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 Caprices [PV Izaiah]

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Lolita
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RPs : Caprices - Izaiah (en cours)


MessageSujet: Caprices [PV Izaiah]   Lun 6 Avr - 19:46

  • Un soleil charmant réchauffait le parvis de l'église, éclaboussait de ses rayons les pavés blancs où commençaient à s'attrouper les badauds. Il était bientôt midi. S'il n'y avait eu un léger vent frais, la réverbération et la chaleur auraient pu avoir raison de la foule naissante – heureusement pour les gitans, les conditions étaient parfaites.
    Ce n'était pas jour de messe, aujourd'hui, il n'y avait donc pas de raison pour qu'on les chasse du parvis – en tout cas, il y avait une raison de moins. Le lieu restait tout de même fréquenté, car non loin du marché ; et, plus il y avait de monde, meilleures étaient les affaires. Enfin, ils avaient Lolita avec eux.
    Certes, l'avantage était à double tranchant : lorsque la petite Espagnole les accompagnait, étrangement, on les chassait souvent beaucoup plus vite que lorsqu'ils étaient seuls. Mais elle avait un don certain pour attirer la foule, bien mieux que n'importe quel colporteur, et, tandis que les gens portaient leur attention sur elle, ils ne la portaient pas sur leur bourse.
    Il était difficile de résister à la jeune fille : elle provoquait la médisance ou l'admiration, jamais l'indifférence.

    Ainsi, non loin des musiciens, Lolita dansait. Elle suivait les variations que les gitans improvisaient autour d'un rythme bien connu de chez eux, à la darbouka et au riqq. Ses multiples jupons remontés sur la taille laissaient outrageusement apercevoir ses mollets et ses petits pieds foulant le sol. Elle avait chargé ses bras de lourds bracelets clinquants, passé des sagates à ses doigts pour accompagner les musiciens et inciter la foule à l'applaudir davantage. Pour une fois – et parce que danser sur des percussions était un exercice des plus fatigants – elle avait relevé la masse de ses cheveux sur sa nuque, mais des mèches de larges boucles s'évadaient toujours de temps à autre.
    Pendant qu'elle dansait, le chapeau posé devant elle se remplissait de pièces, à un rythme effroyablement plus lent que celui des tambourins. Toutefois, la recette restait bonne, et surtout, les gitans comptaient bien la compléter avec le contenu de la poche de quelques passants. De temps à autre, Lola apercevait un petit garçon à la peau brune se faufiler entre les spectateurs – et dans ces moments-là, elle riait davantage et réalisait une nouvelle prouesse corporelle.
    Enfin, elle regarda le gitan qui menait le petit orchestre de rue, et sur un geste élégant de la main, l'intima discrètement de clore. L'homme accéléra la cadence une dernière fois, frappant plus fort que jamais les cymbales, accompagné par l'ensemble des musiciens, et Lolita acheva le morceau en tournoyant.
    Tandis que le public applaudissait largement, elle salua et chercha des yeux sans en avoir l'air, toujours souriante, le petit garçon. Celui-ci s'éloignait discrètement de la foule, vers des ruelles dans lesquelles il disparaitrait sans problème.

    C'est alors qu'elle aperçut, un peu à l'écart de la foule, une silhouette reconnaissable. Son grand manteau noir se fondait dans la masse sans aucun problème, autant qu'il s'en détachait sous le soleil de midi.
    Sans réfléchir, Lolita s'élança à travers la foule qui se dispersait déjà. Elle ne prêta pas attention aux gitans qui l'appelaient, derrière elle – après tout, le spectacle était fini, elle pouvait bien les rejoindre plus tard.

    « Izaiah ! » s'écria-t-elle joyeusement, sautant au cou de l'homme avant qu'il n'ait le temps de se dérober, comme à son habitude.

    Parce qu'elle était une véritable enquiquineuse, Lolita agissait souvent parfaitement à l'opposé de ce que les hommes attendaient d'elle : avec le timide, elle était caressante ; avec le tactile, elle se montrait froide. Elle savait bien qu'Izaiah n'aimait pas se faire remarquer. Et il était toujours si distant ! Elle lâcha son cou, mais sa petite main légère vint aussitôt se saisir de la sienne.

