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 Mad tea party ♥ } PV Lulu

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Lady Aleth

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MessageSujet: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Mar 8 Fév - 19:45

    Lucien lui avait tendu son bras. Elle l'avait saisi sans la moindre hésitation. Après tout, il avait raison, elle n'aimait pas cette fête alors autant la quitter. Personne ne s'en rendrait compte. De plus, refuser de relever un défi lancé avec une telle arrogance aurait carrément massacré sa fierté. La jeune fille avait donc suivit le comte au-dehors, se moquant royalement des persiflages acides des membres de la cour et se riant de les voir aussi outrés. Si cela les occupait de commérer comme de vieilles dames aigries par le temps, après tout, qu'il en soit ainsi. Elle s'en fichait, elle faisait ce qu'elle voulait. Elle était libre de mener sa vie de n'importe quelle façon - de la plus folle à la plus banale - selon son bon plaisir. D'un pas léger, elle traversa la cour et arriva enfin dans le grand jardin du château. Là elle s'arrêta et reprit possession de son bras, sans gêne aucune, pour pouvoir observer l'endroit à sa guise. Elle avait toujours cru connaître ce lieu, elle y avait passé tellement de temps durant la journée qu'elle pensait en avoir découvert les moindres recoins. Et pourtant, la nuit lui donnait une dimension nouvelle. Mystérieuse, comme irréelle, une folle illusion au milieu d'un monde de banalité. Même l'odeur était différente. Froide et pourtant étonnement rassurante. L'odeur de la nuit. Lentement, Aleth releva la tête vers le ciel nocturne. Et cette surface étoilée s'étendant à l'infini lui coupa le souffle. Pour la première fois de toute son existence, la demoiselle fut à cours de mots. Pendant plusieurs minutes elle resta comme ça, à admirer les astres, avant de se souvenir de la raison de sa venue et de se ressaisir. Elle avait un défi à relever. D'un mouvement vif, elle se tourna vers Lucien et se recula de quelques pas pour le voir entièrement. Ensuite, elle lui fit une brève révérence moqueuse et prit la parole.

    "Monsieur... Vous êtes ici aujourd'hui pour participer à un jeu dont j'imagine vous connaissez les règles ?"

    D'un air très sérieux, la jeune fille observa le comte. Elle sentait qu'il ne savait rien à propos du cache-cache et trouvait ça très amusant mais n'en montrait rien. Elle ne voulait pas le vexer au bout de si peu de temps et se retrouver toute seule. Même si ça ne semblait pas vraiment être le genre de son interlocuteur, on ne savait jamais. Finalement, elle inspira profondément et reprit.

    "Cependant, pour éviter toute tricherie ou pour combler un éventuel trou de mémoire, je vais les rappeler. Elles sont très simples. L'un d'entre nous devra compter jusqu'à cent, pas plus pas moins. Pendant ce temps, l'autre ira se cacher quelque part dans le périmètre du jardin, sachant qu'il n'aura plus le droit de bouger par la suite. Le but du compteur sera alors de trouver le caché dans un temps le plus rapide possible."

    Voilà, ça lui semblait... Assez clair pour être compris. Elle savait cependant qu'elle ne respecterait pas elle-même ces énoncés. Où serait l'amusement si on ne pouvait pas bouger à sa guise, ou si l'on ne pouvait pas compter jusqu'à n'importe quel nombre ? La réponse était "nul part" évidement. Elle n'avait pas quitté une fête exaspérante pour s'ennuyer ici. Certainement pas. Posant son index sur ses lèvres, elle se demanda pendant un infime instant si elle préférait compter ou partir à la recherche de sa cachette, puis elle asséna son choix avant que Lucien ait pu dire quoi que ce soit. Elle était trop impatiente pour attendre une quelconque réaction de sa part.

    "Bien. Je vais me cacher !"

    De toutes ses petites forces elle se débrouilla pour que Lucien se retourne, puis elle lui ferma les paupières et s'enfonça en courant dans les profondeurs sombres du jardin. Le vent ébouriffait ses cheveux blonds et lui donna un frisson d'excitation. De jour et contre un autre adversaire elle aurait été persuadée de gagner. Mais là... La partie semblait se révéler plus ardue que prévu. Ses pieds foulant le sol à une vitesse vertigineuse, Aleth ne s'arrêta que lorsqu'elle reconnut la statue blanche représentant un drôle de noble avec une barbe dont elle ne s'était jamais souvenue du nom. Mais ce qui l'intéressait dans cette sculpture, ce n'était pas la personne à qui elle devait ressembler. C'était le petit renfoncement qu'elle possédait dans son socle, à peine visible tellement l'obscurité la dissimulait. Un sourire aux lèvres, la jeune demoiselle se glissa en boule dans le creux et tendit l'oreille à la recherche d'un bruit pouvant lui indiquer où en était le comte. Mais rien du tout. Pas même le craquement d'une brindille ou le souffle lent d'une respiration. Alors en attendant, Aleth ferma les yeux. Et s'endormit sans même s'en rendre compte.
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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Jeu 17 Mar - 20:14

