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 Un rien suffit [PV Lucien ♥]

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Theophil

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MessageSujet: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Lun 10 Nov - 20:13

  • Assis sur un fauteuil de la bibliothèque, Theophil songeait. Ou plutôt, se tourmentait, la tête entre les mains. Qu'avait-il fait dans sa vie pour mériter tout ça? Ah oui : juste croiser le chemin de son foutu patron. Décidément, il aurait évité bien des malheurs sans lui. Bien des harcèlements, aussi. Et de bien nombreuses questions très perturbantes.
    Il passa ses mains sur son visage, puis les croisa devant lui, se redressant un peu. Il était temps de faire une mise au point.
    A cette heure là, ici, il était à peu près sûr d'avoir la paix. Lucien était normalement en train de faire ses comptes dans son bureau, ou d'écrire des lettres, ou faire d'autres conneries de nobles qui leur donnaient l'impression d'avoir une vie active et bien remplie. Et même s'il décidait soudainement de laisser là ses activités trépidantes pour aller le harceler un peu (ce qui arrivait toujours quand il s'y attendait le moins, à croire que le Comte avait un don pour ça), il n'arriverait pas tout de suite à le trouver – cette pièce était la plus éloignée de son bureau, et il était évident que Lucien irait d'abord le chercher directement dans sa chambre, où il se réfugiait le plus souvent. Bref, Theo pouvait espérer avoir la paix au moins une petite heure.
    (Il lorgna la fenêtre avec espoir, vit qu'il pleuvait toujours à verse, et se renfonça dans son fauteuil avec lassitude. Même le temps était contre lui.)

    Qu'il résume : voilà presque deux semaines qu'il était revenu chez le Comte. Deux semaines aussi éprouvantes que son entrainement intensif à la caserne pour pouvoir entrer dans la garde – sauf qu'à la caserne, l'objectif principal était de survivre physiquement, et il n'y avait pas à se prendre la tête comme il le faisait actuellement. Même les tactiques militaires lui prenaient moins le chou que Lucien et ses fichues combines. Mais il s'égarait, il devait revenir au sujet : deux semaines, donc, qu'il était de retour, et pour l'instant, il n'avait pas encore cédé – « pour l'instant », « pas encore », décidément il se trouvait bien négatif ce matin – au harcèlement de Lucien. Mais plus le temps passait, moins il se sentait à l'abri d'une potentielle capitulation de sa part. Et c'était ce qui l'horrifiait le plus : céder aux avances de Lucien.

    La première fois que Lucien l'avait attrapé, au détour d'un couloir, il lui avait immédiatement donné un coup dans le ventre et s'était éloigné en s'essuyant la bouche. Il s'était grandement félicité pour sa riposte, et plus encore lorsque le Comte l'avait inondé de travaux ingrats en représailles – ce qui prouvait bien qu'il l'avait vexé.
    La deuxième fois, Lucien s'était préparé à une éventuelle défense de sa part et lui avait directement maintenu les bras contre le mur, avant de passer à l'attaque. En proie à la panique, Theophil avait mis de très longues secondes avant de se rappeler qu'il possédait encore des jambes – et qu'après les avoir utilisées pour donner un bon coup de genoux, il pouvait toujours les prendre à son cou. Ce jour-là, Theophil était certain de n'avoir jamais entendu Lucien jurer autant.
    Il le paya chèrement quand, la troisième fois, le noble vint en pleine nuit dans sa chambre pour le surprendre – en fait, c'était plus que de la surprise, Theophil avait frôlé l'infarctus. Quand il avait commencé à trouver étrange la tournure que prenaient ses rêves, qu'il avait senti dans son sommeil un étau l'empêchant de se retourner dans son lit, des mains sur son torse et des lèvres souriantes dans son cou – quand il avait compris, enfin, ce qu'il était en train de se passer, Theophil avait voulu bondir hors de son lit et hurler tout ce qu'il pouvait contre Lucien parce que non, trop c'était trop. Il n'avait réussi qu'à se cogner vivement la tête contre le sommier de son lit, sans parvenir à échapper au Comte. Quand il eut fini de s'amuser (et signé son passage de plusieurs marques rouges sur sa peau), Lucien quitta sa chambre en ricanant, vengé pour le coup de genoux de la dernière fois. Au bord de la crise de nerfs, Theophil n'avait pas réussi à se rendormir. D'ailleurs, depuis cette nuit, il dormait très mal, fermait toujours sa porte à clef, et portait un pyjama.

    Épuisé, et surtout très troublé par ce qui s'était passé dans l'obscurité de sa chambre (heureusement qu'il faisait noir, car vraiment, il n'aurait pas assumé sa réaction à la lumière. La nuit est toujours plus clémente lorsqu'on commet des erreurs), Theophil avait commencé à relâcher sa garde. Il s'était d'abord dit que s'il ne réagissait plus aux offensives de Lucien, il aurait la paix – même si son excuse semblait de mauvaise foi, il avait fini par se convaincre lui-même de la légitimité de son raisonnement : étant donné qu'à chaque fois qu'il s'était défendu, le noble avait contre-attaqué avec plus de violence encore, il imaginait très bien jusqu'où le crescendo pourrait monter s'ils continuaient ainsi. S'il le laissait faire, le Comte finirait par s'arrêter là. C'était un gosse non? Et quand il obtenait ce qu'il voulait, satisfait, il finissait par s'en lasser et laisser tomber. Mais le but de Lucien n'était pas de se contenter de quelques baisers ou quelques caresses fugaces. Quand il constata que Theophil ne se défendait plus, évidemment, il essaya d'aller plus loin. Et quand Theophil remarqua qu'il se laissait faire, il en fut tellement effrayé qu'il se mit non pas à frapper Lucien, comme avant, mais à le fuir comme la peste.
    (Et il dormait plus mal encore, harcelé par des dizaines de tourments, dont certains qu'il refusait jusqu'à nommer.)
    Ce n'était pas que déjà avant, il ne cherchait pas à l'éviter. Mais jamais il n'avait réussi à maintenir autant de distance (salvatrice) entre eux que depuis ces derniers jours. Sa réussite reposait sur trois principes simples : Premièrement, ne jamais rester seul avec Lucien. Les cuisines, toujours bondées, étaient devenues un lieu d'accueil particulièrement agréable. Deuxièmement, éviter les couloirs et autres endroits étriqués. C'était là qu'il risquait le plus de se faire coincer. Enfin, troisièmement : fuguer le plus possible de la maison. Le mieux était quand il était appuyé par Lélio, qui, à sa demande (et dans sa grande mansuétude), acceptait de laisser à Theo toutes les missions en extérieur (passer une commande, en réceptionner une autre, envoyer du courrier... Même ramasser les œufs, quand il était particulièrement désespéré).
    Il aurait bien voulu s'absenter plus longtemps encore – un jour ou deux de repos, ç'aurait pas été de refus, loin de là – notamment en avançant son joker durement gagné aux cartes : « J'ai droits à des congés ». Mais, comme Lucien n'était qu'un foutu enquiquineur, il avait refusé, prétextant qu'il n'avait jamais négocié une telle chose. Theo avait réclamé le contrat sur lequel cette clause était justement écrite noir sur blanc (il avait bien sûr anticipé le comportement de Lucien, c'est pourquoi il avait exigé une preuve écrite. On la lui faisait plus, maintenant, il connaissait bien le nobliau). Son contrat, il l'attendait toujours.
    En même temps, il n'osait plus vraiment aller retrouver Lucien de son plein gré pour le réclamer. Tendre le bâton pour se faire battre? Non merci.

    Les deux mains toujours croisées devant lui, comme pour une prière silencieuse, et les coudes appuyés sur les genoux, Theophil soupira. Son regard, jusqu'à présent dans le vide, tomba soudainement sur la petite table non loin de lui. Et plus particulièrement, sur la bouteille d'eau-de-vie posée dessus. Et s'il...?

    Un frisson parcourut son échine. Derrière lui, la porte venait de s'ouvrir.