    « Voilà des semaines que je ne t'ai pas vu. Ma parole, je dirais même que tu cherchais à m'éviter ! » Elle soupira théâtralement : « Les zingari, tous les mêmes : des briseurs de cœur ! »

    Dans cette ville peuplée d'inconnus, cela lui faisait toujours plaisir de trouver quelqu'un parlant l'espagnol, ou, comme Izaiah, le gitan. Elle parlait si mal l'anglais. Oh, bien sûr, elle savait tourner ce défaut à son avantage – les hommes trouvaient toujours son accent charmant – mais ne pas parler la langue de celui qu'on essayait d'entourlouper, c'était risquer de se faire entourlouper soi-même. Elle avait manqué de se faire avoir si souvent déjà, malgré toutes ses précautions. Avec Izaiah, elle pouvait parler à son aise, autant qu'avec ses frères.
    Sauf qu'elle ne badinait pas avec les gitans de son clan. (Enfin, elle avait bien essayé une fois de flirter avec le frère de Lucia, mais, comme tous les autres gitans, il la connaissait trop bien et la voyait encore comme une enfant – c'était peine perdue. Dommage. Ça lui aurait fait les pieds, à sa peste de sœur) Alors qu'avec Izaiah...
    Le jeune homme ne lui avait bien sûr jamais brisé le cœur, mais Lolita pouvait bien raconter tout ce qu'elle voulait si cela lui chantait. Elle avait raison en disant ne pas l'avoir vu depuis longtemps. Izaiah apparaissait et disparaissait de sa vie régulièrement, et Lola ne cherchait pas plus à le retrouver qu'à le retenir. Sur ce point (c'était peut-être le seul), ils se ressemblaient assez.
    Sans lâcher la main d'Izaiah, elle détacha ses cheveux, dont les boucles cascadèrent sauvagement autour de son visage souriant. Elle désigna du menton les gitans, à quelques mètres d'eux, occupés à compter la recette contenue dans le chapeau.

    « Tu m'as vue danser ? » Les yeux mordorés de Lola étincelèrent : « Bien sûr, tu ne comptais pas profiter du spectacle gratuitement, Izaiah. »

    Avec un sourire des plus charmants, Lolita tendit sa petite main.

    (Tellement pas d'idées de titre que j'ai pris le titre de la musique que j'écoutais *pan*)
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Izaiah

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MessageSujet: Re: Caprices [PV Izaiah]   Mer 29 Avr - 16:22

  • Izaiah se fondit dans la foule en étouffant un juron. Si sa cible réussissait à le semer, il ne parviendrait jamais à le rattraper. Cependant, il fallait qu'il parvienne à obtenir le maximum d'informations sur lui pour espérer le descendre sans anicroche. Mais voilà qu'à la masse raisonnable de citadins hantant les rues, l'homme avait préféré fendre un groupe assez important de badauds, qui semblaient observer un spectacle passionnant sur le parvis de l'église. Izaiah se frotta les lèvres un instant, d'un air ennuyé. Il apercevait encore la silhouette de sa cible par le mouvement qu'elle provoquait au milieu des gens mécontents de se faire ainsi bousculer dans leurs divertissements. Trop de monde. Il se ferait repérer s'il se risquait à sa suite dans cet océan hostile. Pour la deuxième fois en deux minutes, il maugréa des insultes à l'encontre des idiots qui causaient un tel attroupement et le bloquaient dans son travail, lançant un coup d'œil distrait au spectacle. Il tressaillit. Des gitans. Cela le mettait toujours mal à l'aise de se retrouver à proximité de ses anciens compatriotes, comme s'ils risquaient de pénétrer trop avant dans ses défenses. Il allait faire demi-tour, réfléchissant déjà à la suite des opérations – pour connaître les habitudes de sa victime et parvenir à le tuer sans heurts, il allait lui falloir un peu plus qu'un espionnage qui avait tourné court – quand il aperçut, au-delà des crânes des spectateurs, une petite tête brune qu'il connaissait bien, bien qu'il ne l'ait pas vue depuis quelques temps déjà.

