{ Dirty Prince }


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 You are in my pocket ♥ ~ Sybille

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MessageSujet: You are in my pocket ♥ ~ Sybille    Sam 5 Mar - 15:48

    I – Le Cadavre Exquis :

      Prénom : Vivaldi - Sybille.
      Âge : 19 ans, née le 17 mai de son année.
      Orientation sexuelle : Hétérosexuelle visiblement.
      Fonction, métier, titre de noblesse : Duchesse, à son grand désespoir.
      Signe caractéristique : Elle porte plusieurs boucles d'oreilles, généralement noires et différentes les unes des autres.
      Manie, habitude : Voler tout ce qu'elle trouve intéressant. Traduction : pleins de choses.
      Groupe : Resistant Union


    II – Autopsie du Macchabée :

      Mesdames et Messieurs, bien le bonjour. Ici, en cette matinée macabre, je me dois apparemment de me présenter. D'habitude j'ai horreur qu'on me donne des ordres. Sauf quand c'est Vidal. Là, c'est pas le Boss qui me l'a demandé, mais je n'ai pas le choix, c'est une obligation que je ne peux contourner. Donc, comme diraient ces nobles ridicules semblables à des pantins bariolés, "qu'il en soit ainsi".
      Je me nomme Sybille. Enfin, j'aimerais bien. En vérité, le prénom que l'on m'a attribué à la naissance, c'est Vivaldi. Affreux n'est-ce pas ? Je trouve aussi. Du coup, je ne laisse pas tout le monde m'appeler comme ça. Seulement mes parents, parce que même si leur sens du goût est pitoyable, ils sont plutôt gentils. Et puis la Cour, généralement, même si je dois serrer les dents pour ne pas leur faire ravaler ce "Vivaldi" toujours susurré d'une voix écœurante. Pour tous les autres, c'est soit Mademoiselle, soit Sybille. Sinon je les étrangle. Ou alors je les gèle sur place d'un seul regard. Je suis plutôt douée pour ça.
      Bref, passons, j'ai suffisamment bavassé à propos de mon nom je crois. Parlons à présent de mon physique. Je ne suis pas vraiment petite, mais on ne peut pas non plus me qualifier de "grande". D'une taille respectable pourrait on dire. Si on part du côté de mon poids, je pourrais vous dire que je suis mince. Faut dire que c'est plus pratique quand je dois m'enfuir après un vol. Essayez d'escalader une palissade ou encore de courir un kilomètre alors que vous avez trente kilos en trop. Vous verrez que c'est pas simple. Mes mains aussi sont fines, ornées d'ongles que je laisse volontairement pousser à une longueur raisonnable. Ensuite... J'ai des cheveux longs et plutôt foncés, ainsi que deux yeux profonds qui s'accordent sur le même ton sombre et contrastant avec ma peau très claire. Un peu à la façon des touches d'un piano. Ou des plumes d'une pie.
      En parlant de pie, revenons à ce dont je parlais tout à l'heure. Le vol. Parce que je suis une voleuse. Une menteuse et une manipulatrice un peu aussi, à l'occasion, quand j'ai besoin d'informations. Mais mon domaine favori reste quand même le cambriolage. Je prend de tout; des bijoux, des lettres, même des billes ou des fusains pourvu que je puisse embêter un noble. J'aime bien, ça m'amuse. Et puis, je suis bien trop habile pour me faire prendre alors il n'y aucun risque. En un battement de cils, les clefs posées sur le bureau ont disparu au fond de ma poche. Sans que personne n'ait rien vu. J'adore.
      Sinon, je me trouve moi-même plutôt hypocrite, puisque je passe mon temps à jongler entre mes apparentes bonnes manières et mes sourires adorables devant la Cour, et mon caractère fière de jeune fille qui ne se laisse pas faire face aux Résistants. Evidemment, pas question que je me fasse marcher dessus par des garçons. D'ailleurs, ils l'ont vite compris à mes remarques acides... Un peu trop acides parfois en fait, je dois l'avouer. Je ne suis pas si méchante que ça en réalité. Je veux juste être libre de mes mouvements et de ma vie, pouvoir faire ce dont j'ai envie sans être entravée par qui que ce soit. Qu'importe le prix. D'ailleurs, c'est en partie à cause de cette façon de penser que je me suis alliée à Vidal. Les Princes m'ont enfermée, moi, la pie voleuse, dans une cage dorée en pensant que je ne m'en apercevrais pas. Grave erreur. Voilà, première raison pour laquelle je déteste ces deux là et la petite sœur qui va avec. Après, la deuxième raison... C'est mon secret. Et si tu arrives à le découvrir, je t'arrache la langue. Compris ? ♥
      Sur ce, Mesdames et Messieurs, il me semble en avoir terminé avec cette tâche. A plus tard. Peut-être.


