{ Dirty Prince }


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 D'une caresse à mon poignet [PV]

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MessageSujet: D'une caresse à mon poignet [PV]   Ven 17 Fév - 19:31



  • « D'un contact si doux. Je pense à vous.»


    J'étais arrivé bien trop tard. Inspectant toute la place sans rien laisser au hasard, je scrutai le moindre recoin de mes yeux noirs. Le Corbeau a une vue perçante, c'est bien connu. Mais je ne la trouvais pas. Je lui avais dit au revoir ce matin, elle m'avais embrassé la joue, c'était rare. Prenant ses affaires avec elle en sifflotant, elle m'avait abandonnée sur le palier. Quand elle était partie, en virevoltant, elle l'avait oubliée. M'en étant rendu compte, je l'avais attaché à mon poignet. Son ruban rouge. Je ne savais pas où elle l'avait trouvé. C'était un tissu doux et de velours. Son contact était agréable à ma peau, où je l'avais posé pour ne pas le perdre. J'avais décidé de me rendre ici uniquement pour le lui rendre. Mais cette idiote n'était toujours pas là. Ou plus là, peut-être bien. Normalement, c'était bien à cet endroit qu'elle venait travailler. Pourquoi aurait-elle changé ses habitudes, elle que le moindre changement perturbait à l'année ? Soupirant, je regardai le ruban, le caressant du bout des doigts. Vraiment doux. Je comprenais pourquoi, elle ne s'en séparait plus depuis qu'elle l'avait obtenu. Mais pas le temps de s'attarder sur ce genre de futilités. Je devais la retrouver sans perdre de temps. Si elle pensait que je n'avais rien d'autre à faire, elle se trompait. Moi et mes journées bien remplies étions attendues ailleurs. C'était ma faute aussi, j'aurai du le laisser à la maison, elle l'aurait retrouvé ce soir, son fichu bout de tissu. Mais je savais, qu'elle y tenait bien trop. La savoir à pleurer stupidement dans la rue pour ça et oublier de ramener de l'argent, pas question...

    Décidément, ça ne servait à rien de rester planter dans cette rue. Et je n'avais aucune envie de courir dans toute la ville juste pour ça. Peut-être était-elle allée à ce champ de fleur dont elle aimait tant à me parler. Aucune idée. Je ne savais même pas où il se trouvait de toute façon, alors autant rester là. Comme un crétin...C'était bien le mot. A attendre cette stupide vendeuse qui ne savait pas prendre soin de ses affaires elle-même. Je soupirai longuement, pensant un instant à aller à al taverne boire jusqu'au soir, au point où j'en étais. Mais elle aussi, m'avait déjà rendu service, plus d'une fois. A mon tour. Je suppose que c'est comme ça que ça doit marcher entre frère et sœur. Résigné, je me laissais glisser le long d'un mur, jusqu'à m’assoir au sol. Il faisait bon, c'était déjà ça. Par mauvais temps, il aurait été hors de question de rester là, même pour elle. Je passais ma main dans mes cheveux, les ébouriffant, désabusé. Je sentais que j'étais parti pour une longue attente. Très longue attente. La connaissant, ça ne m'aurait pas étonné qu'elle se soit perdue en chemin en suivant un papillon. La connaissant, elle pourrait même être en train de suivre un inconnu. Cette idiote. Pourtant, rien qu'en y pensant, je m'arrachai un léger sourire. Qu'elle était stupide, décidément.