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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Sam 15 Nov - 17:26

  • Lucien tapota du doigt sur la table de sa chambre. Son plan avait beau être absolument brillant et merveilleux – car sa vie n'était qu'une succession d'idées brillantes et merveilleuses, ce n'était un secret pour personne – il devait bien s'avouer que celui-ci stagnait un peu trop à l'étape « brèves étreintes sensuelles au détours des couloirs » à son goût. Certes, tout ceci était très agréable (si l'on exceptait les deux premières fois, où son corps avait subi des outrages qu'il ne pouvait tolérer, répondant au doux nom de coups dans le ventre et à un autre endroit qu'il ne souhaitait pas nommer), mais ne réglait pas le problème : cela ne comblait pas ses attentes. Il en voulait beaucoup plus. Et plus il avançait, plus il se montrait audacieux dans ses tentatives, plus il avait l'impression que Theophil cédait, petit à petit. Il ne se débattait plus. Était-ce une nouvelle ruse pour endormir sa méfiance ? Lucien avait l'intuition que cela allait au-delà d'une révolte encore silencieuse. Extérieurement, il en jubilait. Intérieurement, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe d'un sentiment amer qui s'insinuait, petit à petit, dans son esprit, et jusque dans ses actes : et après ? La quête était si amusante. Que se passerait-il après ?

    Quand ces pensées devenaient trop encombrantes, il secouait la tête un bon coup pour les chasser. Ce fut ce qu'il fit, et il recommença à fixer un bout de jardin par la fenêtre, avec indifférence. De vagues bribes de conversations lui parvenaient de là, où il était, de vagues clameurs dont il ne comprenait pas les significations. Le rythme de ses doigts sur la table s'accéléra. Malgré son inexplicable malaise, il n'était pas satisfait de l'actuelle position des événements. Ainsi, il avait décidé que la prochaine offensive aurait lieu ce soir. Et comme il s'agissait de Lucien, nul doute que la partie ne serait pas honnête.

    Enfin. Il lui allait falloir passer à la vitesse supérieure. Pas qu'il n'ait pas déjà essayé, loin de là, mais il avait fonctionné par paliers. Il ne fallait pas risquer de brusquer Theophil, après tout. Et il fallait bien avouer que les premiers accueils qu'il avait reçus avaient été tout, sauf engageants envers ses tentatives, et sa personne en avait fait les frais, ce qui ne plaisait pas exactement à son ego. Heureusement, il avait pu se soulager quelque peu en donnant toutes sortes de travaux ingrats ai garde. Cependant, il se rendait bien compte que la riposte n'était pas à la hauteur de la faute – surtout que Lelio, compatissant envers son compatriote, semblait prendre un malin plaisir à alléger la tâche de celui-ci. L'animal. Les libertés qu'il prenait ne lui plaisaient, mais comment réellement riposter contre Lelio ? C'était lui qui réglait les menus détails de son existence, conservait la bonne ambiance de la demeure quand il était d'humeur tyrannique (les mauvaises langues auraient dit que ce moment concernait l'intégralité du temps, mais il préférait ne pas écouter ces calomnies), régentait la domesticité, et il aurait été bien embêté s'il avait dû se passer de lui plus d'une journée. Ce n'était certainement pas Theophil qui aurait pu se rendre utile à ce point. Il ricana. Lui, son utilité viendrait bientôt d'un tout autre type de services.

    Torturer le jeune homme s'était révélé très drôle dès le début (si l'on passait outre les sévices qu'il avait subis). Lucien se plaisait à faire traîner l'affaire en longueur. L'attente ne ferait que renforcer les jouissances le moment venu (même s'il devait s'avouer qu'il avait eu bien du mal à s'arrêter, le jour où il s'était introduit dans sa chambre). Cependant, l'attente en question commençait à être longue et la patience, qualité qu'il ne pouvait pas se targuer de posséder habituellement, allait bientôt lui manquer. Par ailleurs, Theophil prenait un malin plaisir à l'éviter comme la peste, et si Lucien avait trouvé cela amusant au début (preuve de l'effet qu'il produisait sur son partenaire, s'était-il dit fièrement), il devait bien s'avouer que l'absence du soldat commençait à l'affecter. Il était temps de passer aux choses sérieuses.

    Cependant, le garde était introuvable. Après maintes investigations, menaces et chantages, l'information était finalement venue d'une petite servante timide qu'il lui avait été facile d'impressionner, et qui lui avait avoué, les larmes aux yeux, qu'elle avait vu sa cible se faufiler dans une bibliothèque inoccupée, à l'opposé des pièces que Lucien fréquentait habituellement, alors qu'elle montait des draps, passait le balai, ou toute autre activité passablement ennuyeuse et prolétaire qui occupaient sa médiocre existence. Sans la remercier, Lucien était donc parti vers son but d'un pas conquérant, tout en réfléchissant sur la conduite à tenir. Certes, jusqu'ici, ses plans n'avaient jamais été particulièrement concluants, mais il avait toujours atteint l'objectif fixé. Ils n'étaient donc pas totalement inutiles, n'est-ce pas ? (Malgré le fait qu'ils dérivaient étonnement de leur schéma initial. Mais l'important, c'était toujours le résultat).

    Avant qu'il ait pu s'en rendre compte, il se tenait devant la porte de la bibliothèque, se balançant nerveusement d'un pied sur l'autre. Il secoua la tête. Nerveusement ? Quelle idée stupide. Et avant d'avoir bien pu réfléchir à ce qu'il allait dire ou faire, il se retrouva dans la salle, le dos d'un fauteuil dissimulant insolemment son contenu à ses yeux. Prenant une inspiration, il se rapprocha de la cible, ses pas s'enfonçant lentement sur le plancher, tandis que ses pensées défilaient à toute vitesse dans sa tête. Il serra les poings, accrocha son sourire habituel sur son visage, et vint s'accouder au dossier du fauteuil, penchant la tête pour fixer le haut du crâne de Theophil, qui n'avait pas daigné se retourner vers lui.

    « Cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes vus. Tu aimes tant que cela te défiler ? »

    Il lui sembla que sa voix résonnait de manière étrange dans la pièce. Doucement, sa main glissa jusqu'à la nuque du soldat, et tira sur une mèche un plus longue que les autres. Il baissa d'un ton, et les paroles filèrent dans sa bouche comme un murmure.

    « Pourtant, je n'oublie pas ce que tu as promis. D'autant que les préliminaires n'avaient pas l'air de te déplaire. »

    Il n'avait aucune preuve de ce qu'il avançait, si ce n'était de vagues impressions – ou un mince espoir. Il n'attendait qu'une réponse, qu'une accroche possible pour pouvoir dérouler ses discours et ses gestes, jusqu'à au point désiré.




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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Lun 1 Déc - 0:45

  • Sans oser se retourner (sans en avoir envie, surtout), Theophil retint sa respiration tandis que le bruit des pas se dirigeait lentement vers lui. Il espérait encore, mais au fond, il savait déjà qui venait d'entrer dans la pièce. Il ignorait comment, d'ailleurs. Ce n'était rien d'autre qu'une fichue impression, qui lui tordait étrangement le ventre et lui picotait la nuque.

    « Cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes vus. Tu aimes tant que cela te défiler ? »

    Presque aussitôt, il sentit la main de Lucien, froide, passer doucement sur son cou. Elle s'attarda sur une mèche de ses cheveux, la tira légèrement. Un frisson parcourut son échine.

    « Pourtant, je n'oublie pas ce que tu as promis. D'autant que les préliminaires n'avaient pas l'air de te déplaire. »

    Cela lui fit l'effet d'un électrochoc. Il rouvrit les yeux et se leva brusquement pour faire face au Comte. (Pourquoi était-il resté immobile? Pourquoi avait-il fermé les yeux et attendu que ça se passe? Des fois, il se donnerait bien des gifles.)
    Premièrement, ne jamais rester seul avec Lucien.
    Il venait de déroger à sa règle la plus fondamentale et il s'en mordait déjà les doigts.
    Une pensée idiote le traversa, laquelle était qu'il y avait heureusement encore un fauteuil entre eux – mais que Lucien se tenait tout de même entre lui et la porte.

    Il réalisa soudain qu'il était en train de penser à la manière d'une proie au fond de son terrier. Cela ne lui fit pas, mais alors pas du tout, plaisir.

    Immédiatement, presque inconsciemment, il changea de comportement. Il s'agissait de faire face à l'adversaire, pas de se terrer. Et ce, pas seulement pour sauver un minimum les apparences (parce qu'il ne pouvait pas sortir maintenant de la pièce sans avoir l'air d'un pleutre), ou éviter de se faire intercepter par Lucien en chemin (il ignorait laquelle des deux perspectives le réjouissait le plus).
    Instinctivement, un sourire provocateur vint se dessiner sur son visage, tandis qu'il plantait son regard dans celui de Lucien. Il était temps de retrouver ses bonnes vieilles habitudes.

