qu'ils en profite.
    Theophil avait vu sa mère jubiler, nerveuse; elle caressait anxieusement le sac de toile comme pour s'assurer de sa présence. Elle lui confia qu'elle avait fait un mauvais rêve, qu'elle avait crut que le sac lui avait été arraché. Que son bonheur et sa survie - ou plutôt sa vie, pensa Theo, crispé - lui avaient été extorqué. Elle avait ouvert fébrilement le sac et Theophil avait tourné les yeux vers le mur. Comme beaucoup d'autre soir, de la fumé s'était élevée dans la pièce, et l'enfant avait tenté d'en aspirer quelques bouffées - après tout, lui aussi voulait être heureux, se mettre a rire, comme sa mère - en vain. Il ne réussit qu'à attraper un mal de crâne pendant que sa mère, allongée de nouveau, attendait que les plantes médicinales fassent leurs effets.
    Moins de quinze minutes plus tard, elle s'arrachait les cheveux par poignées, se roulant sur le sol en hurlant.
    Sa voix était rauque, déformée; un infâme gargouillis égrisait le fond noir de sa gorge, faisant couler un filet de bave le long de son menton. Terre? Vers? Que disait-elle donc? Des mots sortaient, incompréhensibles et entrecoupés par des râles. Theophil partit en courant quand elle commença à vouloir le griffer - volontairement ou non, il ne se posa pas la question. Elle balançait ses bras autour d'elle, démente, et quand elle ne trouvait rien à frapper c'était à elle-même qu'elle s'en prenait. Effrayé, il se précipita dans la seule pièce isolée, la réserve, et referma la porte sur le visage sanglant de sa mère.
    Quand il était petit, le père de Theophil lui reprochait toujours d'être aussi froussard. Sa mère rétorquait en souriant qu'il était simplement un peu timide, fragile.
    Il crut entendre des chocs sourds, le fracas des meubles, les vitres qui explosaient.
    - Ce n'est qu'un mauvais rêve, ce n'est qu'un mauvais rêve, ce n'est qu'un... se répéta Theophil en boucle. Les mains sur les oreilles, et les dents serrées.
    Les contes de fées avaient bien su disparaître de son enfance, alors pourquoi pas les cauchemars?



    Accoudé sur l'autel, une cigarette entre les lèvres; on l'avait emmené dans l'église pour lui montrer 'un sacré tour' . Il observait donc, lointain, le reste de la Garde s'amuser à provoquer le prêtre en lui lançant des plaisanteries salaces. Il sourit discrètement devant la réaction offusquée du curé. Du coin de l'œil, il observa une adolescente, que le vieil homme d'église s'évertuait à punir avant d'être chahuté, se faufiler sournoisement hors du monument. Quand il en eut assez des pitreries de ses sombres crétins de camarades, il sortit lui aussi, les mains dans les poches.


    « J'ai essayé, j'ai vraiment essayé de me rappeler
    ce que je devais dire après "Notre père qui êtes aux cieux..."
    mais je ne trouve que des mots sans suite, inutiles, artificiels, lourds,
    qui n'ont aucune signification et aucun pouvoir. »

    L'Herbe Bleue




    Rouge. La couleur aussi intense qu'une forte lumière imposée à l'œil; la pupille qui se rétracte automatiquement à sa vision. Rouge, une couleur agressive. Quand Theophil sortit timidement de la réserve, poussant le battant d'une main tremblante, le Rouge l'attaqua.
    Sa mère était assise, contre le mur, et la tête penchée en avant comme si elle s'était simplement assoupie. Derrière elle, le carreau de la fenêtre brisé. Il eut l'impression que son cœur s'arrêtait de battre.
    Du sang coulait, pourpre, contre le mur de briques noircies par la fumée de la cheminée proche. Des morceaux de verre perlés d'écarlate, ainsi que des braises, points lumineux et rougeoyants, entouraient les membres disloqués et la chevelure anciennement blonde, désormais vermeille, de la femme. Des mains sanglantes semblaient avoir parcourues les objets alentours, intimement, laissant pour seules traces de leur passage des bavures couleur rubis.
    Theophil se plaqua au mur opposé, derrière lui, les yeux écarquillés. Rouge.
    Autour de lui le décor s'estompa pour ne plus devenir qu'un sombre tourbillon de couleur; il défaillit. Quand il se réveillerait, rien ne serait plus pareil.




