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 Course nocture [PV Theophil]

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Heather

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MessageSujet: Course nocture [PV Theophil]   Jeu 25 Aoû - 12:43


Course Nocturne

Heather courrait. Juste devant elle, un petit garçon la mène. Pourquoi fallait-il qu’Il soit à l’autre bout du bourg. Et encore, si effectivement Il était resté là où son guide L’avait vu une heure auparavant. Mais elle devait Le trouver. Ceci était pour l’apothicaire une question de vie ou de mort.

Une heure avant…
Heather s’était accordé un temps de repos et de détente à la taverne. Elle ne se le permettait guère souvent, mais aujourd’hui, elle avait travaillé dur. Contenter de riches bourgeoises n’était pas si aisé que cela le paraissait. La jeune femme respectait la coquetterie, mais sa grosse cliente du jour n’en était plus vraiment à là. Non, c’était bien pire que de simplement prendre garde à son apparence.
Elle soupira un grand coup. But tranquillement son thé, et regarda ses cartes. Des messieurs l’avaient invitée à leur table. Peut être espéraient-ils la plumer… Mais pour l’instant, elle était bien partie. Une paire d’as, et une paire de dix. Naturellement, elle suivit les autres, et posa quelques pièces au centre de la table. Quelques minutes plus tard, elle remporta la mise, et s’apprêta à partir. La chance tournait vite aux jeux de hasard, alors, après avoir gagné ces quelques sous, mieux valait se retirer. Elle n’était pas assez riche pour jeter l’argent par les fenêtres.
Mais à ce moment, l’un des hommes la retint par le bras. Instinctivement, elle porte sa main droite à son médaillon. Devait-elle les faire dormir ? Mais l’homme n’alla pas plus loin. Non, il lui fit juste une étrange proposition.

« Miss Heather. En fait, nous avons un service à vous demander…
- Votre oncle est mort à cause des Princes non ? »
Il n’en fallu pas plus à la jeune femme pour deviner la nature des hommes se trouvant face à elle. Des opposants au régime. Ils devaient penser que son oncle lui-même était un opposant, et que c’était pour ça qu’il était mort. Pensaient-ils qu'il avait été empoisonné ? Ils ne seraient pas si loin que ça de la vérité.
« Peut être voulez vous vous vengez… »
Ils ne lui en laissaient placer aucune. Mais tant pis. Heather inspira mentalement longuement. Que faire que faire…
« Nous aurions juste besoin de… poisons »
Bien sur, il y avait de la chance qu’elle soit le mieux placer pour en fournir. Mais non, elle ne leur donnerait certainement pas de ça ! Elle les regarda chacun l’un après l’autre. Longuement. Ils se taisaient. Et tout aussi bas qu’eux, elle leur répondit.
« Pour quand en avez-vous besoin ?
- Ce soir… »
Ils ne devaient pas être bien malins. Ce soir…
« Forcément ?
- Oui, nous ne pouvons plus reporter l’opération. »
Et il ne leur était jamais venu à l’esprit qu’elle pouvait refuser ? Ou qu’elle n’en avait pas ? Mais quels idiots…
« Je ne peux rien vous fournir dans des délais aussi courts… »
Elle vit chacun des hommes soupirer, déçus. Tant mieux !
« Il nous faudra faire sans alors… »
Ils se levèrent. Non, ils ne devaient pas partir ainsi ! Un piège, un piège…
« Attendez… Si vous vous en sortez, mais que vous êtes blessés… N’hésitez pas à venir chez moi, je pourrais vous guérir… »

Les hommes eurent un bref sourire. Apparemment, ils ne s’attendaient guère à s’en sortir vivants. Mais les gardes devaient être prévenus ! Hélas, elle allait paraitre trop curieuse en demandant à ces gars là ce qu’ils comptaient faire…
Elle sortit. Deux gamins l’attendaient. Ils s’étaient mis en tête de la suivre partout où elle allait. Tant mieux, tant mieux…

« Avez-vous Theophil récemment ? »
Oui, ils l’avaient vu. Tant mieux, tant mieux… Avant qu’elle ne parte à la taverne, soit il y a une demi-heure…
« Toi, mène-moi à lui… Et toi, suis les hommes qui sont sortis juste avant moi. Vous savez comment vous retrouver dans la ville tous les deux n’est ce pas ? »
Ils acquiescèrent, et Heather courut avec l’un deux. Le plus vite possible.

Ils tournèrent à un coin de rue. Il était là, sortant d’une maison à l’air douteuse. Seigneur Dieu, grâce te soit rendu. Elle remercia le Très Haut, et se planta, un peu essoufflée devant Theophil. Elle appréciait ce lieutenant, il lui rendait parfois visite dans sa boutique. Elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance.

« Theophil… des opposants… Ils veulent… faire quelque… chose de… particulier… ce soir ! »

Elle entendit sonner la cloche. Plus qu’un quart d’heure avant le couvre feu. Et très certainement plus qu’un quart d’heure avant que ces fous n’agissent. Mais que voulaient-ils donc faire.


Dernière édition par Heather le Mer 19 Juin - 23:06, édité 3 fois
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Theophil

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Ven 16 Déc - 17:13

    [... Je suis impardonnable pour le temps que j'ai mis à répondre]

    La boutique était insalubre. Minuscule et coincée comme elle était entre deux grands magasins d'étoffes et de chapeaux, on la repérait difficilement. Et la vitrine, n'offrant qu'un aperçu sombre et poussiéreux de l'étalage, ne donnait pas plus envie d'entrer à l'intérieur de « Chez Poe & Fils ».
    Vraiment, Theophil se questionnait de plus en plus quant aux fréquentations et habitudes du Comte.
    Il franchit le seuil du magasin, un carillon l'accueillit tristement. Le vendeur, caché derrière son comptoir et perdu au milieu des marchandises, sursauta.

    « Vous désirez ? »

    Theophil s'avança vers l'homme recroquevillé, tout en jetant un regard autour de lui (mais sans réussir à deviner ce que l'on vendait exactement ici bas : des livres, des meubles, des instruments, des tissus, des narguilés... Était-il antiquaire ?).

    « Une canne, déposée chez vous il y a une semaine. »

    Et il déposa une enveloppe cachetée, ainsi qu'une bourse sur le comptoir – pas besoin d'en dire plus pour que le vendeur comprenne. Il regarda le sceau de la famille Lewandowski, sur l'enveloppe, et s'éclipsa dans l'arrière boutique chercher l'objet convoité. Quand il revint, la canne entre les mains, le regard de Theo se fit morose et vaguement énervé à la vue de l'objet.
    D'accord, c'était en partie de sa faute si cette canne avait été abimée – mais après tout, Lucien n'avait-il pas des domestiques pour se charger de ce genre de commission ? Et puis, si le noble ne s'était pas amusé à l'étouffer avec, elle n'aurait jamais fini par terre, rayée par le caniveau, au moment où Theophil s'était dégagé pour poursuivre l'autre enflure de résistant masqué qui passait par là.

    « C'était une belle balafre, qu'elle avait. Mais votre maître (Theophil tiqua) peut être rassuré, elle est de nouveau comme neuve. »

    Theophil ne répondit pas. Le vendeur ne lui avait toujours pas donné la canne. Penché dessus, il la caressait du pommeau jusqu'au bas, complimentant la marchandise et son travail extraordinaire. Theophil tendit la main... Mais le vendeur louchait toujours sur la deuxième bourse de cuir accrochée à sa ceinture.
    Ah non. Il n'allait tout de même pas payer un supplément de sa poche.
    Une bouffée d'énervement monta tandis que le vendeur et le garde s'affrontaient du regard. Ne souhaitant pas y passer toute la soirée (il ne manquerait plus qu'il se fasse enguirlander parce qu'il mettait du temps à rentrer), Theophil se résolut à utiliser les grands moyens : d'une manière absolument pas subtile, il se mit de côté et fit mine chercher une cigarette dans sa poche, mettant en évidence le pistolet reposant sur sa hanche gauche. Le naturel parfait scotché au visage :

    « Mon temps est précieux. »

    Le vendeur eut un sourire crispé. Il lui tendit la canne, et, d'une voix aigrie, marmonna :

    « Au plaisir, Monsieur. »

    Theophil quitta la boutique sans un mot.


    Il était à peine sorti qu'une silhouette essoufflée se planta devant lui :

    « Theophil… des opposants… Ils veulent… faire quelque… chose de… particulier… ce soir !
    - … Heather ? »

    La surprise l'empêcha de dire autre chose. Comment ? Des opposants ? Un complot ? Il restait bêtement stupéfait.
    Moins le quart fut sonné par la cloche, il réagit enfin : l'étonnement passé, il devint enfin opérationnel.
    Theophil envisagea le gamin aux côtés d'Heather – le genre d'enfant des rues qui savait tout avant tout le monde. Il lui tendit la canne et lui demanda de l'apporter au domicile de Lucien (sans autre précision ; Theo savourait déjà l'énervement du noble qui le croirait surement en train d'éviter ses obligations dans une taverne quelconque), mais avant, de courir à la caserne prévenir les soldats qui y étaient, et leur dire de doubler la garde surveillant le Château, ordre du Lieutenant Theophil.
    Il se tourna ensuite vers Heather :

    « As-tu d'autres renseignements ? Combien sont-ils, où ça se passera ? »

    Il savait que la jeune fille, qui servait le Royaume elle aussi, n'aurait surement pas traversé la moitié de la ville en courant pour venir plaisanter – encore moins au sujet de résistants. Si elle avait l'air pressé, c'est que le temps manquait et qu'il fallait agir tout de suite.
    Il sortit son arme, la chargea de poudre. Elle allait surement lui servir.

