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 C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]

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Lady Ruby

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MessageSujet: C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]   Sam 14 Mai - 1:10


Sybille & Lady Ruby
C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...

    Elle était...énervée ? Furieuse ? … Irritée dirons-nous. Comme tous les matins après tout. Ces foutus domestiques ne savaient donc pas que réveiller quelqu'un trop tôt et en particulier elle, pourrait s’avérer très grave pour leurs survies ? Le matin avait toujours était quelque chose d'horrible. Se faire tirer de ses draps en ouvrant les rideaux pour que le soleil vous illumine et en parlant joyeusement et bien trop vite pour pouvoir tout comprendre, c'est tout bonnement insupportable. Ruby marchait d'un pas lent en pestant contre tout, encore mal réveillée, dans les couloirs de l'aile Est du château, se dirigeant vers l'aile Principale. Ce qu'elle voulait à cet instant même, c'était de prendre son petit déjeuner accompagné d'une bonne tasse de thé et surtout qu'on lui fiche la paix. Cette empotée de domestique qui était venue ce matin l'avait rendu encore plus susceptible que d'habitude. Elle pesta de nouveau et sortie de l'aile Est.

    Atteignant enfin l'aile Principale, elle ralentie son allure, espérant ne tomber sur personne, ce qui était fort peu probable. Les seules rares personnes qu'elle pouvait voir sans se prendre la tête était Clelio et Lady Ann. C'était bien les deux seules nobles de la Cour Royale qu'elle n'avait pas envie de frapper lorsqu'elle venait de se réveiller. Elle soupira tout en priant de ne croiser aucune de ces commères du Royaume, ne supportant pas qu'on vienne l'embêter avec toutes ces futilités qui étaient dites. Après tout, c'était elle et ses deux amis qui lançaient toute sortes de commérages et qui parlaient dans le dos des autres. On ne pouvait pas mieux faire qu'eux. Quand elle était avec Clelio ou Ann et qu'ils commençaient à commenter et critiquer les autres nobles, ils s'amusaient comme des enfants. Avec Clelio, elle usait de l'hypocrisie comme une pro, s'amusant à critiquer sous leur nez sans que ces autres emplumés de nobles ne s'en rendent compte. C'en était étrangement divertissant.

    Elle poussa avec un crainte dissimulée les portes d'un des grands salons. Bien sûr, il y avait deux ou trois personnes, mais peu par rapport à d'habitude et en plus, ils n'étaient pas réputés à commérer, donc elle pourrait sans doute son petit déjeuner tranquille. Elle soupira d'aise, salua d'un signe de tête les autres et alla s'asseoir près d'une des grandes fenêtres qui apportaient de la lumière et de l'espace à l'endroit. Elle s'assit sur un des fauteuils en velours pourpre et fut tout de suite assiégée par des domestiques qui lui demandèrent ce qu'elle voulait. Deux ou trois regards noirs plus tard, elle se décida à leur répondre et obtient ce qu'elle avait demandé quelques minutes après. Elle attrapa directement sa tasse de thé. Elle ne pouvait pas commencer une journée sans elle. Cela l'apaisait et puis, elle en avait tellement l'habitude. Quand elle était petite, elle devait apprendre les bonnes manières et l'art de savoir prendre le thé avait été l'une des leçons sur laquelle sa mère s'était acharnée à lui enseigner.

    Malheureusement, elle s'était surement levée du pied gauche ce matin. Un groupe de femme réputé pour parler, parler, parler et encore parlé venait de rentrer dans le salon. Elle pesta silencieusement, se réfugiant dans sa tasse thé en priant. Elle ne priait pas bien souvent, mais quand elle le faisait, c'était toujours pour une bonne raison. Malheureusement, Dieu ne l'entendit pas ce jour-là et une des femmes se détacha du petit groupe, bien bruyant pour un matin, et l'approcha vivement. Bien trop vivement. Elle arriva même trop vite devant elle. Ruby se recula dans son fauteuil et détourna le visage un instant, avant de regarder de nouveau dans la direction de la jeune femme, un sourire collé aux lèvres et une expression sereine. Intérieurement, elle bouillonnait et pestait contre celle qui osait venir la déranger un matin alors qu'elle n'avait bu que le quart de son thé.

    « Lady Ruby ! Quel plaisir de vous voir ce matin ! Cela fait tellement longtemps que l'on ne s'était pas vu ! Comment allez-vous de si bon matin ? »

    Normale, elle avait fait exprès de ne pas la croiser. Cette fille était incroyable, comment pouvait-elle parler autant sans avoir pris aucune respiration ? Elle avait bien envie de lui répondre que sa matinée serait bien meilleure si la jeune femme, dont elle avait oublié le nom, déguerpissait tout de suite, maintenant. Elle n'avait vraiment pas envie de parler avec elle. Elle entendit la porte du salon s'ouvrir de nouveau, ne voyant rien puisque cette fille lui gâchait la vue et espérait que cela n'en serait pas d'autre. Elle lui adressa un petit sourire feint et but une gorgée de thé avant de répondre.

    « Assez bien, mais voyez-vous la domestique de ce matin m'a mise dans un état assez chaotique que je ne peux pas parler pour le moment, mais je suis sûre que vos amies se feront un plaisir de s'entretenir avec vous afin de débattre sur quelques sujets d'une si grande importance que seule vous pourrait diriger. L'on boit vos paroles, alors vous ne pouvez pas les laisser à ce moment si propice de la journée pour parler, non ? Nous parlerons plus tard, voulez-vous. »

    Ruby pesta contre elle-même, elle avait bien trop parlé, mais au moins la jeune noble s'excusa et courut vers ses amies diriger leur petit club de discussion matinale. De tout façon, elle avait surement employé des mots que cette fille n'avait même pas compris, vu son quotien intellectuel. Elle tourna la tête, buvant de nouveau quelques gorgées de thé. Si elle avait de la chance, personne ne viendrait lui parler. Seuls Clelio ou Lady Ann pouvait prétendre à ne pas recevoir sa mauvaise humeur matinale dans la figure. Alors qu'elle observait la théière sur la petite table près du fauteuil où elle était assise, elle n'entendit pas le bruit du froissement de tissus contre le velours, indiquant qu'une personne venait de s'asseoir en face d'elle.