    « J'ai fait une promesse. Il ne me semble pas, en revanche, avoir précisé quand je la respecterai. »

    C'est vrai, après tout, au fond c'était Theo qui tirait les ficelles : tant qu'il ne donnait pas son plein accord, Lucien pouvait attendre. Le Comte avait donc tout intérêt à être patient. Parce qu'il ne comptait pas se donner comme ça de si tôt et - … Et d'ailleurs il ne comptait pas se donner du tout. Ce n'était pas de patience que devait faire preuve Lucien, mais de résignation, voilà.
    Ignorant le brouillon abstrait de ses pensées – un verre d'alcool lui éclaircirait vraiment les idées – Theophil préféra continuer sur sa lancée. Après tout, le petit bâtard avait osé reparler de ce qui s'était passé dans sa chambre l'autre soir. Il fallait bien contrattaquer par quelque chose d'au moins aussi vexant. Il ricana :

    « Et puis, je vous déconseille de vous flatter d'un quelconque effet sur moi. On sait bien ce qu'il en est vraiment des gens qui se vantent le plus. »

    Il espéra réellement avoir fait mouche, ç'aurait été bien fait. C'était sans doute le cas. Fallait pas être un génie pour savoir qu'un homme n'aimait pas être remis en cause sur ses performances. Lucien certainement encore moins.
    Il passa sa main sur sa nuque, machinalement. Se rappela soudainement le geste du noble quelques minutes plus tôt – de peur que le Comte ne le remarque et ne tire des conclusions stupides, il ôta précipitamment sa main, se dit ensuite avec énervement que cela se remarquait sans doute encore plus, et maudit encore une fois son comportement.
    Décidément, il n'était pas au mieux de sa forme.

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Mer 31 Déc - 3:53

  • Une véritable bourrique. Cet homme n'était qu'une énorme bourrique têtue. Il faillit lâcher un soupir lorsque Theophil incrusta sur ses lèvres le sourire provocateur que Lucien l'avait vu arborer tant de fois. Il ne fallait pas se leurrer, il aimait ce côté piquant, difficile et indocile, mais cela lui donnait également grandement envie de lui enfoncer son rictus dans la tête. Il se tendit légèrement, attendant la suite. L'autre allait contre-attaquer. Il fallait dire aussi qu'il l'avait bien cherché. L'ennui était que Theophil ne fonctionnait qu'avec ce genre de stimulants : s'il attendait que le premier pas vienne de lui, ils en seraient toujours au même point dans dix ans – et encore, dix ans, c'était aimable, cinquante semblait une meilleure estimation de la lenteur d'escargot du garde à accepter ce qui était bon pour lui. Quelle pitié. Qu'il soit dans un déni constant ne dérangeait pas spécialement Lucien. Qu'il lui refuse ce qu'il désirait, en revanche, l'ennuyait davantage. Briser les défenses de Theophil était un travail de longue haleine, et il lui semblait souvent qu'il reculait plus qu'il n'avançait, faisant trois pas en arrière pour deux en avant. Dans cet exemple précis, ce qu'il avait obtenu par ses avances un peu poussées (l'euphémisme était un très bel outil) avait été totalement contrecarré par les fuites à répétition du jeune homme, qui commençaient à le lasser au plus haut point. D'où sa présence en ces lieux. Qui causait apparemment un malaise assez certain chez son compagnon, lequel ne pouvait que le réjouir. Obtenir un complet désintéressement aurait été la preuve d'un échec cuisant : la plus petite trace de réaction montrait que, quels que soient ses sentiments, la cible n'était pas indifférente. Les pensées de Lucien se gorgèrent d'une certaine pointe d'autosatisfaction : évidemment que l'indifférence n'était pas de mise ! Qui aurait pu rester neutre face à quelqu'un de sa qualité (de sa capacité profonde à être irritant, auraient dit les mauvaises langues qui, pour une raison inconnue, sonnaient diablement à celle de Lelio) ? Pas un sombre crétin comme Theophil, qui manifestait plus souvent de la colère qu'une maîtrise de lui évidente.

    Il émit un geste dédaigneux en entendant le soldat se référer au fait que sa promesse ne comportait pas de date limite. Mais encore ? S'il ne daignait pas en fixer une, de date, lui s'en chargerait, il ne voyait aucun inconvénient à cela. Et il n'aurait pas la délicatesse d'attendre le bon vouloir de l'autre crétin. C'était bien gentil, de jongler avec les sensibilités de chacun, mais ce n'était pas dans son caractère, et sa patience avait des limites. Si Theophil ne respectait pas ses promesses, lui prendrait le droit de faire valoir sa volonté, et nul doute qu'il était très bon à ce jeu-là. Ainsi, il se contenta de jeter un coup d'œil sarcastique au garde, qui ne se démonta pas pour autant. Lucien sourit. Au moins, il essayait de faire bonne figure. Quel courageux petit.

    Il s'empourpra quelque peu à la réflexion suivante. Les attaques de Theophil devenaient très basses. Se sentait-il acculé à ce point ? D'habitude, il ne rebondissait pas de lui-même sur ce genre de sujet. Il avait plutôt tendance à le fuir comme la peste. La main de Lucien pianota sur le dossier du fauteuil, tandis qu'il esquissait un sourire crispé. Si cela n'avait tenu qu'à lui, il aurait chopé ce petit salopard par la peau du cou, l'aurait jeté à terre et... Il secoua la tête. Pas de violence, il n'avait pas dit son dernier mot. Le rictus qui déformait ses lèvres s'accentua.

    « Allons, Theophil, je t'ai rarement connu d'aussi mauvaise foi. » susurra-t-il.

    Après une hésitation, il fit pas un pas en avant, se rapprochant de son interlocuteur sans le quitter du regard. Sa main effleura son visage, se crispa comme s'il allait l'agripper, puis retomba le long de son corps. Il était si impatient, ce n'était pas bon. Un mince frémissement agita sa mâchoire, sans qu'il sache lui-même s'il s'agissait d'un tremblement de colère ou d'un début de rire. Ses doigts, retombés contre son corps, vinrent attraper fermement la chemise de Theophil.

    « Je me ferai un plaisir de te prouver une nouvelle fois que mes performances ne sauraient te laisser indifférent. Souviens-toi de la dernière fois, ose me dire que tu n'as pas apprécié, et je te garantis que je te montrerai ton erreur d'une manière si limpide que même toi ne pourra le nier. »

    Il se pencha davantage vers lui. Il n'aurait pas été étonné que Theophil lui en retourne une dans la seconde, et pria pour que cela n'arrive pas. Sa voix ne fut plus qu'un murmure.

    « Et je ne m'arrêterai pas comme la dernière fois. Tu sais ce que ça signifie, n'est-ce pas ? »

    Il le repoussa légèrement, sans pour autant le lâcher. Sa voix, son attitude, son regard se firent profondément hautains.

    « Si tu ne te résous pas à tenir ta promesse rapidement, je m'arrangerai pour t'y obliger. »

    Il espérait que Theophil n'avait pas apporté de pistolet, d'épée, ou tout autre objet contondant. Il aimait jouer avec le feu quand ça le prenait, mais il tenait tout de même un minimum à la vie. Finir avec un chandelier incrusté dans le crâne pouvait faire désordre dans la généalogie, d'autant que le régime en place aurait plutôt tendance à féliciter l'assassin pour son geste qu'à le coller en prison et lui décoller la tête des épaules à la première occasion. La vie était vraiment mal faite. Surtout en ce moment, où un crime injuste risquait de rester impuni.

    Il se redressa, libérant Theophil pour s'éloigner quelque peu, le fixant de manière moqueuse.

    « Vous vous êtes bien ramolli, lieutenant, pour être terrifié comme vous l'êtes par quelque chose qui vous attire. »

    Au fond, toutes leurs conversations se résumaient à ça : des provocations à la chaîne destinées à faire ressortir quelque chose qui en vaille la peine. Jusqu'ici, Lucien avait toujours réussi à tirer son épingle du jeu.

