{ Dirty Prince }


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 Providence [Phoenix&16] Terminé

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MessageSujet: Providence [Phoenix&16] Terminé   Sam 2 Juil - 18:49

    Il m'avait quitté sur des mots durs, abrupts et maladroits. Des mots qui avaient raisonnés dans ma tête jusqu'à ce que je décide de me lever. Je l'avais regardé partir et était restée assise quelques minutes, ou bien quelques heures, je ne savais plus. Lorsque je rentrais chez moi, la nuit commençait à tomber, le couvre-feu démarrait à peine quand je poussais la porte de ma chambre. Je mettais déshabillée pour déposer ma robe ensanglantée dans le coffre qui gardait mes autres tenues les plus précieuses. Enfin, je mettais glissée sous mes draps et avait quitté le monde concret pour atteindre mes rêves. J'y avais vu le garçon aux cheveux Corbeau. Et ce fut ainsi chaque nuit depuis ce jour.

    ---

    Le matin était frais et agréable. J'ouvrais les volets en savourant la légère brise sur mon visage à peine éveillé. J'appelais Emma pour m'aider à lacer le corset de la robe d'un vert profond aux légers reflets émeraudes. Son dessin était simple et mettait en valeur mes courbes fines. Emma entreprenait de me démêler les cheveux, par gentillesse. Et elle me racontait quelques anecdotes amusantes. J'aimais bien, comme elle parlait, notre Emma. Son petit accent paysan lui donnait un charme particulier que personne ne pouvait lui enlever.

    - Qu'allez-vous faire aujourd'hui, Lady ?

    - Je joue pour Jean cet après-midi. Ensuite, je n'en sais rien, mais je suis certaine que ce sera très intéressant.

    - Intéressant. Oui, comme vous dites... N'allez tout d'même pas vous mettre dans de mauvaises postures !

    - Mais non, Emma, mais non.


    Il fallait dire que la dernière fois que j'avais quitté la maison, j'en étais revenue dans un état lamentable. Emma s'était affolées de tout ce sang sur mes tissus et avait aussitôt averti Père qui lui-même m'avait examiné sous toutes les coutures. Je ne leur avais pas parler du garçons Corbeau et ne comptais pas le faire. Je leur avais simplement répondu que j'allais bien, ce jour-là et que je mettais simplement écorchée la lèvre en tombant. Cette explication n'avait pas suffit à Père, mais il s'en était accommodé, me connaissant entêtée.

    J'avais à jouer une pièce pour un ami de mon père. Un de ses comédiens était tombé malade et il lui fallait quelqu'un pour jouer le second rôle de son théâtre. Alors j'avais accepté, n'ayant rien de mieux à faire. Cela aurait au moins l'avantage de m'occuper pour la journée. Je connaissais déjà la pièce sur les bouts des doigts et d'après cet ami, je jouais suffisamment bien pour faire à moi toute seule tous les personnages.

    Dans les coulisses miteuses, on m'aidait à me défaire de mon corset et à me déguiser de manière à ce que je ressemble à Jean de la pièce. Un paysan poète. Celui-ci apparaissant dans une majorité des scènes. J'étais flattée qu'il m'appelle à chaque fois qu'il avait besoin de moi et acceptais donc toutes ses propositions avec bonheur.

    Je ressemblais désormais à un garçon des champs. On avait attaché mes cheveux et déposé une casquette sur ma tête. Quelques mèches mal tenues descendaient dans ma nuque et sur mes tempes, mais ce n'était pas important. On m'avait taché le visage de terre et mes vêtements étaient rapiécés et parsemés d'épis de blés. Ma poitrine était cachée derrière une chemise blanche trop grande rentrée dans mon pantalon tenu par des bretelles.

    Me voilà sur scène. Je récitais à la perfection mes textes, empruntant une voix d'homme et l'accent qui convenait. Je bougeais, pieds nus, sur le vieux parquet de la scène. Je jetais, comme toujours, quelques coups d'œil furtifs dans les spectateurs. L'un d'entre eux attira mon attention plus que les autres. Mais l'éclairage n'était pas suffisant pour que je puisse distinguer parfaitement ses traits.


Dernière édition par Lady Sixtine le Sam 9 Juil - 16:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Sam 2 Juil - 19:19

J'aimais la nuit. Noire et lourde. Une de ces nuits d'encre où l'on étouffe. Et où ma respiration était coupée. Ce matin, je n'avais pas été pleinement satisfait. Je n'avais pas eu le droit à ce genre de nuit là. J'avais mal dormi, mais l'air avait été frais, et trop la lune trop lumineuse à mon goût. J'étais de mauvaise humeur. A cause de ça et surtout, je devais me rendre au théâtre. Je n'en avais aucune envie. C'était sans doute un des lieu que je détestais le plus au monde. Rempli de ces gens guindés, pétants d'argent et de graisses. C'était un rang de la société que je méprisais le plus. Mais je n'avais pas le choix. Mon informateur m'avait donné rendez-vous là-bas. Quelle idée stupide, il allait m'entendre. J'aime qu'on se plie à mes exigences, que les choses se fassent à ma manière, et il n'allait pas s'en tirer comme ça. Loin de là.

Habillé. Lavé. Je dévalais les escaliers, prenant soin de ne pas répondre au salut mielleux et niais de mon idiote de mère. Pas le temps de l'écouter, ni de la regarder. Je m'en portais très bien comme ça. Pas besoin de faux semblants. Je la détestais, et il était temps qu'elle comprenne un peu. Toujours à me voir comme un môme débile. Toujours à me démontrer son amour maternel pathétique dont je ne voulais absolument pas. Que devais-je faire pour qu'elle abandonne tout espoir d'établir le moindre contact avec son fils ? Elle était bornée, mais moi je l'étais encore plus. Elle ne gagnerais pas à ce jeu là avec moi. Personne ne gagnait avec moi. J'étais un vainqueur et je comptai bien le rester toute ma vie. Qu'on me respecte, et qu'on me traite comme tel. On le faisait déjà dans le quartier, et c'est là que je me sentais le mieux. Entouré de leurs sentiments de respect et de crainte quand ils me voyaient passer.


Dehors, il faisait bon. C'était agréable de sentir le vent qui vous fouettait le visage. Mes pas me dirigeaient vers ce putain de théâtre. J'écoutais le bruit de ma marche sur les pavés tordus et crasseux de la rue. Les gars du coin faisaient un bordel de tout les diables, comme toujours. C'est ici que je me sentais chez moi. Dans toute cette misère, dans toute cette violence, dans toute cette haine des bas fonds. Malfamé. Et qu'est-ce que j'aimais ça. Ici, c'était ma vie. A mesure que je quittais le coin, ma cigarette se consumait. Et je n'avais aucune envie d'aller plus loin. Mais c'était pour la bonne cause. Enfin, c'était relatif. Surtout venant de moi. Je crois que j'avais arpenté les rues pendant presque un quart d'heure. Quand j'étais enfin arrivé dans le quartier des bourges. J'avais envie de vomir en voyant les bonnes gens se pavaner comme des dindes. Ils me dégoutaient plus que tout. Ils me foutaient la haine.


Je pensais rencontrer l'informateur devant le bâtiment. Mais non, il a fallut que ce crétin me donne rendez-vous à l'intérieur. C'était juré, il allait passer le pire moment de sa vie. Oui, il allait le sentir passer ce rendez-vous. Ses infos avaient intérêt de valoir quelque chose. J'écrasais ma cigarette à terre, d'un frottement de talon, et elle s’éteignit. Soupirant de désolation, je me rendis donc dans le théâtre, loin d'être convaincu. Sans trop m'attarder sur le monde qui m'entourait. En montant les marches vers la salle, je me disait, qu'elle aurait très bien pu être du genre à venir ici, une fille à papa, sans aucun doute. Qui ça ? Elle. Pétale. Qui d'autre ? Cela faisait un moment que je pensais à elle, à cette rencontre. Il y avait toujours un instant dans mes journées, où la scène se rejouait dans mes pensées, sans que je l'ai commandé.

La pièce avait commencée. Et j'observais à peine la scène, de temps en temps. J'étais debout, tout au fond de la pièce, bras croisés. Totalement indifférent au bruit et aux lumières. Je recherchai des yeux, le type qui devait me rencontrer dans quelques temps. Je m'avançais près des derniers rangs, histoire de mieux voir, au cas où il s'était caché dans le public. Je n'avais que de faibles indications sur le moyen de le reconnaître, mais c'était déjà ça. Mais, ce jeu de cache cache m'agaçait rapidement, j'avais vraiment pas que ça à foutre. Je passais une main désabusée dans mes cheveux. Et retourna au fond de la salle. Et merde, j'avais terriblement envie de m'en griller une en plus. Bordel, quelle idée de venir ici.
Et puis tant pis. D'un geste désireux, je sortis une clope, et la fuma. La fumée montait, et les spectateurs s'offusquaient, m'ayant évidement repéré. Tant mieux. J'aimais emmerder les gens.

Parfait.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Sam 2 Juil - 19:45

    Comme toujours, à la fin de chaque acte, les applaudissements fusaient. Les comédiens et moi-même nous agitions en silence derrière les rideaux. Changement de décors. Changement de tenus. Tout cela en seulement très peu de temps, pour ne pas que le public s'impatiente. J'aimais ce métier. Jean me payait bien trop pour ce que je faisais, mais j'acceptais toujours avec plaisir. Lui de son côté, était presque content lorsqu'un des membre de sa troupe était souffrant. Il savait alors qu'il pouvait compter sur moi pour remplacer la personne en question, que je connaissais la plupart de leur pièce, et que j'apprenais vite les textes. Ainsi, je jouais de temps à autres pour lui rendre service, et au moins une fois chaque semaine pour gagner un peu.

    Second acte. Plus qu'un et ce serait la fin. Je jouais dans presque toutes les scènes. Quoi de mieux pour se faire repérer... ou pour repérer. Je me plaisais à identifier les personnalités qui assistaient à la pièce. C'était amusant de voir toutes les robes farfelues des femmes à fortes poitrines, les costumes souvent trop ajustés des hommes, les enfants jouant avec leurs poupées de chiffon emportées pour ne pas s'ennuyer devant des mots qui ne comprenaient pas. Souvent, je revoyais les mêmes vieilles aigries, les mêmes jeunes hommes _ dont certains avaient été mes amants _, les mêmes couples aux enfants chahuteurs.

