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 Un zeste de citron dans votre décoction? [Heather]

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Lord Lucien

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MessageSujet: Un zeste de citron dans votre décoction? [Heather]   Jeu 9 Aoû - 23:06

    Quand Lucien se réveilla ce matin-là, il ne trouva rien d'anormal à son envie fortement limité de s'extraire de son lit douillet. C'était comme tous les jours. Il n'avait jamais fait bien chaud dans cette chambre, et la perspective de s'extirper du cocon protecteur des draps pour aller vaquer à des occupations diverses et variées (c'est-à-dire, se bouger alors qu'il émergeait déjà difficilement) ne lui semblait guère réjouissante. Il allait devoir se mettre debout. Attendre que Lelio arrive. S'habiller. Sortir. Rien que d'y penser, le découragement l'envahissait. Il se dit qu'il aurait donné beaucoup pour ne pas avoir à sortir dans ce monde hostile et bourré de créatures malfaisantes (S'il croisait Theo dès le lever, il ne répondait plus de ses actes. Ce serait le signe que la journée allait être désastreuse, c'était sûr. Se rappeler de dire à Lelio d'éloigner ce crétin. Il risquait de nuire dangereusement à sa bonne humeur (inexistante) déjà menacée par le lever du soleil (Recouche-toi, pitié) et la brume qui envahissait sa tête).

    Dans un recoin très profond de sa conscience, il entendit le loquet de la porte claquer contre le mur, et des pas discrets s'activer dans sa chambre. Les rideaux s'ouvrirent. Une douce lumière se déposa sur le parquet, douce lumière que Lucien interpréta comme une dangereuse agression envers sa tranquillité, réagissant au quart de tour en rabattant la couverture sur sa tête, pour tenter de protéger sa somnolence déjà mise à mal par l'intrusion de l'inconnu (Même si l'inconnu en question était sûrement Lelio qui faisait le même travail tous les matins, celui qu'on lui avait assigné depuis sa rencontre avec Lucien : aller réveiller la bête sans se faire mordre). Au fur et à mesure qu'il émergeait, sa mauvaise humeur augmentait, en même temps qu'un étrange malaise qui commençait à s'insinuer dans tout son corps. Il remua légèrement pour tenter de le dissiper, changeant de position. Mais la chose n'entendait pas disparaitre de si bonne grâce et persistait, piquante, désagréable, collante. Lucien émit un grognement inintelligible pendant que Lelio déposait près de lui ce qu'il devina être le petit-déjeuner, préparé par les soins de la maisonnée pour son maitre, dans l'attente de son jugement et des sanctions qui ne tarderaient pas à tomber si les mets n'étaient pas à son goût ou ne suivaient pas son envie du jour -car oui, des domestiques devaient être capables de savoir ce qui lui ferait plaisir ou non sans qu'il l'ait explicité. C'était tout de même la moindre des choses.

    Quand Lelio l'appela en lui secoua l'épaule (Ce qui lui donna envie de taper sur sa main pour qu'il le laisse tranquille), il se releva difficilement et s'écroula sur les oreillers avec sa tête des mauvais jours, qui annonçait que la maisonnée allait entamer une période de souffrances plus ou moins longue selon le bon plaisir du chef de maison. Indifférent (Lelio avait tellement l'habitude des phases de crises de Lucien qu'il n'y prêtait plus vraiment attention), le majordome posa le plateau sur ses genoux. Et à sa grande surprise, il constata que le comte semblait répugner à toucher les aliments. Ce dernier finit par repousser le plateau.

    « Va chercher mes habits, Lelio, je n'ai pas faim.
    Quelque chose vous a-t-il déplu? »

    Lucien sembla réfléchir quelques instants.

    « Non. Je n'ai pas envie, c'est tout. »

    Lelio s'inclina, persuadé d'avoir affaire à une nouvelle lubie de son employeur. Il réfléchit à toute vitesse sur ce qui avait pu le contrarier la veille. Il y avait bien Theophil qui enchainait les commentaires désobligeants avec une facilité (et une joie) déconcertante. Victoria qui était encore partie en virée avec la calèche on ne savait où. Et la nouvelle qui avait abimé le cadre d'un tableau en le faisant tomber. Il soupira. Le mystère serait sûrement éclairci bien plus vite qu'il ne l'avait espéré, malheureusement. Lucien ne tarderait pas à leur faire part de ses réclamations.

    D'ailleurs, celui-ci commençait à se lever, avec l'intime conviction qu'il ferait mieux de rester couché. Et en effet, dès qu'il mit le pied par terre, une bouffée de chaleur lui monta à la tête et la pièce commença à tourner dangereusement. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et sous le regard exaspéré de Lelio, Lucien se laissa retomber sur le lit et enfouit sa tête dans l'oreiller.

    « Je ne me lèverai pas » bougonna-t-il.

    Subitement intrigué, Lelio, qui entassait sur une chaise les vêtements qu'il sortait de l'armoire, se rapprocha du comte, se pencha vers lui. Il avait les yeux brillants. Il enleva son gant et posa sa main sur son front, ignorant les récriminations du noble qui n'entendait pas se laisser faire et lui ordonnait non-stop de déguerpir de sa chambre au plus vite en enchainant toutes sortes de menaces (« Je te ferai nettoyer les lieux d'aisance! Je te mettrai à la porte! Si tu me touches, je met le feu à ta chambre et je te laisse griller avec! ») que Lelio se contenta de gratifier d'un soupir las. Quand on le relâcha enfin, mettant fin à cet ignoble traitement, Lucien eût un rapide sourire qui se figea instantanément quand il entendit son majordome appeler Theophil, puis lui demander d'aller chercher quelqu'un susceptible de guérir le comte, qui semblait un peu souffrant. Il n'entendit pas la réponse du garde, mais son éclat de rire méprisant lui suffit pour comprendre la substance de ses pensées et lui souhaiter de mourir trois fois sur le chemin de sa mission (la première en se faisant sauvagement écraser par une calèche, la deuxième en recevant un objet contondant sur sa tête, et la dernière massacré par des voyous). S'il l'attrapait, il lui ferait regretter ses actes. Mais pas maintenant, à en juger par le mal de tête qui l'avait pris quand il avait tenté de se relever pour expliquer à cette troupe d'abruti que non, il n'avait besoin de personne, qu'il souhaitait juste qu'on lui foute la paix et que le malaise passerait tout seul comme un grand.

