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 Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]

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Scarlett
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MessageSujet: Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]   Ven 10 Aoû - 1:28

    Scarlett releva en maugréant le bas de sa robe qui trainait dans la boue, et se décida à tenir ses jupons contre elle pour éviter qu'ils ne soient complètement foutus. Lançant un regard assassin à ceux dont le regard se dirigeait un peu trop vers ses mollets (que ce soit de manière appréciatrice ou pleine de reproche, dans les deux cas qu'on la reluque ne lui plaisait pas du tout), elle continua sa marche en tentant tant bien que mal d'éloigner ses chaussures de la boue qui maculaient la rue. Pourquoi cet endroit n'était-il pas mieux entretenu? Un jour elle allait s'enfoncer dans une flaque et se briser une cheville. Vu la chance qu'elle avait, elle le sentait venir gros comme une maison. Et elle riderait précocement parce qu'on lui enlèverait son travail (A moins qu'elle réussisse à développer un nouveau style de danse à cloche-pieds, mais elle en doutait fortement), plus aucun homme ne voudrait d'elle et elle se retrouverait en guenilles à faire la manche en demandant des pièces à des gens qui éviteraient de la regarder comme si elle avait la peste. Style un seul regard et j'attrape tes poux. Et elle mourrait de la dysenterie à trente ans (Mince, ça ne lui laissait que quatre ans à vivre, ça. Il fallait qu'elle en profite.)(Comment attrapait-on la dysenterie, d'ailleurs? Elle n'en avait aucune idée. Et c'était quoi, les symptômes de ce truc?)

    Comment en était-elle arrivée à parler de dysenterie? Ah oui, à cause de sa cheville qui s'enfonçait dans la boue de cette route mal fichue. Tout ça, c'était la faute de Blanche. Elle lui en foutrait, des costumes prêtés à la maison close pour une soirée spéciale et qu'il fallait récupérer. Et des « Scarlett, je vois que tu ne fais rien, quelle bonne idée ce serait que tu y ailles ». La prochaine fois, elle lui dirait de crever, à la vieille, et d'aller chercher ses foutus costumes toute seule. En plus, pourquoi on prêtait des trucs à une maison rivale? A ce train-là on finirait par leur filer des clients, si ça continuait! En plus, c'était glauque, là-bas. Pourquoi personne ne pouvait y aller à sa place? Ah oui. Parce que toutes celles à qui elle avait demandé semblaient avoir mieux à faire. Bande de sales petites menteuses. Elle leur ferait bouffer leurs rajouts, un de ces jours. Ça ne se mettait pas trois plombes à l'avance ces machins, enfin! Elles ne danseraient pas avant le soir. Scarlett soupira bruyamment, faisant se retourner deux personnes sur son passage. Si seulement elle avait été plus maligne, elle aussi aurait trouvé une excuse bidon pour éviter la corvée. Si la patronne ne l'avait pas prise en traitre pendant qu'elle faisait une bêtise, aussi. Elle y repenserait à deux fois avant d'aller piquer un verre d'alcool au bar, la prochaine fois. Elle n'avait même pas pu le boire,en plus. Quelle infamie. Elle était persécutée. Et sûr que, ce soir, elle devrait se taper un vieux moche bedonnant. Vu la chance qu'elle avait depuis ce matin, il y avait une chance sur deux qu'il sente d'un quelconque endroit de son corps tout flasque. Ou qu'il ait des poux. Pitié.

    Il allait vraiment falloir qu'elle arrête de penser à ce genre de choses horrifiantes, ou elle allait finir par rendre son petit-déjeuner dans un caniveau. Beurk. Arg, ça y est, elle y avait repensé. Quelle horreur. Sauve-moi, Seigneur, des immondes clients tout mous et pas beaux.

    Enfin, elle pénétra dans la maison close, déjà pleine de clients attablés attendant leur boisson, de jeunes femmes (ou moins jeunes. Sérieux, elle se sentait pas ridicule, la vieille peau peinturlurée?) et de heu. De tables et de chaises, voilà. Qu'est-ce qu'elle pouvait détester cet endroit. A chaque fois qu'elle y entrait, elle avait l'impression que toucher quelque chose lui foutrait de la crasse sur les mains pour cent cinquante ans (Raison pour laquelle elle y entrait le moins possible, sauf quand elle y était vraiment, mais alors vraiment obligée. Genre maintenant, à son grand désespoir). Bon. Où se trouvait la gentille (on pouvait toujours rêver) dame qui allait lui refiler ces foutus costumes pour qu'elle puisse se carapater d'ici en quatrième vitesse? En plus, si elle trainait trop, elle allait se faire lapider par Blanche pour être en retard pour les derniers préparatifs de la soirée. Elle n'était pas sortie de l'auberge. Ah. Ça devait être la bonne femme avec l'allure de poissonnière. Vraiment engageant. Le genre de personne à qui on donne le bon dieu sans confession (ou qu'on fuit expressément juste en voyant le bout de son nez, au choix. Et Scarlett savait très bien pour quelle option elle penchait).

    Soudain, non loin de la jeune femme aux cheveux auburn retentit un bruit de verre brisée. Juste devant elle, une jeune fille venait de faire tomber son plateau. Au vu des rires gras de la tablée, il y avait de la séduction dans l'air. La pauvre. Pas de bol pour elle, les hommes affichaient plus de ressemblances avec le croque-mitaine qu'avec un jeune éphèbe. Mais c'était le risque du métier, après tout. Si on tombait toujours sur des canons, la vie serait trop facile. Quoique Scarlett n'aurait pas craché sur un joli garçon de temps en temps. Malheureusement, cette espèce en voie de disparition n'avait pas besoin d'aller au cabaret pour trouver quelque chose à se mettre sous la dent, vu qu'ils étaient déjà bien servis en dehors, et la plupart du temps pourvus de la fiancée livrée avec le kit de l'existence honorable, dans lequel il n'y avait pas de place pour les filles de petite vertu. Quel gâchis.

    Elle vit la fille, accroupie, qui tentait de ramener les éclats de verre sur le plateau, dans l'indifférence générale. Sérieux, il n'y avait personne pour l'aider, cette gamine? … Bon, apparemment non.

    Elle crut que les yeux allaient lui sortir de la tête quand elle la vit se relever le plus normalement du monde, la jupe sur les pieds et les mains sur le plateau. En moins de trois secondes, Scarlett fut sur elle, l'obligea à redescendre vers le sol, posa le plateau et entreprit de remonter la robe sur les genoux de la jeune fille.