    A force d'attendre, même si le temps passait, au bout d'un moment, je ne m'en rendais plus compte. Je m'étais pris au goût de ne rien faire. Assis sur les pavés crasseux, moi j'observais les passants et quelque fois même, le ciel. C'était assez amusant en fin de compte, d'observer toute cette foule. Si je voyais défiler toute sorte de bourgeois, manants et j'en passe, aucun trace de la fille aux cheveux roses. La seule que je voulais voir ici. Quelle poisse. C'était certain, je me casserai avant la nuit. Le vent se levait un peu, une brise légère qui soufflait sur mon visage. C'était aussi doux que le contact qui prenait mon poignet. Je fermais les yeux un instant. Passant mes doigts sur mon cou. Je me suis rappelée qu'une cicatrice nouvelle s'y était logée il n'y a pas si longtemps. Les cicatrices, sont après tout, le témoignage de nos vies. Et j'étais le genre de personne, qui faisait tout pour ne rien en oublier. Et j'étais aussi le genre impatient. Très impatient. Et quand le vent s'est calmé, je me suis levé. Grognant, agacé. J'attendrai encore un peu, juste un peu, je lui devais bien ça. Juste pour du tissu. Je pourrais l'égorger juste pour ça. Je déteste attendre. Et je déteste cette tête en l'air.

    Fouillant dans ma poche, j'en sorti de quoi fumer. Un peu de plaisir dans ce moment de patience forcée. C'était mon seul plaisir dans cette malheureuse vie, ma fumette. Oh peut-être aussi me battre, baiser parfois, mais fumer, il n'y a que ça de vrai. Je frottais mes yeux doucement, légèrement fatigué. De tout et de rien à la fois. Qu'est-ce que j'en avais marre d'être là. Mais j'aurai attendu de la voir rien que pour passer mes nerfs sur elle. Après tout c'était bien elle qui m'avait mis en colère. Elle et la vie. Les gens continuaient de passer devant moi sans faire attention. Et les juger du premier regard réussissait encore à m'amuser après des heures passées. Il faut dire qu'il y avait de quoi faire ici...Mon esprit sarcastique se régalait largement de toute cette populace informe. Je me délectai de l'allure de chacun d'entre eux. Surtout de ces dames. Pathétiques pour la plupart. C'était dérisoire et amusant à la fois. Vraiment, cet endroit était sans doute le plus désespérant qu'il m'avait été donné de voir.

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MessageSujet: Re: D'une caresse à mon poignet [PV]   Ven 17 Fév - 20:33

    - Bon sang ! Mais...
    - Mon dieu ! C'est encore ce...
    - Attention, vous !

    Je courrais toujours de la sorte à travers les rues du royaumes. D'ailleurs, certains personnages qui fréquentaient cette allée là _ où se trouvait ma boutique par la même occasion _ avaient pour habitude de s'écarter sur mon passage, de guetter mon arriver à certaines heures. D'autres, comme cet homme grassouillet qui fait une pause et sort de ses appartements, ou comme ces deux jeunes filles riantes et rosissantes à l'entrée d'une de leur boutique préférée, me hélaient à ma venue. Alors, beaucoup savaient que ce type aux cheveux entremêlés et aux yeux bleus, c'était moi. J'entendais souvent mon prénom aussi. Et je souriais à chacune de ces personnes qui me remarquait, qui m’appréciait.
    Le retour en sens inverse ressemblais à peu de choses près à l'allée, bien que je ne fût plus en train de dévaler les pentes et de bousculer quelques passants. Je marchais les mains bien enfoncées dans mes poches, un de mes pends de chemise était sorti de mon pantalon de velours bleu cobalt, si bien que cela me donnait, en plus de ma toilette peu soignée, un aspect négligé. Aspect qui semblait toutefois avoir un certain charme auprès des demoiselles, à en juger leur exaltation et leurs rougeurs lorsque nous nous croisions ou bien que je répondais à leur salutation de mon ton habituel, plein de retenu, de "mystères" comme on disait.

