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 A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]

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MessageSujet: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Jeu 1 Sep - 22:10

  • Cela faisait combien de temps maintenant ? Je ne sais plus. Je me rappelle, à chaque journée passée ici à travailler, de fameux jour. Lorsque j'avais rencontré cet homme. Ce couturier de talent. Je me rappelle encore du son de sa voix, et de la chaleur de sa main. Plus j'y pense, et plus mon ventre se tords violemment. C'était bête, mais j'étais partie rapidement, le soir, ce fameux soir. A ce moment là, je n'avais pas compris, que je n'aurai pas le courage de retourner le voir. Alors j'étais retournée ici, reprenant ma vie comme avant, sans que rien ne change. Et pourtant, j'aurai voulu que tout change. Mais c'était ma faute, comme bien trop souvent. Je soupirais, assise sur le muret de pierre. Mon panier a mes côtés, je respirais le parfum d'une rose Blanche, signe d'amour pur. Je n'étais plus vraiment joyeuse ces temps-ci, et ce n'était pas la peine de se demander pourquoi. Les clients devaient le voir, car j'en avais encore moins. Mais qui aurait envie de m'acheter des fleurs, alors que j'avais l'air aussi éteinte ? Quand je me dois pourtant de vendre de la fraîcheur.

    La nuit où je l'avais quitté en courant, j'étais rentré de suite. J'avais passé ma nuit à pleurer, dans les bras de mon frère. A me rappeler d'anciens souvenirs, qui me faisaient du mal. Pourtant, il y en avait aussi des bons, de souvenirs. Avec Gareth, mais ils m'étaient rares. Seulement, je n'avais jamais voulu le voir en face. C'est étrange, je me demandais si c'était Evan, qui me l'avait fait oublié, ou juste la magie du moment. De m'être retrouvé dans un pareil univers, comme je n'en avais jamais vu de mes propres yeux. Au fond, j'avais la réponse, mais elle ne remontait pas à mon cerveau. Cette nuit avait été de loin une des pire que j'avais eu a passée dans ma vie. Comme les suivantes. Je me disais que, le couturier n'avait certainement pas cherché à me retrouver. Et je ne pouvais pas lui en vouloir après ce qui s'était passé. C'était ma faute. Comme souvent.

    Le vent se levait doucement, mais la brise était agréable. Je songeais un instant à rentrer chez moi, où à me rendre chez mon amie. Je ne savais pas trop quoi faire. Dans le fond, ça ne servait à rien de rester ici et se morfondre non ? Lui était sans doute passé à autre chose. Mais c'était être triste ici, ou ailleurs. Je me contentais de balancer mes jambes dans le vide, attendant bêtement qu'on vienne vers moi, pour regarder dans mon panier. Je me mis à mâchouiller une pétale de la rose que je tenais, ses épines m'avaient piquées la chair, et je saignais légèrement. J'aurai tâché ma robe, que cela m'aurait été égal. Ma robe raccommodée. Je soupirais encore. Vraiment, je perdais pieds, rien qu'en pensant à lui. Je repensais à ce qui s'était passé sans arrêt, à le regretter plus que tout autre chose. Dans ma vie, j'avais fait tant d'idioties, mais celle ci devait être la pire.

    Et je ne faisais que penser, penser et penser. A Evan. A moi, à ce que j'avais fait. Sans doute me détestait-il maintenant ? Si ce fut le cas, je ne m'en remettrai pas je crois. Je ne supporterais pas l'idée qu'il me pense fuyarde, et aussi lâche que ça. La vérité, il ne la connaissait pas c'était juste ça. Mais j'étais parti comme une voleuse. Stupidement, sans oublier de me changée. En plus. Quelle sortie lamentablement exécutée. De plus, j'avais du passer devant une pleurnicheuse devant mon frère, qui m'avait critiqué, mais pour me consoler à sa façon. Je me relevais doucement, me frottant un peu les yeux. Avant l'arrivée d'une larme possible. Rapidement, je me tournais pour prendre mon panier en main. Finalement, je devrais peut-être mieux changer de rue.


Dernière édition par Opale le Mer 14 Sep - 19:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Jeu 1 Sep - 23:10

    C'était un jeudi. Milieu de ma semaine. Ce qui signifiait pour moi quelques temps de repos. Peut-être une journée. Ou plus. Tout cela dépendrait uniquement de mes envies, de mon état. Et mon état, comme chaque matin depuis quelques temps, il n'était pas franchement réjouissant. En fait, je n'arrivais plus à travailler correctement. Me concentrer sur mes patrons et mes mannequins m'étaient devenu pénible et je me retrouvais souvent dehors, à travailler en pleine rue pour pouvoir fumer. Manière à moi de me concentrer. Habituellement, je buvais du rhum, pour décupler ma créativité. En dose raisonnables, de manière à ne pas sombrer dans un état pire encore. Mais si je devais seulement me contenter de mon rhum, cela me serait revenu beaucoup plus chère et certainement que mon alcool n'aurait pas réussi à me contenter. Alors, hier encore, je m'étais installé avec mon coffret, mon mètre, mes tissus, un tabouret et mon mannequin. Et je m'étais installé là, devant la porte de mon atelier, pour fumer et travailler. Parfois, des cercles se formaient autour de moi lorsque venait le temps des assemblages, ou alors quand je devais poser les rubans, les baleines, ou bien faire les plis. Souvent dans ces moments, quelques gamines curieuses s'étaient approchés pour me poser des questions ou bien me donner leur avis. Elles avaient parfois réussi à me faire décrocher un sourire, faible, mais présent. Rarement.

    Et ce matin je me levais encore du mauvais pied. Je n'étais pas d'une humeur massacrante, hors de moi. Non, ce n'était pas de la colère. Mais cela ressemblait davantage à de la fatigue. Comme si, même après une nuit de sommeil des plus longues et douces, je n'étais pas parvenu à récupérer toutes mon énergie. Depuis qu'Opale était partie en trombe et en pleur, voilà ce que je vivais, de mon côté. Oh bien sur, j'avais tenté d'oublier cette fille. Mais après deux jours sans elle, à travailler d'arrache-pied pour me bourrer le crane de casses-têtes et de mesures, j'avais abandonné. Et ainsi, j'avais laissé son souvenir me hanter et me prendre toute ma bonne volonté. Je ne me rendais presque plus à l'étage, ou seulement pour me faire une toilette, manger de quoi tenir la journée et parfois dormir. Parfois, car je ne prenais qu'occasionnellement la peine de monter, préférant m'endormir dans les bras de mon aimé fauteuil.
    Je n'avais pas non plus pris la peine de balayer le sol depuis qu'elle était parti. Les allumettes gisaient encore un peu partout dans l'atelier, des ribambelles de tissus s'y étaient retrouvées entre morceaux de fils, aiguilles et boutons perdus. Je ne faisais plus rien d'autre que coudre et dormir. Et cela depuis maintenant près de deux semaines.
    La seule chose qui avait bougé depuis son arrivé, c'était la robe. Je l'avais cintrée et posée face à mon fauteuil. C'était la chose qui me rappelait le mieux son visage, son corps, sa personne. Et je la contemplais chaque soir, avant de m'endormir, éreinté par la fatigue.

    Mais ce matin, je sortais de mon lit avec une pointe d'une envie nouvelle. J'étais décidé. Décidé à faire ce dont j'avais eu envie durant maintenant des jours entiers.

    Je m'habillais d'un pantalon au tissu doux et léger, teinté d'un vert sapin. Et revêtais négligemment _ comme toujours _, une chemise d'un blanc crème dont je relevais les manches. Puis je passais de l'eau sur mon visage, et ma main dans mes cheveux. L'avantage avec un corps comme le mien, c'était qu'il m'en fallait peu pour être beau aux yeux des dames. Et c'était bien là une des choses pour lesquelles je remerciais Père. Lui aussi, étant jeune, avait toujours eu cette classe, cette présence. Et j'en avais hérité. Dieu merci.

    Claquant la porte derrière moi, je fermais à clef l'antre de mon atelier pour déambuler dans les rues, à la recherche de celle qui monopolisait mon esprit par son simple souvenir.
    Je marchais, prestement. Parfois, au coin d'une rue, je me retrouvais à trottiner durant quelques mètres pour finalement continuer sur une marche rapide.
    Et soudain je m'arrêtais. Je ne m'étais pas trompé sur le chemin. Bizarrement, je ne pensais à rien. Je ne pensais plus à rien quand je l'aperçus là, sur son muret, avec son panier rempli d'osier plein de fleurs diverses. Je m'étais arrêté, fasciné par la simple vue que j'avais. Lointaine, mais si agréable. Je la regardais, de l'autre bout de la rue, sentir une fleur blanche qu'elle tenait entre ses doigts. Je ne pouvais pas exactement distinguer ses traits, mais sa manière de balancer ses jambes, sa tenue, rien que cela aurait pu me permettre de la reconnaitre.

    Elle descendait de son muret et faisait quelques pas. Et moi, je m'élançais à sa rencontre, un sourire se dessinant à mesure que le vent sifflait dans mes oreilles, faisait flotter mes cheveux. Puis à quelques pas, je m'arrêtais. Et je la regardais encore, sans qu'elle ne m'ait vu. Qu'elle était belle, mon Opale.

    Alors je m'avançais silencieusement dans le brouhaha de la rue, et je me penchais derrière elle, lui susurrant quelques mots.

    - Vous m'avez manqué, vous savez, ma chère Opale.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Jeu 1 Sep - 23:28

  • J'avais été décidée à partir. Le temps de reposer cette Rose dans ce panier. Le temps de passer un main dans mes cheveux. Je sentais le vent qui soufflait de plus en plus fort. Bientôt, il pourrait bien fouetter mon visage. Mais la douleur ne m'aurait rien fait du tout. Car j'en affrontais une encore pire en ce moment même. Le souvenir. Le ? En fait, j'en avais bien plus qu'un, qui m’assaillait brutalement. M'occupant l'esprit, me faisant toujours plus saigner au fur et à mesure que les minutes passaient. J'étais seule dans cette rue, et le temps n'était pas beau. Je regardais le ciel. Nuageux, mais c'était amusant. Ce qui me faisait sourire dans les nuages, c'était que quelquefois, ils avaient des formes toutes plus étranges les unes que les autres. Et je m'amusais à deviner à quoi ils correspondaient. Parfois, un animal, parfois une forme géométrique. Cette fois, je ne voyais aucune forme original, et cela eu le don de me rendre encore plus malheureuse. Vraiment, n'y avait-il rien du tout pour égayer ma journée ? Pour illuminer mon visage ? Non, pas cette fois.

