{ Dirty Prince }


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 All that we are ▬ william

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Lady Aleth

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MessageSujet: All that we are ▬ william   Lun 6 Aoû - 23:27



So I just like to daydream, 'cause dreams only make me happy.

Parfois, je me dis que la vie, c'est quand même un sacré bordel. Tout est dérangé, désorganisé, et même les choses que l'on pense connaître changent de place. C'est à vous rendre dingue. Et le résultat, c'est qu'on se perd. Comme moi, là. Je suis perdue.
Au sens littéral du terme.
J'admets que dans ma tête, c'est aussi plutôt la misère en ce moment. Mais à cette seconde précise où je vous parle, je m'en fiche un peu. Parce que je ne sais juste a-bso-lu-ment pas où je suis. Et qu'avec la nuit qui débarque, ce n'est pas vraiment rassurant. J'étais pourtant certaine de me diriger vers la petite boutique de tissus où je vais habituellement... Sauf que je ne connais pas cette rue. Que je ne me rappelle pas avoir déjà vu ces drôles de maisons biscornues. Et que ce monsieur qui marche de travers en riant très fort ne me dit rien.
J'ai intérêt à retrouver mon chemin vite fait.
D'un pas vif, je traverse la place pavée s'offrant à moi et m'engouffre dans une ruelle transversale. D'accord, elle n'est pas très éclairée. D'accord, une jeune fille saine d'esprit ne serait pas entrée là-dedans sans une excellente raison. D'accord, je suis intimement persuadée que cette ruelle est un repère pour gens louches. MAIS. Je suis également sûre que cette ruelle peut me ramener rapidement vers la grande rue. Et c'est le plus important. Non ?
Bref, je ne me pose pas plus de questions, et je continue.
Cette ruelle est vraiment très étroite.
Je commence presque à complexer.
Mon Dieu, Vous qui me protégez, faites que personne n'emprunte cette rue en même temps que moi.
Et faites que les lumières rassurantes du quartier central apparaissent bientôt, s'il Vous plaît.
Je marche, je marche. J'ai l'impression que ce chemin sombre n'en finit pas. Je marche. Je sursaute à chaque bruit de pas, aussi lointain soit-il. Je marche. J'entends quelque chose d'assez proche, comme de l'agitation. Je ne sais pas ce que c'est. Mais j'espère que personne ne m'attend, un couteau entre les dents. Je marche. Je tourne à un angle minuscule.
Et je vois la dernière chose que je me serais attendue à voir.
L'agitation ne venait pas d'une rue ou d'un rassemblement de tueurs en série, mais d'un bâtiment très étrange. Coloré, illuminé par des centaines des torches, penché, comme prêt à tomber. A l'intérieur comme à l'extérieur, tout le monde rit. Des groupes d'hommes et de femmes se tiennent les côtes, avec l'air de passer le meilleur moment de leurs vies. Je les envie presque... peut-être pourrais-je les rejoindre ? Je suis complètement perdue de toute façon. Cette ruelle est une impasse. Je ne pourrais pas retrouver la grande rue par là. Et je ne tiens pas spécialement à retourner sur mes pas.
Alors pourquoi pas ? Pourquoi pas.
Je rentre.
Je ne veux plus me poser de questions. Plus réfléchir à rien. Il faut juste que je me laisse porter. Et la vie sera merveilleuse. N'est-ce pas ? Oui, hein ? J'aimerais tellement que tout redevienne simple. J'aimerais tellement voir la vie comme eux. Comme ces gens qui rient, dansent, boivent et s'amusent tout autour de moi. J'aimerais tellement arriver à me déconnecter de cette réalité qui m'étouffe et me rend malade.
Si seulement j'avais pu. J'aurais pu ignorer que ce lieu est louche. J'aurais pu profiter de la fête, au lieu de me demander toutes les trois secondes si je ne ferais pas mieux de faire demi-tour et de m'enfuir. Je n'aurais pas été étonnée d'entrer dans cette pièce pleine à craquer de paillettes et de jupons.
Alors que là, honnêtement, je ne sais plus où me mettre. Les personnes se retournent sur mon passage et me dévisagent. Je dois faire coincée, avec ma robe bien mise et mon air d'enterrement. Il faut que je parte. Je suis rentrée pour faire la fière, mais je n'ai plus l'âge pour ça. Il faut que je parte. D'un mouvement, je tourne les talons avec la ferme intention de quitter cet endroit de dépravés au plus vite. Quelqu'un m'attrape le bras. Tire.
Je valse.
La pièce tourne tout autour de moi, je ne sais plus où je suis, le sol devient le plafond, le plafond le sol. Partout, des gens. Des mains, des pieds, des jambes, des faces rougies par la chaleur, des sourires plus très droits. Je tourne, je tourne, virevolte dans tous les sens, passe près de la scène, puis tourne à nouveau, me prend un verre dans la figure, perd deux des aiguilles tenant mes cheveux, je sens mes mèches dégringoler dans mon dos, j'ai trop chaud, je tourne, je me reçois une table dans le ventre.
Envie de vomir.
J'ai l'impression d'avoir chuté du haut de la tour nord sans rien pour me retenir. Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi mal. Lentement, je porte ma main à mon front. L'autre se raccroche au rebord de la table, pour ne pas être entraînée à nouveau. Je n'imagine même pas la tête que je dois avoir. Mon regard se lève vers la tablée dans un mouvement presque réflexe.
Ce que je vois me raidit de surprise. Ma bouche s'ouvre en un o presque parfait, mes yeux s'écarquillent. En plus d'un verre, d'une table et d'une ribambelle de bras et de jambes, je viens de me prendre un mur.
William est assis là.
Un verre à la main, je le reconnaîtrai entre mille. Il est unique. Il s'amuse, probablement, comme tout le monde. Il s'amuse pendant que moi je m'enfonce dans mes doutes. Il s'amuse pendant que je m'éteins. Pour le moment il me fixe droit dans les yeux, mais dans quelques instants, il m'oubliera et retournera à son verre. Ce n'est plus mon ami. Je ne le connais plus.
Alors pourquoi ça fait aussi mal ?
Deux mots et demi m'échappent. Pas un demi de plus.

