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 Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse [Theo <33]

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Lord Lucien

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RPs : Mad tea party - Première partie
Deuxième partie - Aleth (Fini)

Cavalcade en nuitée - Theo & Willy (Fini)

Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse - Theophil (Fini)

La violence ne résout rien (mais elle soulage) - Theophil (Fini)

Il ne faut jurer de rien - Theophil (Fini)

Un rien suffit - Theophil (Fini)

Des lendemains qui chantent - Theophil (En cours)

Un zeste de citron dans votre décoction? - Heather (En cours)

Prends garde à la paix secrète - Vidal (En cours)



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MessageSujet: Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse [Theo <33]   Ven 27 Mai - 1:04

    La lumière entrait dans la bibliothèque, grise et informe, faisant miroiter la poussière normalement invisible qui stagnait dans l'air. Elle se déposait doucement partout, sur les livres, le parquet, les meubles, stagnant dans l'univers de la pièce comme si elle en était la propriétaire. Solitaire et calme, elle conférait à la salle un aspect ensoleillé alors qu'au-dehors, la pluie battait aux fenêtres, s'écrasant avec brutalité contre les vitres. C'était une averse. Celle-ci finirait par s'arrêter, sachant que cette pluie drue ne durait jamais bien longtemps : elle laisserait épisodiquement la place aux nuages sombres, menaçants d'éclater à tout moment, ce qu'ils s'empressaient de faire quelques minutes après. La journée s'annonçait à l'image de la matinée déclinante, entrecoupée par la pluie et les éclaircies, obligeant la population à se mettre régulièrement à l'abri. Les courageux continuaient à tenter de sortir, se faisant asperger avant d'arriver à destination. Les autres, plus raisonnables, s'étaient clôturés dans leurs maisons ou leurs boutiques, abrités sous un porche ou dans une auberge, chez eux ou chez des amis. Ceux-là attendaient la dernière échéance avant de se risquer sous une météo peu clémente. Ils savaient qu'ils seraient bientôt obligés de sortir, mais repoussaient ce moment avec l'espoir que le temps finirait par s'arranger et qu'ils pourraient se déplacer sans se faire asperger par la pluie sournoise. Cette dernière semblait en effet attendre que les habitants, espérant que l'humidité soit partie définitivement, se ruent en masse dans les rues pour revenir, plus diluvienne que jamais. Au final, elle réussissait son coup, et cela râlait contre le temps qui se détraquait un peu partout dans la ville, les gens désœuvrés se réunissant pour parler de leurs malheurs respectifs, qui aujourd'hui se résumaient à une seule et unique entité : les averses qui prenaient un malin plaisir à faire avorter leurs plans pour la journée.

    D'autres, comme Lucien, n'accordaient que peu d'importance au temps qu'il faisait. En cette journée, il n'avait guère envie de sortir de chez lui, endroit qui lui offrait confort et chaleur sans qu'il n'ait de motif de se plaindre (et bien qu'il le fasse à l'occasion, il fallait bien animer un peu ces journées si ennuyantes) De toute manière, s'il désirait sortir sous les eaux, ce ne serait pas lui qui serait trempé, mais le pauvre hère qui serait forcé de préparer la voiture, d'atteler les chevaux et de venir le chercher en tenant le parapluie sous lequel son maitre pourrait s'abriter, sans lui laisser de place sous l'objet protecteur.
    A côté de lui, sur un coin du bureau à sa droite, le carnet où il notait ses rendez-vous était posé, trônant au milieu de papiers couverts d'une écriture serrée et tranquille. Certains étaient ornés de maints sceaux et de signatures, dont la plupart étaient ceux de Lucien, destinés à des pairs ou des sous-fifres, portant en leur sein des ordres ou des bénéfices accordés, des privilèges. Beaucoup étaient aussi des refus à des demandes qu'il savait de pure hypocrisie. Il lui arrivait d'accepter de prêter de l'argent ou de donner son appui. En général, il préférait laisser le demandeur se débrouiller tout seul. Mais cela dépendait de la personne -de la sympathie ou de l'antipathie qu'il vouait à l'individu, des circonstances, et beaucoup de son humeur du moment.
    Au centre de la plateforme formée par le panneau de bois verni du bureau, une bougie était posée, éteinte mais encore fumante. Quelques livres étaient empilés sur un coin et par terre. Des titres en latin, en polonais, en français ou en anglais suivant leur nature, affichés sur les lourdes couvertures rigides, richement décorées. Preuve de la négligence des domestiques chargés du ménage. Il soupira. Le rangement n'avait pas été fait depuis la veille, où il avait jeté les ouvrages par terre à la suite d'une fatigue passagère. Négligeant de fermer la porte à clef, il avait préféré s'endormir sur le bureau, la tête enfouie dans ses bras, pour se réveiller en entendant la porte s'ouvrir, révélant une jeune servante abasourdie. Il lui avait fait la morale pendant une bonne demi-heure, furieux d'avoir été surpris pendant une sieste inhabituelle. Finalement, il l'avait laissée partir. Il ne s'était pas senti d'humeur à prendre des mesures. Pour la peine, il avait fait tourner Lelio en bourrique tout le reste de la journée, le pauvre ne comprenant pas son zèle soudain à changer d'avis en moins de trente secondes sans interruption. Quoiqu'il s'était très vite adapté au changement de rythme qui avait suivi la paix relative dont il avait joui pendant que Lucien dormait. Le majordome commençait, depuis le temps qu'il était à son service, à être parfaitement rôdé aux caprices du comte. Si cela l'avait déconcerté lorsque tous deux étaient encore des enfants, il avait appris à ne plus poser de questions et à s'exécuter en vitesse et en silence, ne s'autorisant qu'un soupir blasé et une remarque ambiguë de temps à autre, lorsque vraiment, ledit comte exagérait -ce qui arrivait tout de même à intervalles réguliers. Plusieurs fois par semaine. Cependant, ces marques d'indépendance enchantaient Lucien qui, malgré son irritation, se faisait un plaisir de faire remarquer son insolence à Lelio, l'obligeant à lui faire des excuses, ou quand ses caprices avaient vraiment rendu Lelio de mauvaise humeur, à pousser la joute verbale un peu plus loin, frisant le dépassement des limites imposées dans une relation d'employeur à serviteur. Ces petits rites étaient devenus coutumiers et parsemaient le quotidien des deux hommes, empêchant l'ennui d'une vie bien réglée de s'installer trop aisément parmi eux. Et que dire si l'ennui était une maladie dangereuse. Elle atteignait trop souvent les hautes classes de la société, et nombreux étaient les nobles qui en souffraient, montrant du désintérêt, voire du dédain, pour tout ce qu'on leur présentait. C'était comme une sorte de maladie. Qui a tout ce qu'il veut ne désire plus rien, et là était tout le problème. Alors Lucien fomentait ses petites combines pour peupler sa vie, des réceptions aux amants en passant par les conflits domestiques. Tout était bon. Ainsi, il s'amusait. Et Lelio lui répondait parfois. Les caprices trompaient l'ennui et c'était très bien ainsi. Un composant de sa vie, et malgré les menaces qui sortaient bien souvent de sa bouche, il n'aurait pas imaginé que son majordome puisse le quitter. Méchamment, on aurait dit qu'il le considérait comme un meuble. Ou un petit animal de compagnie. C'était plutôt comme un pilier dont il avait besoin. D'une part parce qu'il était bien incapable de se gérer seul ne serait-ce que dans les choses les plus simples, d'autre part, et c'était la raison la plus sentimentale et la plus dérangeante du point de vue des deux hommes, il était simplement indispensable parce qu'il était le seul édifice qui avait résisté au temps et à sa croissance, quelque chose qui était si habituel qu'il ne s'imaginait pas ne plus le côtoyer. Le matin, naturellement, il appelait Lelio pour s'occuper de lui. Il le laissait -parfois- vaquer tranquillement à ses occupations dans la gestion de la maison et lui s'occupait des siennes, répondant aux courriers ou partant chez les commerçants -parfois aussi, il venait donner ses directives à la petite armée de domestiques à son service, se montrant d'humeur plus ou moins changeante selon les jours. La mine déconfite de ces gens étaient parfois si amusantes qu'elles en valaient le détour. Le midi, il attendait que ce soit Lelio qui vienne le chercher quand le repas était près -quand il ne venait pas fouiner au rez-de-chaussée, râlant que cela n'allait pas assez vite ; ou lorsqu'il se rendait à un diner, il attendait que ce soit lui qui vienne le prévenir que la voiture était prête. C'était Lucien qui gérait ses rendez-vous, mais Lelio qui devait s'en souvenir pour donner les directives en temps et en heure pour le satisfaire. L'après-midi, tout se déroulait à l'identique : c'était encore Lelio qui se chargeait des moyens de transport ou de recevoir en premier lieu les potentiels invités, de même que le soir. Il devait être prêt à répondre aux exigences de Lucien lorsque celui-ci décidait qu'il avait envie de partir dans les quartiers peu recommandés de la ville, à la recherche de distractions ou d'un potentiel amant pour remplacer celui qu'il venait de quitter, le laissant avec un peu d'argent dans la main et de l'incompréhension plein la tête.
    Et c'était comme une machine bien huilée qui s'enchainait, chaque jour se déroulant selon un certain rituel comportant des variantes, mais toujours la même essence. Discret, un peu sombre, caché derrière ses cheveux noirs et ses pupilles ocre, Lelio gérait la vie de son maitre tout en le laissant se persuader qu'il n'avait besoin de personne pour se débrouiller. Ce en quoi il se faisait un paquet d'illusion.

