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 After The Rover [Lucien & Sixtine]

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MessageSujet: After The Rover [Lucien & Sixtine]   Sam 21 Mai - 10:49

    Le théâtre, ou un des lieux les plus agréables que Sixtine ait jamais connu. Mais c'était aussi un lieu de mensonge permanent. Les pièces étaient toutes écrites de manière à plaire à leurs princes. Jamais personne ne pouvait imaginer aller voir une pièce représentant toute la médiocrité du Royaume et de ceux qui y sont assis. Alors on représentait des tragédies pour la plus grande majorité du temps. Les comédies étant plutôt rare ces temps-ci. En fait, ils n'en avaient plus joué depuis longtemps. Exactement, depuis le jour où ils étaient tous prisonnier de ces murailles.
    Ce soir, tous les sièges étaient occupés. Des nobles pour la quasi totalité. Les femmes étaient vêtues de leurs plus belles robes, coiffées à la mode, animées par des manières délicates. Auprès d'elles se trouvaient des hommes distingués dont le regard se dirigeait plus souvent vers les décolletés ornés de dentelles de leur compagne que vers la scène. Ils étaient tous venus voir l'Écumeur, pièce écrite par une femme qui adorait particulièrement le régime actuel. Une perspective désagréable que de jouer cette pièce en faisant partie de la Resistant Union ? Apparemment pas pour tous...

    Sixtine elle, était elle aussi habillée d'une robe. A la seule différence qu'il s'agissait là d'un costume. Costume qui sentait franchement mauvais. Il devait être resté enfermé dans une malle depuis quelque temps déjà, tant qu'il en émanait une odeur dérangeante mais cependant pas atroce au point de ne pas pouvoir s'en habiller. Une odeur que seul les comédiens pouvaient sentir par leur proximité, mais à laquelle ils étaient habitués.

    Tous les spectateurs avaient les yeux rivés sur Sixtine qui récitait son texte avec talent d'une voix suffisamment forte pour qu'on puisse l'entendre en étant sur le siège le plus éloignés du théâtre. Elle jouait Hellena à la perfection, bougeant avec grâce entre les décors. Pas étonnant que la première personne à laquelle s'était adressé son ami pour remplacer une comédienne tombée malade était Sixtine. S'il avait pu l'inclure dans sa troupe il l'aurait fait. Seulement, elle refusait toutes ses offres, préférant de loin continuer sa vie de noble comme elle l'entendait, jouant à l'occasion.

    Les rideaux tombèrent pour conclure l'acte. Sixtine en avait fini. Elle ne figurerait plus dans la pièce à présent, si bien qu'elle s'empressa de revêtir sa belle robe blanche en satin, de se parfumer pour ensuite entrer dans la salle et se glisser entre les rangs pour atteindre la sortie. Cependant, pendant son parcours, un regard la priva de ses sens pendant un court instant. Une fois dehors, un sourire s'étira inconsciemment sur ses lèvres, dévoilant le plaisir qu'elle avait eu à rendre ce service à son ami en jouant Hellena pour lui. Elle l'avait tellement bien représentée qu'elle avait même faillit croire qu'elle était réellement Hellena. Cela lui arrivait parfois de mettre un certain temps avant de reprendre ses esprits et de se libérer de son personnage. Mais cette-fois, quelque chose avait attiré son attention dans la salle. Quelqu'un plus précisément. Une personne dont le visage l'avait marqué, lui donnant un sentiment indéfinissable. Une sensation on ne peut plus étrange qui ne la quittait plus.
    Finalement, elle se dirigea vers la forêt d'un pas las, ses pensées portant exclusivement sur l'homme dont elle avait croisé le regard. Le ferrait bientôt nuit. Deux heures tout au plus. Ce n'était pas suffisant à son gout. Elle resterait certainement dans cette forêt après le couvre-feu pour le simple plaisir de désobéir aux ordres donnés. C'était une manière comme une autre d'exprimer son désaccord avec la population qui, pour la plupart, acceptaient leur sort.


Spoiler:
 
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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: After The Rover [Lucien & Sixtine]   Sam 28 Mai - 12:48

    La voiture cheminait lentement sur la route devant le théâtre, coincée dans la longue file de véhicules qui déposaient leurs passagers devant l'édifice, ceux-ci patientant pour assister à la pièce bientôt représentée.