    « Prend ça, ordonna-t-elle en lui fourrant le jupon dans la main. Sérieux, tu vas pas te relever comme si de rien n'était, ma cocotte. Comment tu veux aguicher le chaland, sinon! Montre un peu tes gambettes, elles sont pas difformes, enfin (Elle jeta un rapide coup d'œil pour vérifier son affirmation, on ne savait jamais) Non, c'est bon. Je vais t'expliquer comment on fait, sinon tu cours à ta perte, chérie. »

    Aussitôt, elle remonta sa robe d'une main pour dévoiler légèrement ses jambes, puis saisit le plateau.

    « Voilà. Tu te relèves comme ça, et quand tu es debout, tu dis un truc idiot en souriant. N'importe lequel, on s'en fiche. Ou alors rigole juste d'un air séduisant. Ces bâtards s'en balancent de ce que tu racontes de toute façon, ils veulent juste une potiche à s'enfiler. »

    Dernier détail. Elle tapota les joues de la jeune fille (Tiens, elle était asiatique? C'était rare, par ici. Elle pouvait aisément jouer là-dessus pour attirer les hommes) et remit une mèche derrière son oreille.

    « Et souris un peu bon Dieu, t'as pas enterré toute ta famille! »

    Enfin, elle espérait que ce n'était pas le cas. Sinon elle se sentirait un peu bête. Beaucoup, même. Pitié, qu'on ne vienne pas lui pourrir le moral avec des histoires de meurtres sanglants. Il y avait déjà les clients répugnants pour ça.
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Chan Dai

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MessageSujet: Re: Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]   Mar 14 Aoû - 12:33

    On ne le mettra pas tout de suite face aux clients. En effet, d'abord les filles allaient lui raconter mille et une chose pour réussir à mettre à l'aise un homme - ou une femme, apparemment les clients peuvent être variés avec leur désir - et réveiller une certaine passion en lui. Enfin raconter ... certaines parlaient de démonstration entre elles, c'est-à-dire une qui joue le rôle de l'homme et l'autre de la femme. Rien que d'y penser, la prude Chan Dai avait envie de vomir.

    Bref, elle avait fui cette mauvaise compagnie en répondant immédiatement à l'appel à l'aide des cuisines. Elle a tenté d'aider à la confection de plats mais malheureusement le menu n'était pas dans son répertoire des capacités. Elle aurait facilement pu cuisiner des spécialités chinoises mais là ... c'était des plats dont elle n'avait jamais gouté. Elle en avait juste entendu le nom rapidement chez quelques nobles, voilà tout ...

    Par conséquent, inutile comme elle l'était, on l'a envoyé dans les salons pour servir. Elle aurait voulu se plaindre mais à quoi bon ? C'était soit ca, soit les filles qui lui disaient des choses très, très gênantes.

    Ainsi, elle déambulait entre les tables et si un client lui faisait un compliment galant ou totalement pervers, elle se taisait et continuait ses occupations. Il était certain que ca n'attirait pas des masses et qu'elle ne risquait pas de payer sa dette de si tôt mais elle ne se sentait pas capable de ... de ... de se découvrir devant de tels porcs humains ! Qu'ils soient beaux et adorables ou vieux et insupportables, quelle différence ? Elle restait juste un bout de chair à titiller à leur yeux ...

    Bref c'était dans ces pensées lugubres qu'elle fit une autre catastrophe : faire tomber le plateau et le verre. Bien sûr on rigole autour mais elle s'en fiche. Elle se relève après avoir ramasser les plus gros bouts de verre et soudain, au moment où elle s'apprêta à chercher le balai, elle sentit une main l'obliger à redescendre.

    Chan Dai regarde l'étrangère et vit en toute première vision une chevelure écarlate et un très jolie visage.

    Par contre, elle n'eut pas le temps de poser de questions ou autre car cette femme l'entraînait dans de véritables leçons de séduction contre son gré. Pitié, qu'on la laisse un peu !

    Et voilà, le rouge lui montre aux joues quand elle vit ses jambes à découvert devant ses porcs. Ensuite, elle était censée sourire ? Rigoler bêtement ? Personnellement, elle n'osait rien faire. Trop affligée d'être tombée aussi bas que montrer son corps. Si aujourd'hui c'était ses jambes, demain, ce sera quoi hein ?

    - Et souris un peu bon Dieu, t'as pas enterré toute ta famille!
    - Non, c'est elle qui m'a enterré ici.


    Et voilà, elle avait envie de pleurer maintenant mais elle refoule les larmes rapidement.

    - Et je sais que je dois appâter des gens pour quitter ce lieu au plus vite mais ... Je n'ose imaginer ces mains sur ....


    Ces inconnus allaient la toucher et les nuits se succéderont ainsi. Différents hommes ... c'était à donner la nausée !
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Scarlett
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MessageSujet: Re: Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]   Jeu 16 Aoû - 2:04

    Bon. Elle s'était peut-être un peu laissée emporter. Mais ce n'était pas de sa faute, enfin, elle faisait tout le temps ça avec les gamines qu'on leur foutait dans les pattes au cabaret! Fallait bien les élever, ces gosses. Leur montrer comment gagner l'argent, ce qu'il fallait faire, ne pas faire, quelles spécificités elles pouvaient mettre en avant, comment réagir dans les diverses situations (parfois pas très tendres, il fallait l'avouer) dans lesquelles elles pouvaient se retrouver. Et pour ça, fallait que les anciennes leur montrent. Coppélia avait beau dire que Scarlett persécutait les nouvelles (ce qui était totalement faux, elle remettait juste en place leur orgueil insolent, histoire de leur apprendre un peu la vie -et qui était le chef quand elle leur parlait, accessoirement), celle-ci mettait également un point d'honneur à tenter de les éduquer pour qu'elles parviennent à survivre dans le dur univers dans lequel elles s'étaient (ou avaient été) fourrées. Si elles ne gagnaient pas d'argent, elles ne risquaient pas de s'en sortir. Personne ne leur ferait la charité. Il fallait sortir du lot tout en se conformant aux attentes des clients pour parvenir à faire son beurre. Et pour ça, il y avait des techniques incontournables qu'elles devaient mémoriser sous l'égide des plus... expérimentées (Non, elle n'était pas vieille. Elle avait de l'activité derrière elle, point. Que celui qui soutienne le contraire finisse en enfer avec des piques à brochettes dans les fesses. Et dans le nez, histoire de faire bonne mesure).