    Quand la personne appelée arriva, il avait réussi tant bien que mal à s'extirper de son lit et à revêtir une chemise et un pantalon décent (car il était hors de question de recevoir qui que ce soit en pyjama) avant de s'écrouler dans un fauteuil dans lequel il se tenait tant bien que mal en espérant faire illusion. Il reconnut en la nouvelle arrivante l'apothicaire chez qui il était allé, une fois, avec une de ses connaissances. Une moue se dessina sur son visage. Sa boutique était remplie de substances et de poudres toutes plus bizarres les unes que les autres, et qui ne lui inspiraient nullement confiance. Et en plus, c'était une femme. A quoi donc pensait Theophil en la ramenant ici, bon dieu?

    « Je suis désolé que l'on vous ait appelé, car je n'ai aucunement besoin de vos services. Mais puisque vous êtes là, faites ce que vous avez à faire et partez. »

    Cela apprendrait à ses subordonnés à prendre des initiatives sans tenir compte de son avis. Ce genre d'événements, conjugué à la fatigue, avaient tendance à lui déplaire profondément. Et cela le rendait désagréable, en témoigne l'accueil qu'il avait réservé à la jeune fille (Heather, si ses souvenirs étaient bons).

    Il espéra qu'au moins, elle n'allait pas tenter de l'assassiner avec des décoctions bizarres. Ce serait la pire des fins dont il aurait pu rêver pour conclure cet entretien.
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Heather

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MessageSujet: Re: Un zeste de citron dans votre décoction? [Heather]   Lun 13 Aoû - 1:48


Noblesse

Ces derniers temps avaient été durs. Et ce matin ne fit pas exception. La morosité d’Heather l’avait empêché depuis la révolution de mener sa vie comme elle le faisait auparavant. C'est-à-dire qu’elle ne se levait plus comme autrefois, à l’aube, si ce n’est avant, dans le but de récolter les plantes dont elle avait besoin pour ses décoctions dans son jardin. Ainsi, depuis ce triste jour où les Princes étaient tombés, c’était quelques gamins qui le faisaient à sa place. Las, ils faisaient un bon nombre d’erreurs, mais loin de les disputer, elle les remerciait, car après tout, sans cette petite aide, aussi maladroite soit-elle, elle aurait du purement et simplement fermer boutique.
Elle s’était levée sous les encouragements des petits, à sa fenêtre. Avec difficulté, elle s’habilla, puis alla leur ouvrir. S’ils avaient accès au jardin, ils ne l’avaient pas à la maison. Ils lui confièrent leur panier de plantes. Cette fois ci, ils avaient bien pensé à séparer chaque espèce de plante, à bien les ranger, les aligner. Elle leur sourit tendrement, et leur prit le panier, les remerciant de tout son cœur.
Puis ce fut le moment de s’enfermer, et de préparer ces plantes, qui généralement, demandaient à être traités juste après la cueillette. Certaines devaient être séchées, d’autres enfermées dans de la graisse, d’autres dans des bouteilles d’alcool, d’huile, ou même d’eau. Certaines devaient être traitées à froid, d’autres à chaud. Tout cela, elle le connaissait par cœur. Elle connaissait sur le bout des doigts, à quoi servait chaque plante, selon que l’on prenait la racine, la tige, les feuilles, la fleur, le fruit, et selon comment on les préparait. Des automatismes qu’elle avait acquis tôt, alors qu’elle n’était qu’une enfant.
Une enfant. Et elle, qui n’en avait pas. En ces temps troublés, elle commençait à se poser des questions. N’était-il pas temps pour elle de prendre un (ou une) apprenti(e) ? Elle avait peur. Peur de se faire dénoncer, peur d’être soudainement enfermée dans un cachot. Mais elle avait aussi peur d’être tuée par mes malandrins qui trainaient désormais dans les rues.
Ca y est, elle venait de finir, et elle pouvait désormais ouvrir boutique. Les mélanges de plantes, elle pouvait faire cela entre deux clients. D’autant que récemment, le nombre de ses clients avait eu tendance à diminuer. Les nobles et riches bourgeois, du moins, ceux qui n’étaient pas tombés, n’avaient plus vraiment cœur à lui acheter des baumes de soins esthétiques. On ne parle même pas des filtres d’amour et autres, car en cette période de festivités (pouah !), tout semblait possible aux habitants du royaume.
Fichue révolution…
De tous ces produits, elle avait actuellement de trop. Cependant, nombreux étaient ceux à avoir été blessés pendant, ou légèrement après la révolution. Et parmi eux, nombreux étaient ceux à faire appel à ses talents. Elle avait aussi eu affaire à une recrudescence de cas d’infections comme les appelait son oncle. Des plaies mal refermées, certainement pas par ses soins, qui suintaient, boursouflaient, noircissaient ou autres horreurs de ce genre là. Ceci s’accompagnait systématiquement par des fièvres et des malaises. De ça, elle en avait tellement. Bien sur, après de tels événements sanglants, comment en pouvait-il être autrement.
Son petit cœur se serra alors. D’autres étaient peut être blessés, sans personne pour les soigner. Les gardes. Et parmi eux, Theophil. Elle n’osait pas aller demander la permission de voir si ces gens avaient besoin de ses soins. A cause de William. Il était évident que celui-ci se douterait qu’il y aurait aiguille sous roche. Pas seulement de la bonté d’âme. Il n’était pas sans ignorer ses opinions politiques.
Oui, Heather se sentait en sursis, et malgré tout, elle tentait de vivre presque comme avant.
Mais bientôt, l’apothicaire allait pouvoir souffler un peu. Ou du moins, elle allait enfin pouvoir se rassurer sur un point l’inquiétant tant.
Car le premier client à franchir sa porte en ce tout début de matinée fut Theophil…
Et dès qu’elle aperçut sa frimousse et le reconnu, elle lui sauta dans les bras. La jeune fille était presque en pleurs de revoir ce garde, qu’elle avait cru blessé, presque mort, dans les cachots, enfermé injustement alors qu’il ne faisait que son devoir, protéger les Princes de la folie de ce peuple idiot.
Oui, pour la première fois depuis ce jour funeste, la jeune femme retrouvait un peu de joie de vivre. Aux anges lorsque Theo lui rendit brièvement son étreinte, elle le fit s’assoir à la table de la boutique, puis alla chercher deux tasses emplies de thé fumant, ainsi que quelques feuilles de tabac qu’elle donna au garde avec un clin d’œil. Puis ils échangèrent de leur nouvelles. Et Heather sut comment son ami s’en était sortit. Avec un noble, qui était allé le tirer hors des cachots.
En parlant de ce noble… Désormais, il était à son service, et c’était à son sujet que Theophil était venu ici. Il était malade. L’apothicaire se leva de suite, et prépara un panier de décoctions, plantes médicinales, linges et préparations pour cataplasmes.
Elle se dirigea donc vers la demeure de ce Lord Lucien. Qui ne se trouvait pas être tout-à-fait un anonyme pour elle. Il avait déjà été dans sa boutique, et pour être directe, Heather ne l’avait pas du tout apprécié. Il était d’une arrogance et d’une méchanceté rare. Le quotidien de Theophil ne devait pas être facile tous les jours au service de cet énergumène. Mais bon, après tout, le noble l’avait bien aidé, alors, il fallait bien faire bon gré mal gré.
Elle arriva devant la fastueuse demeure du Lord. Il y avait là batterie de domestiques, et nombreux étaient ceux qui traitaient avec amusement de l’état du maitre de la maison. D’ailleurs, son ami ne semblait pas être en reste. Oui, le noble ne semblait pas vraiment apprécié par sa maisonnée.
Et lorsqu’elle arriva dans la chambre, où Lord Lucien était assis dans un fauteuil, elle ne put s’empêcher de grimacer en écoutant sa remarque. Rien qu’à le voir ainsi, sur le fauteuil, elle pouvait dire qu’il n’allait pas bien. Cela sautait aux yeux. Mais bon, elle avait eu l’autorisation du maitre de la maison de faire ce qu’elle avait à faire. Enfin, en quelque sorte.