    Cependant, s'il échouait dans cette entrevue, tous ses beaux efforts lors des précédentes seraient réduits à néant.
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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Mar 13 Jan - 0:04

  • La joie d'avoir réussi à énerver Lucien laissa vite place à l'indignation. Lui, de mauvaise foi ? Ça, c'était la meilleure ! Et pourquoi donc ? Parce qu'il faisait mine de pas être attiré par Lucien ? Ha, ha !
    … Il en pleurerait presque de dépit.
    Mais déjà, Lucien s'approchait de lui, contournant le fauteuil (son dernier rempart) tranquillement. De nouveau, Theophil retenait son souffle. Il avait l'impression que tout était figé autour de lui, jusqu'à l'air lui-même. Que le moindre geste comptait. Et lui, justement, ne bougerait pas d'un pas – hors de question de retourner se terrer. Lucien pourrait se croire impressionnant (si ce n'était pas déjà le cas). A la place, Theophil soutint le regard du noble, la mâchoire crispée. S'il avait perdu son sourire, son attitude entière, elle, exprimait toujours toute l'insolence dont il était capable. Il ne fit aucun mouvement lorsque la main de Lucien vint effleurer son visage – un court instant seulement : étrangement, le noble parut changer d'avis et laissa retomber son bras. L'espace d'une seconde, face à cet abandon, Theo se sentit victorieux. Il relâcha son souffle et sa concentration.
    A ce moment-là, Lucien attrapa soudainement la chemise de Theo. Et de menacer à nouveau :

    « Je me ferai un plaisir de te prouver une nouvelle fois que mes performances ne sauraient te laisser indifférent. Souviens-toi de la dernière fois, ose me dire que tu n'as pas apprécié, et je te garantis que je te montrerai ton erreur d'une manière si limpide que même toi ne pourra le nier. »

    Encore sous le coup de la surprise, Theo voulut ouvrir la bouche pour contester – trop tard, le souvenir de l'autre nuit venait de lui revenir en mémoire avec la violence d'une claque, associé à la crainte que Lucien mette ses menaces à exécution sans crier gare. Il eut tout à coup très chaud.

    Achevant sa tirade dans un murmure, le Comte se pencha un peu plus vers lui : « Et je ne m'arrêterai pas comme la dernière fois. Tu sais ce que ça signifie, n'est-ce pas ? »

    Qu'il aurait très mal aux fesses.
    … Sa blague ne le fit pas rire. Pas même nerveusement. C'était plus une constatation démoralisante qu'une blague, en fait.

    De toutes ses émotions en ébullition, peu à peu, ressortait un sentiment plus marqué que les autres. Il n'appréciait pas que Lucien cherche à l'intimider. Non plus qu'il veuille lui imposer ses volontés. D'ailleurs, c'était sans doute ce qui l'énervait le plus chez lui : cette façon de croire que tout lui était acquis d'avance.
    L'air plus hautain que jamais, Lucien proféra un ultime chantage à son encontre.
    Et définitivement, ce fut bel et bien la colère qui l'emporta sur le reste.
    Au moment où le noble le lâcha, Theophil se dégagea vivement, le regard noir et les poings serrés. Il s'obligea cependant à garder le contrôle de lui-même – il le savait depuis longtemps, que céder à l'emportement représentait toujours une victoire pour le noble. Il ne devait pas tomber dans le panneau encore une fois. Il devait retrouver son calme, et rétorquer un de ces sarcasmes propres à exaspérer Lucien. Répondre aux provocations, c'était prendre le risque d'arriver plus vite là où le Comte voulait qu'il aille.

    « Vous vous êtes bien ramolli, lieutenant, pour être terrifié comme vous l'êtes par quelque chose qui vous attire. »

    Avant même qu'il ne s'en rende compte, Theophil avait à son tour empoigné Lucien par sa veste. Et cela n'avait plus rien du petit geste gentillet du noble, quelques secondes plus tôt.

    « Changez de ton immédiatement, Comte, dit-il sèchement, ou je vous assure que vous aurez des soucis plus graves qu'une fichue promesse non respectée. »

    Theo s'était déjà montré insolent, impertinent même, avec le noble. Il l'avait déjà envoyé « se faire foutre », il l'avait même insulté à plusieurs reprises. Et le comble : il s'était battu avec lui. Autant dire que la supériorité hiérarchique de Lucien était mise à mal depuis son entrée à son service – et même avant. Mais jamais, de mémoire, Theophil ne lui avait ordonné quoi que ce soit. En le faisant à l'instant, il avait la désagréable impression d'avoir montré à Lucien une part de faiblesse. L'injonction semblait être de celles qui précèdent la panique.
    Mais la dernière phrase du noble, souriant d'un air moqueur, avait été de trop : non, il n'était pas terrifié par ce genre de choses, il refusait de l'être – et non, non, Lucien n'avait pas à exprimer tout haut le fond de la pensée de Theo, comme si c'était l'évidence même. C'était déjà suffisamment difficile à admettre pour lui-même. Hors de question que Lucien l'énonce comme s'il était parfaitement au courant du conflit qui se jouait actuellement dans sa tête. Et encore moins qu'il le fasse sur ce ton.
    La jointure de ses doigts était blanche. Il raffermit cependant sa prise. Jamais il n'avait autant détesté les quelques centimètres en plus du noble.

    « Vous voulez que je cesse d'être de mauvaise foi ? Je vais vous dire : ce n'est pas l'envie qui me manque pour le faire, ni même le courage. C'est la volonté de vous satisfaire. Cela me ferait mal de vous céder quoi que soit. »

    Theo regretta ses mots à l'instant même où il acheva de les dire. Il pâlit.
    Plus que jamais, il maudissait sa foutue impulsivité.

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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Mer 25 Fév - 16:21

  • Il semblait que Theophil n'ait guère apprécié son dernier éclat. Il se demandait si c'était réellement une consolation. Certes, les choses avaient au moins le mérite de bouger quelque peu et de l'avoir bien défoulé, mais à voir la tête que tirait le garde en ce moment, il n'était pas franchement sûr que c'était un bon signe pour lui. Il se demanda s'il devait mentionner à Theophil que s'il serrait davantage, il allait l'étrangler. Puis il se dit qu'étant donné l'état d'énervement avancé de son congénère, ce n'était pas vraiment prudent. Il n'avait pas envie de mourir pour cause de perte de contrôle d'un prolétaire. Cela ferait certainement tâche au panthéon des morts glorieuses de ses ancêtres – quoique, il lui semblait que l'un de ses glorieux aïeux était décédé en trébuchant dans la corde qui reliait sa barque à la rive, il ne serait donc certainement pas le pire (quelle idée d'être maladroit et de ne pas savoir nager en même temps, aussi. Au point de se noyer dans dix centimètres, cela devenait tout de même légèrement pitoyable). Enfin, s'il devait mourir maintenant, sa grand-mère en ferait les gorges chaudes pour le reste de l'éternité. Elle avait toujours moyennement apprécié l'idée de la sodomie.

    Theophil aussi, apparemment. Lucien aurait bien voulu enchainer directement sur le fait que jamais, ô grand jamais, on n'avait osé lui donner d'ordre, mais il restait quelque peu estomaqué par la tournure que prenaient les choses. Il y reviendrait plus tard s'il en avait l'occasion. L'avantage de ne pas cacher son mauvais caractère, c'était qu'il pouvait se montrer rancunier à volonté, personne ne s'en étonnait plus. En fait, tout le monde commençait à trouver cela normal. Il ne savait pas trop s'il devait s'en alarmer ou non. Dans tous les cas, cela ne choquerait nullement Theophil – s'il ne le tuait pas avant qu'ils puissent une autre conversation.

    Cependant, il n'était pas au bout de ses surprises : la dernière remarque de Theophil eut au moins le mérite de lui couper le sifflet pendant quelques secondes. Enfin, on arrivait à quelque chose qui ressemblait à des aveux, sinon complets, du moins un peu conséquents que le déni total auquel il avait affaire depuis qu'il s'était introduit dans la cachette du soldat. Cependant, pour répliquer, il lui aurait fallu pouvoir parler dans une position un peu plus digne que celle qu'il occupait actuellement, pendu à bout de bras par un garde en colère. Il n'osait imaginer la tête de Lelio s'il avait eu le malheur d'entrer à ce moment-là. En fait si, il l'imaginait, mais elle faisait trop mal à son ego pour qu'il s'y attarde plus que de raison. Il tenta de desserrer les doigts de Theophil, mais n'y parvint pas, tant ils semblaient crispés sur son habit. Il poussa un soupir, mais exultait intérieurement. Ce que venait de dire Theophil ressemblait à un cadeau de Noël en avance. Il espérait ne pas laisser passer cette chance. Sans se l'avouer, cela le mettait étrangement mal à l'aise. S'il ne savait pas qu'il était impossible qu'il ressente ce sentiment, il aurait dit qu'il avait peur. Comment ne pas gâcher l'avantage qu'il venait d'acquérir ?

