{ Dirty Prince }


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 Eve is the apple of my eye [Elisabeth & Evan]

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MessageSujet: Eve is the apple of my eye [Elisabeth & Evan]   Jeu 26 Mai - 0:04

    Je me levais chaque matin très tôt pour ranger la boutique de fond en comble, effacer les traces de mon travail tardif et minutieux. En effet, un atelier à succès était, selon moi, un atelier accueillant et organisé. Ainsi, je balayais les lambeaux de tissus, les fils colorés, récupérais quelques boutons perdus, pliais les étoffes et dentelles. Les mannequins que je m'étais payés étaient de qualité médiocre, mais j'avais réussi à les perfectionner pour qu'ils aient les proportions voulues en rajoutant des plumes par endroits. Ainsi, ils étaient tous organisé de manière à ce qu'on puisse les contempler depuis la vitrine en même temps que je les travailles.

    Quelques-uns des plus beaux vêtements que j'avais confectionnés étaient exposés sur des sortes de mannequins formés seulement d'un squelette de bois. Cela était suffisant pour les tenir sans les abimer et pour que les clients qui rentraient aient l'œil dirigés vers eux.

    Ma spécialité, c'était les robes. D'ailleurs, cela se voyait au premier regard. Je ne faisais majoritairement que des robes. D'abord car c'était ce qui se vendait le plus facilement, ensuite pour l'extravagance dont on pouvait faire preuve lors de leur création. Mais aussi et surtout par soucis sentimental. Depuis que j'avais quitté ma Méline, je n'avais d'yeux que pour les robes, les robes et les robes. De n'importe quelle taille d'ailleurs. Cela faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas vue, qu'à présent je n'arrivais plus à me la représenter clairement. La seule image que j'avais d'elle était son visage doux, ses cheveux blonds et soyeux, ses yeux bleus et son sourire éblouissant. Je me la représentais aussi bien adulte qu'enfant. En y pensant, elle pouvait très bien être morte à l'heure qu'il était.
    A cette pensée, je n'éprouvais aucune tristesse. Non, ce n'était pas de la cruauté ni de l'indifférence. Simplement que je ne pouvais pas l'imaginer comme telle. C'était inconcevable, impensable.

    Je me dirigeais vers une robe similaire à celles-ce que j'avais faite pour Méline il y a quelques années, d'une taille un peu plus grande que l'initial cependant. Une robe blanche taillée dans une soie douce et légère, agrémentée de quelques dentelles et de rubans roi lui donnant une séduisante lueur bleutée. Une robe qui d'après moi, n'irait à personne mieux qu'elle aurait allé à Méline. M'enfin... Je devrais bien la vendre de toute manière.

    Sortant de ma contemplation et de mes pensées, je passais ma main dans mes cheveux d'un blond tirant sur le châtain et me décidais enfin à bouger en me chuchotant quelques mots.

    - Allé, mon vieux. Faut pas te laisser aller.

    J'installais le porte aiguille sur mon poignet gauche, sortais le fil dont j'avais besoin, quelques dentelles et me mettais au travail, aidé d'une bouteille de rhum que j'avais déposée un peu à l'écart pour que je puisse tourner au tour du mannequin plus aisément. J'étais rapide, efficace, passionné et doué. Une fois que j'avais commencé, seul la venue d'un client pouvait me faire arrêter. En effet, je ne m'arrêtais pour rien au monde, sauf pour ma progression et quelque part, mon ascension dans le monde de la couture. Me faire repérer par les Princes n'était pas chose facile et je devais toucher tout d'abord la noblesse et la bourgeoisie.

    Verre après verre, de fil en aiguille, mon œuvre se finalisait.




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MessageSujet: Re: Eve is the apple of my eye [Elisabeth & Evan]   Jeu 26 Mai - 21:10

M’habillant après un paisible sommeille, je me rendis compte avec horreur de l’heure avancée. Le soleil, qui d’un rayon était venu lécher mon pâle visage, me sortant dès lors d’un rêve bien étrange, n’était pas loin d’atteindre son zénith. Il devait être approximativement dix heures.