    Toujours était-il qu'aujourd'hui comme les autres jours, Lucien finit par consulter le petit carnet qui lui servait d'agenda, avant de vérifier l'heure sur la montre qu'il avait, comme à son habitude, fourrée dans la poche de son gilet. Sans un regard en arrière ni pour la pièce qu'il venait de quitter ni pour les domestiques qui le saluaient à son passage, il entreprit de descendre jusque dans le hall où, ainsi qu'il en était toujours, Lelio l'attendait avec son manteau sous le bras et sa canne dans l'autre. Sans un mot, Lucien s'arrêta pour qu'il lui enfile l'habit, se retourna pour prendre sa canne et partit vers sa voiture en donnant les dernières recommandations pour la tenue de la maison - « Tu feras attention à ce que les fenêtres soient fermées » « Bien, Monsieur » « Et prépare du thé pour qu'il soit prêt lorsque je reviendrai » « Bien, Monsieur »... Lui lançant un dernier regard sévère que Lelio ne prit nullement en compte, se contentant de lui répondre par un sourire mi-sceptique, mi-rassurant, Lucien franchit le seuil de la demeure pour s'élancer au-dehors. La chance voulut que le moment où il dût partir coïncide avec un moment d'accalmie, les nuages s'écartant légèrement pour laisser filtrer un soleil timide, qui serait bientôt à nouveau dissimulé par le brouillard de la nappe grisâtre des nuages. Ne laissant pas à Lucien un nouveau prétexte pour râler, le temps était -pour l'instant- en période clémente. La calèche démarra dès qu'il eût fini de s'y installer.

    Alors qu'ils roulaient dans les rues encombrées du bourg, Lucien écarta légèrement les rideaux qui couvraient les fenêtres de la voiture pour observer ce qui s'y passait. Il vit les gens qui se pressaient le long de la route pour atteindre un abri avant que la pluie ne se remette à tomber, quelques animaux conduits par leurs propriétaires, des gardes à cheval, d'autres à pieds, la boue qui giclait au passages des roues, un bébé qui pleurait contre le sein de sa mère, celle-ci le serrant contre son cœur pour le protéger du froid, la bouche en forme de rond pour former ce qui semblait être une supplique au calme inutile, les pleurs du nourrisson se perdant dans le vacarme ambiant. La voiture rencontra une ornière et fit une embardée. Lucien faillait être projeté contre la paroi droite du véhicule mais réussit à se retenir à un côté du coussin, évitant la collision. Mécontent, il frappa un grand coup sur la surface en face de lui pour signifier son mécontentement au cocher qui lui répondit par un grand éclat de rire et accéléra. Foutue Victoria.
    Lâchant le siège avec méfiance (on ne savait jamais comment la conduite de cette bonne femme allait évoluer, même si elle semblait plutôt calme aujourd'hui), il sortit sa montre pour regarder l'heure. Il était un peu en avance. Il espérait que l'autre serait à l'heure, il n'avait pas que cela à faire (en fait si, il n'avait rien de prévu, mais cela lui aurait fait mal de patienter pour un autre que lui-même). Et que le garde qu'on lui avait assigné serait compétent. En effet, à la suite de la débâcle du carnaval, tempêtant contre l'incompétence des autorités, il avait décidé, pour éviter que ce genre de problèmes ne se reproduise, d'engager une sorte de protecteur qui devrait prévenir ce genre de désagréments. Pour cela, il avait fait appel à la Garde du royaume, espérant y dénicher un individu qui ne serait pas trop incapable et serait à même de prévenir les événements désagréables. Malheureusement, on ne l'avait pas laissé choisir l'individu en question, pour des raisons administratives que l'on avait commencé à lui expliquer lorsque l'on avait perçu son mécontentement, mais qu'il avait refusé d'écouter jusqu'au bout. Puisqu'on lui refusait le choix, il ne voyait pas pourquoi les autres insistaient pour se justifier. Il n'en avait pas grand-chose à faire. Par contre, il avait détesté le sourire condescendant de l'officier qui lui avait expliqué la situation. Il était clair qu'il était absolument ravi de ne pas lui accorder ce qu'il désirait. Contredire un noble devait lui conférer un tel sentiment de supériorité. Certainement parce qu'en temps normal il se révélait plus que médiocre. Cette pensée avait fait sourire Lucien, et son rictus était venu concurrencer celui du soldat. Il avait été ravi de voir que celui-ci se renfrognait, devinant que ses pensées lui étaient dédiées, et qu'elles n'étaient pas forcément très élogieuses. Il espérait néanmoins qu'on ne lui refourguerait pas le crétin du régiment.