    Il fronça les sourcils, puis esquissa son éternel sourire sardonique. Pendant qu'il réfléchissait, il lui fallait gagner du temps. Au moins, s'il érigeait son masque habituel, cela ne dépayserait pas Theophil et lui permettrait d'élaborer sa réponse en attendant. Cependant, rien ne lui venait. Que pouvait-il répondre, alors que dans le même temps où on venait de lui dire ce qu'il rêvait d'entendre, on le repoussait également implacablement ? Il enserra les poignets de Theophil de ses mains.

    « Inutile de m'étrangler. Si tu avais voulu me frapper, tu aurais dû le faire bien avant. »

    Bien. Maintenant qu'il avait rétabli le dialogue, il ne pouvait qu'enchainer. Dommage qu'il n'ait aucune idée de comment continuer ledit enchainement. Pour un peu, il aurait tapé du pied de rage. Pourquoi sa répartie se faisait-elle la malle au moment où il en avait le plus besoin ? Il aurait dû s'engouffrer dans la brèche sans aucune hésitation. Maintenant, il se retrouvait là, impuissant, à paniquer alors que son esprit tournait à vide. Que venait-il de dire ? Non, il ne paniquait pas. Il se pressait, c'était différent.

    Il faillit émettre un geste d'impatience. De toute façon, quoi qu'il dise, Theophil allait s'arranger pour l'envoyer sur les roses, alors pourquoi se donnait-il tant de mal ? Il n'avait qu'à lui dire ce qui lui passait par la tête, et improviser. Même avec le meilleur plan du monde, Theophil l'enverrait se faire voir. Et s'il devait obtenir ce qu'il voulait, ce serait par un chemin détourné, occasionné par l'autre, mais qu'il n'aurait certainement pas prévu, à son grand désespoir.

    Toujours le sourire aux lèvres, il se décida à marteler dans l'ouverture laissée par Theophil lui-même.

    « Le fait de me refuser quoi que ce soit perd tout son sens si tu m'expliques toi-même que ''ce n'est pas l'envie qui te manque''. »

    Reprendre les mots de Theophil ne faisaient que rendre le réalité plus savoureuse. Lucien n'aurait pas cru en être si satisfait. Mais après tout, le garde le faisait courir depuis assez longtemps pour qu'il apprécie ces petites marques de triomphe.

    Il laissa échapper un ricanement.

    « Alors dis-moi, Theophil, que vas-tu faire ? Tu vas me refuser juste pour cette raison bancale ? »

    Il se demanda s'il pouvait aller plus loin. Et se dit qu'après tout, au point où il en était, il pouvait tout se permettre. Bon, les poings de Theophil étaient un peu trop près de sa figure pour qu'il se sente réellement en sécurité, mais après tout, on ne pouvait pas tout avoir.

    « Tu vas échapper à ce que tu désires juste pour cette satisfaction ? Mais la vérité, c'est que cela n'en sera même pas une : au fond, tu apprécieras chacun des gestes incomplets que je te donnerai mais avec la frustration de ne jamais connaître le plus important. Quelle existence agréable ! Grappiller des miettes de plaisir, c'est ce que tu veux ? »

    Il n'était pas convaincu que ce qu'il racontait était très cohérent, mais tant pis.

    « Quel imbécile tu fais de penser que tu pourras t'en contenter longtemps. »
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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Ven 27 Fév - 18:22


  • Dans la liste des souhaits de Theophil, il n'y avait pas grand chose. Le retour de la Monarchie, ou au moins la chute de la République. Retrouver son grade. Vivre une petite vie tranquille et sans trop de problèmes.
    Actuellement, ses vœux et ses priorités différaient.
    Theophil aurait voulu ravaler ses paroles. Remonter le temps. Retourner se terrer quelque part. Quitter cette foutue demeure et son foutu propriétaire à tout jamais. Lui coller son poing dans la figure en guise d'adieu. N'avoir jamais cédé à la tentation de cette maudite partie de cartes.
    Toutes ces choses à la fois, et il restait à rien faire, pendu à la veste de Lucien, le cœur en ébullition. Mais peut-être, avec beaucoup de chance, que Lucien n'allait pas relever ? Qu'il n'avait même pas remarqué ? Que Theo n'avait pas réellement et complètement (et pitoyablement) perdu la face pendant son unique tentative d'intimidation ?
    Le comte esquissa son éternel sourire sarcastique. Manqué.
    Il attrapa ses poignets et enchaina :

    « Inutile de m'étrangler. Si tu avais voulu me frapper, tu aurais dû le faire bien avant. »

    Cela eut un effet immédiat : Theophil desserra sa prise sur la chemise du noble. Il aurait plutôt dû l'étrangler pour de bon et voilà, n'en parlons plus – mais Lucien avait le chic de balancer des ordres implicites difficiles à contester. Dans celui-là, il y avait une telle part de vérité que Theo, à son grand dam, ne trouva même pas comment nier : oui, c'est vrai, il aurait dû le frapper bien plus tôt. Ça lui aurait évité bien des ennuis (ou ça lui en aurait attiré d'autres, mais de nature différente, et qui l'auraient sans doute moins déstabilisé que leur entretien actuel).
    Une petite voix, au fond de lui, lui chuchota que fut un temps, il n'aurait pas le moins du monde hésité à frapper, mais il l'ignora sans vergogne. Il avait d'autres préoccupations, plus urgentes, sur les bras.

    Il attendit, pendant de très longues secondes, la répartie de Lucien. Était-ce que le comte savourait d'avance son prochain discours, faisant exprès d'en augmenter l'attente ? Ou qu'il calculait la façon dont il pourrait mieux mettre à profit la bourde de Theo ? Ou bien était-ce la perception de Theophil qui était déformée ? Cette attente était insupportable.
    Puis Lucien lui retourna sans vergogne ses propres mots, avec une satisfaction évidente. Il se dit qu'en fait, l'attente n'était pas si douloureuse en comparaison.
    Juste pour retourner un peu plus le couteau dans la plaie, le comte ricana :

    « Alors dis-moi, Theophil, que vas-tu faire ? Tu vas me refuser juste pour cette raison bancale ?
    - Ça reste tout de même une raison de refuser. » marmonna-t-il, vexé.

    Par contre, ce qu'il allait faire, il n'en savait foutrement rien. Il sentait que ses aveux (oui, ils étaient trop flagrants pour qu'on les appelle autrement) allaient lui coûter très chers, et il anticipait avec angoisse la suite du discours de Lucien.
    Ladite suite fut à la hauteur de ses attentes. Il n'y avait que Lucien pour trouver ce genre d'arguments ! C'était bien son genre. La phrase se répéta comme un écho dans sa tête : « Au fond, tu apprécieras chacun des gestes incomplets que je te donnerai mais avec la frustration de ne jamais connaître le plus important ». Il voulut répliquer violemment, il voulut nier avec froideur. Mais quand il réalisa que là encore, Lucien disait la vérité, Theophil resta bouche-bée. Oui, il voudrait certainement connaître la suite. Il le savait déjà, d'ailleurs, qu'il voulait la connaître, c'était bien ce qui l'empêchait de dormir. Le dilemme auquel il était confronté.
    Theophil se rendit compte qu'il gardait le silence depuis un peu trop longtemps maintenant. Lucien allait surement prendre ça comme un second aveu – hors de question. En quête d'une réplique, Theophil commença à paniquer. Il ne se rendit même pas compte qu'il avait définitivement lâché Lucien, et que celui-ci était désormais le seul à lui enserrer les poignets.
    Au lieu d'une idée, ce fut une autre constatation, un peu sotte, qui vint à l'esprit de Theo : Lucien venait de déclarer qu'il n'arrêterait pas ses tentatives. Visiblement, il continuerait inlassablement, jusqu'à ce que son garde cède. Et d'après lui, il cèderait bientôt.
    A cet instant précis, Theo réalisa quelque chose qui clochait dans le discours de Lucien.

    « N'êtes-vous pas plutôt en train de parler de vous ? » dit-il doucement.

    Il ôta ses poignets de l'emprise du noble, sans pour autant reculer d'un pas.

    « Je ne pense pas être celui qui quémande les ''miettes de plaisir''. Ni être celui qui a le plus de mal à s'en contenter pour l'instant. »

    Il ne réfléchissait plus vraiment à ce qu'il disait, élaborant son discours comme il lui venait à l'esprit. Mais il avait trouvé comment contourner le problème – à savoir, détourner la conversation vers un autre sujet : Lucien – et s'en donnait à cœur joie.

    Son regard glissa sur les lèvres de Lucien, s'y attarda un instant, puis revint se fixer sur les yeux de son adversaire. Theophil souriait, provocateur.