▬ Ex... Excusez-moi.

Et cette fois, je ne marche plus. Je cours.
J'écarte les gens de mon passage. Je me fraie mon propre chemin. Il faut que je sorte d'ici maintenant. Je sens la sueur dans mon dos, mes vêtements me collent à la peau. L'air froid de la nuit me frappe à peine le cabaret déserté. Et je fuis. Comme une voleuse, comme une idiote qui n'a pas assez de mots pour s'expliquer. J'ai l'impression de voler. Mes chaussures claquent sur le pavé. Je tourne à l'angle de la petite ruelle. Je n'ai plus peur des inconnus dans le noir. J'ai peur d'un inconnu dans le noir. Un seul.
Quelqu'un qui aurait dû me rassurer.
Mais me fait courir à toute vitesse.

Will you come along my love ? Will you come along here with me ?




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William

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MessageSujet: Re: All that we are ▬ william   Jeu 9 Aoû - 0:05


    Il s’apprêtait à patrouiller comme toutes les nuits lorsque Vidal lui avait dit que ce n’était pas la peine. Il avait vaguement insisté, lui demandant pourquoi il refusait son aide. Mais cela faisait déjà plusieurs nuits qu’il ne dormait pas, passant son temps dans les ruelles du Royaume à traquer les extrémistes. Vidal ne voulait pas d’un insomniaque capable de se ramasser à la moindre chute de tension. Ce qu’il ne comprenait pas, c’est que peu importait l’endroit où il se trouvait, il ne dormirait pas.

    Cela faisait plusieurs heures qu’il était allongé sur son lit, fixant le plafond plongé dans la pénombre. Et il ne dormait pas. Il y avait trop de choses dans sa tête. Il avait l’impression de les voir tourner, une tornade de sentiments complexes et d’idées opposées. Bien évidemment, il savait qu’ils avaient eu raison de renverser les Princes. Le peuple souffrait beaucoup trop, même si certaines personnes ne s’en rendaient pas bien compte. Mais les regards de ces dites personnes lui serraient le cœur, peut-être un peu trop pour celui qui était capable de tuer de sang froid pour ses idées. Theophil, Heather, et surtout Aleth… Pourquoi n’étaient-ils pas de son côté ? Pourquoi ne comprenaient-ils pas que ce qu’il faisait, c’était dans leur propre intérêt ? Qui voudrait continuer à voir des innocents mourir à cause de ces princes sans foi ni âme ?