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MessageSujet: Re: C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]   Mer 18 Mai - 19:44

    « Debouuuuuut, Mademoiselle ! Aujourd'hui est une belle journée, regardez comme le soleil briiiille ! »

    Bruit des épais rideaux s'ouvrant sur le dehors. Lumière. Nooooon, déjà ? Je suis trop fatiguée et je n'ai pas envie de me lever... Je peux bien dormir encore un peu. En grognant légèrement, je me glisse entièrement sous la couverture. L'obscurité est tellement rassurante et agréable, j'aimerais rester là toute ma vie. J'essaie de retrouver mon rêve au milieu de mes pensées. C'est fou, il suffit de se réveiller et de se déconcentrer une petite seconde pour que les vestiges de la nuit s'envolent. Comme des oiseaux effrayés. Je cherche, je cherche. Je ne trouve absolument rien. C'est bête, il me semble que c'était pas mal pour une fois. J'en ai marre de réfléchir, alors j'abandonne et me concentre sur les allées et venues de la femme de chambre. Deux pas à droite, elle pose une carafe sur la petite table ronde. Six pas à gauche, elle sort de mon armoire la robe que je vais devoir porter aujourd'hui. Quatre pas vers moi. A nouveau, j’entends sa voix.

    « Mademoiselle ! Dépêchez-vous, il est déjà huit heures passé et vous avez rendez-vous à neuf heures avec votre professeur de maintien. Vous ne serez jamais prête si cela continu ! »

    Petit moment où, perdue dans l'épais brouillard du réveil, je ne comprends pas. Et puis l'ampoule s'allume au dessus de ma tête. Il me reste une demi-heure pour me laver, m'habiller, me coiffer et descendre jusqu'au salon pour prendre le thé comme ma mère veut que je fasse. Au secouuuuuuuuuuuurs ! Paniquée, je jette les draps loin de moi et me lève le plus rapidement que je peux. Mes vêtements, où sont mes vêtements ? Et ma brosse à cheveux ? Haaaaaaaaa ! La jeune femme chargée de me réveiller s'éclipse, un air à la limite entre l'effrayé et l'étonné au visage. Tant pis, je n'ai pas le temps de m'en soucier. Vivement, j'attrape la robe posée sur une chaise au bout de la pièce et me cache derrière le paravent pour l'enfiler. Je me suis lavée hier soir, ça devrait aller quand même. Je ne peux pas être SALE après une nuit de sommeil. Je jette un œil à la sus nommée robe. Bleue et blanche. Avec davantage de dentelle et de froufrou que tout ce que l'on pourrait trouver dans un magasin de couture. Mon dieu. Une dizaine de minutes plus tard, après une bataille acharnée, j'ai enfin réussi à mettre le vêtement. Halleluya. Ensuite, je bats le record du Monde de brossage de cheveux et chausse les souliers noirs achetés par mon père avant de courir, direction le Salon. Plus que cinq minutes. Je n'y serais jamais à temps. La voix flûtée de ma mère retentit au moment où j'allais claquer la porte des appartements.

    « Vivaldi, chérie ? Ton professeur est malade aujourd'hui, on vient de m'en informer... Alors ne te presse pas trop, d'accord ? Bonne journée. »

    Le tout annoncé avec un grand sourire. Argh. J'ai envie de m'écrouler. Je repense à mon lit qui aurait pu m'accueillir une heure de plus... Pourquoi tant de haine ? Un instant, j'hésite à retourner me coucher. Mais bon. Je suis prête, alors tant qu'à faire mieux vaut que j'aille boire mon thé tranquillement. En priant pour qu'aucune dinde se mette dans la tête de me parler... Dans ce cas là, je pense que j'aurais du mal à me retenir de lui demander de la fermer. Enfin, essayons quand même. Je me met en marche, traversant un couloir, tournant à l'angle d'un autre. Je me sens déconnectée. Tellement que je ne remarque pas le groupe de jeunes nobles papotant devant la porte. Et que je rentre dans l'une d'elle. Vaguement je marmonne un « pardon », mais la grande rousse que je viens de percuter s'est déjà retournée et me toise. Je me suis excusée, je n'ai rien dit d'ironique ou de méchant, c'est quoi son problème ? Levant un peu le menton pour la regarder en face, je lui rend son regard au centuple. D'un air dédaigneux, elle entre dans le salon avec sa petite troupe et va embêter une autre demoiselle, assise dans un large fauteuil pourpre. Observant le spectacle de leur conversation futile par l'interstice de la porte, j'en viens presque à la plaindre cette jeune femme aux cheveux blonds. Un serviteur passe et me dévisage, se demandant sûrement pourquoi j'écoute au porte, alors je me relève et pénètre dans la pièce comme si tout était parfaitement normal. Coup d’œil vers le fauteuil rouge. Mes yeux s'écarquillent de surprise. Je pensais que leur discussion était partie pour durer des heures, or la buveuse de thé est déjà seule. Incroyable. Elle commence presque à m'intéresser. Silencieusement, je m'approche et m'assied sur le siège de velours bleu en face de la demoiselle. Tout naturellement, je prends une des tasses disposées sur la table et me sers du thé. Quelque chose me dit que je ne suis pas assise face à une personne ordinaire. Elle a... Je ne sais pas. Quelque chose de... différent des autres bourgeoises, s'accumulant dans les coins les plus lumineux du salon pour échanger leurs ragots. Je parle.

    « Bonjour. »

    Simplement. C'est un peu désolant, mais je n'ai rien trouvé d'autre à dire. Certes, j'aurais pu me présenter, parler de moi à tort et à travers, racontant mille et un mensonges au sujet d'une vie imaginaire. Dire que j'étais une passionnée de danse et de couture, que mon existence était PALPITANTE puisque j'étais invitée à tous les bals possibles et inimaginables et que ma propre mère était la Reine. Comme avec toutes les personnes qui voulaient faire connaissance avec moi en somme. Mais je suis trop fatiguée pour mentir. En parlant de fatigue. Je reprends.

    « Ne trouvez-vous pas vous aussi que ce n'est pas une heure décente pour se lever ? Si j'avais pu. Je serais rester au lit une voire deux heures de plus ! Qu'en pensez vous ? »

    Je dois avouer que là, j'ai hâte de voir sa réaction. Va-t-elle m'envoyer paître, ou me répondre courtoisement ? Je ne sais pas. Je ne comprends pas. C'est un mystère.

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MessageSujet: Re: C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]   Sam 28 Mai - 0:51

    Le bruissement le tissu d'une robe et le velours du fauteuil l'a fit tourner la tête. Ses yeux se posèrent sur une jeune fille. Noble bien sûr. Elle paraissait un peu plus jeune qu'elle. Elle la connaissait de vue, mais ne se souvenait plus de son nom, mais l'avait-elle déjà su ? Son visage resta impassible quand elle suivit les mains de la jeune fille aux cheveux foncés attraper une tasse afin de se servir du thé. Son regard croisa le sien un instant, avant qu'elle ne la regarde de haut en bas, sans rien dire. Un bon point pour elle, sa voix ne résonna pas dans les oreilles de la marquise tout de suite. Après tout ne dit-on pas que la parole est d'argent mais que le silence vaut de l'or ? Cela ne dura pas longtemps, mais cette petite partait déjà gagnante pour ne pas l'avoir assommée de parole dès le début. Bon, ce qu'elle venait de dire n'était pas des plus intéressants, mais elle était polie.