    Le jardin se découpait en nuances noires et grises sur le ciel d'un bleu d'encre, rehaussé par les étoiles qui ornaient l'étendue d'autant de minuscules perles lumineuses et brillantes. Chapelet zigzaguant sur l'étendue, parfois interrompu par les hordes de nuages jaloux qui les dissimulaient aux yeux humains. Parmi ces bijoux célestes, les constellations jouaient à se chevaucher, brouillant leur identité aux yeux de leurs terrestres observateurs. Lucien détourna vite les yeux de ce spectacle qui lui était incompréhensible. Nul ne se cachait sur ces hauteurs que de petites lumières sans vie. Alors qu'autour de lui grouillait des existences multiples, telles les insectes à l'intérieur de la fourmilière, toujours en action, une demeure parcourue par des milliers de têtes plus ou moins visibles qui s'offraient à sa perception attentive. Il laissa Aleth se détacher de lui, reprenant bien vite son indépendance après s'être laissée guider jusqu'à l'endroit de leur confrontation. Il fit un pas vers la pelouse fraichement entretenue. L'herbe crissait sous ses pieds, s'aplatissant avec la souplesse de la nature artificielle, trop encadrée pour avoir davantage qu'une beauté carrée. Combien elle semblait dérisoire comparée à une beauté sauvage, où ronces et lierre se livraient un combat acharné, où le scarabée mangeait le cadavre du serpent écrasé par la charrette, où le cerf mourrait en haletant, couché sur la mousse, achevé par une troupe de loups endurants. Ici, tout était ordonné, modéré, classé. Les fleurs se coordonnaient à merveille sans laisser place à une éventuelle touche d'originalité. Elles étaient trop froides pour imager la candeur qu'elles personnifiaient habituellement. Ce n'était pas les fleurs des poèmes, fières et divines, c'était celles des jardinets, que l'on utilisait parfois pour aromatiser les plats, ou que l'on coupait pour décorer une maison surchauffée, où elles se fanaient en une journée, rendant l'âme lentement, leurs pétales ployant comme une tête coupée sur leurs tiges faisant figure de buste des exécutés.

    Leurs cous se courbent, à peine retenus par les vases de porcelaine qui deviennent tombeaux de marbre. Et la maisonnée fourmille, indifférente au meurtre qui se déroule en son sein, bavardant joyeusement, le linge mouillé s'égouttant sous le soleil, paresseux qui se repose sous la chaleur, les plumes crissant sur le papier, lettres d'affaires destinées à êtres envoyées au plus vite. Tout respire l'activité, et quelque part les fleurs meurent. Ignorance générale. Trois jours plus tard, on retrouve le bouquet : les pétales sont tombés et seules se dressent encore les tiges durcies par la mort, restées droites dans leur malheur, défiant l'adversité de leur cadavre ambulant, sec comme de l'ivoire. Jetées sur les ordures, foulées par les chevaux, défilées dans le caniveau, elles seront aussitôt remplacées par de nouvelles victimes, fraiches et pimpantes, qui elles aussi déchanteront bientôt, happées par la faucheuse. Elle entre par la plaie ronde à leur extrémité, là où les as arrachés le jardinier, le petit garçon en quête d'un cadeau pour ses parents, le jeune homme pour sa fiancé, le grand-père pour sa femme ridée. Reines du bonheur éphémère, construit sur la restriction temporelle de la donation, puis vite oubliées dans leur cercueil de verre. Posées sur un meuble, dans l'ombre d'un escalier devant lequel passent et repassent les habitants sans leur accorder un regard. Triste destinée que la leur, cette destinée de l'instant. Elles sont un passé rapidement oublié, un présent décadent, un futur inexistant. Fines fleurs des contrées proches et lointaines.

    Et les fleurs de ce jardin gémissaient doucement. Il apercevait des yeux vermillons dépasser de sous leurs corolles, dardant leur regard hostile sur les nouveaux arrivants. Il pinça les lèvres tandis qu'Aleth s'éloignait de lui. Le froid, dont il n'avait pas eu conscience jusque là, s'imposa à lui et il réprima un tremblement furtif. Il ne s'était pas rendu compte, en venant, du manque de chaleur qui contrastait avec le ciel dégagé. Il fixa les mouvements diffus qui pointaient d'un bout à l'autre de l'étendue herbeuse lorsque sa jeune compagne l'interrompit.