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Mar 10 Jan - 17:31


Explications

Il en mettait du temps à réagir Theophil ! Et d’abord, pourquoi il était devant ce magasin de cannes ? Il n’en avait pas lui… Ils restèrent plantés l’un devant l’autre, pendant quelques instants, sans rien dire. Elle était trop essoufflée, et lui, trop surpris.
L’horloge sonna. Un quart d’heure avant le couvre feu. Le lieutenant régit enfin. Il était d’ordinaire agile d’esprit, mais ce coup ci, la jeune femme l’avait trouvé long à réagir. Cependant, il reprit ses esprits, et ordonna au gamin à coté d’elle de finir le travail qu’on lui avait confié. Soit livrer une canne à un noble, ou un autre homme qui sans aucun doute devait être très riche. Heather ne connaissait pas l’adresse, ce ne devait pas être l’un de ses clients. Mais il était dans un quartier riche. Enfin, de toute manière, pour demander à un garde d’aller lui chercher une canne ici, cet homme devait avoir de l’argent, et du pouvoir. Le petit garçon lui jeta un regard en coin. Bien sur, s’il partait, ils risquaient d’avoir du mal à trouver le copain. Elle lui fit signe de la tête. Oui, qu’il y allait. Il imita alors la chouette. Leur signe, sans aucun doute, et fila, la canne en main. Il devait se dépêcher, et il le savait.
Quand à Theophil et elle… Le soldat lui demanda plus de précisions sur ce qu’elle savait. C'est-à-dire, pas grand-chose en vérité. Il prit son arme, et mit de la poudre dedans. Elle savait que Theophil la prendrait en sérieux. C’est bien pourquoi elle était venue le voir en priorité. Combien de chance qu’on l’aurait prise au sérieux si elle était simplement aller à la caserne ?

« Et bien, lorsqu’ils m’ont contacté, pour me quémander du poison, comme si j’en avais, ils étaient cinq. Cinq hommes, dans la trentaine. Celui qui parlait était un blond, cheveux mi longs, barbe et moustache, yeux bleus. Une cicatrice dans le cou. Il y avait aussi un roux, aux yeux marron, deux bruns, l’un aux yeux bleus, l’autre noirs, et le dernier avait des cheveux noirs, et des yeux gris… »

Elle voulut se rappeler de plus de détails, mais rien de probant. Enfin, déjà, s’ils trouvaient ces cinq là, elle pourrait les reconnaitre très facilement.

« Je leur avait dit de venir me retrouver dans ma boutique s’ils finissaient blessés, mais je crois bien qu’ils ne s’attendent pas à revenir vivant. »

Elle se sentait peinée d’en savoir si peu sur leur projet… Non, en fait, elle s’en voulait carrément.

« Je suis désolée Theophil, j’avais peur qu’ils se doutent que je ne suis absolument pas de leur coté si j’en demandais trop sur leur sujet, alors, j’ai préféré me retirer sans rien dire… Cependant, j’ai dit à l’ami du gosse de tout à l’heure de les suivre. Si on revient à la taverne où ils étaient, et qu’on imite la chouette, comme il a fait tout à l’heure, alors, on aura certainement une réponse qui nous dira où ils se trouvent. »

En parlant de chouette… C’était justement ce qu’elle entendait, là, maintenant ! Elle regarda Theophil, un instant, puis se tourna vers la direction du son. Ce n’était vraiment pas loin. Dans la direction des boutiques les plus mal famées du bourg. Il suffisait de s’enfoncer dans les ruelles qu’il y avait juste à leur droite, et ils y seraient directement. Silencieusement, elle indiqua la direction du doigt à Theophil, et l’interrogea du regard. Il ne tenait qu’à lui de prendre une décision. En attendant celle-ci, la jeune femme imita la chouette à nouveau. Et comme elle s’y attendait, on lui répondit. Quasiment du même endroit. Un peu plus à gauche peut être. Ils se déplaçaient apparemment.

« On… on fait quoi alors ? »

Oui, parce que c’était bien beau, de se ramener là, comme une fleur, de déclarer qu’il y avait un danger, mais la jeune femme ne savait pas du tout comment agir. La seule chose en vérité qui l’importait, c’était qu’il ne la renvoie pas chez elle. Non, elle voulait se rendre utile, bien plus que là maintenant.





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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Dim 15 Jan - 22:14

    Heather lui décrivit, avec autant de détails que possible, les cinq hommes suspects. Mais Theophil eut beau se creuser la cervelle, la description, aussi précise soit-elle, ne lui permit pas d'identifier les malfrats – et pour cause, les ennemis de l'État n'allaient pas vraiment trainer avec les Gardes. Peut être s'étaient-ils croisés, un soir, dans une quelconque taverne, auquel cas leurs visages resteraient anonymes... A moins qu'ils n'aient déjà été ciblés comme individus à problème ? Une cicatrice sur le cou d'un grand blond... L'homme n'aurait-il pas déjà été mêlé à un conflit, dans un pub, il y a quelques mois ? Les souvenirs de Theo étaient flous...

    « Je leur avait dit de venir me retrouver dans ma boutique s’ils finissaient blessés, mais je crois bien qu’ils ne s’attendent pas à revenir vivant. »

    La dernière partie de la phrase était intéressante. Theo acheva de charger son arme, referma le bassinet contenant la poudre dans un déclic et, après avoir remis l'arme à sa ceinture, ôta un peu du noir voletant sur ses doigts en soufflant dessus. Puis il releva la tête, toujours pensif :

    « Ils te demandent du poison pour le soir même, mais ils ne s'attendent pas à revenir vivants ? Le poison est une attaque à distance, s'ils ne se font pas prendre il est difficile de repérer les assassins et donc, de les tuer... Est-ce parce que, faute d'en trouver, ils ont changé de plan à la dernière minute ? Non, surement pas, un attentat se prépare minutieusement, il ne s'improvise pas le jour même... Le poison devait être facultatif, c'était surement pour de se suicider s'ils se faisaient prendre. Ça veut dire qu'ils ne vont surement pas se faire sauter à la dynamite dans l'espoir de toucher une cible, mais qu'ils vont attaquer de front, avec les armes qu'ils ont. Couteaux, fusils... Reste toujours à savoir où. 

    - Je suis désolée Theophil, j’avais peur qu’ils se doutent que je ne suis absolument pas de leur coté si j’en demandais trop sur leur sujet, alors, j’ai préféré me retirer sans rien dire… Cependant, j’ai dit à l’ami du gosse de tout à l’heure de les suivre. Si on revient à la taverne où ils étaient, et qu’on imite la chouette, comme il a fait tout à l’heure, alors, on aura certainement une réponse qui nous dira où ils se trouvent. »

    Et à ce moment précis justement, ils entendirent le son d'une chouette. Heather lui jeta un regard, puis se tourna en direction du bruit, lui désigna les lieux du doigt – probablement le quartier le moins fréquentable de la ville... – puis lui lança un regard interrogateur. Elle semblait attendre une décision. Quand elle siffla à son tour entre ses mains, le son qui lui fit écho indiqua qu'ils s'étaient déplacés : il n'y avait pas une minute à perdre.

    « On… on fait quoi alors ?


    - On court. »

    Ce qu'il fit aussitôt. Heureusement pour eux, à force de patrouiller dans les rues Theophil connaissait le bourg comme sa poche – il emprunta plusieurs raccourcis utiles, s'assurant de temps à autre d'un coup d'œil par dessus son épaule qu'Heather le suivait toujours. La nuit était fraîche, le vent sifflait à ses oreilles et l'écho de ses pas contre les pavés lui semblait fracassant. Il s'obligea à ralentir pour alléger son pas – ce serait quand même idiot de se faire repérer à cinquante mètres de là.
    Les hululements se faisaient toujours entendre, de plus en plus proches. Ils semblaient se diriger vers la Place, à deux rues d'ici. Theophil se força à s'arrêter et fit signe à Heather de faire de même – un doigt sur la bouche, il lui indiqua la Place, en espérant ne pas se tromper sur la direction des rebelles. Le garde espéra également que le bruit saccadé de leurs respirations diminueraient avant qu'ils n'y parviennent. Ils avancèrent lentement, silencieusement, jusqu'à l'endroit dit.
    Dissimulés par l'obscurité de la venelle débouchant sur le lieu, ils observèrent. Theophil ne vit d'abord rien... Puis une bande d'individus déboula soudainement d'une rue plus à gauche. Le garde se tourna vers sa camarade et chuchota seulement :

    « C'est bien eux ? »

    Puis il se remit à scruter les hommes. Que faisaient-ils, si loin du château ? Comptaient-ils en fait agresser un membre de la noblesse qui résidait près d'ici ? Ou bien se savaient-ils suivis et tentaient-il de semer le hululement qui s'obstinait à rester sur leurs talons ? A moins qu'ils n'aient donné rendez-vous à d'autres rebelles ? Tant de questions se bousculaient dans la tête du garde – que faire, bon Dieu, que faire ? La réponse lui vint dans un éclair de simplicité :

    « Il faut les prendre sur le fait. Attendons de voir ce qu'ils ont en tête, Heather. »

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Heather

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Mar 24 Juil - 0:10


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Theophil lui dit de courir, et elle obéit sur le champ, le suivant tant bien que mal, les mains occupées à remonter sa robe qui la gênait plus qu’autre chose ce soir. Le garde connaissait bien le quartier, et il fonçait sans hésiter. Pour Heather, cela faisait longtemps qu’elle n’était pas allée livrer quelques choses par ici, ou même allée faire ses courses. Elle avait avec elle des gamins bien utiles. En parlant de gamins. Le bruit de la chouette se faisait de plus en plus pressant. De plus en plus proche. Ils devaient toucher au but. Theophil ralentit soudainement. Oui, ils devaient se rapprochés. Ils parcoururent encore quelques rues, puis s’arrêtèrent. L’apothicaire n’avait aucune idée d’où ils se trouvaient, mais cela ne semblait pas être le cas du garde. Ils marchèrent encore un peu, et la jeune fille put enfin se repérer. Ils étaient à la Place. Elle haletait encore un peu, mais elle tâcha de respirer doucement et calmement, pour se remettre de ma course qu’ils venaient de faire. Eh, c’est que ça faisait un bon petit bout de temps qu’elle n’avait pas couru la miss !
Dans un premier temps, rien ne se passa. Puis ils arrivèrent à leur tour sur la place. Les sales traitres. Une grimace de haine apparut alors sur le joli visage de la jeune fille. Elle ne pourrait pardonner à ceux qui en veulent aux Princes, à ces si gentils Princes… Elle remarqua à peine que le jeune homme s’était tourné vers elle, et entendit à peine sa question, tant elle était occupée à fusiller du regard dans l’espérance qu’ils se retrouveraient foudroyés en l’instant. Mais elle pu tout de même répondre par l’affirmative d’un hochement de tête.
A nouveau, elle ne savait trop que faire. Dans environ cinq minutes, ce serait le couvre feu. Elle fut soudainement inquiète pour le gamin qui les avait conduits jusqu’ici… Il devait rentrer maintenant, mais il ne devait pas savoir qu’ils étaient juste là, car les hululements continuaient. Ils tournaient autour de la place… Il arriverait certainement d’ici là.