    Toujours était-il que les réflexes de Scarlett l'avaient poussé à se jeter sur la jeune fille (inconnue au bataillon, c'était quoi son nom d'ailleurs? Se rappeler de lui demander, elle se coucherait moins bête ce soir) pour rectifier son attitude, peut-être un peu brusquement, il était vrai. Mais Scarlett n'avait jamais été bien douce, que ce soit lorsqu'elle était enfant ou quand elle avait grandi, et il était peu probable qu'elle se transforme un jour en marraine la bonne fée, avec voix sucrée, robe dorée et tout l'attirail qui allait avec (Toutefois, elle voulait bien la baguette. Transformer les gens en cochons (souvent pas très éloigné de leur esprit, cette métamorphose animale, d'ailleurs) devait être assez rigolo). Tiens, la petite asiatique rougissait. Scarlett se retint de lever les yeux au ciel. Ah oui. Apparemment, il fallait tout reprendre du début si elle n'avait même pas l'habitude de montrer ses mollets. Il était même possible qu'elle soit vierge. La pauvre. Elle n'était certainement pas au bout de ses peines. Et avec le rouge aux joues, elle ressemblait de plus en plus à une charmante princesse dans un donjon. Style j'attends mon prince et il m'emmènera sur mon cheval blanc un jour prochain. Pour un peu que cet imbécile de prince existe quelque part, évidemment, sinon la petite pouvait l'attendre longtemps.

    Mais qu'est-ce qu'elle racontait? Il était évident que les princes, ça n'existait pas! (Enfin si, mais apparemment, quand ils existaient, la mode était plutôt au gros sadique sanguinaire, meurtre royal, on s'arrange je tue mon père si tu tues ma tante, et patati patata. Il faisait bon vivre dans un château. On était limite mieux au bordel, finalement).

    Et dans tous les cas, il n'était pas venu chercher la jeune femme. Avec horreur, elle vit ses yeux devenir humides, puis les larmes disparaître quand elle évoqua sa famille. Pitié, tout mais pas ça! Elle détestait les scènes tragiques. Non seulement ça lui filait un cafard monstre (après, elle devait soit monter sur scène à toute blinde soit vider trois verres de suite pour récupérer) mais en plus, elle finissait toujours par se sentir coupable. Quelque part, et bien qu'elle répugne à l'avouer, elle trouvait ça triste de ne rien pouvoir faire pour aider les gens qu'elle surprenait dans le malheur. Et dans ce cas précis, la famille de la gamine avait l'air d'être un ramassis de beaux salauds comme on en rencontrait de temps en temps. Le genre qui auraient mieux fait de mourir égorgés dans un fossé. Malheureusement, dans les lieux de débauche qu'étaient le cabaret et la maison close, on entendait souvent des histoires du même genre, de sombres contes à propos d'achats humains et d'enfants illégitimes, d'héritages et de meurtres crapuleux. Tout un poème. Il était parfois préférable d'ignorer pourquoi les gens atterrissaient là. Enfin, en tout cas, quand Scarlett parvenait à réfréner sa curiosité, elle avait rarement envie de l'apprendre.

    Sans trop savoir quoi faire, elle tapota la tête de la gamine, passant sa main dans ses longs cheveux pendant quelques instants.

    « Ah oui. Y a beaucoup de filles à qui ça arrive, par ici. C'est pas très correct de leur part, à ces saligauds. »

    Sans blague?

    Elle fronça les sourcils et posa ses mains sur ses hanches en entendant les scrupules de l'inconnue.

    « Tu y arriveras pas comme ça, chérie. Les hommes, va falloir t'y habituer, ou tu sortiras jamais d'ici. Si t'as de la chance, tu trouveras peut-être un gentil gars qui voudra t'épouser et qui te rachèteras, mais compte pas trop là-dessus. La plupart ne sont que des cochons qui cherchent juste à tirer leur coup. Et en général, c'est pas beau à voir. »

    Elle hésita à mimer les poils qui débordaient des chemises, puis se dit qu'elle se montrait peut-être un peu crue, pour une nouvelle arrivante. Elle haussa les épaules. Tant pis. Après tout, il allait bien falloir qu'elle se fasse à cette ambiance pour arriver à se débrouiller toute seule.

    « Écoute, petite, c'est quoi ton nom? Et le vrai hein, je m'en contrebalance comme de ma première jarretelle qu'on t'appelle Ruban, Pluie d'automne ou je ne sais quoi. »

    C'était quoi cette mode de donner des surnoms aux prostituées, d'abord? Elle voulait bien que ce soit mignon (Enfin, de temps en temps. Elle avait tendance à être un peu moins tranchée depuis qu'elle était tombée nez à nez avec une bonne femme rougeaude qui se faisait appeler Violette. D'accord, Violette c'était mignon. Mais elle s'était imaginée une gentille fille un peu timide, aux cheveux bruns et aux yeux tout doux. Pas cette espèce de colosse engoncée dans sa robe à la couleur douteuse. Ce jour-là, elle s'était vraiment dit que les noms de scène faisaient parfois un peu tromperie sur la marchandise), mais quand même. Elle n'avait pas changé son prénom, elle! (Enfin, si elle ne l'avait pas fait c'était parce qu'il ressemblait déjà à un surnom, mais techniquement c'était le sien).

    Ah. Il était peut-être temps qu'elle se relève vraiment, d'ailleurs. On allait finir par se demander ce qu'elles foutaient toutes les deux par terre.
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Chan Dai

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MessageSujet: Re: Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]   Jeu 30 Aoû - 2:49

La main de cette femme étrange tapota le crâne de Chan Dai et cette dernière l'observa, ne comprenant pas le sens de ce geste presque "amical". En effet, ce n'était pas une agression comme toute à l'heure ou quelque chose d'embarrassant. Finalement, elle savait faire des choses simples aussi !

- Ah oui. Y a beaucoup de filles à qui ça arrive, par ici. C'est pas très correct de leur part, à ces saligauds.

Non, ce n'était pas correct du tout de la part de son père de la vendre de cette manière à cette maison close. N'avait-il donc aucun sens de la loyauté ni une once d'amour pour sa fille ou alors un peu de fierté ? Ne désirait-il pas garder l'honneur de la famille en épargnant à sa fille cette misérable situation ? Non ! Il a préféré la vendre comme du bétail et la laisser là pour aller vivre ailleurs, prospérer ailleurs et fonder une autre famille qui sait. Elle espérait juste que cette femme le ridiculise et le ruine au point de le jeter à la rue à la fin ! C'était une fin qu'il méritait amplement.

