{ Dirty Prince }


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 "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]

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Primo

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MessageSujet: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Sam 11 Aoû - 2:24

    Ce n'était pas la première fois que Primo se trouvait mêlé à des situations difficiles. Très souvent, par malchance ou par stupidité (mais plus souvent par malchance, entendons-nous), il suffisait d'un geste malheureux pour qu'il se retrouve en mauvaise posture. (Nous ne prendrons pas la peine de résumer toutes ces pénibles situations, elles ne sont que trop nombreuses.) Heureusement, l'habitude faisait qu'il parvenait de mieux en mieux à se tirer des affaires les plus inextricables qui soient.
    Mais aujourd'hui était différent, et Primo était confronté à un problème auquel il n'aurait jamais cru avoir affaire un jour.

    « Tu as quoi?
    - Je ne l'ai pas perdu! Je l'ai juste... oublié.
    - Tu n'es qu'un lamentable crétin incompétent, Primo.
    - Surveille ton langage, le Très-Haut t'écoute.
    - Et il désespère à propos de l'avenir de l'humanité en voyant ta bêtise! Primo, le concert est demain soir, tu ne vas pas...- »

    Aujourd'hui, ils étaient face à une situation de crise. Le grand Primo avait perdu son violon. Ou plutôt, l'instrument avait subitement disparu pendant une soirée arrosée au cabaret, sans que son propriétaire ne s'en rende compte. Ce n'était que le lendemain que le drame lui était apparu clairement, dans toute sa splendeur.

    « Ça va, arrête ton char! Je suis quand même capable de récupérer mes affaires, je vais le retrouver! »

    Et s'il était tombé entre de mauvaises mains? Si quelqu'un l'avait déjà revendu, ou pire, réduit en miette pour se fabriquer des cure-dents avec?

    « Mais regarde-toi! Tu n'arrives même pas à croire ton propre baratin!
    - La ferme! Je sais ce que je dis! »

    Tout en parlant, j'allai enfiler mes chaussures. Alceus faisait les cent pas autour de moi, passant sans cesse sa main dans ses cheveux pour les remettre en arrière – c'est qu'il semblait légèrement nerveux, le grand dadais. Je l'ignorai pour me diriger vers la porte d'entrée. Alors que je m'apprêtai à sortir, je me sentis brusquement tiré en arrière par le col de ma chemise.

    « Si tu n'es pas revenu avec d'ici la prochaine répétition, je te tue.
    - C'est ça, et tu brûleras à jamais dans l'éternel enfer des damnés. »
    Le visage grave d'Alceus se fendit d'un sourire menaçant : « Nous serons deux, Primo, si l'Évêque n'apprécie pas le concert de demain. »

    Et il me poussa dehors.
    Nom de nom de – gredin d'Alceus.
    Je décidai de passer outre et commençai à marcher, encore agité par cette conversation turbulente.
    Il fallait bien l'admettre, j'étais un crétin d'incapable (mais ce n'était pas à Alceus de me le dire.). Je me sentais un peu comme une femme oubliant son enfant chez la nurse. Paniqué, honteux, gêné, et incroyablement stupide.
    Mais ce n'était pas le moment pour Primo de s'accabler sur son sort. Son violon l'attendait.


    Isolé dans un coin du cabaret, je lançai des regards sombres autour de moi, sans parvenir à trouver ce que je cherchais. J'avais d'abord eu l'espoir qu'il serait resté là où il avait été posé, près de ma table d'hier – mais évidemment, la salle avait été rangée et nettoyée depuis. Soit quelqu'un avait embarqué mon violon en partant, soit les propriétaires des lieux l'avaient trouvé et rangé, je ne savais trop où. La deuxième hypothèse serait la plus heureuse... Mais pour vérifier cela, il fallait demander. La soirée commençait à peine et pourtant, autour de moi, c'était l'effervescence. Je connaissais bien le visage de la patronne, mais impossible de le distinguer dans ce souk. Les lumières avaient été baissées pour le spectacle en cours, et l'on n'apercevait plus que les figures faiblement éclairées des spectateurs, ainsi que les danseuses tournoyant dans leurs costumes sur la scène.
    Auprès de qui me renseigner? Prenant mon courage à deux mains, je me levai, cherchant des yeux une hôtesse qui ne serait pas occupée. Il y avait bien cette femme blonde, mais déjà en prise avec un lourdaud ; cette autre fille un peu trop jeune, mais qui attendait près des danseuses que ce soit à son tour de monter sur scène... En traversant la salle, j'aperçus une porte entrouverte, conduisant à une pièce éclairée. Les coulisses? Le bureau de la patronne? Qu'importe, une porte frappée d'un panneau « Interdiction d'entrer » me mènerait forcément à quelqu'un de renseigné sur mon violon. Non?
    J'entrai.
    La pièce était plutôt petite – ou bien elle paraissait étriquée à cause des nombreux costumes s'entassant et s'empilant dans tous les coins, suspendus à des cintres trop fragiles ou s'échappant de larges malles. On ne savait plus où donner du regard, dans tout ce chaleureux bazar.
    Un mouvement à ma droite me signala une présence. Je tournai la tête, sautant sur l'occasion :

    « Ah, excusez-moi, j'aurais un service à vous demander... »

    La phrase mourut avant de finir de franchir mes lèvres.
    Apparemment, le grand Primo aurait dû respecter l'interdiction sur la porte et rester dehors. Cela lui aurait évité de déranger la femme qu'il venait de remarquer à quelques pas de lui, alors que, visiblement, elle était en train de se changer.

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Scarlett
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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Mer 15 Aoû - 1:46

    Scarlett se leva difficilement de son lit et passa sa main sur son visage. Elle sentait les marques de tissu que la sieste avait laissé contre sa peau. Elle s'était endormie peu après la fin des répétitions de l'après-midi, fauchant compagnie au reste des employées qui commençaient à arranger la salle pour les clients qui n'allaient pas tarder à arriver. Une bonne chose faite.

    Elle s'assit sur son lit, s'étira et ferma les yeux très forts en espérant que, lorsqu'elle les rouvrirait, le monde lui semblerait bien plus clair qu'il ne l'était en cet instant. Elle avait beau avoir l'habitude de ne pas beaucoup dormir chaque nuit qu'elle passait dans cet endroit, il fallait avouer que, de temps en temps, elle avait du mal à tenir le rythme. Quand les hommes lui tenaient la grappe jusqu'à sept heures du matin pour lui raconter leur vie et, par la même occasion, lui poser tout un tas de questions sur la sienne, par exemple. Elle finissait toujours par répondre évasivement avant de rediriger la conversation sur son compagnon. Au moins, ça lui évitait de se creuser la cervelle pour formuler une réponse correcte. Enfin, toujours était-il que lui, qui rentrait gentiment se coucher, n'avait aucun problème à surmonter sa journée. Elle, qui devait faire tout un tas de trucs et de machins pour participer à la vie du cabaret (foutaises) dès les petites heures de la matinée avaient un peu plus de mal. Et forcément, il avait fallu qu'elle se tape deux nuits de suite le même énergumène, qui n'était que trop heureux de lui narrer la suite de ses splendides (ironie) aventures au pays de la neige et du verglas (la Russie, apparemment. Pas très engageant, comme description, il faudrait qu'elle se rappelle de ne jamais mettre les pieds dans ce foutu endroit où les gens se baladaient toute l'année en traineau. Portaient les trente-six couches de manteau. Et nourrissaient leurs bébés à coups de biberons de vodka -quoiqu'elle, elle en voulait bien, de cette piquette. C'était pas mauvais, au vu de celle qu'elle avait goûté (chouré) dans le verre du garçon).

    Bref. Pourquoi avait-elle été tirée de son merveilleux sommeil réparateur, d'abord? Au moment où elle formulait sa question, trois coups résonnèrent dans la pièce. Ah. C'était donc pour ça. La voix de Coppélia compléta cette regrettable intrusion dans sa vie personnelle.

    « C'est bientôt à nous, Scarlett. Arrête de glander et viens te préparer. »

    Elle soupira et lança une parole d'assentiment à sa partenaire qui repartit comme elle était venue, probablement toute guillerette à l'idée de chanter jusqu'à tard dans la nuit. Scarlett se baissa, cherchant à récupérer son costume pour aller se changer. Mince. Elle avait oublié de demander l'heure. Si ça se trouve, elle passait bientôt. Si ça se trouve, son groupe était en train de danser. Haha. Mais non, on ne l'oublierait jamais, voyons, c'était ridicule.

    Scarlett jaillit de sa chambre à toute vitesse, sa robe dans une main, les cheveux en pagaille. Elle s'arrêta sur le seuil, fit demi-tour à toute vitesse pour récupérer son rouge à lèvres et son khôl (on ne savait jamais, si le bon Dieu décidait de lui épargner une difficile épreuve qu'elle n'avait jamais, ô grand jamais, mérité, et qu'elle avait le temps de se maquiller. Pitié. Si elle n'était pas présente sur scène, Blanche la tuerait à coup sûr. Et elle y ferait joyeusement, c'était une certitude), gicla une deuxième fois sur la palier, descendit les escaliers à toute vitesse et déboula enfin dans la salle principale. Sur la scène, elle apercevait les gamines chargées du début du spectacle qui se trémoussaient. Merci Seigneur, tu viens de me prouver ton existence (Sois un peu plus présent quand j'ai besoin de toi d'ailleurs, bourricot de vieux. T'étais où quand j'ai dû me taper toute la vaisselle hier, hein?). Sale Coppélia. Elle lui avait fichu la flippe, mais elle avait encore de la marge, bon Dieu! A tous les coups, elle l'avait fait exprès. Qu'est-ce qu'elle avait bien pu faire pour mériter le courroux de la jolie brune? Ah oui. Elle avait renversé de la bière sur la robe qu'elle venait de s'acheter, hier. Mais ce n'était pas de sa faute, enfin! Elle ne l'avait pas vue arriver. Et elle essayait de calmer les ardeurs du gros porc qui fichaient ses mains sous sa robe en public, aussi. Elle voulait bien être gentille, mais elle allait quand même pas baiser sur le comptoir, merci bien (Et puis si elle pouvait éviter de se taper ce genre de mecs, elle n'allait pas se faire prier. Le bavard était tout de même bien plus potable au niveau physique, même si sa chevelure commençait à dangereusement pencher vers la calvitie précoce). Enfin voilà, Coppélia était une vieille mégère aigrie qui accordait trop de valeur aux choses matérielles (N'est-ce pas Seigneur?). Ce n'était qu'une robe! Elle pourrait en racheter une (Par contre, si une greluche avait le malheur de lui saloper une de ses affaires, Scarlett la hacherait menue avant de jeter ses restes aux chiens de la voisine, ces sales clebs qui passaient leur temps à aboyer pour un oui ou pour un non. Fallait pas se foutre de la gueule du monde non plus).

    Elle déboula dans la salle de derrière qui servait à toutes sortes de choses (à se changer, à papoter, à fumer (Malheureusement. Quelle odeur insupportable), à manger, et éventuellement à ramener les soupirants de toute une chacune), posa son costume à côté d'elle et commença à se changer. Elle fit glisser le dessus de sa jupe, dégrafa son corset pour libérer son jupon. Elle était perdue dans son mélange de tulle et de dentelle, les épaules dénudées et les pieds nus, quand un garçon déboula dans la salle. Le commentaire, jaillit, automatique, tandis qu'elle se retournait pour fixer le nouvel arrivant par-dessus son épaule.

    « Faut payer pour reluquer, chéri. »

    Sans autre réaction, Scarlett se retourna pour continuer à se préparer. Et enfin, l'information atteignit son cerveau. Elle fit brusquement volte-face et pointa un doigt sur le jeune homme.

    « Hé! Mais t'as pas le droit d'être ici! Tu fous quoi? T'as pas remarqué que c'était interdit? T'es bouché? Ou tu sais pas lire? »

    Il paraissait pas bien vieux, le coco. Typé méditerranéen, pas très grand même s'il n'était pas petit, cheveux noirs, yeux foncés. Scarlett sourit. Pas moche à regarder, le petit gars. Sa compagnie devait être beaucoup plus agréable que celle des vieux qui l'attendaient sûrement après le spectacle. Elle agita la main pour lui faire signe de partir.

    « Bon, peu importe, dégage maintenant. Les clients c'est dans la salle, pas dans les coulisses. »

    Enfin, sauf quand ils ont payé pour y être. Mais dans ce cas-là, ils ne déboulaient pas tous seuls. Une galante compagnie gloussait souvent dans leur sillage, toute en parfum et en maquillage. Scarlett haussa un sourcil, les poings sur les hanches. Qu'est-ce qu'il pouvait bien foutre ici, celui-là? Il attendait une des filles?