« Maudits hiboux ! Oiseaux de malheurs… C’est un mauvais présage ça… »

Le roux avait parlé. C’était la première fois qu’elle entendait sa voix. Elle était grave, et profonde. Avec un drôle d’accent, il ne devait pas être originaire de la ville.
Le lieutenant lui dit d’attendre. Les prendre en flagrant délit.
La « chouette » passa juste derrière eux. Heather fit signe à l’enfant de disparaitre maintenant, et il partit, continuant son vacarme. Ce gosse était ingénieux, et malin. S’il avait arrêté trop tôt, cela aurait pu paraitre louche, mais là… Ca faisait plus naturel, même si on était encore loin du compte. Et la réaction des hommes ne loupa pas, ils se détendirent de suite.
Les cinq compères allèrent frapper à une maison délabrée. Personne ne devait plus y habiter depuis des lustres tant son état laissait à désirer. On leur ouvrit, et les hommes entrèrent sans un bruit. Quelques instants plus tard, trois autres arrivèrent encore, et cette fois ci, ils avaient des affaires. Chacun avait un sac, et Heather avait vu de l’un d’entre eux sortir une épée.
Elle jeta un regard interrogatif à Theophil, mais apparemment, ce ne devait toujours pas être le bon moment pour agir.
Quelques minutes passèrent encore. La cloche du couvre feu sonna. Heather compta alors. Et c’est au bout de quatre vingt sept respirations que la porte s’ouvrit à nouveau. Ce n’était plus cinq hommes qu’ils avaient en face d’eux, mais dix. Et tous portaient, sous leur cape, à peine visible, une épée.
Cette fois ci, clairement, ils étaient hors la loi. Dehors, armés, après le couvre feu ! Mais une simple effraction de ce genre ne leur donnerait pas une punition à la juste valeur de leurs intentions criminelles. Non, il fallait les prendre pour quelque chose de plus gros !
Le groupe de mit en marche sans faire de bruits. D’un regard entendu, le lieutenant et elle les suivirent, tout aussi silencieux. Désormais, plus un seul son n’arrivait jusqu’à eux. Le silence en était presque étouffant. Jusqu’à ce que l’un des gens devant, un de ceux qu’elle n’avait pas vu à la taverne trébucha dans un juron. Et elle, elle du se retenir de ne pas rire. Elle étouffa le début de ricanement, puis se remit en marche comme si de rien n’était.
Autant qu’elle pouvait le voir, ils se dirigeaient vers le château. Son cœur battait à tout rompre dans sa petite poitrine. Ils s’arrêtèrent soudainement. Ils scrutèrent les environs, et elle du se serrer avec Theo dans l’ombre d’un tonneau laissé là. Recroquevillée, elle n’avait aucune idée de ce qui se passait. Le lieutenant même ne devait en avoir qu’un léger aperçu. Ils purent entendre un bruit de métal qui grince, des frottements, puis plus rien.
Heather interrogea alors du regard Theo, afin de savoir si la voie était libre, avant de se lever. Il n’y avait plus trace des dix hommes.

« Par où ont-ils bien pu aller ces démons ? »

Elle fouilla les environs avec méthode, et tomba rapidement sur un passage vers les égouts vaguement protégé par une herse de métal. Elle fit signe à son compagnon de traque puis passa la tête dans le passage. Cela puait. Elle se demanda comment ces hommes avaient-ils pu pénétrer là comme ça, sans s’étouffer. C’était sombre aussi. Ils devaient avoir des torches, car la jeune femme n’y voyait pas à un mètre.
Soudain, elle entendit des voix et aperçu une lueur plus loin. Elle se redressa, cognant au passage le jeune homme et murmura en vitesse.

« On dirait qu’ils reviennent ! »

Elle se précipita derrière le tonneau, et cette fois ci, elle fit en sorte de voir un minimum ce qui allait se passer. Cette fois ci, les hommes ne faisaient plus attention au bruit, et elle put entendre quelques échos de leur conversation.

« … complètement fou…. Aucune chance… Réussite impossible... Morts… »

Elle ne comprit pas vraiment de quoi ils parlaient, mais au moins, leurs soupçons étaient vérifiés désormais. Car voilà que les cinq hommes qu’elle avait rencontrés à la taverne sortaient, armés jusqu’aux dents. L’un d’eux chuchota, mais Heather était bien placée, et elle put tout entendre.

« Bon, on va à la caserne, on entre sans faire de bruit, on assomme les gardes qui dorment. Ceux qui sont réveillés, on les neutralise. S’il le faut, on les passe à l’épée. Là, les autres auront le champ libre pour faire ce qu’ils veulent faire… »

La jeune fille sourit. Désormais, on savait quel était leur plan.



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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Sam 28 Juil - 21:02

    La cloche carillonna pendant plusieurs secondes, sans arrêt. C'était le deuxième rappel de cloches de la soirée, un quart d'heure après le premier, donc tout le monde devait être rentré chez soi. Désormais c'était certain : les hommes, quand ils sortiraient, seraient en infraction. Mais il semblait préférable à Theo de patienter encore : ce genre de projet ennemis étaient rarement le fait d'un seul groupe. Sans nul doute avaient-ils d'autres complices, peut-être déjà aux alentours du château, qu'Heather et lui ne pourraient arrêter tant que les hommes dans la bâtisse abandonnée ne les auraient pas menés directement à eux. Oui, il fallait attendre... le dernier moment.

    La porte de la maison s'ouvrit, laissa sortir les hommes désormais armés et protégés de capes. Heather et Theophil se mirent d'accord d'un regard pour les suivre, silencieux comme un félin suit sa proie. Jusqu'au moment où Heather ne put s'empêcher de lâcher un rire, face au ridicule du puissant résistant armé tombant misérablement au sol - dans un début de panique, Theophil se tourna vers elle, prêt à la bâillonner s'il le fallait, mais le rire s'était déjà éteint. Il se gifla mentalement. Sa réaction lui prouvait qu'il était sur les nerfs, et il ne fallait en aucun cas que cela fasse échouer leur arrestation. Il devait se tranquilliser et se concentrer sur leur mission.

    Quand les hommes s'arrêtèrent sur une nouvelle place, ils durent tous deux se cacher précipitamment derrière un large tonneau à leurs côtés. Hélas, en se protégeant de la vue de leurs ennemis, ils perdirent ceux-ci de vue également. Le garde, même en étant plus grand que sa compagne d'aventure, ne pouvait lui-même profiter que d'un infime tableau : le côté gauche de la place, d'où quelques hommes seulement étaient visibles. Il y eut un bruit métallique vers la droite, et les résistants que Theophil pouvait apercevoir s'avancèrent pour disparaître das la nuit.
    Quand il se redressa, avec Heather, il n'y avait plus trace d'âme qui vive.
    Heureusement, l'apothicaire repéra bien vite la seule issue probable par laquelle les dix hommes avaient dû s'échapper : les égouts, tout simplement. Vu comme l'odeur était éprouvante, ils devaient vraiment être motivés pour leur mission.
    Alors qu'ils scrutaient le passage sombre et nauséabond, une lueur apparut soudain en son centre. Heather se redressa précipitamment – heurtant violemment au passage le menton de Theo, pour qui la lumière au fond des égouts devint un chandelier dansant.

    « On dirait qu’ils reviennent ! »

    Et elle entraina à sa suite Theophil, pour se cacher derrière le tonneau une deuxième fois. Tandis qu'il se massait la mâchoire, et que sa vue se stabilisait de nouveau, Heather guettait – elle s'était mieux positionné que la première dans ce but. Ce qu'elle voyait, Theo n'en savait rien ; en revanche, il entendit surement très clairement la même chose qu'elle, tant les hommes ne prenaient plus désormais aucune précaution de discrétion :

    « Bon, on va à la caserne, on entre sans faire de bruit, on assomme les gardes qui dorment. Ceux qui sont réveillés, on les neutralise. S’il le faut, on les passe à l’épée. Là, les autres auront le champ libre pour faire ce qu’ils veulent faire… »

    A l'instant où un sourire victorieux se dessinait sur le visage d'Heather, le cœur de Theo s'emballa face à deux sentiments contradictoires. Effectivement, en envoyant le gamin des rues prévenir la caserne tout à l'heure, pour augmenter l'effectif de la garde surveillant le château, il avait mis des bâtons dans les roues de ses ennemis, qui cherchaient à réduire les défenses des remparts pour avoir le chemin libre... Mais il avait également facilité leur tâche en vidant pratiquement la caserne. En outre, si le château était à l'abri, les quelques hommes restant à la caserne étaient devenus des proies faciles. Et certainement incapables de neutraliser leurs agresseurs en surnombre. De ce que le résistant avait dit, le groupe qu'Heather et lui suivaient était bel et bien le moins important, chargé uniquement d'ouvrir le chemin à un deuxième groupe... surement de terroristes. Et pour savoir où et comment attraper le gros poisson, il fallait attraper le petit qui se dirigeait vers la caserne.
    Il n'y avait qu'une seule issue possible à leur problème. Theophil chuchota à sa compagne :

    « Il nous faut arriver à la caserne avant eux... Les hommes qui sont restés là-bas ne seront pas assez nombreux pour les arrêter, et nous devons les arrêter si nous voulons les faire parler à propos de l'autre groupe chargé de la mission principale. »

    Quand les hommes ne furent plus en vue, Theophil se releva et tendit la main à Heather pour l'aider à se redresser à son tour. Bien qu'il savait qu'elle n'avait certainement pas besoin d'aide pour cela, il voyait en cette poignée de main un geste symbolique, comme un pacte pour honorer leur nouvelle mission :

    « Allons leur tendre une embuscade. » fit-il dans un sourire sadique.

    Et sans plus trainer, il l'entraina à sa suite dans les ruelles. Sans courir pour l'instant, pour s'économiser, ils avançaient tout de même à vive allure dans le dédale des rues. Theophil se félicita une fois de plus de connaître les chemins les plus rapides pour accéder au château discrètement – en effet, une dizaine de minutes plus tard, ils arrivèrent à la caserne. Au calme qui régnait, aux rires des gardes derrière la porte, il était pratiquement certain d'être arrivé avant les Résitants. Victoire !
    En revanche, il eut l'air moins malin quand il fallut gérer la suite du plan.