« Merci pour cet accueil, my Lord… »

Elle fit une révérence de courtoisie, et s’approcha. A quelques pas du Lord, elle posa son panier, ôta le gant de sa main droite, et alla poser cette main sur le front du noble. Celui-ci était brulant.

« Si je puis me permettre, Monsieur, il serait plus confortable pour vous de rester allongé dans votre lit. »

Elle regarda celui que Theo, un peu plus tôt, lui avait désigné comme Lelio, sorte de chef des domestiques ici.

« Pourrais-je avoir une seau d’eau fraiche ? »

Sur les petites gens, elle n’hésitait pas à tripoter le malade afin de trouver quelque chose pouvant l’aider à administrer la bonne plante. Ainsi, certaines fonctionnaient très bien quand le fond de la bouche était enflé, mais pas du tout en cas de contraire. Ceci n’étant qu’un exemple parmi d’autres. Seulement, elle se méfiait bien des réactions que pouvait avoir un noble. Y compris même dans cette période troublée, où leur pouvoir vacillait. De plus, Heather était bien trop respectueuse de l’ordre d’avant, pour ne pas respecter les protocoles.

« Lord, avez-vous mal au ventre ? A la tête ? A la gorge ? Pouvez vous ouvrir votre bouche, que je vérifie que tout y soit normal ? »

En même temps, le seau d’eau fraiche arrivait, et Heather prit l’un de ses linges, le trempa dedans, l’essora, et s’en servit ensuite pour essuyer le front du lord, sur lequel perlait déjà une goutte de sueur.



Dernière édition par Heather le Mer 19 Juin - 23:32, édité 2 fois
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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Un zeste de citron dans votre décoction? [Heather]   Jeu 16 Aoû - 0:16

    Il ne se souvenait plus que c'était si désagréable d'être malade. La dernière fois remontait à quand, déjà? Sûrement longtemps, il ne se souvenait plus vraiment. Il n'avait pas fait attention. Les seuls souvenirs nets liés à la maladie se perdaient quelque part entre le moment où il dormait encore avec sa mère et celui où son frère venait lui raconter des histoires, assis sur le bord de son lit. Il avait pourtant dû se trouver mal à un moment ou un autre, après ces épisodes agréables. Mais il ne se souvenait pas vraiment. Avait-il la flemme de réfléchir? Si seulement des coups sourds ne retentissaient pas dans sa tête à chaque fois qu'il tentait de formuler une pensée correcte, peut-être serait-il enfin arrivé à rassembler ses souvenirs, comme les pièces d'un puzzle dispersées au vent. Ah. Il fallait qu'il se souvienne de soutenir sa tête, aussi. Et de ne pas afficher une mine de déterré (Quoique, là il risquait d'avoir du mal. Vu l'expression de la fille quand elle était entrée, il était peu probable qu'il affiche joie et santé. Très peu probable, même). Bon Dieu, cela aurait été si simple si on lui avait fichu la paix! Il serait resté dans son lit sans rien demander à personne, aurait annulé ses rendez-vous, persécuté un peu Lelio pour moins s'occuper de la douleur et personne n'en aurait plus entendu parler. Demain, il serait allé mieux. Forcément. Alors que, dans le cas présent, on l'obligeait à supporter la présence de cette femme dans la même pièce que lui. A parler. Et à garder les yeux ouverts, aussi, alors qu'il aurait tellement voulu les fermer pour plonger dans le sommeil du juste jusqu'à nouvel ordre. Enfin. Il chercha à trouver une position plus confortable dans le fauteuil, échoua, cessa de remuer. Entre-temps, il fit signe à Lelio d'obéir à Heather et d'aller chercher son seau d'eau, et haussa un sourcil sceptique lorsqu'elle le remercia de son accueil. Vraisemblablement, c'était ironique, non?