    Mince. Elle était toujours à moitié à poil, en plus.
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Primo

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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Dim 26 Aoû - 16:10

    Ah ça oui, pour reluquer, il reluquait, le Primo.
    C'est que la jeune femme était plutôt belle à regarder. Je la reconnus comme étant une des danseuses permanentes du cabaret, pas de celles passaient d'un établissement à l'autre. Elle avait des cheveux auburns, d'un rouge chocolaté qui dégageait irrémédiablement une impression de chaleur, tout comme ses yeux sombres. Mais surtout, elle était pourvu de ce qu'il fallait, où il fallait – et même perdus au milieu de tant de dentelles et de jupons, les yeux du grand musicien ne purent s'empêcher de loucher sur les dits-attributs.
    Mais soudainement, elle me sortit de ma torpeur en se retournant vers moi, me pointant du doigt comme l'on accuse un vandale dans la rue :

    « Hé! Mais t'as pas le droit d'être ici! Tu fous quoi? T'as pas remarqué que c'était interdit? T'es bouché? Ou tu sais pas lire? »

    Face à de telles remarques, j'étais loin de pouvoir faire le fier. Je passais soit pour un voyeur, soit pour un attardé. Enfin, pour être franc, je devais plutôt être bouché, comme elle le disait. Mais c'était pour la bonne cause que j'avais été contraint d'ignorer la pancarte à l'entrée de la pièce, bien mal m'en prenne – car oui, lorsqu'on est gentilhomme, on doit se forcer à penser que surprendre une jolie fille à moitié nue, c'est mal. (Sauf lorsqu'on s'appelle Léandre et que notre perception du bien et du mal se trouve être totalement confuse, comme peuvent l'être le rouge et le vert pour un daltonien) Et lorsqu'on vit sous le même toit qu'un chrétien confirmé, on devrait même se fustiger face à un tel pécher – mais bon, en allant faire la fête tous les soirs dans des lieux de beuverie et de jambes en l'air, j'étais déjà mal parti pour l'auto-blâme, alors je me contenterai d'appliquer les principes que ma mère s'était évertué à me rentrer dans le crâne. Plus ou moins. Il faudrait que je lâche des yeux son décolleté, d'abord.
    Alors que je restai coincé entre ces questions et mon flot de pensées plutôt contradictoires, la bouche ouverte (pas vraiment glorieux d'imiter le poisson pour le génie qu'était Primo, non?), la fille du cabaret mit fin à ses interrogations en me sommant de foutre le camp.
    Face à son ton autoritaire, orné par son petit accent étranger (quelque chose de rocailleux et suave à la fois. Elle venait du Saint Empire, peut-être?), mais surtout face à la vue de ses dessous toujours aussi visibles (c'était le fait qu'elle ne se sente pas gênée le moins du monde qui finissait par me rendre gêné à sa place) je me surpris à vouloir obéir. Je reculai d'un pas vers la porte, prêt à me retourner pour sortir – quand soudain l'orchestre entama une nouvelle musique pour les danseuses, au son des applaudissements. Ah oui, il aurait été idiot d'oublier ce pour quoi j'étais venu ici à la base.

    « Et si je ne suis pas seulement client, je peux rester? » La question était très sérieuse dans ma tête, mais sonnait curieusement, dite ainsi. De crainte qu'elle n'ait pas compris, j'expliquai aussitôt :
    « En fait, je suis surtout ici pour récupérer quelque chose que j'ai oublié hier. »

    Et puis, comme l'idée était de plus en plus tentante – c'est qu'elle était sacrément jolie, et que face à elle et ses jupons, toutes les menaces d'Alceus et tous les Évêques du Royaume tombaient vite fait dans l'oubli – je ne pus m'empêcher d'ajouter avec un sourire charmeur :

    « Mais s'il s'agit de consommer également, je ne suis pas contre. »

    Et je m'appuyai sur une commode en vrac à côté de moi, d'un air plus ou moins naturel, montrant fermement mon intention de ne pas repartir d'ici tout de suite.

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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Sam 1 Sep - 0:59

    Elle espérait qu'elle n'avait pas affaire à un dépravé sexuel. Style quelqu'un qui coinçait les jeunes filles dans des endroits exigus et déserts (cette pièce), qui s'arrangeait pour les déshabiller (dans son cas, il n'avait même pas besoin de le faire. Si ça se trouvait, elle facilitait même la tâche au pervers) puis les violer (elle n'était plus à ça près, mais bon quand même) et les tuer (c'était l'étape qu'elle cherchait le plus à éviter. Encore les trois premières, elle pourrait s'en remettre -elle n'avait jamais été une fille vraiment sensible, tout avait tendance à lui passer au-dessus de la tête, et ce n'était pas maintenant qu'elle allait se mettre au traumatisme sévère- mais si on pouvait éviter d'aller jusqu'au dernier point, elle en serait éternellement reconnaissante au Seigneur qui semblait encore s'être barré faire la fête avec ses copines les anges derrière les nuages (Petit pervers. Et ça prenait ses grands airs pour parler de procréation, après).

    Enfin, l'autre n'avait quand même pas l'air bien méchant. Un peu abruti, certes, à la regarder comme s'il n'avait jamais vu une fille à moitié à poil (s'il fréquentait le cabaret, ce n'était pourtant pas cela qui aurait dû le choquer), mais pas dangereux. Ah. Et elle n'avait pas fait attention, mais il avait une cicatrice de truand en travers de la face. Il s'était pas loupé, le bougre. Ça ne devait pas faire du bien. Voire pas du tout. Un instant, Scarlett s'imagina avec la même chose sur son joli visage qu'elle passait des heures à maquiller, histoire de le rendre agréable aux gros lourdauds qui étaient censés lui filer du fric, et se dit qu'elle arracherait l'appareil génital de celui qui oserait lui faire subir pareil tourment. Cette bêtise serait capable de lui faire perdre ses clients. Elle se retrouverait à la rue, obligée de faire semblant d'être mère de sept ans enfants affamés pour réussir à avoir un quignon de pain qu'elle économiserait toute la semaine. Elle pourrait pet-être encore dormir au cabaret. On lui donnerait la paillasse des chevaux. Ou elle devrait en appeler à la générosité de Blanche. Mais elle ne savait rien faire d'autre que ce qu'elle faisait actuellement. Elle deviendrait artiste des rues et les gens lui lanceraient des pommes en la traitant de putain décadente (Ah quoique, ça ils le faisaient déjà, ce ne serait jamais qu'une insulte de plus à ajouter à la longue liste de celles dont elle avait été la cible. Bande de petits idiots coincés. Et tous mous. Et sales vieilles psychorigides).

    Elle sortit de son délire apocalyptique lorsque le jeune homme lui demanda s'il pouvait rester en tant que non-client. Elle eut envie de lui dire que non, qu'elle ne faisait pas dans la charité s'il ne payait rien, puis se dit qu'elle aurait peut-être l'air d'une vieille aigrie en agissant de la sorte, qu'il fallait peut-être qu'elle favorise les amours des jeunes. Après tout, s'il pouvait sortir une midinette des ennuis -et des vieux en manque- ce serait toujours ça de pris. Et ce serait une belle histoire d'amour qui finirait bien comme elle les aimait -même si ça l'énervait que la belle histoire d'amour n'arrive pas à elle, elle était trop vieille pour ça ou quoi?- et tout le monde serait content. Puis elle se dit que si elle se faisait prendre à introduire un gamin dans les coulisses, elle se prendrait le sermon du siècle, comme quoi il ne fallait pas que les hommes voient le derrière de la scène mais seulement celui des danseuses. Elle y avait déjà eu droit quand elle avait trouvé très amusant de folâtrer dans les cintres, jeune et fringante qu'elle était, avec un puceau qui lui avait promis le mariage avant de s'éclipser avec une jeune fille de sa condition en oubliant la prostituée aux cheveux auburn, trop intéressé par la blanche poitrine de sa blonde fiancée -bon, elle ne savait rien des cheveux ou de la poitrine de la fiancée en question, mais le gus était tellement niais et sa vie semblait tellement ressembler à une comédie légère qu'elle n'aurait pas été étonné que les âneries qu'elle débitait ne trouvent justification dans la réalité.

    Elle pensa aussi que si elle se faisait choper, il y avait des chances pour que la jolie danseuse pense que son sauveur visitait les jupes d'autres femmes qu'elle, prenne la mouche et décide de rester putain et célibataire jusqu'à sa mort. Le garçon se suiciderait (même si le suicide semblait actuellement à des kilomètres de sa caboche, au vu de sa façon de loucher vers son décolleté, ce qui, sans être désagréable à Scarlett qui s'en sentait presque flattée, montrait déjà une certaine faiblesse devant les attributs féminins, faiblesse qui ne plairait certainement guère à sa dulcinée), et tout serait de la faute de Scarlett qui aurait pris le mauvais choix au mauvais moment. Elle allait ouvrir la bouche pour le sommer de partir une nouvelle fois (elle ne tenait pas à avoir une mort sur la conscience) quand elle entendit l'explication du pourquoi du comment de sa présence ici. Oh. Il n'y avait donc pas d'histoire d'amourette, mais juste d'objet perdu. Elle en aurait presque été déçue.

    Cependant, elle changea rapidement d'avis devant les paroles visiblement intéressées du jeune homme qui s'appuyait d'un air un peu guindé sur la commode à côté de lui. Elle lui adressa un sourire qu'elle voulait aguicheur mais qu'elle ne pouvait s'empêcher de laisser glisser vers une expression un peu amusée.

    La danseuse rabattit une mèche de cheveux derrière son oreille, dont elle ressortit aussitôt pour venir chatouiller sa joue. Scarlett la ramena en arrière une deuxième fois, s'assura qu'elle ne la gênerait plus et s'avança vers le jeune homme, mains sur les hanches et regard aguicheur, s'arrêtant à quelques pas de l'intrus.

    « C'est une très bonne idée que tu as là, mon chou. Ça me plait bien. »

    Elle ne disait pas non à un peu d'argent. Surtout de l'argent gagné dans les bras d'un garçon pas trop dégueulasse.

    « Mais je vais bientôt danser. Si ça te dit toujours tout à l'heure, demande Scarlett ou fais-moi signe, et je te rejoindrai. »

    Elle rit tout bas, s'accrocha au bras du garçon, se pencha vers son oreille et fit en sorte de susurrer ses mots.

    « Sauf si tu es adepte des étreintes rapides, et dans ce cas-là, ça peut se faire tout de suite. »

    Elle s'écarta vivement, ramassa par terre une dentelle qui s'était détachée de son corset, chercha où la remettre, ne trouva pas, la glissa dans son corsage en se promettant de la remettre tout à l'heure.

    « En revanche, je compterais pas trop retrouver ce que tu as perdu, si j'étais toi. Tout disparaît facilement, par ici. »

    Surtout les choses qui ont assez de valeur pour qu'on revienne les chercher le lendemain. Scarlett coula un regard de biais vers le garçon. Elle comptait bien ne pas le laisser déguerpir tout de suite, celui-là, objet perdu ou pas.

    C'était quoi son nom, au fait?
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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Mar 11 Sep - 0:36

    L'hésitation se lisait sur le visage de la jeune fille. Elle semblait sur le point de refuser ma présence une nouvelle fois, mais une quelconque pensée l'empêchait de prononcer ces mots pour l'instant – elle pesait surement le pour et le contre de ce que lui apporterait pareille situation. C'est vrai, c'était peut-être risqué pour elle de permettre à un sombre inconnu l'accès aux coulisses. Et c'était peut-être compromettant d'être trouvée à moitié nue en sa présence, aussi. En plus, vu le physique très avantageux de l'inconnu en question, la pauvre enfant risquait également de s'attirer les foudres de ses camarades jalouses si elles venaient à découvrir l'intrigue, et...-
    Un sourire charmeur éclaira finalement le visage de la danseuse. Elle s'approcha de moi, mains sur les hanches qu'elle roulait admirablement bien de sa démarche chaloupée. Oh, mama.

    « C'est une très bonne idée que tu as là, mon chou. Ça me plait bien. »

    Bon, en fait c'était plutôt le pauvre Primo qui s'attirerait les foudres de la salle si celle-ci apprenait qu'il était en train de s'accaparer pour lui seul de pareils attributs, il en était sûr, mais passons. Pour une fois que Primo avait de la chance dans son malheur (quel était le pourcentage de chance pour que cette fille décide de se changer au moment précis où moi je décidais d'aller dans cette pièce, hein?), il comptait bien en profiter.
    Elle m'expliqua qu'il serait bientôt temps pour elle de partir (dommage) pour monter sur scène et danser (moins dommage), et m'enseigna la conduite à suivre pour que je puisse la retrouver ensuite. Aussitôt, je pris en note son prénom dans un coin de ma tête. A moins que ce ne fusse son pseudonyme? Il était vrai que beaucoup de filles au cabaret en portaient un, d'autant plus que la dénommée Scarlett était toute habillée d'écarlate, comme la prédestinait son patronyme. Bah, quelle importance – j'avais tout le temps d'apprendre les détails plus tard. Toute la nuit, en fait. Sur une simple demande. L'espace d'un instant, je l'imaginais accourir vers moi dans un bruissement de jupons froufroutants qui ne demanderaient qu'à être jetés dans un coin, sous le regard rageur des autres clients que j'aurais devancé, et ce, grâce à un simple signe de main. Mouahahahaha. Je ne me sentais plus.

    Scarlett me sortit la tête des nuages (ou l'expédia un peu plus loin encore) en s'accrochant à mon bras de manière sensuelle. Instinctivement, le rapprochement me poussa à répondre à son contact soudain ; mon autre bras alla naturellement entourer sa taille tandis qu'elle approchait sa bouche de mon oreille. Elle susurra quelques mots.
    Et quels mots!
    Je sentis une bouffée de chaleur me monter aux oreilles. Heureusement pour moi, la jeune femme s'éloigna juste à temps pour traficoter encore un peu son costume – j'espérais qu'elle n'avait pas remarqué ma surprise. On aurait dit un jeune puceau. Et puis quoi encore! Retrouve ta virilité, Primo, du nerfs! Un peu de fierté!
    Quand elle se retourna vers moi, je paraissais serein et assuré. Je m'avançais vers elle, fermement décidé à répondre par une ambiguïté à sa question (les femmes adorent comprendre ce qui les arrange). Je n'étais qu'à une poignée de centimètres d'elle quand Scarlett me dit tranquillement :

    « En revanche, je compterais pas trop retrouver ce que tu as perdu, si j'étais toi. Tout disparaît facilement, par ici.
    - ... Quoi? »

    Et ce fut la panique. Ce moment où tout mon esprit sembla vide tout en étant embrouillé de dizaines de questions, hypothèses et conséquences diverses et variées. Si je ne retrouvais pas mon violon, si le concert était raté, si Alceus m'en voulait à mort, si je me faisais virer de chez lui, si je ne retrouvais pas de boulot, s'il rapportait mon incompétence à mon père, si je me voyais l'autorisation de rentrer chez moi interdite, si- Tais-toi Primo.
    Je reculai d'un pas, baladant mon regard autour de moi comme si la solution à mon problème pouvait soudainement apparaître dans le décor. Comme, bien sûr, il n'y avait rien pour m'aider dans mon désespoir (merci Seigneur, rappelle moi de faire appelle à toi en cas de besoin, surtout), je passais une main sur mon visage, la tête levée en direction de ce fichu ciel égoïste à qui j'envoyais toute mon amertume. Plaintivement, je marmonnai une flopée de jurons en italien avant de finir par :

    « Non, non, non impossible, je dois retrouver mon violon, je suis foutu sinon. »

    Tout en parlant, je m'avançais vers la sortie. Je tournai la poignée, ouvris la porte, bloquai deux secondes, refermai aussitôt la porte pour retourner sur mes pas – quel idiot, j'oubliais que dans cette pièce j'étais déjà à la case départ pour effectuer mes recherches.
    Je coulais un regard un peu gêné à Scarlett :

    « Il faudrait que je retrouve cet objet avant de faire quoi que ce soit, en fait. »

    Adieu, perspective de nuit follement romanesque aux côtés d'une jolie fille, adieu.