    Je courais parfois, chantais pour d'autres, riais ou mimais des pleurs. Tout cela pour répondre aux gestuelles commandées par le texte. Puis je cherchais encore des yeux le supposé homme que j'avais vue quelques instants auparavant. Il était là-bas, au fond de la salle, sous un épais nuage de fumé. Facile de le remarquer, avec tous ces enfants et bonnes-femmes qui toussotaient, ces hommes qui marmonnaient. J'avais toujours eu une bonne vision, mais du fond de la scène, je ne voyais que les silhouettes et quelques visages éclairés au premier rang. L'instant venu de m'approcher du rebord, j'en profitais pour essayer de mieux distinguer mon sujet, tout en récitant mon texte.

    C'est là que je le vis. J'étais absolument persuadée que c'était lui. Et apparemment, certains spectateurs avaient remarqué mon désarroi. Je fixais toujours l'homme de mes yeux verts, détachant mes mots par des pauses plus longues. Mes pensées se brouillaient. Le garçon aux cheveux Corbeau. Celui qui m'avait permis d'oublier le fantôme de la famille jusqu'à présent. Celui que je croyais aimer. Celui qui avait été tant présent dans mes pensées depuis ces dernières semaines.

    Mais je me reprenais vite, repartant de plus belle dans mon texte. Je me dépêchais, je parlais plus vite tout en essayant de maitriser mes émotions. Les autres comédiens paraissaient surpris de me voir dans un état pareil, moi qui était toujours très posée et impassible. Voilà maintenant que j'avais l'air gênée. Je rougissais légèrement, du fait des émotions. Même si j'étais un peu déstabilisée, je jouais toujours aussi bien. Un sourire étirait mes lèvres inconsciemment. Sa vue ne faisait que rajouter à ma bonne humeur. Oui, il semblait que je l'aimais.

    Et je pensais. * Corbeau... Corbeau, regarde moi *
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Dim 3 Juil - 12:25

Je savourais totalement le foutoir que je mettais dans la salle. Ma cigarette se consumait de minutes en minutes, mais dans un espace aussi fermé, la fumée montait et dansait dans l'espace environnant. Quelle odeur enivrante, c'était tellement bon. Et tellement délicat. Je profitais des derniers instants de ma cigarette, puis l'écrasant contre le mur, histoire de bien remuer encore plus ces messieurs dames, je tourna la tête en direction de la scène. Je n'avais rien suivis, je détestais le théâtre et tout ces gens qui y venaient. Mais il m'avait semblé un instant, que mon informateur aurait pu être un acteur. Habillé en aristocrate. Sa tenue portait quelques détails qu'il m'avait fourni pour le reconnaître. Pas question de l'attendre sagement en regardant le jeu. J'avais autre chose à faire que de perdre mon temps dans un endroit pareil. Je fourra les mains dans mes poches. Et c'est là que je l'ai aperçu.

Mes yeux s'étaient arrêtés sur un acteur. Il me semblait que je le connaissais. Une intuition, une vague ressemblance avec une de mes connaissances sans doute. C'était impossible car aucune de mes fréquentation ne venaient ou traînait dans un milieu aussi repoussant. Je m'approchais lentement de la scène. Sur le côté de la salle cette fois. Assez pour rester dans l'ombre, mais assez pour bien observer cette personne. Je plissais une fraction de seconde les yeux. Un accoutrement de paysan. Mais ces yeux...Ces cheveux, et aussi sa voix. Je n'avais plus aucun doute sur l'identité de la personne. J'étais surpris, ahuri de la retrouver ici. La rencontre de la forêt. L'emmerdeuse. Elle était donc comédienne ? Certainement pas, elle était une gosse de riche sans l'ombre d'un doute. Certainement jouait-elle pour le plaisir. Faire quelque chose sans rien en retour ? C'était tellement loin de ma philosophie de la vie.

Sans une autre expression que celle d'un reptile, ma neutralité habituelle, je me suis détourné. Toujours les mains dans les poches. Je fixai la porte de sortie. Maintenant que je savais qui étais mon informateur, je n'avais plus besoin de rester dans cette salle. Je l'attendrais dehors, ce serait tout aussi bien. J'étouffais trop dans cet espace guindé. Tout puait l'argent, et je détestais ça. Je ne pensais même pas à rester pour la regarder elle. Encore moins. Je voulais l'éviter aussi. Je voulais aller faire ce que j'avais faire à mon rendez-vous et me barrer le plus vite possible, sans la croiser, sans lui parler. En quittant la foret, il y a maintenant quelques jours, je n'avais pas embrassé l'espoir de la revoir une seule fois. C'est vrai, je pensais toujours à elle, mais je ne savais pas pourquoi. Sans doute parce que cette rencontre m'avais été plaisante sur le moment. Sans doute pour ça.

Je me dirigeais calmement vers la sortie sous les yeux des spectateurs qui parlaient toujours dans mon dos. C'était tellement amusant. Tout ça. Devant la porte, je l'ouvris sans aucune hésitation. En fin de compte, j'aurai pu rester. Mais au fond, je savais très bien pourquoi je partais. Si je l'évitais, ce n'était pas parce qu'elle m'avait laissé totalement indifférent la dernière fois. En fait, je considérais mes sentiments à son égard comme de l'affection. Comme quand on trouve un chaton abandonné, et qu'on s'y attache. Le problème, c'est que intimement, la possibilité que ce soit un brin plus fort, et que ça devienne encore plus, prenait forme. Et je ne voulais pas que ça arrive. Je ne voulais pas, ou bien, était-ce une autre raison en vérité ? Peu importe. C'était de l'affection. Je m'en étais convaincu. Ni plus ni moins. En tout cas, si je réussissais à ne plus la voir. Finalement, je sortis de la salle et alla me planter devant le couloir des loges. Idiot, le meilleur endroit où je pouvais tomber sur elle en plus ! Mais pas le choix. J'avais un rendez-vous.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Dim 3 Juil - 21:41

    Mon sourire s'agrandit quelque peu lorsqu'il s'approcha davantage de la scène, lorsqu'il me remarquait. J'étais alors certaine qu'il m'avait reconnue. Absolument certaine, et ce même s'il se détournait de moi pour rejoindre la sortie. Alors mon expression de pure joie s'effaça rapidement, ne laissant plus que de la crainte. J'avais une envie folle de me retrouver encore face à lui. Une envie irrésistible. Mais j'avais un devoir. Je devais accomplir mes tâches. Je le devais pour Jean, qui avait toujours été bon avec moi. C'est alors qu'une idée germait dans mon esprit. Quelle folie ce serait ? Si quelqu'un s'en rendait compte pour quelque raison que ce fût, mon plan tomberait à l'eau. Je ferais de la peine à Jean, lui causerait des ennuis. Mais si personne ne s'en apercevait, cela pourrait bien marcher... Je prenais le risque.

    Alors je me ressassais toute l'histoire de la pièce lorsque je fus dans l'ombre pour un petit temps de pause entre deux scènes. J'éliminais les moments les moins importants, reformulais mes phrases pour les écourter largement. Je me décidais à parler plus vite et faisait passer le mot à mes amis pour qu'ils accélèrent le rythme. Ce qu'ils acceptèrent aussitôt, sans avoir besoin de plus d'explication que le fait que j'ai des affaires à régler dans l'immédiat. De toute manière, le temps était chaud et nous étions en sueur dans ces affreux costumes et cette salle bondée de monde. Aussi, je les soupçonnais d'avoir remarqué ma réaction inhabituelle lors de mon jeu.

    La pièce, au lieu de se terminer sous une vingtaine de minute, grâce à l'aide des comédiens et à mon ingénieuse idée, ne pris qu'un peu plus d'une dizaine de minutes. On saluait donc, serrés les uns contre les autres, sous les applaudissements. Dès que je fus hors de vue des spectateurs qui n'avaient de toute évidence rien remarqué au subterfuge, je dévalais les escaliers, tournais et virais pour atteindre le plus vite possible mes loges. Je me lavais le visage et m'habillais rapidement de ma robe verte à corset qu'une amie m'aidait à vite refermer et je courrais en direction de la sortie, encore pieds nus, mes bottines à la main, mes cheveux virevoltants derrière moi. Je priais pour le retrouver.

    J'étais surprise de constater qu'il se trouvait là, dans le couloir. Pourquoi était-il là ? M'attendait-il ? Je l'espérais sans vraiment y croire. Ce que j'avais appris de lui m'indiquait que ce n'était certainement pas le cas. Je pouvais m'attendre à la plus logique des réactions qu'il n'en serait pas ainsi. Je ne devais vraiment rien attendre de lui, à mon plus grand malheur comme au contraire. N'était-ce pas cela qui m'attirait autant ? L'imprévisible.
    Plantée à côté de lui, les yeux légèrement humide, un sourire timide, je ne savais quoi faire ni quoi dire et encore moins quoi penser. J'étais totalement décontenancée.

    - Corbeau...

    Son visage refaisait que je me remémorais toutes les images emmagasinées intentionnellement. Presque chaque nuit depuis, il avait fait parti de mes rêves. Et ça, je lui en serais reconnaissante toute ma vie. Il était maintenant presque seul homme de mes pensées.
    J'aurais tant voulu revivre cette journée dans les bois, mais cela m'était interdit. D'une certaine manière, c'était lui qui me l'interdisait. Pour peut-être que lui aussi en avait envie ? Peut-être que je me retenais pour rien, en fin de compte. Soit. J'aviserais de mon ignorance. Enfin, si j'en avais l'esprit.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Dim 3 Juil - 23:50

"Corbeau... "

Cette voix. Pas besoin de regarder qui me parlait. J'avais deviné. J'avais entendu ses bruits de pas, elle avait couru jusqu'à moi. J'en concluais donc, qu'elle était heureuse de me revoir. Sans que je sache vraiment pourquoi, l’enthousiasme qu'elle exprimait me réchauffait le cœur. C'était une sensation tellement agréable, chaude et douce. Une sensation que j'éprouvais rarement, voir jamais, en fait. Sur le moment, j'avais terriblement envie de me tourner vers elle, de la regarder, de lui dire quelque chose, n'importe quoi, mais quelque chose. Un mot, une phrase. Peut-être aussi de la toucher, je n'en savais rien. Faire quelque chose tout simplement. Voir comment elle était vêtue, voir l'expression qui s'affichait sur son visage. Surtout, découvrir le regard qu'elle me ferait, quand je la regarderai à mon tour.