    Il eut un mouvement de recul lorsque la jeune femme appuya le linge humide contre son front, puis finalement se détendit. Cela lui faisait mal de l'admettre, mais la fraicheur était bénéfique. Continuant d'afficher une mine renfrognée pour montrer qu'il était toujours réfractaire aux traitements qu'elle comptait lui infliger, il se laissa cependant faire, histoire de profiter des bienfaits de la médecine sans que l'on puisse penser qu'il capitulait -bien qu'il ne sache pas réellement s'il était discret ou non. Il l'espérait, en tout cas, ne comptant pas essuyer les sarcasmes de Lelio, Theophil ou tout autre membre de sa domesticité qui n'avaient pas voix au chapitre (Normalement. Dans les faits, cette règle était apparemment totalement discutable, et surtout discutée). Quand il se décida à risquer une parole en plus, ce fut sous la protection du linge.

    « Il est hors de question que je reçoive qui que ce soit dans un lit, fut-ce une simple apothicaire comme vous. »

    Il pouvait bien sûr y avoir des exceptions. Mais il n'était pas d'humeur à y réfléchir.

    Au moment où il saisissait le double sens de sa phrase, puis s'en amusait, il voulut rire doucement comme il en avait l'habitude. Cependant, sa gorge irritée transforma le gloussement en une toux sèche pour le moins désagréable, qui agita son corps pendant quelques instants. Il réussit à avaler sa salive, une main devant la bouche, toucha ses lèvres en baissant la tête pour être sûr que la crise était bien passée, se redressa, posa son bras sur l'accoudoir. Il se serait bien laissé aller à quelques mots disgracieux. Malheureusement, il y avait du public en ces lieux, qui ne souhaitait certainement pas entendre le noble jurer comme un charretier, ce que celui-ci n'avait d'ailleurs pas l'habitude de faire. Il fallait croire que la maladie faisait tomber diverses barrières. Et qu'elle en élevait de nouvelles. Car si Lucien n'avait rien contre le fait de toucher les femmes et d'être touché par elles, quand l'une de ces charmantes créatures lui demandait diverses choses dont il n'était pas sûr de saisir les tenants et les aboutissants (par exemple, s'il lui disait qu'il avait mal au ventre, est-ce qu'il courait davantage de risque de se faire empoisonner que s'il disait qu'il avait mal à la tête? Telles étaient les questions qui se bousculaient actuellement sous son crâne, en plus du mal qui lui lançait des signaux de lumière particulièrement douloureux à travers le front), il n'était pas certain de désirer sa compagnie. La vérité, c'était que Lucien n'avait pas particulièrement confiance en les médecins, guérisseurs, apothicaires et tout le tralala. S'il avait su qu'il remettrait un jour son corps entre ses mains, il ne se serait pas amusé avec les bocaux le jour où il s'était rendu à la boutique d'Heather. Il serait resté dans son coin en attendant que ça se passe pour ensuite déguerpir au plus vite. Cependant, il semblait que le destin lui en voulait. Venait le temps de répondre à la terrible question. Où avait-il mal? « Partout » était une solution qui piétinait un peu trop sa fierté pour qu'il l'envisage. « Nul part » frisait le mensonge, voire le percutait sans ménagement, et risquait de n'apparaitre guère (pas du tout) crédible. En même temps, il n'avait pas vraiment envie de se plier aux exigences de la jeune femme. La situation semblait critique. Où trouver une porte de sortie?

    « N'auriez-vous pas plutôt, dans vos... charmantes mixtures (il se retint d'utiliser le terme de potions, qui aurait sûrement sonné dans sa bouche comme une accusation de sorcellerie, ce qu'il préférait éviter), quelque chose qui convienne à n'importe quel mal? »

    Après tout, il n'avait rien à perdre en essayant. Il voulut essuyer une goutte qui courait le long de sa joue (Eau? Sueur?) mais se retint au dernier moment de le faire, affichant, autant qu'il en était capable, un visage impassible.

    « Il me serait assez désagréable de me plier à vos exigences. »

    N'importe qui se serait dit qu'il était idiot de s'en prendre à celle qui venait vous soigner. Lucien, lui, sûr de son pouvoir, pensait que, quoiqu'il puisse dire, tout se passerait selon son bon vouloir.