    Une main soutenant sa tête, appuyée contre sa joue, Lucien faisait jouer ses doigts sur le tissu blanc de son pantalon, le tapotant ou le tournant entre ses doigts. D'un œil distrait, il observait la foule qui se déversait lentement dans le théâtre, digne et fière, vêtue de ses plus beaux atours achetés en prévision de l'événement. S'ils venaient pour voir, les riches présents au spectacle venaient aussi pour se montrer, faire valoir leur titre, leur réussite ou simplement la beauté de leur toilette, ce dernier point concernant en particulier les dames. Les hommes se contentaient, en général, de parler de politique ou d'affaires d'un air très sérieux qui leur donnait un aspect presque grognon mais seyait à leur condition et les faisait paraître plus intelligents qu'ils ne l'étaient. Fidèle à la tradition, Lucien portait un costume dans les tons émeraude et or qu'il avait faire faire en prévision des réceptions d'importance auxquelles il se devait de participer -avec plus ou moins de plaisir selon les circonstances. Aujourd'hui, il se contentait de suivre le mouvement pour se fondre dans la foule : cette pièce était un de ces rendez-vous prisés par les nobles, et il avait donc naturellement réservé deux places dans une des loges, une pour lui et l'autre pour sa compagne du moment. C'était une demoiselle à l'âge déclinant qui montrait un talent certain pour la musique et dont il s'était épris alors qu'elle jouait un morceau de violoncelle dans le salon de sa propriété, lors d'un diner qui avait rassemblé quelques-unes des personnalités de la ville. Elle était veuve depuis une vingtaine d'années, s'étant mariée très jeune vers l'âge de quinze ans. Bizarrement, elle n'avait jamais repris d'époux, préférant la liberté, et, dans les premières années de son deuil, respectant un pacte de fidélité envers un mari qui n'était plus et avait perdu peu à peu son autorité envers elle. Peut-être, encore trop innocente, s'était-elle enfermée dans l'illusion de l'amour fidèle. Cependant, celui-ci s'était vite dissipé, et l'on avait bientôt parlé dans son dos de ses petites aventures discrètes. La dame aimait les artistes. Les peintres en particulier, qu'elle prenait sous son aile et dont elle finançait la carrière même après leur rupture. Il y avait cela quelques années, une série de nus avait fait scandale un peu partout dans les milieux aisés, et l'on racontait que la jeune femme qui y était représentée n'était ni plus ni moins que la Vicomtesse, qui répondait au doux nom de Giselle. C'était une amoureuse des Arts. Et c'était pour cela que Lucien l'avait invitée au théâtre, certain que cela lui plairait, et bien que son attention envers elle ait commencé à décliner lentement mais sûrement. Il répondait à ses questions de manière évasives. Il n'avait plus cette hâte de la voir qui le taraudait lorsqu'il marchait dans les rues, le soir dans sa chambre ou l'après-midi dans la bibliothèque. Il ne s'attachait plus à un objet ou une sensation parce qu'ils lui rappelaient cette femme. Il commençait à regarder autour d'elle, se permettant des commentaires appréciateurs sur leurs congénères, ce qui ne plaisait guère à sa bien-aimée. Il allait sans doute bientôt la laisser. Encore ce soir, encore demain, peut-être, mais pas plus. Il aspirait déjà à découvrir d'autres horizons, d'autres personnes qu'il pourrait apprécier, serrer, presser pour en extraire l'intérêt avant de les laisser. C'était tellement habituel. Il n'en ressentait pas de chagrin. Quelques jours plus tôt, à cette idée, il aurait eu une impression si désagréable, pourtant. Un goût amer et poisseux dans la bouche, comme un zeste de mort. Mais à présent, cela n'avait plus d'importance. Il devait se plier à son besoin de nouveauté.