Mais je n'en fit rien. En fait, c'était tout le contraire. J'avais toujours les mains dans les poches, et les spectateurs sortaient en masse, la pièce étant désormais finie. Pendant quelques minutes, les salles se vidaient l'une après l'autre. Jusqu’à ce qu'enfin, il n'y eu plus aucun bruit dans le couloir. Je ne m'étais pas tourné une seule fois, et je ne comptais pas le faire à vrai dire. J'étais adossé contre le mur, et fixait celui d'en face. Mes yeux ne se dirigèrent pas une seule fois sur elle. Pas même furtivement. Rien. Je n'avais pas tout de suite répondu. Je n'avais strictement rien fait. Je n'avais strictement rien dit. Et je me demandais ce que je devais faire, justement. J'avais tenté de l'éviter mais c'était raté. Il avait fallu qu'elle passe par là, comme par hasard. Et qu'elle me repère. Comme par hasard.

Je pris un air détaché et indifférent. Ce n'était pas bien difficile pour moi, je l'avais tout le temps. Je pensais que peut-être, elle s'en irait. Mais j'avais eu l'occasion d'apprendre qu'elle n'était pas du genre à abandonner facilement. Et pour dire, ça ne m'avait pas forcément déplu sur le moment. Sur le moment. Mais là, il était évident que ce serait problématique. Et merde. J'avais envie de voir son visage. Je ne savais même pas pourquoi. Parce qu'elle était mignonne ? Non, c'était beaucoup trop réducteur comme raison. Parce que je m'étais attaché à elle ? Sans doute, mais j'avais tellement pensé à elle ces temps-ci. Mais je continuais à me refuser d’établir le moindre contact. Elle finirait pas se lasser de toute façon. Espérons le en tout cas. Je sortis les mains des poches, et les croisa à la place.

"J'attends quelqu'un là tu vois."

Ton sec. Direct. Neutre. Parfait en somme. Parfait pour quoi ? Pour repousser les gens. Pour leur montrer qu'ils ne sont pas désirer. Alors oui, c'était vraiment le ton parfait pour ça. Je continuais de fixer le mur en face de moi. C'était assez difficile de ne pas les détourner, même un instant, pour ne pas jeter un coup d’œil sur elle. Mais j'avais décidé de m'y tenir. Alors je ne bougeais toujours pas. Restant là, prostré et stoïque. L'air imperturbable, comme d'habitude. Le sourire absent. Les yeux inexpressifs. Mes mèches retombaient devant eux, d'ailleurs. Et ma vision en était un peu troublée. Je ne fis même pas un mouvement de tête pour les dégager de mon champ de vision. A ce moment, je maudissais simplement mon informateur d'être comédien. Le hasard était la pire chose qui existait. Le hasard me détestait. Et je lui rendais bien.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Lun 4 Juil - 10:28

    J'étais plantée, comme ça, à ses côtés. Moi qui ne savais quoi faire, qui ne savait pas quoi penser. Et lui ? Savait-il davantage ? J'avais tendance à croire que oui. Je supposais qu'il savait mieux que moi où tout ça nous mènerait. Et moi qui ne savait pas, je me devais de continuer, au moins pour le simple fait de connaitre la fin de l'histoire. C'était connu, et il le savait bien, j'étais entêtée. Entêtée au point de jouer ma vie pour la plus ridicule des questions. Ridicule, c'était ce que tout le monde me disait lorsque j'en venais à ce genre de situation. Je crois que Père n'a pas cherché à en savoir plus sur ce qui m'était arrivé la dernière fois simplement car il savait que j'étais comme cela et que quoi qu'il dise, je ne changerais jamais de position parce qu'on me l'a demandé.

    Passant mes doigts sur ma lèvre inférieure, je pensais à ce qu'il m'avait fait, avant de me donner tous les bons sentiments qui avaient _ entre autres _ causé mon amour. Cela n'avait été seulement parce que je l'avais provoqué. Seulement parce que, inconsciemment ou peut être consciemment, je l'avais demandé. C'était simplement ma faute. Mais je ne regrettais absolument pas. Ce qui avait précédé avait été un des moments les plus tendre de mon existence. C'était grâce à lui. Mais de son côté, peut-être regrettait-il finalement ? Peut-être son seul désir était de m'oublier à jamais parce qu'il était blessé ou simplement qu'il m'en voulait. Peut-être qu'il aurait préféré ne jamais me connaitre, que je me taise. Mais sur l'instant, il avait été si doux, il m'avait paru si aimant.

    - J'attends quelqu'un là tu vois.

    *Et moi, il me semble que je t'attendais toi...* Une réponse que je ne préférais pas prononcer. De la peur ? Oui, surement. Ces propos, plus froids que ceux que j'avais espérés, ne m'empêchaient pourtant pas de le scruter de mes yeux humides et de soutenir mon sourire. J'étais heureuse de le voir, et rien ne pourrait enlever ça. Alors lentement, presque craintivement, j'approchais ma main de sa joue, palpant du bout des doigts sa cicatrice. Je m'attendais à être repoussée à tout instant. Mais malgré tout, je continuais à passer mes doigts sur sa peau, descendant le long de ses bras .Quelles en avaient été les causes ? Qui lui avait fait ça ? Par instinct, je savais qu'il valait mieux que je me taise. C'était certainement une des seules fois où je fus raisonnable.

    Les questions fusaient dans mon esprit sans que je puisse les retenir. Ou bien je n'en avais pas la force, ou bien j'étais trop embrouillée. Je pétillais intérieurement, mais je savais que ce ne serait pas aussi simple d'obtenir ne serait-ce que son regard. Je savais que ce serait aussi compliqué que la dernière fois. Du moins, je m'en doutais. Le point positif, c'est qu'il m'avait au moins adressé quelques mots sans que je les lui réclame, cette fois. Est-ce que cela démontrait qu'il se passait quelque chose ? Peut-être bien... J'avais de l'espoir, comme toujours. Seulement, l'espoir, cela pouvait aisément conduire à perte. L'expérience me le disait.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Lun 4 Juil - 14:40

Elle n'avait rien répondu. Mais en même temps, qu'aurait-elle pu bien répondre me diriez vous ? J'avais été si détaché. Comme si les heures passées seuls dans la forêt, il y a de ça quelques jours, n'avaient pas existées, n'avaient pas été aussi spéciales. Comme si jamais, je ne m'étais sentis aussi vivant. Je maintenais toujours mes yeux hors de sa vue. Je m'imaginais son visage. Je tentais de dessiner son expression dans mes pensées, mais c'était si dur. Je n'avais aucune idée de la tête qu'elle faisait. Mais certainement peu joyeuse, à cause de moi. A cause de mon comportement. Avait-elle une expression triste ? Déçue ? Affligée ? Je n'en savais rien. Si seulement elle avait dit quelque chose, ou même eu un simple souffle, un simple soupire, j'aurais pu deviner, peut-être, ce qu'elle exprimait. Mais rien de tout cela. Rien que mes suppositions.

J'allais m'éloigner. J'allais passer devant elle, et la laisser là. J'allais marcher loin d'elle, loin. Mais ce fut étrange, au moment où cette pensée m'effleura, je sentis ses doigts s’approcher de mon visage. Je n'ai pas bougé d'un cil. J'ai attendu, de savoir ce qu'elle comptait faire. Et ses doigts s'en étaient allés sur ma peau. Ma cicatrice. Elle l'avait touché si délicatement. Je ne respirai presque plus, en cet instant, tant j'étais surpris. C'était un geste si tendre, et si doux. Et ensuite, elle avait abandonné ma joue là, s'en allant effleure mes bras. Je ne savais pas pourquoi elle faisait ça. Si c'était mécanique, si elle voulait me dire quelque chose, si simplement, elle en avait eu envie, et c'était tout. Tout ce que je savais, c'est que je ne m'y attendais tout simplement pas.

Tout s'embrouillait. Alors que je m’apprêtais à la quitter, je n'en fis strictement rien. Je ne l'avais pas repoussé alors que j'aurai du. Je ne supportais pas que l'on touche ma cicatrice, elle avait du le voir. Car à ce moment là, j'avais légèrement détourné la tête, juste un peu, baissant les yeux au sol par agacement . Je n'aimais pas, qu'on soit tendre avec moi. Ce n'était pas que ça me dérangeait, mais je n'en avais pas l'habitude, et surtout, je ne savais jamais comment réagir. Bien sûr, comme d'habitude, non ? Oui, comme d'habitude, mais, je ne sais pas, quelque chose me gênait quand c'était elle. Précisément, à cause de cette affection que j'éprouvais. Je n'avais pas envie d'en être dépendant, et je n'avais pas envie d'éprouver quoi que ce soit de plus fort envers elle, ni envers personne d'ailleurs.

Mes bras se décroisaient de mon torse. Je passais une main ébouriffer mes cheveux. Et en profitait pour dégager les mèches de devant mes yeux. Et les croise à nouveau. J'attendais toujours mon informateur habillé en Aristo' et cet idiot avait apparemment décidé de me laisser patienter un petit moment. Je perdais patience. Je détestais attendre. Il me prenait pour qui ? De toute évidence, il allait passer un mauvais moment quand il serait là. Alors j'attendais. De toute façon, je n'avais pas le choix. Je devrais attendre accompagné, de toute évidence, puisqu'elle m'avait couru après. Et moi, je ne m'étais pas éloigné. Je pourrais. Je devrais. Mais je ne le faisait pas. Et en plus, je n'avais aucune idée du pourquoi. Vraiment, aucune idée. Je restais adossé là. Cette fille près de moi.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Lun 4 Juil - 19:02

    Surprise, je retirais mes doigts. Plus de peur que de mal. Il ne me repoussait pas, il ne me regardait pas. Il m'ignorait tout simplement. Pourtant, j'avais cru voir l'ombre d'une expression sur son visage. Je ne savais pas. Je ne savais plus rien en sa compagnie. Je le regardais, des larmes aux bords des yeux, toujours les mêmes ressenti. Malgré le fait qu'il ne semblait pas si heureux que moi de le voir, je n'en était pas moins joyeuse. Mais il était vrai que la tristesse se déposait doucement au fond de mes yeux et mon sourire timide était empreint d'une infime pointe de tristesse.