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Scarlett
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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Ven 14 Sep - 16:00

    Scarlett aurait bien accumulé toutes les insanités qu'elle connaissait pour décrire la situation, et si cela avait pu empêcher le jeune homme de s'en aller (malheureusement, elle en doutait fortement. Elle n'avait jamais rencontré beaucoup d'hommes qui soient restés après qu'elles les ait traités de pauvres bouffons impotents. Quoiqu'elle en avait rencontré un, une fois, qui adorait se faire insulter pendant l'acte. Elle avait adoré. L'autre avait beau croire qu'elle jouait la comédie, elle pensait sincèrement beaucoup de choses qu'elle lui avait dite -quand elle lui avait balancé qu'il n'était qu'un gros cochon incapable de serrer une fille sans la payer, par exemple. Ou quand elle lui avait dit qu'il n'était qu'un misérable branleur. C'était marrant, mais elle n'avait jamais rencontré qu'un seul de ces désaxés. Avec les autres, elle se devait de rester mignonne et de garder son calme. Même si c'était parfois très difficile. Avec ceux qui étaient un peu trop enthousiastes, par exemple. Ils ne se rendaient pas compte que ça faisait mal, ces enfoirés?)

    De toute façon, ce n'était pas réellement parce que son jeune compagnon entendait partir qu'elle râlait, mais parce que s'il le faisait, elle allait devoir se trouver un autre client pour le soir, et elle doutait que sa chance légendaire (et inexistante) fasse qu'il se trouve ce soir deux beaux garçons dans la salle (Oh Theo, pourquoi ne peux-tu pas venir tous les soirs? Je ferai bon usage de tes services, tu peux me croire. J'ai vu un joli chapeau à la boutique l'autre jour, je suis sûre qu'il m'irait magnifiquement -celui qui assure le contraire, je le cogne). Par le truchement de l'inadvertance (ou par l'existence d'un violon perdu, en fait), elle se retrouverait à se farder un des vieux qui trainaient ici toute leur sainte soirée au lieu de la passer auprès de leur femme sans dents. La chute serait rude, après avoir imaginé que la nuit serait plaisante. Ou du moins, plus plaisante que d'habitude, elle n'était pas à l'abri que le jeune homme présente une malformation quelconque au niveau de l'entrejambe, ou un problème de cervelle, ce qui expliquerait pourquoi il se trouvait ici au lieu de se dégotter une jolie fille pour se marier, comme le faisaient tous les jeunes hommes disposant des capacités physiques pour cette aventure -ou n'en disposant pas, d'ailleurs, comme celui au nez proéminent qu'elle avait aperçu alors qu'il sortait de l'église en portant sa dulcinée à bout de bras. Vu le mal qu'il avait à le faire, elle était restée cinq minutes à les fixer pour voir s'il allait réussir à descendre les marches sans en louper une, mais les deux tourtereaux étaient arrivés sains et saufs en bas. Dommage. La chute aurait certainement pimenté un chouia les festivités -et aurait un peu vengé Scarlett, qui savait que ce genre de réjouissances lui serait à jamais inaccessibles. Parce qu'on n'épousait pas les prostituées. On les baisait et on se barrait, point à la ligne. Quoique vu les énergumènes qui se ramenaient au cabaret, elle se serait sûrement enfui à toutes jambes si l'un d'eux lui avait proposé de partager le restant de ses jours.

    Bref, toujours était-il que le garçon, qui semblait pourtant bien réceptif à ses avances quelques minutes plus tôt (Scarlett était très fière de ses techniques de séduction, qu'elle avait peaufiné au cours de ses nombreuses années d'exercice), semblait à présent décidé à mettre les voiles en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, à la recherche de son précieux violon perdu. Elle aurait peut-être dû se sentir vexée qu'il lui préfère un vulgaire objet. En fait, elle l'était, mais si elle voulait récupérer le jeune homme, il aurait certainement été contre-productif de lui hurler les insanités pré-citées, malgré toute l'envie qu'elle en avait. L'autre solution aurait été de laisser sortir le hurlement de désespoir qui perçait sous sa caboche, histoire d'attendrir le chaland. Mais comme cela aurait été certainement plus effrayant que séducteur, exit le hurlement d'agonie à la pensée du calamiteux qu'elle allait récupérer en cas d'échec. La dernière solution restait d'improviser totalement en espérant parvenir à ses fins.

    Elle haussa un sourcil sceptique devant l'étrange manège qui se déroulait devant la porte, ravala les insultes et inspira profondément pour maintenir son apparence de gentille danseuse.

    « D'accord. »

    Elle n'en revenait pas de se laisser faire. Mais elle était si contente à l'idée d'échapper à une autre nuit déplorable qu'elle aurait accordé beaucoup à celui qui lui aurait accordé le salut (A celui qui lui aurait accordé le salut. Seigneur, au cas où tu n'aurais pas remarqué, c'est à ta caboche barbue que je demande une faveur).

    Elle s'approcha du jeune homme, le saisit doucement par le col et l'amena contre la porte, se collant contre lui avec son éternel sourire séducteur, celui qui lui servait aussi bien à aguicher les hommes (ça marchait), à demander des réductions dans les magasins (ça marchait plus ou moins bien), à attendrir Blanche pour qu'elle lui foute la paix (ça ne marchait pas du tout).

    « Je vois que l'instrument est plus important que tout pour un musicien. »

    Elle avait failli dire « J'ai donc moins de valeur qu'un bête violon? » mais se dit que la phrase sonnait beaucoup trop comme un reproche -et qu'on risquait de lui répondre qu'une prostituée n'avait effectivement pas beaucoup de valeur, ce qui l'aurait énervé, elle aurait frappé le goujat, et aurait loupé une bonne occasion de se taire puisque la phrase malheureuse lui enlèverait également le droit de partager la couche du garçon. N'empêche qu'elle n'oubliait pas sa fierté. Quelle idée de l'envoyer paitre pour un truc en bois!

    Après réflexion, elle se dit également que le terme d'instrument pouvait être mal interprété. Tant pis, elle l'avait dit maintenant, de toute façon.

    Elle posa un doigt sur la joue du jeune homme et le fit glisser le long de son cou.

    « Si je t'aide, tu me devras une faveur. »

    Son sourire dévoila ses dents, sa main se posa à côté de celle qui tenait toujours le col.

    « C'est quoi, ton nom? »

    Bon. Dommage que dans tout ça, elle n'ait pas entendu de parler de violon au cabaret. On aurait vite éludé le problème et on serait enfin passés aux choses sérieuses.

    Elle ne renoncerait pas. Pas de monsieur qui pue, abruti des nuages, pitié.
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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Ven 12 Oct - 0:50

    « D'accord. »

    Je n'en revins pas tout de suite. Venait-elle réellement d'accepter de m'aider? Entre passer un moment fugace et passionné dans une sorte de cagibi et chercher un instrument de musique, il y avait pourtant de la marge question amusement. Je ne voyais que deux explications possibles à son comportement : soit cette jeune prostituée était une sainte qui se consacrait avant toute chose au bien de ses clients (dans tous les sens du terme, certainement). Soit elle était tombé sous le charme fou de Primo, séducteur de ces dames – et ce ne serait pas tellement étonnant, si vous voulez mon avis.
    Elle s'approcha une fois de plus de moi et saisit ma chemise doucement. Il y avait tout de même une sacré différence par rapport à la façon dont Alceus (ou un tout autre inconnu que j'aurais été susceptible de vexer par inadvertance, comme cela arrivait si souvent, à mon grand étonnement) m'attrapait, lui, par le col. D'abord, Scarlett était plus délicate, moins menaçante, et largement moins repoussante qu'un type vicieux empestant l'eau de Cologne. Mais quand il s'agit d'une séduisante danseuse, tout devient vite beaucoup plus acceptable. , être coincé contre une porte n'est aucunement dérangeant.

    « Je vois que l'instrument est plus important que tout pour un musicien. »

    La réponse qui allait franchir mes lèvres s'empêtra finalement au fond de ma gorge. Je m'étouffai dans mon silence, vaguement incrédule. L'allusion était-elle voulue? Scarlett avait-elle innocemment posé cette question ou vicieusement fait exprès d'en rajouter une couche pour me perturber?
    Vu la manière dont elle était collé à moi, et vu son sourire, le doute m'était permis, non?
    Elle passa un doigt sur ma joue, troublant ma réflexion – encore un peu plus, je veux dire. C'était étrange et inhabituel de se laisser ainsi mener par le bout du nez. D'ordinaire, Primo aurait habilement répondu quelque chose comme « Une jolie fille est tout de même plus importante encore. » ou une autre phrase banale de ce goût là, de celles que l'on savait fiables et efficaces (enfin, suivant l'interlocutrice – parfois, ça marchait moins bien). Il l'aurait attiré entre ses bras, aurait laissé ses doigts se balader sur la taille corsetée... Mais quand la dite jolie fille est beaucoup plus entreprenante que le galant qui tente de la séduire, l'affaire prend une autre tournure – le galant en question se laisse surprendre, bafouille, rougit, bref, en prend un coup virilement parlant. C'était mon cas face à Scarlett. Plus ou moins. He, je n'étais tout de même pas du genre à rougir, entendons-nous.

    « Si je t'aide, tu me devras une faveur. C'est quoi, ton nom?
    - Primo – quel genre de faveur ? – Primo Andrei Orlandi Feliciano. Heu, Primo. »


    Étant incapable de réfléchir en cet instant – oh mon Dieu, et cette main qui était en train de quitter la zone de mon cou pour s'aventurer plus bas – j'avais répondu mécaniquement, par la simple action des zygomatiques, si tant est que cela soit possible. Sans réelle intervention du cerveau – et ces lèvres qui souriaient toujours lubriquement, Seigneur, ces lèvres – la phrase tournait bizarrement. Combien de fois avais-je dit mon prénom? J'étais plus préoccupé par la question qui bousculait l'ordre logique de ma phrase qu'autre chose, en fait.

    Bon. La vue était agréable, le contact plus encore, mais il fallait faire preuve de bon sens. Le violon était prioritaire pour ma survie. Dans ce genre de situation, il n'y avait pas trente mille choses à faire : être courageux et décidé, simplement.
    J'attrapai d'abord doucement les poignets de Scarlett avec la ferme intention de la repousser, au moins le temps de nos recherches dans l'établissement, mais une étrange contradiction nerveuse me fit l'attirer de nouveau à moi pour l'embrasser.
    … Voilà, c'est ce que je disais : succomber à la tentation pour mieux y résister ensuite.
    … Quel con, vraiment.
    Au bout de longues secondes – parce que c'était pas un baiser de tapette, évidemment – je m'éloignai enfin, me redressant l'air de rien – enfin, essayant. Je ne devais pas avoir l'air glorieux. On faisait mieux, question repoussement ferme et décidé, je l'avoue. Je lâchai les mains de Scarlett. Une pensée m'effleura que je n'avais pas été courtois, en plus, mais qu'y avait-il de courtois dans cette histoire depuis le début? Bon sang, j'étais enfermé dans une pièce obscure et exiguë avec une femme à moitié nue. Et je m'étais fait avoir comme un bleu.
    Toujours autant que possible l'air de rien, je passais une main sur ma nuque, la pinçant plus que la massant.

    « Bien, et si on commençait nos recherches? »



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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Jeu 15 Nov - 1:26

    Si monsieur barbe blanche semblait l'avoir abandonnée, elle ne lâcherait pas le morceau si facilement. Si elle n'avait encore qu'une vague idée de la nature exacte de la faveur que lui accorderait le jeune homme (qui ne semblait pas contrarié par sa demande, ce qui était incontestablement un bonus, une victoire, ou tout autre chose positive qui la confortait dans sa suprématie temporaire et lui conférait une certaine fierté, car après tout, ce n'était pas tous les jours qu'elle réussissait un tel exploit. Les vieux croulants étaient si près de leurs sous que c'en était presque affligeant), elle savait exactement où elle voulait en venir : viens plus souvent me voir, histoire que je gagne un peu ma vie en faisant des galipettes avec quelqu'un de potable au lieu des trucs presque non humains que je me tape d'habitude. Allez, tu auras une dame dédiée à ta seule personne, je ferais tout ce que tu voudras, et tout ce que tu auras à faire, c'est payer à la fin. Bon deal non? Dans les formes, pour elle, ça l'était. Restait à savoir si son interlocuteur était prêt à venir à une fréquence régulière. Dans le cas contraire, il était certain qu'il lui promettrait fidélité et jolies fleurs et qu'au final il se carapaterait sur ses belles promesses sans jamais revenir. Bon. De toute façon, elle n'avait rien à y perdre. Une ou deux fois par semaine, c'était trop? Pour elle, ce serait l'idéal. Restait à savoir si le budget (et la parole) du jeune homme était prêt à suivre. Primo, c'était cela. Si elle n'avait pas compris comment il s'appelait, elle aurait été totalement bouché. Elle n'avait jamais vu quelqu'un répéter son prénom autant de fois à la suite. C'était drôle. Et elle allait éclater de rire quand elle sentit les lèvres dudit Primo sur les siennes, étouffant le bruit qui commençait à sortir du fond de sa gorge. Ce fut le moment où, pris par surprise, son cerveau rencontra un instant de blanc.