    Il acquiesça en souriant lorsque sa compagne lui fit part de sa joie d'assister à la pièce. Il fit semblant de ne pas sentir le doux reproche filtrer sous ses traits, consciente qu'elle était de l'insouciance, de l'absence du comte. En silence, tandis que la voiture avançait toujours à son allure tranquille et saccadée, il la regarda. Vêtue d'une robe d'un bleu outremer qui descendait sur ses chevilles avec souplesse, elle se tenait d'un air un peu rigide, avec cette maladresse de l'enfance qu'elle avait gardée jusqu'à sa maturité. Un peu gauche, un peu timide, enfin attendrissante. Elle n'avait de cesse de plier et de déplier ses doigts, comme si ses pinceaux lui manquaient et qu'elle ne rêvait que de les prendre en main pour saisir sur une toile inerte le mouvement animal de la foule autour d'elle. Dans ses pupilles noisette brillaient les lumières du théâtre, qui illuminait la place comme s'il faisait sombre et que cela était nécessaire. Régulièrement, elle remettait derrière son oreille une mèche brune qui venait chatouiller son nez. Malgré les onguents et les mélanges qu'elle appliquait sur sa chevelure, celle-ci restait toujours rebelle. Son chignon compliqué commençait déjà à redescendre vers son cou, alors qu'il ne devait pas s'être passé plus de deux heures depuis qu'elle avait commencé à se pomponner en vue de ce rendez-vous. Dans son décolleté, Lucien apercevait de minuscules tâches de rousseur qui dessinaient des arabesques sur sa peau, formant des plaques d'un rouge clair tel qu'il ne faisait que rehausser son teint au lieu d'enlaidir. Elle était d'une beauté chaste autant que particulière. Si l'on pouvait parler de beauté. Elle n'était peut-être pas belle au sens où on l'entendait habituellement. Mais Lucien la trouvait jolie, en particulier dans sa manière particulière de regarder les gens. Elle semblait leur sourire à travers ses yeux humides. Elle fixait, puis se détournait régulièrement avant de revenir à l'objet de son attention, de petites fossettes au coin des yeux lui donnant un air chaleureux et vivace. C'était une gentille fille. Passionnée sans être naïve, sérieuse sans être rigide. Trop discrète certainement, mais Lucien s'en accommodait. Il avait souvent affaire à de jeunes gens fantasques et extravertis dans ses aventures, qui n'hésitaient pas à jouer de leurs charmes à la moindre occasion. Cela avivait sa jalousie trop souvent présente. S'ensuivaient de violentes scènes de disputes dont il ressortait de fort mauvaise humeur. Heureusement, il n'y avait rien eu de tel avec Giselle. Elle était trop effacée. Elle préférait les reproches couverts, implicites, les piques que l'on sentait résonner dans la pénombre d'une pièce sous le couvert d'une banalité. C'était reposant, mais cela commençait à lui peser. Il aurait aimé qu'elle soit plus démonstrative avec lui, elle ne l'était qu'avec ses tableaux. Il tordit légèrement sa bouche. Quelle importance. Il était sur le point de mettre un terme à leur histoire.

    Enfin, la voiture s'arrêta et ils purent en sortir pour arriver sous le porche du bâtiment, impressionnant dans son architecture imposante comme dans la lumière qu'il dégageait. Un monde affolant montait les marches, évoquant une fourmilière géante et colorées, gravissant l'escalier dans le même sens, avec une expression concentrée ou joyeuse sur le visage. Lucien tendit la main à Giselle pour l'aider à descendre, puis lui offrit son bras pour la mener à la loge. En chemin, il salua quelques-unes de ses connaissances de la tête, commença des esquisses de conversation, baisa la main des dames avec cette attitude de perpétuelle séduction qui lui valait en partie sa mauvaise réputation. Dans la loge, il laissa sa compagne s'assoir avant de prendre place à ses côtés. Il entreprit de l'observer pendant qu'elle arrangeait sa robe pour qu'elle tombe voluptueusement sur la chaise, plaçait ses pieds de façon à ce qu'on le ne les aperçoive point de trop sous ses jupons, remettait sa chevelure en arrière, en recoiffait une partie, vérifiait que sa poudre était bien appliquée à l'aide de son miroir de poche. Lucien esquissa un sourire amusé. La coquetterie des femmes le divertissait autant qu'elle le fascinait. Lui n'avait pas ce genre de problèmes. Giselle sentit le poids de son regard et lui sourit d'un air gêné avant de se dandiner imperceptiblement sur son siège, puis sortit une paire de jumelles de son sac ainsi qu'un éventail. « Pour bien voir. Et pour la chaleur. » lui expliqua-t-elle. Il approuva d'un hochement de tête et retourna au spectacle de la gigantesque jungle qui s'étendait au-dessous d'eux. Les moins riches se contentaient des places dans une fosse, s'attirant le mépris des plus nantis qui se battaient pour l'honneur d'occuper une des loges. Comme précédemment dans le véhicule, il se mit à pianoter avec ses doigts sur la rambarde dorée, déclenchant un bruit sec et répétitif qui, à force, interpella son amante qui se retourna vers lui. Dans le luxe de la salle, alors que les lumières s'éteignaient une à une, il s'aperçut qu'il ignorait jusqu'au sujet de la pièce.