    III – Chronique Sordide :

      Première année. Adoration.

      On me regarde. Des dizaines de paires d'œil m'observent, m'analysent. C'est... Angoissant. Et en même temps agréable. Après tout, qui pourrait ne pas aimer être aimée, adorée, adulée ? Personne. Et je n'échappe pas à cette règle. Je veux être le centre de l'attention, par tout les moyens possibles et inimaginables. Je vois le visage d'un homme se rapprocher et ses mains me prendre juste sous les épaules pour me porter et me montrer à la foule. Comme un magnifique objet que l'on exhibe fièrement.

      "Regardez comme elle est mignonne notre petite Vivaldi !"

      Tout le monde applaudit et m'admire. Sauf que je ne suis pas un objet. Du coup je pince le monsieur. Il me lâche avec un sourire crispé et en disant à la foule que "j'ai du caractère". Je ne comprend pas, mais ça me fait rire. Une femme avec les mêmes cheveux que moi me jette un regard attendri. Ensuite, on s'approche de moi avec une aiguille. J'aime pas trop cette idée mais je n'ai pas la force nécessaire pour repousser la petite chose argentée s'approchant de plus en plus de mon oreille. On perce mon lobe droit, puis le gauche rapidement. Je pleure. Des larmes roulent sur mes joues tandis qu'on insère une petite perle noire dans chaque trous formés un peu plus tôt. La femme me ressemblant étrangement me porte et glisse mon corps entre les creux créés par ses coudes. Je ne peux pas la pincer parce que mes bras sont bloqués. La dame m'observe avec une adoration débordante. Un regard qui se grave en moi avec force. Je cesse de pleurer, elle caresse mon oreille puis me parle.

      "Voilà. Tu es à moi. Mon bébé."

      Je ne suis pas un objet, je ne suis pas à elle. Mais je ne peux rien faire. Et puis elle me regarde avec tellement d'amour. J'ai la tête qui tourne, les idées qui s'embrouillent. Je cris.

      Troisième année. Innocence.

      Allongée dans mon lit, la tête enfoncée dans l'oreiller moelleux et le corps roulé en boule sous la couverture toute tiède, j'attend que quelqu'un vienne me voir. Pour me souhaiter bonne nuit et me border un peu mieux, comme tous les soirs. Je ferme les yeux. Le vent souffle dehors, je l'entend frapper à la fenêtre comme pour demander à entrer. Mais ici, il n'y a pas de place pour lui. Des bruits de pas résonnent dans le couloir puis une servante ouvre la porte et pénètre dans la pièce. J'entrouvre les paupières. Je la regarde s'approcher de moi et remettre le drap correctement sous le matelas. Elle se penche au dessus de moi et une odeur de linge propre parvient jusqu'à mon nez. C'est agréable. Alors je joue celle qui vient juste de se réveiller. Je m'étire, je baille et j'ouvre plus grand mes deux yeux bruns. La dame se fige, s'écarte un peu et j'ai l'occasion de mieux l'observer. Elle a des cheveux grisonnants noués en un chignon, des rides creusent sa peau aux coins de ses yeux et elle me sourit. Elle a l'air gentille. Donc je parle.

      " Madame. Vous pouvez me raconter une histoire ?"

      Elle a l'air un peu surprise. Un petit air interrogateur se forme sur son visage et elle se rapproche légèrement pour me voir de plus près. Sur sa robe blanche, juste au dessus du col, il y a une tâche de sang. Je ne sais pas ce qu'elle fait là. Je m'en fiche.

      " Une histoire ? Quoi comme histoire ?
      - Je sais pas.
      - D'accord. Si tu veux..."

      Elle tourne les talons. Peut-être qu'elle va s'en aller, elle doit avoir des tas de choses à faire. Mais non, elle est juste partie prendre un tabouret en bois. D'habitude c'est celui de Maman, mais là elle est partie à une fête avec Papa alors je ne dis rien. La vieille femme installe l'objet près de ma tête et prend place. Son tablier est trop grand pour elle, du coup il traîne un peu par terre. Je me relève un peu et cale mon dos contre les oreillers. Ensuite elle commence. Elle a une voix un peu abîmée par le temps, qui me berce. Les mots qu'elle prononce content les aventures d'une petite fille tombée dans un abîme sombre et débarquant dans un pays fabuleux. Drôle d'histoire. Je n'écoute pas vraiment, je me laisse juste emporter par les phrases, et pour finir je n'entend pas la fin. Je m'endors avant. Et pendant que je dors, je rêve. C'est fantastique, il y a plein de couleurs grâce aux fleurs. Ainsi qu'un lapin avec un gilet et une montre, un lièvre fou... Et puis un chat qui fait peur aussi.