    Attendant un peu, elle eut même le droit à une autre phrase venant de la demoiselle qui … l'a surpris légèrement. Enfin quelqu'un qui pensait comme elle. Ses lèvres s'étirèrent en un fin sourire avant de prendre une gorgée de thé. Elle posa sa tasse et la soucoupe sur ses genoux, laissant la chaleur du thé se répandre dans ses paumes à travers la tasse. Son regard se fixa sur la jeune fille qui était assise en face d'elle, mais elle ne parla pas pour autant, laissant le silence qu'elle appréciait tant le matin s'installer. Elle fit obstruction des bruits extérieurs et s'imaginait pelotonner dans ses couettes moelleuse, dormant à poings fermés. Malheureusement, les domestiques en avaient décidé autrement. Son attention se reporta sur son interlocutrice, elle avait l'air fatigué. L'avait-on elle aussi, tiré de force du lit ? Surement. Finalement, elle prit, enfin, la parole.

    « Bonjour »

    Bravo, très belle entrée en matière. Aussi intéressante que ces futiles piailleries entres commères. Mais bon, on l'est noble ou on ne l'est pas. La politesse est de rigueur et pour une fois, Ruby ne s'était pas forcée à être poli. Son interlocutrice semblait différentes des autres. Elle trouva sa voix légèrement plus grave qu'à la normale, mais après tout, elle venait de se lever et les seules paroles qu'elle avait proféré ce matin était des insultes muettes envers le personnel du château.

    « Je pense que vous avez bien raison. Il est bien trop tôt pour apprécier une tasse de thé ou même une conversation avec une de ces personnes présentes, aussi intéressantes soient-elle. »

    Elle appuya volontairement sur le mot « intéressantes » qui pouvaient tout autant désigner les sujets de discussions que les femmes ou les hommes qui les alimentaient en paroles. Elles les trouvaient tous détestables et horripilants à cet instant même, tellement inintéressants pour sa magnifique petite personne. Peu de personnes pouvaient prétendre à sa reconnaissance sincère. Elle n'en comptait que deux pour le moment : Clelio et Lady Ann. Son regard repassa au crible la jeune femme, cherchant à savoir qui elle était réellement. Pourquoi ne pas lui demander ? Tout simplement parce qu'elle n'aimait pas quémander des informations, elle aimait chercher et la plupart du temps, elle trouve. Elle posa sa tasse sur la petite table à ses côtés et posa son coude sur l'endroit prévu à cet effet, son menton reposant dans sa paume. Elle s'enfonça un peu plus dans le fauteuil croisant les jambes, dévoilant un mollet contenu dans un talon rouge, une de ses paires favorites, tout juste assez haut pour la rehausser de quelques bons centimètres afin qu'elle ne paraisse pas trop naine. Elle reprit la parole, sans se presser.

    « Si cela ne tenait qu'à moi, nous pourrions dormir jusqu'à midi passé... mieux nous pourrions dormir à n'importe quelle heure de la journée. Le paradis sur Terre. »

    Dommage, le Paradis n'avait pas élu sa place dans ce Royaume. Ruby ne savait pas pourquoi elle trouvait cela intéressant de parler de dormir et de lit avec une personne qu'elle ne connaissait pas vraiment, peut-être est-ce parce que cela la changeait de tous ces commérages. Elle reprit sa tasse de thé d'un geste gracile et but une nouvelle gorgée, laissant le liquide chaud se propageait dans sa gorge légèrement enrouée, sa voix du matin était toujours bien plus grave que celle de l'après-midi. Peut-être que son métabolisme lui-même se rebellait contre cette torture qui était de se lever si tôt tous les matins. Ayant laissé ses cordes vocales s'imprégner de ce liquide, elle put parler de nouveau, mais d'une voix un peu plus douce.

    « Au fait, à qui ais-je l'honneur ? »


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MessageSujet: Re: C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]   Mer 1 Juin - 20:48

    Sybille ou "Comment passer pour une tarée en dix leçons" ♪


    Je sens son regard sur moi, en train de m'analyser minutieusement. D'habitude, c'est moi qui fait ça. Et décidément, je préfère quand je suis l'observatrice plutôt que l'observée ! L'impression d'être passée au crible me met mal à l'aise. Cette jeune femme n'est pas comme les autres. Faisant semblant de ne pas être agacée par ce comportement, je monte la tasse de porcelaine blanche jusqu'à mes lèvres et prends une gorgée de thé. Le liquide me brûle la gorge. Argh. Si je recrache tout, là, au milieu de ce salon raffiné, ma vie sociale risque fort de s'arrêter net. Du coup, j'avale quand même. Les larmes me montent aux yeux mais je me retiens. Ma dignité est importante aussi, oh. J'entends le ton légèrement grave de la marquise répondre à mon salut matinal. Je tente de garder le sourire pour ne pas perdre la face. Surtout, j'ai l'impression que mon interlocutrice ne me pardonnera aucun faux pas. Soudain, la voix de la demoiselle s'élève à nouveau.

    « Je pense que vous avez bien raison. Il est bien trop tôt pour apprécier une tasse de thé ou même une conversation avec une de ces personnes présentes, aussi intéressantes soient-elle. »

    … Mais bien sûr que j'ai raison, la question n'avait jamais été là haha ! Néanmoins, quelque chose me chiffonne. Est-ce que par ces paroles elle voulait dire qu'elle ne voulait pas qu'on lui parle ? Dans ce cas, c'était une façon détourner de me dire de la fermer. Ou non ? Raaah, ça m'énerve de me poser des tas de questions. Tout se mélange, tout s'emmêle, un désastre. Je n'ai pas un cerveau à réfléchir. Les casses-têtes, les embrouilles chinois ou japonais avec des nombres partout, très peu pour moi... Alors une phrase pouvant recouvrir deux à trois sens différents, vous n'imaginez pas ce que mon esprit endure. Mais je ne suis pas idiote non plus, hein ? Pas du tout. Bref, passons à autre chose, je n'aime pas du tout le sens que prend ce monologue mental. Il me donne l'air vraiment stupide. Chose que je ne suis pas. Vous osez dire le contraire ?! Soudain, la jeune noble aux cheveux blonds croise les jambes et prend la parole. Mon échappatoire.