    Il n'accorda d'abord que peu d'importance au jeu des acteurs. C'était une bonne pièce, mais il ne la trouvait pas exceptionnel, son esprit mesquin et étriqué se refusant la plupart du temps aux éloges. En revanche, certains acteurs lui plaisaient beaucoup. Ils avaient cette hargne et ce jeu qui attiraient les spectateurs à eux, les faisant se pencher vers leurs genoux pour saisir des paroles qui résonnaient déjà bien assez sous l'immense voûte, provoquaient des cris étouffés chez les dames, et chez les messieurs des froncements de sourcils tels que l'on aurait presque eu l'impression que les poils allaient s'incruster dans leurs paupières.
    Et puis il y eut la fille, celle dont il ne parvint pas à détacher son regard dès l'instant où elle apparut sur scène. Elle tirait à elle. Elle parlait et tous les souffles se retenaient pour elle, elle criait et le public criait avec elle, elle riait et c'était l'extase, c'était un fil qui reliait les deux partis à travers sa voix et ses gestes. Lucien la détaillait alors qu'elle ne cessait de bouger au sein de cette tragédie. Une blonde comme on en faisait tant dans l'Angleterre de cette époque. Cependant, elle avait quelque chose qui le poussait vers elle. Il avait trouvé sa nouvelle conquête avant même d'avoir abandonné la suivante. Il coula un regard rapide vers Giselle, qui le lui rendit. Sans un bruit, elle se leva dans le noir, franchit la porte de la loge et s'en fût. C'était une femme intelligente. En un sens, il était dommage qu'il n'ait pas pu s'attacher davantage à elle, car elle était femme à rendre heureux, par sa constance, sa tranquillité et son goût artistique. Malheureusement, Lucien n'était pas de ceux qui se forcent pour jouir d'une vie rangée sans faire de vagues. Il désirait sur le moment, pour satisfaire à son plaisir immédiat. Et le plaisir immédiat, en cet instant, c'était cette fille dont il ignorait le nom et qui bougeait sur scène comme si c'était son élément naturel, comme si elle n'existait nullement en dehors, comme si elle était cette Hellena qu'elle s'employait à jouer avec toute la force disponible en son sein. Lorsque le rideau retomba, il se leva immédiatement sans prendre le temps d'applaudir. Il devait arriver à la sortie des coulisses avant que les acteurs ne s'en aillent. La fille était son nouvel amour, et il aurait beaucoup de mal à supporter qu'elle lui file entre les doigts, que ce soit pour son désir naissant ou son orgueil de toujours. Slalomant entre les serveurs et les spectateurs précoces qui commençaient à sortir de la salle pour s'installer en groupes restreints dans le hall d'entrée, il descendit les marches, puis se ravisa. Apercevant un employé du théâtre qui attendait nerveusement la sortie des nobles qui avaient assisté au spectacle avec un plateau et des programmes, il lui demanda avec gravité où se situait l'entrée des comédiens. Hésitant un instant, l'employé finit par lui révéler que ceux-ci sortaient par les mêmes portes que le public après s'être changés. Il ployait moins sous l'expression emplie de reproches et les sourcils interrogateurs de Lucien que sous la certitude, au vu de ses vêtements, qu'il appartenait à la Haute société. Une fois l'information obtenue, Lucien le laissa balbutier des excuses (ou des remerciements. Ou des insultes. Sa nervosité l'empêchait de construire des phrases complètes et surtout, compréhensibles) et revint sur ses pas, puisqu'apparemment les comédiens, pour sortir, devaient se mêler aux spectateurs. Déjà, des hommes qui avaient simplement passé un manteau par-dessus leur costume de scène projetaient d'aller fêter leur triomphe en allant boire un verre avant le couvre-feu, deux comédiennes partaient bras dessus-bras dessous, les autres s'éparpillaient à la va-vite pour aller s'amuser ou rentrer chez eux, auprès de leur famille ou dans la solitude de leur appartement. Il était difficile de reconnaître les gens ordinaires des artistes. Au milieu de ce courant mélangeant personnages bariolés et personnes ordinaires, il aperçut la silhouette qu'il cherchait, celle d'une jeune fille aux cheveux blonds vêtue, cette fois-ci, d'une robe blanche qui soulignait ses formes et lui allait à ravir. Pendant un court instant, elle passa à côté de lui et il croisa son regard. Vert. Incertain, il accéléra le pas pour tenter de l'aborder, mais entra en collision avec un homme arrivant en sens inverse. Après l'avoir copieusement insulté sans tenir compte de son rang (le fait que l'on ne voyait pas son visage sous son chapeau devait lui donner beaucoup plus d'assurance que nécessaire), il libéra enfin Lucien, qui se retourna rapidement dans la direction où il avait perdu la silhouette. Nerveux, il la chercha des yeux quelques secondes, pendant lesquelles il crut l'avoir perdue, avant de saisir un reflet doré qui s'échappait devant lui. Pinçant les lèvres sous la concentration, il se mit à marcher d'un bon pas à sa suite, cherchant à savoir où elle allait (toujours utile quand il s'agissait de mener une cour assidue) ou même à l'aborder immédiatement. Peut-être ne serait-elle pas hostile à entretenir une relation avec lui. Les femmes étaient si complexes, parfois. Elles n'avaient jamais le même avis, les mêmes réactions face à une situation identique. L'expérience d'une première fois servait rarement pour les suivantes. Les variantes, aussi infimes soient-elles, incorporaient trop de paramètres exclusifs, bien que les membres du sexe féminin aient tendance à se ressembler étrangement, surtout lorsque l'on s'arrêtait à un milieu donné. Lucien ne se remettrait sans doute jamais de la superficialité que véhiculaient les filles issues de familles aisées.