    Et voilà qu’il commençait à avoir mal à la tête. Il ne pouvait pas rester ici, il avait besoin de voir des gens. N’importe qui, mais il lui fallait du bruit, beaucoup de bruit, et du mouvement tout autour de lui. Histoire de faire fuir ces pensées empoisonnantes. Il se leva précipitamment, prenant à peine de quoi se couvrir, et sortit dans la nuit noire. Il avait froid, de la buée se formait à chacune de ses respirations, ou peut-être n’était-ce que son imagination. Il avait l’impression que le monde était de travers, les gens à côté de lui dans la rue n’étaient plus que des ombres à l’aura menaçante. Mais il marchait toujours, vite, comme si le temps lui était compté. Combien de secondes encore tiendrait-il à entendre leurs reproches dans sa tête ?

    Il finit par arriver dans un lieu tout à fait approprié à son problème. Le cabaret. Il y avait du bruit, des lumières, des danses, des bagarres… Il entra dans le bâtiment coloré au son de l’accordéon, passant devant les gens sans les voir, se laissant bousculer, manquant assez régulièrement de tomber dans la masse et de se faire écraser par les bottines à talons et les pieds sales des clients. Si ses jambes n’avaient pas tenu jusqu’au comptoir, il n’y aurait sûrement plus eu de William au Royaume. Tout juste une bouillie de peau et de vêtements sombres sur le plancher d’un cabaret miteux.

    Il commanda un verre de n’importe quoi, pourvu que ça l’empêche de penser. Il ne savait même pas ce qu’il y avait au fond de son verre, mais ça marchait. La musique se mit à résonner de plus en plus fort, remplaçant dans sa tête les murmures de reproches. Il ferma les yeux un instant. Il avait l’impression d’entendre les bruissements d’ailes d’un oiseau. Il suivait le cours de la rivière, ne pouvant résister à son emprise, et il se rapprochait de lui.

    Il ouvrit les yeux juste à temps pour voir apparaître une tête blonde parmi les inconnus. Ses yeux embrumés par l’alcool se plongèrent dans les abîmes de son regard, et le temps sembla se figer. Aleth. Il voulait dire quelque chose, s’effondrer en larmes devant elle et lui expliquer tout ce qu’il ressentait, déverser un flot de paroles dans ses oreilles jusqu’à ce que la source se soit tarie et qu’il redevienne l’ancien William, William le libraire un peu stupide mais à qui on pouvait accorder sa confiance. Mais aucun son ne s’échappa de ses lèvres. Il avait tout gâché.

    « Ex... Excusez-moi. »

    Il partait l’oiseau du bonheur, il s’enfuyait, traversant la foule torrentielle avec la force du désespoir, chaque pas l’éloignant de l’ex-résistant exténué. Cette pensée le déchira. Il ne voulait pas qu’elle parte. Si elle partait maintenant, quand aurait-il l’occasion de la revoir ? De lui expliquer, de lui demander pardon pour lui avoir caché la vérité pendant tout ce temps… Il se lança à sa poursuite, arrivant dans les rues sans même savoir comment il avait fait pour se défaire de la marée humaine.

    « A… Attend ! »

    Il courait comme si sa vie en dépendait, comme si cette tâche lumineuse à l’horizon était la seule chose capable de l’aider à retrouver le sommeil. Il avait l’impression de la perdre à chaque coin de rue, mais elle revenait toujours dans son champ de vision, comme s’il était guidé vers elle malgré l’alcool qui perturbait ses sens. Il la rattrapait, elle ne courait pas bien vite… Sa main finit par s’accrocher à son épaule, la freinant brusquement. Il était complètement essoufflé, ses cheveux noirs corbeau tombaient devant ses yeux et sa main tremblait, comme si elle hésitait entre la relâcher et la serrer de toutes ses forces pour qu’elle ne s’enfuie plus jamais.

