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 Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]

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Theophil

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MessageSujet: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Dim 11 Nov - 23:11

    Plongé dans l'eau jusqu'au menton, les yeux fermés, Theo se laissait aller. L'eau chaude délassait ses muscles un peu endoloris, le débarrassait de toute la poussière incrustée sur sa peau. Ses coupures l'avaient picoté un peu, au début, mais maintenant tout allait mieux.
    Aaaaah. Le repos du guerrier. Theophil se laissa couler au fond de son bain et n'en ressortit que lorsque l'appel de l'air se fit urgent. Il repoussa ses cheveux en arrière – il lui faudrait les couper bientôt d'ailleurs, ça partait dans tous les sens ce bordel – et attrapa le savon à sa gauche.
    Derrière le paravent, il entendit la porte de la salle d'eau s'ouvrir. L'hôtesse qui apportait de nouveaux seaux d'eau chaude. Elle contourna le paravent pour s'approcher de son bain et, alors qu'il était occupé à se frictionner pour obtenir de la mousse, versa une des bassines sur sa tête. Theo jura.

    « C'est chaud. », prévint l'hôtesse en gloussant, peut-être un peu tard.

    *

    Voilà plusieurs mois déjà qu'il avait quitté la demeure de Lucien. Beaucoup de choses avaient découlé de cette séparation – de très bonnes, et de moins bonnes. Il n'avait d'abord pas cru que le comte puisse être sérieux en le laissant démissionner – après des semaines de tentatives dans ce but, au début de son service, il avait fini par abandonner l'idée, se résignant à son sort et réclamant son renvoi presque uniquement pour la forme. Quand il avait fait ses valises, quand il avait franchi la porte, raccompagné par Lelio, quand il avait marché jusqu'à la première auberge : partout, il s'était attendu au rappel à l'ordre cinglant de Lucien. Theophil avait patienté deux jours, flânant dans l'auberge et guettant l'arrivée imminente du noble. Rien. Aucun signe. Le comte respectait donc leur marché. Enfin, Theo avait commencé à se détendre et à penser à autre chose.
    Pendant un long moment, il vécut de ses économies – le salaire étant le seul bon souvenir qu'il gardait de son boulot de garde du corps, ainsi que la fois où il avait désarmé et fait tomber à terre Lucien lors d'un duel à l'épée, le dernier jour de son service – plutôt à l'aise financièrement. Quand le besoin se fit sentir, il effectua diverses missions ou petits boulots. Il avait toujours su se débrouiller, après tout. Même s'il y avait plus ou moins de réussite suivant les périodes.

    Theophil massa son épaule avec l'onguent que lui avait procuré Heather, un peu plus tôt dans la journée. La pommade était censé apaiser l'élongation qu'il avait récolté en se castagnant avec un soldat de la garde républicaine. Un enfoiré qui l'avait pris en traître en lui tordant méchamment le bras dans le dos – alors que Theo était lui-même déjà en train de le filer pour l'attaquer par derrière. Connard de démocrate. Il s'en était fallu d'un cheveux cette fois-ci.
    Theophil referma le petit pot d'onguent et le reposa sur la table – un des rares meubles que contenait sa chambre, en plus de deux chaises, du lit et de la commode où reposait une carafe d'eau et une bassine. La pièce était sobre, décorée seulement d'un miroir et d'un bouquet de fleurs séchées épinglé au mur, et Theo ne s'était vaguement approprié les lieux qu'en laissant traîner sur cette table son flingue et son lot de soins régulièrement approvisionné par Heather. Même ses bagages contenaient encore la plupart de ses vêtements. Comme s'il était prêt à partir à tout instant – et il l'était, en effet. Qui sait si un jour des républicains décidaient de débarquer ici par surprise?
    Il étira son bras, lentement. Ensuite il attrapa un bandage propre et l'enroula, avec plus ou moins de succès, autour de sa paume droite où trônaient à présent deux nouveaux points de suture que lui avait fait Heather – il avait décidément de la chance qu'elle soit là pour lui en cas de problème. Cette nouvelle cicatrice, il la devrait à la baïonnette au canon du fusil de son républicain. Il serait bientôt temps de commencer une collection, comme disait son amie. Il avait toujours la marque rouge à droite sur sa taille, dont il faisait parfois rêveusement le contour de ses doigts.
    Le blond acheva de faire un nœud autour de sa main, serrant avec ses dents le bandage, puis continua à s'habiller. D'humeur sociable, il attrapa son jeu de cartes et sortit de sa chambre, terminant de boutonner sa chemise en descendant les escaliers.

    Une heure plus tard, il décida que finalement, ce n'était pas son jour de chance, et cessa de jouer avec les autres clients de l'auberge avant qu'il n'ait liquidé la totalité de ce qu'il lui restait d'argent. Accoudé au comptoir, il sirotait tranquillement un verre d'alcool.
    Dans quelques heures, peut-être retournerait-il ''se promener'' en ville à la lueur des étoiles. En attendant que la nuit soit assez avancée pour cela, il observait la salle de l'auberge. D'autres hommes continuaient à jouer dans un coin de la pièce. Un couple dînait, à une table non loin de lui. L'aubergiste était occupé à servir leurs verres aux clients. La porte s'ouvrit, laissant entrer un nouveau venu en même temps qu'une bourrasque de vent froid. Theophil manqua de s'étouffer dans son verre.
    Il se tourna vers le comptoir, pour être dos à la porte, et termina de boire son hydromel d'une traite. Priant pour ne pas être vu, il prit la direction des escaliers qu'il grimpa quatre à quatre pour regagner sa chambre. La porte claqua derrière lui. Bordel.
    Lucien n'avait donc pas oublié leur pari? Parce que lui, pendant ce court temps de félicité, si.

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Lun 17 Déc - 2:19

    Quand Lucien se réveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel. En fait, pour être précis, il commençait déjà à redescendre. Le comte ouvrit un œil, déplaça légèrement son pied, s'enfonça un peu plus dans l'oreiller, se redressa un instant sur les coudes, referma ses paupières, attrapa le drap pour le malaxer dans sa paume, le relâcha. Dans le même temps, son esprit cherchait en vain ce qui avait pu le tenir éveillé aussi longtemps la nuit d'avant, au point qu'il ne s'était endormi qu'à l'aube – ce qui expliquait son réveil tardif, et les soupirs de Lelio qui lui parvenaient de derrière la porte. Lucien se résolut à les ignorer, et se décida même à les renforcer en restant encore quelques délicieuses secondes au chaud sous les draps, sans personne pour venir lui casser les pieds avec ses histoires ennuyeuses (A quoi avait-il eu droit la dernière fois? Ah oui, un napperon qui avait disparu, un des aide-cuisiniers accusant sans vergogne une des nouvelles servantes. Qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à faire, de ce bout de tissu troué? Il en rachèterait trois si ça pouvait faire taire les jérémiades de l'autre abruti). Au final, ce fut grâce à ce doux sobriquet et à une mèche blonde s'agitant en plein de sa ligne de mire qu'il retrouva le sujet de ses tracas.

    Aujourd'hui marquait la fin des trois mois de sursis de Theophil, et Lucien était bien décidé à voir où en était son ancien garde du corps. Enfin. Il était vrai qu'il ne l'avait pas réellement perdu de vue, payant de temps à autre une bonne âme pour aller se renseigner sur sa condition, l'endroit où il se situait, et les gens qu'il fréquentait – voire ce qu'il mangeait au petit-déjeuner, lorsque l'informateur était particulièrement précis.

    Mais ce qui était effrayant, dans cette affaire, c'est qu'il s'était mis à apprécier les compte-rendus qu'on lui faisait. A les attendre. Avec curiosité. Il s'était mis à désirer savoir où en était Theophil, ce qu'il faisait. Pire, il s'était mis à poser des questions sur sa vie sexuelle - ou sentimentale, c'était selon, mais Lucien refusait d'admettre que le garde pouvait avoir des sentiments. L'idée était presque, voire carrément, répugnante. Ensuite, il s'était rendu compte qu'il soupçonnait chaque nouvel arrivé (ou chaque nouvelle arrivée, c'était selon) d'entretenir des relations avec lui, et presque à en être jaloux. Presque. Vraiment, presque.

    Ce jour-là, il s'était dit qu'il avait vraiment touché le fin fond de la misère, si tout ce qui lui restait c'était s'intéresser à la minable petite vie d'un imbécile insolent. Enfin. S'intéresser était un piètre mot, puisqu'il espérait plus de Theophil. Lorsqu'il s'en était rendu compte - après avoir martyrisé quiconque croisait son chemin une semaine durant – il s'était dit que la meilleure chose à faire était d'agir avec lui comme il agissait avec toutes ses conquêtes - ou futures conquêtes : d'abord, séduire le jeune homme (il craignait que cela ne se fasse non sans mal, mais cela n'en serait que plus amusant, puisqu'en plus d'obtenir ce qu'il voulait il lui rabattrait le caquet grâce à sa supériorité écrasante), puis, perdant tout intérêt pour lui au bout de quelques jours (cela se passait toujours comme ça, et rares étaient ceux qui survivaient assez pour compter le temps en semaines), le jeter à la rue sans plus se soucier de lui. Ainsi, non seulement il satisferait ses propres désirs, mais il se vengerait de tous les affronts qu'il avait subi durant la rude période où Theo était à son service.

    S'il éprouvait un semblant de sentiment pour lui en ce jour, il ne doutait pas une seule seconde que ce ne serait que pour une courte période, une fois qu'il aurait atteint son objectif. Tout irait pour le mieux.

    Requinqué par cette idée, Lucien se hissa sur les avant-bras, et entreprit de faire savoir à Lelio qu'il réclamait son aide en agitant ses pieds avec force bruit. Quand enfin, la mine renfrognée du majordome apparut dans l'entrebâillement de la porte, il sourit. Ses retrouvailles avec le garde promettaient d'être palpitantes.

    D'ailleurs elles le furent, en effet.

    Lucien eut un moment de pure satisfaction quand il aperçut le dos de Theophil qui plongeait dans son verre, ses gorgées précipitées (qu'il devinait plutôt qu'il ne les voyait, le contraire aurait été plutôt inquiétant), et ses pas dans les escaliers, qu'il se dépêcha de suivre, impatient quant à la suite. Sans attendre, il ouvrit la porte qui venait de se claquer devant lui, entrant sans la moindre cérémonie. En face de lui, le soldat regardait dans sa direction avec une expression qui oscillait entre la méfiance et l'horreur la plus totale, réaction dont Lucien ignorait s'il devait s'en sentir flatté ou simplement vexé.

    « Je me permet de m'installer, puisque tu ne sembles pas décidé à m'accueillir comme un être civilisé. J'aurais dû me douter qu'en trois mois tu ne ferais aucun progrès. »

    Son sourire narquois plaqué sur ses lèvres, il étira le bras pour attraper le dossier d'une chaise et la tirer vers lui, écartant les pans de son manteau pour s'assoir, les mains sur sa canne, plantée devant lui, la tête légèrement penchée.

    « A moins que la fuite ne compte parmi les enseignements dont tu puisses te vanter, et dans ce cas, je te prie de m'excuser. »

    Même si la phrase était tournée de telle manière qu'il fallait, assurément, être dur de la feuille pour ne pas comprendre qu'aucune réclamation ne serait acceptée. Il fallait croire que les bonnes habitudes revenaient au galop quand on se trouvait en présence d'une vieille connaissance. Une minute avec l'autre arriéré et il n'arrivait pas à s'empêcher de lancer des piques. L'entrevue de la dernière fois était-elle encore trop présente? Lucien se mordit la lèvre. Malheureusement, Theophil ne semblait pas sur le point de mourir de faim, de maladie ou d'un quelconque événement tragique. Il lui faudrait donc trouver autre chose pour lui faire reconnaître qu'il était nécessaire à son existence.

    Et, plus important, pour obtenir de lui ce qu'il en désirait.

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Theophil

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Ven 28 Déc - 2:12

    La porte de sa chambre s'ouvrit trop vite à son goût – pourquoi ne l'avait-il pas fermé à double tours! Il n'était pas prêt. Il ne se sentait pas prêt du tout. De nombreuses fois pourtant, il s'était imaginé réduire Lucien au silence par de grandes tirades profondément cyniques et vantardes, et il aurait assuré, et le Comte aurait reconnu sa pitoyable défaite (c'est à partir de ce point qu'il n'allait pas plus loin dans ses songeries, manque de crédibilité obligeant – non, sérieusement, Lucien s'excuser?). De nombreuses fois il avait rêvé de lui en mettre plein la vue et de le remettre à sa place, après trois mois d'échauffement. Mais voilà, le temps étant ce qu'il est, Theophil avait mis de côté ses échafaudages de plans machiavéliques, parce qu'après tout l'échéance n'arriverait pas à terme de si tôt – et il avait fini par oublier. Et Lucien décidait de revenir au moment où il s'y attendait le moins. Le lâche.
    Et cependant qu'il laissait libre cours à ce sentiment d'injustice profonde, une autre pensée venait l'assaillir : pourquoi paniquer? Ce n'était que Lucien, Theo lui en avait déjà fait voir des vertes et des pas mûres et cela sans aucune préparation quelconque. Pour quoi devait-il se sentir prêt exactement? Lucien n'était qu'un petit contretemps et rien de plus – le Lord, il n'en avait rien à carrer, voilà ce qu'il devait penser, comme un homme!

    Toutes ces pensées volèrent en éclat à l'instant où le Comte ouvrit la bouche. Son esprit se focalisa sur ses paroles et ses gestes – il attrapait une chaise par son dossier, la contournait pour s'asseoir en écartant son manteau, plantait sa canne devant lui – et Theophil le suivit du regard avec cette méfiance caractéristique lorsque le noble était dans les parages. Ce dernier enchaina aussitôt sur une deuxième pique : décidément, il ne pouvait s'en empêcher. Et vu la sorte de gaité qui marquait sa voix, il semblait se réjouir de cette habitude perdue depuis trois mois. Pour un peu, Theo aurait pensé que Lucien ne venait le voir que pour ce petit plaisir – l'emmerder. Il avait à peine fini de formuler cette pensée qu'il la rectifia : pour un peu? Non, c'était évidemment dans ce but.

    « Pour ma part j'aurais dû me douter qu'en trois mois votre amabilité ne s'améliorerait pas. » répliqua-t-il du tac au tac.

    Un sourire se dessina sur ses lèvres qu'il effaça aussitôt – manquerait plus qu'il paraisse content de le voir. Mais étonnamment, aussitôt qu'il avait répondu au Lord avec autant de naturel qu'autrefois, il fut soulagé : vraiment, il ne voyait même pas pourquoi il s'était inquiété. Rien n'avait changé, il gérait parfaitement la situation.

    « Et sachez que la fuite n'est jamais qu'un stratagème militaire, pour duper l'ennemi et le prendre par derrière. » marmonna-t-il.

    Confer le républicain de cette nuit. Allons bon, voilà qu'il faisait preuve de mauvaise foi maintenant. Ce n'était pas dans ses habitudes à lui pourtant – plutôt à l'autre, en face. Il refoula cette constatation dans un soupir.
    Il détailla Lucien du regard. Ces trois derniers mois lui avaient paru longs et cependant, à présent que le Comte était face à lui, physiquement inchangé et discutant (ou bataillant) de la même manière, il lui semblait qu'à peine une semaine était passé. Étrange. Theophil détourna les yeux, comme pour signifier un manque d'intérêt pour le noble, et alla s'asseoir lui aussi sur son lit – après tout, ils semblaient en avoir pour un moment.

    « Eh bien, lança-t-il d'un air plus ou moins décontracté en étirant son épaule machinalement. Je suppose que vous venez voir l'issu de notre pari? » Il sourit de nouveau, railleur. « Vous devez être déçu. »

    Car il n'y avait aucun doute, Theophil avait survécu et ce, sans aucun problème – enfin, avec de rares problèmes, mais cela Lucien n'était pas obligé de le savoir. Et puis seul le résultat final comptait. Peut-être que si Lucien était passé aux aurores, alors que Theo était encore poisseux de poussière et d'égratignures diverses, il n'en aurait pas été de même. Mais ce n'était pas le cas, point final. Et jusqu'à présent, la seule embûche de taille qui s'était mise sur son chemin était la visite inattendue du Comte.

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Dim 30 Déc - 2:30

    Lucien ne savait pas trop s'il s'amusait ou s'il était énervé. Peut-être un peu entre les deux, partagé entre l'envie de faire de Theophil ce qu'il voulait, et la conviction que le garde (enfin, ex-garde) ne se laisserait pas faire si jamais il lui dévoilait ses futurs projets. Il aurait sans doute du mal à lui faire accepter le fait qu'il doive partager sa couche et ensuite déguerpir pour le laisser respirer en paix. Le seul avantage, lorsque l'on fréquentait des hommes, c'était qu'il n'avait aucune raison de se sentir goujat. Après tout, ils n'étaient pas des femmes, bien que partenaires sexuels, et à partir de là, il était intimement convaincu que leur fierté masculine pourrait leur faire tout supporter – ou du moins, qu'ils feraient semblant pour ne rien laisser filtrer de leur déception, ce qui arrangeait beaucoup Lucien qui préférait éviter tout débordement, toute scène et donc, tout embêtement.

    Malheureusement, il n'en était pas encore là même s'il aurait bien aimé, car nul doute qu'il n'aurait plus eu aucun désir à satisfaire. A l'heure actuelle, tout restait encore à accomplir. Il avait du pain sur la planche, surtout au vu des piques que lui lançait le soldat, qui ne semblait avoir rien oublié de leurs désaccords passés. Certes, il ne les avait pas oublié non plus, mais il comptait bien les mettre de côté le temps d'atteindre ses objectifs. Après, ce serait une autre affaire, évidemment. Il ne savait pas encore quelle humiliation il réservait au jeune homme, mais cela promettait d'être gratiné. Il pourrait sûrement en profiter pour lui faire payer toutes ses insolences passées en une seule fois. Il n'était pas du tout rancunier, non. Il y avait seulement certaines choses qui méritaient réparation, et ce, même si elle devait mettre longtemps à venir. On avait des valeurs ou on n'en avait pas, et Lucien – du moins, quand cela l'arrangeait – en avait quelques-unes à ses heures perdues, surtout quand elles concernaient un événement qui l'avait contrarié – après tout, pourquoi serait-il parti à la rescousse de la veuve et de l'orphelin par seul souci moral? Il se souciait de lui, et c'était déjà bien.