Me hâtant de sonner mes domestiques, je me mis à me remémorer ce qui avait troublé mon étreinte avec Morphée.
J’étais parée d’une simple robe sans forme, immaculée de blanc, et mes cheveux lâchés pointaient au bas de mon dos.
Face à un nombre étonnant de personne, qui semblait en colère pour une raison qui m’échappe complètement, je paraissais captivée ou pensive, je ne saurais le préciser.
Néanmoins, bien qu’éloignée du peuple, nous étions tous au même endroit : une longue allée qui semblait infinissable, qui nous offrait au loin la vue d’une gigantesque demeure. Un château ou peut être bien un manoir, ma mémoire s’embrume.

Cependant cette rue m’attirait, que se soit dans mon rêve ou non, comme si je la connaissais, ce qui était improbable. Car, quand le temps m’était offert, j’en profitais pour m’isoler de mes appartements et de n’importe quelle forme humaine, allant de ce fait déposer mon corps svelte contre celui d’un arbre.
J’aime à être seule, reposant ainsi mon âme et mon esprit en me plongeant dans une littérature moderne, pendant que le bas de ma robe glisse avec tendresse et légèreté le long de mes jambes, alors que la lumière du soleil m’apporte un chaleureux sentiment de sécurité ; perdant ainsi, dans ma tranquillité, mon regard azuré dans le coton des nuages.
Je préfère cela, à me pavaner dans les rues truffées d’Angleterre.

Toutefois, je ne cessais de tourmenter, absolument persuadée de connaître les divers magasins qui ornaient l’allée de mes songes.
Il y avait parmi ces échoppes une taverne désertique, où seules quelques bouteilles et quelques verres brisés régnaient. Plusieurs tables et sièges, d’un bois miséreux, trônaient dans la sordide salle, et la toile d’un bateau naufragé, qui siégeait sur l’un des murs jaunis, rehaussait l’ambiance sinistre de l’endroit.
Aux côtés de ce bouge, se trouvait une boutique d’un genre particulier. Plus colorée, plus vivante, ce qui contrastait avec toutes celles de la rue, bien qu’elle soit tout aussi vide et délabrée. Néanmoins, les divers tissus étalés aux quatre coins de la pièce semblaient la paré, comme si chaque rubans et chaque boutons étaient en faite un détail, une décoration exquise à ce qui était l’habit de cette salle.
Mais plus je l’observais, plus une impression baroque et pesante s’emparait de moi. Et il s’intensifiât quand mes pupilles rencontrèrent des mannequins dépiécés d’où tombait continuellement une masse étonnante et infinie de plume. Comme si de leur simple présence la pièce s’emplissait d’un sentiment de tristesse quasi palpable.

Puis, soudain, un bruit me parvint de l’arrière boutique. J’eus tout le temps nécessaire pour entendre et identifier chacun des martèlements sourd de ce qui semblait être des pas sur le sol parsemé de tissu et de plume.
Malheureusement, comme dans tout rêve, je finis par m’en extirper au moment le plus palpitant.

Cependant, je n’avais à présent guère le temps de me confondre en multiples hypothèses sur l’identité de la personne qui semblait accompagner mes songes, que déjà mes servantes s’étaient empressées de me rejoindre, se hâtant de me toiletter pour ensuite me vêtir d’une robe de soie marine, dont les rubans corbeaux formaient un fin corset au devant de l’habit. Agrémenté de discrètes fleurs en dentelles, l’habit, qui épousait parfaitement mes courbes féminines, était d’une finesse et d’une légèreté rêvée à la vue de la chaleur extérieur.
En parlant d’extérieur, en voilà un endroit à finalement explorer. Il y a une première fois à tout. De plus mon rêve éveilla une curiosité profonde qui me poussa à prendre une décision qui me paru bien sotte une fois lancées dans la foule qui bondait le pavé irrégulier et grisonnant d’une rue quelconque.

Le cliquetis du collier qu’habillait mon cou teintait à chacun de mes pas en désaccord avec les ornements disperser dans mon chignon tressé, pour finalement s’étouffer dans le brouhaha de la civilisation.
Je finis rapidement par regretter de m’être déplacée, ne me sentant ni à mon aise ni à ma place, bien que j’étais loin d’être la seule noble à arpenter les avenues sinueuses de cette ville anglophone.

Pourtant, au moment où mes talons allaient claquer pour faire demi-tour, et ainsi retourner à mes occupations, je me figeai au devant d’une vitrine donnant sur une échoppe. A l’intérieur de celle si, plusieurs mannequins quelque peu miséreux, se tenaient au devant de quelques montures boisées qui soutenaient d’étonnantes robes.
Elles semblaient spéciales, comme si chacune d’entre elles avaient été conçue avec la même précision qu’aurait usé un peintre pour l’une de ses toiles, comme si chacune étaient une œuvre d’art. Le ou les confectionneurs devaient être des passionnés. Néanmoins, pour l’instant je n’en apercevais qu’un. Un homme d’une taille respectable qui s’agitait avec rapidité autour d’un des nombreux mannequins.