    « Si cela ne tenait qu'à moi, nous pourrions dormir jusqu'à midi passé... mieux nous pourrions dormir à n'importe quelle heure de la journée. Le paradis sur Terre. »

    Incroyable. Cette femme partage exactement la même vision de la vie que moi. Enfin, sur ce point bien sûr. Lentement, je hoche la tête pour montrer mon approbation. Puis je ferme les yeux et m'imagine dans mon lit, emmitouflée dans ma couverture, la tête enfoncée dans l'oreiller moelleux. Mourir étouffée par un coussin... Quelle mort formidable et idiote ! Allez, j'arrête là les imbécillités. Enfin, j'espère. Quoi qu'il en soit, j'ouvre les paupières. La première chose que j'aperçois est la tasse de thé, me narguant de sa boisson fumante. Je ne peux pas m'empêcher de la prendre une nouvelle fois entre mes mains. Cette fois je souffle légèrement sur la surface avant d'en avaler une gorgée, sans encombre. Facile comme bonjour ! Je savais que je ne pouvais pas me faire battre par du THE ! Mince, qu'est-ce que j'avais dit ? Ah oui, arrêter les imbécillités.

    « Au fait, à qui ais-je l'honneur ? »

    Je retrouve brutalement mon sérieux intérieur. Que dois-je lui répondre ? J'ai l'impression de jouer à un jeu grandeur nature, où le but est de retrouver qui est dans le camp de qui. Résistante, opposante, admiratrice totale des Princes ? Qui est-elle ? C'est sans arrêt la même histoire. Mais aujourd'hui, tant pis. Je suis fatiguée, je n'ai dormi que dix heures, et mon réveil et été catastrophique. Alors je vais me présenter, simplement. Et ensuite je lui retournerais la question, pour savoir un minimum à qui je m'adresse depuis le début du déjeuner. D'ailleurs, maintenant que j'y pense... On dit souvent qu'il ne faut pas parler aux inconnus. Dans ce cas, je dois paraître bien louche.

    « Sybille. Enchantée ? »

    Bon, on ne peut pas faire plus simple au moins. Le seul problème, c'est que mon ton que je voulais neutre a pris une tournure un peu interrogative vers la fin. Je ne sais pas si le mot que j'ai utilisé peut convenir à une dame comme elle. Moi-même je ne supporte pas les formules de politesse collées à la fin de chaque phrase... En revanche, j'adore m'en amuser en les utilisant à tort et à travers. Du genre « Comment allez vous, de rien ? ». A chaque fois mes interlocuteurs font une tête trop drôle, j'adore. Jugeant mon discours un peu trop pauvre, quand même, je reprend.

    « Sachez que je partage parfaitement votre point de vue ! Je me suis toujours demandée qu'elle effet cela pourrait faire de s'endormir au milieu d'un dîner ennuyeux entre vagues amis... Je pense que leur réaction peut être follement amusante. Et au fait, quel est votre propre nom ? »

    Ah, j'adore employer des tournures de phrases élégantes pour commenter des actions étranges, aussi. C'est... Comment ais-je dis, déjà ? Ah oui. Follement amusant ♥


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MessageSujet: Re: C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]   Dim 12 Juin - 4:59

    La jeune femme s'accouda en penchant la tête, regardant derrière son interlocutrice, le temps que celle-ci lui réponde. Elle avait l'air de réfléchir avant de parler, d'analyser ses réponses pour voir si celles-ci seraient politiquement correctes. La marquise avait l'impression de se voir en elle. Après tout, Ruby faisait la même chose, elle analyse son interlocuteur afin qu'il est une réponse qui lui convenait, afin qu'il croit à un intéressement profond pour leur sujet de discussion. Elle se concentra de nouveau sur l'arrière-plan, regardant les autres nobles qui devaient surement alimenter les commérages de la Cour Royale. Quelle bande de baratineurs. Ils ne savaient pas lancer de rumeurs avec classe. Ils n'étaient pas comme elle, quand elle commérait, la jeune femme était toujours classe. Toujours, sans exception. À part deux ou trois exceptions, ces nobles n'étaient que des imbéciles. Elle reporta son attention sur la jeune femme assise en face d'elle. Elle n'avait pas l'air de faire partie de l'écrasante majorités d'idiots qui prônait dans cette Cour.

    Finalement sa voix fluette tinta de nouveau dans ses oreilles. Elle s'appelait donc Sybille... à retenir. L'interrogation à la fin de la formule habituelle de politesse ne lui échappa et un de ses sourcils se rehaussa d'étonnement, en la fixant droit dans les yeux. On aurait dit qu'elle tâtait le terrain, comme si elle voulait s'assurer de quelque chose avant d'entamer une plus ample conversation. Bien qu'il était surement un peu trop tôt pour le dire, Sybille était surement une personne de caractère qui le cachait. Qui le cachait même très bien. Elles se ressemblaient de plus en plus. Elle attendit que la demoiselle reprenne la parole pour se faire une idée plus précise, plus nette. Elle le fit quelques secondes après et confirma les pensées de la jeune marquise.

    Cette jeune femme était décidément différents des autres par sa façon de penser. Elle agissait comme tous, mais elle se démarquait par ses dires. Ruby ne répondit pas tout de suite. Elle reprit une nouvelle gorgée de thé, finissant sa tasse et la posa sur la petite table à ses côtés sans un bruit. Elle continua à fixer Sybille comme si elle arrivait à lire dans ses yeux, comme si elle pouvait deviner la moindre de ses pensées. Elle maîtrisait cet art depuis bien longtemps et l'utilisait pratiquement tout le temps. Après quelques secondes de ce « traitement », ses interlocuteurs prenaient vite congés. Mais elle ne voulait pas que la jeune femme parte, bien au contraire. Elle était beaucoup plus intéressantes que ces moutons aristocrates. Comme elle avait de nouveau soif, elle prit la théière et se servit une nouvelle tasse, elle prit la parole au même moment.

    « Je suis Ruby. »

    Elle laissa le silence s'installer alors qu'elle reposait la théière et qu'elle prit sa tasse entre ses mains. Elle souffla sur le liquide brulant et but une gorgée avant de reprendre.

    « Je suis enchantée de vous rencontrer. Vous êtes différente de mes autres interlocuteurs du matin que je suis malheureusement obligé de côtoyer. »

    Un sourire étira ses lèvres alors qu'elle prit une nouvelle gorgée. Laissant le temps à la demoiselle de se rendre compte qu'elle ne voulait pas la voir partir, elle laissa ses yeux vagabonder dans la pièce. En arrivant, elle s'était lamentée de n'avoir vu personne qui possédait un quotient intellectuel pouvant permettre une discussion intéressante, mais maintenant, elle était plutôt contente de parler avec la jeune femme. Son pied battit l'air alors qu'elle réfléchissait à ce qu'elle allait dire. Elle se redressa, laissant son dos reposer contre le siège, avant de reprendre la parole.