    Alors que je m'étais levée, préparée pour m'en aller, il m'a semblé entendre une voix. Une voix mais loin d'être n'importe laquelle. Cette voix là. Grave et chaude. Celle que j'avais aimé entendre le temps d'une soirée. Et celle pour laquelle j'avais passé tant de nuit à pleurer. Devais-je y croire ? Certaines personnes parlent parfois d'hallucinations auditives. Et si j'en était victime moi aussi ? Après tout, il y avait personne dans la rue. Personne quand j'étais arrivée. Personne quand je m'étais assise sur les pierres. Personne quand je m'étais levée. Personne. Sauf moi. Alors, était-ce réelle ? J'avais entendu ce "ma" que j'avais reconnu. Il n'y avait qu'une seule personne qui me désignait comme ça. Alors, pour savoir si je rêvais, la seule solution était de me tournée. Mais j'avais peur, que ce ne soit pas vrai. Et peur que ça le soit. Et qu'il m'en voulait tout de même.

    - Vous m'avez manqué, vous savez, ma chère Opale.

    Lentement, très lentement, je me suis tournée. J'écarquillais les yeux, de surprise, de soulagement, de joie, de peur, de tant de choses à la fois. Du fond de ms pupilles, je le voyais lui. C'était lui. Et non, je ne rêvais pas, car je sentais bien le vent soulever ma chevelure rose, et le bas de ma robe. Et je sentais mon cœur battre à déchirer ma poitrine. Sans doute, qu'il devait l'entendre lui aussi. Sans doute. Car dans la rue, il n'y avait aucun bruit. Aucun son. C'est pour cela, que je l'avais si bien entendue quand il m'avait soufflé ces quelques mots. Je n'en revenais pas et j'étais partagée. Que faire ? Que dire ? Tout se bouleversait dans ma tête, parce que je n'avais aucune idée de la réaction à avoir. Mais tant pis. Au lieu d'y réfléchir trop longtemps, je préférais faire comme toujours. Être spontanée.

    Et voilà. Non, je n'étais pas partie en courant. Oui, j'avais déjà des sanglots plein la voix. Oui j'étais rouge de honte et de joie. Non, je ne me reprochais pas ce que j'allais faire maintenant. Et je n'allais pas partir en courant cette fois. Peu importe ce qui allait se passer cette fois-ci et ce qui allait se dire. M'avait-il retrouvé par un simple hasard ? Moi, je ne voulais pas y croire. Je ne pouvais pas y croire. Et de toute façon, je m'y refusais. Alors je me jeta dans ses bras, les pleurs qui ne s'arrêtaient pas, et je le serrais, au niveau du dos, un peu plus bas, j'étais plus petite. Fermant tout simplement les yeux. Je tremblais aussi, et je le savais. J'avais lâché mon panier sur le moment, et je m'en fichais complétement. J'étais contre lui, et c'est ça qui comptait.

    -E...Evan ! Si vous saviez comme j'ai pensé à vous !

    Si vous saviez comme j'ai pleuré pour vous.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 10:10

    Son regard... Ses yeux... J'en avais le cœur serré. Et puis son parfum que je retrouvais si agréablement. Je me rendais maintenant compte à quel point il m'avait manqué. A quel point son délicieux souvenir avait été douloureux. A quel point il m'était bon de la sentir près de moi. Tant elle m'avait manqué. Tant je l'avais espéré.

    Puis, comme je m'y attendais _ ou en fait non, ce qui est paradoxal _ elle eu une réaction tout à fait contraire à ce que j'avais pensé tout d'abord. J'aurais cru à ce qu'elle s'éloigne sans même prendre la peine de me dire un mot, qu'elle se remette à pleurer, qu'elle hurle... Mais je ne m'étais certainement pas attendu à cela. Et je la recevais dans mes bras, plein d'étonnement et de joie. Ces retrouvailles, finalement, n'avaient pas été aussi difficiles que je l'avais pensé. Vraiment, j'étais heureux de ma démarche. Qu'en aurait été la situation si je n'étais pas venue à sa rencontre ? Sans doute ne serait-elle jamais revenue. Oui, c'était certainement ce qui se serait passé. Opale me l'avais montrée dès le début et je m'en rappelais très bien : elle se sous estimait. Et par conséquent, se rendre à mon atelier aurait été croire qu'elle puisse m'intéresser. Ce qui, pour elle, était totalement impensable. Du moins, c'est comme ça que je la voyais. Et cela me faisait sourire. Car, bon Dieu ! Qu'elle était loin du compte !

    - E...Evan ! Si vous saviez comme j'ai pensé à vous !


    Alors je lui caressais les cheveux, pensif.
    Sa voix me montrait toute son émotion. Émue que je sois revenu, que je m'intéresse à elle, si j'avais bien compris. Au point d'en pleurer ? C'était bien possible, oui. Je n'y aurais pas cru, si je n'avais pas senti ce tremblement dans son intonation, autant que dans ses membres d'ailleurs. Avait-elle été aussi affectée que moi par son absence à mes côtés ? Par la miennes aux siens ? Je me plaisais à le croire, et de toute manière, comment cela pourrait-il en être autrement ? Après qu'elle m'ait reçu de la sorte ? Comment pourrais-je douter un seul instant qu'elle ne puisse être heureuse de me voir ? Eh bien voilà, même moi d'habitude si sûre de ma personne, j'en venait à douter.

    Nous n'avions pas passer beaucoup de temps ensemble, et c'était là ce qui me déstabilisait le plus. Pourquoi donc, et comment, avait elle aussi facilement touché mon cœur ? Je savais maintenant que ce n'était pas sa petite ressemblance avec Méline qui m'avait valu ces sentiments. Non, c'était elle et seulement elle. Sa personnalité m'avait conquit. Sa beauté, séduit. Moi qui aurait plus facilement pu être amant de l'une des riches nobles qui me faisaient les yeux doux, je m'intéressais à la jeune femme aux cheveux rosés qui vendait ses fleurs.

    - Moi aussi, Opale.


    Comme j'étais heureux de connaitre son prénom pour pouvoir le prononcer ! Cela me faisait un bien fou ! Inimaginable.
    Je la relâchait, lentement. De peur que me détacher soit trop douloureux, trop difficile. Puis, arborant un fin sourire je la tenait par les épaules assez loin de moi pour que je puisse la voir. Et je la regardais, comme je l'avais fait la première fois, dans l'atelier. Je ne savais que dire, que faire. Rien d'autre que la regarder comme si je ne l'avais pas vue depuis des années. Et seule quelques mots me vinrent.

    - Vous êtes éblouissante...

    Cette phrase dite de telle manière qu'elle ne pouvait douter de la sincérité de mon commentaire, des regrets que j'avais eu, de l'attente trop rude que j'avais endurée.

    Et je déposais un baiser sur sa joue, l'étreignant encore.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 11:55

  • Quel soulagement, de voir qu'il ne me repoussait pas, après que j'étais enfuie comme une voleuse il y a quelques jours, quelques semaines de cela. Lui, me serrait encore plus, et cela me rendait heureuse. Moi qui était si triste depuis tant de jours maintenant, j'étais si heureuse, si heureuse. Rien que pour l'avoir vu, rien que pour l'avoir entendu. Je n'aurais jamais imaginer, qu'il puisse ne pas m'en vouloir. Je savais, je ne rêvais pas. Il était venu vers moi, il m'avait parlé, il m'avait serré. J'aurai pu mourir de joie, si cela était seulement possible. Moi, je n'avais aucune envie de me détacher de lui, maintenant que je l'avais devant moi. Je ne voulais pas qu'il parte à son tour, et je ne voulais plus repartir comme la dernière fois. En fait, je ne voulais déjà plus repartir du tout. Je me félicitais à cet instant, ne pas être partie vers une autre rue.

    - Moi aussi, Opale.

    J'en aurai pleuré. Je ne sais pas pourquoi. J'étais tellement émerveillée de le voir là, et surtout, de l'entendre dire ça. Il avait pensé à moi, et je ne pouvais pas douter que ce soit en bien. Si le contraire aurait été, il ne m'aurait pas rejoint ici, et il ne m'aurait pas laissé tomber dans ses bras. Là, où j'étais encore blottie, pour un moment. Car doucement, il m'avait éloignée de lui, et je le l'avais laissé faire tout simplement. J'avais croisé son regard foncé, dans lequel j'avais pu me perdre si facilement. Et dans lequel, je voyais toute sa beauté d'âme. Comme toujours, comme la dernière fois, ses yeux suffisaient à me captiver en une seconde. Comme personne ne l'avais jamais fait avant. Et comme personne n'arriverait plus jamais à le faire. Il n'y a sans doute que lui qui le puisse.

    Il me regardait, je sentais la chaleur de son regard sur mon visage. Y avait-il quelqu'un dans la rue ? Je ne savais même plus. J'aurais dit que non, mais je n'en savais rien. Pour moi, il n'y avait que nous. Je ne faisais plus attention à tout ce qui nous entoure. Je ne voulais pas, y faire attention de toute manière. Il aurait pu se passer n'importe quoi, même une chose terrible, cela m'aurait été égal. Je n'aurais, pour rien au monde, détacher mon regard émeraude du sien. Je n'aurais pas pu, et je n'aurais pas voulu. Maintenant que je pouvais me plonger dedans, je ne voulais plus en sortir. Moi qui avait été tant gênée pourtant, lors de notre rencontre, à ce même endroit. Qu'il m'avait manqué, peut-on seulement imaginer ? Mais enfin, il était là, près de moi. Comme si je ne l'avais jamais quitté.

    - Vous êtes éblouissante...

    J'avais rougis. Je suppose, qu'il s'attendait à cette réaction. J'avais ouvert la bouche légèrement, pour dire quelque chose. Mais aucun son n'en sortit à ce moment là. Et quand il dépose un baiser sur ma joue, je rougissais encore plus. Et cela suffit à me faire un bien fou. Il m’étreignait à nouveau, et moi, je continuais à me serrer contre son torse. Je refusais de m'éloigner encore. Et je refusais de devoir m'en aller un jour. C'est encore comme ça, que j'étais le plus heureuse. Avec Evan. Avec cet homme que j'avais vu une fois dans ma vie. Une fois, qui m'avait semblé une vie.

    -Evan...Merci.