    Arrivés au château où il avait fixé le rendez-vous, il monta jusqu'à la chambre qu'il utilisait lorsqu'il demeurait au château. Cependant, il n'aimait pas y rester quand il pouvait l'éviter, détestant l'atmosphère impersonnelle qui y régnait. Pour être entré dans quelques-unes des chambres qui la jouxtaient, il savait qu'elles se ressemblaient étrangement malgré les modifications engendrées par leurs propriétaires respectifs, et cette impression de similitude lui inspirait un sentiment qui ne lui plaisait pas. Il détestait se penser identique aux autres. Et ainsi, il privilégiait la demeure familiale, bien à lui, où il pouvait faire ce qui lui chantait et à laquelle aucun autre édifice ne ressemblait. Il pinça les lèvres. En plus, aucun domestique n'était prévenu de son arrivée. Il était donc seul. Maladroitement, il fit glisser son manteau le long de ses bras et le posa sur une chaise, l'étoffe légèrement mouillée par la bruine à laquelle l'averse avait laissé place. En attendant que son garde du corps potentiel pointe le bout de son nez, il marcha vers la fenêtre comme il le faisait souvent pour regarder au-dehors.
    Pourtant, il n'eût pas le temps d'y parvenir que quelqu'un toqua à la porte, l'arrêtant dans sa perspective d'observation routinière. Faisant demi-tour, il se tourna vers la porte close pour autoriser l'homme à entrer. Il s'imaginait déjà une sorte de rustre baraqué à la cervelle de la capacité d'une huitre trop cuite, les muscles dégoulinant sur ses bottes et une odeur de bœuf. C'était affolant de se rendre compte de tous les préjugés que l'on pouvait avoir sur ce que l'on ne connaissait pas. Il pensa vaguement que le seul garde auquel il avait adressé la parole ne correspondait à ce portrait-robot de la brute au caractère de bourrin et à l'hygiène douteuse. Mais c'était un souvenir qu'il préférait éradiquer de sa mémoire -il s'aperçut alors qu'il désirait éradiquer un certain nombre de choses de son cerveau, était-ce lui qui se faisait des idées ou son existence comportait-elle réellement de plus en plus d'expériences fâcheuses? Toujours était-il que moment avec ce garde et la course-poursuite qui en avait résulté ne faisait pas parties des moments de son existence qu'il adorerait revivre. En fait, s'il pouvait les oublier tout court, il en serait reconnaissant au Ciel et à l'armada de créatures rocambolesques qui siégeaient là-haut. Parce que celui qu'il avait rencontré cette nuit-là était sans doute une poisse bien pire que celle de se coltiner un abruti gras et servile, qui ne penserait qu'à mettre les voiles à la première difficulté. Il semblait attirer les ennuis aussi sûrement qu'il en avait attirés à Lucien. Il espérait que le Très-Haut lui accorderait l'immense faveur de ne jamais lui faire recroiser le chemin de cet olibrius. Il n'avait pas besoin d'une sorte de gringalet excentrique mais d'une personne de confiance à qui il pourrait confier sa vie sans se poser de question (condition assez difficile à remplir), qui ferait ce qu'on lui dirait (un peu plus difficile) sans se plaindre (très difficile) Il y avait peu de chances que l'homme qu'il avait contacté à la caserne soit assez compatissant pour lui envoyer la perle rare qu'il recherchait. Il soupira. Tant pis, il lui faudrait sûrement faire l'éducation de sa nouvelle recrue. Il pourrait le confier à Lelio. Ou le faire lui-même. Mais il n'avait pas vraiment envie de perdre son temps dans des apprentissages futiles. Si le garde se révélait un incapable, il le renverrait chez lui sans autre forme de procès. Il s'arrêta devant cette perspective alléchante. Est-ce qu'on accepterait de lui donner quelqu'un d'autre? Sûrement pas. Il serait sans doute obligé de garder la première personne qu'on lui enverrait. Il devrait donc faire avec ce que l'on daignerait lui donner. C'était pour cela qu'il détestait dépendre des autres, il ne pouvait plus faire ce qu'il voulait sans se préoccuper des tenants et des aboutissants de ses décisions. Il verrait, après tout. Il était également possible que l'homme qu'on lui envoie soit un professionnel si qualifié qu'il n'aurait même pas à se demander s'il devait le garder. Avec la chance qu'il avait, on pouvait toujours rêver.

    Pendant ce temps, la porte continuait de s'ouvrir, laissant apparaître un bras vêtu de l'uniforme de la garde.

    Et il entra. Une silhouette fine, des cheveux cendrés en bataille et des yeux gris, un peu hésitants. Évidemment, cela aurait été trop beau. On n'avait pas daigné lui accorder le plaisir de lui refiler le troufion de base, sûr de lui, bavard et maladroit. Non, on lui avait refourgué pile celui qu'il voulait éviter, le seul élément de la garde qu'il ait jamais croisé et qui l'avait passablement irrité la seule fois où il l'avait vu. Il l'observa plus attentivement. Peut-être qu'il s'était trompé, qu'il avait mal vu. Malheureusement, les deux avaient exactement la même tête. Il aurait bien poussé la comédie jusqu'à espérer qu'il ait un frère jumeau mais cela l'aurait sans aucun doute conduit à une cruelle désillusion. Il fit claquer sa langue contre ses dents pour manifester sa colère. Il ne connaissait pas le nom de cet homme. De ce garçon. Ce jeune homme. Il ne savait pas trop comment l'appeler. Il paraissait jeune. Plus jeune que lui, d'ailleurs. Il devait à peine avoir une vingtaine d'années. Enfin, pour le dire franchement, en cet instant, cela lui était égal. Qu'il ait quinze ans ou soixante-dix et qu'il s'appelle James ou Robert ne changeait absolument rien à son problème. Tout, sauf ça. Allez, courage, il servait peut-être d'émissaire. Il allait lui lancer un sourire indifférent, lui annoncer que le garde qu'il avait demandé allait bientôt arriver. Et qu'il était juste chargé de le prévenir de son arrivée imminente. L'autre avait du retard et il avait envoyé son sous-fifre le dire à sa place. Il fixa l'uniforme du blondinet sans réussir à en tirer un enseignement quelconque. Il ne connaissait pas les ornements relatifs aux grades. Il lui était donc impossible de déterminer à quel échelon se situait le nouvel arrivant. Et d'ailleurs, cela n'avait pas réellement d'importance. Devoir supporter une cohabitation avec un être aussi insolent lui semblait pratiquement insurmontable.