    « Monsieur... Vous êtes ici aujourd'hui pour participer à un jeu dont j'imagine vous connaissez les règles ? »
    Il esquissa une moue où se mêlaient caprice, inquiétude et mépris. Évidemment qu'il ne les connaissait pas, quelle question stupide. Il n'avait jamais eu l'occasion d'y jouer, même dans son enfance. Ou alors, c'était avec les créatures qui hantaient ses visions. Et dans ce cas-là c'était lui qui décidait des règles. Sauf quand ses interlocuteurs fictifs décidaient de mener le jeu. Mais c'était un cas spécial, qui échappait aux directives humaines, où développer de nouvelles règles était permis, encouragé, où le jeu pouvait se métamorphoser à tout moment en quelque chose de radicalement différent. Il n'y avait jamais d'unité propre à ces moments. C'était un délire contrôlé où l'essentiel était de s'amuser sans se poser les questions, si durement terres-à-terres, à propos de stupides consignes. Par ailleurs, il n'avait joué qu'en de rares occasions avec des enfants de son âge, car ceux qu'il rencontrait étaient souvent issus de familles riches, comme lui, et pressés de jouer les adultes. Ils cherchaient à les imiter à la perfection, singeant leur manière de parler malgré leur vocabulaire encore limité -ce qui devenait vite ridicule. Les gestes hautains de leurs petites mains potelées, répétaient les idées, les concepts et les opinions politiques sans les comprendre, suivant mot à mot les phrases entendues dans la bouche de leurs parents. Car tout ce que disaient leurs géniteurs relevaient du sacro-saint. Ainsi, les seuls souvenirs de Lucien sur le sujet remontaient au temps où il avait encore l'âge de se mêler aux tout-petits. Les seuls réminiscences qu'il possédait de cette époque lointaine se résumaient à des pleurs, des rires aussi, les visages de nourrices courant après leurs protégés lorsque ceux-ci s'éloignaient trop à leurs goûts, le piquant de l'herbe aux creux des genoux lorsqu'il s'accroupissait derrière un buisson. Cela avait vite cessé. Bientôt, il avait préféré s'empêtrer dans les jambes de son frère plutôt que de participer à la vie des autres enfants. Puis, se jugeant trop grand pour ce comportement, il s'était mêlé aux plus grands, nommés précédemment. Non pas parce qu'il les appréciait ou recherchait leur compagnie, mais parce que c'était ce que l'on attendait de lui et parce que l'on se serait moqué de son attitude enfantine. Mais parmi eux, il s'ennuyait. Il attendait toujours avec impatience le moment où ses parents l'appelleraient pour réintégrer la voiture familiale qui les reconduirait chez eux.

    « Cependant, pour éviter toute tricherie ou pour combler un éventuel trou de mémoire, je vais les rappeler. Elles sont très simples. L'un d'entre nous devra compter jusqu'à cent, pas plus pas moins. Pendant ce temps, l'autre ira se cacher quelque part dans le périmètre du jardin, sachant qu'il n'aura plus le droit de bouger par la suite. Le but du compteur sera alors de trouver le caché dans un temps le plus rapide possible. »

    Il ingéra les informations qu'on lui donnait -avec, lui semblait-il, une pointe un peu taquine dans le ton qu'il préféra ignorer. N'était-ce pas dans l'ordonnance des choses de s'affirmer sur son adversaire par tous les moyens possibles? Il resta coi, attendant la suite, se contentant d'un léger hochement de tête et d'un signe de main pour signifier à sa compagne qu'il avait compris. Entre-temps, naturellement, il analysait les dires de la jeune fille dans l'optique de contourner les règles fraichement énoncées. Normal. Et le jeu prenait des allures disproportionnées de bataille aux conséquences mondiales. Normal. Et dans sa tête, alors que les rouages de son cerveau tournaient et retournaient la situation, il le ressentait exactement comme cela. Une gigantesque guerre psychique qui influerait sur la suite de son existence. Inutile de dire que Lucien possédait un talent certain pour faire enfler quelques incidents aussi facilement qu'il en réduisait d'autres.