    Merci. Merci. Et plus encore.


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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 14:52

    Ses remerciements sonnèrent comme une déclaration à mes oreilles. La déclaration de son affection.Du moins, je ne voulais pas penser que cela aurait pu être autre chose. Me faire des idées dans un moment pareil, pour ensuite être déçu n'était pas vraiment voulu. Alors je préféré autant croire qu'elle ne me vouait qu'une amitié tendre, plutôt que le même amour que j'avais pour elle. Cela m'aurait causé trop de peines si jamais mes sentiments n'étaient pas partagés. Et je m'en serais voulu. Aussi, je me demandais bien si cela était seulement correct de ma part de ressentir pareille chose pour une jeune femme comme elle. D'abords, parce qu'elle pouvait avoir seulement 16 ans que je n'en serais même pas étonné. Comme elle pouvait avoir mon âge. Car son physique ne permettait vraiment pas de comparaisons avec ce que je pensais être son esprit. Elle semblait beaucoup moins naïve et fragile qu'elle en avait l'air. Quoique. Cela restait encore à prouver. Mais jusqu'à preuve du contraire... Et ensuite, qui me disait qu'elle n'avait pas déjà quelqu'un à aimer ? Rien. Rien ne me permettait de le déterminer. Cependant, cela n'était pas le point qui me dérangeait le plus des deux. Il n'était que secondaire et je serais m'y faire si tel était le cas. Du moins, je l'espérais.

    Je l'éloignais une seconde fois de moi et lui lançais un énième sourire ravageur. Puis, après un rapide regard sur son beau minois, je lui offrais mon bras avec toute la classe dont je pouvais faire preuve en un seul geste. Je me conduisait avec elle comme s'il avait s'agit du tissus le plus fragile qu'il puisse exister, de la fleur la plus cassante qui ait poussée. Je la prenais avec douceur, et la manipulais en prenant autant de précautions que possible. Comme je l'aurais fait pour une opale. Mon Opale. Une manière de lui montrer comme je tenais à elle, tout simplement.

    Puis une rapide pensée pour Kim me heurta. Mon amie. Ma si bonne amie. N'avais-je jamais été aussi attentionné envers elle ? Non. Pas que j'en sache. Je lui faisais toutes les idioties possibles, la taquinait en permanences. Mais jamais je ne l'avais prise dans mes bras. Des baisers, elle en avait eu. Je lui avais souvent emmêler les cheveux par affection, mais lui donner une étreinte de la sorte... Jamais. Est-ce que c'était là une preuve du fait que je ressentais bien quelque chose de différent à l'amitié ? Oui, je crois bien. Cela n'avait rien à voir avec mes sentiments pour Kim. Et mon comportement changeait du tout au tout.

    - Avez-vous un atelier ? Où cueillez-vous vos fleurs ?

    Que d'endroit que j'avais envie de découvrir s'ils existaient. Je n'avais pas osé lui demander de me montrer sa demeure. Car sa demeure ne devait pas être bien grande pour y recevoir convenablement. Je doutais aussi qu'elle ait réellement envie de me montrer sa maison, après avoir vue mon atelier. Enfin cela n'étaient que des déductions, rien d'autre. Peut⁻être qu'elle en mourrait d'envie, tout comme moi. Ou peut-être pas du tout. Mais je ne ferais aucun pas en cette direction.
    Cependant, j'aurais apprécié de voir son petit coin de plaisir à elle. Et je me doutais bien que cela devait être un champ, une carrière, une boutique. Ou bien quelque chose y ressemblant de près ou de loin. Quelque chose où toutes les fleurs du monde poussaient et où Opale se sentait bien.

    Je ne pouvais pas m'imaginer autre chose. Mais je n'aurais pas été surpris qu'il en fut autrement tant elle était... surprenante ?
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 15:19

  • Il m'avait offert son bras. J'avais souris, cela m'avait rappelé un fameux jours. Et comment ne pas s'en souvenir ? Je ne le refusais pas, je n'aurais jamais pu le refuser. Combien de fois, depuis cette fameuse soirée, n'avais-je pas repenser à cela ? Et maintenant, c'était à nouveau réel. Je ne croyais pas aux Anges, ni à Dieu. Mais je croyais au destin, maintenant. Depuis que je l'avais croisé sur ma route, je ne pouvais pas penser, que seul le hasard y avait été pour quelque chose. Était-ce possible alors que deux âmes aient une telle envie de se rencontrer, sans le savoir, que le destin nous mène à elle ? Et si, depuis toujours, il était le sauveur que j'avais attendu, pour ne plus penser à Gareth. Car maintenant, je n'y pensais plus. Plus comme avant. Ce n'était plus de l'amour. C'était autre chose, et je ne savais quoi. Mais ce n'était plus là. Parfois, ma vie m'avait semblé la plus grise possible. Mais c'était avant. Et maintenant, voilà que j'étais sans doute la fille la plus heureuse qui soit sur cette terre. Je n'en doutais pas un instant. Personne ne pouvait avoir plus grande chose que moi. Que nous ?

    - Avez-vous un atelier ? Où cueillez-vous vos fleurs ?


    Je levais les yeux vers lui, tout sourire. En fait, je me demandais pourquoi il ne me demandait pas la raison de ma fuite. Ce n'est pas que je tenais à ce qu'il me pose la question, mais je me demandais quand même un peu. Que pensait-il de ça ? Ne m'en voulait-il réellement pas finalement ? J'aimais le croire en tout les cas. Je soupirais discrètement, mon panier à la main, et l'autre tenant le bras de ce couturier retrouvé. Je m'inclinais timidement, me demandant si je pouvais ou pas. Mais je le fit, je posais doucement ma tête sur son épaule, cherchant un contact, pour me rassurer. Il était vraiment là. Vraiment venu pour moi et pour rien d'autre. Et puis, cela me rendait folle de joie. Maintenant, je voyais que la rue n'était pas déserte, en fin de compte. Ma bulle était envolée, nous n'étions pas seuls. Mais mon bonheur était intact.

    - Je me rends dans un champs non loin de là ! Le propriétaire est si gentil ! Et sa femme me fait du thé à chaque fois que je viens ! Il sent si bon, si vous saviez Evan !

    Sans doute que je parlais un peu trop. Je n'en savais fichtrement rien. Mais j'étais comme ça. Je disais ce que je pensais. Et puis, c'était vrai. Sans doute Evan aurait-il aimé le thé de cette dame, qui me considéré comme sa petite fille. Ils étaient tous les deux si gentils. C'est là bas que je ramassais mes fleurs. Ils ne me faisaient rien payer, et me laissait aller et venir à mon gré. Toujours, depuis que j'étais petite, ce plaisir m'était réservé. Et j’avais de la chance. En plus, ils ne me demandaient rien sur les vente. Vraiment, ils étaient si généreux. Qu'ils m'en aurait fait pleurer. De bonheur uniquement. Je n'avais jamais eu l'habitude qu'on soit si bon avec moi. Même ma mère, jamais n'avait eu autant d'attention pour moi. Ni Gareth, qu'Evan en avait. Et j'en était toute troublée.

    De joie.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 15:55

    Et comme j'avais adoré sentir sa tête se caler contre mon bras. Mon bras droit, qui plus est. Le brûlé, le membre le plus laid de mon corps. Ce membre qui me rappelait cette après-midi où j'étais revenu à la maison familiale pour retrouver tout ce qui me tenait tant à cœur en train de flamber sous mes yeux. Les pleurs de Méline, je pouvais encore les entendre, et je savais qu'ils étaient du à la haine que je leurs vouait à tous. Tous, sauf ma petite sœur. D'une main sur mon visage, j'effaçais ces souvenirs et me concentrait sur la seule et unique raison de ma venue.
    Je lui avais proposé le même que la première fois que nous nous étions vu. Sans vraiment m'en rendre compte d'ailleurs. Était-ce volontaire ? Est-ce que, inconsciemment, j'avais voulu revivre ce jour ? Car, même si je ne m'étais pas présenté de la même façon, j'étais venue la retrouver au même endroit. Je lui avais souri de la même façon. Et oui, je crois bien que oui, j'avais envie de ressentir autant de joie que ce jour où je l'avais trouvée là, pleurante. Peut-être n'étais-je pas amoureux, finalement ? Seulement de la joie qu'elle me procurait... Oui, c'était tout à fait possible. En fait, l'ennui avec Opale, c'est que tout me semblait faisable. Toutes les possibilités, les situations, tout, absolument tout, était imaginable.

    - Je me rends dans un champs non loin de là ! Le propriétaire est si gentil ! Et sa femme me fait du thé à chaque fois que je viens ! Il sent si bon, si vous saviez Evan !

    Comment pourrait-on ne pas être de bon cœur avec Opale ? Comment pourrait-on ne pas l'aimer ? C'était pour moi une idée aussi ridicule que si je m'étais promené dans ma rue, portant une robe faite par mes soins. Comment un si doux visage, un si beau rire, pouvait inspirer de mauvais sentiments à quelqu'un ? C'était tout à fait impensable. Tout à fait.
    Je me demandais si on l'avait déjà mal traitée... Si on l'avait seulement déjà insultée. Si quelqu'un avait déjà ressenti de la haine pour elle. Et je n'arrivais pas à y croire. Je ne parvenais pas à voir ses yeux pleins de méchanceté, de colère. Je ni arrivais pas.
    Et je ne permettrais jamais qu'il puisse en être autrement.

    - Accepteriez vous de m'y emmener ?


    Revivre cette journée... Et si je voulais plutôt oublier la précédente ? Si, après tout, sa façon de me quitter m'avait touchée plus que l'acte en lui même ? Si ses larmes m'avaient davantage affectées que ce que j'avais cru. Certes, cela m'avait perturbé, mais je n'avais pas mesuré totalement les dégâts. En tout cas pas avent maintenant.
    Je ne voulais pas l'emmener à nouveau dans moins atelier, pas cette fois-ci. Du moins, je ne le ferais que si elle me le demandait. Pas avant. De peur que son départ ne soit aussi précipité qu'avant. Que tout recommence. Qu'elle se remette à pleurer. Qu'elle me montre toute sa tristesse. J'avais peur de son passé et de ses pensées.