    Il espérait juste que c'était une infâme plaisanterie. Ou alors le destin se payait vraiment sa tête.


Dernière édition par Lord Lucien le Dim 5 Fév - 2:05, édité 1 fois
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Theophil

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MessageSujet: Re: Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse [Theo <33]   Dim 5 Juin - 22:00

  • [Giaaaarg je saaaais c'est maaal je dois pas posteeer il y a le baaaaac *lynchée par le peuple*]

    Pourquoi était-ce toujours les jours de pluie qu'ils devaient s'entraîner ? Mystère total. Il faut croire que le Bataillon numéro neuf était unique en son genre pour subir toutes les misères du Royaume.
    Theophil regardait – d'un regard où pouvaient se lire souffrance, découragement, déprime complète et surtout, flemme – le terrain d'entrainement. La forêt avait au moins cette utilité là. D'ordinaire, c'était un endroit des plus pratiques : grand, bourré d'obstacles naturels en tout genre, seulement arpenté par quelques aventureux crétins. L'utilité mêlée à l'agréable, le coin permettait parfois même à Theophil de piquer une sieste, à l'ombre des fourrés, juste le temps que ses soldats finissent leur parcourt. Quand il n'était pas d'humeur à blaguer, bien sur. Là, il s'amusait à compliquer l'entrainement de sa troupe – c'était pour leur bien, après tout. Ah, délectable souvenir que ce jour où Alphonse, petit nouveau non habitué aux mauvais traitements et peu désireux de traverser un ruisseau qu'ils avaient déniché, s'était agenouillé devant le court d'eau pour réfléchir à un moyen de le traverser sans se mouiller, avait été poussé en avant d'un coup de pied brutal de son supérieur dans le dos, le précipitant sans pitié, tête la première, dans l'eau boueuse. Comme il(s) avai(en)t ri ce jour là, Theo (et lui) ! Oui, vraiment, la forêt était un bel endroit.
    Quand il ne faisait pas un temps aussi pourri que celui là, bien sur.
    Les soldats de la troupe s'embourbait lamentablement dans la gadoue pendant leur lente et douloureuse progression, les obstacles de bois se faisaient glissants et difficilement praticables. Theophil aurait presque eut pitié d'eux s'il n'était pas déjà préoccupé par son propre sort: même sous l'auvent que formait le feuillage de l'épais sapin, la pluie drue le harcelait. Et il avait froid. Voir ses hommes morfler sous le déluge n'était qu'une maigre consolation, vraiment. Comme pour confirmer ses pensées, une épaisse goutte d'eau vint s'écraser sur sa nuque, glacée, vicieuse, s'aventurant dans son col le long de sa colonne vertébrale; il frissonna en pestant.
    Quand il releva la tête, il aperçut au loin, derrière les arbres, une silhouette encapuchonnée qui progressait lentement vers eux. Il ne la lâcha pas des yeux, se doutant qu'il s'agissait d'un émissaire. Il pria très fort. « Vous êtes l'heureux gagnant du prix du meilleur soldat du mois. Vous venez de mériter une semaine de repos. » … Non ? Un jour, vraiment, on devrait inventer ce genre de choses. Le messager, arrivé à sa hauteur, se contenta de lui dire qu'il était convié au Château en même temps que les autres Lieutenants de la Garde Royale. Et mince, voilà qui ne présageait rien de bon.

    Et en effet. L'officier supérieur marchait lentement devant eux, presque à la manière d'un tortionnaire. Theophil, aligné comme les autres dans la salle attenante à celle d'Armement, attendait que tombe le verdict. Sur tous les visages, une seule et unique question: Lequel ? Le Lieutenant-Colonel s'arrêta devant Theophil. Détailla un moment son uniforme trempé, donc non réglementaire. Eut un rictus sadique. Theo déglutit difficilement.

    Lord Lucien Lewandowski, Comte. Ça commençait bien, cette histoire, avec un nom pareil le type devait être prétentieux au possible. Non résident au château. Ah, parce qu'il devrait s'éloigner des dortoirs, aussi ? 24 ans. Merde, en plus il était plus vieux, l'ordure. Sans cesser de marcher, Theophil chiffonna le papier rassemblant les divers renseignements sur celui pour qui il s'en allait travailler, l'enfonça au fond de sa poche en bougonnant. Cet enfoiré d'Officier l'avait saqué comme pas permis. Ah oui, un aristocrate cherchait un garde du corps pour assurer ses nobles arrières ? Il fallait donc un soldat – pas trop gradé parce que les Hautes Instances n'avaient pas que ça à foutre de leur journée, pas non plus sans grade parce que le noble en question risquerait de s'en plaindre – alors qui venait-on chercher par la peau du cou ? Les moyens gradés, bien sur ! Et sur une vingtaine de Lieutenants, lequel devait se taper le sale boulot ? Lui, évidemment ! Vie injuste.
    Il n'avait assuré la garde de personne que deux ou trois fois dans sa vie, et jamais l'expérience ne lui avait paru bénéfique. Le plus souvent, il en gardait même un mauvais souvenir. La seule fois où ce travail lui avait semblé gratifiant, c'était lorsqu'il n'avait été employé que deux jours, par un riche marchand pas avare pour un sous, qui tenait simplement à ce qu'il assure la surveillance de sa jolie jeune fille déménageant chez son nouveau mari. Mais ce coup là, la chose risquerait de s'avérer radicalement différente. Il soupira. Allons, il fallait positiver: au moins cette fois-ci, il n'aurait pas affaire à un vieil aigri acariâtre. Même s'il fallait toujours prier pour que ce ne soit pas pire.
    Theophil grimpa quatre à quatre les escaliers – s'il ne se dépêchait pas un peu, il risquait d'être en retard. Grave erreur à ne pas commettre quand on part à la rencontre d'une haute compagnie. Enfin, déjà, à part ses cheveux encore un peu humide, il était désormais à peu près sec. Être présentable, c'était au moins ça pour ne pas se faire engueuler à peine le seuil de la porte franchi.
    Arrivé à l'étage, quand il demanda à l'intendant quelle chambre était attribuée à son futur patron, le domestique lui indiqua le fond du couloir. Theo remercia rapidement et se dirigea, de plus en plus lentement, vers la porte en question. Maintenant qu'il était si près de sa destination, son empressement semblait diminuer à chaque pas. Jusqu'à ce qu'il se retrouve planté devant la porte.
    Allez, il fallait frapper, maintenant. Genre, tout de suite. Allez.
    Il tourna la tête de gauche à droite, comme s'il guettait un signe salvateur quelconque. Par exemple, un coup de fusil inattendu qui l'aurait fait appeler ailleurs pour une plus noble mission. Ou même un lustre du couloir s'écrasant sur le sol pouvant détourner son attention au point d'oublier le pourquoi de sa venue ici même, pourquoi pas. Dieu est Grand, parait-il. Mais non, tout ce que Theo vit en tournant la tête, ce fut l'intendant qui le regardait avec insistance. Le fait d'être observé lui fit prendre conscience de son idiotie; Theophil se claqua mentalement pour sa couardise. Il était de la Garde Royale, bon sang ! Il allait entrer dans cette foutue pièce, et le noble qui l'y attendait, il allait le mater sans problème, nom de Dieu.
    Timidement, il ouvrit la porte.
    Tandis qu'il entrait à l'intérieur, ses yeux suivirent une ligne imaginaire allant du sol, luxueusement tapis, au mur de droite, dénudé et simple, contre lequel était appuyé une table vide du moindre objet personnel. Puis son regard se tourna vers le centre de la pièce, et enfin, se posa sur le propriétaire des lieux.
    Et comme il achevait de refermer la porte derrière lui au même moment, il eut la très désagréable sensation de s'emprisonner lui-même dans la cage au fauve.

