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 "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]

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Armand

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MessageSujet: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Sam 7 Juil - 22:55

    Cette nuit-là était claire. Les étoiles brillaient pour lui, teintant d'irréel chaque objet faiblement illuminé du cachot. C'était une lumière pâle, tristement sombre, à l'image du nouveau « propriétaire » des lieux.
    Armand s'éveillait tout juste. Du fait de la monotonie de ses journées (ressasser ses pensées était la plupart du temps son unique activité – ah ! les philosophes avaient raison, c'est en prison qu'on réfléchit le mieux.), malgré le cycle du soleil pour se repérer plus ou moins, il lui arrivait de dormir au beau milieu de l'après-midi pour se réveiller ensuite bien avant l'aube. Il réprima un bâillement. Si seulement il avait de quoi faire... Il lui semblait que c'était la première fois de sa vie qu'il s'ennuyait. Enfant, il occupait son temps par les études, apprenant tout ce qui était à sa portée pour exceller dans le plus de domaines possibles. Adolescent, il passait ses journées avec Louis... Un frisson. De nouveau, il tâta les bords sanglants du vide qui s'étendait en lui, plaie béante et noire. Chaque jour, il s'évertuait à remplir ce gouffre de haine, de tristesse, de rancœur – il n'osait le combler avec ses joies passées ; les souvenirs faisaient mal, il préférait les arracher que cicatriser avec : les souvenirs, il les gardaient cachés au fond de lui, parfois pour raviver sa plaie et haïr d'avantage, parfois seulement pour se rappeler qu'autrefois, il y eut quelque chose de pur en lui –, mais le vide était profond, long à remplir.
    Enfin, après tout, il avait tout son temps devant lui, maintenant. Il soupira.
    Annonciatrice de l'aube, la lumière pâlissait de plus en plus. L'estomac d'Armand grogna. Il jeta un regard las au plateau vide près de la porte – il faudrait qu'on lui apporte de quoi manger, aujourd'hui. Et ce serait bien qu'il y ait de la viande au repas, aussi. Il se composa un menu idéal (menu qui ne tiendrait jamais sur un simple plateau mais passons) et s'imaginer en ordonner l'élaboration au prochain visiteur. Se tournant vers le minuscule soupirail, il lança :

    « Rapporte donc ce pain en cuisine, manant, ce n'est pas digne d'un Prince ! Je voudrais plutôt... »

    Il s'interrompit. Ses rêves ne duraient jamais très longtemps : demander un festin, bien sûr ! Autant réclamer un appartement plus confortable, avec une baignoire et un vrai pot de chambre, et une baie vitrée donnant sur les jardins, tant qu'il y était. Rien que pour que les rebelles daignent lui accorder un seul vrai repas, que devrait-il faire ?

    « Hors de question de faire la pute pour un morceau de faisan... » marmonna-t-il tout bas.

    Derrière lui, la porte claqua. Armand se retourna vivement.
    L'homme ne semblait pas beaucoup plus âgé que lui. Son visage lui évoqua tout de suite quelque chose, ne serait-ce qu'à cause de la cicatrice qui lui barrait la moitié du visage... Oui, il le connaissait, et pour avoir déjà baigné dans des affaires douteuses concernant les révolutionnaires. Shad le soupçonnait. Visiblement, il avait bien raison.

    « Tiens, tiens... Hier une ancienne femme de chambre, avant hier un notaire nommé à l'Assemblée, aujourd'hui, un ancien cuisinier. Vous êtes tous montés en grade, ma parole. »

    Quelle gigantesque farce, pensa Armand. Si les moutons se retournent contre le loup, ils n'en deviennent pas pour autant des prédateurs. C'est ridicule et inconvenant.
    Les yeux du prince déchu étincelèrent :

    « Je me demande quelle fonction tu occupes à présent : magistrat ou simplement larbin ? »

    Ah, j'imagine le tableau, un ancien commis en juge ! Armand s'en serait tenu les côtes si la situation n'était pas aussi tragique. Mais il y avait autant de curiosité que de provocation dans sa voix. Après tout, il était rare d'avoir de quoi s'occuper aux cachots.

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Vidal

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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Mer 11 Juil - 18:39


    Vidal se promenait dans le château. Depuis que tous ces vautours l'avaient déserté, il était partiellement calmes. Certaines chambres avaient été récupérées par les magistrats nommés, bien sûr, d'autres étaient vides, remplis de l'austère fantôme de leur ancien occupant. C'était le cas de la chambre de Louis et d'Armand, prenant la poussière au fur et à mesure. Vidal s'arrêta à la porte, la poussa et rentra dans ce qui pouvait être le sanctuaire des anti-révolutionnaires. Tout ici indiquait les vestiges d'une gloire passée : les tableaux accrochés au mur, le lit encore bordé, comme s'il attendait désespérément le retour de ses propriétaires. Impossible. Par contre, nulle trace de l'ancien roi déchu, leur père. Il se dirigea vers l'armoire et, d'un geste presque nostalgique, en sorti un habit de gala. Il avait appartenu à Louis...Louis...ses pensées étaient presque amères en souvenir de ce nom. Malgré ce que l'on pouvait penser, Vidal était loin d'être un sauvage. Il avait certes assisté à l'exécution de Louis, mais...il n'avait pas pris par à tous ces « youpis » ou « hourras » que l'on pouvait entendre à ce moment-là. La mort de quelqu'un n'était jamais un moment agréable, et puis il ne voyait pas comment il pourrait se réjouir d'avoir exécuté même le plus idiot des gamins de 14 ans.

    Son frère devait être dans un drôle d'état. D'habitude, Armand était celui qui était le plus intransigeant. S'il avait pu rencontrer Louis une fois, par hasard, dans la bibliothèque, Armand était le plus inatteignable. Il serait intéressant d'aller le voir, d'ailleurs, rien que pour le tester. En effet, dans tout ce bourbier, Vidal était un homme qui avait un rôle un peu obscur. Il était chargé de débusquer tout ce qui avait un lien avec la royauté. Une sorte de police secrète à la solde du régime, quoi. Bon...il enleva tout ce que l'armoire pouvait contenir, vêtements de parade, collants, chapeaux, tout ce que les princes avaient pu accumuler avant leur destitution. Vidal les fouilla correctement et puis les laissa en état, prêts à prendre la poussière ou à être piqués par un voleur. Il prit juste un espèce de petit foulard qui devait appartenir à Louis, le renifla et sortit de la pièce. Le château était bien calme. Lui-même ne travaillait plus en cuisine, il avait été remplacé par un nouveau commis qui, décidément, était bien plus compétent. Lui au moins ne cassait pas tout ce qu'il avait entre les mains et ne s'absentait pas pour tout et n'importe quoi. Le chef cuistot devait être content.

    Finalement, serrant le foulard d'une main, il se dirigea presque automatiquement vers les sous-sols. Il était connu parmi les gardes dont certains faisaient partie, avant les évènements, de la résistance. Il avait donc tous les laissez-passer disponible. Sans compter qu'aller interroger les prisonniers pour avoir des informations était maintenant clairement de son ressort. Ce qu'il allait faire...c'était un gros poisson ; c'était d'ailleurs en partie pour cela qu'il avait pris ce foulard sentant encore l'odeur de Louis. Il hocha la tête et les gardes se reculèrent, le laissant entrer dans la petite pièce. À l'intérieur, une forte odeur de renfermé. L'homme qui y était semblait se parler à lui même.

    « Oui ? »

    Ha...il l'attaquait, d'accord. Armand devrait pourtant profiter de sa présence pour discuter un peu. Il n'en avait pas souvent l'occasion, non ? Vidal lui avouerait sans doute quel avait été son rôle pendant son règne. Il était hors de question que le Prince le prenne pour un de ces minables vautours qui, passivement, n'attendaient que ce moment pour monter en grade. Pour l'instant, sans dire mot, il se contenta de se diriger vers le lit du jeune homme et s'asseoir dessus. Quel âge avait-il ? 17 ans ? C'était jeune, pour perdre quelqu'un. Jeune pour devenir un dictateur sanguinaire, trop jeune pour passer le restant de sa vie enfermé. Même s'il détestait ce type lorsqu'il était au pouvoir, à ce moment-là, Vidal eut presque pitié de lui. Il ne voyait là qu'un gamin, qui avait pris la grosse tête, certes, mais un simple gamin à qui on avait remis de trop gros jouets un peu trop tôt.