    Peur de son passé, et de tout ce qui pourrait lui ôter sa joie.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 16:24

  • Y avait-il au fond, encore de l’espoir pour moi ? Où bien la joie, ne m’était plus possible ? Ce sentiment, était au fond, beaucoup plus complexe que je ne l’avais imaginé. En fait, je m’étais attachée à lui, autant que je m’étais attachée à Gareth. Et je ne voulais pas, quelque chose en moi, me faisait penser que peut-être je l’aimais. Evan. Vraiment ? Je refusais cette idée. Ce n’est pas que je trouvais cela désagréable, je ne voulais pas être déçue c’est tout. De quoi ? Qu’il ne m’aime pas. Sans doute. Qu’il soit comme Gareth non. Impossible, il ne pouvait pas être comme lui et il ne l’était pas. Devais-je alors lui parler de tout ça ? De ce qui m’avait forcé à partir si subitement ? Je n’avais pas le courage de le faire, mais je devais. Sans doute que je me sentirais mieux. Ou bien, serait-ce tout le contraire. Je n’avais que deux choix possibles. Et qu’une réponse à trouver. Je tremblais à cette idée. L’avait-il remarqué ? Non, peut-être valait-il mieux que je ne dise rien, que je continue de penser en silence. Comme je le faisais depuis toutes ces années. Oui, sans doute. Même si, l’envie de lui raconter montait en moi, à la simple idée qu’il puisse comprendre pourquoi. Pourquoi je m’en étais allée aussi rapidement. Qu’il comprenne. Que cela était ma faute. Et pas la sienne. Non.

    -Accepteriez vous de m’y emmener ?

    J’hôchais vivement la tête. Bien sûr que je voulais bien l’emmener là-bas. Ce n’était pas très loin de toute façon. Il verrait ce magnifique champ rempli de fleurs et de plantes, et cette belle mère nature qui nous offrait toutes ses merveilles sans modération. Mais là bas, il y avait aussi un endroit, que je portais moins à cœur. Le cimetière, ne se tenait pas loin. La vie et la mort si proches. Comme la réalité nous rattrape bien vite, au fond. J'avais commencé à marcher, lui à mes côtés, pour garder un rythme calme et agréable à la marche. Il faisait plus beau qu'avant, et même, le soleil s'était levé. Il faisait chaud. Il faisait bon. Quelle belle journée, alors qu'elle avait si mal démarrée. Mais la vie était toujours pleine de surprises, et cela me faisait sourire encore. Peut-être que quelque part, on veillait sur moi. Là haut, ou en bas. Peu importe l'endroit, mais sans doute qu'on me regardait, et qu'on m'aidait. Qui, quoi ? Finalement, avais-je vraiment une bonne étoile, avais-je vraiment un de ces fameux Ange Gardien ? Mais non, bien sûr que non. Moi j'avais mieux que tout cela à mes côtés. J'avais Evan.

    - Bien sûr. C'est à quelques minutes seulement ! Vous verrez c'est merveilleux ! Des fleurs partout ! Partout !

    Je m'extasiais rien qu'en songeant à ce lieu magnifique. Des fleurs, des fleurs rien que des fleurs. Et nous bientôt. Pourquoi être avec lui, me rendait si heureuse ? Je ne pouvais pas croire que c’était uniquement parce que nous nous entendions bien. Non, ce n'était pas ça. Et moi qui avait tant pensé à lui, ce n'était pas parce que je l'aimais bien. Bien sûr que non ? Mais alors, comment appeler ce sentiment qui me donne des ailes en sa présence, qui fait vibrer mon cœur quand il me tient contre lui ? Tout ça, ne l'avais-je jamais connu ? Mais si, je me rappelle bien. Gareth. Au début, c'était semblable. Alors pourquoi avec Evan ? Le mot ne me venait toujours pas. Ce sentiment, que je ne définissais pas. Pas encore. Toujours pas. Mais il me tardait de comprendre. Oui, vraiment.

    Il me tarde.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 16:50

    Et en fin de compte, je me demandais si c'était seulement possible de lui ôter jusqu'à la moindre parcelle de joie. Si finalement, elle n'était pas hors d'atteinte du malheur simplement grâce à sa beauté, sa bonté. Et je me plaisais à croire que c'était le cas, que rien ne pouvait la ternir, ne serait-ce qu'un peu. Que, quoi qu'il arrive, il y aura toujours cette petite flamme en elle. Cette vivacité. Ce qui lui donnait toute sa splendeur. Ce qui faisait que je l'avais vu elle au milieu de tout ce monde, et pas une autre.

    - Bien sûr. C'est à quelques minutes seulement ! Vous verrez c'est merveilleux ! Des fleurs partout ! Partout !

    Car oui, rien que son enthousiasme accroché fermement à son timbre me rendait heureux. Son plaisir à elle semblait être le mien. C'était ce que je ressentais, au fond. Et cet amour qu'elle portait à ses fleurs. Elle me l'avait bien dit pourquoi, et je m'en rappelais encore... "Elles paraissent fragiles et faibles, mais pourtant, après des millions d'années, elles ont survécu à tout. En réalité, elles sont si fortes ! " Je me rappelais de chacun des aspects de cette phrase, au mot près. Je m'en souvenais si bien qu'elle raisonnait encore dans mon crâne, que je voyais encore ce sourire et cette expression sincère devant moi. Et comme j'aimais le voir ainsi, ce visage. Lumineux jusqu'au moindre trait.

    Tant d'éclat dans une seule personne. Cela m'éblouissait.

    A chaque pas, chaque parole, chaque sourire, je sentais qu'elle prenait un peu plus possession de mon coeur. Et que je me laissais un peu plus séduire. Et je crois bien que, pour rien au monde, je n'aurais résisté. Tant j'étais à mon aise. Tant elle rendait mon existence plus douce, plus belle. J'en venais même à oublier dans quel royaume nous nous trouvions...

    Bien entendu, comme si la logique le voulait, l'on passait devant ma boutique. Et les souvenirs m'assaillaient de tout côté sans que je puisse les en empêcher. Alors mon sourire se modifia en quelque chose de beaucoup plus pensif.
    Même ma boutique, maintenant, ce que je chérissais le plus ici, même cela ne me faisait plus de bien autant qu'avant. Elle restait ma boutique aimée, mais les souvenirs s'y étaient accrochés de manière indélébile.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 18:17

  • Nous étions passés devant sa boutique, et j'en avais le cœur serré. Moi qui tentais de ne plus me rappeler de cette fameuse soirée, c'était un peu trop dur, maintenant que tout s'acharnait à le la remémorer. Je soupirais un peu, mais légèrement. Finalement, c'était peut-être un signe, un de ce genre, qui nous dit de faire ce qu'on veut. Ce qu'on pense le mieux, au plus profond de nous même. J'en avais déjà les lèvres qui tremblent, rien qu'à y penser. Je ne savais pas, si c'était la meilleur chose à faire. Mais pour moi, ça l'était. Je voulais qu'il comprenne. Je voulais qu'il sache à tout prix. Ce n'était pas sa faute. Si j’étais partie ainsi. Sauf peut-être celle de Gareth. Sauf peut-être la mienne finalement. Je me tenais toujours à son bras, fortement et même plus qu'avant. Oui, beaucoup plus. Je pressais un peu le pas, comme pour passer plus vite devant cet endroit bien précis. Pas parce que l'atelier me gênait, mais pour atteindre le champs rapidement. J'étais surexcitée, de lui montrer mon univers à mon tour. J'étais sûre que cet endroit lui plairait. Certaine. Toutes ces fleurs, cette verdure, cette beauté naturelle à l'état sauvage. Quoi de plus éblouissant ? Rien. Justement.

    Enfin, la rue était derrière nous. Ce qui nous tendait les bras à présent, n'était ni plus ni moins, qu'un énorme champs de fleurs. Là bas, au loin on percevait une petite maison. Modeste, pittoresque. C'est là-bas, d'où venait cette bonne odeur de thé. Je souriais, et pris la main d'Evan dans la mienne, lâchant son bras alors, pour mieux tenir sa main. La serrant dans la mienne, je me mis à courir. L'entraînant avec moi, courant vers l'énorme champ qui semblait avoir attendu notre venue patiemment. Mes pieds nu foulaient la terre, et cette sensation m'était particulièrement agréable, vraiment. Je riais, continuant de le mener à travers champ. Enfin, nous étions en plein milieu. Parmi toutes ces fleurs, parmi mon endroit enchanteur. Je lâchais subitement sa main, pour m'allonger par terre, levant les bras en riant encore, vers le soleil, qui me chauffait la peau et m'empêchait de voir correctement ce qui m'entourait à présent. Je m'étirais, allongée, calme, me sentant bien en sachant qu'il est là. Mieux que jamais.

    - C'est magnifique n'est-ce pas ? Dites moi Evan ! Quelle est votre fleur préférée ?

    Je fermais doucement les yeux, laissant le vent me caresser le visage, passer sous ma robe, frôler mes jambes, et faire frissonner ma peau. L'endroit était superbe, c'est vrai. Mais maintenant, ce qui l'avait rendu encore plus parfait, c'était sans aucun doute notre présence, à tout les deux. Moi, non, peut-être pas. Mais la sienne en tout cas, c'était certain. Je restais là. Calme et heureuse. Jamais je n'aurai cru partager de plus beau moment. Et même, je n'aurai souhaité pour rien au monde, que ce soit avec quelqu'un d'autre que lui. Jamais. Cet instant était si beau. Que je ne voulais que rien ne le gâche. Mais peut-être, le sera-t-il forcément. Par un souvenir, que je me devais d'avouer, un moment donné, pour aller mieux. Pour qu'il sache. Mais pour le moment, je ne bougeais pas.

    J'étais heureuse.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 19:09

    Je marchais d'un pas léger alors que nous dépassions mon atelier en silence. Comme si dire quoi que ce soit à cet instant aurait été grossier de notre part, comme s'il ne fallait pas réveiller les souvenirs, pas encore, pas maintenant. Comme si nous essayons au mieux de préserver nos réjouissances, gardant les tourments pour d'autres jours moins bons. Et sans le vouloir, c'était certainement ce que nous étions en train de faire. C'était en fait, précisément ce que nous faisions.