    Il se contenta de hausser un sourcil en un regard sceptique lorsque Theophil évoqua son manque d'amabilité. Il était toujours très sympathique. Et compatissant. C'était simplement qu'il ne le montrait pas en présence de personnes qui ne le méritaient pas – au choix, les nobles qui lui cassaient les pieds (aujourd'hui plus qu'hier, car ils commençaient à être fauchés et réclamaient à mots couverts une petite aide financière qu'il avait du mal à leur refuser. C'est ce que c'était collant, ces olibrius-là), les domestiques qui prenaient un malin plaisir à détruire sa maison (et bizarrement, cela ne s'arrangeait pas au fil du temps, à croire qu'il avait le don de recruter des incapables), et les passants dans la rue qui se mettaient en travers de son chemin. A part ces quelques exceptions qui ruinaient son humeur, il se montrait toujours avenant, n'en déplaise au séduisant crétin qui se croyait permis de lui faire cette remarque. Lui non plus ne pulvérisait pas des records de gentillesse à son égard, après tout. Il faudrait qu'il lui rappelle que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, il l'avait tout bonnement attaqué à coups d'épée. Cela lui remettrait les idées en place.

    Il allait répondre par un autre sarcasme sur la légendaire bienveillance du soldat, lorsqu'il ravala brusquement sa salive, manqua de s'étouffer en reprenant sa respiration, et retint l'envie irrésistible de partir d'un grand éclat de rire. Il ne doutait pas une seule seconde que l'autre n'avait pas fait exprès de sortir une allusion aussi énorme, mais c'était tout de même très drôle. Il lui en toucherait deux mots. Ce serait peut-être aussi l'occasion de mettre en place un rapprochement – risqué, le rapprochement, bien qu'il ne doute pas une seule seconde de sa réussite. Avec son charisme et son art de la séduction, il pouvait faire tomber n'importe qui, même les plus réticents – et Theophil était certainement ce « plus réticent » dont il parlait, puisqu'a priori se lancer des piques toute la journée et passer son temps à inventer de nouvelles crasses dont l'autre serait victime n'était pas révélateur d'un amour passionné. Seulement, tout viendrait en son temps. Il espérait avoir la patience d'attendre sans devoir recourir à des méthodes plus musclées.

    Avec un sourire réjoui, il posa sa canne sur ses genoux, croisa les jambes et se frotta un instant les lèvres avec son index.

    « Hé bien, je ne savais pas que tu étais adepte de ce genre de pratiques. Moi qui pensais qu'il allait falloir tout t'apprendre. »

    L'avantage, c'est que la réflexion serait aussi drôle que Theophil comprenne ou non de quoi il parlait. Il s'amusait de peu, décidément.

    Quand le soldat évoqua le pari, Lucien laissa naturellement son regard glisser vers le bandage qui entourait sa main,et haussa son deuxième sourcil d'un air interrogateur, l'accompagnant d'un petit reniflement moqueur. Sa déception était immense, en effet. Ses... observateurs lui avaient rapporté quelques déboires, mais si le soldat considérait qu'ils n'étaient que quantité négligeable, pourquoi pas? Lui, par contre, n'était pas cet avis, et il comptait bien le lui faire comprendre. Il ne pouvait plus se passer de lui dans sa vie quotidienne sans se mettre dans les ennuis, c'était évident. Quel idiot de ne pas s'en rendre compte.

    Son sourire s'accentua et il désigna d'un signe de tête le tissu qui recouvrait la blessure.

    « Oh, tu n'imagines pas à quel point. Et le bandage sur ta main, est-ce une simple décoration? Dans le cas contraire, je ne puis que me féliciter d'avoir vu juste, et de remporter le pari. »

    Il baissa le menton d'un air pénétrant, puis laissa son regard se promener sur la pièce. Il avait des frissons rien qu'à l'idée de possiblement vivre ici. Quel taudis. Comment Theophil faisait-il? On devait étouffer dans un espace aussi petit. Sans compter que l'on ne devait avoir personne pour préparer à manger, pour habiller, et autres épisodes de la vie quotidienne qui nécessitaient une aide. Non, vraiment, quand il voyait cela, il était bien heureux d'être né comme homme de sa condition.

    Vivement qu'ils rentrent à la maison, qu'il ne voit plus ce luxe de saleté.
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Theophil

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Dim 6 Jan - 2:32

    Le sourire réjoui qu'afficha Lucien lui fit automatiquement se méfier – un instinct qu'il avait oublié, tiens. Mais il était facile désormais de se souvenir que chaque fois que le noble paraissait content, Theo avait toutes les bonnes raisons de ne pas l'être. Et vice versa.
    En le voyant croiser les jambes et passer un doigt sur ses lèvres, l'air de rien, Theophil aurait pourtant dû se douter que ce qui sortirait de la bouche de Lucien n'en serait que plus considérable. Et en effet, après un instant de flottement, il réalisa l'impact de ses paroles et la manière dont Lucien les avait (honteusement) détourné. Ses yeux s'écarquillèrent un bref instant. Il ouvrit la bouche pour répliquer, changea d'avis aussitôt et la referma : ce terrain était trop dangereux pour lui, mieux valait ne pas s'y aventurer. Surtout sur l'invitation de Lucien. Qu'il ne comprenait d'ailleurs pas – enfin, si, l'allusion en elle-même était facilement compréhensible. Il avait officié dans la garde royale pendant plus d'un an, tout de même. Et il avait fréquenté (et fréquentait toujours, en fait) les pires tavernes qui soient, lugubres et suspectes et tout ce qui allait avec qui puisse être distrayant. De plus le sous-entendu, dans la bouche d'un personnage comme Lucien, devenait explicable : c'était un foutu pervers, et il faisait tout pour lui pourrir la vie de toutes les manières possibles. Normal donc, jusque là.
    Ce qu'il ne comprenait pas, c'était la fin de la réplique – comment ça "il allait falloir tout lui apprendre"? Apprendre quoi? Sans savoir pourquoi, Theophil était devenu... nerveux. Intérieurement, il éclata de rire (très très intérieurement, parce que son visage ne laissait pas deviner la moindre trace de gaité) : quel imbécile! il devenait parano, voilà tout. Il rejeta tout au fond de lui-même ne serait-ce que la once de supposition qu'il avait bien failli avoir, parce que, c'était évident, il se faisait des idées.
    Il préféra se concentrer de nouveau sur leur histoire de pari. Là, au moins, il maitrisait le sujet – de même que la victoire, qu'il était certain d'avoir. La remise en question de Lucien n'en était d'ailleurs que plus agaçante. Visiblement, ils étaient deux à être certains d'avoir raison. Theophil fronça les sourcils. Et allez, il en était sûr, ils étaient repartis pour une bonne vieille querelle sempiternelle.

    « Navré Lord, mais notre pari ne prenait pas en compte les égratignures. Du moment que je ne suis pas à l'agonie, je l'emporte. »

    Il se demanda s'il avait bien fait de dire ça. Sait-on jamais, Lucien pouvait être assez tordu pour appeler de gros bras afin de le faire tabasser jusqu'à le laisser pour mort et ainsi, remporter le pari. Mais en même temps, il se rappelait clairement avoir parlé de ''rester en vie et en bonne santé'' – par là, il entendait surtout ''ne pas se faire tuer par d'éventuels républicains assoiffés de sang'', contrairement à ce que laissait entendre Lucien. Pendant trois mois, Theophil avait couru après les embrouilles (non pas par intention suicidaire mais par esprit de révolte. Ou par ennui les jours où il n'avait vraiment rien de mieux à faire) et cependant, il était toujours vivant (de toute façon, Theophil se serait bien gardé de se laisser tuer par des républicains : pour admettre qu'il ne pouvait pas se passer de Lucien? Et puis quoi encore?). Preuve que la protection que lui offrait Lucien était inutile, factice, et uniquement proposée pour rabattre son caquet au soldat. Sans oublier qu'il se sentait limite plus en sécurité dans les rues d'une ville plongée dans la révolution et la nuit, qu'auprès du noble et de ses coups tordus.

    « Et puis, au risque de vous froisser, ajouta Theophil en espérant en effet vexer le noble, la dernière fois que j'ai été grièvement blessé date du temps où j'étais à votre service. »

    Ce n'était peut-être pas vrai. Bien qu'elle soit une des plus visibles, la cicatrice que Theophil gardait juste sous les côtes, en souvenir de son travail pour le Comte, n'était pas la dernière en liste. Mais, par un phénomène étrange, il était régulièrement considéré comme une cible – alors s'il devait se formaliser pour chaque coup reçu il n'en finirait plus. (Par exemple, il tirait une bonne partie de sa collection du moment où, en entrant dans la garde royale, on lui avait appris à se battre à l'épée : si cela avait dû le décourager à devenir un soldat accompli, il n'en serait pas là. Quoique, s'il n'avait pas été lieutenant il n'aurait jamais eu à travailler pour l'autre cinglé. Remarquez, vu l'état actuel de la garde royale, il pouvait bien raconter ce qu'il voulait maintenant. Bref.)
    Mais entre recevoir les coups d'ennemis auxquels il pouvait aussitôt répondre, et recevoir les coups d'un employeur qu'il ne pouvait même pas remettre à sa place, il y avait un monde. Il n'y avait pas à dire, il était heureux d'avoir réussi à se faire virer.
    Cette pensée le fit sourire à nouveau. Lucien pouvait bien essayer de le tourmenter autant qu'il le voulait, ils savaient tous deux que le Comte n'avait plus la même emprise qu'avant sur Theophil. Lucien ne disposait plus de ses moyens de pression habituels – comme le priver de son salaire ou de son statut de lieutenant (désormais inexistant, oui, on sait ; eh bien en ce moment, pour une fois, ça avait son avantage) – et le soldat était libre de toutes les réparties et insolences possibles. Du moins encore plus qu'il ne se le permettait auparavant.
    Ses bras s'appuyèrent sur le lit, dans son dos, et il se pencha légèrement en arrière.

    « Mais je suppose que vous ne changerez pas d'avis? » acheva Theo, d'un ton qui sous-entendait très bien que lui non plus.


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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Ven 11 Jan - 15:11

    Lucien retint un mouvement d'humeur, et son bras retomba sur la chaise où il avait décidé de s'assoir en arrivant – proprement inconfortable d'ailleurs, Theophil aurait tout de même pu prévoir un fauteuil au cas-où il aurait de la visite. Enfin, avec lui sur le lit, nul doute qu'il serait aux premières loges si Lucien décidait de passer à l'action. Il réfléchissait sur la possibilité de le faire ou non. L'ennui, c'était qu'il risquait de perdre sa seule chance si jamais il ne réussissait pas du premier coup. Il lui fallait donc acculer le garde (l'ancien garde, rectifia-t-il machinalement pour lui-même) pour que celui-ci n'ait pas d'autre solution que d'accepter ses conditions. Pour cela tous les coups étaient permis – comme d'habitude. En général, et il avait conscience que c'était cela qui choquait ses contemporains, pour qui le scandale était à éviter à tout prix et qui préféraient donc faire leurs sales coups et leurs petites tromperies en douce, c'était qu'il n'avait aucun scrupule dans ses tentatives de séduction, qui tendaient à ressembler, parfois, à des séances de manipulation en règle ou de marchandage véreux, au choix. Il fallait au moins reconnaître à Lucien que sur ce point-là, il était plutôt franc sur ses méthodes et ses envies. Alors, quand il voyait un autre comte adultérin qui lui, jouait les prudes en condamnant son attitude alors qu'il venait de prendre sa charmante cousine derrière un rideau, il y avait de quoi s'esclaffer. Ce dont il ne se privait nullement, que ce soit en présence ou non du bonhomme. Quelle tristesse de ne pas assumer ses actes quand personne ne se faisait d'illusion. Enfin si, il y en avait, évidemment, qui croyaient évoluer dans un monde d'honneur et de pureté. Lucien ne savait pas s'ils le pensaient vraiment ou s'ils se mentaient à eux-mêmes pour préserver les apparences. Au final, cela revenait certainement au même.

    Cela ne se passait pas toujours comme ça, bien sûr, mais il fallait savoir faire des concessions pour avoir ce que l'on voulait. Or, il commençait à prendre conscience que pour Theophil, il allait falloir ruser, et encore plus que de nature. Il avait beau avoir confiance en son charisme naturel – il avait assez dépucelé de fillettes pour en être convaincu – il ne serait certainement pas facile d'amener le garde à répondre à ses attentes. Car si les femmes (du moins certaines, qui jouaient les incorruptibles pour mieux se faire désirer) pouvaient aisément changer de disposition envers vous du jour au lendemain lorsque vous leur accordiez une attention qui flattait leur ego, les hommes, eux, avaient la fâcheuse tendance à s'entêter dans leurs dégoûts. Comme il n'était pas assez fou pour croire que la haine de Theophil n'était que de façade – il se rendait bien compte qu'avec tous leurs désaccords, il aurait été difficile qu'il s'apprécient – il était nécessaire qu'il commence dès maintenant à mettre au point un plan. Il laissa promener son regard sur la pièce, mais aucune idée ne lui vint. Il était cependant confiant. Il l'obligerait bien à accéder à ses désirs d'une façon ou d'une autre.

    S'il fut déçu que le jeune homme ne réponde pas à sa charmante allusion, il sentit son irritation grimper de quelques points en l'entendant discuter sa victoire. Évidemment que les égratignures constituaient un motif de défaite, idiot personnage! Avec une blessure minime, on pouvait attraper tout un tas de maladies qui provoquaient la mort en quelques jours. Il avait beau avoir changé de disposition à son égard, il semblait que Theophil avait toujours le don de l'énerver. Il avait des choses qui ne changeaient pas, malheureusement.

    Tout comme il ne prit pas en compte sa première remarque, il balaya la seconde d'un revers de main. Il n'avait jamais rien entendu de plus idiot. Il avait été engagé pour le protéger, il n'avait donc pas voix au chapitre s'il se blessait lors d'une de ses missions. Dans un premier temps, parce qu'il était soldat, et donc censé être habitué à ce genre de danger, dans un deuxième, parce qu'il le payait pour cela, à l'époque, et dans un troisième temps, parce qu'il en avait assez que Theophil s'entête à charger sa culpabilité de ce qui n'était dû qu'à son manque de réflexe. De plus, au-delà du salaire qu'il lui versait chaque mois (car il n'était pas idiot, Lelio le faisait scrupuleusement, allant parfois à l'encontre de ses interdictions), il avait droit au gite et au couvert sans qu'aucune participation ne lui soit demandée, et il ne faisait aucun doute qu'ils étaient de plus grande qualité chez lui qu'ici. Il n'osait même pas imaginer ce que cette auberge pouvait servir au petit-déjeuner.

    Il sourit furtivement à la question finale de Theophil. Au moins, il était lucide. Sauf qu'il ne devinait la réelle raison de son entêtement. Certes, il détestait ne pas avoir le dernier mot, certes, il détestait perdre, mais en laissant la victoire de ce pari à son adversaire, non seulement il lui donnerait raison (ce qu'il préférait éviter) mais en plus, il perdrait à jamais la possibilité de le voir et de lui mettre la main dessus, ce qui était, en fait, le but ultime de sa visite. Il n'avait donc aucun intérêt à laisser filer la chance de le ramener chez lui. Il pria l'inspiration de venir le saisir très vite.

    En attendant qu'elle arrive, il croisa les jambes, ramena une mèche de cheveux derrière son oreille, et sourit à son interlocuteur d'un air qui oscillait entre l'œillade bienveillante d'un rapace envers son goûter et la grimace menaçante du voleur à l'affut dans un coupe-gorge.

    « Je vois. Il est agréable de constater qu'à l'occasion tu es capable de faire preuve d'un semblant d'intelligence. »

    Il tripota un instant le bout de son ongle avec son index, comme pour en tâter l'arrondi.

    « Soit dit en passant, tu étais payé pour me protéger, et il me semble qu'être blessé fait parti du lot des soldats en mission. »

    Il s'était persuadé de ne pas revenir sur ce genre de détails, mais faire comprendre à Theophil qu'il ne démordrait pas du fait qu'il était dans son bon droit ce jour-là était si tentant. Et mieux valait ne pas mentionner la manière dont il s'était arrangé pour aggraver sa blessure. Ce ne serait certainement pas à propos.

    « Cependant, de mon côté, je pourrais argumenter pendant des heures sans que tu ne changes d'avis. »

    Il en avait déjà fait l'expérience à de nombreuses reprises, et le ton que Theophil venait de prendre ne lui laissait aucune illusion sur ses chances de réussir.

    « Comme je n'ai nullement envie de perdre mon temps et que la discussion serait inutile, je te prie de proposer une autre manière de nous départager. En espérant que tu puisses me faire profiter d'une perspicacité qui ne t'es sans doute pas habituelle. »

    Puisque l'inspiration mettait du temps à venir, peut-être Theophil l'aiderait-il dans sa dure tâche. Bien qu'il doute que cet abruti puisse un jour lui servir à quelque chose.
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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Sam 12 Jan - 3:53

    Le noble semblait curieusement agité. Changeant souvent de position, balayant la pièce du regard à plusieurs reprises. Theophil était certain que ce n'était pas parce qu'il était mal à l'aise qu'il était aussi remuant – ça n'aurait même pas été crédible – alors quoi, était-ce que Theo l'insupportait plus encore que d'habitude? Il se souvenait avoir été plus agaçant que ça, cela aurait été étrange que Lucien s'impatiente pour si peu. … S'impatiente? A propos de quoi? Diable, s'il attendait de pouvoir partir d'ici, pourquoi ne le faisait-il pas immédiatement! Ce n'était pas Theophil qui allait le retenir. Loin de là.
    Pourtant, il ne semblait pas décidé à partir – au moins jusqu'à l'emporter sur leur petit débat, comme il l'avait si justement conclu un peu plus tôt. Theophil ignora la remarque de Comte quant à ses capacités intellectuelles, se contentant de le scalper mentalement pour cette insulte (...va te faire foutre, noble de mes deux, va te faire-...).
    Il eut plus de mal à ignorer la réplique suivante. Forcément, dit comme ça, Lucien n'avait pas tort : il était soldat, il n'avait pas à se plaindre de ses responsabilité s'il se blessait. Mais Lucien n'était pas son Capitaine de régiment, il n'avait donc pas à lui faire la morale. Surtout quand l'aggravation de la blessure lui était majoritairement due. Theo leva les yeux au ciel en soupirant, histoire que l'autre idiot comprenne bien où est-ce qu'il pouvait se le mettre, son commentaire "soit dit-en passant".

    « Cependant, de mon côté, je pourrais argumenter pendant des heures sans que tu ne changes d'avis. »

    Celle-là, il ne l'attendait pas. Theophil ne put retenir un ricanement – il prenait presque la remarque de Lucien pour un compliment. Il préférait nettement ça.