    Ah.

    Après quelques secondes de battement (il fallait croire que le petit n'en était pas à son coup d'essai), il y eût détachement, Scarlett retrouva la lumière et ses esprits (qui étaient partis vaquer à leurs occupations personnelles, quelque part au loin. Après tout, il fallait bien qu'ils s'occupent de leurs enfants. Style qu'ils leur tricotent des liquettes spéciales esprits). Il fallait dire qu'elle ne s'y attendait pas vraiment. Jusqu'ici, elle avait pris les initiatives, ainsi que le voulait son métier, et, si le jeune homme s'était laissé faire, on ne pouvait pas dire qu'il avait beaucoup fait. Le retournement de situation était pour le moins imprévisible. Cependant, Scarlett était une bonne petite baladine (elle avait un jour entendu cette charmante expression pour désigner les putains. C'est sûr que dire prostituée, dans la bouche d'une dame de bonne famille, cela faisait désordre. Surtout devant les enfants) et elle se reprit vite. Primo avait de la chance. Si elle avait eu un caractère un chouia plus impétueux, s'il avait été un vieux avec des chicots plein les dents, elle lui aurait envoyé un coup dans la figure pour le punir d'avoir tenté quoi que ce soit avant qu'elle ait la certitude qu'il y allait avoir paiement. Hors, Scarlett avait l'habitude des contacts, qui avaient tendance à davantage la blaser que l'irriter, Primo avait tout ce qu'il fallait là où il fallait, et, ce qui ne gâchait rien, l'ensemble restait esthétique (car il ne fallait pas se leurrer, certains avaient tout ce qu'il fallait là où il fallait, sans qu'ils aient un quelconque avantage physique. Ce devait être rageant). Donc, elle se contenta de rire en s'écartant. Un pas en arrière. Elle le repoussa d'un petit coup de main sur son torse, l'autre tenant les jupons.

    « Hé, te voilà bien entreprenant, Primo! »

    Ce qui était vrai. Quelque part, et hors toute considération professionnelle, elle se sentait lésée de ne pas avoir eu la primauté du geste. Elle devait avoir été homme dans une autre vie pour autant aimer prendre les devants. Cela lui jouerait des tours, un jour. En fait, cela lui avait déjà joué des tours. Certains clients appréciaient moyen que ce soit elle qui les installe sur le lit sans ménagements. Le parquet. Presque, tout autre endroit susceptible d'accueillir des quelconques ébats, plus ou moins confortables selon la texture. Elle l'avait beaucoup fait vers le milieu de sa carrière, lorsqu'elle commençait à prendre une véritable assurance, mais avant d'avoir véritablement de la technique. Depuis, elle arrivait à savoir quand elle pouvait le faire ou non. Même s'il restait une certaine marge d'erreur, bien entendu.

    Allons bon. Il aurait mieux valu que son nouveau compagnon cède à ses instincts plutôt qu'il s'évertue à chercher un violon. Il aurait davantage de plaisir dans une activité que dans l'autre (Non, la réponse n'était pas trouver le violon, bande de petits péteux superficiels)
    Elle remonta ses jupes, posa ses mains sur ses hanches.

    « Allez mon mignon, celui-là je te le laisse, mais je te préviens, le prochain sera pas gratuit. »

    Fallait voir à pas délirer, non plus. Initiatives ou pas, la case paiement n'était pas négligée. Elle ne faisait pas ça pour se divertir, elle. Bon, lorsque ce genre de situations se produisait, c'était un peu amusant. Mais ce n'était pas pour ça qu'elle aurait travaillé gratuitement. Oh ça non, jamais. On débourse ou on se rhabille, point à la ligne. La maison ne faisait pas crédit.

    Dans le même temps, elle entreprit de réajuster son jupon, trouver les dentelles manquantes, les accrocher au corsage. Elle n'avait aucune idée de l'avancement du spectacle, et si quelqu'un venait la chercher en catastrophe, mieux valait qu'elle soit prête sous peine de se faire fusiller par Blanche sans autre modalité de jugement. Il faudrait qu'elle pense à jeter un coup d'œil à la scène lorsqu'elle en aurait l'occasion, histoire de se tenir un peu au courant – et de préserver sa vie quelques années de plus. Pendant qu'elle cherchait à réajuster les rubans du bustier, elle fit un signe de tête à Primo pour lui indiquer un emplacement dans le fond de la salle.

    « Regarde déjà dans les caisses, ce sera un bon début, monsieur le musicien. »

    Elle espérait que personne n'avait laissé trainer ses dessous dans le tas.
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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Mer 2 Jan - 18:03

    J'avais régulièrement tendance à oublier qu'on ne devait pas embrasser une femme la première fois qu'on lui parlait. Les filles de bonne famille surtout, il fallait les préparer mentalement, les charmer, oser un peu plus à chaque fois et enfin, arriver au but. Mais jamais aller plus loin que le flirt, pour elles. Sinon, c'était le mariage assuré. Dans les faits, cela ne dérangerait pas le moins du monde Primo d'être obligé d'épouser une jolie jeune fille, mais, justement : il aurait accepté d'épouser toutes les jolies jeunes filles qu'il rencontrait. Aussi, impossible de se limiter à une seule d'entre elles. Ou de briser son petit cœur en la trompant – on est galant homme ou on ne l'est pas. S'attirer les plaintes et les larmes, les cris, les coups d'une damoiselle ne constituait pas en soi un amusement particulier. Or, que ce soit pour séduire, flirter, ou déflorer une jeune personne, Primo ne faisait jamais rien sans être certain de s'en amuser. Passer du bon temps avant tout était la règle de base. Après tout, on avait qu'une jeunesse.
    Bon, cette politique pouvait parfois attirer des ennuis. La gifle faisait parti des contretemps banals ; après, le flingue pointé sur la tempe était considéré comme une complication un peu plus sérieuse.
    Heureusement pour moi, Scarlett ne semblait pas vexé par mon entreprise incongrue. C'était ce que j'aimais avec les filles du peuple, beaucoup moins conventionnelles et beaucoup plus ouvertes. La danseuse se contenta de rire et de me faire une petite tape sur le torse, me traitant d'entreprenant (ce que j'étais d'habitude, difficile de le nier). Ma précédente impression se confirmait : soit Scarlett était toute à ses clients, acceptant de céder à leurs caprices improvisés, soit elle était définitivement conquise par mon charme inavouable.

    « Allez mon mignon, celui-là je te le laisse, mais je te préviens, le prochain sera pas gratuit. »

    Ah, peut-être pas en fin de compte. Elle devait juste être très polie. Enfin, c'était son métier, on ne pouvait tout de même pas lui reprocher son professionnalisme.
    Ses jupes remontées sur ses jambes – qu'elle avait jolies également – elle entreprit de finir d'ajuster sa tenue. Un vrai labyrinthe de dentelles, de froufrous et d'épingles qui pouvaient punir une main trop aventureuse. Vraiment, c'était plus drôle à ôter qu'à mettre. Elle m'oublia un instant, puis m'accorda un signe de tête avant de retourner à sa tâche :

    « Regarde déjà dans les caisses, ce sera un bon début, monsieur le musicien. »

    Je m'exécutai et allai vers le fond de la pièce pour chercher. De grosses caisses en bois étaient empilées, entre deux rangées de robes suspendues à des cintres. Le sol étant jonché de divers objets ou tissus, j'eus quelque peu de mal à atteindre cet endroit de la pièce. J'écartai les vêtements, soulevai deux-trois bricoles, fouillai un large coffre à mes pieds rempli d'accessoires à plumes ou à paillettes – mais pas de signe de mon violon. Je levai la tête. Les caisses touchaient presque le plafond. Je soupirai, puis remontai les manches de ma chemise et grimpai sur le coffre. En passant ma main sur le dessus des boites, outre la couche de poussière impressionnante, je rencontrai un sorte de petit sac. Étonné, je l'extirpais de sa cachette pour l'observer plus attentivement – diable, mais il s'agissait d'une bourse? La déception remplaça bien vite l'excitation lorsque je l'ouvris, découvrant que ce qui sonnait à l'intérieur n'étaient que des jetons pour jeux de cartes. Tant pis. Je remis l'objet à sa place et ouvrit la première caisse.
    Cette fois, ma main rencontra du bois, de sortes de grandes plaques, et du métal – en grattant le fond de la caisse, n'était-ce pas des... boulons? Peut-être des restes de décors de spectacle. Rien qui ressemble à étui. Pareil dans la boîte à côté. J'en conclus que ce n'était pas là dedans qu'on plaçait les objets trouvés.

    « Aucun signe de ce côt...- »

    J'avais oublié que j'étais sur un coffre, et qui plus est sur le bord de ce coffre. En me retournant pour parler à Scarlett l'un de mes pieds ne tâta que le vide ; je perdis l'équilibre, tombai de mon socle. Primo se ramassa par terre, entraînant dans sa grande aventure quelques malheureux objets – comme une lampe. Qui lui fit un mal de chien en atterrissant sur son crâne. Aïe.
    Un peu sonné, j'attendis un instant (le temps que des tâches de lumière cessent de valser devant mes yeux, à vrai dire) avant de me retourner et m'étaler sur le dos par terre.

    « Si le but de cette pièce est de piéger les clients un peu trop aventureux, je préfèrerai chercher ailleurs, si ça ne t'ennuie pas. » fis-je d'un air las.

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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Mar 8 Jan - 1:40

    Scarlett était persuadée qu'elle ne réussirait jamais à compléter sa tenue en paix. Mais où allait cette attache, bon sang? Était-ce possible d'avoir autant de tissus à remettre en place? Elle était la première à aimer bien s'habiller, mettre de jolis froufrous et des bijoux brillants, mais était-il vraiment nécessaire de jouer au casse-tête à chaque fois qu'elle devait mettre une tenue? Elle aurait bien demandé de l'aide à une de ses coéquipières, comme elle en avait l'habitude lorsqu'elles se préparaient en groupe, mais tout ce qu'elle avait sous la main, c'était un jeune homme un peu tête en l'air. Bah, pour le moment, il ferait bien l'affaire. Il ne fallait pas avoir étudié dans les plus grandes capitales d'Europe pour arriver à nouer un lacet.

    Au moment où elle se faisait cette réflexion, elle entendit un grand bruit claquant qui la fit sursauter, puis se retourner vers la source du problème. Elle avisa son jeune ami par terre, aux pieds de ce qui avait l'air d'être une caisse – en fait, il y avait beaucoup, beaucoup de caisses, et il n'était donc pas irraisonné qu'il soit aux pieds de l'une d'elles, mais ce n'était qu'un détail sans importance. Bref, il était donc aux pieds d'une caisse. Elle promena son regard depuis le tas qu'il formait par terre jusqu'à l'endroit d'où il venait de dégringoler. Le rigolo n'avait pas fait une petite chute. Elle espérait qu'il ne s'était pas tué sur le coup, sinon elle se ferait assassiner par Blanche qui l'accuserait – absolument injustement d'ailleurs, elle ne pouvait pas savoir que demander à fouiller dans d'innocents caissons pouvait provoquer aussi facilement une catastrophe – de produire de la mauvaise publicité pour l'établissement. Ou pire, il ne fallait pas qu'il se soit blessé. Sans quoi, elle devrait certainement payer les réparations – opérations, qu'ils disaient, ces sacripants arnaqueurs de ses deux – de sa poche, car sa bien-aimée patronne refuserait de débourser le moindre centime pour ce qu'elle appellerait sa « stupidité » (Encore une injustice en ce bas monde, puisqu'elle était certainement une de celles qui avaient le plus de jugeote dans ce repaire de charmantes idiotes délaissées par la société. La dernière fois, elle avait vu une des nouvelles essayer d'enfiler sa jarretelle autour de sa tête, soi-disant pour se faire un joli bandeau. Elle ne voyait pas en quoi l'épisode illustrait son intelligence fulgurante. Et mieux valait taire à jamais le jour où Scarlett était montée sur scène avec le jupon à l'envers, ce n'était vraiment pas un détail important). Blanche l'obligerait à payer, soi-disant par souci moral – en fait, il s'agirait juste de ne pas perdre le client, qui n'apprécierait certainement pas de casquer pour un malheureux incident en maison close. Il n'avait qu'à rester près de sa femme au lieu d'aller aux putes, aussi. Sale petit minable désobligeant.

    Elle eût un instant de flottement en entendant la voix de Primo. Ah oui. C'était vrai qu'à la base, il n'y avait nul histoire de client imbu de lui-même demandant réparation, et Blanche n'était pas du tout au courant qu'il était ici – ce qui était peut-être mieux pour sa santé, on ne savait jamais ce que ce Satan en jupes pouvait inventer pour la martyriser. Enfin, elle se dirigea vers les lieux du drame, ramassa au passage une lampe qui était tombée, l'examina, décida qu'elle était irrécupérable et qu'il valait mieux la planquer avant que quiconque tombe dessus et ne découvre qui étaient les auteurs de la casse. Au passage, elle tendit la main à Primo pour l'aider à se relever, étouffant un rire devant sa boutade.

    « Mais non. Nous avons trop besoin de vous pour risquer de vous perdre, mon chéri. » hasarda-t-elle avec un sourire mi-figue mi-raisin.

    Après avoir décidé qu'elle l'avait assez aidé à se remettre sur ses deux jambes – c'était un homme après tout, autant qu'il profite de ses magnifiques avantages physiques – elle se dirigea vers les piles de bordel, la lampe trainant le long de sa robe, et finit par caser l'objet inutilisable entre deux caissons, de manière à ce qu'il ne soit pas trop visible de l'extérieur. Quelqu'un finirait bien par le trouver, mais à ce moment-là, plus personne ne pourrait mettre Scarlett en cause et c'était tout ce qui importait. Elle se pencha pour faire des piles avec les autres habitants du bazar hétéroclite qui avaient été entrainés dans la chute du garçon, et bénit le ciel – pour une fois que l'abruti barbu servait à quelque chose – qu'aucun n'ait été abimé.