    « Aleth… Je vous demande pardon. »

    Il chercha ses yeux du regard, il voulait qu’elle le regarde, qu’elle puisse lire dans ses yeux et comprendre qu’il ne lui mentait pas.

    « Je sais que vous m’en voulez, et c’est entièrement ma faute, mais si vous pouviez simplement me laisser une chance… Je-je voudrais que vous entendiez… la vérité. »

    Sa petite Aleth, celle qui voulait toujours tout savoir, jusqu’à quel point voudrait-elle ignorer la vérité à présent ? Jusqu’à quel point l’avait-il brisée ? Il pria intérieurement pour qu’elle soit toujours là, quelque part, cette gamine insouciante qu’il n’avait pas sût préserver.


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MessageSujet: Re: All that we are ▬ william   Dim 7 Oct - 20:04



But I still wake up, I still see your ghost

Plus je cours, plus je me dis que j'ai mal aux jambes. Plus je cours, plus mes pieds crient qu'il me faudrait des chaussures plus grandes. Plus je cours, plus ma tête pense que je suis la fille la plus stupide de la Terre. Combien de fois, au juste, me suis-je demandée pourquoi ? Pourquoi William m'a menti, pourquoi n'est-il pas comme je me le suis toujours imaginé, pourquoi ne peut-il pas tout simplement rester le bibliothécaire un peu bête que je connais ? Au moins un milliard de fois. Un milliard de milliard, même. Et maintenant que j'ai réussi à le croiser, maintenant que je pourrais avoir mes réponses...  je m'enfuis. Et je ne parviens pas à m'arrêter. Je m'essouffle, mes pieds et mes jambes me tiraillent, mais je continue d'avancer. Pour la première fois de ma vie, la vérité m'effraie. Elle me poursuit, me demande de l'attendre ; et je fais la sourde oreille. Non, non. Je n'entends pas, je n'entends rien. Ni ces pas dans mon dos qui se rapprochent, ni ce cri me priant de me stopper là, maintenant. Je ne veux pas. Chaque coin de rue s'ajoutant à mon chemin me noue un peu plus le ventre. Je ne sais pas où je suis. Je ne sais plus ce que je fais.
Une main tremblante agrippe mon épaule, je sens mes talons s'enfoncer dans mes chaussures, forcés à l'arrêt. Un moment je lutte, et puis j'abandonne. Je ne peux pas résister à cette main. Qu'est-ce que je dois faire, à présent ? Dites-moi ce que je dois faire. S'il vous plaît. Je suis incapable de choisir la route à suivre toute seule.

▬ Aleth… Je vous demande pardon.  

Je me tourne vers la voix. C'est un bon début, il me semble. Un demi-tour. Et puis, je la connais bien. Cette intonation. Familière. Elle, elle n'a pas changé. Tout a changé, alors pourquoi cette voix est-elle toujours la même ? Pourquoi a-t-elle résisté, quand moi je me suis effondrée ? Je sens mes lèvres trembler, les serre fort pour que ça ne se voit pas. Mes yeux, eux, se plantent sur le sol. Quels lâches. Ils ne veulent pas regarder William en face. Je sais bien qu'il cherche mes iris, lui, mais moi je ne peux pas. Si je lève les yeux. Si mes yeux se lèvent. Je.

▬ Je sais que vous m’en voulez, et c’est entièrement ma faute, mais si vous pouviez simplement me laisser une chance… Je-je voudrais que vous entendiez… la vérité.