    Je déposais mes bottines près du mur, pour à mon tour m'adosser le plus gracieusement possible contre le même mur. Je respectais son silence quelques instants, me donnant à une réflexion poussée sur mes faits et gestes. Que faire ? Et si je faisais quelque chose, que ferait-il, lui ? Que pensait-il ? J'avais remarqué qu'il ne m'avait pas ignoré de la même manière que la première fois. Qu'il ne m'insultait pas. Qu'il ne me méprisait pas. Seulement ne voulait-il pas croiser mon regard ? Je ne parvenais à répondre à aucune de ces questions, aussi idiotes et insignifiantes soient-elles. Certainement se serait-il moqué de moi en entendant mes interrogations, mais peu-importait. Je n'arrivais pas à me débarrasser de mes peurs. Et c'était dommage. J'en aurait surement été bénéficiaire. Sans doute même.

    Finalement, je me décidais à surmonter mes craintes, à user d'un peu de courage. D'une voix peu assurée, je me lançais. A mes pertes.

    - J'ai pensé à toi chaque jour et chaque nuit.


    Je baissais à mon tour le regard sur ses pieds, ne voulant pas l'agresser de mes mots ni le forcer à quoi que ce soit. Mes cheveux pendaient en des ondulations souples, mais des barrettes discrètes les empêchaient de me barrer le visage. Le couloir n'était pas très large si bien que j'aurais pu le toucher en tendant mon bras. Il y avait cependant la place pour qu'une personne passe entre nous pour se rendre en dehors. Une larme perlait sur ma joue du fait que ma tête soit un peu penchée. Larme que je m'empressais d'effacer d'un revers de la main, dessinant une marque humide sur ma peau satinée.

    J'étais affreusement mal à l'aise et cela devait certainement se ressentir. Ma voix avait tremblée, à peine, quand j'avais prononcer ces quelques mots en sa direction. Mais pourquoi donc ? J'appréhendais. Voilà tout. Étant donné que je ne savais rien tirer de lui sans qu'il ne m'en informe personnellement, que mes bons sens étaient flous et ma logique bafouée, je ne savais pas à quoi m'attendre. C'était comme vouloir apprivoiser une bête sauvage. C'était imprévisible. Et lui n'était pas un matou trainant dans les rues crasseuses du royaume. Malheureusement pour moi. Il aurait été préférable, la dernière fois, que je ne fus seulement victime que de quelques griffures plutôt que ma lèvre soit à ce point déchirée.

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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Lun 4 Juil - 21:29

"J'ai pensé à toi chaque jour et chaque nuit."

Mon cœur commençait à battre plus vite, quand elle prononça ses paroles. Je l'entendais battre à vive allure. M'enfuir. J'avais envie de m'enfuir. Et en même temps, envie qu'elle me redise ces mots encore une fois, qu'elle me dise quelque chose de plus fort encore. A cet instant là, je lui accordait un regard en coin, de façon à ce qu'elle ne le remarque pas. Elle avait pleuré, et mon cœur s'était subitement serré. Était-ce ma faute ? Probablement que oui. En fait, je n'avais aucun doute là dessus. Sans doute la rendais-je malheureuse. C'était ce que je pensais. Je n'imaginais pas pouvoir rendre quelqu'un heureux, avec le mal que je faisais autour de moi. Elle s'était installée à mes cotés. Et à cet instant précis, j'avais compris que je n'arriverai jamais à m'en débarrasser même si je le voulais.

Quand elle m'avait parlé, j'avais perçu des chevrotements dans sa voix. En même temps qu'elle avait lâché une larme, qu'elle avait effacée aussitôt. Je redirigeais mes yeux vers le mur d'en face, pour ne pas qu'elle me surprenne en train de la regarder. Je n'en avais aucune envie. Ce fut seulement à ce moment que je remarquais qu'elle n'était même pas chaussée. Elle avait donc été si pressée de venir me voir dans ce bout de couloir désert. Je ne savais vraiment plus quoi penser de tout ça, quoi penser d'elle, quoi penser de nous, en fin de compte. Je ne connaissais rien d'elle de toute façon, et je n'avais pas spécialement envie d'en savoir plus que ce que j'imaginais d'elle ou de ce que je voyais. M'attacher de trop ? Hors de question. Je devais éviter ça.

- J'ai du te faire incroyablement mal aux lèvres alors.

Je refusais de penser, qu'elle m'avait aperçu dans ses pensées pour une autre raison . Même si je savais que c'était la vraie raison. Elle m'avait dit, le jour de cette rencontre, qu'elle avait peur de m'aimer. Qu'en était-il maintenant ? Je voulais le savoir, et en même temps je ne le voulais pas. Toute cette histoire était si compliquée à mes yeux. Un concentré de questions et de sentiments troubles. C'était si particulier. Elle ne connaissait rien de moi après tout. Alors comment pouvait-elle parler d'amour ? Je sais, je fais preuve de mauvais foi, l'amour ne se commande pas. Il peut vous tomber dessus n'importe quand. N'importe où. Tout comme la mort. L'un comme l'autre sont finalement fatals.

Mon regard se posa sur le sol, histoire de changer un peu de vision. J'étais trop bête. Finalement, je tournais mes yeux vers elle. Et la détailla. Juste un instant, sans essayer de me cacher cette fois-ci. Puis regarda à nouveau le mur. En fin de compte, je l'avais fixé avec une expression de détachement et d'indifférence complète. J'ajoutais même un soupire agacé, appuyé. J'avais besoin de me détendre un peu. C'est tout naturellement que je me pris une cigarette de la poche, et l'alluma, une fois portée à mes lèvres. Ici, c'était interdit. Mais qu'est-ce que j'en avais à foutre. Je savourais ma clope, sans aucune considération de la fille à mes côtés. Je crachais ma fumée sans me soucier de la gêner ou non. Je n'allais certainement pas m’embarrasser de politesses inutiles.

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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mar 5 Juil - 1:32

    J'attendais. Je ne savais pas quoi, mais j'attendais. J'aurais bien aimé qu'il me regarde dans les yeux, mais je savais qu'il ne le ferait pas. J'aurais aimé voir sur son visage exprimer autre chose que son indifférence glaciale. Mais après-tout, ne m'accordait-il pas beaucoup ? Beaucoup par rapport à ce qu'il semblait avoir l'habitude d'offrir aux autres ? Je voyais bien qu'il n'était pas du genre sociable, qu'il ne fréquentais pas la même classe que la mienne et qu'un certain mépris pour le genre humain l'empêchait de nouer tout lien d'amitié avec quiconque. Tout cela se voyait aisément dans son regard.

    - J'ai du te faire incroyablement mal aux lèvres alors.


    Machinalement, le regard à terre, je passais un doigt sur mon ancienne blessure. J'en avais gardé quelques marques, discrète mais présentes. Des cicatrices minuscules, mais suffisantes pour me rappeler ce moment avec lui dans la forêt. Extraordinaire, bien que douloureux au commencement. Qu'aurait-il pu m'arriver de pire ? Qu'il me tranche la langue pour que je me taise ne me semblait pas chère pour attirer son attention, pour atteindre le tel niveau d'intérêt qu'il pouvait me porter. Même si pour quelqu'un d'autre, cela aurait pu paraitre ridicule, pour lui, c'était comme soulever une montagne. J'avais tout de suite compris qu'il n'était pas le genre d'homme que l'on fréquentais pour le plaisir, ni même celui avec qui on discutais un soir après des affaires. Il n'était pas ce genre d'homme, et ne souhaitait pas le devenir. Apparemment. Mais encore une fois, user de mon bon sens en sa présence ne servirait pas à grand-chose. Mes raisonnements ne valaient plus rien. Pas pour lui.

    Alors je relevais la tête, un sourire en coin, et le fixais intensément, comme si cela avait pu lui faire lever les yeux. Et je me jetais à son cou, lui chuchotant ces quelques mots :

    - Pas suffisamment pour que je pense aussi souvent à toi.

    Réponse toute simple. Logique. Qui m'était venue sur le coup, aussi simplement qu'un bonjour à un ami. Comme si je l'avais préparée depuis des années. C'était clair. Il comprendrait aisément ce dont je parlais. Le genre de sentiment que j'évoquais. Le genre de situation que j'espérais. Et ce que je pensais de lui. Ce que je pensais croire de lui, du moins. Après ça, je n'aurais pas été surprise qu'il me frappe, qu'il parte, ou que sais-je encore. Il était tellement différent, tellement imprévisible, que même moi qui avait l'habitude de tout prévoir par raisonnement, je n'essayais même plus d'user de mon bon sens. C'était totalement inutile.

    Ses cheveux corbeau me chatouillaient le visage, son souffle caressait mon épaule. Et je ne bougeais plus.

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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mar 5 Juil - 14:32

"Pas suffisamment pour que je pense aussi souvent à toi."

Sa réponse avait eu le mérite de me décrocher un sourire amusé, au moins. Mais je n'avais rien répondu. Il n'y avait tout simplement rien à répondre. A mon sens en tout cas. Elle s'était jetée à mon cou. Je ne m'y attendais vraiment pas. J'avais été surpris, mais ne le montrait pas. Je me contentais de la regarder. Sans rien laisser paraître, je la regardais. Je poussais un léger soupire, imperceptible. Et la repoussa. L'adossant contre le mur d'en face. Séparés par l'étroit couloir, qui était totalement vide. Le vide, c'était précisément ce qu'il y avait maintenant entre nous deux. J'attendais quelques minutes, la laissant là, après l'avoir repoussée, la fixant simplement. Je fixais son visage, puis ses pieds nus, puis sa robe, et je trouvais qu'elle lui allait bien. Mais hors de question de lui faire remarquer.