    Au milieu du désordre, elle trouva un petit collier de pacotille qu'une ancienne danseuse avait dû mettre pour un spectacle, puis oublier là. Il était orné de petites pierres rouges, et Scarlett, ravie de la coïncidence, le posa aussitôt contre son cou en le tenant par les deux extrémités de sa chaine, avant de se tourner vers son interlocuteur d'un air ravi.

    « Je suis sûre qu'il me va très bien. C'est ma couleur. Le Seigneur a certainement voulu que je le trouve et l'a mis sur mon chemin. »

    Elle termina sa phrase d'un clin d'œil espiègle, assorti d'un rire bref, avant de fourrer le bijou dans sa poche.

    « Bien. Puisque tu as l'air de vouloir continuer ta quête ailleurs, nous allons sortir dans la salle. Mais avant, resserre le cordage dans mon dos, je n'arrive pas à le faire toute seule. »

    Sans se rapprocher de lui, telle une princesse accordant une faveur, elle se tourna pour laisser apparaitre le corsage aux ailes ployant depuis ses omoplates jusqu'au milieu de sa colonne vertébrale, et attendit. Elle était d'accord qu'il fallait trouver des clients, mais elle n'allait tout de même pas sortir négligée au milieu de tout ce monde. Il fallait faire monter la tension avant de dévoiler. Sinon ce n'était pas amusant et on gagnait beaucoup moins d'argent.

    Quand elle conclut que la tâche avait été menée à bien, elle attrapa Primo par le bras et le tira vers la porte.

    « On va demander à la patronne si elle l'a vu passer, ton violon. »

    Elle grimaça. Blanche contrôlait tout, ici, alors si un membre du personnel était tombé sur l'instrument, il y avait toutes les chances qu'elle le sache. En revanche, si un client était parti avec, ce serait une autre paire de manches. Dans ce cas-là, à son humble avis, le mignon pouvait dire adieu à son précieux bout de bois. Détail qu'elle ne précisa pas, se contentant d'ouvrir la porte et de plonger dans le brouhaha constant de la salle de spectacle du cabaret.

    « Et quand tu l'auras retrouvé, n'oublie pas ma récompense, mon chou. »

    Ses lèvres s'étirèrent d'un air séducteur, son nez se plissa dans un mouvement amusé et son corps se tendit en avant tandis qu'ils pénétraient dans la pièce lumineuse, multicolore.

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Primo

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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Dim 10 Mar - 20:51


    « Mais non. Nous avons trop besoin de vous pour risquer de vous perdre, mon chéri. »

    Encore un peu sonné, je laissais Scarlett m'aider à me relever vivement - un peu trop vivement peut-être, je tanguai et manquai de m'affaler sur elle. Une fois stable sur mes deux guiboles, elle me lâcha pour s'intéresser plutôt à la lampe qui m'avait fracassé l'arrière du crâne. Elle était à présent cabossée, fissurée et certainement hors d'usage – étrange, au son que l'objet avait fait en me tombant dessus j'avais plutôt cru que c'était ma tête qui avait subi ce triste sort. Scarlett camoufla vaguement la lampe maudite entre deux caisses, dans un coin sombre, puis se mit à ranger à la va-vite ce qui était tombé avec moi un peu plus tôt. Je restai là, planté à rien faire en la regardant. Puis mon tempérament de galant homme fustigea ma conscience et je m'empressai de l'aider – sans trop savoir où allait quoi je me contentai de caser où je pouvais les objets ; sur l'étagère, entre deux cintres, dans une caisse déjà pleine (parfois, ça ne passait pas, et l'objet me retombait aussi sec dessus). Je n'avais pas encore fini quand Scarlett se tourna vers moi, guillerette :

    « Je suis sûre qu'il me va très bien. C'est ma couleur. Le Seigneur a certainement voulu que je le trouve et l'a mis sur mon chemin. »

    Elle arborait un petit collier serti de rouge, souriante. Je restai songeur, à la regarder. Puis je souris, plaisant et légèrement ironique en pensant vaguement à ce puritain d'Alceus et sa vision bien différente de la religion : le Seigneur avait certainement voulu que je la trouve et l'avait mise sur mon chemin.

    « Tu es charmante, en effet. »

    Elle rangea aussitôt le bijoux dans un clin d'œil.
    Je m'avançai vers elle lorsqu'elle me demanda de nouer son corsage, princesse sultane attendant que son courtisan s'exécute sur le champ. Ce qu'il fit. Mais de façon peu habile. Un homme apprenait plus vite à déshabiller qu'à habiller, n'est-il pas? Le lacet semblait trop court et pourtant devait rapprocher les deux pans de tissus entièrement pour cacher le dos – une taille pouvait-elle réellement tenir dans un espace si exigu? Il semblait que oui. Avec quelques bouffées d'air en moins dans les poumons, certainement. Je me rappelais de Lucille, à Paris, qui me demandait parfois aussi de resserrer son corset, ce que je faisais toujours aussi maladroitement jusqu'à ce que, agonisante, elle me signale d'arrêter de serrer. J'avais hâte de libérer Scarlett de cette pseudo-torture.
    Enfin, nous nous apprêtâmes à sortir pour chercher mon violon ailleurs dans le cabaret.

    « Et quand tu l'auras retrouvé, n'oublie pas ma récompense, mon chou.
    - Ah oui, d'ailleurs cette récompense, qu'est-ce que...- »

    Mais Scarlett était déjà sortie comme un coup de vent, son petit nez froncé avec amusement. Je la suivis donc dans la pièce bruyante et animée, pleine d'odeurs de vin, de tabac et de parfums.
    Confusément, je réalisais qu'il n'avait peut-être pas été très intelligent de sortir de ce placard en même temps qu'une fille de joie. On pourrait se méprendre et croire que... Après réflexion, le grand Primo décida que finalement, ça ne le gênait pas que les autres clients pensent ce genre de choses. Pas le moins du monde. Il se rapprocha de Scarlett qui traversait la pièce à grands pas, le sourire séducteur et le regard farouche, comme un homme souhaitant dissuader quiconque d'approcher ce qu'il considérait désormais comme son bien personnel.
    En arrivant aux abords du comptoir, je reconnus la patronne, occupée à servir quelques clients comme la racoleuse professionnelle qu'elle était. Je connaissais ce regard, flatteur pour certains, devenant froid pour les autres qui n'avaient pas droit à ses bonnes grâces. Malheureusement, j'en étais, et je ne m'en souvins qu'à l'instant (en même temps que le désagréable souvenir du soir où elle m'avait fait jeter dehors et interdit de revenir tant que je n'aurais pas d'argent pour régler. Il m'avait fallu aller jusqu'à soudoyer Alceus pour ça. Mauvaise semaine pour Primo). Je me tournais vers Scarlett, légèrement nerveux :

    « Tu pourrais lui demander à ma place? Elle ne me porte plus dans son cœur depuis... »

    Un son aigu bâillonna la fin de ma phrase. J'écoutai, bouche ouverte, et me tournai lentement vers l'origine de la mélodie.
    Depuis quand le cabaret accompagnait-il ses spectacles au violon?
    D'un seul élan, je traversais la pièce de nouveau, dans l'autre sens, en direction de l'orchestre près de la scène. J'arrachais l'instrument des mains d'un homme à la moustache fournie, le son mourut dans un grincement pincé et fut remplacé par des protestations. Le pianiste continua à jouer, la danseuse, à danser, professionnels imperturbables – mais les clients alentours détournaient le regard de la scène pour le fixer sur moi, le débraillé observant l'instrument sous toutes ses coutures.
    Aucun doute.

    « Ce violon m'appartient. »

    Mais déjà, le moustachu grincheux me balançait son poing dans la figure.

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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Mar 21 Mai - 2:59

    Scarlett avançait avec virulence dans la foule, saluant, souriant à des gens qu'elle reconnaissait (ou qu'elle faisait semblant de reconnaître, les visages vus une seule nuit finissant toujours par plus ou moins se confondre), toisait des rivales, évitait ceux qui, titubant, semblaient prêts de la renverser alors qu'elle les frôlait. Elle s'arrêta quelques instants pour distribuer une caresse, un sourire, un baiser rapide auquel elle promettait de donner une agréable suite dans la soirée, tout en sachant qu'elle ne pourrait satisfaire tout le monde. Cependant, si son séduisant pigeon lui filait entre les doigts, il faudrait bien qu'elle trouve une solution de rechange pour finir la soirée. Elle se retourna brièvement pour écouter ce qu'il lui disait, intéressée par les raisons qui poussaient sa patronne à voir Primo d'un mauvais œil. Ses instincts de commère, qu'elle essayait de gommer en société, ne s'effaçaient malheureusement pas avec le temps, et l'existence des autres, dont ceux qu'elle n'avait pas l'honneur de connaître, lui semblait toujours très intéressante. Elle l'avait réalité le jour où elle en était venue à s'attarder devant un étal de légumes en affichant la tête de la fille passionnée par les poireaux – elle se retint de formuler une blague osée, car même d'elle-même à elle-même, c'était vraiment trop immonde pour qu'elle se le permette – pour savoir comment s'était terminée l'altercation d'une petite paysanne toute ronde et de son mari, à qui elle avait fait des reproches quant à sa tenue et au fait qu'il rentrait tous les soirs bien tard pour quelqu'un qui n'avait rien à se reprocher. Au moment où elle expliquait qu'elle avait voulu sentir les habits de son mari dans l'armoire pour savoir s'ils portaient les senteurs d'une autre femme qu'elle – elle se demandait bien comment sentir un parfum sur des vêtements rangés depuis plusieurs jours était possible, mais elle n'était pas là pour discuter des techniques d'espionnage de la dame – elle s'était rendu compte que le vendeur, derrière l'étalage, la regardait depuis un bout de temps d'un air suspicieux. A contre-cœur, elle avait dû quitter son poste d'observation et rentrer chez elle, en plein suspens quant aux raisons de la conduite dudit mari, dont elle n'avait jamais entendu parler et qu'elle ne connaitrait sans doute jamais.

    Bref, elle se retourna pour faire face à Primo tandis qu'il lui parlait, mais à l'instant-même il interrompit sa phrase, poussa une exclamation et se rua sur le pauvre bougre qui était en train de jouer... du violon. Quand avait-on engagé un violoniste?

    Elle réagit enfin et chercha à s'avancer vers le jeune homme, qui revendiquait le violon à celui qui en jouait – enfin, qui venait de cesser d'en jouer, contraint et forcé – mais elle en fut empêchée par la foule qui se pressait maintenant autour du groupe des combattants, l'homme venant de balancer son poing dans la figure de Primo. Elle poussa un soupir. N'y avait-il pas d'autre moyen que de se taper dessus pour régler ses comptes? Elle essaya de se faufiler entre deux grands costauds qui encourageaient la bagarre, mais fut automatiquement rejetée en arrière sous les puissants mouvements qu'ils ne cessaient de faire, balançant leurs bras au-dessus de leurs têtes tout en hurlant des insanités. Ils faisaient preuve de beaucoup d'inventivités, d'ailleurs. Il y en avait certaines qu'elle ne connaissait pas. Et d'autres qui se révélaient tellement vulgaires que même elle n'était pas sûre de se résoudre à les employer un jour (quoique, peut-être contre la vieille qui s'obstinait à vider chaque jour son pot de chambre puant juste sous ses fenêtres. Même en se prenant le contenu de son pot à elle sur la tête (elle avait hésité à passer dans les autres chambres pour en récupérer plusieurs, histoire de faire bonne mesure, mais la perspective de trainer les rejets de ses congénères semblait vraiment peu ragoutante), cette bourrique abrutie n'avait pas eu l'air de comprendre qu'elle devait jeter ses excréments ailleurs. Elle était peut-être complètement sénile. Restait à espérer qu'elle n'était pas sourde).

    Elle cessa ses efforts quand un silence pesant, presque douloureux, se fit dans la salle. Blanche venait de sortir de derrière son comptoir, les mains sur les hanches, et s'approchait de la foule, l'air pour le moins assez désapprobateur. Les poivrots, au fur et à mesure qu'elle fendait la masse, retournaient s'asseoir, silencieux. Scarlett s'écarta de même, se casant dans un renfoncement entre la scène et une table. De toute façon, si elle devait agir en faveur de Primo, ce n'était pas devant tout le monde (Blanche la tuerait si elle bafouait son autorité devant les clients, et l'enverrait bouler sans autre forme de cérémonie), et surtout pas quand sa patronne avait l'air de mauvaise humeur. Celle-ci lança aux perturbateurs le regard glacial qu'elle réservait à tous ceux qui empêchaient le bon déroulement de sa soirée et donc, selon elle, le bon remplissage des caisses. Elle se pencha vers Primo pour lui rappeler son premier bannissement de l'établissement – c'était donc cela dont il voulait parler tout à l'heure – puis fit un signe de main à deux habitués de la maison qui lui obéissait aveuglément, lesquels s'emparèrent de lui pour le balancer dehors. Scarlett poussa un nouveau soupir. Il était mignon (quand on s'habituait à la cicatrice), mais il n'avait pas l'air bien fute-fute, ce garçon. Quel besoin avait-il de se jeter sur le moustachu? Certes, il avait son violon, mais on pouvait discuter, non? Et marchander. Ça, c'était sa spécialité. Enfin, il faudrait qu'elle voit comment arranger les choses auprès de lui. Peut-être que quelques coups dans le nez et une ou deux passes arrangeaient les choses entre le voleur et le jeune homme.