    Renonçant à ce qui avait été sa première réaction, il s'arrêta avec dans l'idée de regarder – oh, quelques temps, pas longtemps, il avait du travail, après tout – Lolita, qui dansait au centre du cercle, au son de la musique, hypnotisant les regards de la foule autour d'elle. C'était vraiment une jolie fille. Et divertissante – quand elle voulait. Quand elle se taisait, surtout. Elle avait une fâcheuse tendance à lui courir sur le système, en général. Mais elle avait l'avantage de ne pas demander plus que ce qu'il pouvait lui donner, et cela, c'était un élément qu'il ne pouvait négliger. Ainsi, ils s'étaient vus, quelques fois. Ils se recroisaient, souvent par hasard. Et se séparaient, sans que l'un n'essaie jamais de recontacter l'autre. Ils étaient libres, et c'était tout ce qui importait. Et puis, malgré sa volonté de rester éloigné, Izaiah se sentait attiré par les tziganes. Lolita, avec son indépendance et ses mimiques, avaient le goût de son enfance.

    La musique venait de prendre fin, et la foule commençait déjà à se disperser. Il se préparait à partir, lorsqu'une tornade se précipita vers lui et se jeta à son cou avant qu'il ait le temps de faire un seul geste. Il réprima un mouvement d'humeur, qui tordit sa bouche en une grimace désapprobatrice. Il avait oublié que la discrétion n'était pas le propre de la jeune fille, et se morigéna pour son erreur. Il aurait dû partir bien avant, au lieu de se perdre dans ses pensées comme il l'avait fait. Il entendit ses compagnons l'appeler à l'arrière, mais ne compta pas un instant dessus : nul doute qu'elle ne les écouterait pas. Lolita n'écoutait jamais personne.

    Il la laissa débiter son laïus, se retenant de lever les yeux au ciel. Quelques regards étaient tournés vers eux, interrogateurs, voire franchement lubriques. Lui qui détestait être le centre de l'attention était servi. Si seulement il pouvait entrainer Lolita dans un coin un peu plus en retrait. Ou s'en débarrasser vite fait. Cependant, elle ne semblait pas vraiment décidée à le laisser repartir. Son cœur tressaillit un instant en s'entendant qualifié de ''zingari''. Son appartenance à ce groupe s'était effacé au fil du temps. Maintenant, il était plus ''l'assassin'' que ''le gitan''. Il n'était pas sûr que cela soit une bonne évolution.

    Il se concentra de nouveau sur le babillage de la jeune fille, et haussa les sourcils. L'idée de donner de l'argent ne lui avait même pas traversé l'esprit. Il fixa les tziganes, à l'arrière, qui comptaient la recette du jour, et hésita à grossir leurs gains. Après tout, c'était à cause de leur spectacle qu'il n'avait pu mener son travail à bien.

    La main de Lolita était toujours tendue devant lui. Avec un soupir, il engouffra la sienne dans une de ses grandes poches, fouilla une poignée de secondes, et en sortit deux pièces qu'il laissa tomber en cliquetant dans la paume de la jeune fille. S'il ne voulait pas qu'elle l'ennuie, mieux valait lui donner tout de suite ce qu'elle désirait.

    « J'ai vu. Tu danses très bien. »

    En disant ces mots, il se sentait un peu comme un grand frère en train de complimenter sa sœur. Lolita était séduisante, mais elle était parfois si enfantine.

    Il désigna le groupe à l'arrière, d'un signe de tête.

    « Tu devrais aller leur donner l'argent avant qu'ils ne s'en aillent, tu ne crois pas ? »

    Il ignorait toujours comment se comporter avec elle. Leur relation, de manière corporelle, était intime, mais dès qu'il s'agissait de parler, il ne savait jamais quoi lui dire. Ainsi, il préférait quand ils taisaient. C'était toujours moins douloureux d'endurer le silence que de se torturer l'esprit pour formuler une réponse décente aux remarques de la jeune fille.

    La foule s'était maintenant entièrement dispersée. Certains étaient rentrés dans l'église, d'autres se pressaient autour des étalages, continuant leurs courses après ce bref intermède. Izaiah se demandait parfois s'il n'aurait pas mieux fait de réintégrer une troupe tzigane. Mais il s'en était à présent trop éloigné pour espérer un jour y arriver, et il avait renoncé devant les efforts que cela lui demandait. Il était donc solitaire. Sauf quand Lolita décidait que se faire remarquer était une très bonne idée.