Dernière édition par Theophil le Jeu 21 Avr - 23:49, édité 6 fois
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Theophil

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MessageSujet: Re: Theophil ~ Incompréhensible   Lun 18 Jan - 1:24

    L'adolescent roulait son tabac, lentement, de ses doigts fins, comme toujours avant de faire sa ronde. Cette nuit, il faisait le deuxième quart, de une heure à trois heures du matin. Ça ne le gênait pas; il n'aimait pas dormir, ou plutôt, rester étendu dans son lit à attendre le sommeil. Après tant d'années à bouger, s'exténuer d'une vie sans dessus dessous, il avait prit l'habitude d'un rythme trop effréné pour qu'il daigne rester allongé. La cours de l'Aile Ouest était silencieuse quand il remplaça son subordonné.


    « Je voulais faire partager aux autres ce spectacle merveilleux
    mais les mots qui sortaient de ma bouche étaient pâteux, mouillés,
    ils avaient un goût de couleur. »

    L'Herbe Bleue


    Theophil ouvrit les yeux sur un monde gris. Un univers délavé, pâle, doux comme la soie. Terne, livide; chaleureux. Quand il posa un regard sur le carnage dans lequel s'était abimée sa mère, il n'y avait plus de rouge. Il poussa un soupir de soulagement. Il se leva sans crainte, s'approcha de la dépouille morne, se pencha vers elle pour l'observer de plus près. Une poupée de chiffon blanc décharnée d'où se vidait des flaques argentées, voilà ce qu'il voyait. Un sourire se dessina, timide d'abord, tremblant, puis de plus en plus affirmé jusqu'à l'euphorie. Un rire qu'il avait cru éteint à jamais s'échappa de ses lèvres. Il ne s'était jamais senti aussi heureux depuis longtemps.
    Pas même depuis ces jours où Theophil se balançait sur les genoux de sa mère; où son père ne détestait pas encore son fils. Où il n'était pas encore partie en découvrant les affaires de tromperies de sa conjointe, où il ne les avait pas encore abandonnés après plusieurs semaines d'injures et de coups sur sa putain de chienne de femme, cette gourgandine sans honneur qui osait découcher et lui pondre un marmot qui n'était même pas le sien. Ah oui, maintenant il comprenait d'où venait cette petite frappe qui se faisait passer pour son rejeton, ce froussard qui mériterait autant que sa mère de crever dans le caniveau. Allez, à la revoyure, j'm'en vais m'enfiler une catin.
    Pas même depuis ces jours où sa mère n'était pas encore partie toucher à la drogue, tenter de survivre en se servant de son fils pour aller revendre ces herbes dîtes médicinales plutôt que de continuer à lui raconter des contes de fées pour le border le soir. Depuis ces jours si lointain, il lui semblait que plus jamais personne n'avait été heureux, dans sa Wien colorée de troubadours, d'herbes bleues et de neige rosée.
    Mais Theophil n'en avait plus cure.
    - A présent, je suis libre.
    Le dire, c'était comme s'il confirmait la chose. Il quitta la ville sans délai, le cœur moins lourd.
    Où allait-il aller; il n'en savait rien, mais n'importe où serait mieux qu'ici. Comment allait-il vivre; il n'en savait pas plus, et il s'en moquait. Comment se procurer de l'argent – était-ce vraiment un problème? Il avait observé et aidé sa mère à planter du chanvre indien, à faire sécher les feuilles de cannabis, à tamiser les fibres jusqu'à ne plus obtenir qu'une poudre épicée que des clients toujours existants aimait à fumer. Oui, il n'avait qu'à survivre comme il l'avait appris.
    S'il ne pouvait faire marche arrière, il pouvait au moins continuer le plus loin possible.



    … Un visage exténué sur lequel se dessinait finement un sourire, tandis qu'il franchissait la barrière. « Mon Royaume pour celui-ci! » s'était-il dit...

    Theophil mit plusieurs mois à apprendre à parler couramment anglais. Ses nombreux voyages ne l'y avaient pas aidé, la mode chez le beau monde étant à la française, et les habitués des tavernes parlant espagnols autour de lui. Mais il s'y était fait, au bout d'un moment, son langage était devenu propre à lui-même; un mélange exotique de plusieurs antonymes. Une coulée de mots doux et suaves, rocailleux et mélodieux, accentués ou exquis. Et finalement, ce furent les habitants qui s'habituèrent à son langage.
    Ce Royaume, c'était le paradis. Il ne savait pas vraiment pourquoi – il aimait cet endroit, c'est tout. Il se disait heureux de compter parmi les chanceux à y avoir été enfermés. Beaucoup le vivaient mal, certes, mais lui, qu'en avait-il a faire? Les affaires n'avaient jamais aussi bien marchés qu'en ce lieu où la tristesse et le désespoir résonnaient sans cesse. Mais après tout, les Princes ne faisaient que préserver cet endroit de la souillure colorée du reste du monde. Pour une fois que Theophil s'était accroché à un endroit, il se refusait d'en partir. Personne n'avait intérêt à l'en expulser. Il se fit engager comme garde.