    Il eut un geste d'étonnement en voyant la jeune fille se diriger, puis s'engouffrer dans la forêt. Que venait-elle faire ici? Il n'y avait strictement rien dans ce secteur. C'était un endroit inquiétant, où le couvert des arbres répandaient sur le sol une nuit artificielle et poudreuse. Les habitants s'aventuraient rarement dans ce coin, et pour cause, il était pour le moins angoissant et se révélait sûrement une cachette bienvenue pour les hors-la-loi de toute espèce. Soupirant, Lucien la suivit. Tant pis, il ne rebrousserait pas chemin si facilement. Il avait un vide à combler. Passant derrière elle, il hésita à laisser sa main effleurer sa taille et se ravisa au dernier moment, sentant juste sous ses doigts un morceau de satin qui voltigeait sous le vent. Il vint se poster à quelques pas d'elle, souriant.

    « C'est un endroit inhabituel pour y trouver une femme si charmante. Après tout, le Royaume possède des coins moins sombres, n'est-ce pas? »

    Faisant glisser son regard vairon sur les arbres alentour, il le reporta ensuite sur la femme. Y brillait une lueur d'intérêt qu'il n'aurait pu y effacer même s'il l'avait voulu.

    « J'ai pu vous admirer dans la pièce de ce soir, vous étiez magnifique. » enchaina-t-il en se courbant respectueusement dans sa direction.

    Occupé à détailler cette femme qu'il n'avait pu qu'observer de loin depuis le début de la soirée, il oublia de se présenter comme de lui demander son nom. Pour l'instant, sa présence lui suffisait. Cela ne serait pas le cas longtemps.


[Point petite fille, j'aime beaucoup l'ambiance de ton rp, et Sixtine est classe *o*
Et hum, j'ai fait une réponse un peu chelou (Lucien me fait honte *lattée*)
et voilà, s'il y a un problème n'hésite pas à m'envoyer un MP! =3]


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MessageSujet: Re: After The Rover [Lucien & Sixtine]   Sam 28 Mai - 17:14

    Sixtine avançait d'un pas fluide et gracieux. Un vent léger faisait flotter ses mèches dorées autour de son visage, le lui caressant voluptueusement tandis que sa robe soyeuse d'un blanc nacré plissait derrière elle, lui donnait un air presque mystique.

    Insouciante et innocente, ignorant le couvre-feu avec une sérénité déconcertante comme à son habitude. Elle s'enfonçait peu à peu dans la pénombre de la forêt.

    Entendant quelques bruits dans son dos, elle ne ressentait pas le besoin de se retourner. Pas même lorsqu'une voix inconnue l'interpella. Une voix séduisante et charmeuse à laquelle elle ne sut rester indifférente. Ses prunelles s'agrandirent légèrement sous l'effet, et elle s'arrêta instantanément. Cependant, elle ne tourna pas la tête comme il aurait été logique de faire dans ces circonstances. Non, elle regarda loin devant elle. Un de ses petits jeux consistait à deviner de qui il s'agissait avant même de l'avoir vu. Alors elle usait de ses sens, de ses impressions et de ses connaissances pour établir un croquis de la personne.
    Ainsi, ce supposé homme était un des spectateurs de la pièce qu'elle avait précédemment jouée. Il avait du la suivre depuis qu'elle avait quitté le théâtre, sinon comment aurait-il pu deviner qu'elle se trouvait là ?