    Il se demanda s'il parviendrait à lui faire comprendre qu'il préférait rester discret, mais il avait peur que cela soit peine perdue. Lolita était une tête de pioche quand elle s'y mettait – et elle s'y mettait, à son grand désarroi, en quasi permanence.
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MessageSujet: Re: Caprices [PV Izaiah]   Mar 5 Mai - 17:36

  • Victorieuse, Lolita vit les pièces tomber dans le creux de sa main. Mais ce qui lui fit plus plaisir encore fut le compliment que lui adressa Izaiah – elle fit cliqueter un peu plus ses bijoux dans un petit rire. Par automatisme, sans y réfléchir, elle lâcha un instant la main d'Izaiah ; ses doigts fins tentèrent de tordre les pièces d'or, en vain. Elle hocha la tête avec satisfaction : il s'agissait de vraie monnaie. Ce n'est pas qu'elle ne faisait pas confiance au jeune homme : non, Lolita n'était méfiante qu'avec les inconnus, et elle estimait avoir suffisamment fréquenté Izaiah pour ne plus le considérer comme un inconnu. Elle pensait également que coucher avec un homme suffisait pour le connaître, et Izaiah était un homme comme un autre, non ? Aussi, même si l'individu était des plus mystérieux, ce qu'il cachait ne l'intéressait guère : elle ne s'intéressait qu'à la partie immergée de l'iceberg, et pour Izaiah, on avait vite fait d'en faire le tour.
    Mais les années passées aux côtés des gitans lui avaient donné certains automatismes, comme celui de vérifier la monnaie, ou de regarder dans quelle poche une montre était rangée.

    « Tu devrais aller leur donner l'argent avant qu'ils ne s'en aillent, tu ne crois pas ? »

    Lolita referma aussitôt ses doigts sur les pièces d'or, et s'empressa de dissimuler celles-ci dans son corsage. Elle ricana avec légèreté :

    « Et te laisser filer pendant ce temps ? Voyons, Izaiah ! »

    Elle donnerait l'argent d'Izaiah aux gitans plus tard. Ou pas. Elle verrait suivant son humeur – on pouvait bien lui accorder un petit extra de temps à autre, n'est-ce pas ? Elle était le centre du spectacle, après tout.
    De ses yeux de chat, elle observa le jeune homme. Visiblement, Izaiah voulait se débarrasser d'elle. Elle ne le prit pas mal, mais elle éprouva aussitôt l'irrésistible envie de rester avec lui aussi longtemps qu'elle le voudrait.
    Son visage se fendit d'un sourire, et elle reprit la main d'Izaiah dans la sienne, comme si elle était certaine que cela suffirait à l'empêcher de s'enfuir.

    « Si tu veux t'en aller, ce sera pas tout seul. J'ai justement très envie de me promener ! » lança-t-elle joyeusement, et elle se mit en devoir de l'entraîner à sa suite.

    Lolita agissait souvent sans réfléchir, de façon spontanée, et elle réfléchissait encore moins à ce que son comportement pouvait éveiller chez les autres – ou, quand elle y pensait, elle savait exactement quels sentiments elle voulait susciter chez autrui. En dehors de ces petits temps récréatifs de manipulation, Lolita se désintéressait très souvent des sentiments d'autrui. Alors à ce moment-là, elle n'éprouva pas le moindre remord quand elle imposa ses caprices à Izaiah. L'idée qu'il puisse être occupé ne lui effleura même pas l'esprit.
    Elle l'attira d'abord près de là où elle avait dansé auparavant, pour remettre ses sandales (quand elle était plus jeune, Yaelle avait fini par la convaincre que continuer à se promener sans chaussures l'empêcherait d'avoir de jolis pieds, alors que les hommes aimaient que tout soit joli chez une femme), mais sans jeter un seul regard aux gitans, dont la plupart avait abandonné l'idée de la ramener au campement en même temps qu'eux. Puis elle repartit d'un pas vif, sans même choisir préalablement une direction, ses cheveux voletant derrière elle. Le soleil chauffait agréablement ses épaules dénudées ; Lolita rit de bon cœur, comme une enfant. A aucun moment elle n'avait lâché la main d'Izaiah.