    Son premier entrainement aurait pu le traumatiser. On l'avait acquitté d'une surveillance nocturne, avec un de ses supérieurs qui devait lui apprendre les ficelles du métier. Ils rodaient dans la cours, ombres furtives et silencieuses, quand ils avaient remarqué un intrus se faufilant près des cachots. Son supérieur, le genre de type sadique à qui on ne fait pas le coup, dégaina son pistolet, s'approcha discrètement de l'intrus et, par un détour, se retrouva brusquement devant lui, souriant. Theophil était toujours en retrait, derrière l'autre garde; il observait. Son supérieur pointait son arme sur le torse d'un homme de la trentaine, au visage provocateur.
    - On t'a jamais dit qu'il y avait un couvre-feu? fit-il à l'intrus avec un sourire pervers.
    - J'savais pas. J'le jure.
    - Ah, vraiment? Montre moi tes mains.
    L'homme ne fit pas un geste, il conserva son air de dédain. Quand le soldat appuya un peu plus son pistolet contre son torse, il cracha sur le sol et tendit ses mains à contre-cœur. Les veinures de la peau, les ongles et le creux de ses paumes étaient noirs. Le garde tira aussitôt; le corps s'effondra dans une marre de sang.
    - Si c'est noir, c'est d'la poudre. Et qui dit poudre dit arme, dit résistants.
    Theophil était resté silencieux. De son visage, comme toujours indéchiffrable, ressortait pourtant de l'étonnement. On tuait un homme pour si peu? L'autre garde sifflotait en trainant le cadavre dans un coin de la cours. Il observa la longue trainée de sang gris. Il sourit à son tours. Bah, qu'est-ce que ça pouvait lui faire, de tuer? Du moment qu'il ne voyait pas la couleur du meurtre.

    C'était un peu par hasard s'il s'était fait engager comme garde; un peu sur un coup de tête aussi. Le nouveau Theo était surement beaucoup moins cohérent et prévisible que l'ancien. Il avait entendu, sur la place du Bourg, le crieur faire passer un message de la Royauté. On recrutait des soldats en urgence, « afin d'écraser les opposants au régime. ». Cela suffit à convaincre l'adolescent. Enfin, "l'adolescent" n'en était plus tellement un à présent; il avait 21 ans et le poing dur. Mais son allure était restée la même qu'auparavant, pratiquement: le visage fermé, fin et dissimulé par des mèches d'un blond cendré; deux perles grises brillant dans leurs orbites; le corps mince, légèrement chétif, les os saillants. Mais quand il fumait, son apparence s'en trouvait murie. Ses lèvres blêmes s'étiraient en un sourire rêveur tandis que la cigarette se consumait lentement.

    C'était également par hasard, et encore sur un coup de tête, s'il s'était mis à fumer. Fermement opposé à l'idée de finir comme sa défunte mère, il s'était toujours refusé de toucher au cannabis. Mais un soir, dans le fond d'une taverne enfumé en Allemagne, l'homme accoudé sur le comptoir à côté de lui s'était préparé du tabac à rouler, avait grillé son papelate lentement avant de s'endormir sur place. Tous ça sous les yeux indescriptibles de Theo. Il attrapa la petite bourse de tabac et le papier à rouler avant de sortir tranquillement de la taverne.
    Calé sur la bordure du trottoir, il reproduit maladroitement les gestes de l'homme, uniquement éclairé par les lumières tremblotantes de la ville. Il porta la cigarette à ses lèvres, aspira, trop violemment, s'étouffa, toussa. Recommença, apprécia la sensation. Oh oui, et quelle putain de sensation!



    Il faisait tourner son petit couteau contre sa main quand il entendit un craquement. Sans se retourner complètement vers la source du bruit, il prit le temps de ranger son couteau à sa ceinture, de retirer sa cigarette de sa bouche, entre deux doigts, pour la jeter au sol. Il dégaina son pistolet, se dirigea lentement vers le rempart. Une ombre passa, il tira. Le coup de feu fit plonger à terre la silhouette de l'intrus. Theophil s'en approcha. C'était un gosse, 12 ans environs, au cheveux roux et sales. Il le releva sans un mot, d'un air presque blasé – d'un air trop complexe pour être réellement compris. L'enfant se crispa mais ne tenta pas de se débattre. Au fond peut-être savait-il que s'en était fini.
    - He, gamin. Montre-moi tes mains.