    La cliente à qui je venais de rendre visite avait été particulièrement déplaisante, mais ces paroles infectes n'avaient pas entamées mon moral, bien au contraire. Dans ces rues, je retrouvais un sourire léger et mon esprit se perdait comme souvent. Je pensais à mon atelier, à mon avenir. Ma profession m'enchantait complètement et je ne pouvais m'empêcher de songer à ce que ma vie aurait été si je n'avais pas eu un caractère aussi bien trempé que celui que j'avais actuellement. Sans doute aurait-elle été bien fade à côté de celle que je vis à présent. Certes, j'aurais été à côté de ma chère sœur. Mais j'aurais surtout été séquestré dans une profession journalistique ou bien justicière par mes parents. Oui, décidément, même ici, j'étais plus heureux, plus allègre. Et pourtant, je vivais dans la ville du diable en personne. Puis il ne faut pas oublier de compter ma tendre et douce Opale... Cette Fleur qui donnait ce parfum sucré à mes tissus, qui m'enivrait littéralement, qui me rendait la vie si légère, si agréable. Opale... Mon Opale...

    Je tirais ma petite montre à gousset de ma poche. Le temps me semblait bien rapide. Je n'avais pas beaucoup avancé sur mes retouches et mes commandes, mais rien n'était urgent. Mes pas se dirigeaient donc naturellement vers le bout de la rue que je traversais. Je partais à la rencontre de cet être aimé. Mon aimée.
    Pas l'ombre d'une de ses mèche de cheveux. Pas une fleur resplendissant dans les mains d'une de ces ordinaires femmes. Où était-elle ? Peut-être plus loin encore ?
    J'allais plus loin. Personne.
    Ce sourire rêveur qui, jusqu'alors, m'avait accompagné toute la journée, me quittais doucement. Place à un air morne, à des lueurs de déception. Je m'étais sans doute fait trop de joie à l'idée de la revoir, ma belle. Maintenant, j'en subissais les frais. Alors je m'adossais nonchalamment à un mur pierreux puis, d'une manque d'enthousiasme certain, je sortais un flacon de verre contenant ce liquide que je chérissais tant et le buvais par petites gorgées, le savourant. Mon esprit ne se brouillais plus depuis bien longtemps, même après avoir bu une quantité d'alcool suffisamment conséquente pour faire tomber n'importe quel ivrogne. C'est dire.
    Cependant, quelque chose me chiffonna. Ce garçons blême qui se trouvait en face de moi et que je regardais maintenant avec un manque d'intérêt total, avec la plus grande des neutralité. Il me semblait être ce genre de garçon infréquentable. Ce genre de personne sur qui poser seulement les yeux était déplaisant voir presque angoissant. Ceci dit, sous ce regard dur et cette tête de jais le soutenant, je sentais quelques hostilités à mon égard. Peut-être me trompais-je ?
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MessageSujet: Re: D'une caresse à mon poignet [PV]   Ven 17 Fév - 23:23

  • Belle gueule. C'est comme ça que je les appelais, ceux là. Ils sont beaux, frimeurs, sur d'eux. Ils ne se posent aucune question, parce qu'ils ont en général toutes les réponses. En tout cas, ils pensent les avoir.Ils draguent tout ce qui bouge, et ne se gêne pas. Ils ne montrent pas leurs sentiments, sauf quand ça sert aux intérêts. Ils attirent les minettes comme des abeilles sur des fleurs. Ils ne les prennent pas au sérieux et s'amusent d'elles. Ils pensent qu'ils peuvent tout avoir, et que rien ne leur résiste. En général, pas besoin de leur parler bien longtemps pour comprendre comment ils fonctionnent. Ils sont plutôt légers et à mon sens, ne servent pas à grand chose dans la société. Je ne peux pas les supporter. Et un mec de ce genre, il y en avait précisément un en face de moi. D'accord, certaines de leurs manières sont aussi les miennes. Mais moi, j'ai de la classe, un minimum de classe. En tout cas, à ma façon. Et surtout ils ne supportent pas les gens comme nous. Nous ? Moi, ma sœur, ceux des bas-fonds. Je n'affichais aucun sentiment sur mon visage, mais ça, c'était bien comme d'habitude de toute manière.. Je tira un coup sur ma cigarette, crachant la fumée vers le ciel. Il n'y avait décidément aucun instant aussi bon dans ce monde. Et dans la vie. Tous les gens comme moi le diraient. Mais voilà, personne n'est comme moi. Opale allait m'en vouloir. Son ruban sentait la clope maintenant.