    - … Vous ?

    Simple mot s'échappant de ses lèvres entrouvertes, petit murmure un peu étranglé par l'angoissante surprise. L'individu fit claquer sa langue, en colère. Aïe, lui non plus ne semblait pas très content de le revoir, apparemment. Aucun doute, Theophil le reconnaissait. Grand, mince, droit et fier dans de luxueux habits. Les cheveux clairs et surtout, ces deux pupilles hautaines, dont le gris différait l'une de l'autre. Oui, c'était bel et bien l'homme rencontré l'autre nuit. Et puisqu'il était dans la chambre du dénommé Lord Lucien, alors il fallait logiquement – et malheureusement – conclure que c'était lui, le noble pour qui allait désormais travailler. … Mais pourquoi tant de haine en ce bas monde ?
    Le choc passé – choc à traduire par le silence qui régna dans la pièce le temps qu'un ange passe, voire deux, trois, quatre, voire un troupeau d'anges – Theophil s'empressa de se redresser dignement pour afficher une expression s'approchant le plus possible de l'impassibilité. Difficile. Ça marchait, pourtant, d'habitude, alors pourquoi pas là ? Foutu noble. Histoire d'arrêter également de donner l'impression qu'il voulait disparaître dans le mur, il s'éloigna de la porte d'un pas en avant pour saluer, puis se présenter comme il convenait.

    - Un de mes officiers supérieurs m'a désigné pour être votre garde du corps le temps qu'il vous semblera nécessaire. Je suis le Lieutenant Theophil, à vos ordres.

    Les derniers mots avait résisté pour ne pas franchir ses lèvres, il espéra qu'ils n'avaient pas sonné trop creux. Mais maintenant qu'il s'était obligé à se soumettre, comme la hiérarchie l'exigeait, intérieurement il réclamait compensation et d'autres mots se manifestèrent à leur tour pour exprimer son véritable point de vue.

    - Cependant...

    Non, tais-toi Theo.
    Il batailla un instant avec lui-même, jusqu'à finalement triompher sur son côté obéissant, pour finir sa phrase hâtivement en plantant son regard dans celui du Lord.

    - Cependant, Comte, l'affinité entre nos deux personnes semble suffisamment difficile pour que vous fassiez preuve de sagesse en me renvoyant sur le champ. Histoire d'éviter le meurtre, quoi.

    La dernière phrase n'était pas vraiment nécessaire, Theo, une fois de plus tu aurais dû te la boucler.
    Mais bon. Au point où il en était, après tout.

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse [Theo <33]   Lun 25 Juin - 1:27

    Il fallait se rendre à l'évidence : il était encore plus malchanceux que ce qu'il avait imaginé. A la manière dont le garde prononça ce « Vous? », il sut que l'idiot de l'autre jour n'avait probablement pas de frère jumeau aussi imbécile que lui, et qu'il se trouvait devant l'aimant à problèmes. Alors qu'il avait prié pour ne plus jamais le revoir. C'était vraiment trop injuste. Pourquoi le sort s'acharnait-il contre lui? Et puis, comment un homme de cette carrure pourrait-il le protéger correctement? Il était sûr qu'il avait obtenu son grade par des moyens détournés.

    En plus, il n'avait pas de frère jumeau.

    Cependant, la surprise (et le désespoir) se changea vite en perplexité (devant l'insolence de ce prolétaire, qui osait lui adresser la parole sans y être invité, et, de surcroit, de manière fort déplaisante), puis en colère (idem). Il ne tolérait pas l'insubordination. Quiconque lui était confié lui devait une obéissance aveugle. Il était noble, et de haute lignée.

    Il choisit délibérément d'ignorer la petite voix qui lui rappelait sournoisement, au fond de sa tête, que la quasi-totalité des domestiques qu'il avait engagé s'étaient tous révélés, jusqu'ici, de véritables bras cassés qui causaient davantage de problèmes qu'ils n'en résolvaient : Lelio, qui effrayait les paysans superstitieux, ceux-ci croyant que ses pupilles rouges allaient attirer le Malin sur leur maison, Victoria, qui manquait causer un accident à chaque fois que Lucien avait le malheur de lui confier la calèche, Esther, que personne n'arrivait à cerner parce qu'elle ne disait jamais rien, ou encore Samuel, qui possédait le plus sale caractère jamais vu chez un mortel et qui, en plus de cela, se révélait particulièrement maladroit à ses heures perdues. Bien qu'ils aient chacun leur utilité et mettent, à leur façon,de l'ambiance dans sa maison, le Comte ne pouvait s'empêcher de penser que, d'une certaine manière, chaque nouvelle personne engagée à son service le dirigeait un peu plus vers sa perte. Et cette malédiction semblait se perpétuer encore aujourd'hui : qui d'autre de plus qualifié pour entrer dans l'équipe que le garde désagréable qui attirait les ennuis? C'était tellement logique (et tellement désespérant) qu'il aurait dû s'en douter.

    Il s'arrêta subitement. Il était hors de question qu'il accueille un huluberlu de plus. Surtout celui-là. Surtout pas celui-là. Il se rappelait encore la honte cuisante de cette soirée. Il ne voulait revivre cette scène pour rien au monde. Il allait ouvrir la bouche pour renvoyer le « lieutenant Theophil » puisque tel était son nom, d'où il venait, quand le garde enchaina sur la fin de son petit discours d'introduction.