      Dans la nuit, une femme court. Ses cheveux gris autrefois attachés en un chignon parfait sont maintenant emmêlés en un fatras indéfinissable et le vent gifle ses rides. Sa mine apaisée s'est faite inquiète. Son ventre aussi a changé. Il s'est arrondi et... Il respire. Calmement, on le voit s'élever puis redescendre. C'est normal, je vais vous expliquer. Sous la couche de tissu, soutenue par les deux mains veineuses de la femme, il y a une petite fille. La servante sait qu'un enlèvement est un crime, mais c'est sa mission. Et on ne discute pas les ordres de Vidal quand on fait parti des Résistants. Même quand on est une vieille dame.
      Soudain, le cri d'un garde retentit dans le noir. La dame se retourne et voit une lame danser devant ses yeux. Elle lâche l'enfant dans la surprise, et celle-ci dégringole dans un trou menant aux catacombes. Il fait trop sombre, l'homme ne voit pas la petite noble s'éloigner de chez elle. Il remarque simplement que la servante est dehors après le couvre-feu, ce qui est interdit. Adieu Madame. Qu'on lui coupe la tête.


      Plus tard.

      Une main froide sur ma joue. Qui est-ce ? J'ouvre les yeux. Je suis allongée sur un sol dur et sombre, un peu comme des dalles. En face de moi, il y a une femme assise à genoux. La paume rougeâtre et gelée posée sur ma pommette lui appartient. Elle me sourit, ses yeux verts brillent d'une lueur bienveillante et ses cheveux roux tombe de part et d'autre de ses épaules. Elle n'a pas de chaussures et sa robe est déchirée, mais elle est belle quand même je trouve. Un courant d'air traverse la sorte de couloir où nous nous trouvons, et j'ai froid. Quand je frissonne, la dame me prend dans ses bras. A mon oreille, elle me murmure des mots apaisants, et même si je n'ai pas peur c'est tout doux de les entendre, comme un rayon de soleil. Je me blottis contre elle en attendant que le vent frigorifiant s'en aille. Au bout de plusieurs minutes, elle me pose une question. Sa voix est apaisante, sucrée, de la même façon qu'un bonbon.

      "Est-ce que tu sais qui tu es, petite fille ?"

      La phrase résonne dans ma tête. La réponse me parvient comme une évidence et franchit mes lèvres d'un ton enjoué, ravi. Je suis très fière de ma phrase.

      "J'ai trois ans !"

      Toujours souriante, la femme hoche la tête. Apparemment, elle aussi elle aime ma répartie. Je relâche ma tête contre sa poitrine et la regarde. Elle semble réfléchir. Je me demande à quoi, mais je n'ai pas envie de la gêner donc je me tais. Je joue avec mes boucles d'oreilles. Elles me rappellent vaguement quelque chose mais je n'ai pas envie de fouiller dans ma mémoire, c'est trop difficile. Finalement, la demoiselle brise d'elle-même le silence.

      "Moi j'ai vingt ans, elle me montre le nombre en levant ses dix doigts un par un deux fois, et je m'appelle Mary."

      Mary, c'est un joli nom. Je l'aime bien, il sonne comme une clochette en argent dans ma tête. Lentement elle se relève, me portant entre ses bras fins. Comme si elle me protégeait du reste du monde. Une de mes chaussures vernies tombent sur le sol, mais je n'y prête pas attention. Mary non plus. J'ai la bouche entrouverte, elle attend que je parle. Ce que je fais.

      "Moi, je m'appelle comment, dis ?"

      Elle commence à marcher, s'enfonce de plus en plus dans le couloir. Ses pieds nus ne font aucun bruit sur la pierre au sol. Seul le froissement de sa robe à chaque nouveau pas empêche le silence de venir s'insinuer dans la pièce. Et puis un mot.

      "Sybille."

      Septième année. Apprentissage.

      Les yeux dans le vague, adossée contre un des murs froid des catacombes, je pense. Je me demande ce que ça peut faire de vivre dans la lumière, au milieu des fêtes et des rires. D'être comme une princesse. Moi je ne connais que l'obscurité, les larmes et le froid. Mon ventre proteste sourdement. Je n'ai pas mangé depuis deux jours... J'ai oublié la faim dans ma liste. Elle me torture, s'insinue en moi comme un affreux poison désirant me plier en deux. Mais je tiens bon parce que je ne suis pas toute seule. Je n'ai pas le droit d'être égoïste et de me plaindre alors que d'autres souffrent de la même chose auprès de moi. Le plus silencieusement possible, pour ne pas perturber le sommeil d'un vieil homme allongé à un mètre de moi, je soupire. Une main blanche passe devant mes yeux et je sursaute un peu avant de lever mon regard sur le garçon le plus adorable - et le plus énervant soit dit en passant - du monde. Des cheveux noirs ébènes et des yeux gris moqueurs, tout le monde l'appelle Crow. Il trouve ça moche et dit qu'un jour il changera de nom, mais au fond je suis sûre qu'il est pas cap'. Bref, revenons à tout de suite maintenant. Il est en train de me sourire. Je ne sens plus mon cœur mais je reste calme, j'ai pas envie qu'il le voit et qu'il prenne encore plus la grosse tête. Il parle.