    Le calme qui m'avait pris jusque là commençait à s'effacer progressivement. Même ma clope ne suffirait pas cette fois. Quelque part, j'avais terriblement envie de m'en aller, de brûler ce putain de ruban avec ma cigarette et de me délecter à la voir pleurer plus tard dans la soirée. Mais bon, j'avais la flemme de me lever de là. C'était ça, la flemme, ou bien ? Sans bouger, j'avais dévisagé mon voisin de rue. Sans sourire, sans rien. J'avais juste pensé que je devais bien prier Dieu une foi pour le remercier de ne pas m'avoir fait comme ça. C'est vrai quoi. Je vaux mieux que les autres, je le sais bien et ça a toujours été comme ça. Personne n'est digne de moi, c'est comme ça. Ah, il y a peut-être cette fille, que je n'ai pas oublié depuis le temps. Je pense encore un peu à elle de temps en temps. Sans mettre encore d'étiquette sur mes sentiments. Même si elle, elle en avait été capable de son côté. Mais assez. Je ne devais plus y penser. J'avais d'autres chats à fouetter après tout. La situation m'était intéressante. J'allais visiblement rester encore un bon moment. Surtout maintenant que je pouvais jeter mon venin sur quelqu'un du coin.

    Je me faisais chier. Clairement. Oui critiquer les gens qui vous entourent ça ne dure pas très longtemps. La viande est vite avariée et je n'avais déjà plus rien à me mettre sous la dent en regardant cet homme juste en face de moi. Je m'ennuyais carrément. J'avais envie de chantonner, pour passer le temps. Heureusement pour moi, je chantais bien. On n'avait au moins pas grand chose à me reprocher quand je me le permettais en public. Et de toute façon, personne ne le faisait. J'étais assez connu dans la ville pour qu'on sache qu'il ne vaut mieux pas m'emmerder. Encore un sacré avantage dans cet endroit sordide. Mais que j'affectionnais pour ce trait de caractère. A force d'attendre ma sœur, une chanson qu'elle aimait particulièrement me revenait un peu dans la tête. Naturellement, l'air m'a emporté. Pas assez fort pour qu'on m'entende vraiment, juste un peu.

    « Dressed in purple velvets with a flower in her hair. Feel her gentle spirit as the champa fills the air »

    Allait-elle finir par enfin venir ? Je me lassais de tout et très vite, elle le savait pertinemment. Où bien voulait-elle seulement m'agacer, alors qu'elle savait qu'il valait mieux éviter ça avec moi ? Quand j’eus fini de pousser la chansonnette, j'avais lâché un long et explicite soupire. De dépit sans aucun doute. Mais que faisait-elle donc ? Cette fois, je n'en avais plus aucune idée. Et je commençait vraiment à m'en ficher pas mal. Tout ce dont j'avais envie c'est de voir la fille aux fleurs tourner au coin de la rue, et arriver avec ses pieds nus devant moi. De lui donner le ruban qui me caressais toujours la peau, et de m'en aller me saouler un bon coup. Mais elle n'arrivait toujours pas, alors moi, je continuais d'observer l'homme d'en face. Plus discrètement, puisque je savais à quoi il ressemblait maintenant.

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MessageSujet: Re: D'une caresse à mon poignet [PV]   Mar 21 Fév - 13:19