Encore, si elle avait été une femme aguicheuse, elle aurait peut-être réussi et une telle vente aurait pu "porter" ses fruits d'une certaine manière mais Chan Dai n'en était pas une ! Elle avait trop de pudeur et trop de scrupule encore ! Même cette inconnue qui l'appelait "Chérie" lui signalait que ce n'était pas ainsi qu'elle allait sortir d'ici de si tôt, à moins de trouver un bon client qui voudrait la prendre pour épouse. Il faudrait un miracle pour que son fiancé réapparaisse fortuné au pas de cette porte ! ET elle n'avait personne d'autre de fortuné dans son entourage !

Allait-elle donc être "le coup d'un soir" de tous ces hommes ? Bon sang ... Elle allait écarter les cuisses tous les soirs pour des inconnus parfaits ? ! Quelle horreur et rien que d'y penser, elle voulait pleurer ...

- Écoute, petite, c'est quoi ton nom? Et le vrai hein, je m'en contrebalance comme de ma première jarretelle qu'on t'appelle Ruban, Pluie d'automne ou je ne sais quoi. »
- Chan Dai. C'est mon prénom.

Elle ne voulait pas donner son nom de famille. Elle voulait totalement le renier ! Cela lui rappelait juste douloureusement qu'elle est la fille de cet honteux homme que fut son père.

Enfin, la Chinoise se releva en essayant de faire les mêmes gestes que la rousse mais elle n'avait pas assez soulevé. Sa main s'était crispée sur sa robe et impossible de remonter autant que l'avait montré cette inconnue. C'était juste au dessus de ses forces.

- Et vous ... vous vous appelez comment ? Etes-vous ... cliente ou une employée ?Je suis encore nouvelle ici ... donc je ne connais pas tout. Pas encore.


Mais ca ne serait tarder !
Elle était encore nouvelle ici et des employés ,ca venait de partout un peu. Entre celles qui ont passés un petit séjour chez des clients ou d'autres - cuisinière, femme de ménage - qui avaient pris des congés pour maladie ou décès de parents très proches ... c'était difficile de savoir qui il y avait exactement ici.

- Pourquoi me donner des conseils d'ailleurs ? Etes vous un sorte de professeur dans la maison ?


Voilà ce qui la choquait la plus dans cette inconnue : elle s'était tout de suite mêlée au fait et geste de Chan Dai alors que les autres filles de la maison avaient tendances à rester dans le théorique.
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Scarlett
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MessageSujet: Re: Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]   Ven 7 Sep - 0:24

    Elle était juste venue chercher des bêtes costumes, et elle n'attendait que de se carapater de ce lieu étouffant. Elle allait mettre le moins de temps possible et rentrer voir Blanche en lui disant qu'elle n'était qu'une égoïste qui l'envoyait faire le sale boulot alors qu'elle était vraiment très très fatiguée et qu'elle devait danser le soir et que oh, quelle méchante patronne tu es pour oser me faire ça à moi, une de tes plus vieilles danseuses qui assure tes revenus avec douceur et gentillesse.

    Enfin, ça, c'était ce qu'elle se disait il y a cinq minutes. Mais Scarlett avait toujours eu tendance à se mêler de ce qui ne la regardait absolument pas. Ou plutôt, elle était impulsive, et se retrouver embarquée dans des situations qu'elle n'avait pas prévues (situations en général légèrement embêtantes, parce qu'elle mettait rarement son nez dans des altercations qui respiraient la joie et la bonne humeur, c'était tellement plus drôle de se retrouver dans les ennuis jusqu'au cou) était son lot quotidien. Qu'il s'agisse d'aller acheter un nouveau stock de bouteilles parce qu'elle avait demandé au mauvais moment qu'elle était la raison de la discussion houleuse qu'elle percevait entre Blanche et son fournisseur, discute problèmes sentimentaux et métaphysiques avec sa voisine de chambre fraichement arrivée parce qu'elle avait entendu celle-ci pleurer dans le couloir, ou insulte copieusement deux ou trois personnes en percevant quelques termes dans un dialogue chez le boulanger qui, mis ensemble, ne lui plaisaient nullement. Certains de ces moments improvisés étaient source de bonheur. D'autres resteraient gravés dans sa mémoire comme autant d'instants dont elle aurait préféré ne pas se souvenir. Tout dépendait du commencement, et surtout, de la manière dont tout ce joyeux (ou calamiteux) bordel évoluait au fil du temps (et des remarques plus ou moins suicidaires de Scarlett. Par exemple, dire à la jeune voisine que tomber amoureuse d'un de ces clients n'était pas forcément une bonne chose lui avait semblé une bonne idée jusqu'à ce qu'elle voit de quel client elle parlait, s'exclame qu'il était bedonnant et avait des gazes, et que la jeune voisine en question lui lance une bougie à la tête en lui hurlant de partir et d'arrêter de bafouer son amour déçu -Scarlett pensait que c'était plutôt son orgueil qui aurait dû en prendre un coup dans l'affaire. Elle n'avait vraiment pas trouvé mieux?) Bref. L'impulsivité de Scarlett avait tendance à la mettre dans des situations inextricables sur le moment. Heureusement, elle finissait toujours par s'en sortir grâce à sa répartie (Langue de vipère, comme le disait Blanche, cette immonde médisante qui ferait mieux de la remercier à genoux pour tous les services qu'elle lui rendait) et à un ou deux coups de talons bien placés si c'était nécessaire.

    En l'occurrence, son caractère indiscipliné l'avait aujourd'hui conduite droit vers les jupes de Chan Dai (C'était le cas de le dire), prostituée de son état. Pour une raison inconnue, sur le coup, elle avait trouvé que se jeter sur elle pour lui dire comment séduire les hommes était une bonne idée. C'était peut-être l'instinct maternel qui se métamorphosait chez elle en désir d'aider les plus jeunes tombées dans le monde un peu spécial du cabaret et de la maison close? (Enfin, surtout le cabaret, mais apparemment, elle venait d'élargir ses services à la maison concurrente pour une petite asiatique -son prénom confirmait bien ce qu'indiquait son visage d'ailleurs. Celui-ci n'avait pas du tout des consonances anglaises, et évoquait parfaitement ce que Scarlett imaginait comme une vaste étendue toute jaune parsemée de palais aux toits biscornus et de petits hommes aux chapeaux pointus. Un peu d'idées reçues n'avait jamais tué personne. Même si Chan Dai n'avait pas de chapeau). Toujours était-il qu'elle n'avait pas réfléchi avant de se jeter sur la jeune fille. Pas étonnant que celle-ci ait eu l'air surprise. Scarlett l'avait elle-même été lorsqu'elle s'était rendu compte qu'elle était encore en train de faire quelque chose qu'elle n'avait nullement eu l'intention de faire trente secondes auparavant. Même si l'idée lui semblait moralement juste (pour le cas où elle aurait eu une quelconque morale, ce qui était encore à prouver), si elle avait réfléchi (ce qui, elle le reconnaissait, ne lui arrivait pas souvent, ayant davantage l'habitude de réfléchir après avoir agi et non le contraire), nul doute qu'elle se serait dit qu'elle n'avait pas de raison d'aider une gamine de la maison close, avec lequel le cabaret menait une guerre sans fin. Bon, elle aurait peut-être eu pitié de la petite. Et peut-être qu'au final elle lui aurait sauté dessus de la même façon. Mais au moins elle aurait réfléchi avant de le faire. Ce qui, une fois de plus, n'était pas le cas. O routine.