      "Eh bah quoi alors ? Tu rêves ? C'est pas le moment pourtant ! Viens je vais te montrer quequ'chose !"

      Le grand-père se réveille en grommelant et en pestant contre la jeunesse irrespectueuse, mais on s'en fiche. On est déjà loin. Je le laisse me guider à travers les dédales de couloirs formant le sous-sol de la ville. Sa main me tire en avant, me forçant à avancer toujours plus vite, encore, et encore. Jusqu'à ce qu'on arrive. On débouche à l'extérieur, et comme à chaque fois qu'on sort prendre l'air, on respire un grand coup en riant de la tête des passant devant nos figures sales. Ensuite, il m'emmène jusqu'à la place du marché. Face aux étalages, mon estomac se serre affreusement. Tout à l'air tellement délicieux... Mon regard s'arrête sur un tas de pommes rouges . J'entend la voix de Crow résonner dans mon oreille, tout près.

      "Tu vois ? Il y en a tellement, je me suis dit qu'on pourrait bien en prendre une ou deux ! Je meurs de faim... Pas toi ?"

      Un instant, je sens mon cerveau ralentir. Nous n'avions pas d'argent, comment voulait-il avoir de ces fruits... Et puis je comprend. Mon cœur s'emballe. Je me tourne vers le garçon et lui jette un regard dont moi seule ait le secret. Un mélange entre la peur et l'excitation. Je lui répond dans un murmure.

      "Tu veux qu'on en vole ? Waaaaah, la classe !
      - T'as pas peur ?
      Je dissimule les étincelles légèrements paniquées brillants dans mes prunelles pour poursuivre.
      - Non mais tu me prends pour qui, imbécile ?"

      Je lui souris de toutes mes dents. Il ne poursuit pas le dialogue, mais je vois qu'il est heureux que je ne refuse pas. Il se serait senti bête, c'est sûr. L'air de rien, il accroche son bras au mien et on avance tranquillement vers la planche soutenant les pommes. Le vendeur parle avec un client. J'entend nos pouls battre à une vitesse phénoménale, et à un moment je suis persuadée qu'on va se faire coincer. On s'approche un peu plus, nous sommes juste à côté à présent. Un vif regard de ma part pour vérifier que personne nous observe. Un battement de cœur. On poursuit notre route, jusqu'à retourner à l'entrée des catacombes. Dans nos poches, deux pommes. Facile comme bonjour.

      Treizième année. Indépendance.

      Là, tout de suite, sur le champ, je m'auto-proclame la voleuse la plus douée du monde. Enfin, peut-être un peu après Crow mais bon... Lui, on va dire qu'il ne compte pas. Revenons plutôt à ma plussoyance. Rien qu'aujourd'hui, j'ai subtilisé deux petits pains au boulanger, des ciseaux et quelques aiguilles au couturier ainsi qu'un fusain au dessinateur. Ils n'ont même pas eu le temps de comprendre que j'étais déjà parti. Et là, je profite des derniers rayons du soleil assise sur un rocher. Si elle n'est pas magnifique ma vie. Je sens mon ventre gronder et j'entame une des œuvres du boulanger. En quelques secondes il n'y a plus rien. J'ai envie de manger le deuxième, mais j'ai promis à Mary que je lui prendrais quelque chose, alors je me retiens et le garde bien soigneusement dans ma poche. Terrible tentation, reste donc à l'abri de mes yeux. Essayant de ne plus penser à la faim, je me concentre sur le soleil rougeoyant se reflétant sur ma peau. Je m'imagine que je suis ailleurs. Dans une immense forêt d'abord, au milieu d'arbres gigantesques, m'écrasant de toute leur hauteur. Sur une plage minuscule ensuite, mes pieds dans l'eau salée de la mer et mes mains plongées dans le sable fin. Après... Une ombre cache l'astre du jour et casse mon joyeux manège. Je lève mes yeux noirs vers ceux argentés de Crow.

      "Tsss, j'étais super occupée là, tu pouvais pas attendre ?"

      Un sourire sarcastique fend son visage en deux. Bon sang, que je déteste ce sourire. Il me donne toujours l'impression que je suis une idiote. C'est bien le seul d'ailleurs. Sans mot dire, je le laisse s'installer à côté de moi et attend une quelconque réaction de sa part. D'habitude c'est moi qui fait patienter les autres. Encore une fois il est plus fort que moi. Rageant.