    Lucien changea aussitôt d'avis. Personne ne lui donnait d'ordres. Le petit Theo allait payer pour son insolence. Il se redressa et le fusilla du regard.

    « Votre suggestion ressemble à un ordre. Et je n'en accepte de personne. Je vous conseillerai donc, à l'avenir, de garder vos conseils par-devers vous. »

    En parlant, Lucien ne cessait de jouer avec sa canne, la balançant d'avant en arrière, ou dessinant des cercles sur le sol. Il haussa les sourcils et planta son regard dans celui de Theophil.

    « Me suis-je bien fait comprendre, lieutenant? »

    Il allait apprendre la vie (et le respect) à ce garde qui se croyait tout permis. Il n'avait jamais vu personne lui adresser la parole ainsi. C'était une honte. Lors de leur première rencontre, il avait bien fait de lui filer un coup de canne : il avait préparé le terrain. Malheureusement, la leçon n'était pas bien rentrée, apparemment. Il retint un sourire mesquin. Il adorait être en position de supériorité, car celle-ci lui donnait tout pouvoir sur le pauvre garçon, qui ne savait pas encore à quel point il allait en baver. Déjà, toutes sortes de tortures, psychologiques ou non, lui venaient à l'esprit, et le réjouissaient particulièrement. Il n'aurait pu rêver meilleure vengeance envers celui qui l'avait humilié, et osait reparaitre devant lui sans gêne aucune. -Lucien, encore une fois, ignora volontairement un autre détail d'importance : Theophil n'avait jamais, au grand jamais, demandé à revoir le Comte. Mais le comte préférait rejeter la faute sur le jeune homme, puisque arrangeant pour lui (et bien plus drôle) S'il se mettait à avoir des scrupules, il n'en sortirait jamais. Ce serait une spirale infernale qui finirait par l'ennuyer plus qu'autre chose! Non, vraiment, autant accabler ceux qu'il considérait comme coupables. Il tenait, ainsi, la vengeance idéale. Theophil paierait pour ses deux crimes : l'avoir obligé à courir, la nuit, perdu, dans la ville, et se permettre de reparaitre devant lui (contre son gré, certes, mais c'était un fait négligeable). Sans compter qu'il ne pourrait pas faire grand-chose pour protester. Lucien ricana.

    « Passons aux détails pratiques. » (Il omit la formule de politesse « si vous le voulez bien ». Il se fichait éperdument des volontés de Theophil. En fait, si ses directives allaient contre celles-ci, il n'en serait que plus heureux)

    « Premièrement, vous aurez une chambre attitrée dans ma demeure » commença-t-il avec un fin sourire.

    Il n'y en avait pas pour l'instant, mais il chargerait Lelio de dépoussiérer un vieux débarras, cela ferait l'affaire.

    « Vous devrez toujours être là avant mon lever. Peu importe à quelle heure, je vous veux sur le pied-de-guerre dès que j'ouvrirai une paupière. »

    Il afficha une expression qui signifiait clairement que, dans le cas contraire, il le paierait très cher.

    « Je veux que vous soyez à mes côtés en toutes circonstances, en tous lieux. S'il arrive le moindre incident, je m'arrangerais pour que vous soyez traduits devant un de vos quelconques conseils militaires qui, je l'espère, vous infligera une punition à la hauteur de votre bévue. »

    Lucien, tout à ses explications, et guettant les effets de ses paroles sur le visage de son interlocuteur, se mit à faire les cent pas en énumérant toutes les directives qui lui passaient par la tête concernant le futur rôle du garde qui se tenait devant lui (Certes, il en inventait la plupart au fur et à mesure, mais il fallait bien qu'il trouve quelque chose) Il énuméra toute une suite de lois, des plus générales, aux plus farfelues. Il finit cependant par s'arrêter et se tourna vers l'autre, qui n'avait pas ouvert la bouche depuis le début de la conversation (ou de son monologue, suivant les points de vue).

    « En fait, tenez-vous prêts à accéder à mes moindres désirs, cela sera aussi simple. »

    Finalement, il trouvait cette situation plutôt amusante.
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Theophil

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MessageSujet: Re: Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse [Theo <33]   Jeu 28 Juin - 2:46

    L'impression qu'avait eu Theo en entrant dans cette maudite pièce se confirmait de plus en plus : il s'était bel et bien enfermé de son plein gré dans la cage d'un fauve. Le fameux Lucien juste devant lui dégageait une aura de plus en plus meurtrière, et le pauvre Theophil se comparait désagréablement à une pièce de viande prête à être dévorée.
    Il espérait à tout prix que sa remarque lui vaudrait un renvoi sec.

    « Votre suggestion ressemble à un ordre. Et je n'en accepte de personne. Je vous conseillerai donc, à l'avenir, de garder vos conseils par-devers vous. Me suis-je bien fait comprendre, lieutenant? »

    « A l'avenir. » Il n'était pas renvoyé. Il était embauché. Et il venait de vexer son nouveau patron.
    … C'était ce qu'on appelait, dans le langage peu châtié de la Garde, se « mettre dans la merde jusqu'au cou. ».
    Difficilement, Theo articula un faible :

    « Bien compris. »

    Il n'eut pas la force d'ajouter un « Lord » en fin de phrase.

    Si seulement il avait fait sa ronde dans un autre quartier ce soir là. Si seulement il n'avait pas interpellé Lucien Lewandowski alors qu'il transgressait le couvre-feu. Si seulement il n'avait pas eu à le ramener chez lui et si seulement, si seulement, il n'avait pas fait preuve d'insolence en insultant le sens de l'orientation du noble. Si seulement il se la bouclait plus souvent, en fait.

    Tout en le fusillant du regard, le Lord s'amusait avec sa canne – Theophil se rappelait d'ailleurs très bien de l'objet traitre qui lui avait laissé un souvenir bleuté et douloureux sur le mollet –, lui faisant tracer des motifs inconnus sur le sol. Et tandis qu'il jouait, son visage se modifia peu à peu... Quand on n'a pas à se concentrer sur les couleurs, on remarque beaucoup plus facilement ce genre de détails. Mais bizarrement, Theophil préférait ne pas y prêter attention à cet instant. La vérité semblait trop effrayante pour qu'il s'y attarde.
    En fait, il refusait de croire que Lucien soit passé de la colère à une joie sadique et macabre – jusqu'à ce qu'il laisse échapper un ricanement :

    « Passons aux détails pratiques. »

    Et il suffit d'un croisement de regard, à peine une demi seconde, pour que Theophil comprenne tout ce que Lucien avait en tête. Il s'imagina confronté aux pires corvées, aux tâches les plus tordues, et menacé des pires punitions (surement plus imaginatives que les coups de cannes, bien sûr), et ce, jusqu'à ce que le noble estime s'être suffisamment vengé de l'autre nuit – vu son caractère, Theo pouvait attendre longtemps.
    … Il devait fuir à tout prix. Maintenant.
    Tandis que le noble commençait une longue énumération de règles toutes plus étranges les unes que les autres (beaucoup devaient être inventées à l'instant, cela sautait aux yeux), Theo pâlissait de plus en plus. Une solution, il lui fallait une solution – il ne pouvait pas foutre le camp de lui-même, mais comment faire en sorte que le noble le renvoie ? Le garde paniquait, et les différents ordres (« Je vous veux sur le pied-de-guerre dès que j'ouvrirai une paupière. », « Le chocolat vous est interdit les dimanches et jours fériés. ») l'empêchaient de se concentrer.