    « Hum. Quel genre de pièges peut-on faire, tu crois ? Un truc avec un filet... ou bien, heu... »

    Il s'interrompit soudain, un éclair de génie le traversant :

    « Oh, ils te pensent de leur côté, non ? Donc... Si tu apparaissais pour les aider, ils te feraient confiance ? Est-ce que tu as du poison, sur toi ? Quelque chose pour les affaiblir... »

    S'ils pouvaient les neutraliser sans leur ôter leur faculté de parler, pour pouvoir leur soutirer les informations nécessaires, ce serait parfait. Presque imposible à réaliser, mais parfait. Theophil imaginait la suite du plan à une vitesse folle : lui, allant organiser ses hommes pendant qu'Heather attendrait l'arrivée des résistants, puis l'attaque ratée du groupuscule affaiblis par le poison, la riposte aisée de la garde Royale, les informations qu'ils soutireraient, et enfin, les projets complets des ennemis entravés – c'était fait, Theophil se voyait déjà Capitaine.
    Il secoua la tête. S'ils voulaient atteindre la victoire, Heather et lui, il ne fallait pas se déconcentrer. Que ce plan soit réalisable, et qu'il réussisse, ce serait déjà miraculeux !

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Heather

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Mer 8 Aoû - 19:49


Poison

Elle était bien loin de tous les soucis de Teophil, ça, c’était évident. Elle n’avait pas non plus l’habitude de traiter ce genre d’affaires. Mais heureusement, le lieutenant était là pour que tout se passe bien. Encore une fois, il avait réfléchit et agit bien plus vite que ne le pouvait Heather, et désormais, ils courraient pour rejoindre la caserne avant le groupe de résistants. Le jeune homme les guidaient dans un dédale impressionnant de rues, et la jeune femme, elle, se réjouit à n’avoir presque plus besoin de faire les courses pour aller voir les clients du coin. Car désormais, elle ne se déplaçait plus que pour les plus important, comme les nobles, ou ceux qui comptaient dans le régime.
Ils arrivèrent effectivement à la caserne avant les résistants. Pas une âme ne bougeait. Mais maintenant, il fallait passer à la suite. Certes, arriver avant, c’était une obligation, mais juste à eux deux, avec en plus Heather qui serait complètement inutile en cas de bataille… Et bien, il fallait un plan. Elle réfléchit, puis soudain son regard s’illumina, et sa main alla farfouiller dans la poche de sa robe. C’est à ce moment là que le visage de Theo s’illumina à son tour. Et apparemment, ils étaient sur la même longueur d’onde. Un sourire machiavélique éclaira le visage de la jeune femme.

« J’ai toujours du poison sur moi… Comme le disent les gamins, les rues ne sont pas très sûres en ces temps troublés. »

Elle sortit une fiole délicatement. Il lui suffisait de la jeter pour qu’elle se brise, et libère son précieux contenu. Où plutôt, ses précieux liquides. Il y avait en effet là deux compartiments, et quand les deux produits entraient en contact, un gaz se formait, et ce gaz là pouvait assommer un cheval. Ce qu’elle expliqua d’une voix tranquille au lieutenant.

« Quand à moi, j’ai une petite astuce. Vois tu, sur mon châle, autour de mon cou, j’ai un produit qui me permet de n’être pas soumise à l’effet de ce gaz. J’en l’imbibe tous les matins, afin d’êtres toujours prête. »

Restait un problème, lui…

« Par contre, toi, tu devrais rester à l’écart jusqu’à ce que je te fasse signe… Car il serait dommage que tu finisses toi aussi hors service n’est ce pas ? »

Sur ce, elle alla se placer juste derrière une colonne, non loin de l’entrée de la caserne, faisant signe au lieutenant de disparaitre.
Peu de temps après, elle entendit à nouveau les résistants. Ils parlaient fort. Elle soupçonnait qu’ils aient bu quelque chose, et lorsqu’elle aperçut l’un d’entre eux jeter une bouteille vide, elle en eut le cœur nette : ces hommes, pour avoir plus de « courage » s’étaient rendus saouls. Pitoyables. Doucement, elle sortit de sa cachette, et fit se stopper le groupe de résistant.

« Miss Heather ?
- Oui, j’ai eu… quelques remords à vous laissez vous embarquez là dedans…
- Mais comment nous avez-vous ?
- J’avais une chance sur deux, soit la caserne, soit le château…
- Et que venez vous faire ici ?
- Vous aidez bien sur. »

Avant qu’ils ne purent protester, elle fut au milieu du groupe. Là, avec force, elle jeta sa fiole par terre, fiole qui se brisa. La réaction ne se fit pas attendre, un gaz bleu s’éleva. Les hommes les plus proches tombèrent déjà et d’autres la fixaient, le regard mauvais, elle qui ne semblait rien subir, avec son chale sur son visage.

« Traitresse ! »

D’où elle était une traitre ? C’étaient eux qui étaient en tord. Mais le blond ne semblait pas voir ceci du même œil, et sortit son arme, voulant sans doute mettre fin à l’existence de cette pauvre Heather. La jeune femme tâcha de garder son sang froid, et évita prestement le coup. L’homme avait déjà des gestes bien ralentis par le poison, et ne tarda pas à s’écrouler. Il était le dernier, et l’apothicaire ne se méfia pas… Il enleva son châle. Aussitôt, elle couru hors de la zone atteinte, et regarda cet homme, qui malgré tout, faisait tout pour ne pas sombrer comme ses compagnons.

« Theophil ? »

Sa voix était plus faible que d’ordinaire. Elle avait la tête qui tournait à cause de son propre poison, et lorsque le lieutenant arriva, elle du s’appuyer rapidement sur lui avant de lui parler.

« L’un d’eux a mon châle, il ne sera pas complètement assommé… Tu devras te méfier… Et… c’est bon, tu peux y aller, il ne devrait plus y avoir de gaz… »

En effet, les lueurs bleues de celui-ci avaient toutes disparues, et le dernier homme s’arrêta bientôt de tousser. Heather se sentait des envies de meurtre sur ce gars là, qui avait tenté de la faire prendre à son propre piège. Inadmissible !
Elle souffla profondément quelques fois, puis rejoignit le lieutenant et le traitre.

« C’est toi le traitre, espèce de rat ingrat ! Comment peut-on ainsi renier l’amour de nos bien aimés Princes ? »

Ça, c’était dit…



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Theophil

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Mer 15 Aoû - 19:41

    Theophil se dépêcha d'aller se réfugier à l'angle d'une bâtisse. Son cœur battait à un rythme démesuré. Leur plan allait-il marcher? Faisait-il bien de laisser Heather s'exposer seule au danger? Il était soldat, c'était à lui de protéger les autres, et non le contraire... Il observa la jeune fille. Son air assuré, un brin machiavélique, le rassura aussitôt : Heather n'était pas une femme comme les autres, elle ne se laisserait pas avoir par les résistants. Elle méritait sa confiance.
    Quelques minutes plus tard, les hommes débarquèrent. Heather s'approcha d'eux, confiante dans son discours. D'une main nerveuse, Theophil tournait et retournait l'arme qu'il avait rechargé un peu plus tôt pendant ce temps là. Il stoppa son geste dès qu'il s'en rendit compte – mieux valait ne pas tirer involontairement n'importe où, juste à cause d'une stupide erreur de manipulation.
    Bruit de verre brisé. Heather venait de jeter la fiole.
    Le gaz s'élevait à peine et déjà, les hommes les plus proches du nuage bleuté vacillaient, tremblaient, chutaient. Ébahi, Theophil les regardait tomber comme des mouches tandis que sa compagne restait hors d'atteinte des effets du poison. Leur plan marchait ! Mais un homme sembla résister plus longtemps que les autres, sans doute grâce à sa carrure plus imposante que celles de ses camarades. Il sortit son pistolet en titubant. Theo quitta immédiatement sa cachette, visant l'agresseur qui tirait déjà sur Heather – bien mal, celle-ci l'évita sans problème. Finalement, l'homme s'écroula sans que le soldat n'eut à intervenir. Heather l'appela, il s'avança un peu plus. Sans qu'il ne comprenne immédiatement pourquoi, cependant, il vit l'apothicaire courir vers lui et manquer de tomber... Il la soutint quelques secondes quand elle s'appuya sur lui, désorientée :

    « L’un d’eux a mon châle, il ne sera pas complètement assommé… Tu devras te méfier… Et… c’est bon, tu peux y aller, il ne devrait plus y avoir de gaz… »

    Son châle! C'était donc ça. Il n'avait pas remarqué qu'en tombant, l'homme en avait profité pour le lui arracher. Heureusement, son amie ne semblait pas trop atteinte par le poison. Ils rejoignirent le groupe d'hommes à terre. Tandis que la jeune fille insultait d'un air méprisant l'homme qui avait résisté, Theophil jaugeait l'étendu des dégâts causé par le gaz. Il poussa un sifflement admiratif :

    « He bah... Beau travail, Heather. »

    S'il avait su qu'un simple poison pouvait être aussi puissant! Il sourit. Quand cette affaire serait réglée, il faudrait qu'il pense à négocier une petite commande à Heather... Cela pouvait être bien pratique, dans ce genre de situations.
    L'homme qui avait tenté d'agresser Heather remuait toujours faiblement, du fond d'un sommeil troublé, contrairement aux autres qui semblaient presque morts. Il fallait faire vite, pendant qu'ils le pouvaient. Theophil alla ouvrir brutalement la porte de la caserne.
    Les soldats restants se tournèrent vers lui, étonnés et cartes à jouer en main. Theo considéra la partie en cours avec lassitude, comprenant pourquoi aucun des gardes n'avaient été alerté par le coup de feu et les cris qui avaient retentis à quelques pas de leur porte – car tout simplement trop occupés eux-mêmes à crier et à jouer au poker. Bande d'incapables. Les visages qui lui étaient familiers s'illuminèrent à sa vue ; on l'invita à jouer lui-aussi. Theophil soupira simplement, et s'écarta du passage pour laisser voir les corps dehors. D'un geste du pouce, il désigna le groupuscule à terre derrière lui :

    « Ligotez-moi tout ce bordel, immédiatement. On a besoin d'aide. »

    Les soldats non gradés obéirent sur le champ, et Theo en profita pour expliquer la situation aux deux autres lieutenants qui étaient dans la salle. Décidément, ils étaient peu nombreux... Une dizaine, peut-être. Mais le nombre serait largement suffisant pour un interrogatoire. Alors que les corps continuaient à s'entasser, bâillonnés et ligotés, dans un coin de la pièce, il entendit de l'agitation au dehors. Craignant que ce ne soit le résistant coriace qui se réveille, Theo se tourna immédiatement – ce n'était que quelques imbéciles de gardes qui lorgnaient Heather d'un peu trop près. Il fronça les sourcils et alla aussitôt la tirer d'affaire :

    « Cette jeune fille est sous notre responsabilité, bande de crétins. Si vous continuez à importuner mon amie, je lui donne mon assentiment pour qu'elle vous empoisonne comme elle a empoisonné les résistants, compris? »

    C'était triste à dire, mais pour la plupart des gardes il n'y avait que deux sortes de femmes : leur mère, et les catins. Theophil soupira et ramena sa camarade à l'intérieur. Mieux valait qu'elle reste près de lui, tant qu'elle serait dans cette caserne où l'on n'avait pas pour habitude de croiser des femmes.
    Les résistants étaient désormais tous regroupés dans la salle. Theo désigna à ses compagnons celui qui était le moins atteint par le poison, ordonna qu'on l'installe sur une chaise au centre de la pièce et que quelqu'un aille chercher un seau d'eau – ou quoi que ce soit capable de le réveiller.