Cette boutique me fit songer à celle de mes rêves. Et rien qu’à cette idée mon sang se glaça, mais après avoir fait tout ce chemin autant que je m’y aventure…
A mon entrée, l’homme que j’aperçus les précédentes minutes, cessa son travaille tout en relevant un visage dont les traits étaient agréable à observer.
Toutefois, j’eus l’impression d’être arrivée tel un cheveux sur la soupe. Je venais de l’interrompre et surtout, j’avais brisé l’éclat de passion qui brûlait au fond de ses prunelles.

« Oh... Faites comme si je n’étais guère présente, la simple idée d’être d’un quelconque désagrément, me déplait au plus haut point. »

Après m’être essayé à un bref sourire, je me détournais de sa vision, dirigeant la mienne le long des vêtements, observant chaque plis, chaque rubans, chaque boutons et détails, me délectant de ce qui s’offrait devant moi.
Puis, absorbée dans ma contemplation, j’en vins à oublier mes dires et brisa le silence que j’avais proposé.


« Qui est le créateur de ces merveilles ? Curieuse que je suis, j’apprécierais grandement détailler et converser avec la personne qui fait preuve d’une si grande passion et de ce qui semble presque à un attachement d’amour pour ses créations. »

Me tournant face au jeune homme, une conclusion me vint à l’esprit, que j’eus la maladresse d’évoquer à haute voix.

« A moins que cela ne soit vous ? » Dis-je d’une tonalité presque semblable à celle d’un murmure.
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MessageSujet: Re: Eve is the apple of my eye [Elisabeth & Evan]   Jeu 26 Mai - 23:10

    Habile, rapide, je terminais la robe que j'aurais baptisée "Méline" si seulement j'avais suffisamment de force pour la présenter sous ce nom à mes clients. Car non, je ne me voyais pas la nommer ainsi. Quoi qu'en soit, ce n'était pas dérangeant, seulement que prononcer son prénom maintenant, sans sa présence et sans la certitude qu'elle soit encore en vie, n'était pas franchement une évidence. Et je me voyais encore moins verser une larme face à la Lady qui rentrait dans ma boutique. Je l'avais aperçue de l'autre côté de la vitrine, seulement je n'avais pas pris le temps de sortir de ma transe artistique pour la regarder plus précisément.
    Maintenant qu'elle s'adressait à moi, je me retournais comme stoppé immédiatement par le timbre de sa voix. Voix que je trouvais d'ailleurs légèrement gêné. Ainsi, je lui adressais un sourire aussi chaleureux qu'il m'était possible d'offrir à cette Lady.
    Ainsi je me remettais au travail d'une manière plus superficielle, rajustant parfois quelques plis, mettant des épingles et en enlevant d'autres par endroits. La robe était parfaite, seulement maintenant, je me devais de lui trouver un propriétaire convenable. Aucune femme, si elle ne lui saillait pas parfaitement, ne la porterait, je m'y refusais. Alors, ou bien je l'exposais, ou bien je la gardais dans l'arrière boutique. A ce moment-là, je ne la présenterais qu'à celles que je jugerait dignes de porter cette robe.

    A nouveau, la Lady m'adressa la parole. Je me retournais à nouveau, plantant cette fois mes yeux dans les siens. Elle était belle. Affreusement belle. Rares avaient été les fois où il m'avait été donné de voir de tel spécimens. Des proportions fines et agréables, un regard séduisant d'un bleu précieux et une chevelure magnifique. Comment avais-je pu me retenir d'y passer mes doigts ? Je n'en savais rien. Seulement, cette Lady m'attirait physiquement bien plus que beaucoup d'autres. Je n'oublierais pas son visage, c'était une certitude.

    M'inclinant devant cette pure beauté, je lui répondais d'un ton léger.

    - Moi-même, Lady. Et je serais heureux de m'entretenir avec vous.


    Je me redressais, un sourire charmant au visage. Elle avait éveillé quelque chose en moi. J'étudiais encore une fois les courbes de son corps. Outre le fait que je ressentais une attirance charnelle pour cette merveille, elle était surtout parfaite. Parfaite pour cette robe. Et ce, à tous les niveaux.