    Du bout de la rue, j'avais aperçu quelques arbres, au loin. Mais jamais je n'aurais imaginé tomber sur un si beau panorama. Je me serais certainement arrêté si Opale n'avait pas été aussi pressée de se mêler à ses fleurs. En fait, je l'aurais sans doute fait si elle ne m'avait pas prit la main. C'était bizarrement un contact bien plus fort que lorsqu'elle s'agrippait à mon bras.
    Depuis que je m'étais brûlé le bras dans une veine tentative de préserver ce qui était déjà mort, aucune femme n'avaient osé la prendre, la toucher. Et très peu avaient seulement osé la regarder. Pas qu'elle soit laide à ce point. Plutôt que c'était là une marque dont on me parlait rarement de peur de me blesser et que, le simple fait de l'évoquer me serait fatal. Ce qui était totalement faux. Ma personnalité incluait cette brûlure. Mon histoire, je ne la rejetais pas. Je la contemplais d'un oeil certes triste ou parfois mauvais, mais je ne la refoulais pas. Elle aussi faisait partie intégrante de ma personne. Tout cela, c'était moi. Alors quand Opale la regardait sans crainte, la touchait sans peur, sans dégout, je me sentais bien. Je me sentais libre, en quelque sorte. Libre de moi-même.

    Et elle me faisait courir, me tirant à sa suite pour finalement tomber au milieu du champ qui continuait à perte de vue.
    Je m'étais douté qu'elle aimerait ce genre de lieux. J'avais compris dès le début où elle me conduirait. Et c'était bien la première chose que j'arrivais à deviner d'elle.

    - C'est magnifique n'est-ce pas ? Dites moi Evan ! Quelle est votre fleur préférée ?


    Je m'asseyais à ses côtés, un bras au sol pour support, l'autre sur le genoux que j'avais plié. C'était une position habituelle, pour moi. Celle que je prenais généralement quand je n'avais ni chaise ni fauteuil, ou que l'envie me prenait. Et cela m'arrivait souvent. Surtout quand j'avais un peu trop bu.
    C'était dans ces moments là que j'aimais fumer. En compagnie d'une personne que j'aimais, dans un environnement agréable, la tête reposée. J'hésitais à sortir une cigarette de ma poche. Mais je me ravisais presque aussitôt. Il aurait été malsain d'embaumer de l'odeur de tabac le si précieux champ d'Opale. Alors non, je ne fumerais pas. Pas ici.

    - Vous. Ou bien la lavande.

    J'aurais tout aussi bien pu répondre la lavande, tout simplement, qui était vraiment, et de loin, la fleur que je préférais. Mais si j'avais envie d'être plaisant ou bien même de lui glisser quelques insinuations qu'elle interpréterait à sa manière, c'était comme cela qu'il fallait que je m'y prenne. Et je souriais, pensant à tout ce qu'elle allait déduire de ma réponse. Et cela me fit même rire, tant je m'en réjouissais.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 19:24

  • Même si mes yeux étaient fermés, je sentais qu'il était près de moi. Assis. Plus rien n'aurait pu être plus beau et perturber ce bonheur incroyable. Je souriais, souriais et souriais. Que le temps était beau, et que le moment idéal. Le soleil continuait de me chatouiller de chaleur. Je rouvrais les yeux, et me redressais. Assise sur les genoux, en face de Evan, qui souriait. Aimait-il cet endroit finalement ? Qu'en pensait-il réellement ? Je voulais savoir plus que tout. Qu'il me dise, qu'il me raconte. Peut-être que maintenant, je pourrais l'emmener plus souvent ici, et peut-être qu'il viendrait seul parfois. Les odeurs s'élevaient dans l'atmosphère, les parfums des fleurs se mélangeaient les uns aux autres, et les essences n'en étaient que plus délicieuses. Ici, c'était mon univers. C'était où je me sentais le mieux. J'avais eu envie de courir encore et encore. Mais non, moi je restais là. J'étais bien, au calme, assise devant lui. Nous étions bien, au calme, l'un près de l'autre, sans personne pour nous déranger. Après tout, c'était notre instant à nous.

    - Vous. Ou bien la lavande.

    Je baissais les yeux à sa réponse. Mon visage devenant aussi rouge que les roses l'étaient. Je tentais de me cacher derrière mes joues, et il riait. Mais c'était peine perdu que de masquer ma gêne. Alors pour une fois, je décidais de ne pas esquiver sa réponse. Je lui souriais, et passa mes bras autour de son cou, naturellement. Sans rien y voir d'autre, qu'un geste d'affection et d'approche. Parce que sans le vouloir, j'avais eu envie de l'avoir plus près de moi encore, et de pouvoir à nouveau détailler son visage. Je collais mon front au sien, mais cette fois, il me voyait forcément rougir comme jamais. Je lui souriais, amusée et flattée à la fois par sa réponse. Je ne doutais pas de sa sincérité. Mais pour une fois, moi aussi j'avais envie de m'amuser. Alors je restais ainsi. Mes lèvres proches des siennes. Mais je ne le savais pas ça.

    -Et moi qui comptais vous offrir la fleur de votre réponse... La Lavande signifie Amour Fervent. Et moi, que pensez-vous que je signifie ?


    Avait-il choisis cette plante par hasard ? Moi j'étais persuadée que oui, et pourtant, le vous qui l'avait accompagné m'avait fait plus que sourire. Même mon cœur avait résonner encore plus fort dans ma poitrine. Je me demandais, si j'avais le droit de jouer un peu comme lui. Certainement, je n'étais pas que stupide et spontanée. Un sous-entendu, certainement y en avait-il au moins un dans ma phrase. Sur le moment, je n'y ai pas pensé en la prononçant de toute façon. Je ne réfléchissais plus à rien. Nous étions là, et je vivais l'instant présent. Oubliant maintenant le passé. Je frottais mon nez au sien pour rigoler. Mon nez s'en était retroussé mignonnement. Et sans doute, pourrais-je passé le reste de ma vie de cette façon, car je ne manquais de rien ici.

    De rien.


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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 21:39

    Je riais et passais ma main dans mes cheveux, appréciant les rayons du soleil comme appréciais également la légère brise qui passais sur mon visage, donnant à la chaleur un attrait plus doux, moins fatal. Et c'était bon, de me trouver ici, aux côtés de la plus belle fleur du champ entier. Le temps était si favorable, le moment si calme... J'aurais bien pu rester ici des années entières si seulement je n'avais pas eu nécessité à me nourrir d'autre choses que de plantes. Quel dommage... Mais chaque chose à sa fin et il me fallait apprécier ce que les circonstances m'offraient.

    J'avais gardé les yeux ouverts, observant Opale se délecter de la présence de ses tant aimées fleurs. Je la regardais rougir en souriant toujours de la même façon, amusé. Elle avait dont bien interprété mon sous-entendu et accepté mon compliment. Tant mieux, je n'avais pas envie de me lancer dans des explications ni de me répandre en excuses. Et cela simplement car ça n'avait rien de réjouissant, et tout d'ennuyant.

    Mais très vite, j'avais cessé de sourire bêtement quand elle m'avait entouré le cou de ses bras, collant son visage au mien. Non, mon expression avait changé en quelque chose de plus.. profond ? C'était en tout cas ce dont j'avais l'impression. Nos lèvres étaient bien trop proches, pour que je puis l'ignorer. Alors, ne voulant pas la prendre par surprise, en admettant que là n'étaient pas son vœux, je m'allongeais dans l'herbe, l'emportant ainsi avec moi et croisant mes mains derrière ma tête. Et je la regardais encore, promenant mes prunelles sur son visage. J'aurais peut-être préféré être un peu plus loin l'un de l'autre, pour obtenir une distance nécessaire pour éviter toute précipitation, repousser toutes pulsion de ma part. Mais finalement, en avais-je vraiment envie ? Est-ce que je désirais vraiment m'en empêcher ? Non. Bien sûr que non.

    - Et moi qui comptais vous offrir la fleur de votre réponse... La Lavande signifie Amour Fervent. Et moi, que pensez-vous que je signifie ?


    - Vous êtes bien plus complexe que vos fleurs, Opale. Il n'y a aucune signification au-dessus de votre tête. Alors c'est à vous de me montrer. Mais pour l'instant je dirais... Beauté... Pureté... Bonté... D'autres propositions ? Ou ces quelques adjectifs vous conviennent-ils ?


    Je retirais une main de sous ma chevelure et la plongeait dans l'herbe haute qui nous entourait, cueillant avec précaution une fleur mauve qui poussait au hasard entre d'autres blanches pour embellir ses longs cheveux. Pourquoi est-ce que j'avais choisi celle-ci plutôt qu'une autre ? Parce qu'elle me faisait penser à Opale, au milieu d'une foule, se distinguant parfaitement du lot par toute sa splendeur, sa brillance.

    C'était amusant de la voir sous cet angle. Le soleil passait juste derrière sa tête de manière à ce qu'elle soit entourée d'un halo de lumière intense et flamboyant. Ainsi, je la découvrais comme une divinité, et cela lui allait bien. Tant qu'on aurait pu croire à une déesse. Ou bien un ange.
    Oui, c'était ça.

    Opale, mon ange.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Ven 2 Sep - 21:57

  • Il s'était laissé tomber en arrière, m'entraînant, j'avais été prise de cours, et j'avais laissé m'échapper un petit cri de surprise qui céda immédiatement la place à mon rire. Là, contre lui, au dessus de lui, il me semblait que ma tête tournait comme jamais. C'était le genre d'impressions qu'avaient les jeune filles rosies, quand elles étaient regardées par un homme qui leur plaisait. Je crois que le temps n'existait plus, passé à ses côtés. C'était comme si, le monde était immobile. Moi, je ne voyait plus ce qui nous entourait. Plus que nous. Juste ici. Finalement, était-ce une bonne chose d'avoir été partie comme une voleuse, il y a quelques semaines de cela ? Sans doute, car peut-être, n'aurait-on pas passé ce moment, sinon. Les faits et gestes en entraînent d'autre, et tout s'enchaîne à une rythme inconstant. Moi, la logique et le temps, je n'en avais que faire, quand j'étais près de lui. Était-ce le même sentiment pour lui ? Je ne sais pas, peut-être que oui peut-être que non. Et le savoir, ne m'apportait rien de mauvais, ni de bon. Je n'aime pas me faire de fausses illusions. Mais cette fois, je ne pouvais m'empêcher de penser, que ce serait toujours aussi beau. Parce que c'était nous.