    « Puisqu'il n'est pas totalement endormi, contrairement aux autres, autant en profiter pour l'interroger lui... » souffla-t-il à Heather d'un air mutin.

    Il y avait de quoi être aux anges : jusque là, leur plan fonctionnait sans trop d'accrocs ! Sa satisfaction s'agrandit quand on lui apporta le seau d'eau glacée. Mais, en repensant à la haine que semblait tout particulièrement porter Heather à l'égard de ce résistant (il l'avait odieusement injuriée après tout, cela pouvait se comprendre qu'elle lui en veuille), il décida de lui tendre la bassine. Devant le reste de la garde, surement étonné par cette étrange initiative, il recula d'un pas et désigna l'endormi d'un geste poli, une expression espiègle toujours peinte sur son visage :

    « Je t'en prie, Heather, à toi l'honneur. »

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Mer 22 Aoû - 1:44


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Ça avait marché. Tout se déroulait comme l’avait souhaité le garde et sa complice. C’était parfait, et la jeune fille était enchantée du compliment de Theophil. Bah quoi, bon travail, ce n’était pas le plus beau compliment dont pouvait rêver une fanatique des princes de la part de la garde royale ? Elle affichait son plus beau sourire, oubliant presque les résistants autour d’eux. Tout le sadisme, et le machiavélisme qu’elle avait pu montrer un peu plus tôt s’était effacé de son visage. Finalement, c’était peut être ça aussi qui la rendait si dangereuse… Cette façon de ne jamais garder bien souvent ses sentiments sur son visage, comme si elle s’était forgé une carapace. Bien qu’en réalité, cela soit plutôt du à son inconstance.
Le lieutenant, lui, s’activait, tandis qu’Heather observait d’un œil non peu fier son œuvre. Peu de temps fut nécessaire pour que les gardes, enfin alertés de ce qui se tramait par Theo, ne ramassent les corps inertes, et les emmènent ailleurs. Heather dut alors faire face à une situation hélas que trop courante dans les rues, quand des lourdeaux sans une once d’éducation vous accostent. Elle souffla un vague « Rustres… » boudeur, mais gardait le sourire en tâchant à la fois de ne contrarier personne, et de les laisser éloigner de ses jupons. Chose peu aisée à faire, et il était heureux que le lieutenant vienne la tirer de là. Elle sourit alors que Theo morigénait les autres. Le droit de les empoisonner ? Même avec sa permission, jamais la jeune fille n’aurait pu faire le moindre mal aux collègues de Theo, puisque ceux-ci étaient ceux chargés de la sécurité des Princes (et normalement, aussi, de la sécurité des citoyens, mais ça, c’était accessoire…).
La séance de questionnements n’allait pas tarder à arriver, et Heather, qui s’était légèrement placée derrière Theophil, le laissant diriger les opérations, comptait bien ne pas en perdre une miette. Cependant, elle ne pensait guère avoir désormais quelque chose à faire. C’était là le travail des gardes, et elle voyait mal comment elle pourrait le faire mieux qu’eux. Aussi, elle fut aussi surprise que les quelques gardes présents lorsque son ami lui tendit la bassine d’eau fraiche devant réveiller le résistant assommé. Enfin, rien qu’en voyant le sourire mutin du garde, un sourire particulièrement communicatif puisque le même s’inscrit sur son propre visage, elle n’hésita guère, et balança avec toute son énergie la bassine sur l’infâme traitre.

« Tiens, ordure ! »

Le déchet en question ne tarda pas à ouvrir les yeux, toussant, soufflant fort. Un réveil que l’apothicaire trouva très réussi.

« Dis celle qui nous a amadoué pour nous tendre ce piège grossier. Espèce d’idiote incapable de voir le malheur que ces fous de princes infligent à la ville… »

C’en était de trop. Il pouvait bien dire ce qu’il voulait d’elle, mais pas des Princes ! Une gifle fusa dans la salle de garde, et si le résistant n’avait pas sa barbe blonde, l’assemblée aurait sans doute pu voir une belle marque rouge. La jeune fille se saisit justement de ces poils, et tira dessus sèchement.

« Les seuls malheurs que je vois dans la ville sont de votre fait. Et mon piège grossier, comme tu dis, t’a emmené directement ici. Ne fais pas le malin avec moi, je ne pense pas que tu puisses te le permettre. »

Elle lui lança le regard le plus haineux qu’elle avait en réserve. Et vous pouvez me croire quand je vous dis qu’il pouvait glacer le sang des hommes les plus courageux. Elle haïssait ce blond qu’elle connaissait à peine. Du bout de son index ganté, elle parcouru la cicatrice de l’homme qu’il arborait dans son cou.

« Tu t’es fais ça comment mon petit ? Ce a du te faire souffrir non ? Tu n’aimerais pas ressentir ça à nouveau, je me trompe ? Dans ce cas, je te préviens, tu as intérêt à répondre bien gentiment aux questions de mon ami, Theophil… Sinon, je peux t’assurer que la douleur que tu ressentiras sera bien pire ? Tout ça, sans te tuer, magnifique non ? »

Elle pouvait lui faire ressentir d’atroces souffrances, ça, c’était facile. Mais en vérité, elle ne savait pas vraiment jusqu’où allait cette douleur ? Qu’importe, son bluff était parfait. Son air sadique sur le visage, elle se releva légèrement, et fixa Theo du regard un moment. L’interrogeant. Elle voulait poser la première question.
Aussi, elle se força l’homme à relever la tête pour la fixer, et posa cette question en bonne et due forme.

« On sait que vous deviez faire diversion, en quelque sorte, bloquer la garde en tout cas... Pour un autre groupe. Quel est l'objectif de ce groupe ?»

Mais le blond ne répondit que par un sourire effronté. Un sourire qui inquiéta la jeune fille, en plus de l’énerver. Elle le gifla à nouveau, et reposa sa question. Toujours pas de réponses. Elle le gifla alors une troisième fois, de manière purement gratuite, avant de se tourner de nouveau vers le lieutenant.

« J’ai l’impression que ceci ne nous mènera à rien. Tu veux tenter quelque chose, ou je le fais de suite hurler de douleur ? »

En vérité, il allait sans dire que la jeune fille rêvait que le garde lui dise de suite de s’occuper du résistant. Pour preuve, j’en voulais cette manie qu’elle avait tout à coup d’effleurer sa fine dague qu’elle venait de sortir de sa botte, et une fiole qu’elle avait dans sa poche.




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Theophil

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Sam 8 Sep - 2:13

    Quand l'homme insulta Heather, hargneux, Theophil cessa de triturer son petit couteau dans sa poche pour l'ouvrir, prêt à s'en servir pour le forcer à présenter des excuses. Mais la jeune fille était parfaitement capable de se défendre toute seule, une fois de plus. Une première gifle résonna, suivit d'une réplique haineuse pour le remettre à sa place. Le garde eut un sourire en coin.

    Heather pouvait réellement être effrayante quand elle s'y mettait. Était-elle sincère ou non, Theophil n'en savait rien. Il l'observait menacer l'homme de mille souffrances – rien n'était précisé ou décrit, mais le seul sous-entendu suffisait à laisser imaginer la douleur à venir – d'un air sadique et parfaitement assuré. Si elle bluffait, elle était sacrément douée. Les hommes qui l'avaient harcelée devaient souhaiter qu'elle ait oublié leurs visages.
    Heather se tourna vers lui pour l'interroger du regard. Theo acquiesça, conscient qu'elle souhaitait poser la première question.

    « On sait que vous deviez faire diversion, en quelque sorte, bloquer la garde en tout cas... Pour un autre groupe. Quel est l'objectif de ce groupe ?»

    En tout cas, qu'elle ait été psychologiquement capable ou non de torturer un homme, il ne faisait aucun doute qu'en tant qu'apothicaire, elle devait posséder de quoi réaliser un tel projet. Le captif devait le savoir. Pourtant, il ne répondit pas – usant de toute l'insolence dont il était capable lors de ce qu'il pensait être ses derniers instants de vie, il se contenta de sourire de manière inquiétante.
    Theo s'assombrit aussitôt. Il connaissait ce sourire. Il l'avait vu bien des fois sur le visage des types qu'il lui arrivait d'arrêter en pleine nuit – c'était le genre de rictus qu'avait un homme qui se savait perdu mais qui était également au courant d'autre chose, un détail en mesure d'inquiéter la garde royale. L'homme qui se résolvait à mourir parce qu'il savait qu'il ne serait pas le seul à tomber ce soir là.
    Une seconde gifle, puis une troisième. Heather se tourna de nouveau vers lui.

    « J’ai l’impression que ceci ne nous mènera à rien. Tu veux tenter quelque chose, ou je le fais de suite hurler de douleur ?
    - Non, pas besoin. Ça ne nous mènera pas à grand chose non plus, avec ce type. Il ne parlera pas. »

    Heather serait peut-être déçue, mais ce genre d'homme entêté, prêt à mourir pour leurs idées et tout le baratin, était un peu trop coriace pour accepter de parler sous la torture. L'expérience avait appris à Theophil que chercher à faire avouer un homme qui, de toute façon, préfèrerait se couper la langue d'un coup de dents pour s'étouffer avec et en finir plus vite, était le genre d'évènement qui ne faisait que faire perdre son temps et son moral à la garde.
    Non, la torture était plus utile sur les faibles. En revanche, le chantage s'avérait souvent des plus efficaces.