    « Comme je n'ai nullement envie de perdre mon temps et que la discussion serait inutile, je te prie de proposer une autre manière de nous départager. En espérant que tu puisses me faire profiter d'une perspicacité qui ne t'es sans doute pas habituelle. »

    Ignorant cette nouvelle offense – de la même manière que précédemment – le soldat fut légèrement intrigué par cette proposition. Les départager? Voilà qui était inhabituel. Comme si Lucien tenait à trancher réellement. Car ce n'était pas leur premier débat et en principe, comme tous deux étaient capables de renchérir pendant des temps interminables, l'issu était simple : soit Theo finissait par se lasser et partir, mais faisant clairement sous-entendre qu'il laissait le dernier mot à Lucien sans croire en sa victoire et toujours campé sur son opinion personnelle ; soit Lucien faisait de même, soit il lui collait une corvée pour qu'il la boucle une bonne fois pour toute (c'est ainsi que Theo s'était retrouvé bien souvent à faire la vaisselle, à la place de l'aide-cuisinier bien content d'être débarrassé). En voulant départager, le Comte voulait sans doute faire reconnaître le triomphe de l'un sur l'autre (vraisemblablement, son triomphe sur Theo). C'est qu'il devait y tenir, à cette victoire! Maintenant qu'il y pensait, il aurait pu oublier cette histoire de pari et ne jamais chercher à revoir le soldat, ils ne s'en seraient que mieux portés. Pourtant il était venu, avec la nette intention de remporter ce duel. Pourquoi tant d'insistance?
    Theophil mit cette nouvelle interrogation de côté. Il aurait tout le temps de s'y pencher plus tard, lorsqu'il aurait d'avantage d'explications. En attendant, autant jouer le jeu du noble – il fallait l'admettre, lui aussi était (très) tenté de faire admettre ses torts à Lucien. Un sourire étira ses lèvres, il posa à nouveau son regard sur Lucien.

    « Quel dommage que vous n'ayez pas d'épée. Nous départager en duel aurait été distrayant. »

    Surtout pour lui, en fait. Malheureusement il devrait se contenter de cette moquerie (l'allusion à la défaite du Comte lors de leur dernier combat au fleuret était évidente, mais surtout tellement jubilatoire), puisque l'absence d'armes pour un duel signifiait la réduction de ses chances de l'emporter sur Lucien. Voyons, dans quel autre domaine était-il bon? Pas grand chose qui puisse se jouer à deux. A peine cette pensée formulée, la solution lui vint tout naturellement.

    Il se leva pour se diriger vers la table – prenant soin de contourner Lucien sans lui accorder aucune attention. Tout en marchant, il tira de sa poche le jeu de cartes qu'il avait utilisé en début de soirée. Puis il le posa sur la table, et demanda simplement :

    « Y a-t-il un quelconque jeu de cartes que vous connaissiez? »

    Il n'était pas particulièrement doué pour les cartes, mais il se débrouillait. Et surtout, il était certain d'y jouer beaucoup plus souvent que le noble – cela devrait nettement favoriser ses chances, non? Oui, ce n'était peut-être pas honnête de choisir quelque chose qui n'avantageait pas l'adversaire. Mais, la politique avec Lucien, c'était de piéger avant d'être pris au piège. Il le connaissait bien assez maintenant pour le savoir.
    Tout de même, il s'était fait écraser en beauté par d'autres clients, tout à l'heure. Il espérait que sa chance était revenu depuis, surtout maintenant que cela devenait crucial de gagner. Une autre idée l'effleura d'ailleurs. Posant ses deux mains sur la table, il planta son regard dans celui de Lucien :

    « Cependant, si nous devons y jouer, nous devrions miser quelque chose en plus. »

    C'était certainement par habitude qu'il proposait cette possibilité, mais, sur le coup, il trouva l'idée brillante. De quoi rendre la partie plus intéressante encore – et puis, il n'avait pas grand chose à perdre contre tellement à gagner, pas vrai?

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Mar 15 Jan - 17:42

    Lucien se contenta de hausser les sourcils lorsque Theophil mentionna encore une fois le duel qu'ils avaient mené lors de leur dernière entrevue, mais préféra ne pas répondre. Cet épisode avait vraiment dû le traumatiser pour qu'il le remette sans cesse sur le tapis. Lucien haussa les épaules. Peu importe comment, il avait fini par gagner, de toute façon. Certes, Theophil avait d'abord mené le jeu avec une facilité déconcertante – il y avait une injustice flagrante dès le début, de toute façon, puisque l'on ne pouvait pas dire que le comte savait se battre – mais il lui avait ensuite fait justement payer ses affronts, et avec un charisme déconcertant, comme à son habitude. Cependant, il n'aurait pas qualifié l'épisode de « distrayant ». Il ignora donc copieusement la remarque, comme si elle ne l'intéressait pas le moins du monde. Cela ne l'énervait pas, non. Il trouvait simplement qu'il y avait une trop bonne dose de mauvaise foi dans les paroles de Theophil. Il aurait au moins pu abandonner son ironie pour reconnaître ses torts. Le bas peuple n'était décidément plus ce qu'il était. Fut un temps où il aurait pu le faire fouetter pour tant d'insolence. Malheureusement, il n'avait jamais été fort adepte des châtiments corporels. Il était dégradant pour lui de s'abaisser à tant de barbarie. Il était un homme civilisé, que diable! Ces constatations mises à part, il n'empêchait que Theophil se croyait tout permis, et que s'il en avait eu le moyen, il lui aurait rabattu son caquet vite fait. Cependant, il avait aujourd'hui des projets bien plus ambitieux que l'emporter verbalement sur le soldat – les enjeux étaient plutôt physiques, d'ailleurs. Il voulait l'avoir, avec son consentement, donné ou extorqué, peu lui importait. Pour cela, il était prêt à faire quelques concessions, comme lui accorder une remarque désobligeante à l'occasion. Après tout, ce qu'il lui donnait maintenant, il finirait par le reprendre au centuple s'il parvenait à son but. Il ne savait pas encore comment il y arriverait, mais la défaite était impensable. Il gagnerait quoi qu'il arrive.

    Il pinça les lèvres, eut envie de souffler sur une mèche qui prenait trop de liberté contre sa temps, se retint et la remit en arrière d'un mouvement souple.

    Il suivit Theophil du regard quand celui-ci s'avança vers la table en le contournant soigneusement ( il retint son sourire, qui s'allongeait certainement d'un air carnassier. Bientôt, il n'aurait plus le loisir de l'éviter), puis son regard fut attiré par l'objet qu'il sortait de sa poche et qu'il posait sur la table en égrainant sa question. Allons bon. Il fallait croire que ce jeune homme était capable de réfléchir de temps à autre. Il retint un coup d'œil un peu trop approbateur et hocha la tête. Évidemment qu'il connaissait certains jeux de cartes. Il savait encore mieux y tricher. Il n'était pas question, en soirée, de se faire plumer par quelques paris trop audacieux. Quand il se laissait emporter et que les parties s'enchainaient avec un peu trop de précipitation, il fallait bien rattraper le coup d'une manière ou d'une autre. Et l'avantage, dans ce genre de compagnie de la haute, c'était que même si ses partenaires s'en rendaient compte, peu osaient l'accuser, de peur de s'attirer le mécontentement de leur hôte ou des autres joueurs, qui les gratifieraient de ce reproche que les gens bienheureux, qui s'amusent sans discernement, adressent à ceux qui viennent troubler leur quiétude.

    Il se demandait s'il pourrait utiliser les mêmes techniques avec son futur adversaire. C'était possible. Et s'il réussissait, il aurait trouvé la porte de sortie idéale pour arriver à ses fins. Il lui suffirait de lui faire miroiter trente-six milles avantages, en discernant les parties importantes de celles qui ne l'étaient pas, avant d'atteindre le point culminant de la soirée : demander à parier une place dans le lit de Theophil. Restait à trouver avec quoi contre-balancer ce boulet de canon miniature qu'il s'apprêterait à lancer dans la pièce. Il avait intérêt à mettre le paquet pour que l'ancien garde marche dans sa combine. Il devrait garder ses meilleurs atouts pour cette partie-ci, sur laquelle il se promettait de tout miser... Et couper court au jeu par la suite. Il serait dommage que Theophil regagne avec une partie superflue ce qu'il aurait durement gagné. S'il s'en tenait à ses objectifs principaux, tout serait parfait.

    Il se renfonça dans son siège, d'un air amusé.

    « Évidemment. Au piquet, au pharaon, et à tous les autres jeux dont la Cour raffolait, du temps où elle avait de l'argent à offrir au hasard. »

    Il doutait connaître ceux auxquels Theophil avait l'habitude de se livrer avec ses joyeux amis de la taverne – qu'il ne voulait d'ailleurs pas connaître – et il espérait donc qu'il avait un intérêt minimal pour des jeux un peu plus évolués. Dans le cas contraire, il se ferait un plaisir de lui expliquer certaines règles. Et d'en oublier d'autres. Il ne serait pas réfractaire à un petit coup de pouce de ce genre, qui servirait merveilleusement ses plans.

    Il hésita à rire devant sa dernière demande, et seule une exclamation plus marquée que les autres sortit de sa bouche. Ce crétin ne manquait pas de culot, pour oser adresser des demandes à quelqu'un qui lui était largement supérieur dans bien des domaines. Cependant, il se rendit compte que, bien utilisée, cette insolente remarque (que quelques moins plus tôt il lui fait ravaler d'un coup de canne bien senti) pourrait peut-être servir ses plans.

    Une expression sarcastique se dessina sur son visage.

    « Je te trouve plus impertinent à chaque minute que je passe en ta charmante compagnie. Qui te dit que j'ai la moindre envie de t'accorder davantage que ce dont nous avons convenu? »

    Il se tourna légèrement pour faire face à Theophil, qui se tenait toujours près de la table, réfléchit quelques instants, puis finit par se lever pour se mettre à la hauteur de son interlocuteur, s'appuyant nonchalamment sur sa canne.

    « Mais puisque tu le désires, jouons le jeu jusqu'au bout. Si tu gagnes, je t'accorde la victoire de notre pari et je te laisse en paix, avec une somme d'argent assez importante pour vivre convenablement ou pour débarrasser le plancher vers l'endroit qui te conviendra, ce qui ne serait pas une grosse perte pour ce royaume. Si c'est moi, non seulement tu reconnaitras ta défaite mais tu reviendras à mon service, et ce sans discussion. »

    N'était-ce pas une erreur de vouloir miser autant dès la première partie? Aucune importance. Il fallait bien commencer par quelque chose, et il était tellement tentant de toucher du doigt le début de sa réussite.

    « Cela te conviendrait-il, ou as-tu encore l'intention d'émettre quelques réclamations malvenues? »

    La canne claqua d'un coup sec sur le plancher à la fin de sa phrase.

    Les jeux allaient bientôt commencer.



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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Mar 19 Fév - 2:32

    Visiblement, le Comte semblait approuver l'idée du jeu de carte – cependant il n'avait cité que des jeux que Theophil maîtrisait mal. Il n'en laissa rien paraître et espéra que celui qu'il connaissait le mieux le serait aussi du noble, sinon, il partirait avec un fort désavantage. Et hors de question que Lucien lui explique les règles d'un nouveau jeu, il ne savait que trop bien qu'il ne fallait lui faire confiance pour rien au monde.

    « Je te trouve plus impertinent à chaque minute que je passe en ta charmante compagnie. Qui te dit que j'ai la moindre envie de t'accorder davantage que ce dont nous avons convenu? »

    L'envie de jouer, tout simplement. Il était évident que le Noble n'était pas venu lui faire uniquement une visite de courtoisie et qu'il avait une idée derrière la tête : quelle qu'elle soit, ajouter un peu d'intérêt à leur jeu rentabiliserait son déplacement. De même pour Theo, pour qui une partie de cartes avec le pire employeur qu'il ait jamais eu ne semblait pas constituer un divertissement en soi. Mais la perspective de vouloir gagner cette partie, doublée d'une mise sonnante et trébuchante, la rendait justifiée et intéressante. Il n'y avait rien d'impertinent à cela, fichu noble.

    Nonchalant, Lucien se leva pour lui faire face. Avec tranquillité – mais suffisamment de fermeté pour montrer qu'il n'en irait pas autrement – il énonça les enjeux du pari.
    La surprise passa un court instant sur son visage. Retourner au service du Comte? … Sérieusement?
    C'était donc uniquement dans ce but qu'il était venu, alors? Pour cela qu'il tenait à trancher clairement qui des deux avait gagné leur pari? Bien sûr, si Theophil avait laissé la victoire au Comte d'emblée, celui-ci aurait été en droit de proclamer que le garde était incapable de survivre sans sa royale aide et aurait eu un argument pour reprendre Theo à son service. Logique.
    A un détail près : pourquoi?
    Après réflexion, la seule solution crédible qui lui venait à l'esprit était que Lucien était en manque de défouloir. Ou bien il devait avoir trouvé un moyen pour lui faire payer tous les affronts de son garde à son encontre (bien que mérités, aux yeux de Theo) et tenait absolument à se venger dans les règles. L'un comme l'autre, cela ne le réjouissait pas.
    Étrangement, ce que lui offrait le Comte en cas de victoire ne suffisait pas à l'enthousiasmer. La perspective d'une somme d'argent importante, et surtout d'une paix longue et durable loin de lui, semblait désormais bien pâle à côté de ce qu'il risquait en cas de défaite. C'était comme apercevoir une montagne d'or... de l'autre côté d'un ravin profond d'une centaine de mètres et empli de ronces.

    « Cela te conviendrait-il, ou as-tu encore l'intention d'émettre quelques réclamations malvenues? »

    Theophil opina légèrement. Il tentait de se persuader que la proposition de Lucien n'était pas un cadeau empoisonné – après tout, il avait autant de chance de gagner que le noble, alors pourquoi s'en faire? Il fallait juste mettre toutes les chances de son côté, désormais. Et prier, beaucoup.
    Il se rassit et commença à couper et mélanger les cartes, l'air de rien.

    « Puisque vous avez décidé de la mise, je me réserve le droit de choisir le jeu. En espérant que le brelan vous convienne, Comte. »

    Naturellement, l'insolence dans sa voix était toute choisie par rapport à la question de Lucien. Si on le laissait libre de choisir encore tel ou tel terme du contrat, alors, bien sûr, il ne tairait pas les « réclamations malvenues » qui lui venaient à l'esprit.
    Il acheva de distribuer les cartes, en présenta trois sur la table, à l'envers. Puis il sortit de sa poche une bourse dont il déversa le contenu sur la table : les pièces de monnaie serviraient de jetons et de mises temporaires.
    A mesure qu'il les répartissait entre eux deux, Theophil commença à se sentir nerveux. Un mauvais pressentiment? Il espéra comme jamais il n'avait espéré remporter une fichue partie de cartes. Le jeu fin prêt, il retint son souffle et regarda enfin son jeu.
    Et merde.
    Il fit semblant d'afficher un air victorieux et assuré. Puisqu'il avait décemment peu de chances de l'emporter avec une paire de deux et un quatre, il avait intérêt à tout miser sur le bluff.
    Les cartes au centre de la table furent retournées l'une après l'autre – et en effet, rien qui ne pouvait lui assurer une victoire dans le lot – après chaque relance des joueurs. Désespéré, il paria presque l'ensemble de ses jetons en priant pour que cela convainque Lucien de se retirer des mises – ce qui était, en gros, sa seule chance de gagner puisque les trois cartes sur la table étaient un valet, un sept et un neuf. Autrement dit, il n'avait même pas de quoi faire une suite potable et encore moins un brelan, tout juste une misérable paire.
    La gorge serré et beaucoup moins prétentieux qu'en début de partie, Theophil finit par exposer ses cartes.
    Vie injuste, tout de même.

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Mar 26 Mar - 15:41

    Quand Theophil se contenta d'opiner à sa proposition, il se dit que c'est dans ces moments-là qu'il se rendait compte de la valeur du silence. Quel plaisir de ne pas l'entendre râler, grogner et revendiquer, pour une fois! Malheureusement, aujourd'hui, peut-être était-ce le jour où il aurait dû faire montre de son mauvais caractère. Le pauvre ne savait pas à quoi il s'engageait. Car coûte que coûte, et quels que soient les moyens employés (si jamais Theophil s'apercevait que quelque chose ne tournait pas rond, il suffirait de mentir éhontément et de le menacer, comme d'habitude. Techniquement, il n'avait rien à y perdre, de toute façon), il se devait de gagner la première partie pour servir ses desseins. Il retint un sourire mesquin. Bientôt, il aurait atteint son objectif. Sans aucun doute. Fort de cette certitude, il ne parvint même pas à se sentir irrité des libertés que prenait le garde dans le choix du jeu. Quelle importance? Il n'aurait aucun mal à lui faire admettre sa défaite. Dans très peu de temps, il verrait qu'on ne contrarie pas impunément le grand Lord Lucien – même quand cela arrange ledit grand Lord Lucien.

    Il s'assit gentiment, récupéra les cartes – une pensée le traversa un instant : Theophil savait-il lui aussi tricher? Il la mit rapidement de côté, persuadé que de toutes les manières, étant bien plus intelligent que lui, il n'aurait aucun mal à le contrer. Regarda son jeu d'un air dubitatif. Avec un peu de chance, il n'aurait peut-être même pas besoin de tricher. Si l'on pouvait éviter de se faire prendre, autant en profiter. Il lança un regard de travers à son adversaire. Celui-ci affichait un sourire à toute épreuve et semblait même ravi, mais Lucien détecta une nervosité latente dans ses gestes. Soit il se trompait éperdument et il allait se faire rétamer par le soldat – qu'il serait obligé de tuer, pour que jamais cet affront n'arrive aux oreilles de quiconque – soit il se fiait à ses intuitions qui lui criaient avec insistance que tout cela n'avait aucun fondement. Il se retint d'afficher un rictus moqueur. Puis de lever un sourcil quand il vit Theophil pousser tous ses jetons vers lui comme si sa vie en dépendait – il ignorait pour sa vie, mais il en irait autrement pour son arrière-train. Il doutait que la nouvelle le fasse sauter de joie. Repoussant son impatience – qui lui dictait de balancer les cartes dans un coin de la pièce pour passer à l'action, ce qui serait très certainement contre-productif, nuirait à jamais ses chances de réussir et, accessoirement, lui promettaient sans nul doute un aller simple pour le caveau familial, car il doutait que Theophil prenne avec calme l'intrusion de son pire ennemi (et bourreau) dans le champ de son intimité (le mot ne pouvant être mieux adapté à la situation) – il se renfonça dans sa chaise (comment pouvait-on supporter de rester assis sur un tel engin plus de cinq minutes? Il était certain que, sous son pantalon, sa peau se transformait en une corne proprement disgracieuse) et transforma en soupir le ricanement qui lui était venu aux lèvres quand son compagnon avait déposé ses cartes sur la table, avec l'air de quelqu'un qui s'arrache les entrailles à la petite cuillère (en argent. Il devait se raccrocher à ce genre de détails s'il voulait survivre à la vision de ce taudis malfamé, qui agressait ses sens comme s'il projetait de l'étouffer entre ses murs).