    Elle tiqua quand Chan Dai lui demanda si elle était cliente ou employée. Elle n'était ni l'une ni l'autre. Elle était une squatteuse qui, une fois de plus, se mêlait de ce qui n'était pas ses affaires, dans un lieu où elle aurait préféré ne pas mettre les pieds. Employée, elle l'était à côté. Et cliente, elle n'avait jamais pensé à l'être. Elle était payée pour satisfaire les autres, les parties de jambes en l'air constituaient déjà la moitié de son travail, et elle ne gaspillerait pas son argent pour payer des gens qui faisaient le même métier qu'elle. Elle voyait déjà assez d'appareils génitaux dans la même journée, merci bien. Elle frisait l'overdose, alors autant ne pas tenter le diable en passant de l'autre côté de la barrière.

    Et quand la jeune fille lui demanda pourquoi elle lui donnait des conseils, elle se retrouva encore plus bête. Elle n'en savait rien elle-même. La réponse la plus proche de la réalité était que cela avait été une sorte de réflexe. Un bête réflexe qui lui avait rappelé les petites dont elle s'occupait au cabaret et l'avait poussé à s'agenouiller près de Chan Dai, qui ne semblait pas bien dégourdie (ou du moins, pas vraiment familiarisée avec son nouvel environnement), pour lui seriner les conseils dont elle rabattait les oreilles des nouvelles.

    Scarlett soupira en secouant la tête quand elle vit que son interlocutrice n'osait pas remonter sa robe, mais ne dit rien. Elle pensa que oui, elle finirait par connaître les secrets de la profession, comme toutes les autres. Mais cela risquait de ne pas beaucoup lui plaire.

    « Moi, c'est Scarlett. Je travaille pas loin, au cabaret. Mais pas ici. »

    Surtout pas ici. Dans cette ambiance poisseuse qu'elle détestait.

    « Comme je m'occupe des petites nouvelles de là-bas, un peu, parce que bon, y en a qui nous arrivent on dirait qu'elles ont jamais vu des hommes, à croire qu'elles ont passé leur vie dans un cloitre à faire du point de croix, et que t'avais l'air d'un peu galérer, je me suis dit que tu avais sûrement besoin d'aide. Et de beaucoup. Parce que si t'arrives même pas à soulever ta jupe, j'imagine pas quand ils te colleront un crasseux frustré entre les pattes. »

    Charmant tableau. Il fallait qu'elle s'enlève tout de suite cette image de la tête avant de rendre son repas dans un coin.

    Elle se releva et emmena la jeune fille un peu à l'écart de la table où picolaient encore les gros tas qui servaient habituellement de clients dans les lieux de plaisir, puis regarda Chan Dai de haut en bas, la jaugeant comme on le ferait d'un joli vêtement avant de le commander.

    « Tu as beaucoup d'atouts. Les asiatiques sont rares par ici, et ça attirera du monde si tu sais jouer sur ton physique. »

    Scarlett prit une mèche de la chevelure de Chan Dai entre ses doigts. Ils étaient beaux et lisses. Parfait. Sa voix se fit plus basse.

    « Tu ne dois pas avoir peur. »

    Elle n'osa pas ajouter « On est pas toutes passées par là », mais il lui sembla que la phrase résonnait dans les mots qu'elle venait de prononcer.


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Chan Dai

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MessageSujet: Re: Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]   Dim 16 Sep - 21:00

Elle disait qu'elle s'appelait Scarlett. C'était un bien étrange prénom et elle se demandait si ce n'était pas plutôt un surnom - comme ce surnom désuet qu'on lui avait collé à la figure, "Miel" - . Enfin, elle n'allait pas se plaindre, au moins quand elle devra passer à l'acte, elle oubliera qu'elle avait été une jeune fille innocente, pure, chaste et volontaire par le passé, qui pensait qu'un tel acte ne pouvait que se produire avec un mariage officiel et légal. Non non, il fallait qu'elle oublie cette Chan Dai pleine d'honneurs et rapidement sinon elle n'allait jamais s'en sortir vivante d'ici. Il fallait changer ... et commencer par le prénom.

Scarlett ... Scarlett, ... cela voulait dire quelque chose non ?

Enfin, elle était comme Chan Dai au final : les deux travaillaient dans des établissements douteux. Chan Dai était coltinée dans une maison close de luxe où elle aurait des difficultés pour fuir et Scarlett appartenait au cabaret. Peut-être vivait-elle mieux là bas, sans avoir à utiliser son corps? Quelle belle utopie tout de même ...

Ensuite elle parla des nouvelles et la manière dont elle peint le tableau fit rougir Chan Dai. Non, elle n'avait jamais vu un homme nu de sa vie et non elle ne s'était pas beaucoup dévergondée, étant une fille obéissante et une écrivaine audacieuse pour ses critiques contre les princes - critiques passées inaperçues la plupart - . Par contre l'exemple de fin avec le frustré crasseux rendit Chan Dai complètement blanche.

Elle essayait de ne pas penser à cette soirée un maximum et cette femme ne l'aidait pas à oublier cette horrible étape à traverser ! Si c'était vraiment un homme crasseux, des dents jaunes, une haleine puante, des doigts jaunis ou noirâtres, des rides partout pour bien accentuer son âge déjà bien avancé, ou un genre qui n'avait pas vu de femmes depuis un bail et qui allait "évacuer" toute sa frustration sans prendre soin d'elle ?

Elle secoua la tête, l'estomac au bord des lèvres.

- Je veux pas. Pas ça.

Comment ne pas avoir peur quand on lui donne un tel exemple hein ? Elle était complètement terrorisée maintenant.

- J'aurais ... préféré être née moche, immonde que d'avoir ces atouts.