    « Bien. Je vais me cacher ! »

    Il sentit de petites mains appuyer contre son dos pour qu'il se retourne, puis se poser sur ses paupières, les doigts volatiles laissant leurs marques là où ils touchaient la peau. Il se laissa faire, indifférent quant au rôle par lequel il commencerait. Quoiqu'il aurait l'air assez ridicule, accroupi derrière une quelconque bosse ou au creux d'une aspérité... Il réfléchirait plus tard aux détails dégradants. Pour l'instant, seules importaient Aleth et le jeu qui débutait. Aussi rapide qu'une libellule, il la sentit se détacher de lui et partir, sans voir par où elle s'en allait. Il n'osa pas se retourner immédiatement. Tricher ne lui causait aucun trouble moral, mais il s'en serait voulu d'être repéré par Aleth dès le début. Il lui fallait faire preuve de discrétion. Pour peu qu'il soit capable de calme alors qu'on le défiait. Seul au centre de l'obscurité, droit comme la Justice, il se força à respirer calmement. Au bout de quelques secondes, il réalisa, bêtement, qu'il avait oublié de compter. Combien de temps s'était-il écoulé depuis le moment où Aleth était partie? Après une brève hésitation, il décida que cela n'avait pas d'importance. Il se détourna à l'instant où un volant de tissu disparaissait derrière un buisson. Il sourit et passa une main dans ses cheveux avant de s'avancer d'un pas conquérant vers l'endroit indiqué. Alors c'était aussi facile que cela de gagner? De son point de vue, la partie semblait jouée d'avance.

    Cependant, lorsqu'il parvint à destination, il n'y avait rien. Rien du tout. Fronçant les sourcils, il se redressa et balaya les alentours du regard, dubitatif. Il avait clairement vu la robe par-ici, pourtant. Il s'arrêta de réfléchir, son esprit vierge pour un temps. Avait-ce été une illusion? Il secoua la tête. Non, il en voyait beaucoup ici, mais le vêtement n'en avait pas l'air. Ou alors s'était-il trompé? C'était déjà plus probable. Il s'était retourné rapidement, quelque chose avait pu le tromper. Une chauve-souris, une branche, une mèche de cheveux qui volette. Hésitant, il fit un nouveau pas en avant, stoppa, en refit un autre. S'il était Aleth, et suivant ce qu'il voyait, où serait-il allé se cacher? Il décida arbitrairement qu'elle était partie dans cette direction. Au moins, cela lui donnait une base pour la chercher, ce qui était un avantage non négligeable. Derrière un arbre? Pas assez original pour une fillette qui espérait gagner. Les hautes herbes à droite? De même. La statue devant lui paraissait trop logique pour être considérée avec sérieux. Elle était si imposante que le regard ne pouvait s'empêcher de se poser sur elle lorsque l'on était dans les alentours. En désespoir de cause, il finit par parcourir rapidement les allées qui s'acheminaient devant lui, battit les herbes de sa canne. Mais la statue ne cessait de l'attirer. Il opéra une rotation sur lui-même, cherchant d'autres indices et cachettes potentielles qui auraient pu le conduire jusqu'à sa partenaire. N'en trouvant aucun, il haussa les épaules -il n'aurait rien à perdre à aller voir- se dirigea vers la statue, en fit le tour, pensant qu'elle se trouvait certainement recroquevillée derrière, sans rien voir. Il refit un cercle autour du monument, cette fois-ci en levant les yeux. Était-elle assez dégourdie pour monter dessus? Il plissa le nez. La fine silhouette du noble n'offrait pas vraiment l'épaisseur nécessaire à une cachette efficace. Il regarda vers le bas, sans rien y noter de spécial. Étonné, il passa sa main le long du socle, pour, souriant, y trouver un renfoncement -surpris, il faillit d'ailleurs tomber dedans, déséquilibré par la soudaine disparition de sa prise. Il rencontra alors et toucha, plus qu'il ne la vit, la silhouette roulée en boule de l'objet de sa recherche. Ses yeux s'habituant à l'obscurité, il avisa ses paupières baissées et sa respiration régulière. Elle... dormait? Voilà qui était étrange. Il aurait trouvé cela vexant même, si cela ne lui avait pas paru si comique. Quelle attitude intéressante de sa part. Un coup Aleth rayonnait de candeur, un autre elle se dressait, provocante, et un autre encore elle s'assoupissait comme une enfant manquant de sommeil. Il devait s'avouer qu'il avait un peu de mal à suivre ces brusques changements.

    Il secoua légèrement l'épaule de l'endormie, puis dit avec un rire tremblant dans la voix :

    « Vous ennuyez-vous tellement que vous vous endormez en pleine partie? Ce n'est pas très courtois pour une demoiselle comme vous, je le crains. »

    Autour de lui, son imagination investissait le jardin, transformant les simples fleurs en fées récalcitrantes.