    - Seulement... Pouvez-vous me faire la faveur de vous vêtir de cette robe ?


    Si elle, refusait de la porter, alors personne sauf Méline n'aurait jamais le droit de se l'approprier. Je ne voulais voir, à cet instant, personne d'autres qu'elle dans cette robe. Je me pressais vers mon œuvre, ôtant rapidement quelques aiguilles avant de prendre la robe dans mes bras et de la lui présenter pour qu'elle puisse toucher les tissus précieux avec lesquels elle était faite.
    Je la regardais intensément, comme pour la supplier. Jamais je n'avais trouvé lignes mieux appropriées ce jour, et en y pensant, il fallait que je m'en débarrasse. Les souvenirs douloureux n'étaient jamais bons à garder trop longtemps. C'était l'expérience qui parlait.
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MessageSujet: Re: Eve is the apple of my eye [Elisabeth & Evan]   Ven 27 Mai - 15:40

Suite à mes mots le jeune homme, dont j’ignorais le nom, me fit face. Posant dès lors son regard chocolaté sur ma personne, me détaillant longuement de ses yeux pétillants. Je ne su si c’était moi qu’il observait. Cependant, n’étant pas vaniteuse cette idée me quitta aussi vite qu’elle m’était apparue. J’optai plutôt pour une réflexion profonde dans laquelle il s’était plongé, pour finalement en ressortir quelque minute plus tard en une respectueuse inclinaison. Il prit ensuite la parole, me charmant par un tint de voix ni trop grave ni trop doux. Je l’écoutais ensuite avec toute l’attention que je lui devais, et il confirma mon hypothèse citée auparavant. C’était donc bien cet homme au sourire séduisant, qui créait, de ses mains de fées, ce qui illuminait mes prunelles.

M’observant à nouveau, j’en profitais pour me faire par d’une pensée bien précise, me démontrant dès lors, que finalement, dans ce que je considérais comme un monde sauvage et incivilisé, se trouvait en réalité des personnes agréables.
Moi qui me sentais si mal à l’aise en dehors de cette boutique, voilà qu’à présent c’était le contraire. Je ne songeais même plus à l’extérieur, bien trop occupée à me questionner sur ce qui pouvait bien traverser l’esprit de ce couturier.

« Seulement… Pouvez-vous me faire la faveur de vous vêtir de cette robe ? » Me dit il en me présentant une robe de soie colombe, dont-il avait rapidement enlevé quelque aiguilles de soutiens.

Longue et délicate, un ruban bleuté la traversait, lui donnant de ce fait un éclat particulier. Toutefois, malgré une simplicité apparente, cette tenue attirait l’œillade, bien plus que certaine de ses semblables fièrement exposées.
C’était donc à ça qu’il songeait ! Cependant, j’hésitais de m’en saisir, mais les pupilles perçantes de mon interlocuteur m’y contraignaient. Je ne dit pas qu’elle était loin d’être sublime au contraire, mais j’étais venu à la base par curiosité et non avec l’intention d’acheter… et puis rien qu’à l’idée de devoir enfilé cette robe, je réalisais que je ne m’étais jamais vêtis seule. Et jamais un homme n’avait pu observer la moindre parcelle de ma chairs hormis celle qui dépassaient de mes vêtements.

Je finis tout de même par chercher des yeux un paravent, et quand ma recherche fut fructueuse, je pris la parole.

« Cela serait un honneur. » dis-je d’une voix quelque peu hésitante, avant de fléchir les genoux dans une légère révérence.

Tout en me dévêtissent, je ne ressenti aucun stresse, sauf peut être au moment où je me devais de réclamer une aide quelconque.
Et c’est le dos mis à nu et les mains sur ma poitrine, soutenant de ce fait la robe contre celle ci, que je me résolu à prendre la parole.

« Oserais-je vous demandez de… m’apporter votre appui ? Je vous en serais reconnaissante… » dis-je en me souhaitant la plus calme et détachée possible.

Toutefois, cet air passible ne se trouvait que dans ma voix, car je réalisais en m’observant dans la glace face à moi que mon visage habituellement blême, prenait petit à petit un teint rosé au niveau de mes joues. Et c’est dans l’attente de sa présence que je me mis à prier qu’il ne se rende compte de rien.