    Ce garçon se tenant devant moi avait tout l'air de sortir tout droit de ces quartiers insalubres et mal fréquentés que l'on nommait les bas-fonds. Il en avait les traits caractéristiques. Il était bien mal nourri, d'un teint blafard et la découpe de ses vêtements n'étaient pas tout à fait ajustés en plus d'être fait d'un tissus très peu onéreux. Sur ce point, je ne pouvais pas me tromper, un simple coup d’œil et rien que ses habits m'indiquaient sa classe sociale. Je n'avais rien contre ce genre de personnes, simplement, j'avais toujours eu un peu mal pour eux. Ils ne représentaient pas cette soi-disant vermine du royaume. Non, absolument pas. Ils étaient en fait les représentant du malheur dans lequel était plongé l'endroit. Les plus souffrants. Et ça dérangeait, car on voyait enfin la vérité en face lorsqu'on plongeait nos yeux dans les siens, que l'on se laissait perdre en eux. La seule chose que m'inspirait ce garçon, mise à part l'antipathie de son expression, c'était la misère dans laquelle nous plongeait ces princes de malheurs. Vomissures, ordures, déchets. Mais bon sang ! Quand la Résistance parviendrait à ses fins ? Nous œuvrons toujours en silence, efficacement, nous progressons. Et pourtant ! Je commençais à perdre ma patience... Ce fameux jour où j'ai cru tout perdre alors que j'avais cru quitter le royaume... Vains espoirs.

    Alors qu'il se mettait à chantait, je fermais ma réserve de rhum et la rangeais dans la poche de mon veston ouvert, tintant de passage la parois de verre contre le pendentif accroché à une chaine en or que je ne quittais jamais. Méline. Ma chère sœur... Quand te retrouverais-je ? Je pensais à toi sans arrêt, autrefois, mais je perds espoir. La peur me fait oublier mes croyances, mon enthousiasme, mais mes promesses, non. Crois bien que dès que je le pourrais, je déserterais pour venir te chercher. Lasse... Je suis si lasse... L'impatience. La peur de ne plus te revoir. Et s'il t'était arrivé quelque chose ? Si père et mère t'avaient envoyée au couvant ? Ou que sais-je ! S'il t'avaient promise ! Eh bien dans ce cas... Peut importe ! Nous partirons tout de même, si tu le veux encore...

    Et voilà que mon air habituel était revenu, sans prévenir. Une expression perdue et rêveuse qui s'accrochait à mon visage avec hargne, me collant un sourire un peu fou alors que mes yeux s'accordaient une excursion dans les cieux. Gamin, j'étais identique à l'image que j'offre de moi aujourd'hui. La seule différence étant mon physique, ma carrure. Oui, j'ai toujours ressemblé à cet homme là, courant à toute vitesse, débordé et ambitieux.

    Il chantait. Il chantait pour lui, cela se sentait bien. J'avais détecté ce narcissisme incroyable qu'il émanait.
    Élan.
    Mes pupilles fondaient sur lui, droit dans son regard sombre et prenant. Je ne le fusillais pas, je le transperçais. Et tout cela sans me soucier de ce qu'il pourrait penser, sans gêne, sans me préoccuper de l’énergumène que je détaillais avec autant d’insistance. Je le trouvais froid, antipathique. Il était jeune et déjà semblait blasé. Il était glacial, il était dérangeant. De la haine. Je ne le haïssais pas, c'était lui. Lui qui semblait misanthrope à l'extrême. Un portrait que je me faisais de lui. Il émanait quelque chose de malsain, d'atrocement givrant. La noirceur de ses yeux, de ses cheveux. J'ouvrais grand les yeux. Cela reflétait son âme.



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MessageSujet: Re: D'une caresse à mon poignet [PV]   Lun 27 Fév - 18:05

  • J'avais un peu abandonné l'idée d'attendre l'autre idiote. C'est vrai qu'à mesure que le temps passait, plus rien ici ne m'amusait vraiment. Rien ? Enfin oui, à quelque chose près. Cet homme qui semblait tout aussi intéressé que moi par sa présence. Peut-être connaissait-il la jeune naïve que j'attendais ici ? Peut-être lui avait-il acheté des fleurs un jour, lui aussi ? Je m'étais relevé, en ayant assez de rester assis là sur les pavés qui me donnaient clairement mal au postérieur. Je soupirai, tandis qu'il me fixait. Chacun son tour. Il n'avait aucun scrupule à me fixer. Tout comme moi avec lui il y avait quelques minutes de cela.
    A vrai dire, loin de irriter cette réaction m'amusait beaucoup. Je levais les yeux vers les siens, sans lâcher son regard. Je le soutenais de l'autre bout de la petite rue aux fleurs, comme je l’appelais depuis que ma sœur et son panier y venaient pour vendre leurs belles plantes. Ce n'est pas que j'avais envie de chercher des emmerdes à quelque aujourd'hui, j'avais été plutôt calme toute la journée. Mais c'était comme ça, il n'y avait rien d'autre à faire. Alors je pris une autre cigarette et continuai de l'observer, il me semblait bien que c'était le couturier du coin. Je l'avais déjà vu, une fois, dans sa boutique. Quand je me promenais avec Opale et qu'elle avait les yeux pleins d'étoiles en regardant les étoffes de la vitrine.