    « Levez-vous. J'ai gagné la première manche. »

    Et presque sans tricher.
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Lady Aleth

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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Dim 17 Avr - 14:58

    Un pont. Immense géant de fer, se dressant devant ses yeux. Un oiseau aux ailes noires traverse le ciel, fend l'air et va se poser dans un bruissement sur l'ossature métallique de la passerelle. Aleth se plonge dans les yeux noirs du corbeau avec étonnement. Pourquoi est-il ici ? Il n'a pas de maison ? Et pourquoi est-il noir, d'ailleurs ? Tant de questions qui se mélangent dans sa tête, véritable amalgame incompréhensible. Comme toujours en fait. Quoi qu'il arrive, la jeune fille ne cesse de s'interroger. Pourquoi, comment, qui, quand, où ? Depuis sa petite enfance, il en a tout le temps été comme ça. Brusquement, l'oiseau s'envole et fuit vers d'autres horizons, emportant avec lui toutes les réponses. Dommage. Essayant d'échapper à la frustration, Aleth regarde vers l'autre bout du pont. Là-bas, elle ne distingue qu'une lumière éblouissante et chaleureuse. La demoiselle fait un pas. Irrésistible attraction. Que peut-il bien y avoir derrière ce mur lumineux ? Un monstre horrible l'attendant, gueule ouverte ? Ou bien un monde merveilleux, capable d'apporter toutes les explications dont elle rêve ? Elle fit un pas de plus. Avant qu'une secousse sur l'épaule la réveille, l'éloignant à jamais du pont et de tout ce qu'il pouvait y avoir de l'autre côté.

    « Vous ennuyez-vous tellement que vous vous endormez en pleine partie? Ce n'est pas très courtois pour une demoiselle comme vous, je le crains. »

    La voix était légèrement tremblante, comme une sorte de... rire. Mais qui pouvait bien l'avoir réveillé à un moment aussi important ?! Mince alors ! Un vague souvenir lui revint en mémoire. Une soirée où elle était conviée... Ah ! Lucien ! Flûte, il avait déjà fini de compter et en plus il l'avait trouvé aussi facilement ? Elle ne pensait pas qu'il était aussi doué à ce jeu...

    « Levez-vous. J'ai gagné la première manche. »

    Aleth ne se le fit pas dire par deux fois et se redressa le plus rapidement qu'elle put. Elle pointa ensuite un index accusateur en direction du nez du noble et prit la parole d'une voix un peu agacée. Elle n'aimait pas spécialement perdre à un jeu dont elle avait elle-même fixé les règles. Et sur son propre terrain qui plus est.

    « Ah mais zut alors ! Vous êtes sûr que vous n'avez pas triché ? Personne ne connaît ma cachette ! Même pas... »

    Même pas qui ? Même pas les Résistants. En fait, elle n'était pas vraiment certaine de cette affirmation, elle l'avait simplement déduit. Tout d'abord parce que la cavité était minuscule. Ensuite, pour la simple et bonne raison que la cachette était presque imperceptible. Pour la trouver, il fallait soit savoir qu'elle était là, soit tomber dessus par hasard. Et elle doutait qu'un membre de la Résistance puisse avoir comme passe-temps de se promener dans les jardins du château. Voilà. Mais elle ne termina pas sa phrase. Elle ne voulait pas que Lucien sache qu'elle connaissait des endroits inconnus de beaucoup de personnes. Du coup, oubliant qu'elle avait posé une question, elle changea de sujet.

    «  Hum, bon ! Je vais compter ! Cachez vous bien, parce que je suis décidée à gagner cette manche quoi qu'il arrive ! »

    Ensuite, elle fila vers l'entrée du jardin, s'assit en tailleur sur l'herbe fraîche et ferma les yeux. Il est vrai qu'elle ne paraissait pas avoir de secrets... Et pourtant. Elle en savait des choses. Un noble qui trompait outrageusement sa femme, en allant rendre visite à des catins certains soirs. Une servante qui volait du pain dans la grande corbeille de la cuisine pour parvenir à nourrir sa famille. Un homme en noir qui venait régulièrement, dans l'ombre de la nuit, pour observer par les fenêtres illuminées le théâtre de la vie du château. Toutes ces petites choses qu'elle voyait, qu'elle gardait dans un coin de sa tête, et qu'elle conservait « au cas où ». Elle n'était pas stupide. Mais c'était mieux pour sa tranquillité que tout le monde pense le contraire. Alors, elle commença à compter.