    Theophil ressortit le pistolet qu'il avait passé à sa ceinture tout à l'heure et, avec l'expression profondément lasse d'un homme confronté à une routine ennuyeuse, il s'avança vers les résistants toujours inconscients. Il chercha rapidement des yeux celui qui avait l'air le plus jeune, dans le tas ; il se trouvait tout à gauche, vers l'extérieur. Puis il pointa son arme vers sa tête.

    « Mais peut-être sera-t-il plus disposé à cracher le morceau maintenant? »

    Le garde observa le prisonnier, droit dans les yeux. Même s'il n'y eut pas réellement de changement dans l'expression du résistant, Theo était certain d'avoir ébranlé sa conviction au fond de lui. Parce que, s'il pouvait se sacrifier lui-même pour la liberté, il ne pouvait décemment pas laisser assassiner d'autres gens pour la résistance.
    Face à son perpétuel silence, le soldat continua sur sa lancée d'une voix calme :

    « Il semble jeune. Il a peut-être encore de la famille, une fiancée... Tes aveux pourraient le sauver. Mieux vaut qu'il aille en prison que là où je l'enverrais si j'appuie sur la gâchette, non? »

    Le silence perdurait dans la pièce. Il sembla à Theophil que tout le monde retenait son souffle – y compris lui-même. Dans le regard hésitant du captif passa l'ombre d'une volonté ; la résolution qui disait que le sacrifice d'une jeune vie permettrait le sauvetage de toute une population. Avant que cette idée ne s'ancre dans l'esprit du réfractaire, Theo s'empressa d'agir. Il soupira et appuya sur la gâchette.
    La détonation fut presque assourdissante dans la caserne. L'homme, ainsi que la plupart des gardes dans la pièce, sursauta, suffoqué par le passage à l'acte. Nulle doute que personne ne pensait qu'il tirerait – du moins, pas aussi tôt.
    La fumée se dissipa et laissa voir le gamin, intact. Le résistant resta confondu, puis compris que Theophil avait décalé sa main de quelques centimètres en tirant. La balle s'était plantée dans le plancher, près de sa cuisse.

    « Ah, ma main a glissé, lança le garde d'un air faussement concerné. Je recommence... »

    Il repointa le flingue sur la tête de l'endormi, préparant à nouveau le déclic de l'arme.

    « Ils- ils veulent placer des explosifs autour de l'aile Est. »

    Theophil baissa son arme. Le résistant enchaina d'un ton douloureux pour résumer leur plan initial – immobiliser une partie de la garde, détourner l'attention de tous en sonnant la cloche d'alerte de la caserne pour attirer les autres soldats en vadrouille et ainsi, laisser le champ libre à l'autre groupe. Un plan simple, mais qui pouvait s'avérer redoutable en cas de réussite : l'aile Est était celle des appartements royaux.
    Fallait-il faire confirmer ses dires au résistant, au cas où il y aurait mensonge? Ou bien se précipiter immédiatement vers la partie ciblée du château? Organiser un plan de contre-attaque? Si l'autre groupe attendait le signal de la cloche, et que celui-ci ne venait toujours pas, ils devaient commencer à soupçonner un échec. Peut-être allaient-ils hâter les choses pour fuir avant leur arrivée. Ou bien faire exploser les bombes plus tôt.
    Theo se tourna vers Heather. Il y avait urgence.

    [Arg, il est tard, j'ai pas reluuu *dead*]

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Heather

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Mar 16 Oct - 12:17


Plan

Ce résistant était une plaie, à ne plus vouloir parler. Mais le lieutenant semblait avoir une certaine expérience dans ce domaine. Théophil reprit les choses en main, et pour cela, comme l’autre se foutait, apparemment de sa vie, il se saisit d’un gosse. Vraiment, ces bandits ne reculaient devant rien. Embrigader un enfant, et le faire prendre tant de risques, lui faire tuer ses braves gardes… Vraiment, ces hommes ne méritaient que la mort. Et cet enfant ? Il fallait espérer que son cas soit rattrapable. En attendant, il servait, bien malgré lui, le Royaume. L’apothicaire observait attentivement le résistant, son regard avait changé. Sa détermination semblait avoir faiblit. Mais il ne desserra pas la mâchoire. Un premier coup de feu retentit, et tout le monde sursauta. Heather ne fit pas exception. Théophil n’avait pas tué le gamin, pas encore. Mais tout dans son regard montrait qu’il était prêt à le faire. La jeune femme frissonna, elle n’avait encore jamais vu le lieutenant aussi cruel, aussi froid… Lui qui était d’ordinaire si gentil avec elle et les enfants de sa boutique. Et comme chaque chose « mauvaise » qu’elle voyait, elle en accusa la résistance. Vraiment, obliger un garçon si bon à de telles extrémités…

Mais bon, enfin, l’infâme parla et dévoila tout son plan. L’aile est. N’était-ce pas là que les Princes ? À voir les têtes des soldats présents, tous catastrophés (ils savaient mieux que personne la bonté de ces êtres [ou plutôt ils avaient peur pour leur tête s’ils n'arrêtaient pas l'attentat à temps et qu'un des princes survivait]). Il fallait agir rapidement. Tendre un piège ? Ils avaient eu de la chance une fois, mais concrètement elle et Theophil n'avait rien pour faire une telle chose et réussir. Et si les autres ne recevaient jamais le signal ? Non, les résistants avaient toujours leurs explosifs. Et il serait donc toujours en danger. Théophile avait renforcé la garde du château. Et si celle-ci restait à leur poste, il ne devrait y avoir aucun problème. Mais si c'était pour les princes, on n’était jamais assez prudent. Pour Heather, il fallait que quelqu'un se cache vers la tour est.
Attendez... Et si... Si les gardes présents dans cette pièce allaient tous se planquer ? Pour pouvoir prendre les résistants en flagrant délit. S’ils agissaient rapidement, les mouvements des troupes pourraient passer pour un changement de tour de garde des plus habituels, et pendant ce temps, l'alerte sonnerait... Heather voyait déjà dans sa tête son plan se dessiner. Mais elle ne pouvait commander des troupes de Theophil. Elle s'approcha du jeune lieutenant élu chuchota à l'oreille de sorte que lui seul entende.

« Ne devrait-on pas dépêcher les hommes là-bas, puis faire sonner, et prendre ses affreux bandits en flagrant délit ? On pourrait faire passer ce mouvement pour un changement de garde... »

Si vous vous posez la question, non, elle ne prêtait pas attention à ses soldats qui la fixaient, perplexes, alors qu’elle se montrait si proche du lieutenant. Ses braves hommes qui devaient s'interroger sur le lien entre elle et Theophil, elle n'en était même pas consciente. Après tout, pour elle, il était évident que tous deux étaient amis, alors, si cela devait l'être pour tous ceux autour.
En tout cas, il fallait s’activer. Heather fixa son jeune ami, insistante, pour qu’il prenne la décision. Elle en rajouta même un bout !

« Sinon, je pourrais le faire passer pour une prisonnière, comme ça, si les résistants nous observent, ils penseront que vous m’emmenez dans la prison du château, et non pas que nous irions tous à la tour est ! »

Ce plan avait en plus l’avantage de ne pas la mettre à l’écart, ce qui était un plus non négligeable. Elle trépignait d’impatience, attendant que le lieutenant se décide, enfin. Elle avait hâte d’en découdre avec ces lâches qui osaient s’en prendre aux Princes.


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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Ven 23 Nov - 1:19

    Le résistant, plus pâle que jamais, semblait s'être enfoncé dans le mutisme du repentir. Theophil le comprenait. Oui, ses aveux avaient sans doute sauvé la vie d'un gosse. Mais une vie était-elle plus importante que des idéaux? Son acte ne passerait-il pas pour une trahison auprès des autres résistants? Le salut d'un enfant ne causerait-il pas la perdition de tous les autres? Les doutes ne cessaient d'aller et venir sur le visage du prisonnier. Theo l'aurait presque plaint. Qu'importe le choix, on passait à la fois pour un héros et un lâche. Il se demanda ce qu'il aurait fait, à sa place, mais refusa d'aller plus loin dans l'interrogation. De peur d'être effrayé par sa réponse.

    Il se concentra à nouveau sur la situation actuelle : d'autres résistants lâchés on ne savait où dans la nature, hypothétiquement autour de l'aile Est qui était menacée d'exploser à tout instant avec son royal contenu. Croire ou non le résistant ne se demandait plus : sans avoir pour autre indice que l'expression de son visage, il fallait partir du principe qu'il ne mentait pas. Le remettre en doute pouvait être une perte de temps fatale, s'il disait vrai – et s'il mentait, eh bien, on le découvrirait sur place, et l'on se dépêcherait de rectifier le tir.
    Heather se hissa légèrement sur la pointe des pieds pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille.
    Il s'agissait de rentrer dans le jeu des résistant pour retourner leur plan contre eux. Se rendre sur les lieux, faire sonner la cloche pour attirer les ennemis, les inciter à poursuivre leur plan et les observer... leur faire obstacle. Simplissime, mais des meilleurs. C'était tellement évident que Theophil n'y avait pas pensé.

    Pensif, il planta son regard dans celui de la jeune fille à ses côtés. Tout son être respirait la détermination et l'empressement. Visiblement, si Theophil comptait l'écarter de leur nouvelle mission et de ses risques, c'était foutu. C'est pourquoi il ne tenta même pas de la convaincre de rester ici – ce qui aurait été hypocrite de sa part étant donné qu'elle en avait fait autant que lui jusqu'à maintenant. Il alla donc dans son sens :

    « Il n'est pas encore l'heure du roulement de la garde, nous pourrions sembler suspects... Mais en effet, tu pourrais servir de prisonnière. Pas toute seule... Vous trois, vous en serez aussi. »

    Tout en parlant, il était allé choisir plus ou moins au hasard certains de ses hommes. Qu'ils soient un nombre trop important de gardes pour escorter une seule demoiselle rendrait le stratagème non crédible. Theo s'approcha ensuite des hommes encore inconscients et, avec le concours des trois désignés, ils récupérèrent quelques chapeaux et vestes pour habiller les comédiens improvisés.
    Tout cela sous le regard attentif du seul résistant encore éveillé. Lui, mieux valait le garder sous le coude en cas de problème. Il est bon de garder ses amis près de soi, et ses ennemis plus près encore... disait-on. Theophil se tourna vers lui.