    Il fallait croire que, malheureusement, la fièvre n'arrangeait nullement son caractère.
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MessageSujet: Re: Un zeste de citron dans votre décoction? [Heather]   Jeu 11 Oct - 15:27


L'acte charitable

La jeune femme avait toujours eu énormément de respect pour les nobles, ces hommes et ces femmes qui représentaient le Régime au doux temps des Princes. Pour autant, elle avait eu un léger souci avec Lord Lucien du jour où celui-ci avait montré tant de mépris pour sa boutique qu’elle aimait pourtant tant. Elle retint une grimace de dégout alors qu’il exprimait son refus d’aller sagement et gentiment au lit, mais son sens du devoir, ou plutôt sa tendance à toujours aider quand les autres étaient dans le besoin (exception faite de ces damnés résistants qui avaient pris le pouvoir) la fit se précipiter vers lui alors qu’il se mit soudainement à tousser. Heureusement, ce fut une toux rapide. Ce lord se rendait-il seulement de l’impression qu’il donnait, à faire son fier, alors qu’il était en réalité pâle comme un linge, livide, semblant à deux doigts de la mort. Elle le trouvait pour le coup… Ridicule. Oui, c’était le mot, et elle retint un rire alors que le noble s’évertuait à faire le beau, comme si de rien ne s’était passé, après cette crise très violent pourtant de toux. Et lorsqu’il lui demanda si elle avait un remède miracle (car oui, un breuvage pouvant tout soigner, cela tenait du miracle), elle ne put retenir un sourire narquois. Oui, elle se moquait de lui et de son comportement absurde, ainsi que de son ignorance des maux du corps.

« Lord, ce que vous me demandez est tout simplement impossible. J’aurais bien quelque chose à vous donner pour calmer vos douleurs, mais elles n’en seraient que pire à votre réveil. »


Elle avait besoin de savoir plus de choses pour pouvoir lui donner le bon breuvage. Mais il n’était pas très coopératif le sieur. Elle se demandait, irritée par tant d’ingratitude, si elle n’allait pas devoir assommer ce… ce truc afin de pouvoir le soigner. L’idée ne lui déplaisait guère, et elle était persuadée d’avoir de l’aide de Theophil pour mettre ce plan à exécution. En vérité, le Lord avait un brin de chance. Si une personne de moins noble origine lui aurait répondu ainsi, elle serait depuis longtemps partie.

« Vous ne m’aidez vraiment pas Sir, on dirait que vous tenez à rester dans cet état là afin de vous faire dorloter par votre maisonnée… »

Elle espérait le provoquer pour l’inciter à changer d’attitude envers elle. Bon sang, elle ne voulait rien faire d’autre que de le soigner, puis empocher ses sous, et partir ! Elle ne voulait pas le tuer ou quoi que ce soit, bien que ce soit en réalité dans ses moyens.
En tout cas, elle allait commencer par traiter sa toux. Elle prit dans son panier un sachet d’une vingtaine de bonbons. Pourquoi des bonbons me direz vous ? Et bien, elle avait fait elle-même ces petites merveilles, et ceux-ci étaient à base de bourgeons de sapins. Or, ces bourgeons ont pour propriété de favoriser l’expulsion du mal par la toux. Ce que nous on appelle le mucus des bronches et des poumons en fait. Et comme on parlait de bonbon, faits avec du miel donc, ce premier petit remède apaisait aussi la gorge. Elle ne s’arrêta pas là, bien entendu. Elle sortit trois pots d’herbes séchés. Si le noble tournait la tête, il pouvait voir écrit sur eux respectivement Droséra, Pulmonaria, et Mauve. L’apothicaire se servit d’une cuillère en argent, l’un des seuls couverts de luxe qu’elle possédait, et qu’elle dévouait uniquement à ce genre de tâches, pour mettre une dose de chacune de ces plantes dans un petit carré de linge blanc qu’elle ferma à l’aide d’un fin cordon. Elle présenta le tout alors à Leilo… Enfin, elle faisant face à Lord Lucien, mais son attention était plus portée sur le domestique, car sans aucun doute, ce serait à lui de faire le traitement à son maitre.

« J’ai ici de quoi calmer cette vilaine toux. Premièrement, dans ce sachet –elle montra le sachet de bonbons- des pastilles sucrées à laisser fondre dans votre bouche une heure avant votre coucher. Deuxièmement, -elle désigna son sachet d’infusion qu’elle venait de préparer- une tisane, à prendre à chaque repas. Elle est composée de ces trois plantes –elle montra les trois bocaux- et une cuillère de chaque suffira à chaque infusion. Avec du miel, afin d’apaiser votre gorge. »

Elle confia le tout à Leilo, et lui conseilla de faire de suite une première infusion. Le deuxième symptôme qu’elle avait pu observer était la fièvre. Ce qui serait à la vérité bien plus contraignant à traiter que cette toux. Elle retourna éponger le front du souffrant, la mine songeuse. Elle ne voulait pas donner encore d’autres tisanes et bonbons. Il fallait toujours se méfier de l’accumulation des remèdes. Restait le cataplasme. Toujours efficace celui-ci. Mais très contraignant pour le souffrant, et ceux qui étaient à son chevet. Elle n’imaginait pas le calvaire dans lequel serait la maisonnée avec un Lord forcé à rester coucher, et sur sa tête, de l’argile. Par contre, elle ne put s’empêcher de rire silencieusement en imaginant Lucien ainsi.
Enfin, avant de se décider pour ceci, elle devait voir de quels autres maux l’homme souffrait. Et comme il ne voulait rien lui dire, c’est sans scrupules qu’elle posa sa main sur le ventre du Lord, tachant de sentir si celui-ci grondait, gargouillait, prémices habituels à des choses fort peu agréables telles que la diarrhée ou encore, la gerbe, du moins, lorsque, comme le Lord, l’on n’avait pas mangé avant.