    « Où veux-tu aller ? Je te suis ! »

    Elle savait que les hommes aimaient prendre les décisions. Il fallait bien qu'elle laisse Izaiah en prendre quelques unes, ou du moins, qu'elle fasse semblant.
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Izaiah

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MessageSujet: Re: Caprices [PV Izaiah]   Mar 28 Juil - 2:05

  • Izaiah ne détestait pas Lolita. Il ne pensait pas spécialement à elle lorsqu'elle n'était pas là, mais quand cela arrivait, il regrettait souvent sa présence. Elle était rafraichissante, en quelque sorte. Sans rechercher sa présence, ils finissaient toujours pas se retrouver, d'une manière ou d'une autre. C'était comme un rendez-vous au hasard qui ne cessait de se répéter. Pourtant, ils ne fréquentaient pas spécialement les mêmes coins. Ou du moins, à la connaissance d'Izaiah, leur vie n'était pas connectée d'une manière ou d'une autre, ce qui aurait expliqué qu'ils se rencontrent quelquefois. Ils ne savaient pas grand-chose l'un de l'autre. Izaiah parce qu'il ne devait pas trop en révéler. Lolita parce qu'elle suivait le rythme de sa pensée et ne cherchait pas à se confier d'une quelconque manière. Il n'en avait pas l'impression, en tous cas. Elle semblait suivre le fil d'une pensée invisible qu'Izaiah peinait à suivre. Pour ce qu'il en savait, elle aurait bien pu mentir à de certains moments. Cela ne l'aurait même pas étonné. Lolita avait de cette liberté qui semblait s'imprimer même sur ses souvenirs. D'une certaine manière, elle agissait sur ce que les autres pensaient d'elle. Izaiah en était certainement victime, lui aussi. Mais il ne s'en souciait guère. Que ce soit pour cela ou pour une autre raison, la jeune fille paraissait bien l'aimer, pour autant qu'une créature comme elle puisse avoir des notions d'affection. Izaiah peinait à cerner la petite gitane. Elle était là, et pourtant, Izaiah n'aurait pas pu définir sa présence.

    Cependant, si Izaiah aimait bien se rappeler de leurs entrevues, il se rappelait pourquoi il était soulagé quand elle partait à chaque fois qu'il la voyait. Il avait tendance à se déguiser ses manies agaçantes lorsqu'elle n'était pas là, les effaçant au profit de ses origines, mélancoliques pour lui. Au moment où elle s'accrocha à son bras, d'une manière qui sous-entendait qu'elle ne le laisserait pas partir aussi facilement, les souvenirs finirent pas lui revenir. Il se rappela pourquoi il ressentait du soulagement quand ils se quittaient. Lorsqu'Izaiah avait besoin d'une distance de sécurité, et avait du mal avec le concept de la proximité (bien évidemment, il était capable de réduire ce paramètre lorsqu'il en avait besoin), Lolita se plaisait à le réduire, comme si rien ne lui procurait davantage de plaisir que d'aller à l'encontre des désirs de son prochain -et, bien qu'il n'en soit pas sûr, ses pensées devaient sûrement tendre vers ce point.

    Lorsqu'elle mentionna le fait d'aller se promener avec lui, il renonça automatiquement à l'idée de la raisonner, et étouffa un soupir. Que tenter, quand tout ce qu'il pourrait dire allait automatiquement se retourner contre lui ? Lolita prendrait pour son compte chacune de ses paroles pour le faire tourner en bourrique, il finirait par s'énerver, et il n'en avait nulle envie. On ne s'énervait pas contre les petites filles. Même si Lolita n'en était pas une, bien évidemment. Quand on avait encore un mince reste de conscience, on ne faisait pas subir les derniers outrages à une petite fille. Il avait beau tuer, Izaiah espérait tout de même ne pas être le dernier des petits salauds de la terre. Le consentement restait de mise. Il fallait qu'il revienne à son problème. Il n'avait pas le temps de jouer. Comment se débarrasser de Lolita sans qu'elle ne le voit ? Cela ne serait pas chose facile. Mais il avait du travail, et bien qu'il aimât passer du bon temps parfois, celui-ci passait avant tout. Surtout que Lolita semblait avoir décidé (pas que cela l'étonnât d'ailleurs, il l'avait rarement vue autrement) que ses envies passeraient avant les siennes et que, surtout, elles les contrediraient.