    « Vous vous souvenez de moi ? Étrange, mais je ne m'y attendais pas...mon nom est Vidal. Et non, je ne suis pas un de ces vautours. La révolution, j'oeuvre pour depuis le tout début, je n'ai pas pris le mouvement en route ni rien du tout. Je suis le chef de la résistance. Enfin, nous nous confrontons, Prince. »

    Il l'appelait tout de même par son statut, combien même était-il désuet et inutile. « Mon Prince », la marque d'un passé qui ne reviendrait jamais, combien même Armand attendait que ses chers amis viennent à son secours. « Mon Prince »...éternel mirage qui le conforterait dans une petite bulle en attendant la mort. Celui-ci ne pourrait jamais s'habituer à la nouvelle société telle qu'elle l'était.

    « Je vous ai ramené quelque chose, j'ai pensé que...l'odeur pourrait vous aider. Je connais cette douleur, elle ne m'est que trop familière. Je ne me gausserai pas devant votre mal-être et j'en truciderai même un ou deux de mes mains si je le pouvais. Cette décision n'était pas la mienne. »

    Il lui tendit le foulard ayant appartenu à lui, poignet dans le vide, attendant qu'Armand se déplaça de lui-même pour aller le chercher. Il ne ferait pas de mouvement supplémentaire : après tout, même s'il avait contribué à faire tomber le régime, ce n'était pas pour cela qu'il devait être désagréable avec Armand et...s'attirer sa haine. Même si pour devenir son meilleur ami, cela semblait vraiment être mal parti.

    « Certains me qualifieraient de bourreau...mais ce n'est pas mon métier. Je veux simplement discuter avec vous. Êtes-vous d'accord ? »


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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Ven 20 Juil - 21:53

    « Vous vous souvenez de moi ? Étrange, mais je ne m'y attendais pas...mon nom est Vidal. Et non, je ne suis pas un de ces vautours. La révolution, j'œuvre pour depuis le tout début, je n'ai pas pris le mouvement en route ni rien du tout. Je suis le chef de la résistance. Enfin, nous nous confrontons, Prince. »

    Tiens, tiens... Intéressant. Alors il se trouvait enfin face à celui qu'il avait traqué tout ce temps. Celui qui était la clef de la révolte et qui avait été sous son nez même. Pour le coup, Armand se trouvait stupide. Dire qu'ils n'avaient cessé de jouer au jeu du chat et de la souris, pendant de longs mois. Malheureusement, dans ses projets princiers, c'était lui, le chat.
    Toute souris qu'il était au fond de son cachot, Armand avait noté que le Résistant l'avait appelé par son titre. Sarcasme ? Effort de nostalgie ? Respect ? Armand s'en moquait : Prince il était né, Prince il resterait. Après tout, même rejeté, Lucifel était resté ce qu'il était était : un ange - titre auquel on avait simplement ajouté l'adjectif déchu. Armand était donc un Prince destitué. Mais Lucifel avait eu la bonne idée de faire évoluer son grade à celui de roi des démons. Conception intéressante. Mais passons.
    Quoi que pense Vidal, Armand, lui, respectait son ennemi. Après tout, celui-ci avait eu le mérite de créer et organiser la Résistance – même si la réussite finale de cette dernière tenait surtout de l'imbécilité d'Armand et son frère, trop renfermés sur eux-même pour prêter attention à la colère grandissante du peuple affamé. Armand soupira intérieurement. Tant de leçons de politique pour finir comme ça, c'était idiot.
    Avant qu'Armand ne puisse réagir à la présentation de l'ancien chef cuisinier, son attention fut attirée par autre chose. Quelque chose que Vidal tenait à la main, et qu'il ne mit en évidence qu'à ce moment là.

    Il refusa de croire ce que c'était et d'où il venait, et pourtant, il l'avait reconnu sans problème aussitôt : c'était un foulard qui avait appartenu à Louis. Le garçon aimait le mettre à l'Automne, quand la brise commençait à se rafraichir. Il le nouait autour du col de sa chemise et le rentrait dans sa veste fermée à la manière d'un monarque, comme son grand frère le lui avait appris. Armand se souvenait de tout. Du sourire de l'enfant au milieu des feuilles mortes, quand il n'y avait personne à impressionner autour d'eux et qu'il pouvait enfin être sincère ; de ses sanglots étouffés, entrecoupés de cris de rage, quand on l'avait trainé sur l'échafaud, sa nuque entièrement exposée à la foule haineuse et à la hache fièrement aiguisée.
    Il sentait plus que tout son cœur battre douloureusement, comme s'il peinait à s'activer dans sa cage, comme s'il cognait avec trop de force contre la paroi. Armand se fixa sur ce rythme lent et difficile, repoussant une énième fois le cri secoué de larmes qui hantait ses nuits, ses jours, sa vie.
    Vidal attendait désormais, bras tendus. Armand n'avait que vaguement entendu ce qu'il avait dit, focalisé qu'il était sur le foulard – il s'innocentait, semblait-il. Ah ! Quelle horrible facétie. Comme un goût amer au fond de la gorge. Il n'avait même pas envie de l'entendre se justifier de quoi que ce soit. Tout le monde était haïssable.

    « Je... n'en veux pas. » parvint-il à articuler faiblement, avec autant d'acrimonie que possible.

    Et il lui tourna le dos, pour aller s'asseoir sur la petite table contre le mur. Il préférait que Vidal prenne ça pour de la fierté, plutôt que de la lâcheté. Le foulard devait être glacé. L'odeur, certainement froide aussi. Armand avait peur que cette odeur lui rappelle non pas celle de son frère, mais celle d'un corps inerte et poussiéreux. Ses mains tremblaient à cette idée repoussante.

    Il reprit son souffle lentement. Rien ne s'était passé. Tout était oublié, il reprendrait la conversation là où il l'avait laissée. Quand la boule dans sa gorge disparut enfin, il dit, l'ombre d'un sourire aux lèvres :

    « Mais j'accepte en revanche ton aimable proposition. Il est rare d'avoir l'occasion de discuter, ici bas. Encore moins... avec son ennemi officiel. »

    A cette dernière phrase, son sourire devint plus marqué, plus acerbe.

    « Alors ? Quel effet cela fait, d'avoir enfin atteint son but ? De posséder enfin le pouvoir. »

    Cela aussi, Armand s'en souvenait parfaitement, avec une sorte de joie cruelle, enfantine (et ironique, vu sa position actuelle) : ce jour où enfin, il avait grimpé sur le trône de son père, du sang royal encore plein les mains.
    Vidal aussi devait avoir les mains sales. Le sang allait toujours de pair avec le pouvoir.

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Vidal

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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Mar 24 Juil - 20:00

    Il s'attendait complètement à cette réaction. Le bout de chemise, tout ce qui restait de Louis. S'il n'avait été exécuté devant ses yeux, Vidal aurait pu penser qu'ils l'avaient mis autre part pour entretenir une certaine pression auprès de son pression. C'aurait été un peu plus intelligent que le tuer, d'ailleurs. Mort, le Prince Louis ne leur servait à rien. Son frère n'était même plus retenu par une laisse et n'avait plus de limites. Vidal n'approuvait pas ce choix, et même s'il était influent à l'Assemblée, il n'avait pas son mot à dire là-dessus. Pour un prince faisant un deuil, Armand lui semblait bien noble et fier, en tout cas. Il sourit tristement, se rappelant son propre comportement après l'explosion de sa demeure et la perte de sa famille...son père vivait toujours, quelque part. Mais dans quel état ?

    Il rangea le foulard dans son vêtement, ne voulant pas infliger à Armand à nouveau la vue de cet objet appartenant à l'être aimé. Même s'il faisait comme si tout allait bien, Vidal se doutait que ce n'était pas le cas. Jamais. Ce n'était jamais le cas, un deuil mettait parfois tout une vie à être fait, surtout lorsqu'il...lorsque c'était celui d'un amant. Armand s'assit sur la petite table, lui choisit de s'asseoir sur le lit. Un peu de paille, une couverture. Cela ne ressemblait en rien au beau palais dans lequel le Prince avait pu vivre pendant toute sa vie. Vidal esquissa un sourire, se disant que malgré toute sa fierté, le Prince devait...beaucoup s'embêter et souffrir. Pas besoin de bourreau, alors.