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MessageSujet: Re: Un zeste de citron dans votre décoction? [Heather]   Jeu 20 Déc - 1:52

    Lucien se renfonça dans son siège, morose et vexé. Le fauteuil, d'habitude si confortable, dans lequel il aimait à se relaxer quand il se sentait fatigué, lui semblait avoir la consistance du bois et n'apportait nul réconfort à son dos, à sa nuque. Lui paraissait dur comme la pierre, comme si le coussin venait de s'enlever au profit de l'armature seule. Cette constatation n'arrangea pas son humeur, déjà bien entamée par la maladie et la vague conscience que le gens, présents et absents, devaient bien se moquer de lui à cet instant précis – bien qu'il ne voit absolument pas pour quelle raison. Ils auraient dû le plaindre, au contraire, malheureux et martyrisé comme il l'était. La réponse d'Heather le replongea dans les méandres de la douleur et des récriminations : comment ça, les remèdes-miracles n'existaient pas? C'était une honte que personne n'ait pensé à l'inventer! C'était bien utile d'avoir des potions pour tuer, filer des boutons à des endroits peu recommandables ou autre action diabolique, mais pourquoi personne n'avait donc réalisé que tout cela était moindre par rapport au remède qui guérit de tous les maux? Il marmonna dans la barbe qu'il n'avait pas, souffla entre ses doigts et se frotta les mains pour le réchauffer. Lelio était vraiment un incapable. La seconde d'avant il régnait dans la pièce un froid polaire, et tout de suite après, il avait l'impression de s'être exilé chez les sauvages, tant la chaleur était accablante. Il se demandait combien de bois il avait pu mettre dans la cheminée pour obtenir pareil résultat. Il se sentait comme dans ce pays... Quel était son nom, déjà? Il en avait vu des images, une fois, des illustrations flamboyantes et dorées couvertes d'inscriptions illisibles et peuplées d'animaux étranges. Il ne s'en souvenait plus, de ce nom, et ne voyait même pas pourquoi il venait de se poser la question. C'était sans importance aucune, surtout par rapport aux problèmes qui l'occupaient en ce moment-même.

    Déçu par l'inexistence de ce qu'il demandait, il devrait se résoudre à se laisser manipuler par cette femme. Du peuple. C'était une atteinte inqualifiable à sa dignité. Plus jamais il ne retomberait malade, c'était une promesse. Il se débrouillerait comme il le faudrait, il laisserait Theophil sortir tout seul dans la froid et la neige, il l'obligerait à lui préparer des boissons chaudes, il s'en servirait pour obstruer le vent qui passait par une des fenêtres, mais plus jamais il ne subirait une autre de ces scènes humiliantes. Il avait l'impression étrange d'avoir à moitié cinq ans et à moitié cent. Un enfant parce que l'on portait sur lui le regard vaguement condescendant de l'adulte à l'égard de celui qui n'est pas son égal - ce qui était très désagréable – un vieillard parce qu'il sentait qu'il devrait se préparer psychologiquement pendant vingt bonnes minutes s'il voulait simplement se hisser sur ses jambes. Quelle joie. Cela ne lui donnait ni envie de retourner en arrière, ni celle de prendre de l'âge. Parfois, il se demandait s'il ne devrait pas entamer des recherches pour trouver un élixir de vie éternelle. Il avait entendu dire que certains avaient mené des recherches là-dessus. Des alchimistes. On avait perdu la trace de beaucoup, mais l'on racontait des histoires étranges sur d'autres, disant qu'on les avait vus, à plus de cinquante ans d'intervalle, avec le même visage au détail près, et la même jeunesse qu'à leurs vingt ans. Cette merveille l'empêcherait de se retrouver impotent. Même s'il craignait que les effets secondaires – car il devait y en avoir, avec ce genre de sorcelleries – ne soient éblouissants d'horreur.

    Dommage, car les sachets que l'apothicaire lui agitait sous le nez – enfin, près de lui en tous cas - ne lui inspiraient pas confiance le moins du monde. Cependant, comme le remède qu'il attendait n'existait pas - et que Lelio écoutait la jeune femme avec une attention religieuse, ce qui était très mauvais signe – il craignait de devoir suivre ses indications, à son grand regret. Pourvu que cela ne lui déclenche pas d'allergies bizarres.

    Ainsi, quand Heather recommanda de faire une infusion, Lucien fit comprendre à Lelio, d'un petit signe de tête, d'aller chercher de l'eau chaude. Puisqu'il n'avait pas le choix, autant s'accommoder de ce cirque au plus vite, pour en finir dans les plus brefs délais.

    Puis arriva le moment que Lucien détesta. S'il avait tressailli quand Heather avait évoqué son besoin d'être dorloté par toute la maisonnée, se sentant insulté – c'était d'ailleurs totalement faux, il était indépendant et capable de s'occuper de lui tout seul, et la dernière chose dont il avait envie c'était que des domestiques se mêlent de sa vie intime (surtout Theophil, rien que le fait d'envisager que celui-ci puisse le veiller lui filait de l'urticaire) – il eut des envies de meurtre quand elle posa sa main sur son ventre. Et se sentit obligé de faire une remarque.

    « Je n'ai jamais demandé à attirer ces humiliantes attentions, jeune dame. »

    Il renifla d'un air méprisant.

    « Les gens n'ont plus aucun respect envers leurs supérieurs. A croire que la révolution fait tourner toutes les têtes. »

    Il fallait croire qu'il était vraiment suicidaire, à force de provoquer celle qui était censée le soigner. Mais à cet instant, il eût l'impression de moins se défouler pour des histoires de maladie que sur la révolution qui chamboulait sa vie et l'obligeait à recoller les morceaux pour faire semblant que tout était comme avant. Ce qui était faux. Il détestait ce peuple qui pensait se situer au même niveau que lui, il haïssait les nouveaux dirigeants parce qu'ils se croyaient permis de lui enlever ses privilèges, et il en avait assez de sortir dans la rue en sachant que n'importe qui pouvait l'agresser sans somation. Cette constatation ajoutée à la maladie, l'impression d'être impuissant face à son état comme à la politique, ne faisaient que l'irriter davantage. Cependant, il se souvint au dernier moment qu'il était tout à fait possible qu'Heather soutienne cette République naissante, et décida de baisser la voix, sifflant entre ses dents.