    « Vagues amis n'est pas utilisé de façon correct. Des amis sont des personnes que l'on apprécie de voir et dont on trouve toujours les sujets de discussion très intéressants. Dans votre cas, ces personnes s’appelleraient « connaissances »... mais comme vous avez l'air de quelqu'un de très bien élevé et qui tient à avoir une réputation parmi ses imb… nos semblables, vous leur faîtes croire qu'ils sont vos amis. »

    Son regard accrocha à celui de Sybille, cherchant à apercevoir une quelconque réaction.

    « Et il est vrai que s'endormir pendant l'un de ses dîners serait incroyablement divertissant. Il est bon de rire, et le faire au dépend des autres sans qu'ils ne le sachent est tout simplement amusant. »

    Elle avait beaucoup parlé, selon elle, donc elle se tut tout en reprenant une autre gorgée de son précieux liquide, qui lui permettait de cacher quelques réactions non dissimulables quand elle était encore enfant. En effet, il serait mauvais de rire d'une vieille tante qui explique une anecdote tout à fait hilarante. Plongeant son regard dans son thé, elle écarta bien vite ses souvenirs de sa tête. Un sourire franc aux lèvres, elle redressa la tête et regarda Sybille. Dernier test, tout en subtilité.

    « Alors que pensez-vous de notre cher Royaume et de ses dirigeants ? J'aime beaucoup connaître l'avis de mes confrères et consœurs, bien que ceux-ci ponctuent leurs fins de phrases par des adjectifs totalement incongrus face à la situation. »

    En clair, ces abrutis léchaient les bottes de leurs abrutis de princes alors que le royaume dépérissaient de leurs folles actions.


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MessageSujet: Re: C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]   Mer 29 Juin - 17:58

    E, candeurs des vapeurs et des tentes,
    Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
    I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
    Dans la colère ou les ivresses pénitentes...


    Voyelles ; Arthur Rimbaud.

    Je la regarde. Elle se ressert du thé ; elle doit avoir soif. Ou alors, c'est juste pour passer le temps, en attendant qu'une chose intéressante se passe. Plus passionnante que cette conversation en tout cas. Car pour le moment, il faut avouer que nos bavardages ne volent pas très haut. Quelques banalités échangées par-ci par-là, jacassements inutiles nous servant à nous analyser mutuellement. C'est amusant, certes, mais mon dossier sur la personnalité de cette jeune noble stagne. Elle est toujours aussi mystérieuse. Enfin, désormais, je sais qu'elle se prénomme Ruby. Elle vient de l'annoncer de son habituelle voix oscillant entre le grave et le fluet. Conséquence agaçante du réveil matinal. La voilà qui recommence à siroter son thé. Elle aime faire attendre ses interlocuteurs. Être attendue et observée, donc. Pour ne pas donner l'impression d'être trop pendue à ses lèvres dans l'attente de nouvelles paroles, je prends à mon tour une gorgée de la boisson brûlante. Mon interlocutrice reprend la parole, finalement. Peut-être m'a-t-elle assez fait attendre ?

    « Je suis enchantée de vous rencontrer. Vous êtes différente de mes autres interlocuteurs du matin que je suis malheureusement obligé de côtoyer. » 

    Même si intérieurement je suis ravie de savoir que je suis différente de tous ses imbéciles, je ne laisse rien paraître. Au moins, je sais maintenant qu'elle ne veut pas me voir partir immédiatement. Ça tombe plutôt bien, je ne comptais absolument pas m'en aller. Cependant, je n'ai pas non plus envie de poursuivre cette conversation, de parler. J'attends qu'elle m'en dise un peu plus sur son compte. Ou tout au moins, qu'elle m'en dise plus tout court. Dans l'attente d'une suite, je prends un éventail posé non loin de moi. Noir, simple. Je ne sais pas à qui il appartient, mais je m'en fiche. Il est à moi, maintenant. Naturellement, je l'ouvre et cache à-demi mon visage derrière. Je meurs d'envie de m’éventer, mais je trouve que ça donne l'air stupide donc j'évite. Diantre, qu'il fait chaud dans ce salon. Je pousse un soupir discret, vaine tentative de me rafraîchir. Enfin, un nouveau flot de mots arrive. J'essaye de tendre l'oreille, à la recherche d'une intonation, d'une injonction pouvant m'orienter.

    « Vagues amis n'est pas utilisé de façon correct. Des amis sont des personnes que l'on apprécie de voir et dont on trouve toujours les sujets de discussion très intéressants. Dans votre cas, ces personnes s’appelleraient « connaissances »... mais comme vous avez l'air de quelqu'un de très bien élevé et qui tient à avoir une réputation parmi ses imb… nos semblables, vous leur faîtes croire qu'ils sont vos amis. »

    Imb... éciles ? Hahahaha ! Elle est trop drôle ! Je sens mes lèvres frémir, esquisser un sourire, mais je le garde bien soigneusement derrière ma barrière noire de dentelles et de tissu. Mes yeux restent figés sur ceux de Ruby. Elle m'observe aussi. Je ne veux pas qu'elle en sache plus sur moi que moi j'en sache sur elle. Elle en sait déjà beaucoup trop en vue de ses réflexions d'ailleurs.

    « Et il est vrai que s'endormir pendant l'un de ses dîners serait incroyablement divertissant. Il est bon de rire, et le faire au dépend des autres sans qu'ils ne le sachent est tout simplement amusant. »

    Bien. Ainsi, nous pensons de la même façon. Bienvenue au pays des hypocrites. Ne tenant plus, je secoue légèrement mon éventail. Une brise légère vient caresser mon visage. Malgré cette impression d'être la plus stupide du monde, je reste digne. Je prends même un air indifférente, comme si notre conversation était la plus banale du monde. Enfin, si on peut appeler mon analyse une discussion. Allez, je la laisse causer encore un peu, et après ce sera mon tour. Sinon, elle va penser que je me laisse dépérir dans mon fauteuil. Et que je suis comme ces abrutis, piaillant autour de nous. Ce qui n'est absolument pas le cas, malgré les apparences.