    Votre nom ou pseudo : Le fantôme de St Exupérie les Bains /vlam/ Talou?
    Comment avez-vous découvert le forum ? Il m'est apparu par magie, sous mes yeux comme ça, pouf, pour la centième fois.
    Qu’aimez-vous/détestez-vous dedans ? … J'ai une réclamation à faire. Est-ce normale que ces smileys soient hypnotisants à ce point? : :cyclops: :lol: :bounce: J'arrive pas à en détacher les yeux. Je porte plainte! *se fait fusiller*
    Comment l’améliorer ? En donnant une leçon a ces smileys. *se refait fusiller*
    Rien à ajouter? [Niahaha niark par Army] GLOIRE A PAUL-HENRIIIIII!

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Dernière édition par Theophil le Jeu 3 Mar - 18:45, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Theophil ~ Incompréhensible   Lun 18 Jan - 1:42

      kiuuuuuh, Theo a la claaaaaaaaaaaaaaaasse !!!

      Je le kiiiiiiiffe ultimement <3 et poor, pooor maman =O

      J'ai remarqué ton délire des " - " dans tes phrases depuis plusieurs fiches, c'est marrant XD

      Donc, je te valide avec joie, ô TALOU, et je te reserve d'ores et déjà un RP pour Mr.Mak XD *mais c'est encore un secret ~*

      VALIDEE - EXTREMIST.

      OOH j'avoue, les smiley... sont... hypnotisants *o*
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Theophil

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MessageSujet: Re: Theophil ~ Incompréhensible   Ven 22 Juin - 0:02

    Groupe : Extremist
    Réaction :

    Le choc fut rude.
    Theophil avait observé plusieurs heures durant le peuple lancer des pierres contre les murs du château, armé uniquement de fourches et de flambeaux – il n'avait jamais vu une telle manifestation de violence, mais il n'aurait jamais pensé que cela puisse aller plus loin. Et quand un groupuscule parvint à s'introduire dans le château, il ne savait par quel passage secret, lui et le reste de la garde avaient naturellement pensé mater ces gueux en peu de temps.
    Il avait déjà mis en joue son pistolet... quand il avait vu passer, encerclés de révolutionnaires menaçants, les Princes servant d'otages.
    Les soldats n'eurent d'autre choix que de lâcher leurs armes.

    Ils avaient été ridiculisés. Les résistants les avaient fait mettre à genoux, mains croisées derrière la tête pour finir de les désarmer, avant de les enfermer dans une pièce du château – mais Theophil avait l'impression de ne s'être pas encore relevé : sa superbe de soldat en uniforme, la présomption de son grade et de son arme – et plus encore, sa fierté toute entière – avaient été piétinées. Et quelque chose, au fond de lui ; comme un souvenir d'enfant que l'on aurait souillé. Le pays qui l'avait accueilli, ce Royaume où il s'était enfin senti chez lui après ses interminables voyages, venait d'être bafoué lui aussi.
    Il ne pouvait le souffrir.

    Peut-être avait-il failli y passer. Dans l'effervescence du changement de pouvoir, tous les partisans des princes se trouvant au château avaient été regroupés et déjà, on parlait d'exécutions de masse – pour venger le peuple, pour répondre à l'appel du sang, pour montrer l'exemple. Ils avaient attendu plusieurs heures, leurs murmures seulement accompagnés des éclats de feux d'artifices au dehors. Beaucoup s'étaient préparés au pire. Pour Theo, il n'aurait jamais cru que le pire se présenterait avec une canne à la main et un regard glacial en guise de salut.

    « Ce sombre crétin n'est plus aux bottes des Princes, mais aux miennes ! Renseignez-vous un peu avant d'arrêter n'importe qui. » tempêta Lucien.

    Il fallait croire que même si peu appréciés, les nobles gardaient une certaine autorité.
    Theo – pour la première fois surement – remercia le Comte intérieurement de lui avoir sauvé – à sa façon, certes – la mise.
    Et surtout, de lui fournir sans le savoir une couverture.
    Car la guerre n'était pas finie.


    [.... ça fait un peu plus que dix lignes en fait/sblarf J'avais envie de m'éterniser/sblarf]


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MessageSujet: Re: Theophil ~ Incompréhensible   Ven 22 Juin - 21:00

Parfait parfaiiiiit ♥ (THEO C'EST QU'UN HYPOCRIIIIIIIIIITE !! *vlam*)
Je veux manger des pommes. Ne cherchez pas le rapport, j'imite Miu.

Validé Extremist (Avec un joli rouge trop classe ♥)
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MessageSujet: Re: Theophil ~ Incompréhensible   

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Theophil ~ Incompréhensible

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