    Cette fois-ci, Lucien eut bien du mal à retenir un commentaire bien senti, alors qu'il déposait son propre jeu devant lui avec une lenteur jouissive. S'il se montrait trop rude envers Theophil, celui-ci risquait-il de l'envoyer balader et de refuser tout autre développement? Au final, il décida qu'il s'en fichait. Et que son adversaire avait une fierté si ridiculement exacerbée que ses paroles risquaient de provoquer l'effet contraire : l'envie de lui rabattre son caquet serait sûrement plus forte que la prudence. Que ce garçon pouvait être prévisible, parfois.

    Et c'était si pratique lorsque la chance lui souriait. Il écarta les mains pour désigner la table.

    « Il me semble qu'aucun doute n'est permis sur l'identité du gagnant. »

    Il remit ses cartes en un tas qu'il plaça devant lui, fixant Theophil par en-dessous, ses cheveux valsant un instant contre ses tempes.

    « Il est certainement inutile de préciser que je ne remettrais pas mon dû en jeu. Tant de malchance, quelle tristesse, vraiment. Cela m'obligerait presque à te prendre en pitié. »

    Comment pouvait-il sortir un mensonge aussi énorme, alors qu'il était en train d'exulter intérieurement? Tout se passait comme prévu. Il se sentait comme un de ces pauvres artisans devant un travail bien fait, qui regarde en arrière en se disant que tous les efforts qu'il a dû déployer n'ont pas été inutiles. Il voyait son objectif se rapprocher imperceptiblement à chaque seconde.

    Cependant, maintenant il était arrivé au bout de la première étape. Sa demeure allait lui sembler bien moins vide, désormais, avec Theophil. Bien qu'il soit lucide sur les désagréments qui allaient s'ensuivre : il se promettait d'éprouvantes batailles destinées à apprendre au garde (qui était redevenu son garde, pour sa plus grande satisfaction) le respect qu'il devait à son employeur, le langage à utiliser pour s'adresser à lui, et les vertus du silence réparateur (étrangement, il doutait que là-dessus, il arrive à ses fins. Theophil avait toujours été particulièrement réfractaire à toutes sortes d'enseignements, et, il en avait l'impression, en particulier aux siens. Il n'aurait cependant pas le choix quand Lucien déciderait de se livrer à un tout autre genre d'apprentissage.

    En résumé, il ne se sentait pas peu fier de son succès et comptait bien continuer sur sa lancée. Même si, pour cela, il devait laisser son amour-propre se faire piétiner sans vergogne par un Theophil triomphant.

    « Cependant, dans ma gracieuse générosité, je suis prêt à t'accorder une revanche et quelques minutes de mon précieux temps, si tu es déterminé à améliorer ta condition à mon service. »

    Il priait pour qu'il accepte, sans quoi il devrait s'employer à chercher un plan de secours. Qu'il n'avait pas pour l'instant (Mais qu'il ne doutait pas de trouver si jamais Theophil se montrait réfractaire à son honnête mansuétude. L'ingrat).

    « Évidemment, si celle-ci t'a déjà fait reconnaître mon incontestable supériorité, je comprendrais parfaitement que tu préfères commencer à plier bagage. Je suis persuadé que Lelio sera ravi de nous avoir à déjeuner. »

    Cette réflexion lui fit également penser que, si le majordome serait heureux de revoir Theophil, qu'il appréciait malgré ses innombrables défauts (Il manquait parfois cruellement de goût dans le choix de ses sympathies, ce qui agaçait Lucien, surtout quand les-dites sympathies étaient privilégiées au détriment de son maitre incontesté), il reprocherait au comte les longues heures où il allait devoir supporter leurs chamailleries. Enfin, ce n'était tout de même pas sa faute si Theophil faisait preuve d'une mauvaise foi excessive dans la reconnaissance de ses torts!

    Reportant son attention sur la situation présente, il repoussa la résolution du problème à plus tard. Il n'avait de toute façon pas à prendre en compte les avis d'un vulgaire majordome. Il le payait pour combler ses désirs, non pour lui faire la morale.

    Il adressa, sans y croire, une prière muette au Dieu de son enfance. Il espérait que celui-ci ne lui tiendrait pas rigueur du soin qu'il mettait à déserter sa divine maison.

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Mer 1 Mai - 23:19

    Même s'il avait la forte impression d'avoir déjà pensé ça plusieurs fois au cours de sa vie, Theophil était certain de n'avoir jamais connu pire journée. Chaque carte que Lucien retournait lentement, très lentement, était reçu par Theo comme une flèche dans le ventre. C'était quoi, ce jeu de bâtard né? Il avait à la fois très envie de jurer (de vieux mots de sa langue maternelle lui revenait en tête, c'était plutôt inhabituel. La dernière fois que c'était arrivé, c'était à cause d'un mélange périlleux de différents alcools, mélange qu'il ne retenterait jamais) et aucune envie d'ouvrir la bouche, certain que s'il le faisait, sa gorge nouée ne le laisserait pas parler librement. Mais quand ce fut Lucien qui parla, il eut simplement très envie d'envoyer valser la table sur lui.

    « Il me semble qu'aucun doute n'est permis sur l'identité du gagnant. »

    Et, d'un air plus triomphant que jamais, lui annonça – évidemment – que le gain ne serait pas remis en jeu, et quelle tristesse et quelle pitié pour lui. Comme s'il ne pensait pas le contraire, l'enfoiré – cette fois il ne put retenir une insulte, venue de loin, entre ses dents. Il se leva, certain de ne pas pouvoir se retenir de frapper Lucien s'il voyait son regard faussement condescendant une minute de plus. Il s'approcha de la fenêtre – sans évidemment prêter attention à ce qu'il y avait au dehors. Comme s'il s'en souciait.
    Ne se débarrasserait-il jamais de ce type?
    Il était soudainement très tenté d'utiliser le pistolet sur la table. Juste pour menacer, pas pour tuer – quoique. Peut-être que la vie de bandit en cavale serait plus agréable que la perspective de s'en prendre plein la figure tous les jours?
    La voix de Lucien résonna derrière lui, le tirant de ses pensées (Theophil se rendit compte qu'il avait distraitement porté son pouce à sa bouche pour le mordiller) :

    « Cependant, dans ma gracieuse générosité, je suis prêt à t'accorder une revanche et quelques minutes de mon précieux temps, si tu es déterminé à améliorer ta condition à mon service. »

    Quel avantage Lucien avait-il à faire cette proposition? Il y avait anguille sous roche. Tel que Theo le connaissait – égoïste et profiteur – seule sa victoire devait compter, et il n'avait aucune raison de se montrer généreux avec le perdant. Il devait vouloir d'avantage... Mais que pouvait-il gagner de plus?
    Ah oui, il oubliait : l'humilier, ça n'avait pas de prix. Et il semblait que c'était un petit plaisir dont Lucien ne pouvait se passer.
    Il se tourna vers lui dans l'intention de l'envoyer se faire foutre, quand il fut coupé par sa reprise de parole :

    « Évidemment, si celle-ci t'a déjà fait reconnaître mon incontestable supériorité, je comprendrais parfaitement que tu préfères commencer à plier bagage. Je suis persuadé que Lelio sera ravi de nous avoir à déjeuner. »

    … son incontestable sup- oh la raclure.

    « Je demande à ce que mon salaire soit doublé. A avoir un soir de repos quand je le désire, à passer la nuit hors de chez vous si ça me chante. Et si je perds la partie, que mes conditions chez vous ne soient pas inférieures à ce qu'elles étaient avant. Ce n'est pas négociable. » ajouta-t-il précipitamment d'un ton ferme, à la fin.

    Allez, prend ça, fichu noble. Tu verras ce qu'il t'en coûte d'être généreux – il payerait surement très cher son insolence plus tard mais pour l'instant, c'était le cadet de ses soucis. Il alla se rasseoir aussitôt et commença à mélanger les cartes, pressé de connaître l'issu de cette nouvelle partie. S'il avait réellement une chance d'améliorer son enfer terrestre (oui, au moins, l'appellation convenait parfaitement), il n'allait pas s'en priver. Augmenter sa paye serait une consolation intéressante à la désastreuse première partie qui venait de ruiner sa vie et de le priver de sa tranquillité, pire, de sa liberté – même si Lucien n'avait pas eu le plaisir de l'entendre reconnaître ouvertement sa défaite, et à leur pari, et aux cartes. Il comptait bien sûr ne jamais lui dire.
    Il redistribua les cartes et regarda son jeu. Et cette fois, il se garda bien toute expression – l'impassibilité avait longtemps été son fort, de toute façon, alors ce n'était pas difficile – d'abord parce que cela aurait surement de quoi faire se questionner Lucien. Ensuite, parce que cette fois, le destin semblait déterminé à se racheter auprès de lui en lui offrant un excellent jeu. La chose serait beaucoup plus drôle si elle n'était pas révélée tout de suite à Lucien.

    « Eh bien Comte, à vous l'honneur de commencer, cette fois-ci. » fit-il d'une voix douce.


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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Lun 20 Mai - 3:04


    Il profita de ce que celui-ci se tournait vers la fenêtre, ne prêtant plus aucune attention à ses gestes, pour détrousser quelques cartes du jeu étalé sur la table – de très mauvaises comme de très bonnes, puisqu'il aurait besoin des deux – et les coincer dans ses manches. Comme quoi, la tricherie de salon était parfois utile. Il priait simplement pour que l'autre n'ait pas la mauvaise idée de compter les cartes avant de les redistribuer.

    La jubilation, à sa grande déception, ne dura pas bien longtemps. Theophil avait toujours cette affreuse manie de le faire déchanter aussi vite qu'il s'était monté la tête – enfin non, pas qu'il se montait la tête, Theophil avait plutôt l'habitude de contester ses droits fondamentaux dus à son état, tels que le piétiner moralement (le corriger judicieusement) chaque fois qu'il lui en prenait l'envie, le martyriser à son gré (lui expliquer le fonctionnement de l'ordre social), ou encore profiter de son pouvoir sur lui toutes les fois qu'il lui plaisait, et ce bien qu'une petite voix bien insistante, et bien embêtante, lui soufflât que son autorité se dégradait au fur et à mesure que le temps passait. Si seulement il avait le pouvoir de revenir quelques instants en arrière à chaque fois qu'il commettait une bourde. Ou que Theophil profitait d'un défaut de ses déclarations pour le prendre en traitre, ce qui revenait au même.

    Il était bien évidemment conscient de l'indéniable valeur de sa personne, mais parfois, il s'en voulait de parler sans réfléchir aux conséquences de ses actes, comme en ce moment. Quoiqu'actuellement – comme toujours - il en voulait bien davantage à son garde du corps (il se retint juste à temps de formuler en pensée le terme d' « ancien », laissant un sourire mauvais s'étaler sur ses lèvres : non, pas « ancien », il venait de le regagner en toute légitimité et avec loyauté, ce qui était rare. Et il veillerait à ce que personne ne lui arrache sa victoire, ni ce qui lui revenait à présent de droit, jamais), qui ne manquait pas une occasion de contourner ses paroles pour les remodeler à son avantage. C'était si mesquin d'agir ainsi. C'était si prolétaire.

    Malheureusement, même les récriminations qu'il formulait dans sa tête, en espérant qu'elles n'apparaissent nullement sur son visage, ne parvenaient pas à l'apaiser. Comment osait-il? Il n'avait pas du tout envie de lui accorder ce qu'il demandait. Évidemment qu'il pouvait accepter maintenant et faire mine de ne plus s'en souvenir une fois l'orage passé. Mais rien que le fait de lui accorder raison maintenant, de voir son air triomphant et le pli moqueur de sa bouche, semblait au-dessus de ses forces. Il lui ferait manger son salaire, oui. Pour toutes les fois où il avait cru lui confisquer, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que Lelio lui refilait l'argent en douce dès qu'il avait le dos tourné. C'était tout de même un monde, qu'il ne parvienne pas à se faire obéir de ses propres serviteurs, quand il s'imposait assez facilement auprès de ses semblables. Le petit peuple était plus retors et traitre que l'on pouvait le penser au premier abord. Et surtout certains soldats au service d'une royauté décadente (quoique bien utile), portant une tenue déplorable et des cheveux cendrés indisciplinés. Et des yeux gris dont les lueurs n'avaient pas souvent l'heur de lui plaire, bien qu'il espérât bientôt changer la donne, en y allumant bientôt, très bientôt, un autre type d'émotions. Sous le vernis du courroux, il exulta, et ce fut cette agréable et voluptueuse pensée qui lui fit passer outre la suite d'inepties qu'avaient débitées son futur compagnon de jeu : fini les histoires d'argent, de repos et de logis. Que lui importeraient ces mesquins détails matériels quand il aurait atteint son objectif? Il serait bien temps de s'en soucier le moment venu, ou plutôt, de l'oublier joyeusement ce moment arrivé, ce qui mettrait Theophil dans une rage folle et serait, par le fait, affreusement divertissant, d'autant plus qu'il prévoyait déjà les agréables suites pouvant suivre cette querelle.

    Agité d'émotions contradictoires, il se contenta donc d'étirer ses lèvres en une grimace crispée, censée être un sourire, mais qui ressemblait davantage à la mimique d'un pauvre inconscient avalant une cuillerée de moutarde qu'à celle du chanceux qui découvre une flopée de pièces d'or au fond d'un ruisseau.

    La deuxième phrase, elle, ne l'intéressait pas. Il savait qu'il devait perdre la partie pour que son plan se déroule comme prévu. Il retint un gémissement de frustration. Voilà qu'il allait se retrouver à tricher, mais pour perdre. Quelle ironie. C'était tout simplement risible, et malheureusement, nécessaire. Ainsi, il se contenta de ramasser ses cartes en silence, et de les aligner dans sa main les unes à la suite des autres, comme autant de couteaux qui s'apprêtaient à assassiner sa dignité – s'il commençait à tomber dans le pathétique ( et le ridicule), c'était que décidément, tout allait mal. Il se promit, quand il se serait lassé de Theophil, de le chasser de chez lui de la plus horrible façon possible, histoire qu'il se souvienne de tous les torts qu'il lui avait causés. Et de ceux qu'il aurait pu lui causer, et de ceux qu'il avait pensé à lui causer, aussi, histoire de faire bonne mesure. Celui qui pense à pêcher est déjà un pêcheur. Son partenaire était donc déjà coupable (et de toute façon, vu l'aventure dans laquelle il s'apprêtait à l'embarquer, il était déjà foutu pour le ciel et tout le fatras qui allait avec).

    Il se redressa, arborant l'air hautain qu'il adoptait habituellement pour toiser la racaille.

    « Je ne reviens jamais sur ma parole. Puisque tu le désires, si tu gagnes, je t'accorderais les droits que tu réclames. Si tu perds, je suivrais également tes volontés. »

    Il gagnerait, cela ne faisait aucun doute, puisqu'ils le voulaient tous deux, même si cela lui faisait particulièrement mal au cœur. Il se vengea en pensant que son adversaire aurait bientôt mal ailleurs. Et que, par ailleurs, il était peu probable que le comte se souvienne de ces prétendus droits une fois qu'il aurait réussi son coup (dans tous les sens du terme). Pourvu que ses yeux ne crient pas trop explicitement ses mensonges éhontés.

    Au moment où Theophil baissait les yeux sur son jeu, lui entreprit d'échanger quelques cartes le plus discrètement possible.

    La voix du soldat lui sembla trop douce pour être honnête, mais il s'exécuta cependant, posant les cartes devant lui. Quel intérêt aurait-il eu à décoder ses gestes? Il pensa une nouvelle fois avec abattement que leurs intérêts, sur cette partie, ne divergeaient pas. Il continua d'abattre son jeu pitoyable, qui aurait donné envie de pleurer à n'importe quel joueur un minimum au fait des règles.

    Malgré cela, il se sentit obligé de se fendre d'un de se sarcasmes, qui sonna désagréablement à ses oreilles comme une creuse fanfaronnade.

    « Après cette révélation, il serait aisé de penser que tes privilèges te sont d'ores et déjà acquis. Mais comme ton idiotie ne cesse de m'étonner, je réserverais mon jugement jusqu'à voir tes cartes. »

    Le coup avait intérêt à en valoir la chandelle car sa fierté, elle, avait peu de chances d'en sortir indemne.

    Il espérait que la joie de prendre sa revanche pousserait Theophil à relancer la partie de lui-même, et que celle de pouvoir répondre à ses moqueries l'y déciderait d'autant plus. Pourvu qu'il ne se trompe pas.

    « Il me serait bien agréable de décrocher une seconde victoire sur un petit crétin arrogant tel que toi. »

    Et il fallait vraiment qu'il veuille ce garçon pour accepter cette humiliation.

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Sam 29 Juin - 1:12

    Le sourire – ou plutôt la grimace contrainte – qu'arbora Lucien en acceptant ses revendications était des plus satisfaisantes. Formidable, exquise, tout à fait délectable. Celui de Theophil, à sa vue, était triomphant.

    « Je ne reviens jamais sur ma parole. Puisque tu le désires, si tu gagnes, je t'accorderais les droits que tu réclames. Si tu perds, je suivrais également tes volontés. »

    Ça, Theophil aurait été prêt à parier le contraire. Le Comte avait la fâcheuse manie d'oublier ce qui ne l'arrangeait pas ou ce qui l'agaçait – comme les jours de paye de Theo. A contrario, il pouvait se souvenir de détails effroyables, de ceux qu'on aurait voulu ensevelir dans les tréfonds de sa mémoire en espérant que jamais personne n'en reparlerait plus – comme... non, Theo préférait ne pas s'en rappeler.
    Toujours est-il que lui, il n'oublierait pas les paroles de Lucien. Il le prendrait au mot. Au pire, il irait voir Lelio pour se plaindre un peu et finir par obtenir satisfaction – les employés finissaient souvent par avoir ce qu'ils souhaitaient, quand ils se plaignaient à lui de Lucien. Lelio hésitait un peu, jetait un regard à droite à gauche, soupirait, hochait finalement la tête et le tour était joué.

    Pour son plus grand bonheur, le jeu de Lucien s'avéra aussi pitoyable que celui qu'il avait eu, lui, précédemment. Intérieurement, il exulta deux fois plus – tout en sentant malgré tout une vive irritation – lorsqu'il entendit le noble se fendre d'un sarcasme. D'un côté, il restait énervant ; de l'autre, Theo savait très bien que le noble paradait fièrement uniquement parce que son jeu était à pleurer. Et ça, ça avait de quoi le réjouir.

    « Il me serait bien agréable de décrocher une seconde victoire sur un petit crétin arrogant tel que toi. »

    … Enfin tout de même, il fallait vraiment que le Comte soit mauvais perdant pour insister à ce point. Theophil tiqua à l'insulte, resta froidement souriant quand même, et lentement, étala ses cartes sur la table.