    « Alors que pensez-vous de notre cher Royaume et de ses dirigeants ? J'aime beaucoup connaître l'avis de mes confrères et consœurs, bien que ceux-ci ponctuent leurs fins de phrases par des adjectifs totalement incongrus face à la situation. »

    Le silence s'installe soudain sur la scène du théâtre. Je sens qu'elle attend ma réponse avec impatience, et je viens de dire que j'allais parler, mais... Que puis-je répondre à ça ? D'habitude, c'est moi qui pose cette question ! Jamais je n'aurais pu imaginer à quel point il est difficile de dire quelque chose après ça. Je ne peux pas dire quelque chose de trop explicite, comme « Ah, moi je les déteste, ces connards, voyez-vous ? ♥️ »... Mais d'un autre côté, je ne veux pas jouer la carte du mensonge avec cette interlocutrice-là. Déjà parce qu'elle risque de déceler mon ton hypocrite plus que quelqu'un d'autre. Ensuite parce que j'ai l'impression qu'elle a les mêmes opinions que moi. Mon seul doute reste dans le fait que je ne l'ai jamais vu parmi les Résistants. Une opposante peut-être... Rah, je ne sais pas. Et cette chaleur, qui m'empêche de réfléchir, c'est agaçant ! Finalement, d'une voix lasse, je lâche la première réplique me venant à l'esprit.

    « Et bien, voyez-vous... Je pense que le Royaume coule. Les Princes sont peut-être un peu jeunes... Qu'en sais-je. En tout cas, un problème subsiste dans cet étrange règne. Et vous, qu'en pensez-vous ? »

    Pas mal. Je me débrouille mieux que ce que je pensais. Après un dernier battement de mon éventail, je le pose sur mes genoux et termine ma tasse de thé. Une goutte ambrée se détache au fond du gobelet de porcelaine blanche. Je n'arrive pas à la boire, elle reste inaccessible. Étrangement, ça m'énerve. Un petit rire nerveux, presque silencieux, s'échappe d'entre mes lèvres. Et voilà que je me mords la langue. Belle idiote que je fais. Un liquide poisseux glisse dans ma gorge. J'avale, puis je reprends la parole, calme.

    « Et, dites-moi... Vous ais-je demandé pourquoi vous êtes ici de si bon matin ? Je doute que ce soit uniquement pour vous faire remarquer, comme toutes ces adoraaables damoiseaux et demoiselles que nous avons là-bas. Je me trompe ? »

    J'accompagne ma parole d'un regard et d'un sourire totalement faux vers les nobles agglutinés près du buffet. Un jeune homme me dévisage en fronçant les sourcils. Je lui rends la pareille, puis me détourne, attendant de voir ce que Ruby réussira à me répondre. Chacun son tour.

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MessageSujet: Re: C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]   Lun 11 Juil - 15:12

    Comme la demoiselle prenait son temps pour répondre, tout comme elle, le faisait, elle s'accouda et posa son menton dans sa main, les yeux vaguant à droite et à gauche, observant les autres nobles qui piaillaient et pouffaient comme des imbéciles. Elle mordit sa lèvre inférieure, ce mot avait faillit sortir de ses lèvres il y a quelques minutes. Son regard glissa sur son interlocutrice, bien que cette dernière semblait posséder le même point de vue qu'elle sur eux, il ne fallait mieux pas pour le moment, ne pas dire tout haut ce qu'elle pensait tout bas dans un language de paysan. Car oui, parler sans aucun subterfuge, c'est parler comme des paysans et Ruby n'en était pas une, oh que non. Elle appartenait à l'aristocratie et bien que cette dernière ne soit qu'en partie composé de bouffons, elle aimait ce qu'elle était et ne changerait pour rien au monde.

    Ses yeux suivirent l'éventail que Sybille prit et l'observa cacher la moitié de son visage. Qu'elle était naïve si elle pensait échapper à ses yeux qui la scrutaient, decriptant. Ruby n'avait pas besoin de voir le visage en entier pour deviner ce que pensait réellement une personne. Les gestes, les tics, les manies et surtout ne dit-on pas que les yeux sont le miroir de l'âme. Tant que les yeux restaient visibles et que la personne bougeait, Ruby avait toutes les chances de deviner ce que ses interlocuteurs pensaient. Elle avait été élevé comme ça et malheureusement pour ses parents et ses tutrices, elle avait vite fait de retourner leurs enseignements contre eux. La jeune marquise se redressa et plongea ses prunelles dans celles de la jeune femme. Elle pourrait parier sa fortune entière que Sybille venait de cacher un sourire derrière son éventail : eh oui, les yeux et surtout lorsque l'on sourit sincèrement, des petites rides apparaissaient aux coins des yeux, et ce, qu'elle que soit l'âge.

    Ruby la regarda s'éventer lègérement, observant quelques mèches rebelles s'envoler au grè du vent produit. Sa question sur le royaume et le règne actuel était en train de, semblait-il, faire marcher à toute vitesse les meninges de la demoiselle, cherchant une réponse appropriée. C'était par cette réponse que la jeune femme déciderait de la suite à prendre avec son interlocutrice. Soit elle l'apprécierait, soit elle se comporterait avec elle comme avec tous ses autres nobles de bas-étage. Sa réponse fut longue à venir, mais elle lui plut. De plus, elle lui renvoyait la question. Elle avait du tant répondre à cette question que la jeune marquise aurait pu lui répondre aussitôt, mais elle préférait attendre, observant encore et encore. Même si son corps ne bougeait pas, ses yeux par contre, si. Son regard accrocha celui d'un jeune duc qui semblait l'observer depuis un bon bout de temps, croyant qu'elle ne le remarquerait pas. Dommage pour lui. Le jeune homme se détourna, les joues rouges comme des tomates sous l'insistance du regard de Ruby.

    Elle reporta son attention sur la demoiselle qui venait de reprendre la parole. Hum, petite maligne. Ruby lui avait posé une question piège et Sybille venait de lui rendre la politesse. Décidément, elle ne pouvait que l'apprécier. Le sourire qu'elle adressa aux nobles était tout ce qu'il y avait de plus faux et était tellement réussi qu'elle-même aurait pu tomber dans le panneau. Un sourire étira ses lèvres et elle finit sa tasse de thé qu'elle reposa sans un bruit sur la petite table. Elle humecta ses lèvres avant de prendre la parole.

    « En effet, peut-être sont-ils un peu trop jeunes pour prendre des décisions qui pourraient permettre la remise en course du royaume qui commence à perdre de la vitesse. Il sombre, et ce de plus en plus vite et malheureusement, nous ne sommes que les témoins de cet étrange mascarade. Peut-être faudrait-il un régent jusqu'à ce que nos chers princes soient assez mûrs pour règner comme il se doit. »

    En fait, il faudrait juste les écarter, mais ça, elle le garda bien au fond de sa petite tête blonde. Pour le moment et tant qu'elle gardait d'innombrables privilèges, elle ne ferait rien, mais dès que les Princes commencent à perdre du pouvoir, elle changera aussitôt de camp. Peut-être qu'elle tentera même de rejoindre un autre royaume bien mené et riche, bien que ceci soit fortement interdit et quasi impossible. Qui vivra verra.