    « Qu'ils soient maudits. »

    Oui, tous, avec leurs idéaux, leurs fusils et leurs exécutions. Cette folie n'avait que trop duré. La noblesse n'aurait jamais dû être éloignée du pouvoir.

    Il était convaincu qu'elle devait retrouver au plus vite la position qui lui était due.
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Heather

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MessageSujet: Re: Un zeste de citron dans votre décoction? [Heather]   Mer 6 Mar - 14:09


Médications

La jeune femme sourit. Elle l’avait bien entendu n’est ce pas ? Lord Lucien était contre la révolution. Cela lui paraissait tout simplement…. Extraordinaire. Il s’agissait de la première fois qu’elle rencontrait un homme de son avis. Et même s’il s’agissait d’un noble, et que la noblesse était martyrisée par la Révolution, leur donnant ainsi de nombreuses raisons de rancœur. Mais tout de même, il s’agissait du premier qui osa avancer devant elle son mépris pour ces fous. Son sourire s’agrandit. D’un air tendre, elle murmura.

« Pour accompagner leur déchéance my Lord, il vous faut regagner cette prestance qui était votre. Et vous soigner. Tel est mon seul but. »

Sa main posée sur le ventre du lord appuyait sur ses intestins. Elle le sentit gronder. Il avait bien quelques troubles intestinaux. Si elle ne voulait pas user d’autres plantes, elle allait devoir faire appel à l’argile verte. Celle-ci avait la particularité de nettoyer le corps des impuretés. Mais bon, elle allait aussi devoir convaincre ce jeune homme d’avaler de la terre en quelque sorte.
Elle se leva, et sortit de son panier des sachets. De l’argile verte en poudre. Elle était déjà pesée, dans chaque sachet, de manière donc à ce que ceci soit commerçable. Elle, quand elle se procurait de l’argile, c’était en gros sacs, de plusieurs kilos, et même pas réduite en poudre. Elle s’en occupait elle-même, puis pesait minutieusement, pour placer ceci dans de petits sachets de tissus. Elle sortit ensuite un pot d’argile concassée. Pour placer des cataplasmes. Mais là se présentait un deuxième défi. Il fallait convaincre le lord de s’allonger. Et de se laisser mettre de la « terre » dessus.
Leilo revint avec la tisane. Elle s’en saisit, ajouta une cuillère de miel, et vint la présenter respectueusement au Lord. Avant de se tourner à nouveau vers ce brave serviteur. Elle lui confia ses quatre sachets d’argile en poudre.

« Ces sacs contiennent très exactement cinq grammes d’argile verte. Celle-ci permet d’évacuer les maux de l‘estomac et des intestins. Ces cinq prochains jours, chaque soir, diluez un sachet dans un verre d’eau. Laissez l’argile reposer la nuit, puis le matin, au réveil, Lord, buvez cette eau. Les deux premiers jours, ne vous tentez pas à avaler l’argile. L’argile sera au fond, buvez simplement l’eau, sans mélanger avant. Cependant, les trois derniers, vous devrez mélanger ce verre, et avaler l’argile. Ensuite, il vous faudra attendre cinq à dix minutes pour manger quelque chose. »

Elle eut un petit sourire tendre à l’adresse du noble, avant de murmurer.

« Je vous rassure Lord. Ce traitement n’est pas si horrible que vous pouvez de prime penser. Cette argile là est propre, je m’en suis assurée moi-même. Et son effet est radical. Dès les premiers jours vous devrez sentir les effets de ceci. »

Elle se mordit ensuite la lèvre inférieure. Et continua.

« Ce traitement sera d’autant plus efficace si vous m’autorisez à placer un cataplasme sur votre front, et sur votre ventre. »

Elle s’inclina respectueusement. Puis expliqua plus en détail le but de cet opération.

« L’argile verte possède d’étonnantes propriétés. Posée aux endroits que je vous ais indiqué, elle évacuera la chaleur en trop de votre corps. Et elle vous permettra de mener plus sereinement durant la journée vos affaires. Chaque pose de cataplasme dure un quart d’heure. On peut la faire matin, midi, et soir. »

La jeune femme espérait que le noble se plierait à ce traitement, à ses arguments. Elle expliquait rarement si en détail ses traitements. Mais elle ne pouvait pas exiger d’un Lord tel que Lucien de lui obéir sans broncher.

« Si vous permettez que je vous en pose un dès maintenant, Leilo pourra observer, et s’occuper des prochains. Je conseille ce traitement sur les trois prochains jours. Et ces quarts d’heures passés allongés, my Lord, ne sont qu’un faible prix à payer pour vous permettre de vivre comme vous en avez l’envie. »

Un vague espoir s’afficha alors sur son visage.

« Je ne doute pas my Lord que vous pourrez alors aider à remettre ce Royaume sur le droit chemin… »


Dernière édition par Heather le Mer 19 Juin - 23:37, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Un zeste de citron dans votre décoction? [Heather]   Mer 19 Juin - 13:11





    Lucien, à travers la brume qui l'enveloppait (et dont il supposait que c'était un effet de la fièvre ou de tout autre désagrément lié à la maladie, à son environnement (Theophil était certainement porteur de microbes étranges, qu'il ramenait sûrement exprès pour lui pourrir la vie), ou à la Révolution, puisqu'il était persuadé que la moitié des désagréments qui lui gâchaient actuellement l'existence (comme les escapades nocturnes de son foutu garde, au hasard) était liés à ce foutu événement et aux foutus gens qui y avaient participé. Et tout ce fatras s'était ligué pour lui rendre l'existence la plus compliquée possible. De ce fait, il n'était pas exclu que la maladie fasse partie elle aussi de ce vaste complot destiné à le rendre fou. Il était également possible que la fièvre le fasse divaguer et que son esprit raconte n'importe quoi depuis tout à l'heure. Parce qu'avec un peu de bon sens, il était difficile de penser qu'autant de causes divergentes puissent avoir une source commune. Il décida que cela n'avait que peu d'importance. L'essentiel, c'est que tous ces petits faits avaient tendance à lui courir sur les nerfs.