      "Comme si tu pouvais me faire attendre. Bref, bonne pioche aujourd'hui ? Moi j'ai récupéré une paire de chaussure chez le cordonnier et puis un sac qu'une vieille dame avait oublié là."

      Sur le coup, je suis super fière. J'ai plus de chose que lui. Savourant mon effet, je sors tout mon petit butin et lui explique que j'ai mangé un des petits pains du boulanger. Il fait mine d'être dégoûté et prend un air de condamné. Il est trop drôle, je ne peux pas m'empêcher d'éclater de rire. Ensuite, on se tait et il s'adosse contre moi. J'ai envie de lui dire de se pousser parce qu'il est trop lourd pour moi, mais je veux pas passer pour une fillette alors je serre les dents. Je sais qu'il n'attend que ça, que je m'énerve de toute façon. Les minutes s'écoulent, les unes après les autres. Enfin, il relâche son dos. J'ai envie de lui balancer une phrase comme "Ah, tu abandonnes déjà ?" - même si je suis morte de fatigue, on s'en fiche -, mais quand je me retourne je vois qu'il m'observer et l'expression sérieuse qu'il a me rend muette. Pendant un temps qui me semble affreusement long il ne dit rien. Mentalement je lui demande de cracher le morceau, et bizarrement il m'obéit.

      "T'as déjà entendu parler des Résistants ? Il parait qu'ils se cachent quelque part dans les catacombes."

      Je me fige une seconde. Si il pense à ce que je pense qu'il pense, je pense qu'il y a de quoi avoir peur. Quand il a une idée en tête il pose toujours des questions ne nécessitant aucune réponse. Il sait que je les connais. On en a suffisamment parler pour ça. Alors est-ce qu'il voudrait... Qu'on les rejoigne ? Oooh, non, tout mais pas ça. On est peut-être de sacré bon voleur mais quand même, on est encore que des... Enfants. Ce mot m'écorche la bouche mais il faut bien l'avouer. Je respire profondément avant de répondre.

      "Arrête, c'est pas une bonne idée, pas maintenant. Plus tard si tu veux. On ira les trouver et on se présentera comme les meilleurs voleurs du Monde. D'accord ?"

      Son regard transperce le mien mais je ne baisse pas les yeux. Je suis pas une mauviette, non mais ho ! Notre défi puéril continue un moment. Il cède le premier en riant. Y a rien de drôle, idiot, je viens de gagner contre toi un duel très sérieux. Allez, arrête de te fendre la poire. Arrête je te dis ! Arrêêêête ! Il garde son sourire mais ne rit plus. Je devrais me reconvertir dans la télépathie. Il poursuit notre conversation au moment où j'allais l'oublier.

      "Comme tu veux."

      Après il m'embrasse et il s'en va. Il me laisse toute seule, les bras ballants, les joues en feu. J'ai l'impression que le temps vient de s'arrêter. Une guerre pourrait éclater que je ne m'en rendrais pas compte. Au secours. Mon meilleur ami vient de me faire une déclaration indirecte, je suis censée faire quoi ? Lui dire que moi aussi je l'aime, depuis la première fois que j'ai posé les yeux sur lui ? C'est le cas, certes, mais ça me semble bien trop... Romantique à mon goût. Affreux. Lentement, je me relève et regarde le couloir sombre dans lequel Crow a disparu. Quand je vous dis qu'il vole mieux que moi. Il a pris mon cœur en une fraction de seconde et l'a emporté aussi vite. Il n'empêche que c'est en courant que je vais le retrouver cet imbécile.

      Seizième année. Désastre.

      C'est déjà l'hiver. Il fait trop froid. J'ai les pieds gelés et j'arrête pas d'éternuer. Tous les réfugiés des catacombes, tous ceux qui n'ont plus de maison, plus de parents... On est tous là à se serrer les uns contre les autres. En face de moi, Mary me sourit avec ses lèvres bleues. Je lui rend son sourire. Elle a l'air encore plus mal que moi, emmitouflée dans son drap troué, tremblante comme une feuille. Peut-être parce qu'elle n'a personne pour lui tenir la main. Moi, depuis ce matin, Crow ne m'a pas lâché. Quand je lui demande pourquoi, il me dit qu'il a un "mauvais pressentiment". Je le crois pas, je suis pas superstitieuse. Le vent souffle brutalement et tout le monde se raidit. Quand cette fichue saison finira-t-elle, hein ? Soudain, j'entend quelque chose qui n'est pas une bourrasque. Des bruits de pas. Un court instant, je me demande qui peut bien marcher par ce temps. L'instant juste avant que débarque une dizaine d'hommes vêtus d'armure. Je n'en ai jamais vraiment vu, mais je ne suis pas totalement stupide et je vois bien que ce sont des gardes. Une voix s'élève de nulle part et pose la question que tout le monde a sur le bord des lèvres.