    Il espéra vaguement, alors qu'elle remettait les sandales à ses pieds (comment pouvaient-ils être si petits ? C'étaient encore ceux d'une enfant. Sa main devait être plus grande qu'un seul de ces pieds nus) qu'elle allait lui lâcher la main pour se faciliter cette entreprise. Mais Lolita n'était pas folle, et elle n'en fit rien. Sa fuite (discrète et rapide) fut donc avortée, et il en fut quitte pour rester à côté d'elle, planté comme un piquet, tandis que les passants lui lançaient des regards curieux, se demandant ce que pouvait bien faire un homme tout en noir, tenu en main par une gitane. Il leur lança un regard furibond qui découragea les plus téméraires, et attendit patiemment que Lolita ait terminé. Il lui fallait trouver une autre astuce. Il n'était pas très optimiste sur ses chances de réussite.  Il fut un peu surpris par son rire. Lolita était parfois très démonstrative, contrairement à lui. Il se demandait comment elle arrivait à le supporter. Puis il se dit qu'après tout, si lui arrivait à survivre à ses frasques, elle pouvait bien faire l'effort de passer sur les siennes.

    Il ressentit une vague angoisse lorsqu'elle lui demanda où il voulait aller. Il n'en avait pas la moindre idée, pour la simple et bonne raison qu'il n'avait jamais eu l'intention d'aller nul part avec elle. Il n'avait fait, depuis le début, que des plans pour pouvoir continuer sa routine personnelle. Il en resta sans voix, tandis que son cerveau travaillait à trouver une réponse convenable et articulée. Il leva discrètement les yeux au ciel. Lolita avait vraiment un don pour lui prendre la tête. Et tout seul. Ce qui était un exploit en soi.

    Il répondit d'une voix lasse.

    « Allons dans les petites rues. Au moins, personne ne viendra nous emmerder. »

    Et lui pourrait éviter de se faire reluquer par les regards méfiants. Il savait être discret, mais en pleine lumière, il ne se sentait pas à l'aise. Il refoula une vague de désespoir résigné. Comme si cette ville était faite pour se balader ! Elle était glauque au possible.

    Au moment où il allait choisir une ruelle au hasard, sa cible apparut à l'angle de la rue d'à-côté. Un long frémissement parcourut son échine. En une seconde, il évalua les possibilités qui se présentaient : le laisser filer et risquer de le perdre (il le retrouverait, mais quelle perte de temps) ou le suivre maintenant (au risque de s'emmêler dans une suite de mensonge pour justifier son comportement devant Lolita). Il choisit vite. Bifurquant brusquement, il accéléra le pas, obligeant la jeune fille à quasiment courir à côté de lui. Il sentit sa joue frotter sa manche. Sa main n'avait pas quitté la sienne.

    « On va aller là. Si tu veux toujours rester, magne-toi. Je peux pas t'attendre. »

    Il espérait ne pas déclencher de scène.
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Lolita
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MessageSujet: Re: Caprices [PV Izaiah]   Lun 3 Aoû - 2:17

  • Lorsqu'Izaiah demanda à se diriger vers les ruelles, Lolita eut un nouveau sourire. C'était si prévisible ! Izaiah n'avait jamais aimé le regard de la foule – contrairement à elle. Le jour et la nuit. Alors que Lolita semblait n'avoir aucun problème à exposer tout son être au grand soleil, Izaiah lui, agissait comme s'il avait toujours quelque chose à cacher, un secret à garder – lequel, Lolita ne voulait pas le savoir. Izaiah en aurait certainement perdu son charme. Elle devait bien avouer que c'était ce coté sombre, mystérieux, qu'elle appréciait chez lui : le gitan savait se différencier des autres. Or, s'il y avait bien une chose que Lolita ne supportait pas chez un homme, c'était la banalité.

    Elle sentit qu'on la tirait brusquement par la main. Lolita ouvrit de grands yeux : sans prévenir, Izaiah venait de changer soudainement de direction et d'accélérer le pas.

    « On va aller là. Si tu veux toujours rester, magne-toi. Je peux pas t'attendre. »

    Ce n'était plus elle qui entrainait l'autre en le tenant par la main. Les rôles avaient changés.
    Lolita aimait également toujours maîtriser la situation dans laquelle elle se trouvait. Elle menait les hommes par le bout de leur nez pour en obtenir exactement ce qu'elle voulait. Mais dans sa quête contre l'ennui, elle aimait bien plus encore l'imprévisibilité – un homme capable de la surprendre obtenait tout de suite plus que son intérêt : il obtenait son respect.
    Izaiah avait déjà le sien. C'est pourquoi elle aimait bien le revoir, contrairement à la plupart de ses conquêtes. A l'instant où il changea de direction sans la ménager, manquant presque de la faire trébucher tant il avait accéléré, après un moment de surprise, elle retrouva son sourire et sa gaité : non, on ne s'ennuyait pas avec un homme comme Izaiah ! Elle agrippa sa main un peu plus et pressa le pas à son tour. Elle pouvait bien accepter qu'on la commande de temps à autre. Du moins, le temps qu'elle comprenne ce que l'autre fabriquait.
    Pourquoi ce brusque changement de route ? Pourquoi courir ? Souhaitait-il tellement se débarrasser d'elle ? Mais il ne lui avait pas lâché la main... Lolita chercha les raisons qui pourraient la faire agir, elle, de la sorte.