    « Celui-là vient avec nous. Bâillonnez-le. »

    Le plan se dessinait, de plus en plus clairement.

    Il ordonna aux uns de récupérer toutes les armes des résistants endormis, à tels gardes de rester ici pour les surveiller et sonner la cloche après leur départ, à un autre petit groupe de partir en éclaireurs, pour mettre au parfum le plus de patrouilles possible et les prévenir de ne pas accourir au son de la cloche, et cætera. Sentant le regard d'Heather dans son dos, il tâchait de se montrer à la hauteur de ses attentes.
    Enfin, ils partirent. Theophil était en milieu de rangé, son arme pointée sur Heather comme un bon soldat emmenant sa captive aux cachots. Ce que les résistants qui les observeraient sans doute ignoreraient, c'était que les mains des ''prisonniers'' n'étaient que faussement ligotées, et qu'ils étaient eux aussi armés jusqu'aux dents. Naturellement, Heather avait eu également le droit de se servir dans l'attirail des résistants capturés.
    Au cœur de la citée obscure et de la nuit, leurs pas résonnant clairement, nulle doute qu'on les remarquerait. Loin derrière eux, ils entendirent sonner la cloche.

    Le plus dur allait commencer, dès à présent.

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Ven 1 Mar - 18:38


Bataille

L’apothicaire sentait l’excitation la gagner, tandis que Teophil acceptait son plan machiavélique, et donnait des ordres en ce sens. On l’invita à se servir dans les armes des résistants, mais Heather resta dubitative. Elle ne savait pas se battre, et porte une épée n’y changerait sans doute rien. En cas de mêler ce n’est guère là dessus qu’elle pourrait se reposer, mais plus sur sa ruse. C’est dans cette optique là qu’elle choisit un poignard facile à dissimuler, regrettant de ne pouvoir le plonger dans quelques poisons. Mais ce n’était pas le moment pour aller en chercher. Les poisons, c’étaient les armes de la jeune femme. Et là, elle n’en avait plus, se sentant un peu nue. Fort heureusement, elle n’avait pas grand-chose à craindre au milieu des gardes, et encore moins si elle se la jouait fine.
Elle laissa un lui lier les mains, mais en réalité, il se contenta de lui enrouler ne corde autour de ses poignets. Dès qu’ils seraient sur les résistants, les gardes grimés et elle seraient libre. La petite colonne se mit en marche. Teophil lui-même « menaçait » de sa lame Heather, la « tenant en respect ». Un zèle qui la fit sentir une grande résistance très dangereuse. Elle, qui était prêtes à tuer pour le bien être des Princes, cela la fit soudainement ricaner, mais elle se reprit bien vite. Elle devrait rester le visage grave. Ne venait-elle pas de se faire arrêter ? N’était-elle pas conduite dans les geôles du château pour y être soumise au Jugement des Princes ? Les résistants, dans pareils situation, ne devaient pas afficher un visage bien souriant.
Ils se dirigeaient à pas de loup vers le dit château. La cloche de la caserne sonna. Soudain, un doute assaillit Heather. Et si ça, c’était un signal pour l’annulation de cet abject attentat ? Certes, les Princes seraient saufs. Mais les infâmes aussi. Et ça, elle n’était pas sûre d’apprécier. Non. Elle savait qu’elle ne l’accepterait pas.
Du coin de l’œil, elle cru voir bouger au coin d’une rue perpendiculaire à celle qu’ils empruntaient du croisement suivant ? Elle scruta donc. Quelqu’un se déplaçait donc parallèlement à eux, dans un souci certain de discrétion. Elle jeta un regard en direction de Teophil. L’avait-il vu, lui aussi ? Mais si proche des possibles résistants, elle ne pouvait pas se permettre de parler à Teophil. Au croisement suivant, elle réduit sa cadence de quelque pas sa cadence. Scrutant toujours du côté où elle avait vu l’ombre. Elle était toujours là. Elle trébucha alors, n’ayant pas vu le caillou sur la route. Elle se concentra uniquement sur le fait de ne pas s’aider de ses mains pour amortir sa chute. Pour ne pas montrer qu’elle n’était pas attachée. Elle tenta de remonter seule sur ses deux pattes, refusant d’un geste brusque toute aide de son ami. Si elle devait être une fière résistante, elle ne pouvait accepter cela. Et d’ailleurs, elle était elle-même d’une nature suffisamment fière pour vouloir se relever seule ! Elle n’eut pas vraiment à se forcer non plus pour lancer un regard noir à tous ceux qui osèrent afficher un petit sourire moqueur (ou pas moqueur).
Cette ombre là l’inquiétait un peu quand même. Elle n’y avait pas pensé, mais cette petite troupe, là, ne risquait-elle quand même pas de faire fuir les terroristes ? Non. Elle devait arrêter de douter. Tout se passerait bien. Teophil avait approuvé ce plan. Et le garde avait toute sa confiance. Ils passèrent les portes du château. La jeune femme n’avait plus revu cette fameuse ombre. Mais lorsque tout à coup, la petite équipée fut encerclée, elle n’eut plus le moindre doute. Ils avaient débusqués les rats. Ou plutôt, ils étaient venus à eux. Venus à eux….
C’était une diversion ! Elle en était sûre et certaine. Ils devaient juste faire en sorte que le groupe armé de vienne pas vers ceux qui devaient placer les explosifs. Une sureté. Et accessoirement, libérer de possibles camarades. Sitôt que la mêlée commença, elle profita du chaos pour poignarder dans le dos le résistant bâillonné. Si celui-ci arrivait à passer derrière les résistants, il pourrait la trahir. Elle laissa sa dague là, et fit tomber l’un des gardes grimés avec elle, qu’elle tira ensuite, pour que tous deux se faufilent, entre les différents combattants. Elle était heureuse que ce garde ci lui obéisse sans poser de question. Ils sortirent de la mêlée. Heather ne vit personne, alors, elle se releva et courru. Elle se doutait qu’elle ne serait pas inquiétée. Etre une femme, parfois, ça avait ses avantages. Personne parmi les résistants devaient s’attendre à ce qu’elle combatte à leur côté. Pour l’homme, cela devait les faire un peu plus grincer des dents. Mais non, elle aurait besoin de lui. Elle s’était saisit elle-même d’une autre épée. Mais bon, elle le savait. Elle ne pourrait pas faire grand-chose avec.
Elle mit à profit ses quelques visites au château pour se diriger directement en direction des appartements des Prince. Se faisant plus silencieuse alors qu’ils approchaient. Puis soudainement, ils les virent. Mince, ils étaient encore cinq. Et eux deux… Enfin, un et demi. Elle jura. Comment pourraient-ils faire ? Ils se contentèrent pour le moment de les suivre. Ils arrivèrent au pied de la tour. L’apothicaire était à deux doigts de pleurer de rage. Comment ça marchait les explosifs ? Avaient-ils encore la moindre chance d’arrêter ceci ? Une main sur son épaule la fit sursauter. Puis elle revint à la raison. Theophil était de nouveau avec elle. DU regard, elle l’interrogea. Que devaient-ils faire maintenant ?


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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Lun 20 Mai - 19:41

    Le groupe progressait depuis un moment maintenant, et, Theophil en était presque sûr, ils n'étaient plus seuls dans les rues. D'autres personnes se faufilaient, autour d'eux. Des résistants qui comptaient sans doute les attaquer – alors qu'eux-même étaient en train de leur tendre une embuscade... Le jeu du chat et de la souris. Heather semblait visiblement captivée par ces ombres mouvantes – à telle point qu'elle finit par trébucher et tomber. Ouch, ça devait faire mal. Theophil félicita néanmoins intérieurement sa retenue quand elle s'empêcha de se rattraper avec les mains. Lui n'y serait sans doute pas parvenu. Il se pencha pour attraper son bras et la relever d'un coup sec, comme il le ferait avec un vrai prisonnier, mais elle dégagea sa main d'un geste brusque pour se relever tant bien que mal, avant de lancer un regard noir aux autres. Theo refoula un ricanement, et ils reprirent leur marche.
    Ils n'eurent pas à attendre longtemps pour que se manifestent de nouveaux leurs ennemis – sous une forme beaucoup plus concrète qu'une ombre : une embuscade.
    Les soldats grimés arrachèrent leurs cordages et, avec les autres gardes, contrèrent l'attaque. Theophil lança le couteau avec lequel il faisait semblant de menacer Heather ; la lame alla se planter directement dans le poitrail d'un résistant fonçant sur lui, puis il dégaina le flingue qu'il avait pris soin de recharger un peu plus tôt. Il avait intérêt à garder éloignés ses ennemis le plus longtemps possible, lui qui n'était pas très doué en combat rapproché. Il tira une balle, puis une autre – quand il n'eut plus de poudre, trop pressé pour se permettre d'en remettre dans son arme, il dut se résoudre à abandonner le pistolet. A côté de lui, un garde se fit transpercer par une fine lame.
    Son tueur apparut quand son camarade s'écroula ; il menaça Theophil, qui trébucha sur quelque chose en reculant. Au sol, il remarqua qu'il était tombé sur le corps de quelqu'un – visiblement, le résistant qu'ils avaient bâillonné et qui reposait désormais, une dague enfoncé dans le dos. Quelqu'un avait du vouloir l'empêcher de parler, au cas où il se serait fait libérer par ses compagnons. D'un geste vif, il extirpa la dague et la planta juste à temps dans le ventre de l'homme qui s'apprêtait, épée levée, à le transpercer. Le résistant tomba, et Theophil se recula en rampant assez vite pour ne pas se retrouver coincé sous son poids. La respiration haletante – il constata soudainement que c'était la seule chose qu'il entendait distinctement : la bataille était finie.
    Les résistants, moins bien armés et préparés, sans doute, avaient été vaincus. Trois gardes étaient tombés, un autre était blessé. Theophil se releva et ordonna aux valides de ligoter solidement les résistants blessés qui restaient. Ils dérobèrent leurs armes au passage – on en avait jamais assez – et les tireurs en profitèrent pour recharger leurs armes. Le blessé surveillerait les prisonniers jusqu'à l'arrivée d'une patrouille en renfort, puisque Theo avait envoyé des messagers les prévenir de la situation – mais, le temps qu'ils arrivent au château... C'était à lui et ses camarades de s'occuper de l'affaire, en attendant. Lui et Heather devraient... Heather?
    Theophil la chercha des yeux. Ni parmi les survivants, ni parmi les gens au sol. Où était-elle? En cherchant, il remarqua qu'un autre garde avait disparu également.
    Soudainement, le déclic se fit dans son esprit : jamais les résistants n'auraient mis leur plan soigneusement élaboré en péril pour une poignée de prisonniers. Ils n'avaient envoyés qu'une partie de leur groupe les affronter et au passage, détourner leur attention du plus important, la bombe. Heather l'avait surement compris depuis longtemps. Immédiatement, Theophil siffla entre ses doigts pour interpeler les quelques soldats qu'il lui restait, et d'un signe, les encouragea à le suivre quand il s'élança vers le château.
    Ils arrivèrent dans la grande cour, et Theophil remarqua aussitôt quelque chose d'anormal. Les abords du château étaient plus surveillés que tout le reste du royaume, en temps normal. Où étaient donc tous les gardes? Ainsi, les soldats mobilisés au château avaient déjà été mis en échec par les rebelles, comme l'avait signalé le résistant interrogé. Inquiets, lui et son groupe pénétrèrent dans le château – aussi facilement qu'un couteau coupe du beurre, ils traversèrent les différents couloirs et pièces, déserts de domestiques à cette heure avancée de la nuit, et toujours anormalement vides de gardes. Pas de traces d'Heather non plus. Ignorant si les résistants comptaient placer leur bombe à l'intérieur ou à l'extérieur de l'aile Est, Theophil décida de diviser encore son groupe en deux. En espérant qu'ils ne seraient pas dépassés par le nombre. Ils étaient trop pressés pour attendre d'éventuels renforts.
    Son groupe (composé désormais de quatre personnes) ressortit dehors. Silencieusement, ils contournèrent le bâtiment pour s'approcher au plus prêt des appartements des Princes. Et soudain, ils les aperçurent, Heather et un autre garde, eux-même en train d'observer d'autres personnes au pied de la tour royale. La jeune fille sursauta quand Theophil posa sa main sur son épaule, après les avoir rejoints. Elle semblait au bord de la crise. Malheureusement, aussi tendu qu'elle, Theophil ne savait pas non plus ce qu'ils devaient faire désormais – maintenant qu'ils y étaient, maintenant qu'ils étaient sous leur nez. Réfléchis, réfléchis... Foncer dans le tas, en espérant l'emporter puisqu'ils étaient à peu près de force égale? C'était ce qui semblait le plus évident. Au moment où il pensa cela, comme s'ils étaient placés sous le signe de la malchance, un autre petit groupe de résistants rejoignit le premier. Les voilà trop nombreux pour être attaqués de front. Il soupira en marmonnant.