Ah. Nous y voilà, alors. La vérité. La vérité ! Il est bien malin, n'est-ce pas ? Il sait. Il sait que j'ai toujours voulu tout savoir. Il sait les heures que nous avons passé à discuter de choses et d'autres, aussi tarabiscotées soient-elles, jusqu'à trouver la juste réponse. Même si moi je ne sais plus si ces heures ont été aussi importantes pour lui que pour moi, lui sait ce besoin que j'avais de connaître le plus petit événement dans ses moindres détails. Ce besoin que j'avais. J'avais. Avais. Parce que maintenant... Maintenant je ne sais plus trop. J'ai envie de savoir. De tout savoir. Mais ça va jusqu'où, ce « tout », au juste ? Est-ce qu'entendre des choses qui vont me faire du mal, c'est bien ? Est-ce que la vérité, quand elle transperce comme une lame bien aiguisée, est réellement nécessaire ? Est-ce que savoir le pourquoi du comment, cette fois, m'aidera à me relever ? Je doute tellement. Je ne sais pas. Je ne sais pas. C'est le bordel dans ma tête. Bon sang.
Je lève les yeux.
Et il est là. Il est vraiment là. Aussi essoufflé que moi, les cheveux en bataille, ses deux pupilles noires me fixant. Ses deux yeux sombres ne me lâchant pas une demi-seconde.
Alors son visage se trouble et mes larmes débordent.
Pourquoi est-ce qu'il a cet air aussi sincère quand je voudrais le détester de toute mon âme ? Pourquoi est-ce que je ne suis pas capable de rester de marbre, comme ces grandes dames fières et droites que l'on peut croiser à la Cour ? Pourquoi est-ce que je pleure pour une chose aussi minuscule quand d'autres vivent les pires horreurs sans sourciller ? Je me sens faible comme une enfant perdu dans le noir. Je hoquette, je renifle, j'ai les doigts qui tremblent, et je me hais.

▬ Vous m'a-avez menti... vous m'avez men-menti alors que vous ne deviez p-pas me mentir. C'est inju-juste. C'est to-totalement injuste.

Comme je ne pouvais pas m'arrêter de courir, je ne peux pas m'arrêter de pleurer. Je ne contrôle plus rien. Je grandis, je grandis, mais dans ma tête, je suis restée aussi évoluée qu'une môme de trois ans. Quel ridicule. Et puis c'est de sa faute, aussi, non ? Si seulement il avait été honnête. Si seulement. Si seulement. Non.

▬ Et je vous dé-déteste et je veux-veux savoir pourquoi et-et.

Le regarder dans les yeux, le regarder dans les yeux. Trembler, vaciller, pleurer, mourir ; mais ne pas lâcher son regard. Il faut que je sache. Je respire, profondément, comme je n'ai jamais respiré je crois. Je laisse un temps. Et puis je rassemble tous ces mots dans ma gorge et je les libère, d'un coup, comme des oiseaux sortant d'une cage.

▬ Si j'avais été mieux que ce que je suis, est-ce que vous m'auriez dit la vérité ?

Je sens mon cœur qui vacille. Je sens mes pieds qui ont mal. Je sens le froid, partout. Je sens les larmes qui roulent et roulent et roulent sur mes joues. Mais peu importe. Je sais ce que je veux.
Je n'ai buté sur aucun mot.

Oh Lord, I'm still not sure what I stand for...




Dernière édition par Lady Aleth le Mar 2 Juil - 12:28, édité 1 fois
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William

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MessageSujet: Re: All that we are ▬ william   Mer 26 Déc - 2:03

    Il pleure. Il pleure l’oiseau du bonheur. Et William ne pouvait que regarder les larmes couler, amères, acides, corrosives. Il aurait voulu les essuyer, créer un barrage au bord de ses yeux bleus, ou encore les boire toutes jusqu’à la dernière goutte, quitte à se brûler la gorge. Parce que c’était de sa faute si ces larmes coulaient. Entièrement et uniquement de sa faute. Mais il n’avait pas le droit de bouger, pas pour l’instant. C’était à elle de parler, à elle de dire si elle acceptait de l’écouter.

    « Vous m'a-avez menti... vous m'avez men-menti alors que vous ne deviez p-pas me mentir. C'est inju-juste. C'est to-totalement injuste. »

    La seule chose qu’il aurait pu dire, c’était « Pardon. » Il l’aurait répété en boucle, d’une voix faible, fermant les yeux, pliant sous le poids des accusations qu’elle faisait peser sur lui. Mais il devait affronter. Il n’avait pas le droit de fuir, plus maintenant. Il avait fui trop longtemps.