    « Ennemi officiel...je trouve cela un peu poussé. Je suis juste un homme, comme tout les autres. Et pour répondre à votre question, Prince, nous...rétablissons l'équilibre. Distribuons à manger au peuple, avons ouvert les frontières. Je partirais vers d'autres horizons lorsque tous les problèmes seront réglés. À l'origine, je n'étais qu'un voyageur, je n'aurais jamais dû cessé de l'être. »

    Il croisa ses doigts, mit les coudes sur ses genoux, en position de parfaite réflexion. Cette cellule sentait l'humidité et...autres choses sur lesquelles il ne voulait pas mettre de mots. Il ne savait pas où passaient tout ce qui ressortait de Armand, sûrement un trou quelque part par là, mais...il ne voulait pas savoir où. À moins que ce ne soit un seau. Le prisonnier risquait de s'évader par le trou ; Vidal secoua la tête pour enlever ces sinistres et dégoûtantes pensées de celle-ci. Ce qu'il était en train de faire avec Armand était plus qu'une simple discussion, mais vous vous en doutiez, je le suppose. En effet, depuis quelques jours, le royaume était sujet à des explosions. Vidal supposait qu'elles étaient menées par des nobles qui exigeaient par ce biais la libération d'Armand. Leur prince contre la vie des civils, tout simplement...et pourtant, pourtant, Vidal avait des doutes. Il se souvenait toujours de ces mêmes explosions, avant qu'ils prennent le pouvoir, et de l'accusation à la résistance de porter attente à...

    « Les explosions. Savez-vous quelque chose ? Vous rappelez-vous ces explosions qui faisaient trembler le palais et desquelles on disait qu'elles étaient la faute de la Résistance ? Notre faute ? Aujourd'hui, il y en a plus. La nuit, souvent, plus pratique. Beaucoup disent que ce sont vos amis exigeant votre libération, mais moi...moi, je crois autre chose...les explosions d'avant, et celles de maintenant, ce serait les mêmes...et dans ce cas-là, nous aurions un ennemi en commun, et nous ferions même de nous allier avant qu'il ne soit trop tard. Qu'en pensez-vous ? Si je vous fais sortir de ce cachot et vous amène à votre chambre, seriez-vous prêt à vous allier à moi ? »

    Il leva la tête, le fixant de toutes ses forces. Vidal était décidé à protéger les petites gens qui vivaient entre ces murs et le ferait jusqu'au bout. Mine de rien, le garçon était quelqu'un d'honnête, de décidé. Il n'y avait pas de raison pour qu'il ne le fasse pas...pas de raison pour qu'il n'aille pas jusqu'au bout de sa tâche.

    « Je ne pourrais pas vous rendre Louis, désolé, Prince. Juste votre dignité. »
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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Jeu 26 Juil - 21:30

    Décidément cet homme était particulier. Il avait enjoint des habitants à suivre sa cause, soulevé le peuple entier, renversé des siècles de monarchie, et avait enfin l'occasion de s'approprier tout un Royaume pour le remodeler selon son bon goût... Et tout ce qui l'intéressait, c'était de partir ? Armand ne comprenait pas. Lorsqu'une pâtisserie succulente se présente sous notre nez, on la dévore : on n'arrange pas la décoration en sucre glace pour l'abandonner au prochain passant. C'était d'une logique irréfutable.
    Voilà sans doute en quoi Vidal et lui étaient si différents, tout en étant tout les deux des chef d'État.
    Non. Là encore, Armand nota une nouvelle opposition : lui, était destiné depuis sa naissance à recevoir la couronne. Toute son enfance avait tendu vers ce jour. Et s'il avait précipité le destin pour s'emparer du pouvoir avant l'heure, ce pouvoir lui était quand même réservé à la base. Vidal, lui, n'était en rien un futur chef : le pouvoir, il l'avait saisi de lui-même en gravissant les échelons qui le séparaient d'Armand. En cela, il était certainement plus ambitieux... Mais en même temps, moins, puisqu'il était décidé à léguer la direction du pays à d'autres.
    Non, vraiment, Armand ne comprenait pas.

    « Les explosions. Savez-vous quelque chose ? » reprit Vidal. Armand ouvrit aussitôt la bouche, avec l'envie de répondre « Bien sûr. Elles étaient de vôtre fait. », mais l'homme poursuivit avant qu'il ne puisse parler. La suite du discours laissa Armand plus ou moins étonné. Tiens donc ? Les attentats se poursuivaient encore aujourd'hui ? Non en effet, il ne pouvait pas s'agir des monarchistes cherchant à le faire évader : en quoi ces explosions auraient-elles fait avancer sa sortie de prison ? Non, il fallait logiquement se montrer plus discret pour ce genre de chose. Il y aurait donc eu, depuis le début, un deuxième ennemi ? Tapis dans l'ombre des résistants, plus fourbe et plus discret... Il se demanda s'il devait croire cela. Mais après tout, Vidal n'avait pas que cela à faire de mentir à un homme supposé passer le restant de ses jours dans un cachot. Cela ne l'aurait pas avancé à grand chose. Encore moins avec une issue aussi originale à son discours.

    Presque par habitude politique, Armand décortiqua les propositions du Résistant. Vidal se montrait malin. Il s'y prenait de trois façons successives pour le convaincre : usait de tentation en lui proposant de le faire sortir (la perspective de dormir dans un vrai lit, d'observer le monde depuis de vraies fenêtres et d'avoir un vrai pot de chambre étaient autant de détails qui avaient leur importance en ce moment, il était aisé de le deviner) ; l'amadouait en se montrant presque attendri par le sort de Louis et le sien ; défiait son orgueil pour finir. Quelles que soient ses motivations pour arrêter les terroristes, elles devaient être très fortes, pour vouloir à ce point s'assurer de la collaboration d'Armand.
    Seulement, il en fallait plus pour le convaincre.

    « Pourquoi aider ceux qui m'ont jeté aux cachots ? En quoi cela m'avancerait-il de quitter une prison pour une autre ? Tu me rendrais ma chambre, Vidal, pas ma liberté. »

    Quant à sa dignité... Le prince éclata de rire. C'était... risible, il n'y avait pas d'autre mot.
    Vidal avait raison, l'honneur d'Armand était certainement ce qui était le plus à même de le persuader de l'aider. Et pourtant, il semblait à l'adolescent que c'était chose impossible que le lui rendre. Il savait que Vidal ne parlait pas seulement de sa dignité humaine, auquel cas il suffisait en effet de lui offrir une nouvelle prison pour qu'il puisse la retrouver. Mais Vidal parlait sans doute aussi de sa dignité morale... Et semblait sous entendre que c'était en aidant le peuple qu'il avait martyrisé qu'Armand la retrouverait.

    « Et puis, tu es bien utopiste. Supposons que j'accepte de m'allier à toi – supposons-le seulement –, de quelle manière t'y prendrais-tu pour que mon aide soit tolérée par les autres résistants ? Quand bien même je voudrais retrouver un semblant d'honneur, il te serait impossible de me le rendre sans te mettre tous tes alliés à dos. »

    Armand s'était mis à jouer de ses ongles contre le bois de la table sur laquelle il était assis, légèrement nerveux sous son sourire suffisant. En fait, c'était surtout ce point qui rendait difficile toute collaboration à ses yeux – car après tout, perdu pour perdu, il pouvait bien se divertir en traquant de nouveaux ennemis et accéder à sa chambre en attendant que ses serviteurs le remettent sur le trône. Mais vraiment, le dernier problème persistait. Il soupira en résumant la difficulté :

    « C'est simple, Vidal : si tu étais à ma place, comment pourrais-tu retrouver la confiance du peuple que tu as torturé ? »

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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Mar 31 Juil - 21:38

    Bien sûr qu'il n'aurait pas sa liberté...et aussi utopiste qu'il l'était, s'il souhaitait que tout le monde puisse vivre en cohabitation les uns avec les autres, Vidal avait une mémoire. Et quelle mémoire ! Il se souvenait des exécutions de résistants, à son grand désespoir, des hommes qui n'avaient presque rien vécus et qui, pourtant, étaient morts dans les combats. Armand avait beau dire, Vidal n'était plus un utopiste comme il l'avait été à ses débuts. Il était devenu profiteur, combattif, un homme qui aurait pu défier Armand au jeu d'échecs. Il n'en avait jamais été question, heureusement. Vidal tâchait de se faire discret, à l'époque, et maintenant, il tâchait de ne pas se rendre trop indispensable. Le gouvernement devait se monter sans lui, pour qu'il puisse partir une fois qu'ils en auraient fini. Il en avait marre de tout ce train-train.