    Alors qu'elle cherchait quoi répondre à sa dernière question, elle hèla un serveur pour qu'il vienne lui resservir une tasse de thé. Elle ne voudrait pas prendre le risque de se brûler. L'un d'eux arriva presque en courant, la servit calmement avant de repartir aussi vite qu'il n'était venu. Elle souffla sur sa tasse avant de boire une petite gorgée. Rien ne vaut une bonne tasse de thé. Le matin, à partir de la deuxième, elle se sentait déjà bien mieux. Elle en reprit une autre, fixant Sybille et décroisa ses jambes pour les recroiser de nouveau, mais posant cette fois-ci, sa jambe gauche sur celle de droite. Elle s'affaisa un peu plus contre le dossier de la chaise, fermant les yeux, le souvenir de son lit moelleux commençait à disparaître, lui lassant l'esprit clair et vif. Elle rouvrit les yeux et répondit d'une voix calme, posée et limpide.

    « Ne me comparez surtout pas à nos adorables semblables, vous me vexerez. Je ne rabaisse pas leur soit-dit intelligence et beauté, mais je préfère me dire que je suis différente de ceux-là. Il n'y a que deux raisons qui justifient ma présence ici, bien que je n'ai à me justifier devant personne, je consens à vous répondre. L'une c'est que je ne peux commencer ma journée sans une bonne tasse de thé, voir plusieurs si la nuit, et surtout le réveil, n'ont pas été des plus agréables, l'autre, et bien, j'aime me mèler aux autres et les observer. Vous ne pouvez pas imaginer la grande source de divertissement qu'ils peuvent être. »

    Estimant avoir assez parlé, elle reprit quelques gorgées de thé, avant de lui renvoyer poliement sa question.

    « Et vous ? Je ne me souviens pas de votre présence dans ces quelconques salons, je vous aurais remarqué avant ce matin je pense. Serait-ce la première fois que vous assistez à l'une de ses réunion aristocrates, semblable à une basse-cour en effervescence ? Je vous assure que vous avez manqué beaucoup d'amusement. »

    Il était vrai qu'elle ne se souvenait pas de l'avoir vu. Mais son visage lui disait quelque chose. Peut-être était-ce sa mère ou son père qu'elle avait vu ? Elle soupira d'aise silencieusement, repensant à ses parents qu'elle avait laissé sans aucun remord à la demeure familiale.

    « Êtes-vous seule ici ? Ou bien, comme beaucoup de jeunes nobles, vos bien-aimés géniteurs ont-ils fait acte de charité en vous octroyant de leur présence ? »


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MessageSujet: Re: C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]   Lun 8 Aoû - 22:51


    Ombre multiple que le soleil vous garde
    Vous qui m'aimez assez pour ne jamais me quitter
    Et qui dansez au soleil sans faire de poussière
    Ombre encre du soleil
    Ecriture de ma lumière
    Caisson de regrets
    Un dieu qui s'humilie.


    Ombre ; Guillaume Apollinaire.

    Ombre et lumière, jeu du Hasard, vie éphémère. J'ai toujours trouvé fascinante la façon qu'avait l'obscurité de céder à la lumière, et vice versa. Une partie de cache-cache interminable en quelque sorte, plus passionnante que les autres. Plus réelle et plus abstraite à la fois, aussi. Moi, j'ai vécu un long moment dans l'ombre avant de me retrouver sous le feu des chandeliers. Et je peux vous dire que les livres mentent, en affirmant que la lumière est synonyme de pureté et que l'obscurité est le mal absolu. Dans ce Royaume de fous, les rôles sont inversés, quoi qu'on en dise. C'est la raison pour laquelle j'attends avec une si grande attention la réponse de Ruby à mon interrogation sur les Princes d'ailleurs. Est-elle blottie secrètement dans l'ombre comme moi, en profitant juste un instant de la lumière, ou est-elle, à l'instar de tous les autres nobles, une créature vivant pour être au soleil ? Affichant une expression patiente, j'essaye de cacher au mieux l'envie qui me dévore de savoir. Enfin connaître, après ces quelques minutes de discussions futiles, sur qui je suis tombée. Je l'observe tandis qu'elle termine l'ultime goutte de son thé, silencieuse et polie, comme je me dois de l'être. Je ne la quitte pas des yeux non plus alors qu'elle humidifie ses lèvres pâles. Enfin.

    « En effet, peut-être sont-ils un peu trop jeunes pour prendre des décisions qui pourraient permettre la remise en course du royaume qui commence à perdre de la vitesse. Il sombre, et ce de plus en plus vite et malheureusement, nous ne sommes que les témoins de cet étrange mascarade. Peut-être faudrait-il un régent jusqu'à ce que nos chers princes soient assez mûrs pour régner comme il se doit. »

    Un sourire s'épanouit sur mon visage. Une alliée, donc. Ou quelque chose s'en approchant. D'un air indifférent, comme si notre discussion était on ne peut plus banal, je pose une deuxième question. Sur sa présence ici. Je ne parlerai plus de la politique aujourd'hui, à moins d'en être forcée. J'en sais bien assez et je ne veux pas paraître soupçonneuse. Doucement, je me laisse aller contre le dossier de mon fauteuil. Le souvenir de mon oreiller traverse vaguement mon esprit ; je l'écarte sèchement. Je préfère rester là, c'est beaucoup plus amusant finalement. Mon interlocutrice hèle un des serveurs, qui lui sert une nouvelle tasse de thé. J'en profite pour lui demander rapidement des gâteaux, j'ai faim, et je ne tiens pas à le montrer avec les gargouillis de mon ventre. Il pose sur la petite table basse une boîte métallique avant de s'enfuir d'un air pressé. Je croise mes chevilles sous mon siège, puis je pioche un des biscuits secs et en croque un morceau. Pas trop mauvais, j'en reprends. Une voix s'élève soudainement, claire, réponse à mon interrogation passée. Je tends l'oreille, sans quitter des yeux mon gâteau. Hors de question de montrer que je suis intéressée par cette conversation plus que d'habitude. Ma fierté en prendrait un coup.