    « Il semblerait que le petit crétin arrogant l'emporte haut la main. »

    Après un petit silence – pendant lequel Theo savoura les paroles qu'il entendait encore sonner agréablement à ses oreilles, comme le glas de sa vengeance tant méritée – il se recula sur son siège et sortit son tabac de sa poche pour se rouler une cigarette (il y avait bien droit, après tout). En principe, il n'était pas autorisé à fumer dans la demeure du Comte (Lelio le lui avait formellement interdit, prétextant que l'odeur du tabac risquait d'imprégner ensuite les tapisseries et les rideaux, qu'il faisait pourtant laver soigneusement chaque semaine), mais rien ne l'en empêchait à l'instant. Il était encore chez lui – plus pour très longtemps malheureusement, donc autant en profiter – alors tant pis si la fumée dérangeait le grand seigneur face à lui.
    Une étincelle à son briquet et une bouffée de tirée, Theophil – que la victoire rendait plus provocateur encore que d'habitude, si c'était possible – reporta son attention sur Lucien.

    « Eh bien, l'exécrable mauvais perdant souhaite-t-il prendre sa revanche sur son garde, maintenant? »

    Calant sa cigarette entre deux doigts, il ramassa les cartes et se mit à les mélanger, regardant le noble droit dans les yeux en attendant sa réponse. Nul doute qu'après ça, il veuille relancer la partie – à moins qu'il ne préfère arrêter là et lui donner un coup de canne en guise de perfides représailles – mais honnêtement, que ce soit le cas ou non, Theo s'en moquait. Il avait pu narguer le Comte, cela lui suffisait, et il pourrait encore le narguer longtemps s'ils arrêtaient de jouer maintenant, après sa défaite.
    D'un autre côté, il n'avait pas hâte de partir tout de suite. La perspective de devoir faire ses bagages et refaire le chemin en sens inverse jusqu'à la demeure du Comte ne lui faisait pas plus envie que ça. Il se demanda s'il aurait droit à la même chambre qu'avant, dans la maison. Un simple débarras qu'on avait vidé et aménagé, en bout de couloir, mais qui lui plaisait bien – quoi qu'au début il aurait aimé être aussi chanceux que les autres domestiques et dormir sous les combles, stratégiquement situés le plus loin possible de la chambre de Lucien. Mais, au moins, lui était seul dans une chambre un peu plus grande que celles du restant de la domesticité. On ne pouvait pas tout avoir.
    Le paquet de cartes dans une main et la cigarette dans l'autre, il tira une nouvelle bouffée tout en réfléchissant :

    « Je n'ai rien à parier pour l'instant. Mais peut-être est-ce votre tour d'avoir quelque chose à revendiquer? »

    La revendication étant purement prolétaire (les nobles ne réclament pas, ils obtiennent), Lucien s'y abaisserait-il? Décidément, Theophil se trouvait bien spirituel ce soir – et diablement mesquin. Si nouvelle partie il y avait, il en riait d'avance.

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Jeu 25 Juil - 23:57



    Il avait beau savoir pertinemment à quoi s'attendre sur le déroulement de la partie, il n'empêchait que voir Theophil exulter en dévoilant son jeu avait quelque chose de fortement irritant. Voire exaspérant. Peut-être même au point qu'il ait envie de l'étrangler en lui faisant manger ses cartes. Il aurait perdu une occasion de s'amuser de manière agréable, mais au moins il n'aurait plus son sale sourire d'insolent qui lui martèlerait le crâne toute la sainte journée – bon, il exagérait, il n'était en son abominable présence que depuis quelques minutes, mais tout de même, c'était déjà beaucoup trop à son goût, et son goût était bien la seule chose qui comptait en ce bas monde. Quand il se rendit compte qu'il tapotait nerveusement le bois de la table de ses ongles, il s'obligea à s'arrêter, et posa son coude sur la surface dans une attitude qu'il espérait nonchalante. Mais en son for intérieur, il bouillait de rage. Oh, le petit crétin arrogant cesserait bientôt de « l'emporter haut la main », il en faisait le serment. Il redescendrait de son piédestal en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, et ceci, seulement pour le bon plaisir de son maitre et futur compagnon – éphémère. Il ne doutait pas une seule seconde qu'il allait s'amuser. Cependant, pour l'instant, il avait juste envie de lui faire manger la table, et ce bien qu'il se soit descendu de son propre gré. Il se savait mauvais perdant, on le lui avait assez fait remarquer, explicitement ou implicitement. Avec Theophil, cela devenait carrément une question d'honneur, voire de survie. Il savourait d'avance le moment où son air bien trop content de lui allait s'effacer de son visage. Il fallait juste qu'il endure encore un peu.

    Une minute ne lui avait jamais paru aussi longue. Le temps passe plus lentement en mauvaise compagnie, dit-on, et il semblait que rien n'était plus vrai qu'en cet instant, pensa-t-il avec un sourire qui aurait découragé n'importe quelle personne ayant un peu de plomb dans la cervelle – ce que n'avait pas Theophil, à son grand dam.

    Oh oui, il se savait mauvais perdant. Énormément. Mais entendre Theophil le lui faire remarquer avait quelque chose de franchement désobligeant. Il sentit son échine se hérisser quand il prit note du ton que prenait le garde. Et se retint de faire une remarque sur la fumée qu'il se permettait d'émettre en sa présence, certain qu'il se ferait rembarrer à la moindre parole déplacée – le regard du gagnant en disait long sur sa satisfaction et son envie renouvelée de batailler avec le noble. Lucien eut envie de recommencer à tapoter sur la table, se retint encore une fois.

    Si seulement se rappeler ce qu'il allait lui faire subir suffisait pour atténuer sa rage. Malheureusement, il avait toujours autant envie de lui enfoncer sa canne dans un endroit douloureux – n'importe lequel, d'ailleurs, il ne serait pas regardant pourvu que cela lui apporte une minuscule parcelle de soulagement.

    Il se redressa légèrement à la dernière question de Theophil, s'efforça de passer outre le terme utilisé (qui avait tendance à raviver un agacement par hélas déjà trop présent), et laissa échapper un soupir satisfait. Ils allaient enfin passer aux choses sérieuses. La question restait : comment aborder le sujet sans se faire envoyer une chaise en pleine tête ou se faire balancer par la fenêtre, le tout saupoudré des meilleurs spécimens d'injure qu'était sûrement capable de débiter Theophil pendant une ou deux minutes à la suite – voire plus, s'il était vraiment en rogne. Problème subsidiaire (mais il serait toujours temps de s'en préoccuper quand il aurait assuré sa survie) : comment être certain de lui faire accepter la chose? Non sans renâcler, il n'était pas optimiste à ce point. Non, le tout était de faire en sorte qu'il ne puisse pas refuser. Lui faire miroiter quelque chose d'énorme. Il sentirait le piège, il n'en doutait pas. Mais il voulait qu'il soit assez attiré par la perspective qu'il lui proposerait pour négliger les risques en cas d'échec.

    Pour cela, et malgré ses résolutions premières, il devait remettre à nouveau son droit à embaucher Theophil sur le tapis. Il se crispa à cette idée. Il devrait faire preuve d'énormément de virtuosité sur ce coup. Il espérait qu'il en serait capable. Non. Il se redressa. Il en serait capable. Il n'était pas noble et Lucien pour rien. Il arrivait toujours à ses fins, quoi qu'il arrive.

    Il se pencha en avant, joignit les mains dans un geste confiant tout en se retenant de fusiller les cartes, que Theophil était en train de mélanger, du regard, réflexe enfantin qui ne l'aiderait nullement dans son entreprise. Un de ses doigts ripa contre le bois.

    « Cette question est stupide. La vengeance est courante chez nous. Après tout, les duels n'ont pas été inventés pour rien. »

    Il se demandait comment amener le sujet sans éveiller outre-mesure les soupçons du soldat. Au bout d'un certain temps de réflexion, il se dit que de toute façon, quelle que soit la manière dont il le fasse, Theophil aurait toujours des soupçons, pour la simple et bonne raison que c'était sa proposition, et qu'il n'avait aucune confiance en lui. Ce sur quoi il ne pouvait pas vraiment lui donner tort.

    Il y eut un silence.

    « Je remet en jeu ton retour à mon service. »

    Comment allait-il pouvoir formuler ses exigences?

     Si je perd, ta liberté te sera rendue. »

    Dans tes rêves.

    « En revanche, si je gagne, j'exige d'avoir pleine autorité sur le corps de mon employé. »

    Il assortit sa demande d'un regard qui ne laissait aucune place à la subtilité. Si Theophil n'avait pas compris, il ne pouvait décidément plus rien pour lui – et son cerveau de prolétaire mollasson.

    Il s'obligea à garder son attitude assurée malgré sa nervosité. Qu'allait-il se passer, maintenant? Le minimum, c'était que Theophil ne le balance pas hors de sa chambre sans autre manière de procès. Il devait trouver le moyen de parlementer. Faire miroiter sa liberté retrouvée – qu'il ne lui accorderait pour rien au monde.

    Le tout, c'était de rebondir avec aisance sur sa première réaction. Il soupira intérieurement.

    Quelque chose lui disait qu'il aurait besoin de tous ses talents de persuasion.

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Jeu 1 Aoû - 17:23


    Theophil prenait son pied. Il voyait bien que le noble était vexé – non, qu'il bouillonnait littéralement chaque fois que son garde ouvrait la bouche. Le meilleur, c'était de voir Lucien tenter de se maîtriser. Theo venait tout de même de l'insulter, il n'avait pas répondu. Forcément, ça lui donnait envie de pousser la tirade, juste pour l'énerver plus encore, juste pour voir où était la limite – sans se dire que ce n'était pas normal que le comte ne l'ait pas déjà engueulé, plaqué contre un mur ou filé un coup de canne quelque part comme à sa grande habitude. Un esprit prudent aurait déjà cessé toute provocation ; mais Theophil ne se sentait plus. Comme un gamin narguant un loup qui ne réagit pas et qui fait semblant de somnoler, mais qui en vérité attend que, petit à petit, le brave gamin s'approche au plus près pour pouvoir le croquer.
    Theo cessa de mélanger les cartes, et tira une nouvelle bouffée sur sa cigarette, toujours souriant.

    « Cette question est stupide. La vengeance est courante chez nous. Après tout, les duels n'ont pas été inventés pour rien. »

    Cette phrase l'interpella – d'abord, parce qu'il se rappela joyeusement leur précédent duel, qui avait prouvé que Lucien faisait un bien piètre noble dans ce domaine (quoique, dans tous les autres domaines aussi. Excepté le plus important bien sûr, la tyrannie). Ensuite, parce qu'une petite sonnette d'alarme retentit faiblement dans un coin de sa tête. Il ignorait pourquoi. Était-ce dû à ses gestes trop confiants, à sa voix trop calme? Son instinct...

    « Je remet en jeu ton retour à mon service. »

    ...lui disait plus que jamais de se méfier.
    Attendez, quoi?

    « Si je perd, ta liberté te sera rendue. »

    La main qui tenait sa clope resta en suspension, à mi-chemin entre la table et sa bouche. Il rêvait? Il prit le temps de repenser trois fois à ce que venait de dire Lucien. Aucun doute, il avait bien entendu. Mais étrangement, la proposition ne le fit pas sauter de joie.
    C'était trop beau. Remettre en jeu ce qu'un peu plus tôt il ne lui aurait jamais permis de regagner? Jamais, pas de la part de Lucien. La sonnette d'alarme retentit de nouveau dans sa tête, fortement. Il fronça les sourcils. Qu'est-ce que Lucien pouvait bien jouer de si intéressant, qui nécessite de parier aussi gros? Theophil tenta d'imaginer les pires corvées, les pires exigences du noble, rien d'équivalent ne lui vint à l'esprit. Il amena à nouveau sa cigarette à ses lèvres, troublé.

    « En revanche, si je gagne, j'exige d'avoir pleine autorité sur le corps de mon employé. »

    Theophil s'étouffa avec la fumée de sa cigarette.
    Lucien avait dit ça très tranquillement, presque sur le ton de la conversation. Mais la voix assurée était également ferme, sans espoir de négociation possible, et le regard qui l'accompagnait était... Douteux. Ambigu. Non en fait, franchement pervers.
    Il reprit son souffle, tout en écrasant la fin de sa clope dans le cendrier, posé sur un coin de la table. Focalisé sur la phrase de Lucien, il ne parvenait pas à prendre le recul pour y répondre – la seule chose qui lui vint fut un rire nerveux, un peu jaune. Il ne pensa même pas à l'insulter de tous les noms car se mettre en colère, ç'aurait été accepter et croire à ce qu'il avait entendu. Or Theophil voulait nier en bloc. Il y avait forcément un quiproquo, il s'agissait obligatoirement d'une mauvaise blague.

    « Haha, j'ai bien failli vous croire, Comte. … Non, vous êtes sérieux? »

    Il avait perdu son sourire quand il avait remarqué que le Comte, en effet, ne semblait pas plaisanter le moins du monde. Il arborait un air des plus sérieux.
    Il y eut un silence. D'abord d'incompréhension, puis nerveux, gêné, choqué et enfin, colérique. Le temps qu'il percute clairement, quoi.
    Le noble avait-il vraiment cru qu'il allait accepter le pari? Qu'il suffisait de faire miroiter un enjeu tentant pour lui faire négliger le... risque? Theophil réalisa soudain que Lucien devait manigancer cela depuis son arrivée ici. Non, pire! qu'il était surement venu le chercher dans cet unique but. Theo savait que s'il ouvrait la bouche maintenant pour insulter le noble, il ne s'arrêterait plus – il y avait tant de choses à lui dire, ses quatre vérités et tous les noms d'oiseaux qui allaient avec pour illustrer l'affaire, il ne saurait même pas par quoi commencer.

    C'est pourquoi Theophil posa simplement ses deux paumes sur la table, et se contenta de gronder, avec toute la retenu dont il était capable :

    « Allez vous faire foutre. »

    Bien que chargés de menaces, les mots lui semblèrent bien faibles. Il ne put s'empêcher de rajouter :

    « Et oubliez immédiatement ce à quoi vous étiez en train de penser si vous voulez repartir d'ici entier, et accompagné d'un garde du corps. »

    Il rêvait de poursuivre avec une flopée d'injures, mais s'obligea à s'arrêter, inspira profondément pour se calmer. Mais sa main droite glissa tout de même sur la table, jusqu'à se poser sur le pistolet qui y trônait. Histoire que le message soit clair.


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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Jeu 22 Aoû - 0:28



    Rien que pour la tête que Theophil affichait en ce moment, cela valait le coup. Il avait pensé que ses réactions seraient amusantes, et il devait avouer que, pour une fois, le garde ne le décevait pas – il espérait qu'il en serait de même pour un tout autre domaine, mais il s'abstint de tout commentaire, n'étant pas encore totalement inconscient. Il était fascinant de constater le nombre d'expressions différentes qu'il pouvait prendre en un temps aussi réduit. Le comte laissa échapper un ricanement. Cette scène payait pour tous les affronts qu'il venait de subir sans pouvoir répliquer. L'insolence ne restait jamais impunie. S'il y avait un dieu, il ne pouvait être que du côté de ceux qui méritaient son attention (les nobles) au mépris de ceux qu'il tenait pour plus bas que terre (les autres, et certains en particulier, comme des blonds irritables et habillés de noir, par exemple).

    Il haussa les épaules d'un air indifférent sous les insultes. Theophil adorait celle-là, qui collait singulièrement bien avec le contexte, bien qu'une fois de plus, il se tut pour éviter mille et une souffrances. Il était habitué à se faire envoyer au diable, au bout du compte (même si cela lui donnait toujours envie de lui filer des claques sur le nez, mais c'était une autre histoire. C'était aussi comme cela qu'il corrigeait ses petits cousins quand ils faisaient une bêtise, mais bizarrement, celle qu'il projetait d'envoyer dans la figure de Theophil avait une violence dont ne profitaient pas les membres de sa famille).

    Il se prépara mentalement à réagir. Il allait lui falloir repousser le soldat dans ses retranchements, sans pour autant se faire jeter dehors. Situation qui promettait autant de plaisir que de danger : s'il allait pouvoir se défouler autrement qu'en s'imaginant enfourner ses cartes dans le gosier de Theophil (pensée qui, il l'avouait, lui avait traversé l'esprit deux ou trois fois au cours de la partie, et lui avait procuré un frisson d'extase), nul doute que le moindre faux pas entrainerait de multiples souffrances qu'il n'avait nullement envie de connaître. Il s'était déjà retrouvé aux prises avec son joyeux compagnon (souvenir désagréable s'il en était) et ne comptait pas renouveler l'expérience. Comme toutes les fois où il s'était trouvé en présence de Theophil, sa fierté en avait pâti – et il fallait croire qu'il en voulait encore, malgré le fait que son être tout entier criait son dégoût. Car maintenant, à l'envie de lui fracasser la tête sur une surface dure se mêlait le désir de la volupté, et celui-ci s'avérait, à son grand dam, bien plus fort que l'émotion précédente. Et Lucien avait pour habitude de toujours suivre ses désirs. Celui-ci ne ferait pas exception. Sa difficulté d'accomplissement rajoutait d'ailleurs du sel à la chose, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

    Il vit Theophil baisser la main jusqu'à son pistolet dans un geste menaçant qui s'accordait à ses paroles. Il haussa les sourcils. Le message était clair, mais Lucien choisit de l'ignorer. Theophil n'oserait jamais. Il n'était pas assez inconscient pour cela. Et même si son doigt dérapait malencontreusement, Lucien se promettait de lui faire payer. Mort ou blessures étaient trop abstraites pour qu'il leur prête attention. Son objectif, lui, était tangible. C'était la seule chose importante en cet instant.

    Son visage se modela selon une expression sarcastique, à la limite de l'indifférence, et il se  laissa aller contre le dossier de sa chaise, tout en ramenant ses mains sur ses genoux d'un geste nonchalant. Il se retint de prendre son inspiration, se concentrant pour trouver le meilleur angle d'attaque possible, bien que son esprit se hérisse à cette idée. Où allait-on, si maintenant il fallait qu'il réfléchisse avant d'adresser la parole à son garde du corps? Oui, mais la donne avait changé. Il attendait un service bien précis de Theophil, service que celui-ci n'était pas prêt à lui accorder. Lucien devait donc l'y forcer, comme il le manipulait depuis le début de leur entrevue pour parvenir à ses fins.

    Et puis, après tout, son futur compagnon l'avait pris moins mal qu'il ne le pensait : il ne lui avait pas aussitôt balancé son poing dans la figure, et le pistolet restait – pour l'instant - à sa place. Il se considérait donc plutôt chanceux pour l'instant. Sa déclaration avait explosé avec moins de puissance qu'il ne l'avait craint. Et l'incompréhension première de Theophil avait été particulièrement drôle à voir, n'en déplaise à celui-ci.

    Lucien sourit d'un air calme, essayant de réfréner ses airs moqueurs avec plus ou moins de succès.