    « Pourquoi cet empressement soudain, Izaiah ? demanda-t-elle d'un air conspirateur, un peu essoufflée néanmoins. Est-ce qu'on est suivis ? »

    Elle jeta un regard derrière eux, mais ne remarqua aucun homme mécontent ou force de l'ordre quelconque. Avait-elle seulement vu Izaiah se retourner avant qu'il ne change de chemin soudainement ?

    « Oh ! Ou bien, c'est nous qui sommes en train de suivre quelqu'un... C'est ça ? »

    Elle rit aussitôt de son hypothèse, s'esclaffant bruyamment sans cesser de gambader aux côtés de l'homme.
    Elle lui lança un coup d'œil en biais. Il regardait droit devant lui, l'air déterminé. Suivait-il un chemin précis pour se rendre quelque part, suite à une idée qu'il venait d'avoir ? De la part d'Izaiah, cela pouvait être n'importe où (bizarrement, la jeune fille n'arrivait qu'à imaginer des endroits louches et inquiétants. L'avantage serait qu'elle n'aurait même pas à jouer la comédie afin d'obtenir que l'homme la rassure et la cajole un peu plus que d'habitude, dans ce cas – bref).
    Mais la rue était vide de boutiques. Il n'y avait d'ailleurs que peu de personnes et...
    Lolita reporta son attention sur Izaiah puis suivit son regard.
    Elle comprit, et ses yeux s'agrandirent un peu.

    « … C'est ça ? »
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Izaiah

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MessageSujet: Re: Caprices [PV Izaiah]   Dim 15 Mai - 1:44

  • Izaiah était plus concentré que jamais. Ou plutôt, pour être totalement exact, il tentait d'être plus concentré que jamais, car son regard avait beau être fixé sur le manteau de l'homme qui disparaissait à chaque coin de rue, son esprit restait focalisé sur Lolita à son côté. Pas sur de mauvaises pensées, non, il n'avait pas la tête à cela actuellement – même si Lolita était toujours aussi jolie et attirante que la dernière fois qu'il s'était retrouvé en face d'elle (et toujours aussi agaçante, mais elle savait rendre ce défaut curieusement attrayant, atout qu'il ne parvenait pas à s'expliquer : était-ce un privilège accordé à toutes les femmes ? Ou seulement à cette jeune fille-là ? Il était vrai qu'il avait rarement vu un tel pouvoir, mais il n'était pas non plus un grand connaisseur en matière de femmes. Il savait se contenter, mais de là à se penser un Don Juan, il y avait tout un monde), mais parce qu'il se demandait activement ce qu'il allait pouvoir faire de sa compagne pendant sa filature. Comment se débarrasser d'elle sachant que quoi qu'il dise, elle chercherait forcément à le contredire ? Il poussa un soupir. Lolita était si imprévisible que tenter de la manipuler relevait d'un tour de force dont il ne se sentait aucunement capable. Il n'était pas bête, cependant. Mais il était convaincu que face à la jeune gitane, il ne ferait jamais le poids. Elle serait toujours, et quoi qu'il fasse, plus tenace, plus têtue et plus imprévisible que lui. C'en était déprimant d'évidence. Il ne pouvait pas rivaliser face à cela.