    Il lui paraissait évident que Armand accepterait. C'était tout à fait le genre du personnage, tout en fierté, et puis...qui disait chambre disait endroit plus facile pour ses amis à atteindre. Non seulement la contribution d'Armand à leur petite affaire pourrait aider, mais en plus...il pourrait leur servir d'appât. Oh, bien sûr, il était hors de question de jouer à un jeu trop dangereux. Ils ne placeraient pas le prince déchu dans son ancienne chambre, mais dans une réplique identique de celle-ci. Une fois le prince installé, ils feraient courir des rumeurs, et on verrait ce qu'il se passerait. La Garde était d'ailleurs forte affairée à chercher la Princesse ; c'était qu'elle leur donnait beaucoup de fil à retordre, cette petite sagouine. Étant donné qu'elle ne faisait pas beaucoup d'apparitions en public, à l'époque, peu se souvenaient de son visage. Elle s'était donc plus facilement glissée dans la masse...qui sait dans quel royaume elle pouvait être, à présent !

    « Disons que je suis utopiste...mais c'est mon utopie qui a conduit à faire tomber votre régime autocratique. Mon utopie qui va poursuivre...je suis peut-être utopiste, mais ils ont confiance en moi. Je les ai menés, ils savent que si j'ai une idée, elle sera bonne. Beaucoup sont d'accord avec moi, quant au sort de Louis. Beaucoup...mais pas suffisamment. Je suis la voix de l'ombre, si je demande à ce que vous soyez bougé, vous le serez. Bien sûr, il est tout à fait hors de question de vous rendre la liberté. Vous aurez juste les honneurs dus à votre rang, point. Cabinets inclus. »

    Vidal était assez grave, tandis qu'il annonçait ces formalités, comme si lisait une liste de conditions. Oh, il aurait pu faire plus long, juste pour prouver à Armand que ce changement de pièce était possible. Pour lui, rien que pour le petit détail des latrines, Armand allait dire oui. Vidal se demanda soudainement si oui ou non il était sexuellement en manque et comment il pouvait se satisfaire, sachant qu'il n'y avait pas âme qui vive dans ces cachots. Lui-même n'était pas un grand expert en la matière alors...

    « Je peux même vous négocier un ou deux gigolos...mais honnêtement, j'aurais plus de mal. Et je n'en vois pas vraiment l'utilité. »

    Quant à regagner la confiance du peuple...pour Vidal, c'était impossible. Armand et Louis les avaient tellement mis à bout, privés de nourriture qu'ils auraient mieux fait de sen préoccuper avant qu'il ne soit trop tard. Même si Armand revenait au pouvoir – ce qui n'arriverait pas – il aurait le peuple contre lui. Le peuple ne pardonne pas. Il devait y avoir ci et là une poignée de partisans de l'ancien régime, mais si peu...et puis l'avis général était d'être pour la république, désormais, alors cela ne changerait point.

    « N'essayez même pas de regagner la confiance du peuple. Il vous déchirerait en petits morceaux. Si je ne vous abats pas d'une balle ici-même, c'est que vous pouvez me servir, ne doutez pas un instant que je ne me souvienne pas des crimes auxquels vous avez corroborés, Prince. »

    Il le fusilla du regard. Et se rapprocha de lui, si près qu'il s'accroupit sur le sol – ciel, il ne voulait absolument pas savoir ce qui traînait par terre – un peu surplombé par Armand.

    « Le temps où vous aviez sexe, peuple et amour est fini...assumez, maintenant. »
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Armand

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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Ven 10 Aoû - 0:53

    L'air de plus en plus suffisant de ce minable plébéien ne lui plaisait absolument pas. C'était écrit sur son front, qu'il ne voyait d'autre issu pour Armand que d'accepter cette alliance. Mais pour qui se prenait-il donc ? Ah, la belle époque où l'insolence du blond aurait été punie d'un claquement de doigts ! Époque où ç'aurait été l'ancien cuisinier, et non l'ancien Prince, qui aurait été jeté aux cachots. Seulement voilà, les choses n'étaient plus telles qu'elles devraient l'être. Ça avait beau le démanger, Armand pouvait difficilement refuser ce pacte sans finir par le regretter plus tard. Ce marché avait plus d'avantages que d'inconvénients, il suffisait de se concentrer sur ce point de vue et...
    Quand le chef des résistants parla de lui dégoter des gigolos, Armand crut bien sentir une veine palpiter avec colère contre sa tempe.
    … se concentrer sur ce point de vue, donc, et admettre que se retenir de frapper Vidal permettrait son retour dans un habitacle décent, plus confortable, et de surcroit plus accessible aux monarchistes. « Les honneurs dus à son rangs... ». C'était naturel, après tout.
    Hélas, cette histoire de gigolos lui restait en travers de la gorge. Un Prince n'avait certainement pas d'instincts aussi grégaires que ceux d'un animal sauvage – à l'instant où Armand formulait cette affirmation catégorique, une pensée le traversa : l'appel du sang, le désir du pouvoir, la pulsion bestiale qui le poussait autrefois à trancher des gorges pour le plaisir. Il se dit que si, finalement, il y avait bien quelque chose d'animal dans son comportement. Mais ce n'était pas à Vidal de le lui confirmer. C'était plutôt à Armand de le lui rappeler une nouvelle fois : lorsque le résistant le menaça, presque explicitement, le prince se dit que le vase venait de déborder. Il était décidément temps de mettre fin à cet orgueil déplacé.

    Profitant du fait que Vidal s'était agenouillé devant lui – ce geste ressemblait ni plus ni moins à une invitation à la domination – Armand le saisit au col et, désormais très proche de lui, siffla avec agressivité :

    « Épargne-moi ton insolence. Ta simple vue me répugne déjà suffisamment sans que tu n'aies besoin d'y ajouter de prétendues menaces à peine voilées. »

    Il aurait aimé déverser son venin, lui cracher à la figure que justement, s'il se souvenait des crimes qu'Armand avait commis, il devrait savoir ce dont il était capable. Qu'il devrait faire attention à ses gestes et paroles parce qu'il ne s'adressait pas à n'importe qui. Qu'il n'avait pas à parler de catins en présence de Louis – … « en présence de Louis »... quelle étrange phrase lui était venue automatiquement à l'esprit. Il déglutit, remit de l'ordre dans sa pensée : – qu'il n'avait pas à faire allusion au manque que ressentait Armand depuis la perte de son frère, que cette simple pensée était plus salissante encore que tous les pêchés qu'ils avaient accomplis tous les deux.
    Mais aussi glorieuse qu'aurait pu être sa tirade, elle n'aurait pas été crédible – pour la simple et bonne raison que le décor autour d'eux lui rappelait sans cesse lequel des deux hommes était en situation de pouvoir.
    Et pourtant... même si Armand bouillonnait intérieurement, il pouvait se réjouir d'une chose : si cette alliance n'avait été qu'une bagatelle, il était évident que jamais Vidal n'aurait pris la peine d'aller marchander avec lui, le dernier homme auquel les résistants auraient pensé demander de l'aide un jour ; lui, leur ennemi juré.

    « C'est malheureux pour nous deux, mais c'est ainsi, donc admet-le : je ne te suis pas seulement utile. Tu as autant besoin de moi que moi j'ai besoin de toi pour quitter ce cachot putride. Alors ravale ton impertinence, ou c'est toi qui servira de gigolo à son altesse, la prochaine fois. »

    Le regard lourd d'aversion, Armand finit par lentement lâcher le col de Vidal.
    Ils avaient encore du chemin à faire, avant d'arriver à la collaboration parfaite.

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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Sam 25 Aoû - 17:40


    Il avait envie de rire...oh oui, il avait envie de rire. Mais pourquoi, dans tous ses plans, avaient-ils besoin qu'ils s'allient à Armand pour faire pression sur les nobles ? Ce type était de plus en plus désagréable, même s'il fallait avouer que lui, Vidal, le cherchait pas mal. Mais...servir de gigolo à son altesse ? Armand le menaçait si explicitement qu'il aurait même pu appeler la garde...il ne le fit pas, par pure fierté. Vous l'imaginez, se faire retrouver en position d'infériorité devant ce monarque déchu, lui qui était si fier, si endurant et surtout qui les avaient tous libérés ! Il ne pouvait imaginer cela...c'était tout simplement beaucoup trop pour sa petite personne.

    Bref, Armand l'avait enfin lâché et ne se gênait pas pour le menacer. Alors comme ça, il allait passer sur son corps si jamais il faisait encore l’impertinent ? Si le lieu de cette rencontre avait été autre qu'un cachot vraiment humide, Vidal aurait probablement éclaté de rire, lequel rire aurait résonné dans la pièce et remplit l'air tout autour d'eux. C'est pourquoi il se retint d'ouvrir la bouche. Il ne voulait pas que Armand prenne ça comme une invitation à lui passer sur le corps, et puis il était un minimum prudent.