"Je pourrais te faire plus mal encore."

Qu'elle ne s'imagine pas que j'ai un bon fond. Je n'en trouvais pas. Et je n'en voulais pas. Tout ce que je faisais aux gens, c'était les détruire, ni plus ni moins. En tout cas, rien qui égayait un tant soi peu leur vie. Je l'assombrissais, et Dieu, qu'est-ce que j'aimais ça ! C'était tellement amusant. Alors, sans détacher mon regard noir de ses yeux, je m'avançais vers elle. Terrassant ce vide qui séparait deux murs, qui séparait nos deux personnes. Je l'attirait contre moi par les hanches. Mains posées sur sa taille. La serrant, la marquant, tant je serrais. Sans aucune douceur. Et approchant mes lèvres des siennes, je murmurais à son intention, je murmurais, sarcastique et désireux de l'effrayer. Je murmurai contre sa bouche, dans un petit souffle chaud, et pourtant si froid :

"Tellement plus mal..."

Brutalement, je donnais un coup de dent sur ses cicatrices encore fraîches. Sans me soucier de sa douleur, de ses pensées, je lui rouvrais les plaies avec un plaisir malsain. Encore plus impitoyable que la dernière fois, faisant saigner à vif une à une ses cicatrices. Je sentais son liquide rouge sur mes lèvres, sur mes dents. C'était poisseux. Une odeur intense de fer se faisaient sentir, à en en faire tourner la tête, à en faire pâlir les Dames du grand monde. Il était clair qu'elle devait souffrir largement plus que la dernière fois. Cette fois, elle était encore blessé, et je m'en foutais royalement. J'étais un Démon, et on me le disait si souvent. J'aimais bien cette idée. J'en était même assez fière. Je ne savais pas ce qu'elle allait faire, je pensais qu'elle me repousserait. Logique. Qui serait assez fou pour se laisser massacrer comme ça ? Ou sinon, pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mar 5 Juil - 20:06

    Je ne m'étais pas agrippée à son cou, mais presque. Si j'avais pu me fondre en lui, je l'aurais fait, pour rester à jamais avec lui. Pour qu'il m'accepte. Pour qu'il me porte le même amour qu'il se porte lui-même. J'étais surprise, autant le dire, lorsqu'il me repoussa doucement contre le mur d'en face. Surprise aussi alors qui me regardait enfin. Lorsqu'il détailla ma tenue, qu'il posa le regard sur mes pieds nus sur le plancher glacial, mon visage attristé mais à la fois si heureux. Confus, en somme. Je ne savais pas ce que je ressentais moi même. Je n'arrivais pas à faire la part des choses dans mon cœur aussi bien que dans mon esprit. Un vrai brouillon, un nœud complexe fait de sentiments tous aussi différents les uns que les autres. S'il m'avait posé la question la plus banal du monde : "Comment te sens-tu ?" je n'aurais pas su y répondre.

    Puis, contre toutes mes attentes. Il m'attirait vers lui, tout proche, trop proche.

    - Tellement plus mal...

    Un baiser douloureux s'en suivit. Et je revivais encore plus intensément, plus douloureusement encore ce moment dans la petite clairière, contre le sol. J'avais presque aimé cette blessure, je l'avais adorée. Et je l'adorais encore. Cette seconde qu'il m'affligeait me figea de douleur. Je me raidissais sous la pression de ses dents entre mes chaires. Puis, après quelques secondes seulement, il parvenait à rouvrir mes plaies. Ma bouche dégoulinait d'un sang chaud, bouillant, qui goutait sur ma robe en des taches noires d'encre du fait du tissus vert, coulait le long de ma mâchoire. Je me disais que si quelqu'un, à cet instant, arrivait dans ce même couloir _ ce qui était tout à fait plausible _ il ne verrait pas le sang, du fait de notre proximité. Et c'était tant mieux. Je m'en voudrait que par ma faute, par mon indiscrétion, mon ivresse, il ait des ennuis. Mais à cet instant, ne serais-je pas censée priée pour qu'une personne arrive ? Pour me protéger de cet homme ? Eh bien non. Car bien que malfaisant, je l'aimais. Et j'aimais ce contact, quoi qu'il m'en coûte.

    Petit à petit, je me détachais de son emprise. Puis l'instinct me dictait mes gestes. Je collais mes lèvres aux siennes dans un baiser plus tendre encore que ceux que nous nous étions faits auparavant. Je voulais qu'il sache que lui aussi, je pouvais le faire souffrir. Que je l'aimais, à ma manière. Que je ne lui en voulais pas d'être aussi cruel et froid. Que cela me plaisait. Alors du mieux que je le pu, je me montrai tout son inverse. Tendre. Douce. Aimante. Tout ce qu'il n'était pas.

    - Je t'aime comme ça.

    C'était fait. C'était dit. Je ne pouvais plus revenir en arrière. Il serait au courant, maintenant. Que je n'avais plus peur. Que je n'aurais plus peur de l'aimer comme je le l'avais cru au début. Que maintenant, c'était ainsi et que je ne changerais plus de position. C'était l'instinct qui me guidait dans mes décisions, plus la logique ni le bon sens. Simplement, qu'il en soit ainsi.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mar 5 Juil - 22:36

" Je t'aime comme ça. "

Elle m'embrassa si tendrement. Si doucement. Avec toute la tendresse qu'une jeune fille état capable. Et je crois que jamais, je n'avais connu de geste aussi beau et aussi tendre sur ma personne. Alors que je lui faisais tout le mal dont j'étais capable, elle, elle continuait à être terriblement gentille, terriblement douce. Terriblement aimante. Car elle m'aimait. Et maintenant qu'elle me l'avait dit, je ne pouvais plus me barricader. Je ne pouvais plus penser très fort au fond de moi, que non, je n'étais rien pour elle, et que, il n'y avait aucun amour possible entre nous. Tout ça était faux désormais. Je savais que si. Je ne pouvais plus me cacher derrière mes simples posées, aussi réconfortantes et satisfaisantes soient-elles pour moi. Je n'avais plus d'excuse. Je savais tout. Elle me l'avait dit. Et moi, j'avais entendu. Aucun bruit n'avait couvert ses paroles. Et nous étions si près, que même dans un chuchotement, je l'aurai entendu prononcer cette phrase. Oui, cette fois, c'était clair. Aucun nuage à l'horizon. Aucun doute permis. Tout était dit. Et tout était compris. Du moins, de son côté. Car, il n'y avait qu'elle, qui avait parlé de ça. Et que moi, qui l'avait écouté.

Instinctivement, je l'aurai repoussé. J'aurais inventé n'importe quoi, je l'aurais humilié, ou que sais-je encore ? Mais pas cette fois. D'abord parce que c'était elle, ensuite, parce que tout simplement, ce n'était pas ce que je voulais faire. Pas à elle. Surtout pas à elle. Je l'ai regardé, silencieusement. Mon regard était plus triste, sans que je sache moi même pourquoi. Sans doute parce qu'elle me forçait à donner une tournure bien précise à tout ce qui se passait entre nous. Et que moi, je n'en avais pas du tout envie. Je trouvais ça plutôt bien, le brouillard d'une relation. Mais avec une simple phrase, la brume s'était évanouie, et tout était clair au dessus de nos têtes. Mais pas forcément à l'intérieur. C'était là le problème. Je remettais mon affection en doute, pour comprendre, si c'était plus, si c'était moins. Et je savais comment comprendre. Je savais.

Doucement- cette douceur maladroite qui était la mienne-, je la souleva légèrement du sol, l’attrapant sous les jambes, lui collant le dos au mur. La maintenant ainsi, contre moi. N'importe qui aurait pu trouver cette position gênante quand on sait, à quoi elle peut servir dans certaines circonstances. Mais je n'avais pas d'arrières pensées, surtout pas dans un lieu public en plus. Quoique, ça ne m'aurait pas dérangé du tout, mais bon. Avec quelqu'un d'autre qui sait. En tout cas, je sentais son corps contre le mien, et c'était ce que je voulais en premier temps, de toute manière. J’esquissais un sourire , un vrai. Pas sarcastique. Pas malveillant. Le genre que je faisais aux personnes qui avaient de l'importance à mes yeux. Un sourire vrai, tout simplement. Je me sentais bien. Et je déposais rapidement mes lèvres contre son front, fermant les yeux.

"Pourquoi une douce Pétale peut-elle s'éprendre d'un Corbeau démoniaque ?"

Je ne comprenais pas. Je voulais comprendre.









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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mar 5 Juil - 23:48

    Alors qu'il me hissait contre lui, j'avais senti un léger craquement dans mon dos. Il m'avait donc semblé que ses tissus s'étaient déchirés. Mais peu importait. J'aurais une seconde robe à ajouter auprès de la robe crème maculée de sang. En parlant de sang... J'essuyais d'un revers de la main le liquide rubis qui coulait sur mes lèvres, atteignant mon menton. En suspension, retenue par ses bras, mon corps brulait contre le sien. Le baiser qu'il cola contre mon front me fit fermer les yeux machinalement et je posais mes mains sur son torse, sans me retenir. Je lui faisais confiance et ne doutais pas qu'il me retenait suffisamment fermement pour que je ne glisse pas.

    - Pourquoi une douce Pétale peut-elle s'éprendre d'un Corbeau démoniaque ?


    Répondre à sa question était plus dur qu'il n'y paressait. En fait, j'aurais très bien pu me contenter de répondre que je n'en savais rien. Mais c'était faux. Je le savais parfaitement. Pourquoi je l'aimais à ce point ? Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Parce que j'étais plus capable d'aimer quelqu'un comme lui, qu'un autre. Car il était le seul à pouvoir remplacer Octave, de quelque manière que ce soit. Je posais ma tête contre la sienne afin que je puisse chuchoter à son oreille les mots que j'avais choisis avec précaution. Des mots tendres, justes.

    - Tu es le seul qui parvient à me faire oublier les peines qui m'empêchent de vivre...