    D'ailleurs, les raisons pour lesquelles elle s'y trouvait lui échappait autant qu'à elle. Une pulsion l'avait incitée à s'y diriger. Inexplicable mais pourtant évidente, pour elle. La forêt l'avait souvent intriguée plus jeune, et jamais elle n'avait hésité à s'y rendre. Parfois, elle en était ressortie dans un état pitoyable. La robe en lambeaux, les cheveux emmêlés d'herbes diverses encadrant un visage sali par la terre. Et souvent dans ce cas, son frère s'était occupée d'elle pour ne pas qu'elle se face disputer par leur père.
    Encore un lieu qui lui évoquait Octave et qui lui redonnait cet air mélancolique qu'elle avait quitté en montant sur scène. Malgré tout, c'était un endroit où elle aimait se rendre. A la fois pour son côté mystérieux que pour la forêt en elle-même, avec tout ses arbres et ses sentiers. Sixtine avait lu tout un tas de livres racontant des légendes évoquant l'existence d'êtres mi-humains mi-animaux. Des gnomes en passant par les fées sylvestres, les licornes ou encore les esprits, elle avait pratiquement tout lu à ce sujet. Voilà surement une des raisons pour lesquelles elle avait toujours ressenti une certaine attirance et une grande fascination pour ce lieu. De plus, l'atmosphère qui y régnait en permanence avait le don de l'apaiser, de reposer son esprit meurtri par le chagrin.

    Certes, c'était surement inhabituelle de trouver une femme de ce rang ici, mais après tout pourquoi pas ? Le plus étrange aurait plutôt été le fait que le couvre-feu approchais à grand pas et qu'elle ne semblait pas plus s'en soucier que ça, comme s'ils s'étaient trouvés en plein après-midi.
    Elle devinait dans les dire de l'homme qu'un sourire s'était dessiné sur ses lèvres. Alors elle sourit à son tour et dénia enfin se tourner vers cet homme. La stupeur aurait pu la gagner lorsqu'elle découvrait les traits de cet homme, mais ce ne fut cependant pas le cas. Sixtine n'avait jamais réagi comme toutes les femmes du monde. Elle avait toujours eu des réactions étonnantes, ce qui lui avait valu l'adjectif "étrange" pendant une grande partie de sa vie. De temps à autres, on entendait encore les femmes jalouses la critiquer à ce sujet. Critiques qu'elle avait pris l'habitude d'ignorer, au plus grand malheur de ces commères.

    - Ainsi avez-vous décidé de me suivre.


    Ses yeux se plantèrent évidemment dans les siens, interloquée par ce regard double et splendide bien que surprenant. Elle y trouva un éclat de curiosité qui lui plaisait énormément. Qui était cet homme ? Que voulez-t-il ? Elle ne pouvait pour l'instant pas répondre à la première, et n'exprimer que de simples hypothèses pour la seconde. Souhaitait-il que je travaille pour lui ? Lui avait-elle tapée dans l'œil au point qu'il se soit précipité derrière elle ? Une dernière hypothèse qui lui semblait légèrement tirée par les cheveux mais qui collait avec ses propos. A moins qu'il ne souhaite simplement que l'inviter dans son lit le temps d'une soirée... Des amants, elle en avait eu énormément, encore plus après la mort d'Octave. Tous avaient eu quelque chose en commun : l'esprit. Elle ne voulait appartenir qu'à des hommes d'intelligence. Qu'ils soient nobles ou non, bon ou pas, cela venait en second plan. Il lui était déjà arrivé de s'amouracher d'un être cruel et sombre au point de l'avoir fréquenté suffisamment longtemps pour qu'on les croient fiancés. Ce qu'elle avait aimé en lui avait été son intelligence. C'était la ce qui la séduisait le plus en eux.

    - Vous me flattez sous ces compliments. Puis-je seulement vous demander votre nom ? Je voudrais confirmer mes hypothèses.


    Elle ne le reconnaissait pas réellement, mais peut-être avait-elle déjà entendu parlé de lui ? Que ce soit en bien ou en mal, elle était ravie de faire une nouvelle rencontre.
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