    « C'est exact, nous avons tous les deux besoin l'un de l'autre. Ce n'est pas pour autant que je ne peux pas ordonner aux gardes, là, dehors, de vous torturer et de vous enfermer dans une chambre à l'étage. Ça serait parfaitement à mon goût également, et votre avis ne compte pas vraiment, vous n'êtes pas dans la position que vous aviez auparavant. »

    Il se releva, le visage exprimant toute sa fureur. Il avait un peu honte de devoir collaborer avec le Prince. Si cela ne tenait qu'à lui, il l'aurait même laisser croupir dans une cellule encore plus petite...Armand le répugnait tant qu'il...aurait été capable de n'importe quoi pour qu'il en vienne à regretter ses abominables crimes. Et il le ferait, un jour, c'en était sûr ! Contemplant ce qui avait été un Prince à une époque totalement despotique, Vidal se permit de cracher à côté de lui, pour lui montrer à quel point il avait été dégoûter par son attitude. Enfin, il le lâcha du regard et fouilla sa besace pour en sortir une paire de chaînes, les agitant sous le nez de son monarque détesté.

    « Il est temps de vous habiller, maintenant...hohoho... »

    Ni une ni deux, Vidal passa les chaînes et les serra autour des royales mains. Comme cela, Armand avait l'air d'un de ses nobles qu'il avait copieusement fait emprisonner sans procès...comme son père, par exemple. Vidal ne comprenait pas comment on pouvait en venir au point de commettre un parricide. Son propre père se trouvait encore dans une maison, quelque part dans la ville, incapable de bouger, rendu impotent par le même attentat qui l'avait défigurer.

    Une fois que le Prince eut ces oripeaux clinquants, Vidal eut un sourire un peu pervers, un « tu vois, moi aussi je peux faire dans le sado-maso », et le poussa devant lui. Il appela les gardes et, une fois devant eux, leur demanda de les escorter jusqu'à la chambre qu'ils avaient préparé en l'honneur de « sa royale altesse ».

    « Bon, on avance, et plus vite que ça ! »

    Ils finirent par arriver dans une chambre, l'exacte réplique de celle qu'il partageait avec Louis, détail à part qu'elle se situait dans l'aile inverse du château et qu'il y avait des barreaux aux fenêtres...on ne savait jamais que leur aide si précieuse ait décidé de se faire la malle par cette voie. Vidal était tout de même assez malin, il se doutait que certains nobles très malins voudraient récupérer le Armand, c'était pourquoi les repas seraient servis dans les deux différentes chambres. Ainsi, les « rebelles » seraient trompés.

    « Que pensez-vous de votre nouvelle demeure ? », lui dit-il en lui enlevant les chaînes. Les gardes étaient partis, placés devant la porte de ladite prison.
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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Dim 16 Sep - 13:57

    Vidal ne se gêna pas pour le menacer une fois de plus – de torture, rien que ça. Comme c'est original. Mais aussi très ironique, il est vrai, concernant Armand et ses anciennes folies – mais le prince ne répliqua pas. D'abord, parce que le résistant avait raison, il pouvait sur un claquement de doigts ordonner aux gardes de débarquer dans le cachot et le réduire au silence. (On avait besoin d'Armand vivant, oui, mais pas expressément en bon état.) Mais aussi parce que l'adolescent avait marqué un point, il le sentait, en réussissant à provoquer la colère de Vidal. Celui-ci cracha au sol, confirmant la pensée de l'ancien monarque. Leurs regards bataillèrent pendant un moment, noirs de haine et rouges de colère. Enfin, Vidal le lâcha des yeux pour fouiller sa sacoche.
    Armand ne put réprimer un sourire satisfait. Lui, le détrôné en totale position d'infériorité, avait énervé le résistant tout puissant – et l'avait incité à mesurer ses paroles, si l'on prêtait attention à la manière dont il avait ravalé sa colère à l'instant. Ha!
    … Ah, mais visiblement, Vidal avait retenu ses coups pour mieux repartir à la charge ensuite. Non pas verbalement, mais physiquement. Il agita de lourdes menottes sous ses yeux en ricanant. Armand retint sous souffle.
    C'était la deuxième fois exactement qu'on lui passait les menottes – la première fois, c'était dans sa propre salle de réception, sous les cris et les insultes du peuple. Procès aussi véreux que la Justice qu'il contrôlait autrefois, depuis son trône. Et maintenant, on le ligotait de nouveau. N'avait-il pas déjà donné suffisamment?
    Dès que Vidal eut fini de ferrer ses poignets, Armand les lui arracha des mains. L'autre eut un sourire pervers. Tout ce qu'Armand lui répondit fut une moue dégoutée et un regard noir.
    Quand les gardes entrèrent et commencèrent à les escorter « vers sa nouvelle chambre », il douta. La paranoïa est un trait de caractère universel à tous les monarques. Il se demanda si tout cela n'était pas une mise en scène, si l'on ne l'avait pas appâté d'espoirs seulement pour le faire tomber de plus haut ensuite, si les républicains n'avaient pas jugée la mort de Louis insuffisante, bien que cruelle et à l'échelle de ses actes. Si la chambre en question ne comportait pas une guillotine.

    « Bon, on avance, et plus vite que ça ! »

    Armand avait ralenti le pas sans s'en rendre compte, plongé dans ses pensées. Il balaya ses suppositions – si l'on devait le tuer, eh bien! qu'importe, on le ferait puis l'on en parlerait plus – et regarda autour de lui. Les couloirs étaient silencieux et tristement éclairés. Le jour venait de se lever, à présent. C'était son premier matin à l'extérieur du cachot depuis... Il ne savait trop, en fait. Il inspira – c'était l'odeur des pierres et des tapisseries poussiéreuses, non plus de l'humidité et des déjections. Dire qu'autrefois, ses excursions aux sous-sols le mettait en joie. Il était certainement guéri de ce petit hobby pour un moment, maintenant.
    Il aurait savouré cette sorte de première libération, s'il n'avaient eu les mains entravées et Vidal dans son dos pour lui rappeler ses nouvelles frontières.
    Enfin, ils arrivèrent.

    « Que pensez-vous de votre nouvelle demeure ? »

    Tout en laissant Vidal lui ôter la quincaillerie qu'il arborait aux poignets, il observa distraitement autour de lui.

    « Ce ne sont pas mes appartements, mais je suppose que je n'ai pas lieu de me plaindre et qu'ils feront l'affaire. » répondit-il d'un ton qu'il voulait hautain pour dissimuler sa satisfaction d'être sorti.

    Connaissant le château de son enfance comme sa poche, Armand savait parfaitement qu'ils se trouvaient dans l'aile Est et non dans l'aile Ouest. Même si on lui avait bandés les yeux pendant le trajet, il aurait compris cela. Vidal avait dû s'en douter, voilà pourquoi il n'avait certainement pas pris la peine de faire le moindre effort de mascarade. Son ancienne chambre, la vraie, devait surement servir de leurre.

    « Les républicains ont sans doute décidé que mon ancienne chambre ferait un formidable débarras... »

    Ironie qui sous-entendait parfaitement qu'il avait compris le plan de Vidal. Et Vidal n'était vraisemblablement pas assez bête pour ne pas le remarquer. Mais après tout, cela lui importait-il? Les gardes et les barreaux aux fenêtres prouvaient bien qu'Armand n'était pas en mesure d'y faire quelque chose.
    Tout en parlant, l'adolescent se mit à marcher lentement dans la chambre, étudiant distraitement la reproduction exacte de ses anciens meubles et décorations. Il en vint à s'assoir sur le lit – son lit, désormais! –, un sourire narquois sur le visage.

    « C'est généreux à toi, Vidal, de me conduire ici sans même être certain de ma collaboration avec toi. »

    Il devait ressembler à un gosse, un gosse insolent à qui l'on rendait un jouet confisqué et qui ne pouvait s'empêcher de redevenir impertinent suite à cela. Mais il s'en moquait.

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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Sam 4 Mai - 14:12

L'actuelle chambre d'Armand était une réplique trait pour trait de la précédente : du lit à la table de chevet, de la table chevet à l'armoire, tout était remis à l'identique. Il se trouvait dans un miroir remarquablement bien réalisé de l'endroit dans lequel il avait vécu. Les anciens résistants avaient même pensé à mettre d'anciens habits du Prince dans l'armoire – sous l'injonction de Vidal – et d'autres, plus petits, de Louis. Il y avait quelques livres pour s'occuper, des jeux de société avaient été rajouté : c'était une prison de luxe, qu'on lui avait offert là, si ce n'était la vu qu'il avait de la cour, et non des douves, et les trois barreaux qui avaient été installés pour l'occasion.