    « Un... »
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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Sam 11 Aoû - 23:57

    Après le départ d'Aleth, Lucien se retrouva seul au milieu du jardin, dans cette obscurité qui l'entourait comme une chape de brouillard dont il n'aurait pas cru possible de sortir. Autour de lui, un cercle de lumière. S'il avançait d'un pas, allait-il s'enfoncer dans une enveloppe duveteuse et transparente? La nuit semblait solide. Traitresse. Et remplie de secrets dont il ne connaissait pas la nature. A ses pieds, une fée délicate, toute en courbe et en rondeur, dressait son visage à la peau teintée de bleu, comme si son corps entier était fait des froides profondeurs des rivières. Sa chevelure était de vase, ses ongles renvoyaient des éclats verts qui venaient concurrencer la tendresse de la teinte des herbes. Une deuxième apparut à ses côtés, rouge celle-ci, rouge comme un coquelicot, comme une petite goutte de sang échappée d'un fuseau, comme les premiers rayons d'un soleil en train de se coucher, dardant sa lumière mourante sur les étendues infinies. La troisième était rose, et rappelait la candeur d'un enfant encore vêtu de ses langes, avec sa petite frimousse rousse et les entrelacs argentés qui couraient le long de ses cuisses, de ses bras, de son ventre, de son corps nu. Un mouvement à sa gauche lui fit tourner la tête une seconde. Ce n'était que le vent dans les arbres, semblant vouloir passer un message exprimé à travers les feuilles. Quand il rebaissa la tête, les êtres minuscules étaient si nombreux qu'ils semblaient se monter les uns sur les autres, certains arrachant les membres de ceux qui se trouvaient au dessous d'eux, d'autres piétinant leurs visages, les derniers s'asseyant indifféremment sur les restes de leurs congénères. Se détournant de ce spectacle sordide, Lucien entreprit de s'éloigner de celui-ci et marcha au hasard dans le jardin, avant d'accélérer la cadence puis de s'arrêter d'un air concentré. Il fallait qu'il se dépêche. La petite avait déjà commencé à compter quand il était parti, et il ignorait quand elle s'arrêterait de le faire pour se lancer à sa poursuite. Cependant, il lui fallait avouer qu'il se trouvait confronté à un inconvénient de taille : il ne venait que rarement ici (et quand il le faisait, ce n'était nullement pour venir admirer le paysage mais plutôt pour profiter des bons compagnons qu'il s'était attaché) et ne connaissait pas assez les jardins pour arriver à dégoter au quart de tour une cachette potable (celle qui lui permettrait de retenir Aleth assez longtemps pour qu'il puisse se dire qu'il perdait avec plus ou moins de dignité), encore moins, il en était conscient, pour trouver celle qui lui permettrait de l'emporter sur la jeune fille. Bon. Il lui fallait réfléchir vite, et bien.

    Il regarda autour de lui d'un air un peu perdu (heureusement que personne n'était là pour le voir) et finit par se diriger vers un innocent buisson qui poussait gentiment parmi ses congénères, à côté d'un grand arbre qu'en plein jour, il aurait pu identifier comme un cerisier. Il se baissa (et remercia encore une fois les êtres du ciel de se trouver seul en ces lieux), se mit à quatre pattes (il serait très reconnaissant à Aleth de ne pas débouler à cet instant, vraiment) et s'immisça derrière le buisson en tentant d'éviter les branches qui fouettaient son visage au fur et à mesure qu'il avançait. Arrivé à son but, il entreprit d'enlever les feuilles qui étaient venues s'emmêler dans ses cheveux, et essuya la terre qui s'incrustait dans le tissu de ses bas. Il avait l'air fin. Alors qu'il n'aurait jamais fait cela étant enfant, il se retrouvait, en pleine nuit, à jouer à cache-cache (il fallait qu'il se rappelle de ne pas mentionner cet épisode de son existence devant Lelio, il avait déjà assez à faire avec la vision de sa personne jouant au loup avec ses petits cousins. Ils couraient vite, en plus) et, qui plus est, il était en difficulté.

    Un bruit retentit à sa droite et il tourna vivement la tête de ce côté. Il espérait que ce n'était pas une autre de ses visions qui venait perturber sa soirée. Il avait déjà eu son compte de détails sanglants avec la scène de tout à l'heure. Il tendit l'oreille, et se rendit compte avec soulagement (et amusement) que le bruit en question ressemblait davantage à un soupir qu'à un cri de bête fantastique. Il réprima un ricanement et entreprit de reculer soigneusement, et, il l'espérait, silencieusement. Devant lui, un homme tenait une femme appuyée contre un arbre, les cheveux défaits, un pantalon détaché et un corset délacé. Visiblement, ils n'attendaient pas de visiteur, et le rendez-vous était bien entamé. En temps normal, Lucien se serait fait un plaisir de saborder leur rencontre galante à l'aide d'une remarque acerbe, mais il n'était pas là pour cela aujourd'hui. D'autres priorités s'offraient à lui, priorités qui se manifestaient sous la forme d'une petite fille aux cheveux blonds.