    « Ne me comparez surtout pas à nos adorables semblables, vous me vexerez. Je ne rabaisse pas leur soit-dit intelligence et beauté, mais je préfère me dire que je suis différente de ceux-là. Il n'y a que deux raisons qui justifient ma présence ici, bien que je n'ai à me justifier devant personne, je consens à vous répondre. L'une c'est que je ne peux commencer ma journée sans une bonne tasse de thé, voir plusieurs si la nuit, et surtout le réveil, n'ont pas été des plus agréables, l'autre, et bien, j'aime me mêler aux autres et les observer. Vous ne pouvez pas imaginer la grande source de divertissement qu'ils peuvent être. »

    Hm, plutôt banal. Si ce n'est la deuxième raison, que les aristocrates présents dans la pièce n'auraient sûrement pas apprécié, s'ils avaient seulement eu l'idée d'écouter un peu autour d'eux. Je me ressers du thé pendant que Ruby boit du breuvage par petites gorgées rapides. Je vois le liquide couler régulièrement dans sa gorge, rythme régulier et rassurant. La boisson ambrée glisse dans ma tasse de porcelaine, noyant la goutte inaccessible perdue au fond. Tant mieux. Le bout de mon index suit les contours des formes peintes sur la vaisselle, en rose fade, orangé brillant ou or terne, tandis que mon interlocutrice me retourne ma question. D'un geste précis, j'attrape l'anse de ma tasse et prend un peu de thé. Juste le temps d'entendre les nouvelles questions de la noble. Elle me paraît bien bavarde et curieuse tout d'un coup. Je réponds tout de même.

    « Hm... Navrée si je vous ais vexé, loin de moi était cette idée. Quoi qu'il en soit, sachez que je ne viens pas souvent ici parce qu'habituellement je dors encore. C'est donc une des premières fois que je viens effectivement. Et ne vous inquiétez pas, je ne manque pas d'amusement, il y en a partout dans ce château. Il suffit de marcher et de tendre l'oreille. »

    Je me tais un instant, le silence est tellement agréable parfois. Je profite de ce calme durant une poignée de secondes, puis je reprends. Je n'ai pas terminé, loin de là.

    « Ensuite, si vous voulez savoir, mes parents ne sont pas là. Je ne pense d'ailleurs pas avoir besoin de leur compagnie pour me débrouiller. Vous me comprenez, j'en suis certaine. Enfin... »

    Rapidement, je prends à nouveau un peu de thé, puis abandonne ma tasse sur la minuscule coupelle l'accompagnant. Une mare miniature du breuvage se forme lorsque j'en fait tomber un peu dans ma précipitation. Je tente de l'essuyer d'un geste vif de mon pouce, mais au lieu de s'effacer, la tâche se morcelle en dizaine de petites gouttes dorées. Étrange. Je fronce légèrement les sourcils puis je laisse tomber, après tout ça n'a aucune importance. J'annonce la fin de ma phrase en me relevant.

    « … Que pensez-vous d'aller se promener, à présent ? Je ne sais pas vous mais, mon ton se fait murmure, je trouve que les regards de ces messieurs se font de plus en plus insistant. Je ne voudrais pas me brûler les ailes, ce serait embêtant. »

    Je ponctue ma proposition d'un éclat de rire. Ma raison pour partir d'ici sonne faux, je le sais bien. En réalité, le seul problème est que je n'aime pas cette pièce. Trop bruyante, trop claire... Effrayante.

    Il faut toujours se méfier de la lumière.


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MessageSujet: Re: C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]   Jeu 29 Déc - 5:25

    Ruby commençait à se lasser de ce petit salon bruyant. De plus en plus de monde arrivait et ces commères l’empêchaient de penser correctement. Elle observait Sybille qui semblait attendre beaucoup de sa réponse, comme elle l’avait été quelques minutes plutôt. Les alliées et les amies se font rares dans ce château. Enfin, alliées, tant que Ruby n’avait pas eu de missives sous le nez qui lui indiquait que les Princes étaient désormais incapables de contrôler la situation, là elle bougera le petit doigt afin d’aider de l’autre côté. Pour le moment, elle ne voulait pas trop se mouiller dans toutes ces fâcheuses histoires de politiques et de rébellion … et puis, il était beaucoup trop tôt, non ?

    La marquise observa la demoiselle se servir dans une boîte à biscuit que venait d’apporter le serveur. Elle s’en détourna, elle n’avait pas faim, elle n’avait jamais faim le matin. Seul le thé réussissait à passer sans qu’elle n’ait envie de vomir sur les chaussures bien lustrée de cet abruti de Lord Lucien. Hum, cette petite utilisait les mêmes stratagèmes qu’elle lorsqu’elle discutait avec quelqu’un : observer et analyser. La jeune femme écouta la voix de son interlocutrice qui résonnait doucement à ses oreilles. Enfin une personne qui avait compris qu’il n’y avait aucune raisons d’augmenter la voix pour parler à quelqu’un qui se trouvait à peine à 1 mètre d’elle.

    Nullement vexée, Ruby but quelques gorgées de ton thé en souriant. Pas trop non plus, sinon on risquerait de venir les déranger pour connaître la raison de ce sourire : un ragot peut-être ? La jeune femme réfléchissait à ce que venait de lui dire Sybille. Elle semblait aussi indépendante et sure d’elle que la jeune marquise, fascinant. Avalant les dernières gouttes de son précieux breuvage, elle suivit l’exemple de sa camarade et posa délicatement la tasse sur une coupelle. Levant les yeux vers la jeune fille qui venait de se relever brusquement, elle haussa un sourcil avant de diriger son regard vers les dits-messieurs qui ne cessaient pas du tout avec leurs regards. Elle leurs ferait bien avaler leurs haut-de-forme et leurs cannes à ceux-là. Mais ce n’est pas comme ça qu’une dame de la haute société doit se comporter, donc elle se retient.

    Imitant Sybille, elle se leva, époussetant un peu le tissu qui ornait ses hanches, manie qu’elle avait prise en voyant sa mère faire et glissa une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Son éclat de rire fit de nouveau sourire Ruby, quel exploit. La jeune marquise attrapa doucement le bras de la jeune fille et encroisa son bras au sien. Tout en avançant, elle se remit à parler.

    « Vous avez bien raison. Mais bon, on ne peut pas vraiment en vouloir à la gente masculine de ne pas être aussi développé que la gente féminine. »

    Un des serveurs leur ouvrit la porte et elles sortirent enfin de cet enfer bruyant. La jeune noble avança dans les couloirs, prenant la direction de la sortie qui menait aux jardins, déjà beaucoup moins peuplé le matin. Au moins, elles seraient tranquilles si elles voulaient parler sans artifices. Ce n’est pas que cela épuisait Ruby, mais parler franchement avec une personne était bien trop rare pour qu’elle n’en profite pas. Et puis, peut-être en apprendra-t-elle un peu plus sur elle, quitte à se dévoiler aussi. Passant la porte qui les menait au jardin, elle sentit aussitôt la différence de température et comprit pourquoi, elle évitait les jardins le matin. Espérons que le temps se réchauffera au fil de la matinée.


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C'est tôt le matin que l'on fait de belles rencontres...[PV Sybille]

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