Armand avait tout faux : son ancienne chambre ne servait pas de débarras. Elle était restée en état et conservée comme un musée l'était. Il souriait mentalement en imaginant, des années plus tard, des guides expliquer que ce lieu gardé en l'Etat était la chambre des princes incestes du royaume. Et tout expliquer, point par point. Si Armand avait tendance à l'énerver fortement, avec ses insinuations susurrées et sa constante fierté qui le poussait à faire son gros chieur, Vidal avait tout de même conscience qu'il n'avait le choix. Il ne connaissait pas bien le personnage, mais savait qu'il venait d'être destitué, et qu'il n'était son habitude, d'après les rumeurs, de se plier si facilement aux ordres. Finalement, il lui enleva les menottes, non sans une pointe de regrets, et lui montra la direction à suivre.

Le lit d'Armand – le nouveau, du moins – avait été fait juste avant leur venue. Les draps sentaient le propre, tout comme l'ensemble de la chambre. Vidal se tourna d'ailleurs vers Armand, renifla un peu l'air, puis fit signe à un garde, lui demanda d'apporter le nécessaire pour prendre un bain. L'homme partit et Vidal demanda aux autres de les laisser seuls pour le moment.

« Oui, j'avoue que je me trouve magnanime. Dans quelques instants, vous aurez même droit à un bain, afin d'enlever cette infecte odeur qui vous colle à la peau. »

Il se rapprocha de l'armoire et l'ouvrit en grand, montrant par la même occasion tous les vêtements qu'elle pouvait contenir : la plupart étaient neufs, mais il restait quelques tenues d'Armand – et de Louis – du temps où ils étaient au pouvoir. Il ne savait pas si c'était une bonne idée, de les avoir miss ici, les tenues de son frère, mais les personnes qui avaient eu l'idée de cette fameuse chambre avec lui y tenait vraiment afin de « lui faire regretter tout le mal qu'il avait pu faire ». Vidal prit une tenue au hasard et ferma vite l'armoire avant que le Prince ne put se rendre compte de quoique ce soit. Dans ces moments-là, l'ancienne résistance lui faisait un peu honte car il détestait jouer avec les sentiments des survivants, lui-même en étant un.

Il allongea la tenue sur le lit, puis décala la chaise du bureau pour s'asseoir dessus.

« Les repas seront fixés à des heures fixes. Matin, midi, soir. Pour les toilettes...il y a un pot de chambre dans l'armoire, il vous suffira de toquer à la porte pour qu'un garde appelle une servante qui l'enlèvera d'ici. Ne faites pas de bêtises, ou je ne garantis pas de votre sort. J'ai déjà dû assez me battre pour que vous soyez transféré ici, et certains commencent à douter de moi, chuchotent que je suis un vendu. En temps normal, je n'en aurai rien à foutre mais... »

Il ne put finir sa phrase, déjà, quelqu'un toquait à la porte : sans doute pour cette histoire de bain. Vidal se leva et alla ouvrir. Entrèrent les deux personnes qui tenaient la grande bassine, et deux autres qui avaient des seaux d'eau...froide, chaude ? Vidal n'aurait su le dire, mais il ne pensait pas que ceux-ci aimaient beaucoup le Prince et ces seaux devaient contenir de l'eau froide. Il attendit que ces personnes posèrent la bassine et mirent l'eau dedans pour les foutre ensuite à la porte et leur demander de fermer à clé.

« C'est bon, vous pouvez vous déshabiller. Je crois qu'il doit y avoir du savon, quelque part, je veille à ce que vous ne puiez plus le bouc. »
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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Lun 10 Juin - 1:24

    « Oui, j'avoue que je me trouve magnanime. Dans quelques instants, vous aurez même droit à un bain, afin d'enlever cette infecte odeur qui vous colle à la peau. »

    Toujours assis sur le lit (son lit, il ne s'en remettait pas), Armand lui lança un regard en biais. Il ne prit pas la peine de répondre ; après tout Vidal n'avait pas tort. S'il ne sentait plus sa propre odeur, baignant dedans depuis maintenant plusieurs semaines, il n'avait qu'à regarder ses mains – noires, collantes et poisseuses, couvertes d'égratignures – pour imaginer son visage dans le même état, et tout le reste assorti. Les vêtements les plus luxueux du Royaume (de ce qui était autrefois un Royaume), côtoyant la fange et la paille. Le grand Prince, trainé dans la boue. En général il préférait ne pas s'attarder sur cette pensée, même si Vidal semblait prendre un malin plaisir à lui rappeler sans cesse qu'il ne valait guère mieux désormais qu'un gamin des rues, sale et affamé. Quand on était quelqu'un de sa situation, examiner dans les moindres détails la crasse qui commençait à s'installer avait de quoi rendre hystérique. Armand n'avait pas besoin de ça en plus dans sa liste de nombreux défauts.

    L'ancien résistant se dirigea vers son armoire, et commença visiblement à lui composer une tenue – en suivant le bon goût du hasard seulement. Placés comme ils l'étaient tous deux, Armand se rappelait des matins ordinaires, où son domestique venait le matin dans sa chambre pour l'habiller et lui décrire son emploi du temps de la journée. De la même manière, Vidal lui résuma la situation – mais le contenu du discours était beaucoup moins plaisant. Armand ne l'écouta que d'une oreille, son regard continuant à balayer la chambre, à détailler les vêtements que Vidal avait posé à son attention sur le lit (vraiment, ce n'était pas d'un goût certain. Armand était déjà assez ridicule comme ça, il n'allait pas en plus enfiler des habits mal assortis. Même si personne ne pouvait vraiment le voir, là où il était. C'était juste une question de satisfaction personnelle.) Il releva la tête lorsque Vidal parla des doutes qu'avait la nouvelle Assemblée à son propos. Intéressant... On les interrompit en toquant à la porte.

    Deux femmes entrèrent pour déposer de quoi prendre un bain – linges, bassine, seaux... qui, contrairement à lorsqu'il prenait un bain avant, ne laissaient pas échapper de volutes de fumée humide. Tant pis, il ferait avec. N'importe quoi pour retrouver un visage à peu près humain – et l'odeur qui allait avec.
    Une fois le ''bain'' préparé, Vidal se dépêcha de refermer la porte et l'invita à se déshabiller, toujours aussi poliment. Avec un reniflement de dédain, Armand alla derrière le paravent pour s'exécuter.
    Il eut le plus grand mal à se débarrasser de ses nippes, qui semblaient presque soudées à sa peau par la saleté, mais s'estima heureux de ne plus avoir de bleus pour lui compliquer la tâche, surtout lorsqu'il se contorsionna pour faire passer sa chemise par dessus sa tête. Quand tous les vêtements l'eurent quitté pour finir en tas sur le sol, il s'imagina avec satisfaction s'en servir comme combustibles pour la cheminée.

    « J'ignorais que jouer les chaperons t'intéressait, Vidal. » dit-il en sortant du paravent pour se glisser dans la bassine, non sans une grimace – diantre, ce n'était même plus froid à ce niveau-là, mais complètement glacé – mais le plus vite possible tout de même. La perspective de se retrouver nu et complètement désarmé devant un de ses ennemis juré n'avait jamais de quoi réjouir personne. « Tu projettes de rester pour me border ce soir, aussi? » fit-il, sarcastique.

    Avec le savon que l'autre lui avait apporté, il entreprit de frotter – détartrer – toute la crasse qui le recouvrait. Sous sa chair de poule, la peau devint vite rouge par endroit. Courageusement, il mit la tête sous l'eau pour nettoyer ses cheveux ; ses lèvres devinrent aussi violettes que les cernes qu'il avait sous les yeux. Quand il estima être le plus propre possible – et qu'il comprit que s'il restait plus longtemps dans l'eau devenu noire, son entreprise de nettoyage s'avérerait nulle – il attrapa une serviette et l'enroula autour de sa taille en sortant de la bassine, puis retourna derrière le paravent pour se sécher en paix.
    Un détail lui revint à l'esprit, tandis qu'il s'habillait. D'une voix qu'il voulait sur le ton de la conversation, bien que la mâchoire encore un peu crispée par le froid, il questionna Vidal sur ce qu'il n'avait pas eu le temps d'approfondir, peu avant leur interruption :

    « Pourquoi est-il gênant de passer pour un vendu, en ce moment? »

    Tout était bon à savoir, dans sa situation. Savoir, c'était pouvoir.