    Voyant que la clameur reprenait peu à peu ses droits sur le cabaret, que les musiciens recommençaient à jouer – le violoniste surveillé du coin de l'œil par Blanche, qui ne manquerait pas de le virer une fois son boulot terminé, car ceux qui étaient mêlés à ce genre d'événements malheureux ne restaient jamais très longtemps en ce lieu - et que les filles se rapprochaient de nouveau de leurs clients, elle sortit discrètement pour rejoindre Primo au-dehors. Elle le trouva assis par terre, dans le froid, visiblement contrarié. S'arrêtant à deux pas de lui, dans son dos, elle frotta ses bras nus, recouverts de chair de poule. Sa voix retentit au milieu des cris lointains des poivrots.

    « Ce n'était pas très intelligent, ce que tu viens de faire. »

    S'agenouillant à ses côtés, elle remonta les pans de sa robe pour éviter qu'ils ne trainent par terre.

    « Surtout si tu n'étais déjà plus dans les bonnes grâces de Blanche. Heureusement, tu es tombée sur la bonne personne. »

    Elle lui adressa un sourire en coin, puis souffla sur les mèches de cheveux qui descendaient sur son visage quand elle baissait la tête.

    « Le marché que je t'ai proposé offre deux avantage pour toi. Tu récupéreras ce qui t'appartient et une entrée facile au cabaret. »

    Restant silencieuse un moment, elle remit distraitement en place le col de Primo, plus pour s'occuper qu'autre chose, puis le fixa dans les yeux, se rapprochant de sa figure en fronçant légèrement les sourcils.

    « Si je t'amène ton violon, je veux que tu t'engages à venir me voir ici trois fois par semaine, sans compromis possible. »

    Elle sembla subitement se rappeler de quelque chose, et lui donna de son doigt une petite tape sur la joue.

    « Ce sera payant, évidemment. »

    Puis, tendant la main vers lui pour qu'il la serre, elle lui fit un signe de tête engageant.

    « Si tu es d'accord, ton instrument, tu l'as dans quelques minutes. »
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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Mar 30 Juil - 1:30


    Il faisait froid, et le sol gelé semblait encore plus dur que d'habitude. La réception avait donc été douloureuse. Bande de brutes épaisses.
    La porte claqua dans mon dos tandis que j'époussetai mes vêtements, toujours au sol. La scène me rappelait un soir de neige où j'avais été jeté dehors de façon semblable – mais avec un coup de valise sur la tête en plus. Le point commun à toutes les patronnes de tavernes du monde devait être leur manque de civilité.
    Je me rappelai soudainement que renifler ne servait à rien, puisque j'étais tout simplement en train de saigner du nez. Poussant un juron, je levai la tête en arrière tout en cherchant mon mouchoir dans la poche intérieure de ma veste.
    Alors que j'épongeais le sang qui ne cessait de s'écouler (je venais de saloper ma dernière belle chemise, Alceus allait me massacrer) j'entendis les conversations reprendre là où elles avaient été interrompues, le bourdonnement de la musique s'élever de nouveau, à travers les fenêtres minces. Le son léger et allègre du violon. Mon violon. Ce bourrin à moustache ne devait savoir l'utiliser qu'à moitié. Entre ses grosses pattes inexpérimentées, qui sait comment mon violon allait finir? C'était comme donner de la porcelaine de chine à un bébé pour jouer.
    Bon. Au moins, je savais où il était. Le jeu maintenant, c'était de le récupérer. Comment? Ayant l'impression que mon nez ne saignait plus, je me débarbouillais le visage autant que possible avec ce qui restait de blanc sur mon mouchoir – déjà, je remarquai que frotter sous l'oreille, là où l'homme avait frappé en premier, était passablement douloureux. Pourquoi j'étais toujours mêlé aux bagarres? – en échafaudant des plans pour récupérer mon instrument. Je pouvais attendre que l'homme ait fini sa soirée, qu'il sorte de l'auberge pour commencer à le suivre jusqu'à une ruelle où je pourrais récupérer mon bien. Bon, il était plus grand et plus gros que moi, mais je suis sûr que si je trouvais un sac pour lui mettre sur la tête et le désorienter, quelque chose comme ça, ça irait. Et je courais vite. Ou bien je pouvais le provoquer et l'attirer jusqu'à la maison du sauvage psychopathe et tueur en série (et bien plus encore) qui habitait près d'ici. C'était le genre d'homme qui n'aimait pas qu'on fasse du bruit sous ses fenêtres. Il liquiderait le moustachu en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, enfin, s'il habitait toujours là.
    J'encerclai mes jambes repliées vers moi avec mes bras, la tête posée sur mes genoux pour ruminer mes pensées. Fini, la belle soirée en perspective. Scarlett ne frayait surement pas avec les fauteurs de troubles. Je pouvais lui dire adieu. Et bonjour les ennuis – les vrais, les beaux, ceux qui me tomberaient inévitablement sur la figure si j'osai rentrer sans mon violon. Alceus ne me louperait pas. Je soupirai.

    « Ce n'était pas très intelligent, ce que tu viens de faire. »

    … Scarlett?
    Je me tournais vers elle, surpris, tandis qu'elle s'agenouillait à mes côtés. J'ouvrais déjà la bouche pour me défendre, mais elle enchaina :

    « Surtout si tu n'étais déjà plus dans les bonnes grâces de Blanche. Heureusement, tu es tombé sur la bonne personne. »

    Je fronçai légèrement les sourcils, attendant qu'elle s'explique.
    Minaudant, elle m'adressa un sourire en coin, arrangea le col de ma chemise (foutue à jamais) l'air de rien tandis qu'elle résumait les avantages dont je bénéficiais rien qu'en ayant croisé son chemin. Et, bien sûr, ce qu'elle exigeait en échange.

    « Si je t'amène ton violon, je veux que tu t'engages à venir me voir ici trois fois par semaine, sans compromis possible. Ce sera payant, évidemment. »

    Je fis mine de réfléchir quand elle me tendit sa main. Je ricanais intérieurement. Tout à un prix, n'est-ce pas? D'habitude, c'était moi qui proposais ce genre de marché aux autres. J'étais passé professionnel dans l'art de tirer profit contre pas grand chose – mon plus grand exploit avait été le contrat que j'avais soutiré à Alceus une nuit, alors que j'étais endetté jusqu'au cou. Même si, selon ses dires, il avait accepté consciemment cette proposition désavantageuse pour lui par charité chrétienne (mon œil, quel hypocrite), j'étais convaincu qu'il avait été réellement attiré par mon offre. N'avait-il pas gagné le double de son salaire, grâce à mes morceaux? (Il faudrait que je le lui rappelle, de temps en temps)
    Toujours est-il que là, les rôles étaient inversés. Je me retrouvais dans celui du pigeon, et ma jolie Scarlett, dans celui du négociant habile. Belle performance de sa part. J'avais en effet réellement besoin de récupérer mon instrument au plus vite. Mais il n'était pas question que je me fasse complètement avoir. Trois soirs par semaine dans une chambre au cabaret, même s'il n'y avait pas meilleure "corvée" au monde semblait-il, ça revenait vite très, très cher. Je lui attrapai la main, non pas comme lorsqu'on échange une poignée de mains pour sceller un contrat, mais en entrelaçant mes doigts aux siens, et, approchant mon visage, je lui soufflai :

    « Je suis peut-être désespéré, mais je ne suis pas Crésus. Je veux bien venir te voir tous les soirs de la semaine si c'est ce que tu souhaites, mais je te demande une remise sur tes prix – disons, moitié moins cher? » propose-je avec plein d'espoirs que je dissimulai derrière un clin d'œil confiant. « … Et j'exige une avance, pour ce soir. »

    Et, comme pour sceller le pacte – ou plutôt la convaincre de le faire – je me penchai d'avantage pour lui voler un nouveau baiser.

    « Voilà mon avance, fis-je avec un sourire mesquin. Je suis un homme d'honneur. Ramène moi mon violon, et je tiendrais parole de mon côté. »


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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Dim 25 Aoû - 1:53



    Elle piaffait littéralement d'impatience, ayant hâte de voir si son plan allait marcher. Elle l'espérait. Il ne pouvait pas en être autrement. Son  projet brillait de mille feux dans le lointain, et elle avait déjà tellement imaginé ce que ce serait, de se faire de l'argent aussi plaisamment, que le Ciel ne pouvait tout simplement pas la payer de désillusion. Ce serait trop cruel, n'est-ce pas? (quoiqu'une petite voix lui soufflait dans un coin de sa tête que le Ciel se conduisait parfois lui aussi comme une prostituée, et qu'il l'aurait bien vendue si dans un coin de sa petite tête stupide une de ses rivales l'avait souhaité, tout en promettant au Créateur de se racheter s'il l'exauçait. Elle secoua la tête, chassant ses envies de meurtre imaginaires. De toute façon, personne n'était au courant de ses manigances – encore heureux, sinon Blanche lui aurait arraché la tête pour avoir permis à Primo, déclencheur d'ennuis en puissance, d'entrer une seule fois de plus dans son cabaret chéri – et si jamais quelqu'un tentait de contrecarrer ses plans, elle jurait sur toute sa descendance de lui faire avaler ses attributs sexuels, quels qu'ils soient. Et les filles du froid tenaient toujours leur parole. La légende disait même que sa propre grand-mère avait arraché à mains nues la langue d'un gamin qui l'avait insultée dans la rue. Il fallait croire qu'elle avait déjà des antécédents – assez glorieux quoique positivement peu ragoûtants) Bref. Toujours était-il qu'elle était sur le point de réaliser les beaux projets qu'elle se faisait miroiter depuis le début de la soirée, et que par conséquent, l'échec risquait de lui retourner complètement la cervelle.

    Heureusement pour elle (et pour la tranquillité de son entourage dans les jours à venir), le jeune homme semblait plutôt réceptif, entrelaçant ses doigts entre les siens, ce qui fit sourire Scarlett. Primo avait beau se comporter comme les insupportables minets séducteurs qu'elle croisait à l'occasion dans les ruelles (les plus désagréables se permettant de la siffler et de l'affubler de quolibets qui n'avaient pas lieu de lui plaire, ce qu'ils avaient vite compris – un coup de pied bien placé n'avait jamais réjoui la gent masculine), il était amusant, et elle ne s'ennuyait pas. La soirée, qui aurait pu ressembler à toutes les autres – danse, pêche, chambre – s'avérait trépidante. Cependant, il ne fallait pas rêver : Scarlett avait des principes et était dure en affaires. Elle n'était pas sans cœur (elle avait même eu pitié, une fois, d'un pauvre gamin qui n'avait pas l'argent pour la payer autrement qu'en paniers de légumes, arrachés au jardin de ses parents, qu'il déposait en douce dans la cuisine), mais elle tenait à exercer son métier dans les règles de l'art, et il était hors de question que Primo la lui fasse à l'envers! Elle reçut son présent avec plaisir, bien qu'elle lui donnât , suite à celui-ci, une petite tape sur le nez pour le remettre à sa place.

    « Tu as déjà eu plus d'avance qu'il n'en fallait, si tu veux mon avis. »

    Elle se releva, épousseta sa robe, dont le bas était constellé de petites taches de boue (elle allait devoir se lever pour la remettre en forme demain matin, car elle ne pouvait pas se permettre de la laisser souillée, si jamais elle en avait besoin), mit ses mains sur ses hanches, toisant Primo.

    « Et si tu penses que je vais te faire des faveurs, je peux t'assurer qu'il n'en sera rien. Je n'ai pas l'habitude de faire des différences entre mes clients suivant le contenu de leur porte-monnaie. »

    Elle fit trois pas vers le cabaret (pourvu que personne ne l'appelle pour le spectacle, pourvu qu'elle ne rate pas son tour, pourvu qu'elle ait le temps de mener cette affaire à bien avant que l'on ait besoin d'elle quelque part, pourvu pourvu pourvu qui tournaient dans sa tête tandis qu'elle continuait à faire la conversation), se retourna, adressa un sourire mi-taquin, mi-sérieux à son nouveau client, le regard pétillant.

    « Ou alors, l'arrangement sera autre : je ne te donne que ton... »

    Elle s'arrêta, hésita, cherchant ses mots. Zut! Pourquoi, pourquoi fallait-il qu'elle ait un trou de mémoire pile à ce moment-là? Pourquoi le mot ne lui venait-il que dans sa langue natale alors que l'anglais lui était à présent naturel? Elle se retint de jurer tout haut. Ce genre de pratiques ne rendaient pas forcément une femme attirante. Une insulte en magyar franchit toutefois ses lèvres, chuchotée. Il fallait croire qu'on ne se refaisait pas, même si cela aurait pu être pire :  en d'autres circonstances (sans un client à recruter dans les parages), nul doute qu'elle aurait juré comme un charretier.

    Elle esquissa un geste désinvolte de la main pour cacher l'agacement que lui causait ce problème de langage.

    « Ton bâton qui va avec ton instrument maintenant, et le violon en lui-même quand j'estime que tu me l'auras assez payé. »

    Elle lui adressa un sourire radieux, haussa les épaules.

    « Évidemment, si tu en as besoin tout de suite c'est embêtant. Mais tu peux choisir. Je suis une bonne fille après tout, chéri. »

    Sans le quitter des yeux, elle s'approcha d'une fenêtre, se mit sur la pointe des pieds pour regarder à l'intérieur, revint vers lui. Moqueuse, elle se saisit de sa main, entrelaça les doigts comme il l'avait fait auparavant, et le regarda dans les yeux en haussant les sourcils.

    « Il faut me dire avant que j'aille danser. Pour savoir ce que je te rapporte sous mes jupons. »

    Elle posa sa main sur celle de Primo, l'emprisonnant entre les siennes, y déposa un baiser.

    « Dans tous les cas, ta soirée est déjà réservée. »

    Oh non, elle ne le lâcherai pas. Elle n'était pas assez folle pour abandonner maintenant. Même si sa danse approchait, elle avait encore un peu de temps avant que Blanche ne se précipite, furieuse, à sa recherche. Elle se sentait un peu excitée, comme une petite fille à l'approche de son anniversaire. Elle leva un instant la tête vers le ciel.

    Ce n'était vraiment pas sérieux, pour une femme de son âge.