Ces atouts dont elle s'enorgueillit tous les jours disant qu'elle ressemblait à sa mère, maintenant elle maudissait le tout ! Si elle n'avait pas été aussi jolie, elle aurait fait un petit travail de laveuse non ou quelque chose de ce type ? Un métier avec honneur et respect pour soi-même !

- Comment ne pas avoir peur ? Regarde leur tête ... leur manière de regarder. J'étais censée me marier ! J'étais censée ... destinée à autre chose. Ailleurs.

C'était effrayant. On aurait dit qu'il jaugeait un cheval, sa dextérité, sa rapidité, sa souplesse ... savoir en gros quelle fille était la meilleure. Bon sang, à cet instant, elle regrettait amèrement d'avoir retardé ses maudits fiançailles. Peut-être qu'elle n'aurait pas eu plus de sous si l'autre était déclaré ennemi, mais elle aurait pu se défendre comme défenseur de la liberté ... avoir une vie politique correcte , active ...

Malheureusement elle avait beaucoup trop rêvé comme une petite fille. IL serait temps qu'elle grandisse en effet. Par exemple accepter les faits et essayer de les tourner en son avantage.
Elle releva la tête et fixa Scarlett.

- Je dois arrêter d'être une petite fille hein ? J'ai été si stupide.

Stupide. Voilà le mot pour décrire ses actions passées.

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Scarlett
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MessageSujet: Re: Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]   Sam 22 Sep - 0:23

    Scarlett n'était pas souvent gênée. Du moins, elle ne le pensait pas, ou ne s'en rendait pas toujours compte. Elle sentait les désagréments physiques, par contre, et elle avait remarqué que plus fort elle y pensait, plus forte était l'envie de soulagement express. Ainsi, en plein milieu de l'acte sexuel avec un quelconque gus bourré pêché dans le noir du cabaret, si elle se disait qu'elle avait envie d'aller au petit coin, c'était foutu. Si elle pensait qu'avoir envie d'aller au petit coin en ce moment-même serait handicapant, c'était foutu aussi. C'était aberrant de voir à quel point la psychologie pouvait influer sur le cours des choses. Dire que cinq minutes avant elle se sentait parfaitement bien -enfin, aussi bien qu'on pouvait l'être avec un homme du poids d'un mini-cachalot affalé sur vous, ce qui, aussi étrange que cela puisse paraitre, ne figurait pas dans son palmarès des situations les plus excitantes qu'elle ait jamais vécues. Et que cinq minutes après, c'était le branle-bas le combat pour trouver un prétexte valable pour s'éclipser hors de la chambre au vu et au su de tous (enfin, surtout de l'homme étendu dans son intime proximité) et courir en bas sans se faire intercepter par un quelconque ivrogne oublié là par le service de sécurité du cabaret (Blanche, en l'occurrence, qui avait un sérieux coup de latte quand il s'agissait de défendre ses biens et ses filles -elle était pas commode, la vieille). Arrivé là, il fallait attendre que la voie soit libre. Puis remonter en évitant les mêmes embuches, pour servir une excuse toute faite au client afin que celui-ci soit satisfait dans sa vision de la femme parfaite qui lui donnait du plaisir et ne connaissait pas les bas besoins du commun des mortels. Je suis allée me remaquiller. Chercher une bouteille de vin. Oui, pour que ce soit plus amusant.

    Tu parles. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre. Et ce qu'il ne fallait pas dire, surtout.

    Il y avait aussi d'autres moments où elle était gênée, mais où là, il ne s'agissait pas de handicaps physiques. Les conversations privées, comme celle à laquelle elle participait actuellement, la mettait un peu mal à l'aise, bien qu'elle refoule ce sentiment au fond d'elle pour agir comme à son habitude, c'est-à-dire : de manière un peu tranchée, légèrement osée, voire franchement vulgaire par moments. Malheureusement, elle était ainsi, franche jusqu'à la méchanceté parfois, jusqu'au dérangeant souvent, et ne ressentant pas l'once de la culpabilité quand elle traumatisait les plus jeunes. Il fallait bien leur apprendre la vie, à ces petits. Elle ne voulait pas les choquer consciemment, mais s'ils voulaient avancer, il fallait bien leur ouvrir les yeux.

    Du moins était-ce ce que pensait Scarlett, et ses méthodes, entre conversations corsées et travaux pratiques, étaient souvent plus que contestables.

    Autant dire que sa volonté d'aider Chan Dai n'était peut-être pas l'idée du siècle. Même si elle y mettait toute la bonne volonté du monde, et commençait à avoir de l'affection pour la petite qui, avec ses doutes, ses peurs et ses dégoûts, devenait attachante à ses yeux.

    « Naitre moche, moi j'aurais pas aimé. Se faire traiter de laideron par toute une bande de bâtards impuissants à chaque fois que tu as le malheur de sortir faire des courses ne doit pas être agréable. Je préfère encore qu'on me traite de putain. Au moins je sais que si ces pendards m'insultent, c'est qu'ils ont envie de moi sans oser me toucher, et ça me fait bien rire de les imaginer avec leurs fantasmes et leurs séances en solitaire. »

    Bon, ce n'était pas toujours vrai, évidemment, mais ça faisait du bien à l'ego. Lorsque c'était des vieilles qui la prenaient pour une gourde, c'était aussi différent. Mais elle pouvait alors leur demander si leurs maris ne quémandaient pas ses services, et bien que les altercations aient tendance à partir dans tous les sens, elle se sentait un peu vengée. D'abord, ça devait être horrible de naitre difforme. Ces bouffons étaient capables de voir dans une oreille mal formée l'œuvre du malin et de te foutre à l'eau en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire histoire de voir si tu flottais. Hors, elle n'avait pas vraiment prévu de mourir jeune, encore moins de mourir noyée avec les bras attachés dans le dos, ce qui était positivement une mort horrible, quelque part aux côtés de l'étouffement et de la décapitation à la hache.

    Elle entendit la jeune fille évoquer la vie qu'elle aurait eu si elle n'avait pas eu le malheur de tomber là, dans les bas-fonds de la ville, obligée de vendre son corps alors que cela la répugnait. Scarlett regarda les filles autour d'elle, celle qui montrait ses jambes à une table, celle qui gloussait, la tête rejetée en arrière, en déployant un éventail de cartes, celle qui était assise sur les genoux d'un homme et passait ses mains dans son dos, celle qui attendait près de la porte tandis qu'un garçon s'approchait vers elle à pas de loups, peu assuré, un billet dans une main et son chapeau dans l'autre. Aucune de ces filles n'avait voulu ça, sûrement. Elles avaient dû avoir une famille, des amies, peut-être un gentil fiancé. Et au final, elles étaient toutes arrivées ici, poussées par les aléas du destin, le régime politique, une bêtise trop violemment réprimée, un désir de liberté mal tombé.