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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Lun 8 Juil - 20:33

Vidal lança un regard assez chip à Armand, comme si, en réalité, il eût voulu l'assassiner, le torturer, là, tout de suite. Il avait cependant toujours haï son jeune frère plus que le souverain, pour d'obscures raisons d'ailleurs, mais là, il avait l'impression que Armand se foutait ouvertement de sa gueule, à se déshabiller le plus naturellement du monde devant lui, comme ça...et puis il lui envoyait de tels piques que...il aurait préféré à se tenir à son rôle d'homme de l'ombre. Il aurait aimé lui faire avaler ses vêtements, lui couper les cheveux si courts qu'il en aurait été méconnaissable ou encore le torturer « rien qu'un peu pour voir ». Armand avait été tellement ignoble toutes ces années qu'il aurait mérité qu'on lui rende la pareille. Et alors qu'il venait juste de sortir de sa cage et que son frère avait été exécuté, il continuait à faire le fanfaron. Vidal réfléchissait déjà à une future vengeance.

« Non mais j'endure votre odeur depuis tout à l'heure et eut plusieurs fois envie de vomir. »

Il n'avait toujours fait une seule remarque sur le fait que Armand ne le vouvoyait pas, probablement parce qu'il savait que même s'il le disait, elle passerait sûrement par une oreille et sortirait par l'autre. Pour cet homme, il était l'homme maladroit qui épluchait des patates, c'était tout. Il ne connaissait sa vie dans d'autres contrées étrangères, les aventures qu'il avait pu vivre avec sa famille ou les malheurs qu'il avait subis. Et cette fois-là, il avait définitivement haï se retrouver enfermé ans un royaume qui lui était étranger. Voir Armand se laver lui faisait ressentir un étrange sentiment. Il avait très précisément envie de lui plonger la tête sous l'eau, et de le faire rester dans ce milieu hostile pendant quelques secondes...au moins le temps qu'il fallait pour qu'il comprenne un peu dans quelle situation il s'était fourré.

L'eau devint rapidement de plus en plus crade, à un telle point qu'il lui semblait rapidement difficile à imaginer qu'elle ait pu, jadis, être transparente. Il regarda ensuite Armand sortir de l'eau, sans aucune gêne et un soupçon de haine visible dans ses yeux, le détailla du regard : il était plutôt maigrelet, il ne comprenait pas vraiment ce qui avait attiré Louis à lui donner son corps. La question sur les vendus le fit réagir et grincer des dents plus qu'il n'aurait dû...devait-il vraiment donner une réponse à ce prince déchu ? Après tout, il ne pourrait sortir d'ici et il était sûr que si lui, Vidal, mourrait, Armand y passerait aussitôt après, puisqu'il était à peu près le seul à assurer sa survie.

« Il faut des bouc-émissaires. Aujourd'hui, ce sont les royalistes et ceux qui les aident. Alors ce n'est pas très bien vu, avoir la tête en moins n'est jamais très agréable, et à ce que j'en sais, nous n'y avons pas encore trouvé de remède. »

Silencieusement, puisque Armand était toujours derrière le paravent, il prit le petit seau qui était posé à côté de la bassine pour que le Prince puisse plus facilement se laver la tête sans pour autant la plonger dans l'eau. Il l'emplit de cette presque boue et rejoint le Prince déchu. L'homme n'avait pas encore fini de s'habiller, il devait lui rester une ou deux fringues à mettre, mais peu importait, puisque le placard était plein à craquer. Ni une, ni autre, lui lui balança l'eau contenue dans le seau à la gueule. Le liquide glissa de Armand au sol, puis sur ses pieds, mais Vidal se contentait de rire bêtement, comme un gamin ayant réussi sa farce. Ça puait la merde, la saleté, mais il était content. En revenant chez lui, il ferait sûrement un petit détour bien mérité par les sources.

« J'aimerais bien que vous ne me preniez pas pour un con. Tu n'imagines pas combien je te hais, prince de Pacotille !!! À cause de toi, ma vie a été ruinée ! Je hais ce royaume, je hais tous ces gens ! »

Seule comptait Chan Dai et sa détresse innocente.
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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Dim 8 Sep - 13:53



    « Il faut des bouc-émissaires. Aujourd'hui, ce sont les royalistes et ceux qui les aident. Alors ce n'est pas très bien vu, avoir la tête en moins n'est jamais très agréable, et à ce que j'en sais, nous n'y avons pas encore trouvé de remède. »

    Armand eut un ricanement amer. Non, point de remède en effet. Sinon Louis serait à ses côtés en ce moment-même.
    Le peuple avait toujours eu besoin de bouc-émissaires, surtout en période de crise comme celles-ci. Autrefois la populace maudissait Nobles, les Nobles crachaient sur les Bourgeois, les Bourgeois piétinaient la plèbe dont ils avaient réussi à s'extraire difficilement. Finalement, la Révolution avait soudé la majorité des gens dans une même cause : contre la Royauté.
    Armand venait de terminer d'attacher sa chemise propre – douce, soyeuse, tellement confortable par rapport à ce qu'il avait dû porter pendant plusieurs semaines au cachot. Il lui semblait n'avoir jamais autant apprécié s'habiller qu'en cet instant – lui qui n'avait jamais connu le manque avant pouvait aisément imaginer ce qu'un affamé ressentait devant un buffet.
    Mais alors qu'il allait enfiler son veston, il trouva que la pièce était soudainement silencieuse. Il quitta le paravent au moment même où Vidal surgit dans son champ de vision et où il se reçut le contenu d'un seau d'eau sale sur la tête.
    Curieusement, sa première pensée fut étrangement plate : « Moi qui viens de me laver, c'est un comble. ».

    « J'aimerais bien que vous ne me preniez pas pour un con. Tu n'imagines pas combien je te hais, prince de Pacotille !!! À cause de toi, ma vie a été ruinée ! Je hais ce royaume, je hais tous ces gens ! »

    Puis une bouffée de sentiments divers dans les poumons – haine réciproque, envie d'éclater de rire face à ce qui semblait être une soudaine crise d'enfantillages de Vidal, envie de lui sauter à la gorge pour lui arracher la trachée avec les dents.
    Il le pouvait, se jeter sur lui dans un débordement de rage, un de ces débordements qui l'avait poussé à assassiner son père plus jeune ; en tout cas il le voulait. De toute façon, il n'était plus qu'un « gars du peuple » maintenant, détrôné, dépossédé et souillé, alors il avait autant le droit qu'eux de céder à ses instincts rustres et barbares – tandis qu'une petite voix lui chuchotait que ce qu'il venait de penser était idiot, une autre lui souffla que ce n'était pas la classe sociale qui décidait des impulsions meurtrières, mais la nature humaine en général : l'homme tuait, et était fait pour tuer, depuis la nuit des temps. Sans penser au delà du bain de tripes et de sang qu'il se promettait – c'est à dire sans penser que s'il tentait quoi que ce soit à l'encontre de Vidal, il serait décapité sans tambour ni trompette – Armand ne bougea pas d'un pouce pour autant. Quelque chose se réveilla, au fond de son esprit, qui l'empêcha de céder à la sauvagerie dont il rêvait. Une pensée plus clinquante  qu'étincelante, abîmée mais immuable. La certitude qu'il était né Prince, qu'il avait été éduqué comme tel, qu'il avait fait des erreurs en tant que tel, et que même sans couronne plus tard, il mourrait comme tel. Non pas comme un sauvage.
    Il leva devant lui sa main, qui n'avait pas été mouillée, et s'essuya lentement les yeux avec sa manche – pour lancer ce regard terrifiant à Vidal.

    « Tu n'es pas le seul dont j'ai gâché la vie. Et tu n'imagines pas à quel point cela me rend fier. »

    Ce n'était pas spécialement vrai – se sentant à une époque tellement au dessus des autres que les écraser ne le rendait ni plus heureux, ni plus triste ; indifférent comme s'il s'agissait de fourmis, tout simplement – mais Armand savait que cela énerverait Vidal. Être provoquant et rester digne, c'était sans doute la seule chose qui lui restait. Sans doute ne le resterait-il pas longtemps et s'abandonnerait-il à ses instincts, si Vidal lui jetait un autre seau sur la figure. En attendant, il se contenta de cracher sur les chaussures de Vidal.
    Sa voix devint doucereuse autant que chargée de haine, et plus effrayante encore que s'il avait crié.

    « Rien ne te retient plus. Ni dans cette pièce, ni dans ce Royaume. Alors pourquoi ne pars-tu pas, si tu détestes ta vie autant que la mienne? »

    Quitte la cage au lion, enfant, avant qu'il ne se réveille.