    « Ce doit être frustrant, non ? De ne pas obtenir ce que l'on veut lorsqu'on croit que tout nous est acquis d'avance. »

    Avec un détachement calme, il pensa qu'il allait très certainement mettre Lucien en colère.
    Il se détourna du noble et s'approcha de la table, où l'attendait la fameuse bouteille d'alcool depuis tout à l'heure. S'asseyant dans le canapé, il s'en servit un verre avec l'allure tranquille de ceux qui sont confiants.
    Que de la gueule. En vérité, il avait plus que besoin de boire quelque chose pour se remettre d'aplomb. Il fallait bien qu'il se prépare à la suite.

    « Pourtant il faudra bien patienter, Comte. Si près de me convaincre, vous ne voudriez pas tout gâcher en précipitations, n'est-ce pas ? »

    Sa voix était ironique. Son propos, il n'en était pas certain.



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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Sam 28 Fév - 3:19

  • Il aurait dû anticiper ce qui était en train de se passer. Il eut envie de serrer les poings, mais fit un effort sur lui-même pour les décrisper. Il aurait dû savoir que, quoi qu'il disait, Theophil s'arrangeait toujours pour faire la mauvaise tête et tout lui renvoyer à la figure. C'était dans sa nature. C'était pour cela que Lucien multipliait ses efforts pour se l'approprier depuis quelques semaines. Et c'était pour ces raisons également qu'il se sentait de plus en plus découragé. Il était persuadé que, quelque part, subsistait une sortie dont il pourrait disposer pour faire plier le garde à ses désirs. Malheureusement, depuis le début, il évoluait dans le brouillard. Et un brouillard de plus en plus épais, à son grand dam. Où qu'il regarde, il ne voyait pas comment se sortir de ce guêpier. Il frissonna quand Theophil lui renvoya ses paroles à la figure. Oui, c'était vrai, il était frustré par la situation. Qui ne l'aurait pas été ? Il essayait en vain de faire plier un individu qui, s'il était intrigué par ce qu'il lui offrait, le repoussait de toute la force dont il était capable. Theophil n'aurait pas été attiré par lui, il aurait compris. Il était habitué à séduire, il avait mis au point des techniques, au bout de toutes ces années de débauche, assez pertinentes pour en devenir quasiment infaillibles, dut-il y mettre des mois. Il avait réduit à sa merci des cas plus ou moins compliqués, de la jeune greluche romantique au cynique désabusé, dans toutes les couches sociales et tous les sexes. Cependant, il n'avait encore jamais eu affaire à un cas pareil : Theophil le repoussait pour des raisons qu'il ne voyait pas comment contourner. Cela le mettait en rage, en même temps que cela le remplissait d'un sentiment d'impuissance auquel il n'avait encore jamais eu affaire. Le moins qu'il puisse en dire, c'était que ce n'était pas agréable. Si séduire ne marchait pas, si ses provocations lui étaient renvoyées comme elles étaient venues, si rationaliser par des arguments logiques ne faisait aucun effet, que lui restait-il ? Le vide qui succédait à cette question ne pouvait que l'emplir de crainte. Mais comme Lucien était un être fier, il remplaça la peur par une colère indicible, et violente.

    Ses pupilles se rétrécirent, ses lèvres se serrèrent jusqu'à ne former qu'une ligne blanche sur son visage furieux. Cependant, en moins d'une seconde, il détendit ses traits. Il était habitué à se mettre en colère contre Theophil, cela ne le dérangeait pas. Que cette rage soit provoqué par son incapacité à trouver une solution, en revanche, il l'acceptait beaucoup moins. Et il ne désirait certainement pas que l'autre s'en rende compte. Petit imbécile, plus têtu qu'une mule. Si seulement il ne le désirait pas autant, il serait passé à autre chose sans autre état d'âme qu'un bref regret. Cependant, Lucien était comme tous les prédateurs (ou comme tous les salauds basiques, selon les points de vue) : la difficulté ne provoquait pas son renoncement, au contraire. Plus on lui résistait, plus il désirait. Il eut envie de lever les yeux au ciel. Visiblement, il n'était pas au bout de ses peines. Il en aurait ri si son unique envie, en cet instant, n'avait pas été de balancer la table à travers la pièce.

    Les paroles de Theophil s'enfonçaient dans l'air autour de lui comme autant de lames acérées. Il laissa échapper un ricanement quand il termina sa tirade. Si près du but ? Il n'avait pas vraiment l'impression de l'être, comme il n'était jamais sûr de rien avec le garde. C'était excitant, bien sûr, mais c'était aussi tellement fatiguant, à la longue. Il attendait dans le silence, en espérant qu'une issue allait subitement s'ouvrir devant lui, dans laquelle il pourrait s'engouffrer. Actuellement, il ne demandait même pas que l'idée soit bonne. Il aspirait à ne serait-ce que le début d'une idée, qui serait à même de débloquer la situation pour... soyons généreux, les deux minutes suivantes. Car il ne doutait pas une seule seconde que Theophil réduirait ses efforts à néant en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Il était tellement difficile d'être dans la position du demandeur. Au moins, s'il avait pu se servir d'un quelconque chantage. Mais cela faisait longtemps que cela ne marchait plus sur le garde. Quelle pitié.

    Il regarda d'un œil distrait le verre que Theophil venait de se servir.

    « Non, tu ne te trompes pas, en effet. La différence entre nous, c'est que je suis capable de me satisfaire ailleurs de ce que je ne trouverai pas ici. »

    Ce n'était pas tout à fait vrai, puisque c'était Theophil qu'il convoitait, mais si des besoins physiques se faisaient sentir sans qu'il ne parvienne à obtenir ce qu'il voulait, il pourrait toujours aller voir ailleurs. Ce serait une piètre consolation, qui aurait l'amertume de la défaite, mais qu'y pouvait-il ? Theophil était une vraie bourrique lorsqu'il s'y mettait.

    « Néanmoins, je suis heureux que tu considères que je suis près de te convaincre. J'avoue que depuis le début de cette conversation, je n'en avais guère l'impression. »

    Il espérait que son ton n'était pas trop aigre. Il commençait à en avoir par-dessus la tête, des minauderies de Theophil. Pourquoi ne pouvait-il pas se servir tout de suite, sans y avoir été invité ? Ah oui, il s'en rappelait : s'il le faisait, Theophil risquait de prendre ses clics et ses clacs pour disparaître et ne jamais revenir. Quelle bonne idée il avait eu de jeter son dévolu sur un tel homme. Ce devait être une de ses plus brillantes. Il se serait presque applaudi si cela ne lui avait pas donné envie de tuer quelqu'un. Ou de maltraiter quelque chose. Ou de faire une quelconque activité qui nécessite une violence envers un tiers.

    Il se sentit soudain très seul. Au moins, quand Theophil l'étranglait, il profitait d'un minimum de contact physique. Debout comme cela, avec l'autre assis dans le fauteuil à l'autre bout de la pièce, il ne s'était jamais senti si loin du but. Il poussa un soupir, mais ce fut sur un ton acide qu'il reprit la parole.

    « Tu es si convaincu que c'est seulement à moi, et à moi seul, de faire des efforts. Tu es persuadé de pouvoir repousser l'échéance, car tu penses que je n'abandonnerai pas, et qu'au final, tu auras ce que tu veux, quand tu l'auras décidé, n'est-ce pas ? »

    Il eut envie de s'élancer vers Theophil, de l'attraper par les épaules et les serrer, pour faire mal à quelque chose, sentir une présence. Il reprit la parole, avec la même voix cassante.

    « Ainsi, tu pourras continuer à me renvoyer la faute au visage, et ce sera si facile, de prétendre que tout est arrivé contre ton gré. »

    Il croisa les bras contre sa poitrine et s'adossa contre le mur.

    « Dis-moi Theophil, que ferais-tu si je décidais que le jeu n'en vaut pas la chandelle et que je te laissais là ? Serais-tu satisfait ? »

    Au point où il en était, il aurait aussi bien pu parler de la lune, pour ce que ça arrangeait ses affaires.