    Ici, tout était faussé. Le mariage n'avait plus cours, et les unions charnelles pullulaient à tout-va, comme des champignons.

    Scarlett sourit un peu. Oui, une petite fille ne survivrait pas ici, parmi la foule des hommes, celle des rivales qui n'hésitaient pas à piétiner pour un peu d'argent, les tenanciers qui seraient toujours derrière elle à la pousser, et vendraient sa virginité une fois qu'ils l'auraient un peu exhibé devant les acheteurs potentiels.

    C'était aussi un peu dommage, mais il n'y avait pas vraiment d'autre choix. C'était soit se faire avaler par le milieu, soit sortir le fusil et se faire une place de choix à la force de ses mains. Elle, elle avait choisi la deuxième, elle était encore là, et après tout, pas si malheureuse que ça.

    Elle posa une main sur l'épaule de la petite asiatique.

    « Il sera toujours temps de redevenir une petite fille un autre jour. »

    Peut-être, si tu as de la chance.

    « Si tu décides d'accepter, ce sera plus simple. Tu ne pourras pas t'en sortir comme tu l'espères, mais te créer une place serait déjà pas mal. »

    Elle eut un geste indifférent, une moue moqueuse.

    « Et puis les clients, tu peux te foutre d'eux, ça défoule et ça fait toujours du bien. »

    Conseil qu'elle appliquait à la lettre chaque jour que Dieu faisait, avec un plaisir et une jubilation manifestes.

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Chan Dai

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MessageSujet: Re: Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]   Jeu 11 Oct - 23:07

    Il est important de noter que Chan Dai a été éduqué dans la pure tradition asiatique autrement dit elle a reçu une éducation typique des Chinoises habitant en Chine - et non ailleurs, la nuance est là -. Pourquoi est-il nécessaire de signaler ce détail ? Eh bien la réponse à cette question va vous expliquer la tête étrange pleine d'incompréhension que Chan Dai fera au fur et à mesure du discours de Scarlett.

    Par exemple, le sujet sur les relations sexuelles était complètement tabou. Son père ne faisait référence que dans des termes très obscurs et abstraits comme "la rencontre de la pluie et de la terre' ou quelque chose du genre et son entourage n'en parlait pas des masses. ET au fur et à mesure des années, si ses amies commençaient à enchainer certains garçons, elle s'éloignait très vite quand le sujet de la sexualité avait été abordé. Autant dire elle connait que l'accouplement naturel de l'homme et de la femme et non les plaisirs tirés ou encore les différentes pratiques, solitaires ou à plusieurs. C'était carrément des choses inconnues pour la demoiselle.

    Quoique, nuance, les pratiques exotiques ou autres ont été expliqué par force des choses à la petite dame après mainte et mainte rougeur. Par contre, les plaisirs solitaires ... elle n'en avait aucune idée.
    Autant dire qu'elle regardait Scarlett avec des yeux bien bizarres sur le coup.

    Mais bon, malgré ces propos pas tout à fait compréhensibles pour Chan Dai, elle rit. Des jours qu'elle n'avait pas autant rit et elle avait oublié à quel point c'était bon. A cet instant, son visage s'illumina un peu, laissant tomber un court instant ce voile sévère empli de tristesse. Elle était redevenue cette jeune fille vive et pétillante ...

    Cette étrange dame enchaina tout de suite par la suite en lui disant qu'elle pourrait peut être retrouver sa vie passée. A ces mots, une tristesse l'emplit soudainement et ces moments de joies d'avant disparurent immédiatement.

    - Je ne suis pas d'humeur à me moquer d'eux ou plutôt, je ne sais pas comment ...

    Elle avait perdu tout son sens critique, ne se concentrant plus que sur son malheur. Certaines de la maison disaient qu'elle abusait là, d'autres disaient qu'il fallait la laisser encore le temps de prendre un peu ses marques et d'autres disaient carrément de dégager. Si elle pouvait partir ... Il y avait de la compétition en effet.

    Soudain une petite idée jaillit dans son cerveau.

    - Pourtant ... il doit y avoir un moyen de fuir d'ici non ? La patronne refuse de me dire comment mais... un mariage, un homme riche peut me sauver de là non ?


    Rêvait-elle trop ? Peut-elle appâter un homme assez riche pour la sauver de là ? Mais pour cela elle devait passer par cette épreuve nan, l'épreuve d'adaptation ? Il
    Si oui, alors elle sera la prostituée numéro 1 s'il faut de ce bordel. Elle fera réellement tout -même si cela la dégoutait - pour avoir droit à ce mécène qui la sauvera d'ici.

    - MIEL ! Viens par là ! Faut te préparer pour le grand soir ...

    Une, deux filles approchèrent et prirent Chan Dai chacune par un bras et l'emmenèrent loin de Scarlett avec un regard bien hautain. Ces femmes là se considéraient comme les meilleurs - et elles étaient réellement les meilleurs de la maisonnée - et avaient toujours cette attitude désagréable. C'était les deux qu'elle ne pouvait absolument pas supporter !

    - Mais ... je ...

    On ne l'écoutait pas.
    Il fallait la faire belle, c'est tout ce qui comptait.

    Un dernier regard vers sa femme à la chevelure flamboyante ... Elle ne pouvait rien faire après tout. elle l'avait bien fait comprendre, gentiment.



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MessageSujet: Re: Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]   Lun 12 Nov - 1:33

    Bon. Tout ceci devenait critique. En voyant les yeux de Chan Dai, elle avait bien envie de lui dire que oui, bien sûr, un péquin viendra un jour et il t'aimera très fort et il t'emmènera du lieu hautement répugnant dans lequel on t'a fourré, tu t'en sortiras avec un minimum de séquelles et tu auras des enfants (Des enfants. Comment pouvait-on vouloir des enfants, sérieusement? Ça piaillait à tout va, ça faisait grossir et une fois qu'ils étaient sortis, on ne pouvait plus faire ce qu'on voulait sans avoir un petit bout de chou dans les pattes. Auquel on pouvait difficilement refuser quoi que ce soit quand il rigolait avec les menottes dans la bouche. Bref. Les enfants, c'était dangereux. Ils vous empoisonnaient la vie et vous n'étiez pas à l'abri d'aimer ça. Bande de tortionnaires. Elle espérait ne jamais choper l'instinct maternel. C'était pire que la peste ce truc-là)