    Il comblait le trou béant de mon cœur. Il me suffisait, amplement. J'avais besoin d'un être complexe à mes côtés. J'avais aussi besoin d'un amour moins évident que ceux qu'on m'avait offerts toute ma vie durant. Une relation ambiguë, basée sur rien d'autre que l'instinct et les impressions qui vont avec. Le flou, cela semblait lui convenir autant qu'à moi. Pour une fois que je ne cherchais pas à tout éclaircir à tout prix. Même s'il fallait bien avouer que ma curiosité était quelque peu titillée en de telles circonstances.

    Je relevais ma tête pour le regarder droit dans les yeux. Mes yeux un peu humides en raison de ma joie lorsque que l'avais vu s'était transformés en larmes perlant sur mes joues par la douleur. Je passais ma langue doucement sur ma lèvre. Une douleur intense s'en faisait ressentir sur sa droite. L'intérieur était criblé de crevasses de la taille d'une de ses canines. L'avantage, c'était que les blessures buccales étaient rapide à guérir. Ma main droite allait jusqu'à ses cheveux, mes doigts fins s'emmêlant dans ses mèches noires. J'aurais pu rester ainsi pendant des heures entières. Son souffle si pure, si proche.

    - Je te retourne la question. Pourquoi moi plus qu'une autre ?


    S'il voulait comprendre, moi aussi, je le voulais.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mer 6 Juil - 0:08

" Tu es le seul qui parvient à me faire oublier les peines qui m'empêchent de vivre..."

Les peines. Celles qui empêchent de vivre. Je connaissais si bien ce sentiment. Il était si douloureux, et encore si frais, en moi. J'étais assez étonné, que moi, fut capable d'une telle chose. Mais bon, je ne cherchais pas à comprendre plus que ça le pourquoi du comment. Je lui faisais cet effet, et c'est tout ce qui importait maintenant. Moi, je n'avais rien précisé encore. Sur ce que je pensais d'elle, et de tout. Je n'en ressentais pas le besoin, mais il était évident qu'elle le ressentirait bien, et j'avais cet instinct là, qu'elle ne tarderait pas à me le demander. J'avais de toute évidence vu juste. J'observai toujours le moindre de ses mouvements, la collant toujours plus contre moi. Je ressentais sa confiance moi, et j'en étais heureux. Car il était évident, que je ne la laisserai pas tomber, ni même un peu glisser. Je la tenais fermement.

"Je te retourne la question. Pourquoi moi plus qu'une autre ?"

J' Haussais les épaules légèrement. J'avais décidé de ne pas répondre, d'abord. Mais même si j'étais égoïste, il y avait des limites. Au fond, j'avais envie de lui répondre quand même. Parce qu'elle méritait aussi. Plus que tout autre personne n'aurait pu le mériter. C'était étrange, car tout le temps passé avec elle fut du temps où Kain n'était plus aussi présent dans mon esprit. Bien sûr, il l'était toujours, mais c'était différent. Oui, totalement différent. Pour le moment, je ne saurais vraiment l'expliquer. Mais avec le temps, j'y arriverai sans doute.

"Parce que tu tout ce que je ne suis pas. Parce que...tu es toi."

Ma réponse me semblait suffisamment clair, mais sait-on jamais. Je la trouvais bien, parce qu'elle était vrai. Je me demandais si elle lui suffirait, ou non. Si non, je n'aurais pas vraiment une autre à lui donner. C'était la seule qui me venait à l'esprit, parce qu'elle reflétait ce que je pensais. Alors j’espérais que elle saurait s'en satisfaire. Je n'avais pas dit que je l'aimais, et je ne l'avais pas sous entendu non plus. Je la laissai se le demander. Sans lui donner de réponse, alors qu'elle, m'en avait donnée une un peu plus tôt. Là non plus, je ne savais pas si ça lui convenait mais tant pis. A moi, ça me convenait bien. Mais je n'étais pas elle. Et je savais bien qu'au fond de moi, si elle me demanderait clairement, je lui répondrais vraiment. Sans lui mentir. Sans me cacher. Je lui répondrais, la vérité.

J'avais rouvert les yeux après avoir embrassé son front. Et je ne détachais plus mon regard de son visage. Je n'avais aucune envie de la lâcher. Et finalement, j'étais heureux que mon informateur, semblait bel et bien avoir totalement oublié de venir à ma rencontre. Puis, je soufflais contre les lèvres de la Lady, et une évidence me parcouru l'esprit, ce qui me fit murmurer contre sa bouche :

"Dis moi ton nom. Je te dirais le mien."

Je voulais savoir. Je voulais l'entendre.






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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mer 6 Juil - 1:40

    - Parce que tu tout ce que je ne suis pas. Parce que...tu es toi.

    C'était le plus beau compliment qu'il aurait pu me faire. Une phrase simple et pourtant si agréable à l'écoute. Il était si rare de sentir une telle sincérité des les propos de quelqu'un. C'était si inhabituel, si bon. J'avais toujours vécu dans un milieu où il avait fallu savoir mentir dès son plus jeune âge, pour mieux plaire, pour mieux se préserver. Et je savais mentir à la perfection. Même si à chaque fois, j'avais un poids sur le cœur. Il avait fallu que je sache faire usage de ces talents très tôt. Manier les mots était un art. Ainsi pouvait-on faire croire n'importe quoi à n'importe qui. Suffisait de savoir se renseigner sur son interlocuteur.

    Les joues humides, les yeux brillants, un sourire au lèvre. Voilà mon expression en cet instant. J'étais bien, plus que bien même, avec lui.
    S'en suivait une question étrange. Le genre de question que j'aurais posé. En fait, c'était la question que lui avait demandée quelques semaines auparavant.

    - Dis moi ton nom. Je te dirais le mien.


    Pourquoi cette soudaine envie de connaitre mon nom ? Alors qu'il avait voulu me donner son surnom lorsque je lui avait demandé ? Peut-être parce qu'il n'avait alors pas l'envie de me retrouver autant que moi ? Peut-être parce qu'il aurait préféré ne plus me revoir ensuite ? Cela voudrait-il dire qu'à présent, il avait envie de me retrouver ? Ou peut-être que cela n'avait rien à voir avec tout cela.

    - Sixtine.

    J'attendais maintenant avec impatience de recevoir le sien. Comme s'il avait s'agit de quelque chose de vital pour moi. Finalement, toutes les réponses à mes questions viendraient, tôt ou tard, comme toujours. Finalement, tout refaisait surface à un moment où un autre. Une nouvelle vérité que je m'appropriais aussitôt.
    Le fixant avec intensité, je le dévorais des yeux. J'encrais les traits de son visage, chaque parcelles, dans mon esprit. Je m'approchais encore un peu plus de lui, jusqu'à pouvoir frôler ses lèvres avec les miennes, sentir son souffle sur ma peau. Ne jamais oublier son nom.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mer 6 Juil - 12:13

"Sixtine."

Et ses lèvres s'étaient rapprochées des miennes. Nos souffles se mêlaient intensément. Et je devais maintenant lui dire le mien. Certaines trouvaient mon nom superbe, d'autre juste étrange et original. Peu commun dans tout les cas. C'était pareil pour ma sœur. Nos parents avaient toujours eu des goûts assez spéciaux. Mais j'aimais mon prénom autant que j'aimais le surnom que l'on m'avait attribué. Et je la maintenais toujours serrée contre mon bassin. Écrasant le sien contre le mien. Prenant soin de les unir par un léger frottement, quand je la soulevais un peu, pour éviter qu'elle ne glisse. Ce geste me faisait sourire. Évidement que je le faisais exprès. Pour la sentir encore plus. Sentir son corps encore plus proche du mien. C'était tellement agréable, quand c'était elle.

J'aimais son expression. De toute façon, elle était si mignonne, que même quand elle pleurait, elle était radieuse. C'est en tout cas comme ça que je la voyais. Je lui souriais. Et donna un léger coup de langue sur sa lèvre supérieure. Je la léchais doucement, de ma langue brûlante. De façon sensuelle et délicate. Mes yeux qui fixaient les siens. Mes mains, toujours posées contre ses hanches, les caressaient délicatement. Je devais lui dire mon nom, mais ma langue ne se détachait plus de sa bouche. J'aimais trop ce contact pour le rompre déjà. Juste pour un simple prénom. Alors ça attendrait bien un peu.

Quand enfin, j'arrêtais mes coups de langue, ce n'était pas pour parler, là encore. Je liais nos deux bouches par un baiser. Brûlant et brutal. Je ne savais pas, même physiquement, faire vraiment preuve de tendresse. Même si avec elle, je m'y forçais assez. Sans attendre qu'elle réponde à mon baiser, ou qu'elle l'intensifie, j'entrouvris mes lèvres, et, la força à faire pareil, parce que je poussais ma langue contre ses lèvres, l'introduisant dans sa bouche. Allant rejoindre la sienne, pour les enlacer et les faire jouer. J'écrasais encore un peu plus mon bassin au sien. Je savais son nom. Elle ne savait pas le mien. Je savais qu'elle m'aimait. Elle ne savait pas ce qu'il en était de moi. Je sentais son regard insistant sur moi, question de fascination sans doute. Et de toute façon, ce n'était pas pour me déplaire.

Je ne sais pas pourquoi, j'avais le ventre qui se nouait un peu. Comme ci, j'avais une certaine angoisse à lui faire ça. Mes baisers étaient sauvage et violents, elle savait que j'étais violent. Mais je ne sais pas. Peut-être qu'elle me repousserait. Elle était du genre à avoir reçu jusqu'ici des baisers bien tendres de gamins, des caresses douces et à mon avis, jamais déplacées. Mais j'étais loin d'être comme ça. De là où j'avais appris à vivre, c'était tout l'inverse. C'était de la luxure et de la débauche, c'était la misère du peuple. Et si je l'emmenais dans mon quartier, nul doute qu'elle serait partie choquée. Mais l'idée m'amusait. Et c'est vrai que, je devrais peut-être, la faire voir mon quartier un jour. Parce que, moi, je ne pouvais plus me voiler la face, j'avais envie de la revoir.