      "Que... Que faites vous ici messieurs ?"

      La tension monte d'un cran. Je sens la main de Crow écraser la mienne, j'entend presque mes jointures hurler. Mary semble sur le point de s'évanouir et je prie pour que ça n'arrive pas. Si elle perd connaissance maintenant, personne ne pourra aller chercher quelqu'un pour l'aider. Je tremble. Un ton grave alourdi par le casque répond.

      "On extermine. Ordre des Princes, plus de vermines dans leurs catacombes."

      Grand silence. Le calme avant la tempête. Cette tempête là est lâche. Elle nous attaque au moment où nous sommes tous frigorifiés, prisonniers du froid. Nous n'avons pas d'armes. Je doute que les ciseaux que j'ai un jour volé puisse m'aider contre une épée. Personne ne peut riposter. Les gardes s'approchent des premières personnes assises. Je sens les larmes me monter aux yeux, mais une citation que Mary m'a apprise me les fais ravaler. "On n'a jamais surmonté une épreuve en pleurant.". Elle avait raison. Elle avait toujours eu raison. Mon cœur est sur le point d'exploser. Les corps s'écroulent, un à un, massacrés de sang froid. Des personnes avec qui j'ai déjà parlé. Je suis trop horrifiée pour dire quoi que ce soit. Je crois que c'est pareil pour tout le monde. Tout au bout du couloir, j'entend une petite fille hurler et appeler à l'aide. Personne ne lui répond. Qui aurait envie de lui dire que ce n'est plus la peine d'espérer ? Un des hommes armés s'avance vers moi. Je sens Crow tenter de se relever et ça me rend bêtement joyeuse, même si je sais que les chances pour qu'il gagne un combat pareil sont minces. Des souvenirs envahissent me tête, comme ça, en vrac. Comment on dit déjà ? Ah oui. J'ai vu ma vie défiler devant mes yeux. Je met un voile noir sur ma vue. Et j'attend le coup. Je l'attend. Encore, et encore. Il ne vient pas. Je rouvre mes paupières et lève mon regard. L'homme se tient debout, face à la petite voleuse que je représente mais ne fait rien. Il fixe mes oreilles. Quel garde étrange. Tout le monde nous regarde et les secondes passent, horriblement longues. Enfin le silence est rompu.

      "Hé, vous devinerez jamais qui j'ai retrouvé ! La p'tite demoiselle de la haute noblesse qu'a disparu y a de ça... treize ans ? Dis moi, qu'est-ce que tu fais ici ?"

      Tous les gardes approchent pour me dévisager. Pour la première fois, j'ai peur. Je sens le regard des autres me brûler la peau, j'entend les hommes en armure débattre de si je suis vraiment ou pas cette noble. Le seul argument qu'ils ont c'est que j'ai les mêmes boucles d'oreilles. Et les même yeux apparemment. Cette fois, c'est moi qui ai envie de crier à l'aide. Je ne connais pas cette fille dont ils parlent. Ça ne peut pas être moi. Enfin, eux n'ont pas l'air de penser ça. Ils m'aident à me relever. J'ai pas envie alors du coup ça met cinq minutes. Ça aurait pu durer plus longtemps si Crow ne m'avait pas demandé d'obéir et ne m'avait pas poussé en avant. Pour la première fois, il m'a donné un ordre. Je sens quelqu'un m'entraîner vers la sortie mais j'ai l'impression que mes jambes sont coupées, je ne veux pas partir. Jamais, jamais, jamais. Les gardes reprennent leur travail. Il y en a un qui achève une Mary évanouit depuis un bout de temps. Un autre qui transperce Crow. Et mon cœur avec. Je ferme les yeux, espère que tout ceci n'est qu'un cauchemar et que je vais me réveiller. Ça marche pas. "On a jamais surmonté une épreuve en pleurant." . Tu parles. Je laisse mes larmes se mêler au sang sur le sol.

      Dix-neuvième année. Renaissance.