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Primo

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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Lun 30 Sep - 1:11


    Ainsi que je m'y attendais, Scarlett m'envoya paître. Comme pour me réprimander, elle me donna une tape sur le nez – mais il ne fallait pas se leurrer, je savais déjà qu'elle était dingue de moi. Si elle  n'était pas une femme facile, cela ne voulait pas dire qu'elle ne finirait pas par céder un jour sur ses prix, même si elle avançait le contraire en se relevant. Après tout, au rythme de trois fois par semaine, autant avouer que c'était comme s'ils avaient une liaison. Pourquoi faire payer la volupté à un couple?
    Époussetant ses nombreux jupons, appuyant une main habile sur la courbe gracieuse de sa hanche, Scarlett fit quelques pas en direction de la porte du cabaret, son déhanché accompagné d'un parfum sucré.
    A cet instant précis, Primo se promis de devenir un jour l'amant de Scarlett, et non plus un simple client.
    Comme emporté dans un élan passionné – et il s'imaginait quoi, le dadais? « Fuyons, ma douce, vers d'autres horizons où nous vivrons d'amour et d'eau fraîche! »? Primo, razza di imbecille! – je me levai, dans l'intention de retenir Scarlett. Pourquoi faire? Aucune idée. Trouver une chambre pour nous deux immédiatement, peut-être.
    Mais je vis Scarlett chercher soudainement ses mots. « Je ne te donne que ton... » Ton quoi? Ton dû? Ton baiser? Ton... oh mon Dieu, Scarlett cherchait-elle le mot élégant pour parler de l'acte? Ce qui ressemblait à un juron passa ses lèvres, sous la forme d'un murmure dans une autre langue qui m'était complètement inconnue – pas la peine de s'énerver pour si peu chérie, voyons, ces choses pouvaient rester sous silence. D'ailleurs, cela valait mieux en principe (lorsqu'on était sobre du moins), histoire que la sensualité ne tombe pas dans la vulgarité crue. Romantisme d'Italien oblige.
    Elle fit un geste agacé :

    « Ton bâton qui va avec ton instrument maintenant, et le violon en lui-même quand j'estime que tu me l'auras assez payé. »

    Ah. L'archet. Je me faisais encore des idées, en fait.

    « Évidemment, si tu en as besoin tout de suite c'est embêtant. Mais tu peux choisir. Je suis une bonne fille après tout, chéri. »

    Oui, effectivement, c'était embêtant. La chose ne m'aurait pas dérangé, habituellement, mais avoir un concert le lendemain changeait la donne, et je ne pouvais me permettre de laisser mon violon ici pour profiter de quelques réductions. Tant pis, je payerai plein pot ce soir – je me débrouillerai bien la prochaine fois pour éviter l'addition, pensais-je en observant distraitement Scarlett regarder par la fenêtre du cabaret. Elle revint vers moi, taquine, pour me prendre la main comme je l'avais fait auparavant.

    « Il faut me dire avant que j'aille danser. Pour savoir ce que je te rapporte sous mes jupons. Dans tous les cas, ta soirée est déjà réservée. » ajouta-t-elle en déposant un baiser sur mes doigts prisonniers.

    Son air moqueur me donna envie de répondre sur le même ton :

    « Ce qu'il y a actuellement sous tes jupons me suffirait amplement. Mais naturellement, mon violon et l'archet qui va avec ne seraient pas de trop dans tes bagages. »

    Même si fier de moi, j'espérai tout de même qu'elle ne m'écraserait pas le pied pour ces sous-entendus. Si elle était un peu susceptible... Mais Scarlett semblait allègre en toutes circonstances, depuis tout à l'heure – et pourtant j'aurais eu raison de la patience de bien des personnes en si peu de temps. Je m'étais d'abord introduit dans sa loge, malgré l'interdiction formelle, alors qu'elle était en train de se changer ; j'avais fait tomber toute une caisse de son étagère en fouillant à la recherche de mon violon, provoquant le désordre de la pièce et la casse de plusieurs objets ; et pour finir, j'avais provoqué une bagarre et m'étais fait jeter dehors à grands coups de pieds. Mais elle revenait tout de même vers moi réitérer sa proposition. Aucun doute, elle devait vraiment beaucoup m'apprécier.

    Je l'attrapai une fois encore par la taille, l'approchant de moi pour lui glisser à l'oreille :

    « Et j'espère qu'il y a bien plus que ma soirée de réservée avec toi, Scarlett. »

    Mais ce n'était pas un espoir, pas plus qu'un souhait : c'était un désir bien ancré qui ne manquerait pas d'être exaucé, quand Scarlett serait à Primo, et rien qu'à lui.

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Scarlett
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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Mer 5 Mar - 1:44


    L'archet. Elle étouffa un autre juron quand l'autre lui rafraichit la mémoire. Comment pouvait-elle être aussi stupide? Elle avait beaucoup moins de classe si elle oubliait la moitié des mots ! C'était encore un coup du Seigneur. Quel enfoiré celui-là. Il en profitait bien, pour se venger de ses blasphèmes quand elle avait le dos tourné. Mais enfin, Dieu tout-puissant, si elle jurait en son nom et le prenait à témoin de toutes ses malchances c'est bien qu'elle croyait en lui non? Alors s'il pouvait arrêter de lui chercher des noises à elle, aussi innocente que le bébé en train de naître – non, même pas encore né – cela l'arrangerait. Elle savait bien que son métier n'était pas très bien vu par les autorités du très-Haut, mais il fallait bien donner du bonheur aux gens comme on pouvait, ma bonne Dame – ou mon bon monsieur, a priori le vieux tapait davantage dans le masculin que le féminin, même s'il avait la perruque bien longue pour un homme convenable. Bref. Un petit coup de pouce n'était jamais de refus. Elle se fendrait même d'une petite prière s'il le fallait. Ou d'une sortie à l'église, même si cela signifiait essuyer les regards mécontents de toutes les commères du quartier (elles pouvaient pas se contenter de la révolution pour cracher et lui fiche la paix celles-là, hein?). Enfin, la dernière fois elle s'était bien amusée à leur envoyer de l'eau du bénitier dans la tronche, mais ce n'était pas une raison. Ou à voir leur expression surprise en ne trouvant pas la page du missel appropriée – cela valait bien le coup de passer une partie de la nuit dans le froid à arracher quelques pages, que Dieu lui pardonne. La prochaine fois que les décrépies lui cassaient les pieds, elle envisageait d'accrocher de gentils mots obscènes sur quelques bancs, histoire de voir leur tête. Il faudrait qu'elle y réfléchisse. Et elle dirait une dizaine d'Ave Maria pour se faire absoudre de ce péché avant même de le commettre. Il ne fallait négliger aucune précaution lorsque l'on touchait à des choses aussi sacrées que la religion des bobonnes, cela allait sans dire.

    Elle éclata d'un rire ravi en entendant les sous-entendus de Primo. Au moins, il osait, et cela avait le mérite d'être un minimum séduisant, jeunesse aidant. Pas comme tous ces vieux qui se risquaient à des commentaires salaces pendant l'acte, ce qui n'était rien moins que ragoutant. Heureusement qu'elle avait assez d'entrainement pour ne pas vomir dans ses bas en entendant de telles horreurs. Heureusement qu'il avait de la monnaie à la clef pour réparer son honneur bafoué. Et heureusement que cela alimentait les conversations au cabaret. Ce genre d'épisodes, à mi-chemin entre le répugnant et le ridicule, avait au moins le mérite de soulager en provoquant quelques éclats de rire le soir, quand on racontait en cercle les pires anecdotes possibles avec les filles du cabaret. Garder ce genre de choses pour soi devait être bien triste. Il y avait du bon à travailler en groupe. On partageait. Les bons moments comme les mauvais, même si on se tirait parfois dans les pattes pour survivre. Scarlett se demanda si elle resterait ainsi jusqu'à sa mort, mais la perspective l'effraya. L'atmosphère de solitude et de tristesse que cela impliquait la fit frémir et elle préféra oublier. Les dernières secondes de son rire se perdirent dans le froid.

    « C'est pas bien élégant ce que tu racontes, mon mignon. T'y mets les formes mais ça revient un peu au même, non? »

    Cela lui plaisait quand même. Primo, à défaut d'être très futé, était au moins divertissant – et lucratif, elle ne devait pas l'oublier. Il lui avait d'ailleurs donné sa réponse, et elle en était bien aise. Enfin ses projets, bricolés un peu à la va-vite au cours de la soirée, atteignaient leur but. Un bon tas d'argent miroita devant elle et elle imagina déjà ce qu'elle allait en faire. Mais tandis que de jolies robes (la dorée qu'elle avait vue l'autre jour était décidément très voyante, mais elle était si mignonne. Elle était sûre d'attirer l'intention avec ça, et elle aimait tellement attirer l'intention et les hommes étaient si contents quand elle disait s'habiller de cette manière pour eux. Cela aurait été un crime de délaisser une petite merveille de ce genre, Dieu lui en était témoin. D'ailleurs, nul doute qu'il avait mis Primo sur sa route pour qu'elle puisse se payer cette petite merveille. C'était un signe du Ciel, tout ça tout ça. Le Seigneur était parfois si compréhensif. Une vraie copine) se déployaient devant elle comme des rideaux de velours, à l'image de ceux qu'elle avait vus une fois, au théâtre, elle se sentit attrapée par la taille, tirée en avant, et elle se retrouva contre Primo, dans une intimité qui était rien moins qu'innocente. Tout naturellement, sa main se posa sur son bras pendant qu'elle écoutait, puis le repoussa d'une tape, prenant ses airs de grande dame de la rue, comme les appelait Blanche, qui aimait à se moquer d'elle. Elle haussa un sourcil, croisa les bras, se pencha légèrement en avant.

    « Ça petit, ça dépend de ce que tu as dans les poches. L'avenir te le dira, mais sache que Scarlett est très demandée. »

    Une petite once de fierté perça dans sa voix, et elle pointa le bâtiment du menton. « Les femmes d'un seul homme, ça n'existe pas ici. »

    Elle se rapprocha doucement de lui, attrapa son col, le rapprocha d'elle.

    « Mais si jamais tu en as les moyens, je réserverais tout mon temps, rien que pour toi, avec grand plaisir. »

    Un rapide clin d'œil agita sa paupière, sa main lâcha la chemise, descendit jusqu'au torse et le tapota gentiment.

    « Bon, j'te le ramène enfin, ton flutiau? On va dire, je vais danser, et ensuite je reviens te voir? Attrape pas la mort, faut que tu sois en forme pour la suite, n'est-ce pas? »

    Elle eut envie de conclure d'un baiser, mais se retint. Si on donnait trop tout de suite, la faim pour la suite en était diminuée. Et tout le monde savait qu'on n'attrapait pas les mouches avec du vinaigre.
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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Lun 19 Mai - 17:07

Kogan - Saint-Saëns - Rondo Capriccioso ♪

Bien sûr, que Primo y mettait les formes. C'était là toute la base de la séduction – dire « Tu as de beaux yeux » plutôt que « Tu es sacrément bien roulée » ; dire « Je voudrais qu'on apprenne à se connaître » plutôt que « Je voudrais bien coucher avec toi, là, tout de suite » ; ou dire « J'aimerai ajouter de la magie à cette nuit » plutôt que « Et si on essayait de nouvelles positions ? ». Ça faisait parti du jeu. Pourquoi parler franchement ? Pour passer pour un goujat et se prendre une gifle ? Les femmes aimaient les sous-entendus pour les interpréter comme elles l'entendaient, pour les accepter ou les ignorer – ou faire semblant de les ignorer, le temps qu'elles décident si oui ou non le prétendant est assez bien pour elles. Bien souvent, elles jouent les grandes dames vertueuses, et attendent juste que l'homme insiste un peu. Ça aussi, ça faisait parti du jeu.
Scarlett me repoussa justement une fois de plus. Bras croisés, elle me toisa avec fierté :

« Ça petit, ça dépend de ce que tu as dans les poches. L'avenir te le dira, mais sache que Scarlett est très demandée. Les femmes d'un seul homme, ça n'existe pas ici. »

Cela ne m'étonnait pas que ma Scarlett soit la diva de la maison. Encore une fois, c'était la preuve de mon bon goût en matière de femmes. Alors bon, cela ne me dérangeait pas de partager pour le moment. Il y avait peut-être même d'autres hommes en lice pour tenter de gagner Scarlett, après tout, des hommes qui seraient arrivés avant moi et avec qui Scarlett partageait déjà trois autres soirs dans la semaine, ou bien les dimanches et les jours de fête ou que sais-je encore. Je n'en serai que plus victorieux lorsque j'attendrai mon but et que, contrairement aux autres, Scarlett ne me fera plus payer ses biens. Parce que, contrairement aux autres, moi, je ne me laisserai pas avoir – et ce serait moi qui piègerait Scarlett.
La danseuse s'approcha de moi, attrapa ma chemise pour m'attirer doucement à elle, et, d'une voix sensuelle :

« Mais si jamais tu en as les moyens, je réserverais tout mon temps, rien que pour toi, avec grand plaisir. »

Ce fut soudainement comme si mon cerveau se trouvait en manque d'oxygène et que je n'étais plus apte à réfléchir.

« Ça tombe bien, je ne t'ai pas dit, mais je vais bientôt toucher une importante somme d'argent. »

Hein ? Quand ça ?