    « Et je vous dé-déteste et je veux-veux savoir pourquoi et-et. »

    Ces mots lui faisaient plus mal que mille lames incandescentes. Mais il ne la quittait pas des yeux. Il sentait que, s’il s’avisait de lâcher ne serait-ce qu’une seconde son regard, tout serait perdu. Au fond du puits. Tout au fond, avec le couvercle par-dessus. Alors il la regardait William, il caressait son visage avec les yeux. Elle n’avait pas changé à l’extérieur, si on exceptait ses yeux rougis et ses joues ruisselantes de larmes. Elle était toujours Aleth. Et pourtant, quelque chose s’était cassé en elle. Il le voyait bien. Et c’était de sa faute. De sa faute. De SA faute. Comme il aurait voulu se cacher en cet instant précis, il avait tellement honte. Mais Aleth se mit à parler, d’un ton plus assuré cette fois. Et tout s’arrêta.

    « Si j'avais été mieux que ce que je suis, est-ce que vous m'auriez dit la vérité ? »

    Des glaçons. Des glaçons jetés sur lui, d’un seul coup. Un bac d’eau glacée. Il se noyait dans trente centimètres de larmes.

    « M-mieux ? »

    Ses yeux étaient écarquillés, comme s’il avait du mal à croire ce qu’il venait d’entendre. Était-elle sérieuse ? Il avait presque envie de s’énerver pour le coup. Mais William le libraire ne s’énervait pas.

    « J’espère que vous plaisantez. »

    Il avait juste oublié un léger détail. Il n’était plus William le libraire. Enfin, plus uniquement. Il était un homme perdu. Et un homme perdu, ça a toutes les raisons de s’énerver. Son poing partit subitement s’écraser contre le mur à côté d’eux. Il avait mal, mais ça l’aidait un peu à contenir sa fureur. Dans ses yeux, il y avait de la colère, mais surtout une grande tristesse.

    « Comment pouvez-vous penser ça Aleth… Comment pouvez-vous penser ça ?! C’est… C’est entièrement de ma faute ce qui arrive, je suis juste pitoyable, je pensais vous protéger en faisant ça et… Et j’ai tout détruit, j’ai… »

    Il ravala un sanglot, baissant pour la première fois les yeux. Il avait mal, tellement mal. Pas au poing, ça il s’en fichait. Il avait mal à la poitrine. Il avait l’impression qu’un étau lui enserrait le cœur. Et pourtant, il finit par trouver le courage de dire les mots qui lui brûlaient les lèvres.

    « Mais vous Aleth, vous n’y êtes pour rien. Vous ne pouvez pas être mieux que ce que vous êtes, parce qu’à mes yeux, vous êtes déjà parfaite. J’aurai tant voulu éviter que votre visage soit souillé par les larmes, mais au lieu de cela… Pardonnez-moi, j’aurai dû avoir confiance en votre force. »

    Et il s’inclina devant elle, implorant son pardon. Il était prêt à ramper comme un vers de terre, pourvu qu’elle daigne lui lancer un regard. Aleth était… Aleth était la personne la plus importante à ses yeux.


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MessageSujet: Re: All that we are ▬ william   Mar 2 Juil - 13:17



I'm holding on your rope, got me ten feet off the ground

Peut-être que je suis folle.
Le visage de William vire au blanc plus pâle que pâle et je regrette, un peu. Il doit me prendre pour une imbécile, une sale gosse qui pleure trop. Mais je suis Aleth, et au fond, je n'ai jamais de regret. N'est-ce pas ? Je suis celle qui demande tout, tout le temps, qui veut tout savoir, pour pouvoir mourir sans avoir aucune autre question en tête.
Je veux mourir en sachant tout ce que j'ai voulu savoir.
Mais aujourd'hui ça me paraît si difficile que je serais presque prête à laisser tomber ma question. Abandonner, rien qu'une fois. Faire comme les adultes et oublier ce qui fait trop mal pour être entendu, ne pas affronter la réalité. William a bien failli à ses principes en me mentant. Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas faire une entorse à mes propres idéaux. Pour une minute, une heure. Être celle que je ne suis pas.