    « Que de violence dans tes paroles. Je vois que tu n'as toujours pas appris à faire preuve de subtilité. Il faut croire que cela te sera pour toujours impossible. »

    Il observa une pause de quelques secondes, passant les doigts sur ses lèvres. La fureur de Theophil faisait plaisir à voir, tout autant qu'elle lui provoquait un petit pincement au cœur : il avait l'habitude d'amants bien plus disciplinés, et, surtout, bien plus charmés que ne l'était le jeune homme. Mais il était confiant en ses talents de séduction : tout arrive à point qui sait attendre, et Lucien avait beau faire preuve d'une patience assez limitée, il était entêté, et il n'était pas dit qu'une de ses proies lui échapperait. Il obtiendrait ce qu'il voulait, et peu lui importait l'avis de cet abruti de soldat.

    Il releva la tête, fixant Theophil dans les yeux, penchant légèrement la tête.

    « Il est d'ailleurs amusant de constater à quel point, malgré ta fierté, tu sembles un petit enfant quand on évoque les distractions nocturnes. »

    Une pensée lui traversa soudain l'esprit, qu'il formula sans réfléchir dans un éclat de rire discret.

    « Pourtant, avec tous ces hommes réunis dans un seul endroit, j'aurais pensé que tu serais davantage expérimenté. »

    Il délaissa bientôt cette vision, peuplée de casernes et d'hommes en uniforme débraillés, pour se concentrer de nouveau sur son jeune ami. Il espérait que la conversation n'allait pas s'éterniser trop longtemps. Plus tôt il obtiendrait son dû, plus tôt il serait satisfait. Il secoua la tête.

    « Enfin, j'aurais dû me douter que tu serais trop couard pour accepter. Les hommes du peuple manquent souvent de courage pour aller jusqu'au bout de ce qu'ils entreprennent. »

    Sous cette maxime pointait une une pique sur le fait que la garde n'avait pu empêcher a révolution, mais il ignorait si le soldat ferait le lien entre les deux. Peu lui importait, en fait.

    Tout ce qu'il demandait, c'était que Theophil exauce ses vœux sans lui tirer une balle dans la tête avant.

    Ce n'était tout de même pas bien compliqué.

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Ven 13 Sep - 0:55


    Ne pas frapper, ne pas frapper... Son regard se posa de nouveau sur Lucien, reposant au fond de sa chaise d'un air railleur comme s'il était bien au dessus de ces menaces plébéiennes – il détourna les yeux aussitôt, la colère se remettant à grimper à la seule vue de cette expression. De ce visage en général. Ah, cet insupportable sourire! Ne pas frapper, ne pas frapper...

    Il mourrait d'envie de répondre : « Ta subtilité, tu peux te la coller là où le soleil ne brille jamais! » ou « Qui est le plus subtile des deux, celui-ci qui essaye de convaincre son employé de se laisser sauter, peut-être? » ou encore simplement « Connard endimanché! ».  Mais il allait de soi qu'il ne le pouvait pas. Dommage. Enfin, vu les libertés que prenait le noble, il se demandait de plus en plus sérieusement si lui aussi ne pouvait pas se permettre certaines impudences... Mais Lucien enchaina, sans lui laisser le temps de prendre la parole, comme toujours trop soucieux de s'écouter lui-même.

    « Il est d'ailleurs amusant de constater à quel point, malgré ta fierté, tu sembles un petit enfant quand on évoque les distractions nocturnes. » Il parut lui venir à cet instant une idée soudaine, dans un rire : « Pourtant, avec tous ces hommes réunis dans un seul endroit, j'aurais pensé que tu serais davantage expérimenté. »

    Theophil se serait ré-étouffé avec la fumée de sa cigarette s'il ne l'avait pas écrasé un peu plus tôt. Quelle misère de ne pas pouvoir faire subir le même sort à Lucien (lui écraser la tête, pas s'étouffer avec. … Il repoussa dans un hurlement intérieur toutes les mauvaises visions qui lui venaient à présent à l'esprit et que vraiment, il n'aurait jamais eu si le noble n'avait pas eu toutes ces insinuations perverses depuis tout à l'heure).
    Tout à ses confuses pensées (foutu noble), Theo ne s'était pas rendu compte qu'il venait de se lever de sa chaise dans un mouvement d'indignation. Ou était-ce le premier pas d'une tentative de meurtre prochaine, il l'ignorait. Toujours était-il qu'il restait révolté – lui, un gamin, un naïf effarouché? Comme s'il n'y connaissait rien! Et même s'il était vrai que de l'autre côté il était inexpérimenté, l'insulte lui semblait injuste. On avait le droit de vouloir défendre son endroit sans passer pour un lâche ou un débutant timide. Et puis, lui et les autres gardes, traités de... de... le choc lui liait la langue. Il ignorait toujours pourquoi il s'était levé, mais son poing droit le démangeait plus que jamais.

    « Enfin, j'aurais dû me douter que tu serais trop couard pour accepter. Les hommes du peuple manquent souvent de courage pour aller jusqu'au bout de ce qu'ils entreprennent. »

    La phrase fit à Theo l'effet d'un seau d'eau glacé. Cette dernière pique, sans doute censée être le clou de sa tirade, révéla clairement, soudainement, le jeu de Lucien : la provocation. Exciter la fierté de Theo jusqu'à ce qu'il cède, par colère, et accepte le défi de son plein gré.
    Et le pire, c'est qu'il avait manqué de peu de tomber dans le piège.
    Il sentit presque ses oreilles lui chauffer, de honte. Il se faisait l'effet d'un jeune blanc-bec qui accepte de rentrer dans un piège à loup parce que ses amis le traitent de peureux.
    Mais au moins, il avait compris la manœuvre du noble avant de commettre l'irréparable. Il pouvait au moins être fier de ça – il eut une pensée pleine de pitié pour toutes les victimes que Lucien avait réussi à manipuler pour obtenir satisfaction, et se félicita de n'en faire pas parti.
    Un sourire victorieux (quoi qu’encore nerveux) se dessina sur ses lèvres quand il répliqua :

    « Si vous vous pensiez plus subtil que moi, c'est raté. Visiblement, vous devez être à cours d'inspiration, pour utiliser une méthode si médiocre. »

    Il posa un doigt sur la table devant lui, comme pour appuyer son discours. A son tour d'être provoquant. Avec un peu de chance, Lucien se vexerait tellement qu'il renoncerait à ses idées saugrenues – à moins qu'il ne s'entête plus encore et en fasse baver à Theophil, lui souffla une voix. C'était un risque qu'il prenait. De toute façon, il n'avait pas beaucoup mieux sous la main – et après, il se permettait de dire des plans de Lucien qu'ils étaient médiocres, fit la voix exaspérante.

    « Cessez de vous faire des illusions, je ne marche pas. Toutes vos provocations n'y feront rien. »

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Sam 5 Oct - 1:00


    Lucien retint son sourire qui ne cessait de s'élargir depuis qu'il avait vu Theophil se lever sous le coup de l'indignation, et sa joie qui ne cessait d'augmenter à chaque fois que le visage du garde passait par une nouvelle couleur encore inédite au panel. Il fallait dire qu'il n'y allait pas avec le dos de la cuillère. L'ennui, c'était qu'il commençait franchement à s'impatienter. Il avait beau avoir l'habitude de tourner autour du pot pour séduire les midinettes, devoir recourir à mille et unes ruses pour parvenir à ses fins commençait à l'agacer. Theophil ne pouvait pas refuser d'accéder à ses désirs. Il n'avait pas l'habitude qu'un vulgaire prolétaire lui résiste quand ceux-ci devaient juste s'incliner et se taire, point. Foutue manie qu'avait celui-là de toujours discuter, argumenter, râler et contester. Personne ne lui avait jamais appris le respect. Le fait que sa tête n'ait pas l'air de lui revenir ne devait pas non plus vraiment servir ses desseins, mais il préféra se concentrer, une fois de plus, sur la mauvaise éducation de ce crétin, et ses manières plus qu'exécrables. Si cela n'avait tenu qu'à lui, tout aurait été bel et bien fini et consommé depuis un bon bout de temps.

    Il comprit son erreur au moment où la dernière de ses phrases montra son impact sur le visage de Theophil. Il serra les lèvres, contrarié, et sentit son dos se hérisser d'indignation devant l'air timidement victorieux de son adversaire. Il avait été trop loin. Il se retint de l'étouffer avec ses paroles. Des « méthodes si médiocres »? Il ne s'était pas vu marcher! Il avait couru dans les filets de ses « méthodes si médiocres », oui! C'était bien la peine de venir faire le malin ensuite.

    Quand le soldat lança son ultimatum. Lucien tressaillit, fonçant à moitié les sourcils, sa mâchoire prenant un pli dur. Sa défaite était illusoire. Theophil n'avait encore rien vu des moyens qu'il était capable d'employer pour obtenir ce qu'il voulait, et s'il devait recourir à la force, alors il ferait sans aucun état d'âme. La compassion ne l'avait jamais étouffé, et il était peu probable qu'il commence maintenant. Après tout, on ne changeait plus, à son âge, n'est-ce pas? Ce qui l'arrangeait bien, car l'idée de devoir se modifier l'ennuyait profondément, et faire des efforts pour une chose aussi futile ne faisait nullement parti de ses plans. Non, pour l'instant, ce qui en faisait partie, c'était d'acculer la tête de mule qui lui servait d'amant potentiel pour qu'il accède à ses désirs, de gré ou de force. Et il n'allait pas se gêner.

    « Quelle hypocrisie. Tu passes ta vie à te laisser mener par la provocation, et maintenant tu oses prétendre être immunisé? Je suis au regret de t'annoncer que c'est toi qui te fais beaucoup d'illusions. »

    Il avait souvenir de nombres de conversations qui avaient doucement (ou moins doucement) glissé sur la pente de la dispute pure et dure par ce simple procédé, dont certaines étaient particulièrement mémorables. Et si Theophil se croyait à l'abri de ses manigances simplement parce qu'il refusait prétendument d'entrer dans son jeu, c'était mal le connaître. Il avait peu de patience, mais il était persévérant. Et il ne laissait jamais échapper une proie. Theophil finirait là où il entendait qu'il finisse, et son avis n'était que de peu de poids dans la balance.

    Il pencha son buste en avant, puis choisit de se lever, se retrouvant à hauteur du soldat, leurs deux corps seulement séparés par la table en bois. Lucien pensa que bientôt, il n'y aurait plus de séparation du tout, table ou non.

    « L'une d'entre elles est de penser que je vais renoncer simplement parce que tu te refuses à moi. »

    Debout, les épaules dégagées, adoptant l'attitude hautaine qu'il avait l'habitude d'arborer en présence de ses semblables, il jaugea l'autre du regard, lui décernant le regard méprisant qu'il avait, depuis quelques temps, l'impression de lui réserver exclusivement. Il fallait dire qu'à côté de ce zigoto-là, tous ceux qu'il côtoyait lui semblaient des purs génies.

    Rien que l'idée de penser qu'il pourrait perdre la face en se laissant dominer par le garde lui était insupportable. Il s'agissait d'obtenir Theophil pour deux choses primordiales à son bien-être : satisfaire ses pulsions et ne pas perdre la face. Les deux points étant devenus essentiels à son existence, il ne restait qu'une seule solution envisageable : la capitulation du jeune abruti. Ses doigts se refermèrent sur le pommeau de sa canne, qu'il avait saisie sans s'en rendre compte. Il s'y appuya, puis changea d'avis et la pointa sur son interlocuteur.

    « Je vais remettre les choses au point. Ce que tu n'as pas compris, c'est que je te laisse une chance de sauver tes arrières, chance que tu es en train de bafouer, ni plus ni moins. »

    Il ramena sa canne vers lui, en donna un coup sec sur le plancher.

    « Récapitulons. »

    Il fit semblant de réfléchir, puis darda sur Theophil un regard mi-irrité, mi-moqueur.

    « Soit je prends tout de suite ce qui m'appartient de droit, et je suppose que tu devines parfaitement de quoi il s'agit, soit tu tentes de défendre tes intérêts contre les miens. »

    Il y eut un silence, pendant lequel Lucien trouva que les négociations étaient vraiment une perte de temps. Quel dommage qu'il faille en passer par là. Et quel dommage que Theophil soit si borné. On n'avait pas idée d'être doté un tel caractère!

    Il se mordit la lèvre puis passa une main sur sa nuque, avant d'aller se placer devant la porte, des fois que l'autre tente une dernière action désespérée.

    « Pour résumer la situation, ton choix ne se fait pas entre le gain et le refus de ta personne, mais, pour le dire grossièrement afin que ton intelligence limitée puisse suivre, entre l'immédiat et le retardement de l'échéance. »

    Il se cala plus confortablement sur ses pieds, attendant la réponse de Theophil, qui promettait de ne pas être triste. Il poussa un soupir. Cet entretien s'éternisait vraiment trop à son goût.

    « Je t'écoute. »

    Même s'il estimait avoir actuellement beaucoup mieux à faire (et plus agréable) avec le jeune homme, il supposa que le mieux à faire était de prendre son mal en patience.
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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Dim 27 Oct - 23:18

    Tout comme le lui avait soufflé la petite voix, Lucien s'obstina et refusa de lâcher l'affaire. Évidemment, ç'aurait été trop beau. Mais Theo vit bien qu'il avait réussi à contrarier le noble, et ça, c'était déjà un point de gagné. Lucien se crispa soudainement, ses yeux eurent un éclat féroce, il se leva de son siège pour se mettre à sa hauteur et poursuivre leur conversation... qui parvint à indigner encore Theophil. Il ne pensait pas que le comte en était encore capable – après sa petite victoire il se figurait inaccessible à toute nouvelle provocation. Erreur. On ne se refait pas, pas vrai ? Le fait qu'il s'énerve de ce que lui disait Lucien prouvait bien qu'effectivement, il était impulsif. Ce qui l'énervait d'avantage – Lucien n'avait pas à avoir raison. D'ailleurs, ce n'était pas uniquement parce que Theo était réceptif aux provocations qu'ils se disputaient sans cesse, mais parce que Lucien était toujours plus insupportable, à chaque minute qui passait, qu'on pouvait bien faire tous les efforts qu'on voulait pour rester impassible, il parvenait toujours à franchir le seuil de tolérance. (Comment faisait Lelio, à le servir chaque jours ? Jusqu'où avait été Lucien pour que le domestique soit aussi résistant?) Theophil s'efforça néanmoins de conserver le peu de calme qui lui restait. Il ne s'agissait pas de donner raison au comte en s'emportant d'avantage.
    Ça risquait d'être très, très difficile de se contrôler.

    « L'une d'entre elles est de penser que je vais renoncer simplement parce que tu te refuses à moi. »

    Ah tiens, il n'avait pas remarqué ! Foutu noble.
    Il se demanda ce que Lucien avait, à soudainement lui courir après. Ils ne se supportaient pas, après tout, et ils passaient leur temps à se mettre des bâtons dans les roues. Le comte pouvait bien trouver satisfaction dans n'importe quel bas quartier de la ville, comme d'habitude, ou en séduisant une pauvre fille à un bal. Que le noble obéisse sans cesse à de nouveaux caprices, d'accord, il n'y avait rien d'inhabituel à cela – mais pourquoi des caprices aussi tordus ? Il ne pouvait pas trouver plus classique ? Non, c'était trop prolétaire à son goût, il fallait faire plus original, et réussir à mettre dans son lit l'être le plus réfractaire qui soit ferait bien joli au palmarès.
    A moins que Lucien ne veuille simplement se venger... de quoi, au juste? De ne l'avoir pas suffisamment martyrisé quand il était à son service ? Et trois mois après son renvoi, en plus ? « La vengeance est un plat qui se mange froid. » oui mais, tout de même, ç'aurait été étrange. Quoique, en effet, si Lucien atteignait son but, il aurait sûrement trouvé le moyen pour tyranniser au plus haut point son garde du corps – c'était tordu, à l'image de l'esprit de Lucien, donc c'était bien possible.

    Le comte le sortit de ses pensées – vraiment embrouillées, comme à chaque fois qu'il se trouvait face aux agissements de Lucien – lorsqu'il pointa sa canne vers lui, pour mettre « les choses au point ». Theophil haussa un sourcil.

    « Récapitulons. Soit je prends tout de suite ce qui m'appartient de droit, et je suppose que tu devines parfaitement de quoi il s'agit, soit tu tentes de défendre tes intérêts contre les miens. »

    Il y eut un silence, d'où Theophil ne revint pas.
    « Ce qui m'appartient de droit » ? « Tout de suite » ? Une fois de plus, Theo ne trouva même pas quoi répondre – il eut juste, un très bref instant seulement, une lueur effrayée dans le regard, en même temps que sa bouche s'ouvrit de consternation. Lucien ne parlait tout de même pas de le violer ? Et il imaginait quoi, qu'il allait gentiment se laisser faire ?
    Cela pinçait sa fierté de soldat, mais il commençait sérieusement à envisager la fuite. Comme si Lucien avait lu dans ses pensées, il se passa une main sur la nuque, et alla se placer devant la porte.
    Theophil loucha sur son pistolet, toujours posé sur la table.

    « Pour résumer la situation, ton choix ne se fait pas entre le gain et le refus de ta personne, mais, pour le dire grossièrement afin que ton intelligence limitée puisse suivre, entre l'immédiat et le retardement de l'échéance. »

    … Pardon ? Un nouveau facteur entrait en jeu, visiblement : même si Theo acceptait de jouer, même s'il gagnait, ce ne serait que partie remise. Lucien venait clairement de lui annoncer qu'il reviendrait à la charge plus tard, et que Theo ne serait pas à l'abri tant que l'autre n'aurait pas obtenu satisfaction. Alors quoi, le choix de Theophil se limitait entre être pris sur la table d'une chambre d'auberge ou dans le lit confortable du noble ?
    … Connard.
    Avant même qu'il ne s'aperçoive de ce qu'il était en train de faire, Theophil pointait son pistolet sur Lucien. Il aurait déjà tiré si, curieusement, quelque chose – il ne savait quoi – ne l'en avait empêché. Au lieu de ça, un débat intérieur commença dans son esprit. Il évalua ses possibilités.
    Il avait écrit son vrai nom, sur le recueil de l'auberge : tuer Lucien et quitter simplement l'hôtel ne serait pas des plus malins, et dans l'heure qui suivrait il pourrait être sûr que toute la garde serait à sa recherche. Voire moins, si quelqu'un entendait la détonation et montait vérifier sur le champ. A moins que le meurtre d'un noble, en ces temps de révolution sanglants, ne soit pas considéré comme très important? Maigre chance, la nouvelle Assemblée se réclamait juste et équitable – un meurtre restait un meurtre, et il devrait être puni, quel qu'il fut. Et si Theophil clamait haut et fort que ce n'était que de la légitime défense? Mais défense de quoi, demanderait-on – et pour quoi passerait-il après cela ? Ses oreilles lui chauffèrent encore.
    L'espace d'un instant, alors qu'il se l'était refusé durant toute leur conversation, Theo imagina ce qu'il adviendrait s'il cédait aux exigences de Lucien.
    Son estomac se noua, mais pas de la façon dont il l'aurait cru. Ce qui le choqua le plus ne fut pas ce qu'il imagina, en fait, mais le fait que la possibilité que ces sortes d'images se réalisent ne lui déplaisait pas.
    Dans un geste rageur et désespéré, il enclencha son pistolet. Prêt désormais à presser la détente, il raffermit sa poigne sur l'arme, regardant Lucien droit dans les yeux. Son autre main libre, se serrait et se desserrait lentement, ses ongles logés dans sa paume. Tout était blanc dans sa tête, mais il se força à réfléchir. Ce qu'il venait de réaliser avec horreur, il le repoussait loin, au fin fond de sa mémoire pour l'oublier aussi vite que possible. Et s'il voulait l'oublier, c'est parce qu'il refusait catégoriquement de satisfaire ce à quoi il venait de penser ; et s'il ne voulait pas satisfaire ses désirs (merde, ça lui faisait vraiment mal d'appeler ça comme ça), c'était parce qu'il refusait de satisfaire ceux de Lucien au passage. Et s'il refusait ça, c'était tout simplement parce qu'il était Theophil, qu'il avait beaucoup trop de fierté pour s'y abaisser un jour, et qu'il était face à Lucien, qui de son côté avait trop fierté également pour laisser Theo s'en tirer indemne.
    Tout lui sembla beaucoup plus clair, soudainement. Il inspira profondément – il avait l'impression d'avoir cessé de respirer tout le temps de son débat intérieur, et le monde alentour semblait s'être arrêté avec lui – relâcha ses muscles crispés, et jeta son pistolet sur la table dans un geste las.