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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mer 6 Juil - 14:05

    Il m'offrait un vrai sourire. De vraies caresses. J'aimais son contact. C'était sincère. Et ca me convenait parfaitement. J'aimais aussi sa maladresse. Je sentais bien qu'il n'avait pas l'habitude de ces gestes tendres, qu'il n'usait pas de délicatesse couramment. C'était évident. Et j'aimais qu'il le fasse avec moi. J'aimais aussi l'idée qu'il ne le fasse que pour moi. Que son sourire ne soit destiné qu'à moi, que son regard et ses gestes aussi. Cela me valorisait. Plus que tout.

    Ses baisers me réchauffaient le cœur comme le corps tout entier. J'aimais autant cette chaleur humaine, sa chaleur, que ses baisers brutaux, indécis. C'était étrange. Je ne savais pas encore que de tels baisers pouvaient êtres si agréables, ou bien seulement exister. C'était vraiment... Je n'avais pas les mots. Ses lèvres écrasées contre les miennes. Ça, cette force, c'était lui. Jusqu'à présent je n'avais eu droit qu'à des embrassades infiniment douce. Mais je préférait davantage celles-ci. C'était un contraste plus que plaisant et je le savourais.

    Je plongeais mes mains dans ses cheveux, rajoutant toujours un peu plus d'intensité à nos baisers. Je ne savais pas si mes connaissances me reconnaitraient si une d'entre elle passait dans le couloir à ce moment là. Je n'étais plus comme avant, avec lui. Je changeais, en sa présence. Comme s'il me contaminait. Mais je préférais de loin cela à mon incessante douceur et toutes les manies qui font que l'amour ne doit être faite que de satin.

    J'attendais maintenant qu'il me délivre son nom, entre deux étreintes, deux souffles. Je n'y avais plus pensé. J'avais réussis à me contenter de son surnom, jusque là. Alors qu'il m'avait promis de me révéler le sien, je frétillais intérieurement pour le connaitre. C'était vraiment intenable. Il me faisait languir, et cela me faisait rire. Je ne savais pas s'il me voyait à ce moment. Mais ce n'était pas important.

    - Dis le...

    Dis le. Dis le. Dis le. C'était ce à quo je pensais tout le temps durant qu'il m'embrassait. Était-ce volontaire ? Il agitait ma curiosité à un point inimaginable. Je voulais pouvoir l'appeler par son prénom, à partir de maintenant. Je posais mes mains sur son torse pour le faire arrêter ses gestes déplacés que j'aimais tant. Pour le faire parler.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mer 6 Juil - 16:31

"Dis le..."

Je l'avais donc assez fait attendre, hein ? Maintenant elle voulait savoir absolument. J'allais lui répondre. Sans mentir. Je ne tricherais pas. Je lui répondrais, simplement. Maintenant. Là. Tout de suite. Je hochais doucement la tête; à peine. Juste pour accompagner l'imminente réponse qu'elle me demandait à présent.Je répondais enfin à sa demande.

Je n'étais plus Corbeau.


"Phoenix..."

Phoenix. Oiseau légendaire. Mes parents n'auraient jamais pu trouver mieux. J'aimais ce prénom, il m'allait tellement bien. Avec toutes les épreuves que j'avais déjà traverser, Car le Phoenix, toujours renaît de ses cendres. Et moi, j'avais déjà tant de fois essayer de renaître. J'avais réussi, mais à quel prix ? Maintenant, j'avais comme trouvé un but à tout ça. Ce n'était plus aussi flou qu'avant. Maintenant qu'elle était près de moi, c'était comme si tout allait mieux. Dans le meilleur des mondes. Elle égayait mes journées, d'une simple pensée. Je comprenais maintenant vraiment, ce que j'éprouvais envers elle. Après avoir tant hésité, et laissé mes réflexions à l'abandon, j'avais compris. Comme si le fait de prononcer mon nom, me fit comprendre vraiment qui j'étais, et ce que je pensais.

Maintenant qu'elle savais, j'avais une envie irrépressible de reprendre ses lèvres. Mais peut-être allait-elle parler ? Je n'en savais rien après tout. Alors, je n'en fit rien. Mais je n'abandonnai pas l'idée de déposer mes lèvre sur elle pour autant. Délicatement, j'allais poser ma bouche dans le creux de son cou. Je levais les yeux vers elle en même temps. Et j'entrouvris mes lèvres, passant ma langue sur sa peau. La glissant dessus, profitant du contact autant que je le pouvais. J'avais tellement envie d'elle, je venais d'en prendre conscience. J'avais envie de la titiller. J'avais envie de voir jusqu'où son envie de moi pouvait grimper. Et le mien pour elle. Oui, nous étions toujours dans le couloir, oui, à la vue de tous, si quelqu'un du moins passait par là. Et ça m'était égal. J'appréciais le moment.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mer 6 Juil - 17:48

    - Phœnix...

    Dans mon cœur, ce n'était plus ce garçon aux cheveux corbeau que je voyais. Ce n'était plus celui qui m'avait fait souffrir autant, à deux reprise. Même à d'autres, inconsciemment comme consciemment. Car j'avais souffert d'attendre aussi longtemps pour le revoir. Et j'avais souffert tout le temps durant où je ne le connaissais pas. Était-il celui que j'avais tant recherché pour gommer la plus grande peine de ma vie ? Était-il celui qui parviendrait à remplacer Octave ? Je n'en savais pas grand-chose pour l'instant. Mais il y ressemblait fortement. Au fond de moi, je savais qu'il était parfait. Que personne d'autre que lui n'aurait pu convenir mieux à ma personne. Je savais que si ce n'était pas lui, je n'en trouverais plus d'autres. Qu'après lui, s'il y avait un après, plus personne ne conviendrait. Je ne rechercherais plus. Si ce n'était pas lui, ce ne serait personne. A partir de cet instant, celui où il m'offrit son nom, je signais un pacte avec moi-même et brûlais l'ancien, sans pour autant l'oublier.

    - C'est beau, Phœnix.


    Oui, ça l'était. Moi qui avait dévoré une grande partie des livres de la bibliothèque princière, je n'étais pas sans savoir les significations de ce prénom. Corbeau s'était muté en Phœnix. Ou bien était-ce l'inverse ? Je ne tarderais certainement pas à l'apprendre. J'espérais seulement qu'il était aussi désireux que moi de continuer sur cette voie.
    Alors qu'il passait ses lèvres à mon cou et exerçait d'autres fantaisies du genre, toutes aussi indécentes les unes que les autres _ ce qui ne voulait pas dire que je n'appréciais pas, loin de là _ je prenais son visage entre mes mains pour le repousser face à moi. Puis je levais mon poignet mutilé, face intérieure, aux yeux de Phœnix.

    - C'est la marque que mon frère et moi nous étions faite pour penser toujours à l'autre, dans les pires circonstances. A présent, elle ne vaut plus rien.

    Je levais ensuite mon second poignet, intact, lui présentant de même.

    - Maintenant, je veux la tienne sur celui-ci. Mords.

    J'aurais alors ses marques. Celles-ci resteraient pour toujours, je ferais en sorte qu'il en soit ainsi. A jamais. Je ne voulais pas complètement oublier Octave. Juste suffisamment pour vivre sans penser qu'il était mort. Suffisamment pour ne pas penser que je ne le reverrais plus jamais et que personne ne pourrait le remplacer dans mon cœur. D'ailleurs, cette dernière était dorénavant fausse. J'en avais la preuve. Il y avait maintenant une personne en mesure de pouvoir faire cela. Et cette personne se trouvait en face de moi.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mer 6 Juil - 18:04

"C'est beau, Phœnix. "

Oui, je sais. C'est beau, Phoenix. Je suis beau, je suis Phoenix. Je suis moi, et j'en suis fière. Je sais ce que je vaux. Et personne ne pourra jamais me faire baisser mon estime de soi. Je suis narcissique, je suis égoïste. Mégalo, et alors ? Je suis comme ça, et je le vis bien. J'étais beau, et je le savais. J'en profitais, puisque c'était là ma chance. Je n'avais pas répliqué à ça, quand elle avait levée son poignet devant moi. Je fixai le bout de chair maintenant. Mutilé. Je l'inspectai soigneusement. Pourquoi s'était-elle fais ça ? Dès l'instant où je m'étais posé la question, j'obtins la réponse. Et rien n'aurait pu me préparer à ça. Je n'aurai jamais pu deviner une chose pareille tout seul. Alors je l'écoutais, simplement, désireux de savoir d'où cette marque venait, son histoire.

"C'est la marque que mon frère et moi nous étions faite pour penser toujours à l'autre, dans les pires circonstances. A présent, elle ne vaut plus rien."

Alors c'était donc ça. Elle ne valait donc plus rien à ses yeux ? J'étais si spécial alors ? J'embrassai doucement son poignet. Moi, je me souvenais de Kain à présent. Et mes yeux traduisaient mon absence momentanée. Nous, nous n'avions pas fait ce genre de pacte, du moins pas en chair. C'était des simples paroles, qui traçaient notre marque à nous. Paroles, qui encore maintenant, me manquent à en pleurer. J'aurais aimé qu'il soit, même en cet instant. J'aurai aimé lui dire que je l'aime, mais je ne pouvais plus. Et lentement, je sentais bien, que je me faisais à l'idée qu'il ne serait plus jamais là. Et ça, c'était grâce à elle. Je ne l'oublierai jamais, mais je continuerai à vivre ma vie. Je suis jeune, et j'en profiterai. D'ailleurs, je le faisais déjà. Particulièrement, quand j'étais à ses côtés.

"Maintenant, je veux la tienne sur celui-ci. Mords."

Son second poignet était devant moi. C'était donc si important à ses yeux ? Alors d'accord. Ma main saisit délicatement son bras, et, je plantais mes dents dans la chair. Comme à mon habitude, violemment. Le sang coulait, et je l'aurai presque sucer à la manière d'un vampire. En fait, je l'avais fait. Pour voir comment c'était. Et une fois la blessure bien profonde, plus encore que l'autre, je m'éloignais doucement, la bouche barbouillée de rouge. Que je nettoyais d'un coups de langue assuré sur mes lèvres. Sans rien faire de plus, je lui tendis mon poignet gauche, la regardant avec insistance.

"Fais pareil alors."

Ne demande pas pourquoi. Je t'en prie.