    « En fait, tenez-vous prêts à accéder à mes moindres désirs, cela sera aussi simple. »

    Il opta malheureusement pour la solution suicidaire : creuser un peu plus sa tombe jusqu'à ce que le Lord sature et le mette dehors.

    « Vous n'avez pas précisé si vous souhaitiez qu'on vous apporte vos croissants au lit le dimanche matin, Monseigneur ? »

    Il accompagna sa réplique d'un sourire chargé d'ironie, en espérant que cela dissimule l'effroi qui était sur son visage peu avant.

    « Cependant, Lord, je dois vous avertir que le travail de la domesticité n'entre pas dans mes fonctions. On m'a désigné pour être votre garde du corps, rien d'autre. Alors ils risquent sans doute d'être brûlés. »

    Les phrases sortaient de la bouche de Theophil, plus ou moins réfléchies – en fait, il avait l'impression d'entendre sa cervelle bourdonner sous la nervosité. Peut être qu'inconsciemment, son corps se rappelait de cette fois où Lucien l'avait bloqué contre un mur en l'empêchant de respirer, et se préparait à une éventualité du genre.
    Theo se rendait seulement compte que tout, chez lui, criait silencieusement « Renvoie-moi. »

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MessageSujet: Re: Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse [Theo <33]   Ven 6 Juil - 23:47

    Lucien s'amusait terriblement. Rien qu'à voir la tête que tirait ce pauvre garçon, il se sentait vengé pour toutes les misères qu'il avait pu lui faire. Et ce n'était que le début. Il allait le faire souffrir jusqu'à ce qu'il regrette cruellement son geste ignoble.

    Il ne vint pas à l'esprit de Lucien qu'il exagérait peut-être quelque peu. Si Theophil s'était bien moqué de lui, la vengeance n'était pas à l'échelle de la faute. L'ennui était que le noble s'en fichait éperdument, et n'avait pas la moindre idée de la mesure, préférant agir selon son bon plaisir au détriment de celui des autres. Les seuls moments où il s'en souciait (et encore, c'était pour servir ses objectifs), c'était ceux où il avait un objectif à remplir -obtenir une paix royale de la part d'un individu qui l'enquiquinait, séduire une jolie jeune fille, ou encore éviter de se faire repérer après le couvre-feu, par exemple. C'était d'ailleurs ce dernier point qui avait causé sa perte la dernière fois, et la rencontre avec ce personnage profondément désagréable. Mais il s'était déjà assez étendu sur le sujet pour ne pas y revenir. Il allait se sentir répétitif, sinon. Et cela risquait d'augmenter sa rancœur, en ce moment disparue sous une bonne couche de plaisir sadique. Lucien se secoua intérieurement. Pas plaisir sadique, juste punition.

    Il haussa un sourcil lorsque le garde se mit à lui parler de croissants. C'est vrai qu'il s'était un peu emballé sur les règles. Il n'avait jamais infligé cela à aucun de ses serviteurs. Enfin si, mais pas pendant une trop longue période. Lorsqu'il en avait eu assez de les avoir toujours dans ses pattes, il les avait envoyé paitre. La plupart avaient démissionné aussitôt après d'ailleurs, malgré la colère qu'il avait piqué à la perspective de devoir leur trouver des remplaçants. Il ne comprenait pas pourquoi ils délaissaient une si bonne place pour se retrouver dans la rue, il leur offrait tout de même le gite et le couvert, et une coquette somme pour aller s'amuser la nuit! De toute façon, cela faisait plusieurs années qu'il ne recevait plus les plaintes des domestiques. Il laissait ce charmant travail à Lelio, qui s'en occupait à merveille, comme toutes les autres tâches qu'il lui confiait. Enfin. Pour la plupart des tâches qu'il lui confiait, il ne fallait pas non plus exagérer les compétences de Lelio. A la base, c'était un incapable, comme les autres. Son sourire retomba un instant. Il avait oublié que ce Theophil allait bientôt rencontrer le reste de la bande de bras cassés qui lui servaient de domestiques. Il espérait qu'il ne fomenterait pas une rébellion contre lui, ce serait le pompon.

    Quoiqu'il en serait capable. C'était un soldat après tout, il devait bien avoir un côté bourrin. Il imagina sa demeure à feu et à sang, sa mère hurlant dans tous les coins, les chevaux s'échappant, les meubles explosant les fenêtres sous la chaleur pour venir s'écraser sur la jolie pelouse si bien entretenue. Et se dit que si cela arrivait, il leur ferait payer cher.

    C'était tout de même peu probable. La plupart de ses serviteurs étaient tellement à l'ouest que cela ne leur viendrait même pas à l'esprit. De plus, il se demandait si certaines n'étaient pas recherchés pour de menus méfaits, vu l'insistance qu'ils mettaient à ne pas attirer l'attention, refusant de quitter la maison, s'occupant essentiellement des tâches ménagères. Il était même parfois stipulé sur le contrat qu'ils étaient préposés aux pièces d'intérieur.

    Puis, Lucien se dit qu'il réfléchissait à des choses sans intérêts. Il tenait ce stupide garde en son pouvoir, et si jamais il venait à se rebeller, c'est sur lui que les ennuis pleuvraient. Car lui n'avait pas d'argent, contrairement au noble.

    A la réflexion, des croissants ne seraient pas de refus. Il darda sur le lieutenant (qui ne semblait pas en mener bien large, malgré ses propos) un regard qu'il voulut surpris et indifférent, comme si l'interruption n'en valait aucunement la peine.

    « Je ne vous empêche nullement de faire du zèle. En revanche, comme je l'ai dit précédemment, chaque bêtise mérite sa sanction, n'est-ce pas? » ajouta-t-il en pensant fortement que si quiconque avait le malheur de lui ramener quelque chose de brulé, il y avait des chances pour que le pauvre se souvienne longtemps des conséquences de son geste.