    « D'accord, jouons. »

    Il se rassit à sa place, avec un regard torve pour Lucien, et anticipa la réaction du noble avant qu'il n'ouvre la bouche :

    « Si vous avez le malheur de faire le moindre commentaire, je vous frappe sans délai. »

    Il mélangea à nouveau le jeu, avec des gestes énervés, mais priant silencieusement pour que la chance lui attribut toutes les bonnes cartes. Si au moins il gagnait la partie ce soir, il obtiendrait assez de temps pour trouver le moyen de renvoyer la balle à Lucien et échapper à ses délires d'enfant gâté.

    « Que vous gagniez ou perdiez, vous ne manquerez pas de me le payer pour avoir gâché ma soirée. » marmonna-t-il furieusement, plus pour lui que pour le noble, en distribuant les cartes.

    Son jeu n'était pas trop mauvais. Il était même plutôt bon. Après un vague soupir, Theophil jeta un regard par dessus ses cartes, guettant la réaction de Lucien à la vue de son propre jeu, mais replongea aussitôt le nez dans ses cartes.
    « Froussard », lui souffla narquoisement la petite voix insupportable. « Ta gueule. » pensa-t-il en retour.

    Il posa nerveusement sa première carte sur la table.



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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Mar 4 Mar - 0:18


    Il retint un sursaut en voyant Theophil dégainer son arme devant lui et le pointer vers son visage avec une tête qui n'était rien moins qu'engageante. Les mauvaises langues auraient dit qu'il l'avait bien cherché. S'il mourait maintenant, nul doute que cela jaserait sec dans ce qui restait de l'aristocratie locale (il fallait bien un peu d'amusement en ces temps de terreur, et on les trouvait où on le pouvait), que ses domestiques n'avaient pas fini d'émettre mille et une hypothèses sur le déroulement de la chose, que Lelio n'aurait aucune illusion sur ledit-déroulement (il espérait qu'il serait quand même un peu désolé de sa disparition, ce serait un comble qu'il ne se sente pas redevable de toutes ces années où il l'avait entretenu) et, en dernier lieu, que sa grand-mère le renverrait du paradis à coups de pied aux fesses si jamais il avait le malheur d'y mettre le bout de son nez. La vieille avait toujours été un peu bigote. Beaucoup. Et dérangée, aussi. Par conséquent, il était peu probable qu'elle trouve la cause de son décès honorable et digne d'hommages. Très peu probable.

    Tandis qu'un conflit intérieur assez mystérieux se déroulait chez Theophil (Lucien avait presque peur de savoir à quoi il réfléchissait, celui-là. Et qu'un soupir en trop de sa part fasse partir le coup, aussi, mais c'était une autre affaire, qu'il préférait mettre de côté le plus longtemps possible), il pensa qu'il aimerait au moins que son cadavre ne serait pas trop immonde à contempler. S'il pouvait garder un peu de son élégance étudiée dans la mort, ce ne serait certainement pas du luxe. Ensuite, il réfléchit au fait de marchander avec le bon Dieu (pour un peu que le barbon existe, fait qu'il déniait depuis son adolescence) pour que celui-ci le laisse hanter son meurtrier. Ce serait un acte charitable. Et il pourrait faire payer Theophil pour l'avoir enlevé dans la force de l'âge, ce qui était certainement un crime plus grave que d'achever un vieux croulant qui n'avait plus rien à attendre de l'existence, cela allait sans dire. Il était même prêt à lui dégotter le vieillard en question pour qu'il se défoule dessus, si cela pouvait le calmer un tant soit peu.

    Il se demandait à quoi Theophil réfléchissait, tandis qu'il étudiait son souffle de façon à le rendre le moins perceptible possible. Il espérait garder un visage calme. Perdre la face devant le jeune homme était la dernière chose qu'il désirait. Les secondes s'écoulaient, toujours si longues, et de plus en plus interminables. Theophil avait vraiment l'air énervé. Qu'il était irritable. Et immature. Lucien prit soin d'ignorer les voix dans sa tête qui lui soufflaient que chercher des noises à un individu armé n'était rien moins que stupide. Si on n'était même plus autorisé à s'amuser. Néanmoins, quand il vit le bras redescendre, la main lâcher la crosse du pistolet, un grand poids s'ôta de sa gorge, et il eut soudain l'impression que l'air allait faire éclater ses poumons. Il cligna des yeux, et ceux-ci firent une ou deux fois le chemin de l'arme jetée sur la table à la main nue qui venait de le lâcher. Il eut envie de rire quand le soldat donna son accord pour continuer le jeu, s'enfonçant dans le dernier piège de Lucien. Il se retint pourtant et seul un coin de sa bouche se souleva, en une expression assurée, sceptique. Il chassa la petite pointe froide qui piquait son esprit inlassablement et la refoula au plus profond de lui, mais il continua cependant de sentir sa menace à l'arrière de son crâne. S'il échouait, quoi qu'il en dise, il serait difficile de rattraper le coup. Il abattait sa dernière carte. L'expression l'amusa vaguement, par son rapport à la situation qu'il était actuellement en train de vivre. Puis il se dit qu'il devait vraiment être désespéré pour se réjouir d'une plaisanterie aussi minable. Le bras de fer devait se terminer ici et maintenant.

    Diplomatique, il retint tous les commentaires (forcément déplacés, aux yeux de Theophil, qui n'y connaissait rien) qui lui venaient aux lèvres. Puis retint un juron en recevant son jeu. Il fallait vraiment que le Seigneur soit contre lui pour lui infliger de tels obstacles. Heureusement que l'autre fixait le sien avec un intérêt tout avantageux. Sans se faire voir, il subtilisa certaines cartes, les remplaça par d'autres, se moquant de toute subtilité. Il ne pouvait plus se permettre de mettre les formes. Il fallait gagner à tout prix.

    Quand Theophil abattit son premier coup, il se laissa aller à sa joie et se permit une remarque, tandis qu'il jouait lui-même.

    « Il est heureux que tous les hommes aient un prix, et que tu ne sois pas bien cher, si quelques parties de cartes suffisent. »

    Quand il imaginait l'avenir, il était tellement amusant comparé aux dernières semaines, qui lui avaient semblé d'un ennui indescriptible. Sans Theophil à tourmenter, la maison semblait bien vide, et même Lelio, qui lui avait suffi jusqu'à récemment, était bien moins amusant que le garde. Beaucoup moins virulent. Trop calme comparé à l'impulsif jeune homme. Et par conséquent, leurs conversations étaient moins tumultueuses. Pourvu que les échanges verbaux soient à l'image d'autres échanges, moins avouables. Il se promettait de le vérifier sous peu.

    Au fur et à mesure que le jeu s'avançait, la victoire se rapprochait, son dû également. Enfin, arriva le dénouement. Les deux dernières cartes semblaient narguer on ne savait trop qui, étendues sur la table comme un couple de catins.

    « Pour quelqu'un qui fréquente autant les cabarets, tu n'es pas excessivement doué. Il semble que cela signe ta perte, et mon contentement. J'espère que tu te sens prêt. »

    Il appuya son menton dans la paume de sa main, se tenant bien droit, et contempla Theophil d'un air satisfait.

    « Des objections quant à la suite du parcours? Je me vois obligé de t'annoncer auparavant que toute nouvelle partie est proscrite. Ce que j'ai à présent, je le garde. »

    Il se releva, attrapa son manteau tout en prenant soin de rester éloigné de Theophil. Il n'avait pas envie de refaire connaissance avec le pistolet. Une fois lui suffisait.

    « En d'autres termes, tu m'appartiens plus que tu ne le veux bien, n'est-ce pas? »

    Il ramassa sa canne et lui fit effectuer un mouvement circulaire.

    « Ramasse tes affaires. Nous partons. »


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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Lun 10 Mar - 1:29

    Theophil comprenait enfin le sens de l'expression « être à fleur de peau ». Il savait qu'il lui ne faudrait qu'un petit rien pour sauter à la gorge de Lucien – un regard hautain, un sourire moqueur, ou...

    « Il est heureux que tous les hommes aient un prix, et que tu ne sois pas bien cher, si quelques parties de cartes suffisent. »

    Les cartes se froissèrent violemment dans sa main.
    Oh le connard de – Qu'est-ce qu'il n'avait pas compris dans la phrase « au premier commentaire je vous frappe » ? Petit con.
    Mais il garda son calme : après tout, la partie n'était pas encore finie, et elle commençait même plutôt bien pour lui. Gagner contre Lucien serait la meilleure des vengeances aux outrages qu'il lui faisait. Alors il inspira profondément, et posa une nouvelle carte – à jamais marquée par une pliure blanche, désormais. C'était bête, il allait devoir se racheter un jeu.
    Il se demanda s'il avait toujours été aussi facilement irritable. Il n'en avait pas l'impression, pourtant. Non, c'est vrai, il était même plutôt du genre impassible, sauf exceptions. Lucien devait être une exception en soit. En même temps, qui est-ce que Lucien n'énervait pas, rien qu'en ouvrant la bouche ? (à part Lélio, qui ne comptait pas) C'était simple, Lucien semblait multiplier par dix tous les défauts propres aux nobles : arrogance, suffisance, égotisme et égoïsme – le genre de défauts qui ne se soigne que par le feu : une bonne faillite, généralement, suffisait à faire perdre toute prétention au noble qui se croyait tout permis parce qu'il avait de l'argent. Theophil se prenait souvent à rêver que la nouvelle République (en soit semblable à la peste, normalement) prive les nobles d'argent, et donc de pouvoir – puis il réalisait que c'était exactement ce que souhaitaient les Républicains, et que lui, Royaliste, ne devait pas imaginer de telles choses. Les nobles étaient nés pour diriger, c'était ainsi. Pourquoi le remettre en cause ? Il se battait pour un ordre établi depuis la nuit des temps, dont les siècles de bon fonctionnement prouvaient bien la valeur sûre. C'était encore à cause de Lucien, exception maudite, qu'il se surprenait à rêver de ce genre de choses contraires à sa pensée habituelle. En fait, il se fichait de voir les nobles couler, il ne s'était jamais vraiment soucié d'eux – c'était Lucien, et lui seul, qu'il voulait noyer.
    Le Comte posa à son tour une carte ; ils étaient à peu près à égalité pour l'instant. Tout dépendrait des dernières cartes.
    L'avant-dernière fut en faveur de Lucien. Theo retint son souffle. Il reformula : tout dépendrait de la dernière carte.
    La dernière fut en faveur de Lucien.

    L'esprit de Theophil se barricada derrière un écran de coton. Il ne vit qu'une seule et unique chose : la main de Lucien qui retournait lentement la carte, le bruit du carton râpant sur le bois de la table, le silence qui suivit. Le reste, il ne le réalisa pas – la signification de sa défaite, tout ce qu'il adviendrait à cause de cela dans les prochaines semaines, voire années, le traumatisme qui risquait d'être engendré, toutes les émotions furent contenues par ce brouillard qui lui obstruait la tête. Il fallut quelques secondes pour que le nuage s'évapore. Et là, toutes ces pensées affluèrent tout à coup en masse. Violemment, comme un ras de marée, et ce fut la panique intérieure, la confusion mentale, le rejet en bloc, et cette infime partie traitresse de lui-même qui – non ? – osait éprouver de la joie – bon Dieu de non ! –, suivi d'un nouveau rejet, et la bataille sentimentale et le chaos quoi. Au milieu de toutes ces pensées, un unique mot s'imposa clairement, simplement, dans son esprit :

    Merde.

    « Pour quelqu'un qui fréquente autant les cabarets, tu n'es pas excessivement doué. Il semble que cela signe ta perte, et mon contentement. J'espère que tu te sens prêt. »

    Il aurait voulu faire voltiger la table dans la figure de Lucien, il aurait vraiment voulu, mais il s'était déjà levé pour aller frapper la poutre du lit à baldaquins, un flot d'injures se déversant de sa bouche en allemand. Voilà bien longtemps qu'il n'avait pas entendu cette langue dans sa propre bouche.

    « Des objections quant à la suite du parcours? » traduisit Lucien à la vue de sa réaction. Enfoiré.

    Évidemment, Lucien avait tout prévu, alors il n'allait pas remettre pas son gain en jeu, plus maintenant.
    Avec la même rapidité avec laquelle elle était apparue, la fureur se dissipa, ne laissant place qu'à une colère calme et froide. Lucien s'était relevé et éloigné, sa veste à la main. Theophil lui jeta le regard le plus meurtrier du monde lorsqu'il osa retourner une fois de plus le couteau dans la plaie. Embrassant ensuite la pièce d'un mouvement de canne, le Comte le somma de préparer ses bagages. Il partait – non, ils. Un sourire grinçant accueillit cette pensée, qui illustrait à merveille le résumé qu'avait fait Lucien juste avant. Les paroles du Comte repassaient en boucle dans sa tête, écho amer de la situation.
    Et s'il n'obéissait pas ?
    Un frisson parcourut son échine. Il se rendit compte qu'il n'avait pas encore fait un seul geste pour aller préparer ses affaires. Pourquoi devrait-il le faire ? Son pistolet était toujours sur la table.

    « Qu'est-ce qui m'oblige à vous obéir ? »

    La phrase était sortie toute seule. Comme si la parole influençait la pensée, il planta son regard dans celui du Comte, et poursuivit :

    « Dans le fond, votre autorité repose sur une fichue partie de cartes. Autant dire sur rien. »

    Je m'appartiens plus qu'à vous. Vous avez l'air d'oublier.
    Tout en parlant, Theophil s'était avancé, se rapprochant de Lucien et par la même occasion, de la porte. Il attrapa l'arme sur la table au passage, joua avec la crosse rêveusement. C'est vrai, que pouvait bien faire le Comte pour le forcer ? Appeler la garde républicaine pour qu'elle l'oblige à retourner travailler pour lui ? Ils n'auraient aucune preuve tangible. Il suffisait simplement de ne plus jouer le jeu, pour que cette maudite partie de cartes compte pour du beurre. Ils n'avaient rien parié de concret, ils n'avaient rien déclaré par écrit. Il rangea le pistolet à sa ceinture, et regarda de nouveau Lucien dans les yeux. Il était à moins d'un mètre de lui lorsqu'il souffla, provocateur :

    « J'en ai marre de prêter foi à chaque parole. Jouer les hommes d'honneur ne m'a jamais réussi jusqu'à présent. »

    Au fond de lui, il savait que Lucien trouverait à répondre à son insolence. Au fond de lui, il l'espérait presque.

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Sam 15 Mar - 17:35

    Lucien tapa impatiemment du bout de sa canne sur le sol, nota dans un coin de sa tête les injures faites dans une langue rugueuse et exotique, et réfréna un mouvement d'agacement en observant la figure butée et insolente de Theophil. Ce garçon se révélait parfois des plus contraignant. Il l'observa d'un œil ennuyé, le laissant débiter tout son discours en dépliant et repliant ses doigts sur le pommeau. Il fallait vraiment qu'il le voulût, cet homme, pour qu'il le laisse parler sans lui envoyer un coup bien senti au visage, ou sans appeler l'aubergiste pour prétendre qu'il venait de tenter de l'agresser, qu'il ne désirait rien d'autre que voler l'argent de l'établissement et que oh, c'était un bien dangereux individu qu'il fallait lui confier immédiatement pour qu'il ne sème pas davantage de panique dans la ville. Au lieu de cela, il soutint le regard de Theophil d'un air calme, tandis que son esprit cavalait à toute vitesse dans l'espoir de trouver une idée, n'importe laquelle, qui débloque la situation. C'était tellement injuste. Son plan s'était achevé exactement comme il l'avait prévu, alors pourquoi le soldat ne pouvait-il pas se plier à l'évidence? Quelle question. Parce que c'était Theophil, évidemment, et que, quoi qu'il fasse, s'il ne lui donnait pas l'envie de lui enfoncer le nez dans la figure au moins une fois toutes les deux heures, la journée était perdue. Il l'avait démontré maintes fois, en témoignaient toutes les disputes qu'ils avaient eues (Theophil avait toujours tort, mais il n'avait jamais voulu le reconnaître, à son grand dam, bien que tout le monde en ait conscience) et qui lui semblaient, à présent, toutes converger vers cet instant précis, dans cette chambre miteuse, avec le visage renfrogné de l'individu en face de lui.

    Sa colère reprenant le dessus, il envisagea pendant quelques secondes de lui balancer le premier objet venu à la figure, puis un épisode comprenant une blessure, deux épées et un salon luxueux lui revint en mémoire, et il préféra s'abstenir. Cela lui faisait mal de l'avouer, mais après cela, il avait eu des douleurs dans le dos pendant deux jours, et cela avait été rien moins que désagréable – il avait maudit Theophil pour cela pendant une longue période, puis quand la douleur s'était atténuée, il s'était récrié sur son manque de savoir-vivre, ses manières de sauvageon, son accent d'étranger malpropre, son manque de goût en matière de vêtements, ses amis tous plus pouilleux les uns que les autres, et son sourire de réfractaire. Sa voix résonnait dans sa tête, ce qui avait le don de l'énerver encore plus, jusqu'à ce qu'il se rende compte que sa haine envers le jeune homme s'était muée en autre chose, qui ne l'irritait pas moins. Il ne lui restait plus qu'à soigner le mal par le mal, et la perspective de parvenir à ses fins lui avait depuis lors toujours paru une évidence.