    Il entreprit de faire le tour de la chaine de buissons dans laquelle il s'était empêtrée (quelle idée il avait eu d'aller se fourrer là-dedans) mais arrêta net son mouvement en apercevant la silhouette d'Aleth qui se dirigeait vers l'endroit qu'il venait de quitter, menaçant de découvrir la scène glorieuse qui se déroulait derrière le tronc. Il se releva rapidement, vérifia sa tenue et s'avança vers Aleth, avant de la saisir par les épaules et de se pencher vers son oreille.

    « Veuillez m'excuser de vous surprendre ainsi, demoiselle Aleth. Il semblerait que je ne possède pas votre don pour ce jeu, ni la patience qu'il nécessite. »

    Une moue boudeuse se dessina sur son visage. Il avait perdu (la manche? Le jeu?), à sa grande déception. C'était un fait indéniable auquel il aurait sûrement dû réfléchir davantage avant de sortir du cocon protecteur des arbres. Malheureusement, il lui était impossible de revenir en arrière.

    « De plus, je crains que nous n'ayons des visiteurs impromptus qui viennent perturber notre partie de manière fort déplaisante, et surtout fort impudique. Je vous conseille de vous éloigner au plus vite de ce lieu qui ne pourrait que souiller vos jolis yeux.»

    Il rit doucement en pensant à la scène qu'il avait surprise. Il se demandait si Aleth suivrait ses conseils ou chercherait tout de même à contempler elle-même le spectacle qu'il lui défendait ainsi d'aller voir. Car, si elle n'était encore qu'une enfant, n'était-elle pas la plus curieuse d'entre eux? Et, en un sens, ne venait-il pas de lui lancer un nouveau défi?
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Lady Aleth

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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Dim 12 Aoû - 22:31



In the night, I hear 'em talk, the coldest story ever told.

Assise dans l'herbe, je compte, je compte. Si mère me voyait, elle m'arracherait la tête. Je ne sais plus exactement combien cette robe a coûté... cher, probablement. Et là, je la ruine. Je sais très bien que lorsque je vais me relever, elle aura pris une teinte verdâtre. La question est : quelle couleur exactement ? Vert clair ou foncé ? Tirant sur le jaune ou sur le brun ? J'admets que c'est complètement débile, mais je meurs d'envie de savoir. Combien de temps avant que je ne me relève ? Je ne sais même plus ou j'en suis... Cinquante ou soixante peut-être. Bah. Soixante, cent, c'est plus ou moins la même chose. Non ? Si, parfaitement. Osez me contredire.

▬ J'ai fini !

Ne cherchez pas pourquoi je dis ça à voix haute. C'est juste pour me donner bonne conscience. Maintenant je peux me lever en tout sérénité ! D'un bond, je quitte la surface fraîche du sol, et me contorsionne pour arriver voir le dos de ma robe. Le tissu clair est parsemé d'un vert vif, pas réellement définissable. Ce n'est pas un vert d'eau, ni un vert clair, ni un vert sapin. C'est... un vert d'herbe. UN NOUVEAU VERT ENCORE INEXPLORÉ. C'est incroyable, in-cro-ya-ble ! Je ne tiens plus en place. Il faut que je note cette découverte passionnante dans mon carnet ! Là, tout de suite ! Voyons, où est mon sac... D'un geste, je lance ma main vers ma hanche droite où devrait se trouver ma sacoche. Mes doigts ne rencontrent que du vide. J'aurais changé mon sac de côté ? Test de la hanche gauche. Toujours rien. Le vent semble même prendre un malin plaisir à souffler contre mes ongles. Je baisse les yeux. Et à part ma robe et mes chaussures, je ne vois rien. Ah. Attendez. Une minute de silence. Un souvenir me revient. Concentration extrême. Mon sac. Mon sac. Je m'en rappelle... ma mère me l'a prit avant que je parte. Elle disait que je n'allais pas en avoir besoin, que ce n'était pas nécessaire.
Pas nécessaire ! Mon amour, mon trésor ! Sans blague !
Je vais crier. Comment vais-je faire, moi, pour noter ma découverte exceptionnelle maintenant ? C'est une catastrophe. Je dirais même plus C'EST L'APOCALYPSE. Que faire, mesdames et messieurs, que faire ?!