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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mer 6 Juil - 18:58

    La douleur lancinante me fit comme un coup de poignard en plein cœur. Celui-ci s'arrêta en même temps que mon souffle et je serrais les dents pour ne pas hurler sous la blessure. En quelque sorte, c'était moi qui me l'était infligée. C'était comme demander à un chat de boire sa coupelle de lait. Il ne se faisait pas prier plus d'une fois, en admettant que ce soit nécessaire. Phœnix aimait ça, faire mal aux autres. Je m'en étais bien rendu compte. Et cela ne l'avait apparemment pas révulsé. Il avait accepté, et l'avait fait à l'instant. Comme s'il n'avait s'agit que d'un morceau de pain. Était-il nécessaire de préciser que s'il n'avait pas été aussi impassible sur ce point, je ne lui aurait pas demandé de mordre directement ma chaire ? Non, je ne crois pas que ce soit nécessaire, en effet.

    Lorsqu'il s'arrêta, je fixais toujours son visage. Sa bouche était tâchée de sang. En cet instant, il me faisait penser à ces hommes de toutes ces légendes. A ces vampires qui buvait le sang de leur aimée afin de survivre. Pensait-il à ça, lui aussi ? Je n'en avais pas la moindre idée. Mais le savoir ne m'aurait pas déplu. Surtout s'il s'était avéré que j'avais raison.

    - Fais pareil alors.

    Mon regard humide se changea. Habitant une lueur nouvelle d'interrogation. Oui, je me questionnais. Pourquoi ? Était-ce là seulement un partage qu'il voulait ? A moins que ce ne fut autre choses. Alors je lui demandais pourquoi, muette. Mais sans attendre de réponse, sans l'y obliger, je me mettais à l'œuvre. Il n'était pas aisé pour moi de faire cela. Ce n'était pas dans ma nature. Je n'avais jamais fait ce genre de chose, à part en dernier recours. Il m'était arrivé de mordre quelqu'un jusqu'au sang, lors d'un combat pour une de mes missions à la Resistant Union. Je n'avais plus eu d'arme, aucune dague ou autre chose, donc je m'étais jetée sur la main de mon adversaire, lui déchiquetant les doigts pour lui dérober son arme et le poignarder par la suite. J'avais déjà fait souffrir plusieurs hommes. Physiquement. J'en avais même déjà tué plusieurs. Mais jamais ceux que j'aimais un tant soit peu.

    Il était donc difficile pour moi d'attraper son poignet et de le porter à ma bouche. Mais je le faisais. Je plantais alors mes dents dans sa peau, la perçant aussi rapidement que je le pouvais pour atteindre la chaire. Une fois qu'elle fut suffisamment profonde et que j'étais certaine qu'elle ne s'effacerait pas avec le temps et la cicatrisation, je redressais la tête, la bouche ensanglantée. Le liquide rouge dégoulinant d'entre mes lèvres. Un gout étrange me prenait la langue, celui du sang. C'était désagréable, mais je l'avalais plutôt que de le cracher. Et ce, seulement car il appartenait à Phœnix.

    Je baissais les yeux sur mon poignet mutilé. Les marques des dents de Phœnix dessinant un arc de cercle étrange. Je trouvais la morsure belle. Encore plus belle que celle qui était gravée dans mon bras droit. Encore plus que celle qu'Octave m'avait fait.
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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Mer 6 Juil - 23:24

Mon sang coulait à sa bouche. Mon poignet, était en sang. Elle l'avait marquée à coup de dents. J'en était bien content, de regarder cette marque et de me dire, qu'elle était d'elle. C'était une pensée peut-être étrange, voir carrément sadique pour les autres, mais c'est comme ça que je le ressentais. Je m'amusais maintenant à lécher le sang qui coulait le long de ses lèvres. Mon sang. Goût de fer. De rien d'autre. Et le sien avait exactement le goût. Elle regardait sa marque. Celle que je lui avais faite. Elle l'observait et semblait pensive. Cet air lui allait bien. Mais tous les airs, lui allait bien, de toute façon.

Du bout des doigts, je lui saisit le menton, pour qu'elle me regarde moi. Mon visage. Mon regard. Et pas son poignet, ni autre chose. Même si c'était la marque que je lui avais faite moi. Je voulais qu'elle me regarde. Moi, Phoenix, et pas mes traces de dents sur de la chair. Elle pourrait la regarder chez elle, loin de moi. Mais pour l'instant, j'étais bien présent, et je voulais qu'elle en profite. J'avais envie qu'elle continue de me regarder, car j'aimais sentir son regard sur moi. Tout comme j'aimais sentir ses caresses, et ses baisers. Tout comme j'aimais lui faire sentir les miens. Dans un instant d'amusement, je frottais mon nez au sien, souriant.

Elle était toujours aussi mignonne, même barbouillée de mon sang. Même vampire, si l'on peut dire. Remarquez, on l'était un peu tout les deux à ce moment là. Un être un ne m'aurait pas dérangé, car, son sang, j'aurais pu le boire durant d'éternelles nuits, puisque c'était le sien. Je l'aurai gardé avec moi, pour toujours. Et rien ne nous aurais séparés alors. Je l'aurais enfermé, et j'aurai profiter de sa présence pour me nourrir de son liquide rouge poisseux. Elle aurait été mon dîner, et j'en aurais été bien heureux. Car, je la trouvais appétissante.

-Moi aussi...Je pensais à toi chaque jour et chaque nuit.

C'est ce qu'elle avait dit à mon sujet, un peu plus tôt. Et il me semblait que c'était le bon moment pour au moins lui avouer ça. Et puis, ça ne voulait rien dire au moins. Cela pouvait être aussi bien en mal que en bien. Alors je l'avais dit. Sans hésitation, sans gêne. Fière de l'avouer, même, en fin de compte. Parce que je n'en avais pas honte, loin de là. J'avais été plutôt content, de la revoir dans mes pensées. Vraiment. J'avais dit cela en un souffle, dans un murmure qui avait donné plus d'intensité à mon aveu. Et je continuais de frotter mon nez au sien, en souriant encore. Je n'y pouvais rien. A elle, je voulais montrer ma tendresse cachée.

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MessageSujet: Re: Providence [Phoenix&16] Terminé   Jeu 7 Juil - 0:28

    J'oubliais totalement mes souffrances, le sang, la marque, lorsqu'il prenait mon menton de ses mains froides pour que je puisse le regarder. Il avait bien fait, de me détacher de cette blessure. Ainsi, je m'en détournais tout à fait et ne pensait plus qu'à lui. Lui seul. Je n'avais jamais vécu ça, auparavant. Toutes mes histoires avec tous mes amants avaient été les mêmes, à quelques détails près. Et tous, je les avais quittés au bout d'un maximum de deux semaines, approximativement. Jamais aucun ne m'avait abandonné, ou très peu. C'était moi qui me lassais de leurs baisers, de leurs étreintes, de leurs paroles. J'étouffais. Alors à ce moment, je les quittais. Sans remords. Sans me retourner. Sans répondre à leurs questions. Et je racontais mes histoires à Octave par le biais de notre carnet.

    - Moi aussi...Je pensais à toi chaque jour et chaque nuit.

    Cette petite révélation m'arracha un sourire radieux, dévoilant toutes mes dents dans un arc de blancheur au milieu du liquide rubis qui parsemait les contours de ma bouche. Je savais apprécier son regard, son visage. Lorsqu'il frotta son nez contre le mien, comme l'aurait fait un gamin à une gamine, je riais légèrement. Amusée par cette situation, par ce geste doux de sa part. J'aimais le voir ainsi. Tout comme j'aimais aussi le voir glacial. J'aimais tout chez lui, toujours, en toute circonstance. Je l'aimais presque autant aimant que méprisant. Il était un véritable mystère pour moi. Alors ma question était : Est-ce que lorsque j'aurais tout découvert de lui, serais-je en mesure de l'aimer toujours ? Je n'avais pas la réponse, et ne risquais pas de l'avoir si tôt pensée. Mais cela me convenait ainsi, pour l'instant. De même que je ne m'étais jamais posé la question de connaitre son âge, ou bien son rang. Mais peu importait les quartiers qu'ils fréquentait, ou les années qu'ils possédait, ni même sa richesse ou ses projets. Je m'en moquais tout à fait.

    Ses mèches de cheveux me chatouillaient le haut du front et je lui prenais sa main, simplement pour toucher encore la froideur de son membre. Pour savoir que, mise à part avec moi, il était toujours aussi tranchant, glacial et distant. J'aimais me dire qu'avec moi, il changeait, pour mieux m'aimer. Que les autres étaient méprisés. Sauf moi. J'aimais me sentir valorisé de cette manière. Savoir que j'étais belle ne m'intéressait pas, ou bien seulement quand c'était de lui que me venait le compliment. Car je savais que tout le monde me trouvait belle. On me l'avait suffisamment répété pour que je comprenne que c'était d'une manière générale le seul compliment que l'on puisse m'offrir sans avoir besoin de me connaitre outre mesure ou de m'observer plus longtemps que nécessaire. Puis venait le second compliment : l'intelligence lié à la culture. Là, il était déjà plus difficile de me les dires sans avoir pris la peine de se renseigner à mon sujet ou bien sans m'avoir parler plus d'une heure, en ayant abordé de bons sujets. Mais c'était toujours les mêmes, ils ne variaient jamais. J'avais l'impression que c'était quelque chose collé sur mon front. Comme s'ils se faisaient tous passer le mot. Comme si, finalement, il ne me trouvaient réellement ni belle, ni intelligente, ni quoi que ce soit d'autre. Lui, s'il me disait quelque chose, je savais que c'était vrai. Qu'il ne le disait que parce qu'il en avait envie, qu'il le pensait. Et ça me faisait un bien fou de le savoir.

    - As-tu envie de me revoir ?

    En sous-entendu, ailleurs que dans ses pensées. C'était évident. Moi, j'aurais voulu revoir Phoenix plus souvent encore que je ne voyais Octave. J'aurais voulu qu'il prenne sa chambre, qu'il reste avec moi partout, tout le temps. J'aurais voulu que nous partagions les mêmes draps, aussi...
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Providence [Phoenix&16] Terminé

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