    Jusqu'à ce qu'il se heurte à la mauvaise volonté du principal intéressé, mauvaise volonté qu'il avait prévue jusqu'à un certain point, sans penser qu'il allait, par ce qu'il exigeait de lui, entrer dans un terrain qui lui vaudrait des réactions bien trop imprévisibles pour qu'il les envisage. Il avait pensé que Theophil, une fois le jeu fini, le suivrait sans faire d'histoire. Il s'était trompé. Cette constatation le désarçonna, le troubla, puis une colère froide, mêlée de mépris envahit son esprit. Il avait toujours détesté qu'on lui résiste, et ce n'était pas un pauvre garçon comme celui-là qui lui infligerait sa première défaite.

    Il se redressa de toute sa hauteur, toisa son adversaire, et un sourire menaçant s'étala sur son visage.

    « Il est un peu tard pour prendre ce genre de décisions. Tu as accepté les règles. »

    Lui aussi, ce qui ne l'aurait absolument pas empêché de les défaire s'il en avait eu l'envie ou la nécessité, mais pourquoi s'arrêter à ce genre de considérations? Il était noble, et aucune révolution au monde ne pourrait changer cet état de fait. Il exigeait, et quelle qu'en soit la manière, on devait lui obéir. Vaguement, il se rendit compte que plus il détestait Theophil, plus il avait envie qu'il vienne avec lui, et maintenant. Cette constatation redoubla son irritation, et ses doigts se resserrèrent autour du pommeau de sa canne, ses jointures devenant blanches. Un ricanement lui échappa.

    « Quoique si tu choisis de revenir sur ta parole, c'est que mes enseignements t'auront bien profité, n'est-ce pas? Quel honneur ce serait d'avoir contribué à ton éducation de parfait homme du monde ! »

    Cela lui était bien égal que Theophil rompe ses serments avec les autres, mais dans cette situation, il se sentait floué, trahi. Il n'avait tout simplement pas le droit d'agir comme cela envers lui. Pour dire vrai, il n'y croyait pas vraiment. Toute une partie de son être était persuadée que cet épisode n'avait pas lieu, et qu'il allait se réveiller en bas de l'escalier de l'auberge, Theophil sur ses talons, râlant tout ce qu'il savait. Mais à chaque battement de paupière, ce qu'il voyait toujours, c'était Theophil, sa froideur, son arme à la ceinture, et son rapprochement provocateur. Cependant, une voix, dans sa tête, lui souffla que quelque chose clochait, bien qu'il ne sût pas quoi. Pourquoi n'était-il pas déjà parti, s'il en avait tellement envie? Pour savourer sa victoire? (Imaginaire). Il commençait à se demander si, sans passer par autant de détours, il n'aurait pas dû tout simplement se contenter d'agir. Tourner autour du pot ne lui était pas profitable, alors que dans l'autre cas, il aurait pu profiter d'un effet de surprise non négligeable. Malheureusement, il était trop tard à présent pour revoir sa stratégie, et tout ce qu'il pouvait faire pour le moment, c'était s'y enfoncer encore plus, tout en s'arrangeant pour décharger sa colère sur l'impudent. Il combla le vide qui le séparait de Theophil, tout en priant pour que cela ne réveille pas ses instincts de violence. Se retrouver avec un trou sanglant dans l'estomac ne figurait pas sur la liste de ses priorités. Il retint une grimace. Le jeune homme était légèrement plus petit que lui, mais il ne lui avait jamais paru aussi grand.

    « Ne me fais pas croire que tu n'es pas un peu curieux. Que tu n'as pas envie de savoir. »

    Il lui sembla que son murmure s'infiltrait dans toutes les fentes des murs.
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Theophil

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Lun 31 Mar - 1:26

    Autrefois, c'était quand il partait en mission pour la Royauté que Theophil se sentait plus vivant que jamais. Quand il n'y avait rien d'autre que sa main moite contre la crosse de son pistolet, son souffle rapide et la course de ses pas sur le sol, à la poursuite d'un résistant. Que la seule chose qui importait alors à ses yeux étaient les battements violents de son cœur dans sa poitrine, angoissé par la balle qui venait de siffler à ses oreilles et l'avait manqué de peu. Quand il se donnait tout entier à l'action, et que le monde autour de lui disparaissait au profit de cette seule chose. Il n'était alors jamais aussi impliqué dans quelque chose, et aussi distant à la fois, parfaitement conscient de la situation.
    Il lui semblait retrouver une impression semblable actuellement. Rien d'autre n'importait que la conversation entre Lucien et lui, et sa respiration qu'il essayait de calmer, et la main du Comte qui se crispait sur sa canne – il perdait son sang froid !
    Le noble revenait à présent aux menaces traditionnelles. Combien Theophil avait envie de lui répliquer qu'il ne s'était jamais autant moqué des règles de sa vie ! C'était bien simple : autrefois lieutenant obéissant, depuis qu'il était entré au service de Lucien il était sans doute devenu le soldat le plus dissident qui soit. Il pouvait remercier le Comte.
    Lucien eut au même instant une pensée similaire.

    « Quoique si tu choisis de revenir sur ta parole, c'est que mes enseignements t'auront bien profité, n'est-ce pas? Quel honneur ce serait d'avoir contribué à ton éducation de parfait homme du monde ! »

    Ah, mince, il n'avait pas vu les choses de cette manière. Theophil grimaça en marmonnant :

    « Ça me ferait mal de vous être redevable en quoi que ce soit. »

    Mais Lucien combla soudainement le peu de distance qui restait entre eux, et Theophil dû s'obliger à ne pas reculer.

    « Ne me fais pas croire que tu n'es pas un peu curieux. Que tu n'as pas envie de savoir. »

    Le murmure de Lucien acheva de le surprendre. Lui, curieux ? Sans déconner ! Était-ce le seul argument qu'avait trouvé Lucien pour le convaincre ? Comme si la simple curiosité pouvait le persuader de faire quoi que ce soit en général.
    … Bon, certes, il devait le reconnaitre. Theophil cilla, mais resta silencieux. Comment nier ? La curiosité avait toujours guidé ses actions – depuis sa première clope jusqu'à son entrée dans ce Royaume atypique. Même cette stupide partie de cartes, il l'avait faite aussi par curiosité, parce que le comportement étrange de Lucien l'intriguait. Le Comte avait trouvé la faille, dans sa posture inébranlable de résistant contre les mauvaises mœurs. Mais Theo se serait arraché les entrailles à mains nues plutôt que de l'avouer. Alors il mentit allègrement.

    « Absolument pas. Ne soyez pas prétentieux au point de vous croire assez intéressant pour éveiller ma curiosité. »

    Il se demanda s'il avait l'air crédible – il avait mis un temps fou à répondre. Mais peut-être que Lucien allait se laisser tenter par la provocation ? Mieux valait essayer de dévier peu à peu la conversation.

    « Si vous essayez encore de me défier pour que je marche, sachez que ça ne prend toujours pas. »

    Il veilla à rester impassible. Dans cette discussion houleuse, Lucien pouvait retourner chaque sentiment que laissait passer Theo pour en faire un dangereux argument en sa faveur. Mais avec Lucien si près de lui, la tâche lui semblait vraiment ardue. Il se promit pourtant de ne pas céder le premier et de continuer à affronter Lucien du regard tant qu'il le faudrait.

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Jeu 29 Mai - 1:16

Il avait envie de combler la distance qui le séparait de Theophil. Quelques pas, et ce serait terminé. Il ne savait pas s'il voulait se rapprocher dans l'optique de lui balancer sa canne en travers de la tête ou s'il voulait lui faire subir les derniers outrages, et sur le moment, il n'en avait cure. Il avait simplement envie que cela bouge. Les refus continuels du garde l'énervaient. Il préférait encore quand ils s'étaient battus, la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés ensemble dans la même pièce : au moins, il savait à peu près comment agir, et il voyait également où ses actions le mèneraient. Plus ou moins, car Theophil avait toujours tendance à ruiner ses plans (ce qui avait valu quelques ennuis au soldat, qu'il s'en rende compte ou non, car Lucien était passé maître dans l'art de la vengeance furtive). Il attendait que quelque chose se passe, n'importe quoi, sur laquelle il puisse rebondir pour que Theophil regrette d'être né, de l'avoir rencontré, et ensuite accepte de faire ce qu'il voulait. Et ce n'était pas du tout contradictoire. Si de la haine à l'amour il n'y avait qu'un pas, celui qui allait de l'aversion à l'activité physique ne devait pas être bien large non plus. Dans tous les cas, Lucien était bien décidé à le franchir, coûte que coûte, et le plus vite possible, pour pouvoir passer à autre chose. Le cas Theophil finissait par être pesant. Ramasser de jeunes gens dans la rue, ou d'attirantes bécasses dans les soirées nécessitait bien moins d'exercice intellectuel, et était plus reposant. En même temps, c'était tellement plus amusant de se trouver ici, même s'il bouillonnait, même s'il avait envie de partir en claquant la porte, et même s'il hésitait toujours entre filer une rouste à Theophil ou le faire basculer sur la table. Voire les deux en même temps. S'il pouvait en tirer un quelconque soulagement ou un plaisir relatif, il n'était pas contre le mélange des options.

Malheureusement, l'horloge continuait de tourner, et le garde lui apparaissait toujours aussi buté, ce qui n'était pas pour arranger ses affaires. Si cela n'avait tenu qu'à lui, tout serait terminé depuis un moment, l'affaire aurait été pliée, classée, et empaquetée par dessus le marché, et il serait déjà en train de repartir gaiement vers sa demeure en pensant à sa prochaine expérience. « Méfait suivant » lui avait dit Lelio la dernière fois, mais le pauvre garçon était tellement médisant qu'il s'était senti obligé de lui faire découvrir, par quelques habiles moyens détournés, à quel point le thé qu'il rapportait de la cuisine pouvait être chaud. Il avait ensuite fallu courir chez l'apothicaire à cause de ses simagrées – et parce que la peau tirait effectivement plus vers le coquelicot que le rose de bambin – pour trouver une pommade adéquate. Mais toujours était-il que depuis, Lelio n'avait plus mentionné ne serait-ce que l'idée qu'il pourrait être une nuisance, bien que ses regards aient parfois été plus explicites que les mots. Mais techniquement, pendant un temps, il avait eu Theophil toute la sainte journée pour lui rappeler à quel point il le trouvait insupportable et minable, et il avait trouvé que le Ciel (qui n'existait pas) vengeait bien cruellement Lelio sur son pauvre maître.

Il devait continuer de se venger d'ailleurs. Theophil était vraiment buté. Il aurait rêvé, en ce moment, de lui rabattre son caquet par un geste bien senti. D'ailleurs, qu'est-ce qui l'en empêchait, de le faire, là maintenant ? Après tout, au point où il en était, il n'avait plus grand chose à perdre. La situation semblait bloquée, Theophil ancré dans ses positions, et il était en passe d'avoir supporté humiliation sur humiliation pour rien du tout, ce qui le mettait dans une rage folle. S'il ne pouvait avoir ce qu'il était venu chercher, autant profiter de ce qu'il pouvait attraper tant qu'il en était encore temps. Avec un peu de chance, le reste suivrait. Après tout, tous ceux qu'il avait connu ne s'étaient jamais plaints. Personne ne pouvait se vanter de l'avoir abandonné. Il n'était donc pas illogique de penser qu'il pourrait vaincre par cette voie-là. Elle était beaucoup moins originale que le jeu de cartes mais qu'à cela ne tienne, il ne reculerait devant rien.

C'est ainsi qu'il se retrouva à se rapprocher davantage de Theophil, déposant sa canne sur la table à côté de lui (c'était peut-être une erreur, mais il tenait à avoir les mains libres au cas-où). Avant que le soldat n'ait eu le temps de réagir (dans le cas contraire, il doutait de faire le poids un instant, même s'il était douloureux de se l'avouer), il le saisit par la nuque pour l'attirer vers lui (il vit les yeux de son adversaire s'agrandir un instant, ou peut-être était-ce une illusion d'optique due au rapprochement, c'était difficile à dire), attrapa son épaule avec son autre main, et saisit ses lèvres entre les siennes. La collision (car il était difficile d'appeler cela par un autre nom) lui sembla ne durer qu'un instant (pendant lequel il trouva étrange l'opposition entre le haut de son corps, si proche de Theophil, et son buste, qui paraissait refuser de se rapprocher davantage) puis il se détacha.

Se détournant, il reprit sa canne, qui avait roulé sur le sol, eut envie d'épousseter ses habits, se retourna vers Theophil en s'efforçant d'afficher un regard neutre.

« Si tu te dis hermétique à tout défi, j'en conclue que tu n'as vu aucun inconvénient à ce qui vient de se passer. »

Il se rendit compte qu'il tapait méthodiquement du bout de sa canne contre le sol, et se reprit aussitôt.

« J'en déduis également que tout ce que je pourrais faire ne saurait te détourner du droit chemin. »

Si seulement Theophil pouvait arrêter un instant d'être têtu, insolent, et réfractaire. S'il pouvait arrêter d'être lui, en somme, cela arrangerait bien ses affaires.

« Je te fais cependant une dernière proposition. Ou tu continues à subir mes défis un par un, ce qui, au vu du dernier, ne sera pas pour me déplaire, soit tu prends tes affaires et, par la même occasion, tes responsabilités. »

Dire que tout avait commencé par un stupide jeu de cartes. Et truqué, en plus.
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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Lun 2 Juin - 2:28


  • A l'instant où il vit Lucien poser sa canne sur la table, juste à côté d'eux, Theophil eut un mauvais pressentiment – comme si le geste du Comte annonçait qu'il préparait un mauvais coup. Sans savoir quoi exactement, étrangement, il redouta quelque chose. Et effectivement. Il comprit l'intention de Lucien au moment où celui-ci lui attrapa la nuque. Mais il ne fut capable que d'écarquiller les yeux et de penser « … Il va pas faire ça, quand même ? », alors même que la vérité s'abattait pourtant impitoyablement sur lui. Le temps de fermer les yeux – stupide réflexe – et c'était déjà fini. Lucien récupérait déjà sa canne et époussetait ses vêtements, avec cet air indifférent qui semblait dire « Voilà, une bonne chose de faite ». Theo, lui, restait immobile.
    Ce n'était pas tant qu'il était choqué parce que Lucien venait de l'embrasser – enfin, si, en fait, maintenant qu'il réalisait la chose il l'était terriblement, choqué – mais ce qui le surprenait le plus, c'était son manque de réaction. Il ne comprenait pas pourquoi il n'avait pas frappé Lucien immédiatement. Voilà tout le cœur du problème. Et maintenant, il restait planté là, le cerveau en ébullition et les poings crispés. Tout s'était passé si vite, et pourtant, c'était comme s'il était resté bloqué sur cet instant. Comme s'il faisait totalement abstraction du reste. Ce fut la voix de Lucien qui le rappela à la (douloureuse) réalité :

    « Si tu te dis hermétique à tout défi, j'en conclue que tu n'as vu aucun inconvénient à ce qui vient de se passer. J'en déduis également que tout ce que je pourrais faire ne saurait te détourner du droit chemin. »

    Theophil ouvrit la bouche pour répliquer vertement, mais fut incapable d'émettre la moindre protestation. La réplique de Lucien venait de lui faire l'effet d'un seau d'eau froide en pleine figure. (Le deuxième en moins de trois minutes, ça faisait toujours pas du bien.) S'il contredisait le noble, il se contredisait lui-même. Autant dire qu'il se tournerait en ridicule. Mais que pouvait-il dire d'autre ? (Il aurait vraiment dû frapper Lucien sur le champ. Maintenant, c'était trop tard, et ça donnerait juste l'impression qu'il ne trouvait rien de mieux à répondre. Hors de question de laisser le dernier mot à cet enfoiré de noble.) Mais Lucien enchaina, interrompant sa panique et lui donnant du temps pour réfléchir – c'était bien la première fois qu'il était heureux qu'il parle, celui-là :

    « Je te fais cependant une dernière proposition. Ou tu continues à subir mes défis un par un, ce qui, au vu du dernier, ne sera pas pour me déplaire, soit tu prends tes affaires et, par la même occasion, tes responsabilités. »

    En fait, non, il aurait dû se taire. Cette fois, Theo sentit la colère monter – pour qui se prenait-il ? Il en avait plus que marre, de ses ultimatums à deux balles ! Et trompeurs. Comme si Lucien n'allait pas chercher à continuer ses « défis » lorsque Theo aurait pris ses affaires pour retourner chez lui.  Et comme si Theo avait des responsabilités à prendre, d'abord – pourtant, cette dernière pique lui donnait la désagréable impression de passer pour un poltron. Ce qu'il n'était pas, et ne serait jamais, entendons-nous. Il en avait simplement eu marre d'avoir à respecter sa parole, surtout face à des hommes sans honneur comme le Comte, qui utilisaient de basses méthodes sans remord aucun. Ce n'était certainement pas de la peur – et puis quoi encore ! Lucien tournait toujours les choses comme ça l'arrangeait. C'était tellement énervant.

    « Je ne suis pas un lâche. »  gronda-t-il.

    Il lui tourna le dos pour récupérer les quelques rares affaires qui traînaient dans la chambre, et aller les jeter dans la valise encore ouverte, dans un coin. Il fulminait, mais il ne voyait pas de meilleure solution (si tant est que le mot « meilleur » puisse être utilisé dans de telles circonstances). Sa belle résistance s'était envolé peu à peu à chacune des répliques cinglantes de Lucien – et c'était tellement douloureux d'admettre la victoire du Comte. Même lorsque Theophil se décidait à suivre Lucien pour le contredire, il était on-ne-peut-plus certain que Lucien voyait cela comme une victoire pour lui – horripilant paradoxe.

    « Vos méthodes sont détestables. »  lança-t-il alors qu'il finissait de préparer ses affaires.

    Il s'en empara et, sans jeter un regard à Lucien – il n'avait aucune envie de voir l'expression sur son visage, quelle qu'elle soit, il était certain qu'elle serait énervante – il alla pour quitter la pièce.
    Une fois dos au Comte, et la main sur la poignée, il ne put s'empêcher d'essayer de se défendre un peu. Il avait encore sa fierté, même si elle semblait mise à mal :

    « Même si ce qui vient de se passer n'a eu aucun effet sur moi, ne pensez pas pour autant que je vous laisserai faire à votre guise la prochaine fois. Vous êtes prévenu. »

    Theophil essaya de voir cela plus comme une déclaration de guerre que comme une tentative de montrer au noble qu'il ne se voilait pas la face. Il n'avait rien à prouver à ce crétin, de toute façon. La prochaine fois qu'il tenterait quoi que ce soit, il s'en prendrait réellement une.
    Il sortit de la chambre, fuyant cette horrible intuition qui lui soufflait que Lucien avait surement déjà gagné.


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MessageSujet: Re: Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]   Aujourd'hui à 7:34

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Il ne faut jurer de rien [PV Lucien ♥]

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