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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Lun 2 Mar - 2:34

  • Sans boire, Theophil gardait un œil fixé sur la boisson ambrée qu'il faisait tournoyer au fond de son verre. Il écoutait la réponse de Lucien.
    Il avait la curieuse impression que la conversation avait changé de ton. Qu'ils discutaient... comment, ouvertement ? Depuis cet aveu involontaire, peu avant, l'heure ne semblait plus être aux tactiques. Lucien venait-il de lui avouer son découragement ? L'amertume de ses propos semblait cacher quelque chose en plus de la colère.
    Pourtant Theophil avait été honnête, lorsqu'il avait dit à Lucien qu'il était près du but. C'était caché derrière un ton ironique, mais sincère. Il n'avait aucune raison de lui avouer cela, mais il l'avait fait, allez savoir pourquoi. Lui-même ne voulait pas connaître la raison.
    Lucien poursuivit d'un ton acerbe :

    « Tu es si convaincu que c'est seulement à moi, et à moi seul, de faire des efforts. Tu es persuadé de pouvoir repousser l'échéance, car tu penses que je n'abandonnerai pas, et qu'au final, tu auras ce que tu veux, quand tu l'auras décidé, n'est-ce pas ? »

    Toujours en train de loucher sur son verre, Theo cessa un instant de le remuer, surpris. Même si, dans sa bouche, ça sonnait comme s'il était la pire ordure, Lucien venait néanmoins d'exprimer parfaitement le fond de sa pensée. A vrai dire, ce n'était même pas la première fois depuis le début de leur conversation, et ça commençait un peu à l'agacer, sinon à l'angoisser. Etait-il si prévisible ?
    Il sentit une fois de plus le reproche derrière les mots de Lucien, surtout dans la suite de son discours - il ne trouva pas cela entièrement mérité. Il ne voulait pas « prétendre que tout serait arrivé contre son gré », loin de là. C'était justement parce qu'il avait conscience de sa part de responsabilité dans cette histoire – un rapport consentant entre deux personnes – qu'il ne voulait pas laisser Lucien décider seul. S'il l'écoutait, le canapé sur lequel il était assis aurait sans doute actuellement un tout autre usage (Ou le tapis. Ou la table. Bordel, il n'en savait rien, des pratiques de Lucien).

    « Dis-moi Theophil, que ferais-tu si je décidais que le jeu n'en vaut pas la chandelle et que je te laissais là ? Serais-tu satisfait ? »

    Theo releva la tête, mais garda le silence. Si Lucien renonçait ?
    Il eut presque honte de penser qu'il n'en avait même pas envisagé la possibilité.
    Son estomac se noua sous la manifestation d'une myriade de sentiments. Il aurait aimé que le plus important soit la joie d'avoir gagné, le triomphe d'avoir fait céder Lucien.
    Mais il eut l'impression de ressentir surtout du regret.

    « Je ne...- »

    Quelque chose en lui l'empêcha, juste à temps, d'achever sa phrase. Troublé par ce qu'il avait failli dire sans réfléchir, il cilla, et but le fond de son verre d'une traite. « Je ne le voudrais pas, je suppose. » Lucien n'avait pas besoin de savoir cela.
    Le comte le harcelait depuis tellement longtemps, de toutes les façons possibles. Il essuyait ses refus, les uns après les autres, sans jamais céder, depuis tellement de temps que Theo n'avait même pas imaginé un seul instant qu'il puisse vouloir abandonner. Parce qu'il ne s'agissait que de cela : Lucien, l'entêté, l'irascible, le capricieux acharné qui ne renonçait jamais avant d'avoir obtenu satisfaction, commençait à se lasser. La difficulté devenait-elle trop grande pour lui ? Quel hypocrite. Theo le faisait attendre depuis, allez, deux mois ? Et cela devenait trop long pour sa seigneurie ?
    Theophil reposa brutalement son verre vide sur la table. Sa voix était glaciale, mais son regard fuyant.

    « Allons, Comte, vous qui avez l'habitude de résoudre des cas plus difficiles que celui-là. Vos efforts se solderaient par un abandon ? Quelle issue décevante de votre part. »

    Theo soupira. A la base, il voulait dissimuler sa surprise, sa crainte et sa colère, face à la dernière réplique de Lucien : au lieu de cela, il se retrouvait presque à l'encourager. C'était un comble, pour celui qui, au départ, voulait à tout prix échapper à une sodomie. Voilà qui l'énervait encore plus.
    Il se leva et s'approcha de nouveau du noble, désormais appuyé contre le mur, les bras croisés.

    « Ce qu'il vous faut faire pour y arriver, vous le savez, c'est accepter mes conditions. Vous savez ce que je veux, vous l'avez parfaitement dit tout à l'heure. »

    Il continua d'avancer, se retrouva face à Lucien. Sa main se posa sur le mur, au dessus de l'épaule du noble, et sa voix, toujours froide, se fit plus basse :

    « Je n'aurais pas mon mot à dire quant à la fin de cette histoire, aussi voudrais-je décider moi-même quand la commencer. Vous ne serez pas le seul gagnant dans cette affaire, Comte. »

    Il faudrait bien qu'il l'accepte, ou il n'y aurait pas de gagnant du tout.


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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Mer 4 Mar - 1:57

  • Lucien se força à envisager la situation avec le maximum de calme dont il était capable. Il était toujours si difficile de débloquer une situation quand Theophil état buté (il se rappelait de leurs parties de cartes avec un mélange de satisfaction et d'agacement qui aurait du mal à s'effacer avec le temps). En l'occurrence, il avait quasiment usé toutes ses cartouches. Si ses dernières paroles ne rencontraient qu'un silence buté, que pourrait-il faire ? Pas grand-chose, certainement. Aussi fut-il particulièrement soulagé en entendant la voix de Theophil se répercuter sur les parois de la pièce. Il réprima un geste de colère à la phrase incomplète du garde. Il se tuait à sortir des tirades, et l'autre se permettait de ne sortir que deux pauvres mots sans queue ni tête. Il se moquait de lui, certainement ! (Il ne vint pas à l'esprit de Lucien que celui qui se moquait de l'autre n'était peut-être pas celui qu'il croyait).

    Il n'eut pas le temps d'enchainer sur une nouvelle réplique acide. Enfin, Theophil se donnait la peine d'aligner trois mots sans qu'il n'ait envie de lui retourner sa canne dans la figure ! Certes, il ne lui donnait toujours pas entière satisfaction non plus, mais c'était certainement mieux que rien. Lucien se retint de hausser un sourcil quand son interlocuteur évoqua ses conquêtes. Il aurait préféré se faire écarteler plutôt que d'avouer que, non, vraiment, il n'avait jamais eu affaire à un cas aussi difficile que celui du garde. Il ne voulait même pas imaginer le sourire narquois de l'autre si une information pareille avait le malheur d'atteindre ses infâmes oreilles. D'habitude, il finissait toujours par avoir gain de cause. Et lorsqu'il décidait qu'une affaire mettait décidément trop longtemps pour en valoir réellement la peine, il lui suffisait de montrer de l'intérêt pour une autre personne pendant quelques temps, et revenir à la charge ensuite. Entre autres. Tant de tactiques qui se révélaient nulles dès que l'on parlait de Theophil. Il se rencogna quelque peu contre le mur avec mauvaise humeur. Quel était l'intérêt de l'expérience s'il se retrouvait bloqué comme un débutant ?

    C'était effrayant comme il avait envie de balancer une réplique désagréable à chacune des paroles de Theophil. Accepter ses conditions, il n'en avait aucune envie. Il se sentirait perdant, pour une des seules fois de son existence. Jusqu'ici, il avait toujours tenu à jouer selon ses propres règles, et quoi qu'il arrive, (que ce soit vrai ou non, mais sa vanité lui soufflait que non, bien évidemment, cela avait toujours été vrai, il ne s'était jamais laissé doubler), il s'était toujours senti en position de force. Il ne ressentait pas le besoin de laisser la main à Theophil cette fois-ci. Une voix perfide lui fit serrer les lèvres. Avait-il réellement le choix ? Il n'en était pas sûr. Quel choix pouvait-il faire, entre ses désirs et sa fierté ? Jusqu'ici, l'un n'était jamais allé sans l'autre. Et pour la première fois, il se retrouvait à devoir faire un choix. Il réfléchit à toute allure. Avait-il une autre voie ?

    Cela lui faisait mal de l'admettre, mais sur la fin de cette histoire, Theophil n'avait pas tort. Lorsqu'il en aurait assez, il n'aurait aucun scrupule à le mettre dehors, et il n'accepterait pas d'autre volonté que la sienne. Donnant donnant ? Devait-il permettre au soldat de fixer une date de début de lui-même, afin qu'il se sente dans son bon droit en lui signifiant son congé ? Mais il était toujours dans son bon droit ! Un doute le traversa. N'était-ce qu'une autre technique de Theophil pour esquiver ce qu'il lui devait ? Comptait-il repousser l'échéance jusqu'à ce que Lucien abandonne de lui-même et le mette dehors. Qu'est-ce qui lui prouvait que le garde allait tenir ses promesses ? Rien du tout, a priori, si ce n'était ses propres paroles. Si elles valaient certainement davantage que celles de Lucien (il entendait d'ici Lelio déplorer son manque de morale, sans grand effet), était-il possible de s'y fier à l'aveuglette ?