    "Vous êtes pas l'couturier vous par hasard ?"


    Stratégique. Je n'allais pas l'agresser pour une fois, je serais correct. En tout cas j'allais essayer. Je m'étais dis, dans un élan de lucidité, que peut-être il avait aperçu Opale par là, avant qu'elle ne disparaisse de la ruelle. Oui, c'était bien possible après tout. Et puis, il fallait avouer, qu'elle se faisait facilement remarquer avec ses cheveux roses et ses pieds nus. Le genre de fille qu'on n'oublie pas au bout de quelques jours. En tout cas, c'est l'idée que je me faisais d'elle. Je toisais le couturier, sans lâcher l'affaire. Pas de la même façon que lui me regardait.
    Moi, j'avais toujours ma froideur et mon air hautain. C'était bien comme ça. Lui ne devait certainement pas se souvenir de moi, de toutes les fois où j'étais forcé de regarder sa vitrine pendant des heures, bras dessus bras dessous avec l'autre idiote de la famille. Quand je grognais et pestait contre la stupidité de telles créations pour bourgeois à la cuillère en argent dans la bouche. Je tirais sur ma cigarette, me demandant, s'il me répondrait. Après tout, je n'étais pas très engageant.

    La journée était belle, et j'attendais. Je me disais qu'une fois le ruban donné, je pourrais enfin aller m'amuser. Mais je pensais à une personne en particulier, que j'avais rencontré un jour, deux fois et qui m'avais laissé un souvenir cicatrisé, à mon poignet. C'était d'ailleurs à ce poignet là, que j'avais noué le ruban. Cela me rappelais beaucoup de choses et aussi, cet aveu, de cette douce jeune fille que je n'avais pas essayé de revoir depuis. A quoi pensait-elle maintenant que je savais ? Je secouais la tête doucement en pensant que cela aiderait mes pensées à s'échapper.
    En tout cas, pour un court instant. Je crachai la fumée hors de ma bouche, et l'observai dansante dans le vide. Me grattant le coin de la bouche, j'attendais encore, d'entendre la voix du jeune homme, qui pourrait sans le savoir m'aider dans ma quête.

    L'attende me paraissait plus longue que longue. Mais j'avais ma cigarette pour me tenir compagnie.
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MessageSujet: Re: D'une caresse à mon poignet [PV]   Ven 2 Mar - 12:00



    Petit moment d'absence. Mes yeux le fixaient toujours aussi intensément, mais mon esprit était ailleurs, parcourant et détaillant tout ce qu'il trouvait dans mon conscient, dans ma mémoire. Voir au delà de tous.

    En effet, la seule et unique chose qui aurait pu me faire revenir de cet envol, c'était une parole m'étant adressée. Une parole suffisamment forte pour que je l'entende d'aussi loin que je fus. Une parole qui demandait attention, réponse. Dans d'autre cas, j'aurais sans doute aucun continué à arborer l'espace sidérant que m'offrait mon cerveau. Et sans doute encore, il aurait été impossible de ne pas penser à mon Opale. Ainsi que ma boutique dont j'étais fier, mais qui me causait en outre des ennuis auxquels je me devais de faire face.
    Finalement, comme bien souvent, mon sourire se serrait effacé de mon visage, prenant des allures de rictus, et je serais retourné à mon atelier ou bien l'Alcool m'aurait appelé à la Taverne et je m'y serais rendu dans l'optique de mettre mes soucis de côté, au moins pour un instant.
    Mais grâce à ce garçon, de mes habituelles rêveries j'étais délivré. Bon sang, mon sourire était encore là ! Fantastique.