    Il leva brièvement un sourcil. Avait-il surpris un regard compatissant chez Heather? Impossible. Quelques minutes avant, elle semblait tout faire pour le martyriser le plus possible. Ses doutes s'accentuèrent à la phrase qu'elle prononça. Celle-ci lui plut bien. Effectivement, il avait une certaine prestance habituellement. Tout à fait. Et il était certain que celle-ci était assez impressionnante pour lui apporter un certain nombre d'avantages. Il chercha à se rengorger fièrement (les compliments faisaient du bien à son ego, surtout étant donné l'état pitoyable où il se trouvait à présent) et ne réussit qu'à tousser une nouvelle fois. Il réfréna un mouvement d'humeur. Penser à sa prestance était tout de même plus agréable. Même s'il ne voyait pas bien en quoi cela aidait à mettre à bas les révolutionnaires. Lui ne se mêlait pas de politique après tout, et il s'en portait très bien comme ça – ou plutôt, il avait peur de ne s'en porter que plus mal s'il mettait son nez là-dedans. Le sort des anciens conseillers ne lui avait pas vraiment fait envie. Pas assez de tête à son goût. Mais, goûtant au plaisir d'avoir enfin à ses côtés quelqu'un d'un minimum compatissant (Lelio semblait blasé, bien qu'il ignore pourquoi, et il ne préférait même pas parler de la réaction de Theophil, qui serait déjà passé de vie à trépas s'il en avait eu la force), et jouant la carte de la prudence (s'il interprétait mal ses paroles, ou si Heather était une taupe au service du nouveau gouvernement qui cherchait à obtenir des informations sur ses sympathies, il préférait éviter de cracher sur ses patrons, ce qui serait certainement du plus mauvais effet), il estima justifié de ne rien dire, et se contenta de faire semblant d'écouter ses explications sur une histoire d'argile, d'eau, et de mélange (Moins il en savait sur ce qu'on allait lui faire subir, mieux il se porterait, tel était son avis).

    En voyant le sourire qu'Heather lui adressait, il retrouva un peu d'aplomb. Bizarrement, il supportait mieux ses malheurs quand on s'adressait à lui avec un minimum de respect. Les abrutis qui lui servaient de serviteurs devraient en prendre de la graine. La jeune fille savait comment faire avec une personne de son rang, elle. Elle avait le sens des convenances. Elle avait pour lui les sentiments adaptés. Vraiment, cela faisait plaisir d'avoir, pour une fois, affaire à quelqu'un qui savait à qui elle parlait.

    Cependant, il se raidit à l'annonce suivante : sur le front et le ventre? Mais de quoi aurait-il l'air? Ce n'était pas une position digne de lui! Il imaginait déjà les gestes contenus de Lelio, les rires de Theophil, les sourires en coin des domestiques qui passeraient ranger ses habits, mettre un peu d'ordre dans ses quartiers. Il pinça les lèvres, fonça les sourcils. Ce n'était pas une bonne idée. En même temps, il refusait de rester dans cet état plus longtemps. Valait-il mieux continuer à supporter la situation en espérant que cela passe tout seul, ou subir une phase partielle de ridicule pour aller mieux ensuite? Son amour-propre, dans les deux cas, serait forcément mis à mal. En même temps, il s'agissait de traitements ne nécessitant que peu de temps. Il suffirait d'interdire l'accès à sa chambre le temps de l'effectuer.

    Au bout d'une minute de réflexion, il s'aperçut que, de toute manière, il n'allait pas pouvoir y échapper. Cela aurait été ridicule. Au fond, il savait bien que ses interrogations ne servaient qu'à repousser le moment où il devrait donner son accord. Cependant, s'il faisait comme si c'était lui qui acceptait, qu'il parvenait à faire comprendre qu'on ne le forçait aucunement, il pouvait encore sauver la face. Oui, cela apparaissait comme la meilleure des solutions possibles. Restait à mettre sa fierté de côté le temps qu'on lui applique une substance ignoble sur le corps. Mais quand il fallait y aller.

    Il eut un geste vague de la main, avant qu'Heather n'ouvre une nouvelle fois la bouche. Il s'arrêta net. Remettre le royaume dans le droit chemin? Il doutait qu'il y ait un jour été, mais effectivement, tout avait l'air bien pire depuis quelques mois. Il fallait dire que le régime n'était favorable ni à ce qu'il était, ni aux valeurs qu'il véhiculait. C'était le moins qu'on puisse dire. Même s'il n'avait pas l'intention de se mêler de quoi que ce soit. Pourtant, il ne put s'empêcher d'approuver.

    « Il est vrai qu'il en aurait actuellement bien besoin. »


    L'idée le traversa vaguement qu'ils ne devraient pas avoir cette conversation. Il haussa les épaules.


    « Mais vous devriez faire attention à ne pas dire cela à n'importe qui. Nos bien-aimés dirigeants (Sa voix s'accentua quand il prononça ces mots) ne sont pas des imbéciles, et ils pourvoient bien souvent les murs d'oreilles à leur compte. »


    Conseil qu'il aurait dû suivre également.

    Changeant de sujet, il leva le menton pour désigner son domestique.

    « Donnez donc ses instructions à Lelio. Avec un peu de chance, votre mixture aura l'avantage d'être efficace. »


    Ce n'était pas pour autant qu'il allait apprécier l'expérience.









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Un zeste de citron dans votre décoction? [Heather]

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