Dernière édition par Lady Elisabeth le Ven 27 Mai - 21:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Eve is the apple of my eye [Elisabeth & Evan]   Ven 27 Mai - 20:25

    - Cela serait un honneur.

    Un honneur ? Pour moi, cela était un bonheur. Je me rêvais de la voir dans cette merveille. J'en étais profondément ravi et reconnaissant. Rien n'aurait pu plus me satisfaire. Si elle ne tenait pas à l'acheter, je la garderais jusqu'à ce que je trouve une femme suffisamment à mon goût qui puisse la porter. Je ne permettrais à aucun corps grossier de s'en habiller. Et cela, même si elle me la prenait pour une somme extravagante.
    Je me dirigeais vers le paravent pour y pendre la robe délicate pour ensuite m'installer sur mon vieux fauteuil, attendant que la belle se vêtisse. Un fauteuil que j'avais trouvé dans l'arrière boutique lorsque je me l'étais payée une misère. Ses coussins rouges rubis étaient confortables bien que légèrement usés, il était fin et ouvragé, fait d'un bois de rose et serti de quelques pierres de diverses couleurs. Je m'y sentais comme un prince et bien que je n'avais pas l'habitude de fumer à l'intérieur de mon atelier pour ne pas endommager les tissus, j'en avais franchement envie.

    Pour me maitre à l'aise, je remontais les manches de mes chemises jusqu'aux coudes, dévoilant une sévère brûlure sur mon avant bras droit. Marque de mon malheur, rappel de mes objectifs. Elle me demandait à l'aide alors que je m'apprêtais à attraper de quoi fumer. Ce n'était pas vraiment une surprise et pour tout dire, j'aurais été étonné qu'elle ne le face pas. Quelle femme arrivait à s'habiller seule d'un corset correctement ? Je n'en connaissais pas une. Habitué à la tâche, je me levais pour lui porter secours.
    Arrivant face à elle, mes yeux se portèrent tout naturellement vers son visage rosé puis vers la poitrine qu'elle cachait derrière la robe. Sans trainer d'avantage, je lui accordais un rapide sourire poli et me postais derrière elle. D'un geste habile, j'en venais à bout en l'espace de quelques secondes à peine.

    Je poussais le paravent pour que la lumière du jour nous atteigne de manière à créer des reflets doux et agréables sur la soie bleutée. Puis je retournais m'asseoir dans le fauteuil, la regardant de mes yeux experts. Comme je l'avais prévu, elle était absolument radieuse. Aucune des autres créations de toute la boutique n'aurait pu lui convenir mieux que celle-ci. C'était une évidence.

    Me levant à nouveau, j'allais ajuster les tissus, refaire les plis, les nœuds. Puis, m'accordant un petit écart, je disposais mes cheveux à ma convenance tout en savourant leur douceur. Ainsi, elle était parfaite. Restait à confirmer son élégance, sa grâce.

    - Vous êtes magnifique.


    Marquant un temps, je repoussais une de mes mèches, satisfais de mon travail. M'avançant davantage, je m'inclinais à nouveau, lui proposant ma main comme je le faisais pour toute nouvelle connaissance. Je n'avais pas l'habitude de m'étendre plus que nécessaire avec mes clients, mais aujourd'hui, je me devais de le faire. D'abord, car c'était une des créature les plus fabuleuse qui m'avait été donné de voir, d'autre part car je comptais bien faire en sorte qu'elle se souvienne de moi. Les compliments qu'elle m'avait fait, je ne les avais pas oubliés et s'ils étaient sincères, marquaient une formidable opportunité. Atteindre les oreilles des princes étant mon premier but, oublier ce point aurait été une erreur de parcours monumentale et irrémédiable.

    - Je me présente. Evan Amos, encore modeste couturier.


Dernière édition par Evan le Lun 30 Mai - 21:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Eve is the apple of my eye [Elisabeth & Evan]   Lun 30 Mai - 21:23