    - Vous êtes pas l'couturier vous par hasard ?

    Il semblait être désinvolte, presque blasé. Et pourtant, ça question, malgré ce ton et cette façon de parlé inadéquate, manifestait une once d’intérêt à mon égard. Quelqu'un d'assez spécial. Ne lui donnant pas d'âge car cela était tout bonnement impossible, mais comprenant bel est bien qu'il était plus jeune que moi, j’aurais pu trouver dans ses propos une certaine insouciance. Mais j'avais oublié que, dans sa situation sociale apparente, on s'endurcit bien vite. Et, tous pouvaient le reconnaitre, dans des temps pareils, dans un royaume tel que le notre, il était nécessaire de ne pas être trop naïf, trop faiblard.

    Quittant mon appuis dorsal contre le mur crasseux, je fis un pas en avant afin de me présenter comme il se devait. Je supposais qu'avec ce type de personne, il était inutile de respecter les codes exactes. D'ailleurs, je décidais de simplement lui accorder un sourire poli, quoique légèrement trop distant. Il parler d'un couturier bien précis, mais il allait de sois qu'il s'agissait du couturier de cette rue même, cette grande rue qui traversait tout du long une bonne partie du royaume. Cette rue à marchands. Et puis, j'étais ici, le seul couturier masculin.

    - Lui-même. Que me vaut cet intérêt ?

    Et puis une phrase me vint à l'esprit au moment même ou je prononçais ces mots. Rien de désagréable, rien de joyeux. Une cliente, un jour, m'avait parlé d'une personne bien étrange qu'elle avait croisé une fois, dans cette rue bondée. Son attention n'avait pas pu faire autrement que de ce poser sur cette personne en question. Elle le nommait, comme tous d'après elle, le garçon Corbeau. Cette femme me l'avait décrit comme étant froid, ayant une cicatrice profonde dans sa joue et des cheveux d'un noir incroyable. Et il me semblait l'avoir trouvé, ce Corbeau. Elle avait l'air défaite, complètement confuse, lorsqu'elle m'avait décrit cette énergumène. Elle ne lui avait pas craché dessus et ne m'avait pas précisé sa caste. Chose qu'elle faisait habituellement systématiquement. A croire qu'elle fut bien trop impressionner pour cela. Ou peut-être apeuré ? Elle s'était contentée de me le décrire, sans rien dire de ce qu'il faisait, de ce qui l'avait touché. Et je pensais alors qu'il n'avait justement rien fait, et que seul ses caractéristique physiques y étaient pour quelque chose. Elle m'avait alors semblé bien étrange, presque éblouie.

    Mes yeux se reposaient alors sur sa cicatrice. Si jeune et déjà abimé et marqué par le passé. Quoi que ce fut, cela me touchait, me prenait au cœur. Pas de compassion, non, ni de pitié. Seulement une sorte de projection. Il était si neutre que je parvenais à me voir en lui. J'avais eu moi aussi, marque des évènements. Une marque qui me permettait de me souvenir de faits, ces mêmes faits qui avaient retournés ma vie, qui l'avaient rendu telle qu'elle est à ce jour. Et je pensais aussi à Méline et ses pleurs. Je les entendait à nouveau. Mais je ne m'arrêtais pas. Je persistais dans ce rappel, entretenant ma haine parentale et mon amour pour ma sœur...
    Indélébile.


[désolé pour l'attente, chouquette ! Mais Bac Blanc/TPE obligent... ]
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MessageSujet: Re: D'une caresse à mon poignet [PV]   Ven 2 Mar - 15:31



  • Le soleil brûlait ma peau. Tout comme mes pêchés. Et cette attente interminable.