      Assise sur une chaise, je regarde par une fenêtre. Ma tête est vide. On m'a dit tellement de choses ces dernières années que j'ai l'impression de ne plus rien savoir. Toute ma vie a changé en un instant. Terrifiant. Avant je n'avais pas de chambre, je vivais dans l'obscurité avec des gens que j'adorais et je volais pour me nourrir. Maintenant j'ai un appartement pour moi toute seule, des bougies illuminent la moindre pièce où je me rend, je ne croise que des gens que je connais à peine et on m'apporte mes repas sur un plateau d'argent. Je me suis toujours dit que vivre dans le luxe devait être quelque chose de formidable... Pourtant, je n'apprécie rien de tout ce que m'offre cette nouvelle existence. A part mes parents peut-être, ils ne sont pas méchants. Après, le reste me dégoûte. Le simple fait de connaître l'envers du décor de ce spectacle en apparence magnifique me donne envie de vomir. En plus, je m'ennuie affreusement. Tout est trop carré ici, il n'y a pas de place pour la folie. Je lâche un soupir et me retourne pour contempler la salle où je me trouve. C'est une grande bibliothèque, avec assez de livres pour tenir des jours. Le problème c'est que je ne sais pas vraiment lire. Ma mère a bien tenté de m'expliquer mais... Je n'ai rien compris, alors elle a abandonné. Une clé, posée sur un coffre en bois attire mon attention. Quelqu'un avait dû l'oublier ici. Une voix résonne dans mon oreille. La voix de la personne que j'ai noyé dans mes larmes il y a des années. Je ne mets plus de nom sur cette intonation, ce n'est plus la peine. Si je continuais, je passerais mon temps à me morfondre. Or il ne faut pas. Bref, revenons à cette clé. Ce petit objet qu'une certaine voix m'a très récemment suggéré de subtiliser. Je sens comme une vague d'excitation monter en moi et je me lève. D'un coup d'œil, je vérifie qu'il n'y a personne. L'endroit est désert. En une seconde, la clé disparaît dans ma poche. Je suis toujours aussi rapide, c'est rassurant. Une idée germe dans mon esprit. Ce monde est carré, peut-être, mais moi... Ça ne m'empêche pas d'être ronde ou même triangulaire si je le veux ! Je peux très bien voler tout en vivant dans un endroit où je n'ai pas besoin de le faire. Juste pour le plaisir d'embêter les autres. Je n'arrive pas à croire que je n'y ai pas pensé avant ! J'entend la lourde porte de la pièce s'ouvrir et je me retourne pour voir entrer un... Comte je crois... Ou quelque chose comme ça. Tout ce dont je me rappelle, c'est que cet homme me tourne autour et m'agace.

      "Très chèèèèère Vivaldi ! Que je suis heureux de vous voir en ce lieu !"

      Plaisir non partagé. Il a débarqué alors que j'étais en pleine révélation. Et en plus il m'a appelé Vivaldi, ce prénom atroce qui est apparemment le mien. Je préfère de très loin Sybille. Dommage que mes parents refusent de me faire changer de nom. En face de moi, j'entend vaguement babiller Monsieur le noble, mais je ne l'écoute pas vraiment. En fait, je me concentre pour ne pas bailler. Je sens la clé peser dans ma poche, comme pour me demander de ne pas l'oublier. Enfin, au moment où j'allais prendre congé, une phrase attire mon attention.

      "Mon amie, dites moi, avez vous déjà entendu parler de ce groupe de dégénérés, hum... Les Résistants, voilà... ?"

      Cette question... Mon sang ne fait qu'un tour. J'avais oublié... Ce qu'on s'était dit... A l'époque j'étais trop petite mais maintenant... Je hais les Princes pour leurs actions déplorables et pour leurs airs hypocrites, donc pourquoi ne pas... Faire en sorte de les éliminer. Pas toute seule bien sûr, je ne suis pas suicidaire. Il me faudrait de l'aide. Et cette aide, je sais où est-ce que je pourrais la trouver. "Il parait qu'ils se cachent quelque part dans les catacombes.". Parfait !

      "Oui, j'en ai entendu parler une ou deux fois. Ce sont de méchants personnages à ce qu'il parait ! Sur ce, Monsieur, je me vois dans l'obligation de m'en aller j'en suis navrée. A plus tard peut-être !"

      Ou peut-être pas. Je file vers la sortie un sourire aux lèvres. Ma tête n'est plus vide. J'ai un plan.

      Plus tard.