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Vidal

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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Ven 2 Mai - 23:52

...Il était sérieux ? Vidal regarda Armand, l'air furieux, anxieux d'avoir soudainement été engueulé après ce damné réflexe. Armand était dégoulinant de flotte sale. Lui qui avait été un prince, lui qui avait dansé avec les grands de ce monde et fait ériger des lois insurmontables, il avait maintenant piètre figure. Vidal aurait pu être satisfait de le savoir enfermé à double-tour en ces cachots, mais il ne l'était pas du tout, au contraire. La mort de Louis l'énervait, car elle attisait la haine des partisans de l'ancien régime et Armand, s'il mourrait à son tour d'une quelconque maladie ou autre chose, attentat contre sa personne, serait à son tour considéré comme un martyr de la guerre. Armand était un sacré emmerdeur et il aurait plutôt souhaité qu'il ne soit plus là du tout. Disparus comme l'étaient Shad et les autres partisans. Enfui, ou au fond d'une fosse commune, là où l'on ne l'en tirerait jamais.

« Je ne suis pas le seul à qui vous avez gâché la vie, mais le seul qui vous parle actuellement. Et je pense être assez sage pour vous protéger de la fureur des autres. Le sang et la tête de Louis ne leur suffisent pas et la haine n'amène que la haine. »

Il hocha la tête, sûr de lui. Il avait souvent réfléchi, depuis qu'il était du bon côté du pouvoir et s'était aperçu que mener un gouvernement était loin d'être simple. Sans être aussi extrémistes que pouvaient l'être ces monarques d'opérette, il était difficile de satisfaire tout le monde et le pouvoir menait aux choses extrêmes. Partout, il voyait se former des groupuscules qui, sans forcément être monarchistes, prônaient des valeurs qui n'étaient les siennes. La liberté de penser, de bouger et de la presse, ils semblaient avoir oublié ce qui avait déjà existé et se dressaient déjà contre lui, sitôt après la révolution.

Vidal fit quelques pas, ouvrit la porte et prononça quelques mots à l'intention du garde. Il partit, chargé d'une importante mission et Vidal referma la porte. Comme le désirait Armand, il partirait lorsque l'homme reviendrait, chargé d'une bassine d'eau chaude. Il détestait peut-être Armand autant que l'on puisse haïr son ennemi juré, mais il ne souhaitait pas vraiment qu'il meure de froid, ni qu'il oublie qu'il était un potentiel allié. En vue de futures trahison, le rebelle avait besoin d'alliés autant divergents* que possible.

« Quand il revient, je pars. Ne me prenez pas pour votre ennemi, mon prince. Si je pouvais vous faire disparaître d'ici, je le ferai. Je n'aime pas vous savoir emprisonné ici, à la merci de quiconque veuille vous tuer. Vous êtes un plus précieux otage vivant, et je ne vois pas trop ce que vous pourriez faire contre ce gouvernement. Vous avez prouvé au peuple que la monarchie est usée et obsolète. »

Vidal s'assit sur le lit.

« Je ne pars pas parce que je suis fidèle, que je mènerai ces actions toute ma vie. Que j'ai rencontré une femme ici et qu'il y a encore mon père. Je ne peux les trahir, vous savez, je ne suis pas comme cela. »

On toque à la porte. Vidal relève la tête vers Armand. Pour tout l'amour du monde, il ne souhaiterait être à la place de cet homme. Lui, brisé, lui, martyrisé. Lui, enfermé dans un cachot et insulté par ses gardiens, alors qu'il avait avant cela le rôle inverse. Il lui fait pitié, en fait. C'est même, presque satisfait, qu'il s'en aperçoit, de cette réalité. Il était jadis un garçon de cuisine et Armand, lui, se trouvait aux plus hautes sphères de l'état. Si, par quelque hasard, il n'avait pas été libéré grâce à un quiproquo miraculeux, lors de cette histoire avec Shad et ce garde, la révolution n'aurait sans doute jamais eu lieu, en plus.

« Au revoir, Seigneur. L'homme derrière la porte va vous apporter une bassine d'eau chaude propre, pardonnez mon moment...de fureur. Nous nous reverrons bientôt, mais j'espère que ce ne sera pas votre dépouille. »

Il le salua le plus respectueusement possible et partit, tout simplement, de la pièce. Il avait à faire.

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MessageSujet: Re: "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]   Jeu 29 Mai - 1:28

Vidal était reparti, aussi tranquillement qu'il avait fait irruption dans son cachot juste avant. Sa colère semblait être retombée, aussi promptement qu'elle était arrivée – il avait même fait demander une nouvelle bassine d'eau, et chaude cette fois. Grand luxe. Avait-il des remords ? Armand regarda l'eau fumante et claire, avec un mélange d'envie et de lassitude. Dire qu'il avait tout à refaire à cause d'un simple caprice de Vidal. Enfin. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas du temps à perdre.
Il se déshabilla de nouveau, et les vêtements allèrent rejoindre la pile de nippes boueuses précédemment constituée. Quand il se glissa dans l'eau, ce fut cette fois avec soulagement – c'était délicieusement chaud, et il était surtout délicieusement seul et tranquille pour en profiter. Pourtant, lorsqu'il était aux cachots, dans sa cellule humide et froide, il n'avait détesté que deux choses plus que tout au monde : l'obscurité et la solitude. Une nuit sans fin et cruellement silencieuse, assez pour rendre fou n'importe qui. Mais maintenant qu'il avait redécouvert la compagnie d'autrui, il se rendait compte qu'il en avait perdu l'habitude. Sa conversation avec Vidal l'avait littéralement épuisé.
Plongé dans l'eau jusqu'au cou, il repensa justement aux dernières paroles du résistant.

« Ne me prenez pas pour votre ennemi, mon prince. Si je pouvais vous faire disparaître d'ici, je le ferai. Je n'aime pas vous savoir emprisonné ici, à la merci de quiconque veuille vous tuer. Vous êtes un plus précieux otage vivant, et je ne vois pas trop ce que vous pourriez faire contre ce gouvernement. Vous avez prouvé au peuple que la monarchie est usée et obsolète. »

Il replongea la tête sous l'eau, frotta ses cheveux. L'eau se noircit légèrement, mais ce n'était rien comparé à son premier bain.
S'il pouvait disparaître d'ici... Armand le ferait-il vraiment, si on le lui permettait ? Pourrait-il se reconstruire une vie anonyme, loin de la révolte et de ses actions tyranniques passées ? Il n'en était pas sûr lui-même. Pour l'instant, il n'arrivait pas à imaginer son futur – sa vie avait la désagréable manie de changer du tout au tout, ces temps-ci. Il n'avait qu'une certitude : s'il pouvait sortir d'ici, il partirait à la recherche d'Eden. Une fois avec sa jeune sœur, il saurait sans doute quoi faire.
L'eau commençant à refroidir, Armand sortit de sa bassine, s'essuya de nouveau, choisit d'autres vêtements dans l'armoire – quelque chose de bon goût, cette fois – et répéta ainsi les mêmes actions jusqu'à être enfin prêt. Une idée le traversa, avec un brin de sournoiserie peut-être : il alla toquer à sa porte. Le garde ouvrit, et, comme s'il s'agissait d'un domestique, Armand désigna les deux bassines et le tas de vêtements sales. Le soldat resta silencieux, surpris tout d'abord – il se rappela sans doute ensuite que le confort du prisonnier était une chose à laquelle avait apparemment tenu Vidal récemment. En bougonnant, il entra pour débarrasser. Armand dissimula son sourire. Il fallait bien se contenter des rares petits plaisirs auxquels il pouvait encore accéder. Le garde dû deviner ses pensées :

« Profitez-en bien, c'pas dit qu'ça dure. Attendez un peu qu'ils se soient débarrassé de Vidal, au conseil. Vous ferez moins le malin quand vous serez plus dans les p'tits papiers. »

Il sortit sur ces mots. Armand resta stupéfait.
Ainsi donc, la position de Vidal était réellement fragile ces temps-ci ? Il l'avait sous-entendu, mais jamais Armand n'aurait pensé que ce puisse être à ce point. Il avait pensé à de la prudence de la part d'un chef d'état. Pas à de la méfiance méritée.
Soudainement, Armand prit sa décision. S'il était si précieux en tant qu'otage pour Vidal, pouvait-il se permettre de ne pas en tirer profit ? Puisque Vidal était encore au pouvoir, et puisque la situation ne durerait pas, autant en tirer le plus d'avantages tant que cela était encore possible. Pourquoi pas sa fuite arrangée par exemple, le jour où Vidal serait aussi déchu que lui ?
Dans son esprit, un plan maladroit, qui dépendrait beaucoup des aléas du destin, se dessinait enfin.

(C'pas terrible, mais c'est la fin 8D *pan*)

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"J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." [PV Vidal !]

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