C’est tout en patience et attente que j’entendis le bruit de ses pas en guise de réponse à mon appelle. Ceux-ci me firent à nouveau songer à mon rêve de la veille. J’en frissonnais.
Étrangement, pour une journée qui venait à peine de débuter, elle était déjà passablement forte en émotion pour la femme, habituellement passive, que je suis. Jusqu’ici j’avais rêvé, ce qui m’arrive déjà rarement et quand cela se produit il est peu probable que je m’en souvienne. Toutefois, celui-là était net, précis et par mon imagination loufoque je parvenais même à détecter des similitudes dans mon quotidien. Et comme si cela ne suffisait pas, je m’étais même sentie attirée par un couturier, bien qu’admirablement doué, je l’admet. Moi qui n’arrivais jamais à trouver le moindre intérêt chez autrui, je me trouvais presque intéressée par un inconnu, en apparence, des plus banal.
A ces pensées je me senti quelque peu déroutée… mais je parvins à les assumer malgré ma réticence profonde à le faire.
Un peu d’humanité et de sentimentalité, n’était guère de trop chez les femmes de ce monde, même si parfois il en est plus de l’hypocrisie pour ces sentiments…

Prise dans ma réflexion, je ne pu m’empêcher de sursauter quand je senti ses mains enlacer le cordage de mon corset, frôlant ainsi ma peau dans une légère caresse. Un certain dégoût me gagna, au contraire de la gêne ou même du plaisir qu’en temps normal une personne tierce aurait éprouvé. Je supportais difficilement que l’on ne m’approche de trop et d’avantage que l’on me touche, d’autans plus quand la parcelle de peau qui souillait la mienne appartenait à un homme. Je ne fis pourtant rien paraître et ce moment fort délicat pris vite fin de pars son habilité.
Après s’être hâté de rejeter le paravent, il fit marche arrière, s’installant sur un siège ayant déjà fais son temps, et ne se priva pas de me détailler, probablement pour juger son travaille. Rien ne vaux un mannequin de chaire j’imagine.

« Vous êtes magnifique. » Dit il d’un air satisfait.

D’abords septique et incertaine de ses dires, je ne réagis pas immédiatement. Loin de moi l’idée de ne pas avoir confiance en ma personne, mais à moins d’être particulièrement égocentrique, si vous n’en avez pas la certitude, difficile de croire une telle affirmation. Mais c’est en me retournant que je pris conscience de mon allure. L’habit en lui-même déjà attirant, comme je l’avais déjà fait remarquer, s’étendait avec une étonnante symbiose sur mon corps, tandis que les touches bleutées du vêtement s’accordaient parfaitement à la teinte de ma chevelure.
Idiote aurais-je été de ne pas désiré l'acquérir.

« C’est votre œuvre qui l’est » Finis-je finalement par répondre.

Je me laissais à admirer les détails des mes formes au dessous de la soie, jusqu’à ce que mon regard soit attiré par le reflet de la fumée qui émanait de ce que tenait mon interlocuteur. J'en suivi le fils et c’est grâce à ce petit jeu de piste que mes prunelles tombèrent sur une chose bien étonnante. Je crus d’abords apercevoir des tâches ou un objet quelconque sur les bras du couturier, jusqu’à ce que je réalise l’origine des traces.
Faisant volte-face je ne pu détacher mon regard de ses brûlures, sans pour autans avoir le visage déchiré par le choque ou le dégout loin de là. Plutôt la curiosité.
Puis une question, idiote soit elle, s’échappa de mes lèvres.

« Souffrez-vous ? » demandais-je d’une voix plus douce que je ne l’aurais souhaité.

Cependant au moment où je me rendis compte de mon indiscrétion non des moins impoli, je fis une légère révérence semblable à me première, m’empressant de lui transmettre mes excuses les plus distingués, mais elles furent brèves, ne tardant pas à changer de sujet, comme si je ne m'étais pas exprimée et que ne rien ne s'était produit, pour une chose, qui peut être, le réjouirais.

« Quelle valeur a pour vous votre création ? Je vous l’acquérrais pour cent fois cette somme. » Et tout en déposant délicatement ma main sur celle qu’il m’avait sciemment proposé je repris :
« Elisabeth Davis Williams, et je suis plus qu’honorée de faire la connaissance du couturier, loin d’être modeste, que vous êtes. »

Néanmoins, je me fis une réflexion quelque peu intéressante. Se comportait il ainsi avec tous ses clients ? Si cela était le cas, il devait avoir bien des habitués et surtout moult courtisanes à ses pieds, je doute qu’avec un charme naturel comme le siens et une politesse aussi pesée que celle dont il usait, monsieur soit seul.
Mais si cela n’était pas le cas, il se pourrait bien que je lui soit d’un quelconque intérêt ou d’une utilité prochaine… ou bien était-il simplement agréable de nature et par simple feeling qui sait…
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MessageSujet: Re: Eve is the apple of my eye [Elisabeth & Evan]   Mar 31 Mai - 20:37

    Un second compliment que je ne pouvais refuser, même par simple politesse et qui m'arracha un sourire franc. Je savais que cette robe était on ne peut plus excise, étant donné que j'en étais le créateur et que je savais par conséquent tout le travail qui avait dû être fourni pour monter cette petite merveille ainsi que les matières utilisées. Par contre, recevoir l'avis positif d'un tiers était plus que gratifiant. Un peu la récompense de tous mes efforts.