« M-mieux ? »

Mais il est trop tard, trop tard, c'est trop tard depuis que j'ai ouvert mes lèvres pour lui parler la toute première fois de notre toute première rencontre. A partir de ce moment il est devenu quelqu'un. Et moi je suis moi. Je ne peux pas m'empêcher de vouloir savoir ; de vouloir tout connaître de mes amis.
On ne peut pas nous changer. Non, on ne peut pas.
Il était déjà trop tard.
Je vois ses yeux qui s'écarquillent et je sens mes larmes qui se tarissent doucement, comme pourrait s'arrêter la pluie.

« J’espère que vous plaisantez. »

Son poing va s'abattre contre le mur de droite et mon cœur bondit dans ma poitrine. Je ne le connais pas, je ne le connais pas, je ne connais pas cet homme là. Il y a comme de la fureur dans ses yeux ; et puis autre chose que je ne comprends pas. Il y a si peu de choses que je parviens à saisir, maintenant. Je pensais pourtant le connaître par cœur. Peut-être que je suis folle. Peut-être qu'il est fou.
William, soyons fous ensemble, d'accord ?
J'aimerais lui dire. Peut-être qu'il est trop tard pour ça aussi. Peut-être que j'ai encore fais une erreur. Un pas en avant, trois pas en arrière. La vie serait-elle une danse ? Malheureusement, je ne sais pas danser.

« Comment pouvez-vous penser ça Aleth… Comment pouvez-vous penser ça ?! C’est… C’est entièrement de ma faute ce qui arrive, je suis juste pitoyable, je pensais vous protéger en faisant ça et… Et j’ai tout détruit, j’ai… »

Il a l'air de souffrir, et j'ai cette envie irrépressible de disparaître. Lui prier d'oublier, de m'excuser, et partir en courant. Je suis Aleth, Aleth, Aleth. Je suis celle qui affronte tout sans ciller. Et aujourd'hui, pour la deuxième fois en une poignée de minutes, je veux simplement fuir. Ne plus le voir baisser les yeux, ne plus le voir s'incliner devant moi. Arrêter d'être celle pour qui l'on se plie en quatre. Qui suis-je pour oser lui demander la vérité ? Qui suis-je.
Je continuerai donc toute ma vie à me poser cette question infernale ?

« Mais vous Aleth, vous n’y êtes pour rien. Vous ne pouvez pas être mieux que ce que vous êtes, parce qu’à mes yeux, vous êtes déjà parfaite. J’aurai tant voulu éviter que votre visage soit souillé par les larmes, mais au lieu de cela… Pardonnez-moi, j’aurai dû avoir confiance en votre force. »

J'aurais dû être soulagée. Ce n'est pas de ma faute, ce n'est pas moi. Pourtant je me sens juste misérable. L'obliger à plier devant moi ; on dirait ma mère. Il dit qu'il aurait dû avoir confiance en moi. Finalement, j'aurais sans doute dû lui faire davantage confiance également. Il a toujours veillé sur moi. Il ne m'est jamais rien arrivé. Il m'a prêté ses livres et il a toujours répondu à toutes mes questions, même les plus compliquées. Il était là quand je me faisais mal aux genoux en tombant, ou quand j'étais trempée à cause de la pluie. Il a toujours, toujours été là. Il a suffit d'un courant d'air pour que tout s'écroule, pour que j'oublie tout. Je ne suis qu'une imbécile. William, c'est William.

« Je m'excuse. Je vous ai menti, moi aussi. »

Il n'y en a pas deux différents. Il n'y a que moi. Moi qui ne connais qu'une partie de lui.
Je prends une de ses mains, doucement. Elle est si grande. Et je suis si petite. Je voudrais être grande. Je voudrais avoir plus de force, encore, toujours, et je voudrais lui faire relever ses yeux noirs. Je ne peux pas ; pas encore. Alors je parle, juste. Parce qu'actuellement, c'est tout ce que je sais encore faire.

« J'ai dis que je vous détestais., et c'est faux. Je ne pourrais jamais vous détester. »

Sinon, qui répondrait à mes questions ? Qui serait là les jours de pluie ? Qui me poursuivrait, la nuit, pour me voir pleurer.