    Il sourit, espérant que son interlocuteur insolent imaginait, derrière la paroi épaisse de son crâne, tous les tourments qu'il se ferait un plaisir de lui faire subir si jamais il osait le ridiculiser, se mettre en travers de son chemin, désapprouver ses ordres ou autre comportement idiot dont il ne voulait pas entendre parler de la part d'aucun de ses sujets, et dont il sentait son nouveau garde du corps parfaitement capable. Et plutôt deux fois qu'une, pour faire bonne mesure (comme quoi, les inconscients existaient même dans la garde royale. Le mystère était de savoir comment le blond avait réussi à survivre jusqu'ici s'il cassait les pieds à ses supérieurs comme il lui cassait les siens).

    Il haussa les épaules.

    « De toute façon, j'ai juste demandé un soldat pour mon service personnel. J'ignore ce que l'on vous a raconté, mais si la fonction de garde du corps fait bien partie de vos attributions, je n'ai jamais précisé à votre supérieur que ce serait votre seul tâche. »

    Ce qui était un mensonge éhonté. Mais si Theophil en venait à se plaindre là où il venait, il y avait peu de chance qu'il soit bien reçu. On ne décevait pas les nobles, et on ne les contredisait pas, qu'ils mentent ou non. Lucien se dit que celui qui avait inventé cette règle méritait sa reconnaissance pour plusieurs générations.

    Après un instant de silence, il fit glisser ses mains jusqu'au bout de sa canne, le pommeau dirigé vers le garde.

    « Maintenant, faites-moi le plaisir d'oublier vos anciennes missions de garde royale à base de recherche de délinquants, ou que sais-je. A partir d'aujourd'hui, vous êtes à mon service, et je ferai de vous tout ce qu'il me plaira. »

    Il laissa courir la canne sur le torse et le cou de Theophil, avant de lui donner un petit coup sur la joue avec l'objet. Elle claqua sur le sol lorsqu'il la reposa près de son pied. De sa main, il désigna la porte, derrière le garde, qui ne bougeait toujours pas.

    « Si vous n'avez pas d'autre objection, il est temps de partir. Vous avez du travail. »

    Ou non. Mais il était si facile d'en inventer.
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MessageSujet: Re: Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse [Theo <33]   Sam 14 Juil - 2:00

    Manifestement, son insolence ne servait à rien. Le Lord semblait trop ancré dans son monde aristocratique, et avait réellement pris l'ironie de Theo pour une proposition sérieuse – en la faisant naturellement suivre d'une petite menace habituelle. Oh, même sans cela, le garde avait compris depuis longtemps à quel genre de personne il avait affaire. Lucien lui rappelait ces haut gradés de la Garde Royale qui passaient leur temps à chipoter pour un oui ou pour un non, administrant les punitions les plus farfelues quand l'humeur n'y était pas – nettoyer l'ensemble de l'armurerie à la brosse, doubler la dose d'entrainements, etc... Mais Theophil avait dépassé cette période. Dès son entrée dans la Garde, il s'était empressé de tout faire pour monter en grade, et ainsi ne plus avoir à subir ce genre de remontrances censées « forger le caractère ». Apparemment il n'était pas monté assez haut : les Lieutenants se faisaient encore victimiser. (cf la situation actuelle du garde, jeté au service du noble le plus tordu et le plus exécrable du Royaume et peut être plus encore).
    Après un sourire, le désigné haussa les épaules :

    « De toute façon, j'ai juste demandé un soldat pour mon service personnel. J'ignore ce que l'on vous a raconté, mais si la fonction de garde du corps fait bien partie de vos attributions, je n'ai jamais précisé à votre supérieur que ce serait votre seul tâche. »

    … Maintenant, Theophil avait la confirmation que ses supérieurs s'étaient bel et bien ligués contre lui. Qu'avait-il fait de si répréhensible pour mériter cela ? Ah, dire que s'il avait fait un petit effort de plus, il serait devenu Capitaine ! Capitaine, le titre qui lui aurait permis d'échapper à toute cette poisse ! Mais non, il avait laissé passer les opportunités, s'installant confortablement à la tête de sa petite troupe. Et maintenant, il ne pourrait certainement pas monter en grade avant un moment.
    Il se demanda justement combien de temps le Noble comptait le garder à son service. Il n'osa pas poser la question, s'attendant presque à un « Aussi longtemps qu'il me plaira, manant ! » comme réponse – et visiblement, il ne se trompait pas. Le noble dit :

    « Maintenant, faites-moi le plaisir d'oublier vos anciennes missions de garde royale à base de recherche de délinquants, ou que sais-je. A partir d'aujourd'hui, vous êtes à mon service, et je ferai de vous tout ce qu'il me plaira. »

    Theo entendit : « Faites-moi le plaisir d'oublier votre vie passée car elle va être réduite à néant dès que vous aurez franchi le seuil de cette porte. A partir d'aujourd'hui, vous êtes à mon service, et je ferai de vous tout ce qu'il me plaira, dusse-je vous tuer à la tâche. ».

    Il retint son souffle. Comme Lucien accompagna sa réplique d'un petit coup de canne sur sa joue, après l'avoir fait glisser le long de son torse, il failli également avoir un mouvement de recul – mais ç'aurait été faire trop plaisir au Lord. Il fit face à la provocante démonstration de domination du noble sans broncher, fronçant juste légèrement les sourcils.
    Et enfin, l'homme l'invita à sortir. Theophil prit conscience qu'aussitôt la porte passée, commencerait un des plus longs calvaires de sa petite vie. Qu'il devrait relever le défi ou y laisser sa peau. (Non non, ce n'était pas Theophil qui voyait les choses comme une aventure épique, mais le visage du noble qui transcrivait bel et bien cette sorte d'impression.) Que, même s'il y mettait toute la bonne volonté du monde, il finirait par faire un faux pas aux yeux du noble qui n'avait qu'une hâte, se venger ; et que plus il obéirait à ses caprices, plus il retarderait l'impair et donc, plus il resterait longtemps au service de Lucien.
    Alors le garde prit une décision : quitte à se prendre une rouste tôt ou tard à cause d'une maladresse quelconque, autant provoquer les choses de manière à ce que la dite maladresse nécessite un renvoi. Oui, c'était cela... foutu pour foutu, Theo pouvait au moins rendre la vie du noble impossible.
    Avec un sourire, Theophil ouvrit la porte :

    « Mais avec plaisir, Lord. Si vous voulez bien vous donner la peine... » fit-il d'une voix douce, tout en s'effaçant du passage pour laisser sortir le noble en premier.

    Et il le suivit hors de la chambre.
    Ça oui, Lucien regretterait de l'avoir engagé.

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MessageSujet: Re: Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse [Theo <33]   

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