    « Et impossible d'attaquer de loin, nous ne savons même pas quelle quantité de poudre ils transportent. Ce serait trop risqué de leur tirer dessus avec nos armes à feu. »

    Ah, le bon vieux temps des archers médiévaux, comme il le regrettait! … L'idée l'interpella.

    « Je veux que deux d'entre vous aillent en salle d'entrainement chercher des arcs et des flèches »
    dit-il, le regard déterminé malgré le côté incongru de son idée. Après tout, la situation en elle-même était déjà folle. « Si vous tombez sur l'autre groupe, envoyez-les nous, mais ne perdez pas votre temps à les rechercher. Quand vous aurez les armes, allez sur les remparts et visez ceux qui sont en train de préparer les explosions. Pendant ce temps, nous ferons diversion et essayerons de gagner du temps. Je doute que nous tenions longtemps, alors faites vite. »

    Il ignorait si les rebelles avaient des armes à feu sur eux – comme ils transportaient de la poudre à canon, il pouvait espérer que non. Sinon, aucun doute qu'il y aurait un déséquilibre pendant le combat.
    Il désigna un de ses soldats :

    « Toi, je sais que tu es bon en tir. Et... Heather, je ne peux décemment pas t'emmener combattre au corps à corps. J'espère que tu sais manier l'arc, sinon, tu devras apprendre rapidement. »

    Et il les exhorta à partir en courant. A l'ombre du mur derrière lequel ils étaient cachés, ils n'avaient plus qu'à attendre un peu, avant de s'élancer à leur tour. Il n'y avait plus qu'à croiser les doigts désormais – pour tomber sur des combattants non expérimentés, pour que les renforts débarquent enfin, pour qu'Heather et son compagnon fassent assez vite. Pour que les résistants ne décident pas de déclencher l'explosion plus tôt que prévu. Ça faisait peu de chance de s'en sortir entier, quand même. Enfin, ne pas rentrer du tout, plutôt que rentrer en retard, ça lui éviterait au moins le courroux de son nouveau patron.
    Après quelques minutes de silence et de prière, Theophil sortit son épée – celle dont il ne se servait jamais, faute d'être très doué en escrime – et, avec les autres soldats, sortirent de leur cachette. Les rebelles tournèrent la tête vers eux. Ils s'étaient déjà déplacés de plusieurs mètres sur la gauche, encerclant le bâtiment de leurs bombes improvisées. Cinq d'entre eux, ceux qui guettaient pendant que les autres besognaient, s'approchèrent d'eux.

    « Au nom de ses majestés, rendez-vous, ou combattez. » déclara un camarade à sa droite.

    Seuls des ricanements lui répondirent. Le combat commença.

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MessageSujet: Re: Course nocture [PV Theophil]   Mer 12 Juin - 1:39


Tir à l'arc

La situation semblait être aussi complexe pour le lieutenant que pour l’apothicaire. D’autant plus que d’autres résistants s’étaient ramenés. Combien étaient-ils, ces immondes pourritures ? La jeune femme espérait qu’ils mourraient dans d’atroces souffrances, et qu’en Enfer, ils soient encore et encore torturés pour oser seulement s’opposer aux bons Princes. Theophil expliquait qu’ils ne pouvaient pas tirer. Ils prendraient le risque de faire exploser les bombes des résistants, et de eux même tuer les têtes couronnées. Et jamais Heather ne pourrait se pardonner un tel régicide. Son ami parla alors d’un autre moyen. Des arcs. Une arme archaïque, venue tout droit du Moyen Age. Qui étaient leur seule chance selon le lieutenant. D’ailleurs, celui-ci l’envoya en chercher, pour tirer sur les résistants depuis les remparts. Heather était somme toute plutôt reconnaissante au soldat de lui éviter la mêlée. Elle serait plus un handicap qu’un atout après tout. Elle hocha de la tête, et partit de suite, emportant l’autre volontaire désigné par son ami par le bras, courant à toute vitesse. Une fois au château, ce fut cependant le garde qui la guida à travers les pièces et les couloirs, jusqu’à la salle d’arme. Tout deux se saisir d’un arc. Mais clairement, l’apothicaire ne savait pas plus s’en servir que d’une épée. Et lorsque son compagnon fit mine de vouloir lui montrer, elle secoua la tête.

« Non, ce ne serait que perte de temps. Je t’observerais faire. Courrons ! Je n’aimerais pas à avoir veiller sur le corps de Theophil. »

Non, vraiment, elle n’aimerait pas que son ami, et fidèle acheteur de tabac, perde la vie ce soir. Et encore moins s’ils échouent à protéger les Princes. Ils reprirent leur route. Sortirent de la pièce. Pour se retrouver des épées à la gorge. Les autres. Ils les avaient aperçut entrer, sans les reconnaitre. La situation fut expliquée rapidement. Ils proposèrent alors que un de leur groupe les rejoigne, un autre, qui savait aussi très bien tirer. Les autres iraient rejoindre le lieutenant. Heather coupa court aux délibérations. Il fallait faire vite. Elle prit la décision, ordonna, et elle-même courut en direction des remparts, l’arc à la main, encore étonnée que tous se fient à son jugement. Et lui obéissent.
Sur les remparts, ils avaient tous trois une vue plongeante sur les résistants, et le groupe de Theophil. En parlant du lieutenant, elle n’arrivait pas à savoir où il était. Mais les autres ne l’avaient toujours pas rejoins. Les deux autres bandèrent leur arc. Tirèrent sur les résistants qui n’avaient pas rejoint le combat, ceux qui posaient les bombes. Un tomba. L’autre flèche se planta à quelques mètres d’un autre. Les deux gardes avaient déjà à nouveau bandé leur arc. Heather, cette fois ci, les observa faire avec attention. Deux nouvelles flèches fusèrent. L’autre soldat toucha à son tour, tandis que le premier n’eut qu’une jambe. Le blessé cria. Les résistants se tournèrent dans leur direction. Même ceux qui combattaient. A ce moment là arrivèrent les renforts du premier groupe.
Au troisième tir, Heather fut de la partie. Elle suivit les conseils du garde à ses côtés, mais malgré tout, elle ne fit pas mouche. Le blessé fut cependant achevé. Au quatrième tir, les cinq poseurs de bombes furent éliminés. Mais Heather n’avait pas fait mouche une seule fois.

« Je sers à rien ici… Vous deux, continuez de soutenir les hommes au sol. Moi, je descends. Si le combat s’éternise, on prend le risque qu’un résistant fasse tout sauter. »

Elle abandonna donc son arc et ses flèches, puis courut en bas. Dans l’ombre, elle contourna les combattants. Elle avait retrouvé une dague. Au pied des remparts, elle repéra plusieurs sacs étranges. Elle en ouvrit un premier, qui dégageait une odeur de souffre peu agréable. De la poudre, certainement donc. Les sacs étaient reliés entre eux par un trait de la même poudre noire. La jeune fille s’appliqua à disperser cette poudre par terre, et récupéra les sacs. Un. Deus. Trois…. Elle tourna au coin du bâtiment. Et reçut une épée sous la gorge. Elle ne voyait pas le possesseur de la dite épée, et d’une petite voix, elle demanda.

« The…. Theophil, c’est toi ? »

Non. Ce n'était pas lui. Elle se trouvait face à un illustre inconnu, qui lui ordonna de remettre les sacs en place. Elle ne pouvait pas faire chose pareille. Elle fit quelques pas en arrière, en murmurant des paroles de petite fille angoissée.

« Oui Monsieur... Je.... Je le fais... »

Puis tourna les talons, et couru à toute vitesse en hurlant le prénom du lieutenant. Elle n'était pas loin de là où lui et ses hommes se battaient. Mais elle ne les atteint pas, l'autre l'avait rattrapé, et avait désormais la main sur sa bouche, tandis qu'il lui chuchotait à l'oreille.

« Ferme ta gueule, espèce de garce ! »
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Course nocture [PV Theophil]

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