« Jamais. »

A présent, tout ce que je demande, c'est de pouvoir mourir plus tard. En connaissant cette partie de lui que je découvre à peine.
Ah.
Peut-être que je suis folle.

I'm hearin what you say but I just can't make a sound




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MessageSujet: Re: All that we are ▬ william   Mer 24 Juil - 15:21

    Je crie ton nom sur les chemins


    Il attendait. La tête baissée, les larmes aux yeux, le bras retombé le long de son corps, les phalanges dont s’échappait un liquide sombre. Plic ploc sur les pavés. Le temps s’était figé dans cette petite ruelle perdue dans la nuit. L’attente était à la fois trop longue et trop courte. Au fond, il avait peur qu’elle parle. Mais il avait aussi peur qu’elle ne parle pas, plus jamais. Mais ce silence mettait son cœur à rude épreuve.

    « Je m'excuse. Je vous ai menti, moi aussi. »

    Ces mots étaient comme un signal lui indiquant qu’il avait, maintenant, le droit de relever la tête, de poser ses yeux gris sur son visage juvénile. Il ne parvenait pas à déchiffrer son expression, peut-être parce qu’elle n’en avait pas. Elle était une énigme, une énigme dont elle-même n’avait pas la solution. Elle lui attrapa la main avec beaucoup de douceur, c’était celle qui était sale, meurtrie, mais elle sembla ne pas s’en rendre compte. Aleth, elle ne voyait pas ses blessures, elle allait au-delà de ça. Sa peau était si douce comparée à la sienne. Innocente.

    « J'ai dit que je vous détestais, et c'est faux. Je ne pourrais jamais vous détester. »

    Vous connaissez ce moment de plénitude lorsqu’un poids se retire de vos épaules ? C’était à peu près ce que ressentait William à cet instant précis. Elle ne le détestait pas. Il n’était pas sûr de mériter son amitié, mais à vrai dire il s’en moquait. Du moment qu’elle ne le détestait pas.

    « Jamais. »

    Le regard du libraire s’adoucit subitement. Toute la tristesse qui l’avait accompagné ces derniers jours semblait s’être envolée, légère plume blanche dans les courants d’air. Il lui sembla respirer plus facilement aussi. Il raffermit sa prise sur la main de la demoiselle, approchant ses lèvres à quelques centimètres de celle-ci. Il ne savait plus où il avait appris à faire les baisemains, dans un livre peut-être ? En tout cas il ne l’avait jamais mis en pratique. Ses yeux pétillaient lorsqu’il murmura :

    « Vous m’en voyez ravi, ma Dame. Je ne saurais vivre complètement sans votre présence. »

    Et il pensait chacun de ces mots. Il avait l’impression d’être vide lorsqu’il ne la voyait plus arriver dans sa boutique en pestant contre la poussière. Sa vie n’avait plus d’importance sans ces quelques moments de joie.

    « Faites-moi une promesse, Aleth. »

    Il se redressa lentement, autant pour ne pas l’effrayer que pour ne pas s’effondrer à cause de son genou engourdi. Elle était si petite… Comment une chose aussi petite pouvait-elle avoir une place aussi importante dans son cœur ? Il tenait toujours sa main, juste assez pour qu’elle puisse la retirer quand elle le souhaitait.

    « Promettez-moi que vous reviendrez dans la librairie. Aussi souvent que vous le souhaiterez, je… »

    Il s’arrêta un instant, semblant réfléchir, avant de lâcher sa main pour tirer une cordelette qui pendait à son cou. Il la fit passer par-dessus sa tête avant de la lui tendre, la petite clé en ferraille se balançant au gré du vent.

    « Prenez-la. Même si je ne suis pas là, il vous suffit de passer par la porte de derrière. Comme ça, vous aurez toujours quelque part où aller… »

    Dans la tempête qu’ils vivaient actuellement, il était rassurant d’avoir un port où revenir dès que les choses s’agitaient un peu trop. Mais lui, son port c’était elle. Elle le guidait dans la nuit, sans elle il était aveugle.


    « Ramène-moi à la maison… »

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Vengeance masquée
L'âme pure et innocente
Entachée de sang



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All that we are ▬ william

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