    Enfin, elle ne voulait pas s'aventurer sur les aspirations de la jeune fille. Qu'elle veuille procréer ou non n'était le sujet -c'était même un sujet un peu houleux dans ce genre d'endroits, où l'acte que la religion destinait à perpétuer la race humaine était un chouia détourné de sa pieuse vocation. En revanche, Scarlett hésitait à lui donner davantage d'espoir, au risque qu'elle en soit cruellement déçue. Il était peu probable qu'un jour, quelqu'un veuille l'emmener loin d'ici, non parce qu'elle n'était pas désirable, ou jolie, ou quoi qu'est-ce, mais parce que les hommes qui venaient ici se fichaient éperdument des sentiments qu'ils auraient éventuellement pu diriger vers les femmes qui peuplaient le bordel. Certains étaient déjà mariés, certains fiancés, d'autres célibataires, mais aucun - ou ils étaient bien rare, ces spécimens – n'envisageait réellement de séduire celle qu'ils choisissaient. Beaucoup ne parlaient pas, d'ailleurs, ne regardaient pas celles qu'ils côtoyaient pour une nuit. On en voyait qui reprenaient la même pour une deuxième nuit sans la reconnaître. Simplement parce que, contrairement aux hommes qui cherchaient une épouse – et encore, ceux-là n'étaient pas des saints, loin de là, Scarlett avait rencontré de jeunes mariées qui lui en avaient raconté de belles (c'était un des moments qui l'avait un peu consolée de ne jamais avoir eu de vrai proposition) – ils ne voyaient pas celle qu'ils avaient en face d'eux. C'était un charmant réceptacle qui avait une utilité une nuit, puis pouvait être mis de côté. Le bordel (ou le cabaret, d'ailleurs) représentait un monde à part avec lequel on ne mélangeait pas la vie du dehors. Le jour, rares étaient ceux qui s'y aventuraient. La maison close, c'était pour la nuit, c'était vaguement honteux, et les filles qui y résidaient étaient vaguement moins que des femmes. On ne se mariait pas avec elles. On les touchait, et on s'en allait pour retrouver la lumière, celle dans laquelle on oubliait ce qui venait de se passer dans l'obscurité. Passer dans le jour, c'était laisser une peau sombre derrière soi, une peau dont on n'avait pas envie de se rappeler quand venait l'aube. Alors les filles qui avaient contribué à rendre l'enveloppe un peu plus noire, on les jetait avec la lune, d'un seul cou^p, sans se retourner. C'était le quotidien des putains d'apparaitre légèrement décalées dans le jour. Et celui de leurs clients de les oublier pendant ce temps.

    C'était pour cela que Scarlett croyait moyennement à l'idée du client amoureux désirant épouser une fille de la maison. Ce n'était pas impossible, c'était très rare. Cependant, cela arrivait, et si elle répugnait à donner de fausses illusions à Chan Dai, il était juste qu'elle lui laisse une petite chance d'espérer : si elle trouvait ce jeune homme, il suffirait qu'il la rachète. A quel prix, elle n'en avait aucune idée. Mais si elle réussissait à s'attacher cette personne, si elle parvenait à le convaincre de donner son équivalent en monnaie sonnante et trébuchante à la patronne, celle-ci ne refuserait pas (oh, elle grognerait certainement, pour faire monter le prix, en disant qu'elle avait besoin de toutes ses filles, et que oh mon dieu monsieur, mais vous me mettez dans l'embarras, et patati et patata, mais en général on ne refusait pas un gros pactole qui tombait du ciel comme ça, surtout quand il suffisait de ramasser une fille dans la rue pour trouver une remplaçante) et elle sortirait d'ici, avec une situation confortable en prime – parce que si le sauveur avait l'argent pour la prendre, elle ne doutait pas qu'il aurait une fortune conséquente par-derrière.

    Elle s'apprêtait à faire part de la solution (enfin, solution, il fallait déjà l'atteindre, cette foutue solution) à la petite, quand une bande de deux bêcheuses l'interrompit pour emmener celle-ci à l'écart. Scarlett mit deux secondes à les détester, trois à avoir envie de leur en foutre une, quatre à décider que, si elle pouvait, elle en ferait tomber une dans les escaliers avant la fin de la journée.

    Elle se dit aussi que, dans l'immédiat, elle avait juste envie de les moucher. Cependant, vu la concurrence qui existait entre les deux maisons, elle n'était pas sûr que « Hé, laideron, tu es désagréable pour compenser le fait que tu n'aimes pas ta tête? » (bon, elles n'étaient pas moches, mais c'était un détail) soit une bonne entrée en matière. Pas plus que « Si tu m'ignores encore une fois comme ça je t'enfonce ton gros nez dans ta face de pouffiasse » ou « Apprend à être aimable avant d'être vieille, sinon tu crèveras seule dans un caniveau. » En fait, aucune des phrases qui lui venaient à l'esprit n'étaient recommandables si elle voulait conserver la vie sauve en faisant son rapport à Blanche tout à l'heure.

    Par conséquent, en remplacement des insultes qu'elle aurait pu proférer, elle sortit les pièces qu'elle conservait dans sa poche, les compta, décida que c'était un montant acceptable, s'avança vers les deux mégères et leur présenta son prix en les regardant de haut (elles venaient bien de le faire, quelle raison avait-elle de s'en priver?)

    « Mon prix pour avoir le droit de préparer la petite moi-même. »

    Elle n'était pas sûre du tout de réussir son coup, mais elle avait encore besoin d'un peu de temps pour parler avec la gamine. En plus, elle n'était pas convaincue que se faire martyriser par les abominables belles-sœurs juste avant de faire ses débuts était forcément la meilleure idée du monde. A ce train-là, elle finirait pas se jeter par la fenêtre. Ou par les jeter par la fenêtre, ce qui, par contre, ne serait vraiment pas un mal.

    Si le grand soir était bien ce qu'elle pensait (c'est-à-dire une savante leçon de torture pour toute jeune débutante), sans prétention aucune, elle préférait que ce soit elle qui s'occupe de Chan Dai plutôt que les deux autres. A condition qu'elle y arrive.

    Elle fit sonner les pièces dans sa main, prenant un air complice, engageant, ou toute autre expression s'en rapprochant qui pourrait éventuellement lui faire choper l'approbation publique – avec beaucoup de chance.

    « Votre patronne ne serait pas très contente que vous refusiez un peu de gain supplémentaire. »

    Bon Dieu, elle espérait que sa paye de la veille suffirait pour obtenir ce qu'elle demandait.
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Appâter le chaland en dix leçons [Chan Dai]

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