    La météo n'était pas capricieuse. Les rayons de lumière tombaient sur nous, comme la pluie tombait. Eux se contentaient de nous illuminer toujours plus. Comme si, le soleil éclairait notre scène de tendresse et de rires. Comme si, il nous dévoilait au monde, et à tout ce qui nous entourait. C'était incroyablement beau, ces reflets partout. Je levais les yeux un instant vers le ciel, les nuages étaient d'un blanc parfait, et le bleu du ciel plus éclatant que jamais. Impossible que cette scène s'était produite sans un peu de magie. La magie de quoi, la magie de qui ? Je riais encore, et me penchais vers Evan, toujours là, allongée, mais sur lui. Je posais mes mains à chaque côté de sa tête, et lui souriait. Il me faisait rire, je riais de nous, et de notre position amusante, embarrassante. Je riais de la vie. Et de mon bonheur aussi.

    - Vous êtes bien plus complexe que vos fleurs, Opale. Il n'y a aucune signification au-dessus de votre tête. Alors c'est à vous de me montrer. Mais pour l'instant je dirais... Beauté... Pureté... Bonté... D'autres propositions ? Ou ces quelques adjectifs vous conviennent-ils ?

    Doucement, j'avais sentie sa main effleurer mes cheveux. Glissant une fleur dans ma chevelure. J'avais remarqué qu'il s'agissait d'une fleur mauve. Une Iris. Bien sûr, lui ne savait pas, ce que cela signifiait. Et cela m'amusait. Il devait sûrement se le demander, lui qui ne comprenait pas le langage des fleurs. Le plus beau langage qui soit pourtant. Je lui adressais, sans même m'en rendre compte, le plus doux des sourire. Comme fascinée, comme envoutée. Je souriais. J'étais captivée par lui, comme je l'avais été dès que j'avais posé les yeux sur lui. Dès que j'avais appris à le connaître. Il m'avait séduite tout de suite. J'en oubliais le reste. J'en oubliais Gareth. Et je crois savoir maintenant, quel est ce sentiment qui me nouait tant. Sans aucun doute, j'ai compris. Enfin, je savais. Délicatement, je dégageais des mèches de son front. Comme une mère l'aurait fait à son fils. Comme une femme l'aurait fait à son mari.

    - Je suis certaine qu'il y en a plus encore. Mais je vous laisse le soin de les découvrir vous-même Evan. Quand à la fleur que vous m'avez glissée, c'est une Iris Mauve.

    Je ne réfléchissais plus. Je faisais selon mon instinct. Comme j'aurai du le faire depuis le début, finalement. Le calme était là. C'était si agréable. Sans un mot de plus, je me suis penchée vers son visage, mes lèvres si proches des siennes. Sans jamais les effleurer pourtant. J'étais sur le point de l'embrasser, c'est du moins ce que ma mimique faisait. Mais je n'en avais pas l'intention. Au dernier moment, je posais mon index sur ses lèvres en riant, puis alla embrasser son front dégagé désormais. Calmement, mes mains allèrent se poser sur ses épaules. Et je le regardais à nouveau. Sans me soucier de la vie qui tournait autour de nous. Ne pensant qu'à nous.

    Nous. Encore nous.


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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Sam 3 Sep - 11:35

    De là où j'étais, je pouvais bien croire à cet Ange au halo doré au-dessus de moi. N'importe qui aurait pu y croire dur comme fer tellement la créature était belle, lumineuse, pétillante. N'importe qui, sauf moi. Et pour la simple et bonne raison que, cette créature angélique n'était autre qu'Opale. Je sentais son contact. Le poids de son corps sur le miens. Ses cheveux glisser entre mes doigts. J'entendais son rire tintant comme une mélodie. Et je sentais son odeur qui m'était si agréable, si douce, si apaisante. Tout comme l'était son sourire.
    C'était une vision comme jamais un homme n'avait pu en avoir. J'en étais convaincu.

    Je l'avais laissée faire quand elle avait poussé quelques mèches de cheveux de mon front. Et je l'aurais laissé faire ce qu'elle voulait, de toute manière. Elle aurait pu m'enterrer que je n'aurais pas protester. M'étouffer que je me serais laissé mourir. Elle avait tout les droits. Et je l'avais compris seulement en l'espace d'un petit instant, de quelques secondes où elle avait dégagé mon front de mes cheveux. Il en avait fallu si peu pour que j'arrive à cette conclusion, que cela paraissait presque insensé de ma part. Presque.

    - Je suis certaine qu'il y en a plus encore. Mais je vous laisse le soin de les découvrir vous-même Evan. Quand à la fleur que vous m'avez glissée, c'est une Iris Mauve.

    Et puis quand elle prononçait mon prénom... C'était si doux à entendre... Habituellement, lorsque je l'entendais, il était dit sous des tons bien plus durs, ou bien plein de sous-entendus, quand ce n'était pas de la neutralité. Mais Opale non. Opale ne sous-entendait rien. Elle faisait. Opale semblait incapable de crier ni même de parler. Elle chantait. A mes oreilles, sa voix n'était autre qu'un chant tant il était doux. Je n'en revenais pas.
    Ses gestes étaient si tendres... Si tendre que j'en étais frappé de stupeur. Que je ne savais plus comment agir, ni réagir. Je restais là, allongé, à la regarder sans gêne, sans forme, sans tergiverser dans les manières.

    Le baiser qu'elle avait délicatement posé sur mon front... Si j'avais osé, je lui en aurait demandé un nouveau. Puis certainement un autre identique tant il avait été bon. Et je n'aurais pas voulu qu'elle s'arrête. Que ses lèvres sur mon front, que ce baiser, que tout cela perdure éternellement.

    Mais ce contact, je m'en rendais compte à présent, je l'avais espéré. Je l'avais rêvé. Du moins, celui qu'elle avait mimer. Peut-être sans vraiment le vouloir ? Avait-elle ressenti cet infime frisson lorsqu'elle avait posé son doigt sur mes lèvres. S'en était-elle rendue compte ? Avait-elle comprit l'effet que cela me procurait ? J'en doutais. Mais moi je l'avais senti, compris. Et cela ne faisait plus aucun doute à présent. C'était clair. Tout l'était. Et je ne m'étais pas trompé.

    - Et celle-ci signifie que je vous aime.


    Que je vous aime tendrement.


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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Sam 3 Sep - 13:19

  • Je crois que je n'avais jamais été aussi tendre avec un homme. Et lui me le rendais si bien, que c'en était magique. Je me demandais, si finalement, la chance qui m'avait quitté il y a longtemps, n'était pas revenue juste pour me guider vers lui. Je n'aspirais plus à rien, sauf rester à ses côtés. Lui qui souriait sans cesse quand je le regardais, quand je le touchais. Il semblait heureux lui aussi, d'être avec moi. Je ne me faisais pas d'idées pour une fois, moi, j'en étais certaine, il m'appréciait en tout cas. Autant que moi je l'appréciais lui ? Je ne sais pas, moi, il me semblait bien, que cet homme, je l'aime. Je l'aime ? Une telle pensée me fit rougir, me prise par surprise, m'étonnant moi-même d'avoir pu seulement songer à ces quelques mots, qui pourtant veulent tout dire. Mais quelle autre explication, au fond ? Je n'aurais jamais cru. Pas encore. Pas si vite.

    Ce que j'aimais aussi, il ne me repoussait pas. Malgré mon enthousiasme, ma naïveté habituelle. Me laissant caresser ses cheveux, comme je le laissais caresser les miens. Me laissant embrasser son front, comme je l'avais laissé embrasser ma joue. Rien ne m'aurait pu me faire sentir plus joyeuse, plus rassurée. Car oui, avec lui, j'avais la sensation d'être protégée. Et aucun autre. Je lui faisais confiance. Aveuglement. Je l'aurais suivi au bout du monde. Sans jamais lui poser de questions. Sans jamais douter de ses bonnes intentions. Jamais, je ne douterais de lui. j'en avais l'intime conviction. Je me laissais guider totalement, à travers les minutes qui défilaient au dessus de nous. Mais pour le moment, nous n'étions pas prêts de nous aller. Je le sentais bien. Ici, nous étions bien trop bien. Trop bien. Ensembles.

    - Et celle-ci signifie que je vous aime.

    Ma main cessa de parcourir ses cheveux. Je le regardais, avec stupéfaction. Rouge, oui, mais pour ne pas changer. Il m'avait prise de court, et j'avais eu peur de mal comprendre. M'aimer. Mais en tant qu'amie ? Bien sûr que non, idiote que je suis. Bien sûr que non. Je ne pensais pas, il ne l'aurai pas dit de cette façon. J'étais quelque peu figée. Mais bien vite, la surprise passée, un sourire intimidé, mais traduisant tout mon bonheur, se dessina sur mes lèvres. Mes oreilles chauffaient, et ma tête tournait légèrement. Encore cette douce sensation d'adolescente insouciante. J'avais baissée les yeux, un peu. Ne trouvant pas le courage d'affronter son regard, qui m'avait toujours apparu si profond. Que je me serais noyée à l'intérieur dans l'instant, si je m'y étais plongée.

    - Evan...Je...

    Assez de gêne, j'en avais assez. Je voulais lui dire en face, mais pourquoi, mes yeux ne le regardaient pas ? Je pris sur moi, et le fixa un court instant. Mais ma timidité reprit le dessus, et finalement, je trouvais une parade. Sans ajouter mot, toujours contre lui, là, lui allongé, je me suis cachée dans le creux de son cou, mes mains posées sur son torse, sans l'avoir voulu finalement. Juste pour les avoir posées quelque part. Et timidement,j'ai murmuré contre sa peau, mes lèvres frôlant son cou délicatement, mes mots s'élevant dans l'air.

    - Vous aime.


    Tellement.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Sam 3 Sep - 14:07

    Et voilà qu'en seulement deux journées qui m'avaient parues si courtes en sa présence, voilà que nous avions évoqué nos sentiments l'un envers l'autre. Comme si cela allait de soit. Comme si c'était logique que nous nous aimions l'un l'autre. Et pourtant cela ne m'avait pas semblé si évident la première fois que j'y avais songé. Peut-être que pour elle, pour mon Opale, peut-être que c'était différent. Moi n'avais jamais aimé de cette façon, ce qui rendait l'interprétation de mes ressentis beaucoup plus complexe. Mais elle, sans doute avait-elle déjà connu cet amour là. Comme la majorité des personnes de ce monde. Sans doute... Et je me demandais bien comment cela pouvait en être autrement. Elle qui était si charmante, si belle. Comment aucun homme n'a pu, un jour, avoir de coup de foudre pour cette jeune femme ? Cela était une idée grotesque. Bien sûr qu'elle avait déjà été courtisée.