    Il tressaillit lorsqu'elle lui demanda s'ils étaient suivis. Si elle savait, peut-être ne serait-elle pas si calme. On aurait dit qu'elle se retrouvait au sein d'un jeu. Il lui coula un regard de côté. C'était exactement cela. Une petite fille qui s'amusait. Elle était au centre d'un jeu qui ne concernait qu'elle, qui tournait autour d'elle, qui l'emportait comme un rayon de vent sans se soucier des conséquences. Cependant, pour Izaiah, il ne s'agissait pas d'un jeu. Il s'agissait de son gagne-pain, assorti d'un meurtre propre et net à l'arrivée. Mais il ne se sentait pas capable d'avouer cela à Lolita. D'abord, parce que pour sa survie personnelle, il ne fallait pas ébruiter ce genre de rumeurs (qui n'en étaient pas, après tout, puisqu'elles n'étaient que pure vérité), ensuite parce qu'il n'avait aucune envie d'affronter la réaction de la gitane, quelle qu'elle soit. Il ne pouvait la prévoir, mais il savait à l'avant que ce serait une épreuve éperdument fatigante pour ses nerfs et sa santé mentale. Peut-être même physiquement. En résumé, trop d'efforts pour peu de résultats, il le craignait.

    Son cœur s'arrêta un instant quand Lolita formula la bonne hypothèse. Que lui répondre ? Il n'était pas prêt à supporter une crise de panique, une excitation explosive ou des questionnements à qui mieux mieux. Ou les trois à la fois. Il avait tellement de mal à réfléchir à la réponse à formuler qu'il avait l'impression d'entendre les engrenages de son cerveau tournoyer en grinçant.

    « C'est ça. » s'entendit-il marmonner.

    L'instant d'après, il jurait dans sa barbe. La discrétion était définitivement fichue. Lolita n'en resterait pas là. Qu'allait-il pouvoir lui répondre ? Il ne pouvait pas dire la vérité. Dieu seul savait à qui elle aurait l'idée de le répéter... Il se secoua. Quelle était cette réaction ? Il n'était pas si mou ! Il devait se comporter avec la jeune fille comme il se comportait avec tous les autres. Avec le vague sentiment qu'il allait le regretter dans un avenir proche, il arrêta la gitane d'une main ferme, sans la lâcher, et rapprocha son visage du sien en prenant (ou en essayant de prendre) un visage menaçant.

    « Tu ne dois parler de ça à personne, compris ? »

    Il se sentit soudain très bête, à gronder contre une petite fille qui ne devait certainement rien comprendre à la situation. Il se mordit la lèvre. Il aurait dû inventer un mensonge. Maintenant, il se retrouvait coincé, avec la demi-vérité qui perçait au travers de ses actes et de ses paroles. Il aurait bien compté sur la discrétion et la compréhension de sa compagne, mais il se faisait peu d'illusions. Du coin de l'œil, il continuait à surveiller l'homme qu'il se devait de suivre. Si, en plus de ça, sa proie lui échappait, il pourrait réellement se considérer comme maudit. Il se rendit compte qu'il continuait de fixer Lolita, les yeux légèrement en coin, sans raison apparente. Il étouffa un juron, fronça les sourcils et reprit sa course, entrainant Lolita derrière lui sans ménagement. Après un dernier soupir, il se retourna une nouvelle fois vers elle.

    « Sans rire, ne dis rien. Je ne voudrais pas que tu aies des ennuis. », asséna-t-il d'un ton bourru.

    ''Je ne voudrais pas avoir à te faire du mal'' était pour lui clairement sous-entendu. Lolita passait son temps à le faire tourner en bourrique, mais la plupart du temps, il gardait de leurs entrevues de bons souvenirs. Devoir, par sa faute, faire un trait sur une partie plaisante de sa vie ne lui aurait procuré aucune satisfaction. Ces moments étaient trop rares pour qu'il se sente capable de les négliger, la solitude qu'il devait s'imposer n'aidant pas à passer d'agréables entrevues. Il pensa à sa cachette provisoire avec un dégoût non dissimulé. Il n'avait pas hâte de la retrouver, celle-là. Le vent sifflait à ses oreilles. Ce qui était sûr, c'était que cette journée n'allait ressembler à aucune de celles qu'il avait connues : en bien ou en mal, c'était encore ce qu'il se demandait. Le point positif, c'était qu'il n'avait pas encore perdu sa victime de vue. Le point négatif, c'était qu'il ne savait pas quoi faire de Lolita, dont il attendait les réactions avec appréhension, sachant qu'elle était incapable de tenir sa langue. Il fronça les sourcils. Dans quelle galère était-il encore allé se fourrer ? Il se demandait comment il était humainement possible de se compliquer autant la vie. La présence de Lolita, à son sens, y était sûrement pour beaucoup.
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Caprices [PV Izaiah]

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