« Alors n'oublie pas à qui tu donneras la priorité, les soirs où je serai dans la salle. »

Primo, sombre abruti, tais-toi !
Scarlett me fit un clin d'œil, tandis que sa main glissa sur mon torse. Ses paroles furent plus ou moins noyées par mon conflit intérieur – au milieu de mes pensées en ébullition, seule la phrase « Attrape pas la mort, faut que tu sois en forme pour la suite » parvint à se faire entendre. La danseuse retourna ensuite au cabaret, sans doute fière de son dernier effet sur moi, et me laissant seul avec mes pensées.
Et je restai là, comme deux ronds de flan, tandis qu'à l'intérieur du cabaret on entamait un nouveau morceau de musique. Est-ce que je venais de me faire avoir ? Je revis la scène où Scarlett m'avait attiré contre elle, tirant sur ma chemise. Oui, je m'étais fait avoir comme un bleu.
Je m'aperçus soudainement que j'avais très chaud. Aucun risque d'attraper la crève, ha ha. Je passai mes mains froides sur mes joues et mon front – calme, calme, brave garçon – histoire de me rafraîchir un peu les idées – pas que les idées, en fait.
J'étais vraiment un sacré baratineur. Et je m'étais vraiment mis dans les ennuis jusqu'au cou. Nul doute que ce que je venais de clamer haut et fort (« Je suis un riche nabab capable d'entretenir n'importe quelle femme d'un simple claquement de doigts ! ») finirait par se retourner contre moi.
… Mais bon, on en était pas encore là, non ? Suffisait de faire semblant d'être le riche nabab, le temps que Scarlett accepte de devenir mon amante. Et comme ça, c'est elle qui se fera avoir comme une débutante.
Ah oui, et comment, crétin ? En empruntant de l'argent à Alceus ?
Précisément.
… Mon propre culot m'ébahissait moi-même, parfois.
Je ricanais, un peu nerveusement au début, puis avec beaucoup plus de légèreté. Ça faisait du bien de trouver des solutions efficaces à ses problèmes.
Je m'approchais de la fenêtre un instant, pour observer rêveusement Scarlett danser sur scène. Elle était quand même sacrément mignonne, quand elle dansait.
Une fois de plus, je me félicitais d'arriver parfaitement à maîtriser la situation. Scarlett avait beau avoir un très joli déhanché, il en faudrait bien plus pour réussir à embobiner Primo !


[Hahaha pauvre petit naïf]


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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Lun 4 Aoû - 0:29

  • En même temps qu'elle dansait, Scarlett réfléchissait. Ce n'était pas possible d'être aussi vernie qu'elle ! Un peu plus, et elle aurait pensé qu'une vilaine arnaque l'attendait au tournant. Que Primo n'était après tout qu'un menteur sans vergogne qui n'attendait rien d'autre que se moquer d'elle en profitant de ses dons sans prétendre débourser un centime. Si tout cela marchait, elle aurait tellement de chance ! Un client régulier, qui présentait bien malgré la cicatrice qui s'étalait sur son visage, semblait sensible à ses charmes (ce qui était, après tout, toujours agréable à constater et flattait son ego comme au premier jour) et assez benêt pour se laisser manipuler par ses bons soins. Elle fronça légèrement le nez, avant de se rappeler qu'elle devait sourire pour l'assistance. Trop de chance. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que cela sentait le roussi. Elle chercha à chasser cette vilaine idée. Et alors ? Autant profiter de ce qui lui était offert, et on verrait bien par la suite ! Son regard se fixa un instant sur le rustre qui s'était approprié le violon du jeune homme. Elle ne se faisait aucun souci. Frustré comme il l'était, il suffirait de quelques compliments, au pire quelques promesses faciles à satisfaire, pour récupérer le bien qui lui ouvrait la voie vers une vie bien plus dorée que ce qu'elle avait eu jusqu'à présent.

    Elle se prit à rêver à la somme d'argent que Primo avait mentionnée. Elle espérait bien s'y tailler une sacrée part en récompense de ses services. Si ce qu'il avait dit était vrai, il pouvait bien venir tous les soirs que cela ne la dérangerait absolument pas. Elle avait envie de bijoux. Dorés et clinquants, qui ressortiraient à merveille sur ses robes rouges. Elle avait cassé son collier argenté il y avait de cela quelques jours, aussi. Elle brûlait de le remplacer par quelque chose de plus chic. Elle avait vu de beaux tissus de velours chez le marchand, la dernière fois. Elle avait senti un parfum très agréable sur une dame élégamment habillée l'autre jour, elle aurait bien voulu le même … Toute à ses rêveries, elle faillit se tromper sur le pas suivant et se rattrapa de justesse. Le regard de Blanche, désapprobateur, s'accrocha un instant à elle, et elle esquissa un petit sourire d'excuse tout en bougonnant intérieurement. Si l'on ne pouvait même plus penser dans cette baraque, nom de Dieu ! Ce n'était pas sa faute, tout de même, si elle avait d'autres choses à penser. La vie de princesse l'attendait. Bon, une princesse quelque peu dépenaillée et à la vertu douteuse, mais c'était mieux que rien.

    Enfin, la musique s'arrêta. Elle expédia rapidement son salut, répondit « Compte là-dessus, chéri ! » à quelques remarques graveleuses qui se dressaient sur son passage, et se dirigea directement vers l'homme qui l'intéressait, qui posait son violon en attendant la prochaine danse. Elle se campa derrière lui, mutine, la bouche câline, en attendant qu'il se retourne. Il lui décocha un regard interrogateur, elle s'appuya sur son épaule, collant sa poitrine contre son dos, lissa sa moustache du bout de ses doigts.

    « Dis-moi, tu veux me rendre un service ? »

    Le grommellement qui s'ensuivit étant assez obscur, elle se décida à continuer. Elle se mit à susurrer à son oreille.

    « Tu sais, ton violon me fait envie. »

    Elle passa une main sur la nuque de l'homme, défaisant quelques boutons au passage.

    « Tu ne veux pas me le donner ? »

    L'homme se décida enfin à prendre la parole. Sa voix râpait, désagréable à ses oreilles.

    « Qu'est-ce que j'aurais en échange ? Ce violon, ça me fait gagner ma croûte. »

    Au moins, il ne perdait pas le nord. Elle haussa les épaules, laissa échapper un petit rire.

    « Ça te dit de profiter de mes services demain ? A l'heure que tu veux. Rien que toi. Et gratuitement. Je te garantis que tu feras une affaire. »

    Elle le sentit hésiter, sa main s'égara aussi bas que la pudeur le lui permettait en public.

    « Les violons, ça se rachète. Des opportunités comme celles-là, tu en auras pas souvent. Tu pourras même revenir le lendemain, si tu le désires. »

    Enfin, elle le sentit bouger, elle vit un étui de bois se caler dans ses mains, entendit un vague « à demain » se mêler aux bruits ambiants. Elle se dépêcha de remballer le violon, le serrant contre son cœur alors qu'elle se dirigeait vers la porte pour rejoindre Primo. Blanche l'arrêta d'un œil suspicieux. Elle lui cria quelque chose à propos de l'homme moustachu qui se sentait mal et ne serait pas en mesure de continuer à jouer, rajouta que le violon était d'après lui de mauvaise qualité, et se précipita sur le perron du cabaret avant d'avoir affaire à un interrogatoire plus poussé. Restait à espérer qu'elle ait oublié l'incident d'ici la prochaine fois qu'elle se retrouverait seule avec elle. Tant pis. Sa nouvelle vie était à ce prix.

    Elle aperçut Primo près de la fenêtre, et se mit à agiter l'objet de son larcin au-dessus de sa tête.

    « J'ai rempli ma part du contrat ! J'espère que tu es prêt à honorer la tienne, petit. »

    Sur ces bonnes paroles, elle sautilla vers lui, mit entre ses mains le violon retrouvé et le tira par le bras.

    « Il est temps de passer aux choses sérieuses. »

    Elle fit trois pas, s'arrêta brusquement, puis se retourna vers lui en détachant un châle qu'elle avait jeté sur ses épaules après être descendue de scène.

    « Cache-toi avec ça, que Blanche n'ait pas encore l'idée de te foutre dehors ! Enfin, si elle vient déranger, montre ton argent, ça suffira. »

    Elle lui fourra la pièce de tissu sur la tête sans plus de cérémonie. Il y avait toujours du bruit et du mouvement à l'intérieur du cabaret à cette heure-là, personne ne ferait attention à eux. Les filles commençaient à remplir leurs offices, les hommes se retrouvaient entre eux et riaient, buvaient, ou se chamaillaient.

    Elle attrapa les deux bords du châle pour attirer le visage de Primo vers elle, posa son front contre le sien avant de se détacher brusquement avec un clin d'œil dans sa direction.

    « Je te promets une soirée inoubliable ! »

    Tout lui était propice.

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MessageSujet: Re: "Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]   Dim 17 Aoû - 16:13

  • Vraiment, Scarlett dansait sacrément bien. La lumières des bougies sur la scène lui donnait un teint doré qui allait joliment avec ses dentelles rouge sang. Quel sourire. Et quels mouvements de hanche !
    Ça y est , Primo était amoureux. Il n'en faudrait surement pas beaucoup plus à Scarlett pour l'être également. Le premier pas serait fait ce soir, le plus difficile, en plus – souvent, il faut gagner la main de la belle pour atteindre son cœur, puis son lit. Là, nous commencions par la fin. (Primo n'avait jamais aimé les conventions.) Et pour gravir les échelons en sens inverse, il me faudrait simplement m'assurer l'amour de Scarlett avant qu'elle ne découvre mon petit mensonge.
    Rien de plus facile. Quelques jours suffiraient. Je parviendrai bien à me procurer assez d'argent d'ici là. Combien me rapporterait une symphonie complète ou un opéra de plusieurs heures ? Si je suis très en verve, je pourrai l'écrire en quelques jours. Et en attendant de toucher cette coquette petite somme, je me ferai avancer par Alceus (mon plan est tellement parfait). Ou bien j'ouvrirai un compte au cabaret pour n'avoir à payer qu'à la fin – peut-on ouvrir un compte chez une prostituée comme on le fait chez un boulanger ?
    J'en étais là dans mes pensées lorsque Scarlett acheva sa danse. Un rapide salut, charmant (j'avais presque envie d'applaudir) et la belle s'éclipsa de la scène avec empressement – était-elle donc si enthousiaste à l'idée de me retrouver ? Oh, Scarlett ! (ce qu'il y a de mieux, quand on est amoureux, ce sont les transports passionnés et les envolées lyriques) Mais la traitresse courait dans les bras d'un autre. Ah, oui, j'avais oublié, pendant un instant, l'homme à cause duquel j'avais regardé le spectacle depuis la fenêtre, dans le froid (quel froid ? L'amour brûle en toi tout entier Primo, voyons !), et qui détenait toujours entre ses grosses mains calleuses mon violon si délicat. Scarlett devait d'abord récupérer mon bien, avant toute évadée romantique dans les draps. Espérons qu'elle fasse vite !
    Je soupirai en détournant les yeux – du moins, j'allais le faire, juste avant de voir Scarlett se coller à lui. Mes yeux s'écarquillèrent d'effroi. Et quand je la vis entortiller sa moustache entre ses doigts, je plaquais mes mains sur le rebord de la fenêtre avec tant de violence que les clients les plus proches se tournèrent vers la source du bruit – j'eus le réflexe de me dissimuler juste à temps.
    Bon, je me dois de rectifier finalement ce que j'avançais tout à l'heure sur mon absence de jalousie pour les autres clients de Scarlett. Il fallait absolument que je me dépêche de la priver aux autres hommes. Et en attendant d'y parvenir, je suppose qu'il faut à tout prix que j'évite ce genre de vision repoussante.
    J'éprouvais pourtant la curiosité dévorante de voir ce qui se passait – mais aussi l'affreuse envie de ne pas en voir d'avantage. La bouche toujours tordue d'horreur à la vue de ce spectacle, je m'obligeai à attendre un peu avant de regarder de nouveau par la fenêtre. Pendant ces quelques secondes de tension, des tas de questions me passèrent par la tête : Scarlett usait-elle de ces charmes chaque fois qu'elle voulait obtenir quelque chose ? Qu'allait-elle promettre à l'homme ? Devais-je me laisser pousser une moustache moi aussi ?
    N'y tenant plus, je regardai ce qui se passait dans la salle – et le regrettai aussitôt, apercevant Scarlett susurrant à l'oreille de l'horrible moustachu, et ses mains descendant trop bas pour ne pas choquer ma pudeur, même dans un lieu comme le cabaret.
    A cet instant, je souhaitais la plus horrible des morts à l'homme. Pire encore que celle que j'imaginai pour Alceus, les jours où il m'énervait.
    Enfin, je vis Scarlett se décoller de l'homme, en emportant mon violon au passage. Encore trop choqué pour éprouver un réel soulagement (enfin, si, j'étais quand même soulagé au fond), je me décollai, moi, de la fenêtre, vaguement agacé.
    J'aurai voulu afficher un air de mépris, quand Scarlett apparut sur le palier de la porte. Cependant ses quelques pas joyeux vers moi, son air victorieux lorsqu'elle me remit mon violon, m'en empêchèrent. Après tout, c'était pour moi qu'elle avait fait ça – bon, la méthode n'était pas la meilleure, mais avec ce genre de gros pervers il fallait surement bien user de ces sortes d'arguments. A son annonce, « Il est temps de passer aux choses sérieuses. », je cessai complètement de bouder.
    Je la suivais sans un mot, même pas préoccupé par ce châle de jeune fille ridiculement posé sur ma tête. J'avais mieux à penser.
    Soudainement, Scarlett m'attira à elle et posa son front contre le mien. Ce bref contact fut suivi par une de ces habituelles esquives, et un clin d'œil taquin – bientôt, bientôt, il n'y aurait plus d'esquive au contact.

    « Je te promets une soirée inoubliable ! »

    Je lui lançai un sourire éclatant : « Mais j'espère bien que nous ne nous limiterons pas à une soirée. »

    Scarlett saurait bien parvenir à me faire oublier cette horrible vision. Il faudrait cependant que je lui demande le détail de sa conversation et de ses concessions – mais plus tard.
    Il ne s'agissait pas de gâcher la volupté.

    FIN

_________________
Merci à Ruby pour l'avaaa ♥

"A l'été à la vie, au soleil et aux filles,
Je veux lever mon verre à m'en rouler par terre,
Je rejoins l’imprévu, la folie et l'ivresse"

Thomas Dutronc
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"Sparkling diamonds" [PV Scarlett !]

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