      ... Oui, bon, un plan en fait c'était vite dit. Je pensais pouvoir trouver les Résistants en peu de temps, juste en fouillant un peu dans les couloirs obscurs des catacombes, mais là ça va faire des heures que j'y suis et je n'ai toujours rien vu. Je ne suis pas perdue. J'ai juste besoin de retrouver mes repères. Ce qui ne saurait tarder bien sûr. Une heure passe. Maintenant j'avance au hasard. Je ne suis pas perdue. J'utilise juste la tactique du "En avançant on finit bien par arriver quelque part". D'ailleurs, c'est une excellente façon de faire puisqu'à ma droite, enfin, je perçois des bruits de voix. J'avance encore, le son est de plus en plus fort. Je débouche dans une pièce. J'ai vécu treize ans dans les catacombes et je ne savais même pas que cet endroit existait. Ça m'énerve. Enfin, revenons à la salle. Dedans il doit y avoir une dizaine de personnes, toutes me fixant avec un regard perçant. Je ne recule pas, je sais ce que je veux. Il y en a un qui me balance un caillou, qui atterrit droit au but en plein sur mon front. Ils rigolent tous, je les assassine du regard. Un homme s'avance vers moi, il a une cicatrice sur le visage et je l'ai déjà rencontré. Il est aide-cuisinier et se nomme Vidal je crois... Qu'est-ce qu'il fiche ici ? Il a l'air beaucoup plus menaçant que quand je l'ai vu dans les couloirs. Mon cerveau marche à cent à l'heure et une idée, folle petite chose, vient trotter dans ma tête. Et si c'était le chef des Résistants ? Tous les imbéciles traînants à ses côtés ont l'air de le respecter. Il me jette un regard froid. Je ne recule pas, je sais ce que je veux. Il me demande ce qu'une noble comme moi vient faire dans les coins sombres des bas fonds de la ville. Je connais ma réponse par cœur et je la dicte, déterminée.

      "Je m'appelle Sybille, je suis la meilleure voleuse du Monde, et je viens rejoindre ceux qui aspirent à la liberté."

      Silence au cours duquel Vidal m'observe, se demandant peut-être si je peux être utile, petite noble que je suis vivant dans un monde étincelant. Je reste calme. La clé que j'ai prise tout à l'heure est encore dans ma poche, son poids me berce, m'apaise. Je n'ai plus peur de rien de toute façon. Enfin, il parle, sur le même modèle que moi.

      "Je m'appelle Vidal, je suis le chef des Résistants, bienvenue parmi nous petite voleuse."

      Je me demande un instant si je suis la seule à avoir senti une pointe d'ironie dans ses propos, et puis ensuite j'oublie. Après tout, je m'en fiche, j'ai eu ce que je voulais. J'obtiens toujours ce que je désire. Je sais ce que je veux et je me débrouille pour l'avoir, c'est tout. Je suis une voleuse. All is mine.



    IV – Anastasie censure :

      Votre nom ou pseudo : Sybille ~
      Comment avez-vous découvert le forum ? DC Aleth ♥
      Qu'aimez-vous/détestez-vous dedans ? J'aime le QEEL et je trouve que la poupée du bouton "verrouillé" fait peur. Les détails font le Monde// pan ! ♫
      Comment l'améliorer ? Aucune idée, je l'aime bien comme ça *^*
      Rien à ajouter? [Code OKaaay!]
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Theophil

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RPs : Cavalcade en nuitée - Lucien et Willy (fini)

Shut up and let me go, yeah ! - Vidal et Shad (inachevé)

Woman or man ? - Chan Dai (fini)

Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse - Lucien (fini)

A silly situation - Eulalie (en cours)

Course nocturne - Heather (en cours)

La violence ne résout rien (mais elle soulage) - Lucien (fini)

Il ne faut jurer de rien - Lucien (fini)

Un rien suffit - Lucien (fini)

Des lendemains qui chantent - Lucien (en cours)



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Profession ou titre: Garde
MessageSujet: Re: You are in my pocket ♥ ~ Sybille    Sam 5 Mar - 22:41

    Alors alors, comme ça on était impatiente d'entrer dans le monde mystérieux du DC? 8D *jetée* Re-bienvenuuuuue ♥

    Eh bien eh bien (putain, il faudrait que j'arrête cette manie de tout répéter en bis) Sybille n'est pas du tout comme je m'y attendais, je l'aime bieeen *o*
    Crow aussi. Mais une auteure indigne que je ne nommerai pas -suivez mon regard- a décidé de maltraiter ses propres perso et voila où va le monde, Crow a une fin ignoble. Tch. T^T
    Bon et bien, je ne vois aucun problème dans ta fiche! C'était agréable à lire et tout \o/ RAR!
    (Ah, si, ma petite voix intérieure me pousse à me plaindre d'un fait tout à fait inacceptable dans cette fiche. A proposito de la scène de massacre avec les gardes. .... COMMENT ÇA LES GARDES PORTENT DES ARMURES MOCHES?! Theo est beau gosse. Theo s'habille de manière sexy. Donc il n'a pas d'armure moche mais un uniforme sexy. Voila. C'est tout. *lapidée à l'extrême pour débilité pure et simple*)

    Bref, mes vannes ne sont pas acceptées ici (ni nul part ailleurs - ta gueule petite voix - pourquoi j'ai l'air aussi timbrée sur cette validation?) aussi j'arrête de t'embêter pour te valider sans plus tarder mon chou 8D
    Validée > Resistant Union ♥ (UNE FILLE! UNE FILLE DANS LE GROUPE! WOUHOUUUUU/sblaf)

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You are in my pocket ♥ ~ Sybille

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