    Cependant, quand elle parla de ma brûlure au bras, je ne puis m'empêcher de retomber dans mes pensées, affichant un visage triste et perdue.
    En effet, je souffrais. Énormément même. Alors bien sûr que cela ne me faisait plus mal physiquement, depuis le temps c'était évident. Mais cette marque était surtout la symbolique de mon malheur et de ma douleur sentimentale. D'abord parce que j'avais quitté ma petite Méline, la laissant sous l'autorité de nos parents et à la merci d'Antonin. Ensuite, parce que plusieurs de dizaines de mes créations passées où j'avais investi de grandes sommes d'argents et fournis des efforts extrêmes, toutes les robes que j'avais faites pour Méline, mes croquis, tout n'était plus que cendres. Alors quand j'avais désespérément plongé mon bras à intérieurement du brasier, n'en retirant qu'un lambeau de tissus enflammé et à moitié calciné, quand j'avais contemplé le fruit de mes efforts partir en fumé, j'avais eu mal. Et ce mal me poursuit encore et toujours. Venait s'accumuler une difficulté de plus : j'étais enfermé entre quatre murs, sans possibilité autre que de me battre contre ces princes. Parce que je devais à la fois réussir à me faire connaître partout, et tenir la promesse que j'avais faite à Méline. Je devais la retrouver et l'emmener avec moi dans un atelier que j'aurais acheté au sein d'une ville précisément choisie. Pour cela, il était nécessaire d'exterminer _ oui, je parle bien là d'extermination_ ces princes. Tous les moyens étaient bons. Et moi, j'utilisais mon talent et la Resistant Union. Je me moquais totalement du sort des autres, qu'ils fassent ce qu'ils désirent. Mon désir à moi, c'était de quitter ce royaume au plus vite. Et je ne laisserais personne se mettre en travers de mon chemin.

    Après ses excuses, je lui adressais encore une fois un sourire. Je lui pardonnais cette indiscrétion. Je lui pardonnais le fait qu'elle m'ait fait ressasser ces souvenirs.

    Pour ce qui était de son prix, je n'en avais strictement aucune idée. N'ayant jamais envisagé de trouver le corps convenable lors de son élaboration je n'avais prêté aucune attention à sa valeur. Mais je me rappelais avoir établie une liste des matériaux incontournables ainsi que leur prix approximatif.
    Je déposais un baiser extrêmement doux sur le dos de sa main, plongeant mon regard séducteur dans le sien. User de mon charme était une des tactiques que j'employais avec ces dames, même si je n'allais pas jusqu'aux présentations, cela n'était pas nécessaire. Et d'ailleurs, je ne comptais pas faire de baise-mains à tout va.
    Je me redressais et retournais dans l'arrière boutique, la partie la plus désordonnée de ma boutique, l'invitant à me suivre en un regard. Je cherchais sur un des nombreux plans de travail entourant une grande partie de la pièce bien éclairée le papier où j'y avais noté les informations de base. Je tombais sur l'objet de mes recherches, accroché au mur, retenu par des épingles colorées plantée dans la vielle tapisserie d'arabesques. L'écriture fine et propre dont j'usais me permettais une lecture rapide, malgré les froissements et les quelques trous qu'il la maculait. En dessous du croquis et des mesures se trouvais une liste non exhaustive des divers tissus, fils et rubans dont j'avais eu besoin. Faisant rapidement mes comptes, j'écrivais d'une encre verte une somme acceptable sur la feuille abîmée et la présentait à Lady Élisabeth. Je ne doutais pas de ses moyens, seulement, j'étais honnête. Même si rien que cinquante de ces robes aurait pu me garantir mes repas pendant un an.

    - Lady, m'offrir cent fois le prix de cette robe serait une folie...

    J'aimais bien cette femme, surtout son corps. De plus, elle pourrait éventuellement m'être d'une très bonne aide pour mon ascension du côté des princes. Un point à prendre en compte.
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