    On m'a souvent dit que le temps était un ennemi. Je l'avais pensé aussi depuis, bien trop souvent. Mais aujourd'hui, il m'avait valu une rencontre qui promettait d'être intéressante. Je ne connaissais pas du tout cet homme, en dehors de l'image que j'avais de lui manipulant ses aiguilles et ses bouts de tissu. Je l'observai toujours, sans détourner mes yeux de lui. Ma cigarette perdait déjà de sa saveur et je les enchaînai l'une après l'autre, comme si elles étaient plus curatives que toxiques. Et je pouvais sentir, qu'il m’analysait à travers un simple regard. Pourquoi ? Je n'en savais rien, je n'essayais même pas d'en avoir une idée.
    On m'analysait et me jugeait constamment. J'étais bien connu dans le Royaume après tout. Et je dois avouer, que ma réputation de garçon Corbeau m'avait toujours convenu. Elle me collait à la peau, mais elle était tellement juste, que je m'en fichais pas mal. Même Opale s'était mise à m’appeler Corbeau par moments. Quand c'était elle, ça me faisait presque plaisir. Pour une fois qu'elle laissait tomber le petit frère. Surtout le petit, que je supportai de moins en moins avec le temps.

    Je grattai ma cicatrice. D'habitude, c'était le signe d'une gêne passagère, car oui, cela pouvait m'arriver de temps à autre. Mais cette fois, c'était tout simplement, que la sensation d'une blessure rouverte me dérangeait. Je soupirai la fumée qui m'envahissait les poumons. Celle que j'aimais tant. Douce odeur, douce amer. D'un air satisfait, je comptai intérieurement le nombre de clopes qui me restait au fond des poches. Tout allait bien, j'en aurai certainement encore assez pour finir la journée. Et puis dans le cas contraire, je n'aurai qu'à me rendre au marché noir. Payer le prix fort, très peu pour moi. Mais assez de se perdre dans mes pensées, je secouai légèrement la tête pour reprendre le fil de la conversation avec l'homme qui se tenait désormais plus devant moi de quelques pas. Des présentations rapprochées. Sans aucun doute.

    - Lui-même. Que me vaut cet intérêt ?


    Je souriais en coin. Donc je l'avais bien reconnu. De manière générale, j'étais assez physionomiste. Je me doutais bien que je ne m'étais pas trompé. Je passais une main désinvolte dans ma crinière ébène et haussait doucement les épaules. Comme si la réponse m’indifférait tant elle m'aurait paru être une évidence. Je baillais négligemment et m'étirai à la manière d'un félin.
    Déjà je changeais de cigarette. Je me lassais toujours trop vite de tout, c'était un de mes nombreux défauts. D'ailleurs, Opale ne manquait jamais une occasion de me rappeler. Contrairement à elle qui s’attachait à tout et à tous aussi vite qu'elle se mettait à pleurer.

    - J'me demandais...Depuis votre boutique, vous auriez pas vu passer une vendeuse de fleur ? Elle a les cheveux roses, ondulés et se promène toujours pieds nus. Certainement qu'elle connait pas les chaussures cette idiote...J'ai besoin de savoir où elle est.

    Je me demandais depuis combien de temps je n'avais pas lâché un tel débit. Il n'y avait bien qu'elle qui était capable de me faire parler autant d'un coup. Autant directement que indirectement. J'attendais ma réponse, avec un air agacé et impatient, sans rien perdre de ma froideur. Je tirai sur ma cigarette et fixait à présent le ciel. Il faisait toujours aussi beau. Quel dommage d'être enfermé derrière ces murs gris et tristes. Je soupirai doucement. Je me demandais si je pouvais partir, le ferais-je vraiment ? Moi, je n'avais pas de réelles raisons de m'en aller. Kain reposait ici après tout. Et je ne pourrai pas partir sans lui.
    Ah et puis...Je pensais aussi à elle.

    Sans toujours comprendre pourquoi. J'y pensais encore.



[Aucun souci, j'ai eu ça aussi : ) ]
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D'une caresse à mon poignet [PV]

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