    Ses lèvres sur mon cou. Son expression à mes dires. J'avais été si direct et si fin à la fois qu'elle n'avait pas du voir venir la déclaration. Et c'était tout à fait normal. L'effet voulu. J'avais pu sentir son cœur battre contre mon torse. Voir ses rougeurs s'intensifier après le laps de temps qu'il lui avait été nécessaire pour comprendre ce que cela signifiait. Ainsi que ce que cela impliquait. Une réponse. Sa réponse. Et je l'avais voulue, sans pour autant attendre d'elle qu'elle m'aime en retour. Même si je l'avais espéré. De tout mon cœur.

    Alors oui, quand elle m'avoua la réciproque, j'en aurait sauté de joie si elle n'avait pas été sur moi. Mais je ne pouvais pas bouger sans risquer de la faire tomber. Si bien que je restais là, sans bouger, les yeux perdu dans le vide, mes lèvres s'étirant en un sourire ravi. Je ne savais que dire, que faire. Trop d'émotions me parvenaient en même temps pour que j'ai seulement la force de cligner des yeux.
    J'étais heureux. Ah ça oui, je l'étais.

    Je la revoyais assise sur mon fauteuil, dans cette robe délicieuse et délicate. Qu'elle avait été sublime dans la pénombre de mon atelier... La beauté dont elle avait fait preuve m'éblouissais toujours autant à ce simple souvenir. Et je me rêvais de la voir ainsi chaque jour. C'était devenue mon rêve le plus chère, à cet instant présent. L'habiller pour tous les jours de l'année pour que tous voient comme sa beauté était inégalable. Comme j'avais de la chance de l'avoir à mon bras. Et comme personne n'aurait jamais plus ce privilège que d'être aimé par cet être.
    Mais cette vision d'elle sur ce fauteuil, dans cette pièce. Cette image incluait les évènements qui avaient précédés. Et je ne pouvais plus les taire.

    - Mon Opale... Ma tendre et douce Opale... Je vous ai énormément regrettée lorsque vous êtes parti. Me referez vous autant de peine aujourd'hui ?


    J'espérais que non. Vraiment.

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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Sam 3 Sep - 15:19

  • Je l'avais dit. Enfin, et j'avais compris. Il avait sourit. Enfin, tout était clair. Aurais-je pu espérer plus beau moment et plus grande chance, que d'aimer et de l'être en retour. Depuis la mort de Gareth, j'avais toujours cru, qu'une telle chose ne se reproduirait jamais plus. J'avais eu tort, et cela me rendait sereine. Pour une fois, avoir eu tort fut la plus belle opportunité de ma vie. Et si, Gareth serait toujours là. S'il ne m'avait jamais quitté aussi brusquement. Et si, je n'avais pas échappé à la route qui me menait vers Evan. Que ce serait-il passé alors ? J'en serais tout de même tombée amoureuse. Et je n'avais aucun doute là dessus. Je serais partie. J'en étais certaine, si c'était pour Evan, je serais partie avec lui. Sans regrets, pour un homme qui me donnait de la haine dans son amour. Pour le mal que je n'avais pas mérité, il me semble bien. Lui me traitait avec douceur et gentillesse. Et je ne pouvais pas croire qu'il en serait autrement un jour où l'autre. Puisqu'il était comme ça, et qu'on ne change pas les gens. Et que notre vraie nature, on ne peut pas la cacher bien longtemps. Bien sûr que non. Alors je n'avais aucun doute sur la question, moi. Oui j'aurais suivi Evan s’il m'aurait prit la main, comme il l'avait fait tant de fois. Et j'aurai couru derrière lui pour le rattraper, si il se serait éloigné. Car maintenant, je savais bien, je l'aime.

    Doucement, je me suis redressée, à califourchon au dessus de lui, lui souriant. Laissant mes mains contre son torse, prenant appuie. Je regardais son visage, comme j'aimais à le regarder. Qu'il était beau, mon Evan. Et comme j'étais chanceuse, qu'il puisse lui aussi m'aimer comme je l'aime. Mais moi, je savais que mon passé allait me rattraper. Que tôt ou tard, je devrais lui parler. Et même, cela arriva plus vite que je ne l'aurai cru. Mais j'étais prête. Cette fois-ci, je lui dirais tout. Je souriais, sans pouvoir détacher mon regard vert de son visage, sans ôter la fleur qu'il m'avait glissée. Je sentais le vent soulever mes cheveux, et je frissonnais un peu. Jamais le vent ne m'avait paru aussi doux et agréable à sentir contre sa peau, contre son corps. Mais j'étais persuadée, qu'il y avait plus douce sensation encore. Que celle du vent. Comme celle de la main d'Evan. Qui avait frôlé mes cheveux tant de fois. Comment m'empêcher de lui sourire ? Lui qui me regardait de la même façon insistante. Je le dévorais des yeux. Comme je ne l'avais jamais fait.

    - Mon Opale... Ma tendre et douce Opale... Je vous ai énormément regrettée lorsque vous êtes parti. Me referez vous autant de peine aujourd'hui ?

    Mon sourire s'était un peu terni, mais il était toujours là. Pas question de me chagriner. Je serais forte pour une fois. Je serrais doucement les poings contre son torse, et baissais un peu les yeux vers mes mains. Juste une fraction de seconde, puis les dirigea vers l'étendue du champs de fleurs qui nous berçait tranquillement. Je secouais doucement la tête, sachant déjà ce que j'allais lui répondre. Je n'avais pas besoin de réfléchir, la réponse était toute indiquée. A mon sens en tout cas, elle l'était. Je le regardais avec le cœur. Mes yeux fixaient les plantes secouées par le vent. Le même qui relevait un peu le bas de ma robe.

    - Plus jamais je ne vous en ferait Evan. Je m'en veux tellement vous savez. Mais la phrase que vous aviez prononcée, brûle encore dans le feu de mon passé.


    Et me saignait toujours.


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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Dim 4 Sep - 11:53

    J'attendais sa réponse avec une appréhension particulière. Je redoutais autant son passé qu'elle. Certainement même. Je fronçais légèrement les sourcils dans la même expression pensive qu'à l'habitude, quoi qu'un peu plus concentrée. D'aspect du moins. Car concentré, je ne l'étais pas plus aujourd'hui que les autres jours. Il y avait toujours une partie de mon visage qui reflétait cet état, une lueur, un sourire. Et quelque part au fond de moi, je savais d'où venait cet expression. Je savais que mon cœur avait toujours été ailleurs, près de Méline. D'une certaine façon, oui, j'étais toujours avec elle. Et j'attendais impatiemment le temps où nous renverserions les princes et que nous pourrions enfin quitter cet affreux royaume. Alors je devrais faire des choix. Mais la seule chose certaine était que j'irais tenir ma promesse. Quoi qu'il m'en coûte.

    - Plus jamais je ne vous en ferait Evan. Je m'en veux tellement vous savez. Mais la phrase que vous aviez prononcée, brûle encore dans le feu de mon passé.

    J'en venais à la conclusion que, si son passé lui faisait tant de mal, il ne valait mieux pas approfondir le sujet. Je ne tenais ni à la voir une nouvelle fois en pleur, ni à devoir attendre des jours et des jours avant de la retrouver, comme la première fois. Et ce premier jour d'ailleurs, était il encore valable en tant que tel ? Oui. Je ne refusais jamais les évènements passés et cet aspect là faisait bel et bien partie de l'histoire de notre rencontre. Et même si cela me chagrinait, il ne fallait pas l'oublier.
    Cependant, j'étais curieux de connaitre l'histoire de sa vie. Pour mieux la comprendre. Pour mieux éviter des propos fâcheux. Mais de cela, je devrais attendre ses explications. Et ce, seulement lorsqu'elle en aurait envie, qu'elle en ressentirait le besoin. Le besoin de m'informer. Celui de se confier. Ou bien celui d'oublier. Mes principes ne s'appliquaient pas aux autres. Si Opale voulait ne plus parler de sa fuite, ne plus parler du passé, qu'il en soit ainsi. C'était son vœux.

    Et la phrase que j'avais prononcée, je m'en rappelais encore. Et j'aurais très certainement tourné la situation au ridicule si seulement il n'avait pas été question d'Opale. Habituellement, je me moquais bien des réactions que je suscitais. Mais non, pas Opale. Je me devais d'en prendre soin. D'y faire attention. C'était ma façon de l'aimer.

    - Si vous avez envie de m'en confier l'histoire, je serais vous écouter.


    Et je garderais vos secrets bien au fond de mon esprit, pour ne jamais oublier.

    Je serais sa mémoire, si tel était son envie. Elle pourrait omettre le plus douloureux pour me le confier, et je le protégerais du temps aussi bien que je le faisais pour le mien. Ou bien, si elle me le demandais, je l'oublierais à mon tour après m'être consigner d'éviter certains mots, certains noms, certains sujets. J'en ferais ce qu'elle voudrait car cela était son histoire et pas la mienne. Et chaque histoire et précieuse et n'appartient qu'à celui qui en est le sujet.

    Malgré tout, j'avais peur. Peur de ce qu'elle me dirait. Peur qu'elle me parle d'un homme. Je redoutais de lui ressembler dans ses agissements, dans son caractère. Car c'était souvent l'amour qui faisait le plus de mal. La perte d'un être chère. Ou bien les séparations. C'était ce que j'avais appris en écoutant les confidences de mes clientes. Et ces sujets là revenaient régulièrement. Ils les hantaient, les ternissaient. Et moi je les écoutaient patiemment, leur enlevant parfois le poids trop lourd de secrets mauvais, de peines trop grandes. Jamais je ne me permettais de commentaire. Et toujours faisais-je en sorte de m'en rappeler. Finalement, écouter était ce que je faisais le mieux. Le plus dur était encore de ne pas en prendre compte plus qu'il n'en fallait.