    Et la dernière question, la plus importante : avait-il le choix ?

    Car malgré ses fanfaronnades, il était contraire, non à ses principes (il n'en avait pas vraiment), mais à sa manière de faire, d'obtenir ce qu'il voulait contre le gré de son partenaire. Il s'aperçut qu'à peser le pour et contre, un silence s'était installé. Theophil attendait certainement une réponse. Qu'il répugnait à lui donner. Il détestait tellement abdiquer. Cela lui laissait un goût amer dans la bouche.

    Il haussa les épaules, essayant d'ignorer la présence de Theophil devant lui, sa main passant par-dessus son épaule pour venir s'appuyer contre le mur. Il planta son regard dans celui du garde, haussant un sourcil.

    « Que pourra bien te faire la fin d'une histoire dont tu ne voulais pas ? Mais soit, il semble que, de toute manière, je n'ai pas vraiment le choix. »

    C'était plus facile de prendre une résolution mentalement que de laisser les mots franchir la barrière de ses lèvres, visiblement. Ce devait être la première fois qu'il en faisait l'expérience. Il donna un coup sec sur le bras de Theophil.

    « Ôte-toi donc de là. Je ne me rappelle pas t'avoir autorisé à t'approcher. »

    Il se demanda comment il pouvait encore s'en tirer avec panache. Cet issue lui paraissait sérieusement compromise. Quelques mois plus tôt, il aurait attrapé sa canne pour frapper un grand coup. Malheureusement, maintenant, il était certain, d'une part, que Theophil hésiterait peu (voire pas du tout) avant de lui rendre ses coups un par un, d'autre part, que l'acte serait très certainement contre-productif pour ce qu'il attendait du garde. Ainsi, il était seulement autorisé à faire preuve de sa mauvaise humeur habituelle.

    Sans quitter Theophil des yeux, les bras à nouveau croisés contre sa poitrine, il reprit la parole.

    « Cependant, je n'attendrai pas éternellement. Pense à te presser davantage, car ma patience n'a jamais été proverbiale. »

    Une manière comme une autre de prévenir que les entourloupes devaient être mises de côté. Il ne croirait à sa chance qu'après avoir obtenu ce qu'il était venu chercher.

    C'était une bien piètre consolation qu'il remportait, par rapport à ce qu'il était venu chercher.
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Theophil

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MessageSujet: Re: Un rien suffit [PV Lucien ♥]   Sam 7 Mar - 2:39

  • Le silence se prolongea, et, toujours dans sa position, Theophil commença à se sentir mal à l'aise. La proximité était gênante. Il avait agi sans trop réfléchir (non, pas « comme d'habitude »), espérant sans doute obliger le noble à avoir une réaction rapide à son argumentaire. Se montrer plus convaincant. Ou le provoquer un peu plus encore.
    Or, Lucien ne répondait pas. Il restait plongé dans ses pensées. Mais, d'aussi près, Theophil pouvait voir que ce à quoi il pensait ne lui plaisait pas du tout. Un peu comme s'il venait de croquer dans un citron mais se retenait à tout prix de le montrer.
    Theo fut surpris en plein dans son observation lorsque Lucien releva brutalement les yeux pour planter son regard dans le sien. Il s'obligea à rester impassible. Le noble haussa un sourcil et répondit enfin, d'une voix un peu trainante :

    « Que pourra bien te faire la fin d'une histoire dont tu ne voulais pas ? Mais soit, il semble que, de toute manière, je n'ai pas vraiment le choix. »

    Theophil garda le silence aussi bien que son expression imperturbable. Intérieurement, trois idées parfaitement en désaccord s'entrechoquèrent violemment les unes les autres :
    Une histoire dont il ne voulait pas ? Et toute cette démarche, tout ce travail laborieux qu'il avait fait pour accepter enfin la cruelle vérité, celle qui concernait justement son envie d'arrêter de se prendre la tête et de se lancer dans cette fichue histoire sans réfléchir – tout cela, ce n'était pas de l'envie peut-être ? (Oh mais qu'est-ce qu'il racontait encore, comme conneries ?)
    Pourtant Lucien avait raison, que lui importait la fin de cette histoire ? Ladite histoire ne serait rien de plus, après tout, qu'un accord tacite entre eux, qui durerait un certain temps et sous certaines conditions. Il n'y aurait plus rien, au delà de ça.
    Et puis, la dernière idée était celle-ci : Lucien venait de céder. Du bout des lèvres, parfaitement à contrecœur, mais le fait était là, il avait cédé. Car ce n'était pas tant le fait d'avoir réussi à repousser encore l'échéance qui le satisfaisait : ce qui le faisait jubiler, c'était que le comte accepte ses conditions. Jamais auparavant, si Lucien n'y avait pas vu son avantage, Theo n'aurait réussi à le mettre au pied du mur (la seule fois où il l'avait emporté, finalement, était lorsqu'il était parvenu à se faire virer – un travail d'endurance). Cette pensée commençait à l'emporter sur toutes les autres, et Theophil aurait voulu crier sa victoire et sa joie. Ce fut à ce moment-là que Lucien repoussa sèchement son bras. Presque soulagé de s'éloigner un peu, et d'autant plus ravi que le Comte prenne aussi mal sa défaite (comme toujours), Theophil s'écarta, un large sourire accroché aux lèvres.
    Lucien retrouva sa position première, à savoir, les bras croisés, dos au mur, et le regard hautain :

    « Cependant, je n'attendrai pas éternellement. Pense à te presser davantage, car ma patience n'a jamais été proverbiale. »

    Allons bon. Voilà que Lucien retrouvait également son premier discours – la boucle était bouclée. Theophil ne prêta aucune attention à la menace (ça ne prenait plus, maintenant que Lucien avait capitulé une fois, son autorité était sans doute foutue à jamais. Plus qu'avant en tout cas. Dommage pour lui) et se contenta de ricaner :

    « Tiens donc. Vous m'en voyez étonné. »

    Pour Theo, faire de l'ironie auprès du Comte était devenu aussi habituel que respirer. C'est pourquoi il fit à peine attention à ce qu'il venait de dire, plus occupé par une autre pensée : Lucien avait cédé, quand allait-il devoir faire de même ? Une partie de lui était toujours réticente à accorder au noble ce qu'il désirait, tandis que l'autre estimait que maintenant qu'il avait pu fixer ses conditions, de toute façon, quelle importance qu'ils commencent dans un mois ou ce soir ?
    Theophil ravala son sourire. Ce soir ?
    … Mais il n'était pas prêt ! (Il eut envie de se claquer à cette pensée digne d'une jeune donzelle effarouchée) Il pouvait se donner encore quelques jours, non ? Le temps de... De quoi, au juste ?
    Il avait eu beau clamer tout ce qu'il voulait sur son courage, donner de belles leçons de bravoure, à ce moment précis, Theo avait les chocottes.
    Le soldat passa sa main sur son visage en soupirant. Il s'aperçut qu'il était passé brusquement d'un sentiment à un autre, sans s'en rendre compte. Avant que Lucien ne puisse formuler un nouveau commentaire désagréable contre lui, Theophil lança :

    « Bien, je ne vois pas de raison de m'attarder en votre compagnie pour l'instant, alors je vais vous laisser, Comte. »

    Il tourna les talons avec l'intention de quitter la pièce. Mais, toujours en débat contre lui-même, une fois face à la porte, il hésita à l'ouvrir.
    Theo se connaissait, il savait très bien qu'il continuerait à repousser, encore et encore – et Lucien abandonnerait ou reviendrait à la charge, Theo accepterait à ce moment-là sur ses instances, et il aurait l'impression de perdre tout ce qu'il avait durement gagné aujourd'hui. Il fallait que le début vienne de lui, sans quoi il perdrait toute crédibilité. Il fallait que ce début vienne rapidement, sans quoi il ne se lancerait jamais.
    Il inspira profondément.

    « Ne fermez pas votre porte ce soir. Simplement au cas où. »

    Assuré de ne désormais plus pouvoir revenir en arrière, Theophil quitta la pièce sans demander son reste.

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