    Mais je refusais qu'Opale deviennent comme ces femmes qui me parlaient parfois de leurs chagrins. Jamais je ne permettrais qu'elle soit ainsi aigrie, ternie, accablée. Tant que je serais de ce monde, elle serait toujours comme cet Ange au halo de lumière. Vivante.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Sam 10 Sep - 15:56

  • Le passé, on vit avec. Finalement, sans passé il n'y a pas de présent. Et moi, je pensais à tout. Ce que j'avais vécu il y a tant d'années maintenant, et ce que je vivais à cet instant. Parler, c'est s’exprimer. Moi, je n'avais pas envie de lui cacher tout ce que j'avais vécu. Moi, j'étais prête à tout lui raconter, pour qu'il comprenne, pour qu'il sache, tout simplement. Mais j'avais cette angoisse, au fond de ma gorge, au fond de mon ventre, qui ne partait pas. Bien ancrée en moi, comme si, elle s'y était logée depuis tellement longtemps, qu'elle n'était pas prête à partir. Pas encore en tout cas. Je savais bien, que ça me stresserai plus que tout, que de lui dire. Mais j'en avais l'envie, et surtout j'en avais le besoin. Et puis, je lui faisais confiance, autant qu'il me faisais confiante en tout cas. Pas question de tout garder pour moi. Comme je le fais toujours. Je voulais lui dire, je voulais qu'il écoute. Je voulais vraiment. Plus que tout autre chose au monde, en ce moment précis, c'était ça que je désirais. Réussir à lui avouer , réussir à raconter. Comme on raconte une histoire pour enfants. Même si celle-ci ne serait pas si belle, qu'on peut les voir dans les contes. Puisque ma vie, n'est pas un conte de fée.

    - Si vous avez envie de m'en confier l'histoire, je serais vous écouter.

    Oui j'ai envie, et si vous saviez à quel point. J'avais décidé de ne plus hésiter, grâce à cette simple phrase. Je ne doutais pas de son écoute, précieuse et attentive. Je ne doutais de rien quand il s'agissait de lui, de toute façon, non de rien, et pour toujours. Je m'étais bien rendue à l'évidence, je l'aimais comme je n'avais jamais aimé personne avant. Jamais, et comme je n'aimerai jamais plus. Personne d'autre que lui. Je ne saurais plus aimer, je me garderai pour lui. Lui qui, m'aime donc aussi ? Quel bonheur, moi qui n'y croyait plus. Avec lui, c'est comme si tout était possible, comme si, moi, je pouvais enfin comprendre ce qu'était le véritable bonheur. Le véritable amour, celui qui est tendre, celui qui ne vous blesse pas. Qui ne vous détruit pas, et vous rends juste plus forte, par la simple présence d'un être. Lui.

    - ...Eh bien c'est que...il y a quelques années, j'aimais un homme...Gareth...Et...lui aussi m'aimait. Nous étions très heureux, et il...prenait soin de moi à sa manière. Enfin...Non, si...Il m'aimait et...parfois il s'emportait mais ça n'a rien à voir, il ne me faisait pas de mal volontairement, je...Il était souvent en colère c'est pour ça...Et quand nous étions tous les deux dans votre atelier, vous avez prononcé cette phrase, qu'il avait dit, lui aussi, au mot près, le jour de notre rencontre. Je l'aimais profondément. Il est mort ensuite. Mais Evan ! Maintenant c'est vous que j'aime, et plus que je ne l'ai aimé. Il n'y a que vous maintenant et certainement pour toujours ! Je...il me battait mais...Vous, vous êtes si gentil avec moi...Moi je vous aime...

    J'en rougissais, les mots étaient sortis tout seuls, et je n'avais pas forcément voulu avouer mes mauvais traitements. En fait, je n'avais pas réfléchi en parlant, mais c'était tout simplement ce qui me pesait le plus. Je lui avais dit, en résumé, pourquoi j'étais partie, et ça suffisait. De toute façon, m'étaler sur mon passé, couvert de cicatrices de la main de Gareth, n'était pas la meilleur chose à faire pour moi. Maintenant que j'en était libérée, c'était hors de question que de m'y replonger. Je voulais respirer, et vivre enfin normalement. Comme toutes les jeunes filles de mon âge. Comme tout le monde. Même si ce ne serait sans doute jamais possible. Car décidément, je ne suis pas comme tout le monde.
    Vraiment pas. Et tant pis. Il était grand temps de m'accepter comme ça.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Lun 12 Sep - 19:21

    Et toujours dans la même position, je l'écoutais. J'écoutais sa réponse. Je regardais son visage. Ses joues rosissaient à mesure qu'elle parlait, au même titre que mon imagination s'emballait dans les méandres de mes représentations. Je la voyais, elle et un homme à la silhouette indéfinie, visage sombre de façon à ce qu'on ne puisse pas voir distinctement les traits qui le façonnaient. Et de lui, je ne voyais que son sourire et l'éclat brillant de ses yeux alors qu'il se déchainait sur Opale. Mon Opale. La rage tentait de prendre une emprise sur moi à chaque coups qu'il lui lançait, à chaque gouttes de sang qui coulait le long de sa joue. Mon naturel calme faibli un peu plus. Mais je me reprenais vite, de manière à ce que _ je l'espérais _ elle ne puis pas voir ma colère. Colère qui aurait sans aucun doute éclaté si elle n'avait pas précisé sa mort. D'ailleurs, j'en étais presque triste, qu'il le soit. Triste de ne pas pouvoir voir cet homme infâme qui avait pu s'en prendre à si belle créature. C'était comme piétiner la plus belle des fleurs de sang froid, sans raison aucune. Et cela représentait pour moi sacrilège et atrocité. Comment était-ce seulement imaginable qu'un homme puisse se conduire de la sorte ? Je n'étais certes pas irréprochable, il m'était arrivé d'abattre des personnes et je n'avais ressenti aucun remord à cela. Mais de cela, j'en avais la raison. Une raison simple qui valait bien la mort de quelques centaines d'hommes. Cependant, mes actes n'étaient pas comparable à telle abomination. Et quelque part, j'étais soulagé qu'il soit sans vie à présent. Pour elle. Et aussi un peu pour nous. Car ce "nous" existait, j'en étais conscient.

    Je ne bougeais pas, ne cillais pas. Je l'écoutais, simplement. Aucun rictus ne troublait mon visage serein. Aucun éclat ne venait perturber la plénitude du bleu profond de mes yeux. Rien ne montrait qu'au fond de moi, un sentiment mauvais naissait. Pour ce Gareth.

    Et quand elle parlait de moi, je ne disais mot non plus. Je me contentais de la scruter des mêmes prunelles que toujours, la détaillant de toutes parts. L'imaginant blessée. Sa peau abimée. Je la voyais pleurer de douleur et de tristesse, pousser des cris déchirants et suppliants. Une vision que je craignais de retrouver dans mes rêves ou bien seulement à chaque fois que je la verrais.

    Finalement, après un long moment de silence, je me décidais à faire quelque chose. Un geste qui pouvait paraitre insignifiant pour quiconque passerait par là et nous y prendrait, mais qui ne l'était pas pour nous. Et encore moins pour elle.
    Je portais le dos de ma main à sa joue et lui donnait une simple et douce caresse.

    - Jamais je ne vous traiterais comme la fait cet homme. C'est une promesse.

    Ma chère Opale... Comme vous avez du souffrir... Aussi bien mentalement que physiquement. Aimer un être qui vous fait du mal n'apporte rien de bon à l'esprit. Et l'amour tel que je le conçois n'est pas s'il y à mal. Et je comptais bien appliquer cette règle.
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MessageSujet: Re: A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]   Lun 12 Sep - 21:36

  • Je n'osais pas tout de suite le regarder à nouveau. Je m'étais confiée sans trop attendre, et sans mettre du temps. Je me sentais fière en même temps, d'avoir pu lui avouer tout ça. C'est vrai, je m'étonnais moi même d'en avoir parlé avec autant de facilité. Je ne comprenais pas moi même comment j'avais pu faire preuve d'autant d'assurance. Normalement, je n'aurai pas su aligné deux mots correctement, sans buter sur une malheureuse consonne ou voyelle. Mais j'en avais parlé naturellement, comme si, je lui parlais depuis toujours de moi, et de tout. Comme si, cela ne faisait pas si peu de temps que je le connaissais. Et il faut bien avouer, que j'avais la sensation de le connaître depuis toujours. Et c'était sans doute ça le plus beau en ce moment. Cette impression, de l'avoir toujours eu à mes côtés. Je sentais son regard sur moi et il semblait insistant. Et voilà, j'avais encore moins envie d'affronter son regard. Je savais qu'il ne me jugeait pas. Et je ne voulais pas y voir de la pitié ou quoi que ce soit qui aurait pu y ressembler. Peut-être me prendrait-il pour une de ces filles qui se plaint à la moindre occasion ? Pourtant, non, ce n'était pas du tout mon genre. Je soupirai doucement, les yeux me piquaient un peu, à vrai dire. Parler, de ça, de tout, me replongeait vaguement dans cette époque lointaine, qui ne me laissait pas d'heureux souvenirs. Ou très peu en tout cas. De toute façon, le passé est fait pour être oublié. Alors je me devais bien de faire un effort. Plus de larmes, plus de tristesse. Je décidai de ne plus regarder en arrière.

    - Jamais je ne vous traiterais comme la fait cet homme. C'est une promesse.

    Il y a bien longtemps, ces mots furent déjà prononcés, oui, il y a bien longtemps. C'est une promesse. C'en était une aussi. On m'avait dit, que jamais on ne me ferait du mal, et pourtant Gareth ne l'avais jamais tenu. Je l’avais cru si fort à ce moment là, que j'étais tombée de haut. Moi, la pauvre idiote qui croit au bon de tout le monde, même en les pires personnes qui soient. Je me sentais stupide. D'y croire ? Non d'y avoir cru à l'époque, pour lui. Maintenant, je me rendais compte, qu'il n'en avait pas valu la peine. Je m'en rendais compte mais c'était bien tard. Le mal m'avait été fait. Je regardais Evan, la tête penchée sur le côté, l'air un peu hébétée. Comme une gamine à qui on parle, et qui ne saisit pas les mots qu'on lui prononce. Je ne doutais pas de ce qu'il disait, comme je n'avais pas douté de Gareth à l'époque. Et cette fois, je voulais vraiment y croire. Parce que je l'aime. Ce couturier merveilleux. Lui qui avait su capturé mon cœur en un coup d'aiguille. Et moi, j'en étais heureuse. Curieusement, j'en étais heureuse. Que tout cela fut arrivé si vite, et fut arrivé tout court. Moi, je ne détachais plus mon regard de lui maintenant. Impossible, je ne voulais pas risquer de le perdre. Pas lui, surtout pas, jamais, ni maintenant, ni demain. Je ne voulais pas.

    - Je n'en doute pas vous savez.

    Je regardais ses lèvres. En souriant, je posais mon index sur les miennes, puis sur les siennes. Je riais légèrement, amusée par mon geste. Enfantin et léger.
    Mais doux, et amoureux.
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A force de courir, on finit par tomber [PV Evan][Fini]

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