Un bruissement dans mon dos me rappelle que je suis censée aller chercher Monsieur Lucien pour la partie de cache-cache. Je l'avais presque oublié, tiens. Je me demande ce qu'il aurait fait si je n'étais jamais venu le chercher, d'ailleurs... Peut-être qu'il aurait essayé de me retrouver et qu'il m'aurait découpé en morceaux ? Ou alors il m'aurait dévoré toute crue. Il a une tête un peu louche, de toute façon. Je crois bien que c'est un ogre. Ou un esprit bizarre. Enfin. Il me plaît bien quand même. Il est marrant. Heureusement que je ne l'ai pas oublié.
D'un seul coup, je tourne sur mes talons pour pouvoir observer l'ensemble du jardin. Il fait noir maintenant. On ne voit plus grand chose. Et je vais devoir retrouver le drôle de bonhomme là-dedans... Si j'étais un peu moins orgueilleuse, je déclarerai forfait de suite. Mais. Mais. Mais. JE REFUSE DE PERDRE CONTRE UN BLOND ETRANGE.
Je veux gagner. J'vais le trouver. A L'ABORDAAAAGE !

En courant, je pars à l'assaut du jardin.

J'ai l'impression d'être un pirate. Un capitaine sans foi ni âme partant à la conquête d'un trésor au fin fond des sept mers. Ou alors un aventurier sans peur, traversant mille et une forêts, mille et une montagnes, jusqu'à trouver l'Eldorado. Je ne sais pas encore tout à fait, j'hésite entre les deux. Dans tous les cas, je suis libre. Je cours, je cours, toute à ma quête, et personne ne peut m'arrêter. Va, va, plus vite, plus vite encore ! Jusqu'à ce que mes jambes ne me portent plus, jusqu'à ce que mon souffle me manque.
Agitant les bras dans tous les sens, je traverse le jardin en long en large et en travers. Je regarde à gauche, à droite, je me baisse sous les bancs, je me dresse sur la pointe des pieds pour voir le sommet des arbres.
Mais les minutes passent, et je ne le trouve pas. Et ça commence à m'agacer un peu. Je crois que je ferais une bien piètre aventurière. J'aimerais bien le trouver, maintenant. Ce n'est plus très drôle.

Alors quelqu'un m'attrape les épaules, me faisant sursauter comme une damnée.

▬ Veuillez m'excuser de vous surprendre ainsi, demoiselle Aleth. Il semblerait que je ne possède pas votre don pour ce jeu, ni la patience qu'il nécessite.

Je reconnais cette voix sifflant à mon oreille et me retourne sans attendre. Mes yeux lancent des éclairs. Il m'a fait peur, cet imbécile ! Il aurait pu prévenir, au moins, avant de me surprendre ! En plus, il a presque l'air déçu. Comme si c'était de ma faute s'il avait perdu, tiens. Il n'avait qu'à rester cacher. Manquait plus qu'il se plaigne.

▬ De plus, je crains que nous n'ayons des visiteurs impromptus qui viennent perturber notre partie de manière fort déplaisante, et surtout fort impudique. Je vous conseille de vous éloigner au plus vite de ce lieu qui ne pourrait que souiller vos jolis yeux.

Mon regard se plante dans le sien. S'il croit me faire peur, avec ses yeux dépareillés, c'est mal me connaître. JE SUIS UN PIRATE. Je n'ai peur de rien. Et puis lentement, je comprends le sens de ses mots. Un de mes sourcils se relève dans une expression circonspect. Je sais plus ou moins de quoi il parle. Enfin je crois. Mais qu'est-ce qu'il a vu, exactement ? Ça le fait bien rire, en tout cas. J'ouvre la bouche. La referme une fois. L'ouvre à nouveau.

▬ Vous. Vous êtes un ogre bizarre ou un esprit pervers ?

Honnêtement, je me pose la question depuis tout à l'heure. Et je suis très sérieuse. J'oscille entre les deux.

▬ Ah, et je vous signale que je suis un aventurier. Je n'ai jamais peur. Alors vos conseils, je m'en fiche pas mal. Si des visiteurs empiètent sur notre terrain de jeu, nous n'avons qu'à les faire fuir monsieur. Je compte sur vous. Vous serez... Mon subalterne.

Et je lui fais mon plus grand, mon plus magnifique sourire. Celui où je montre toutes mes dents et qui fait ressortir mes pommettes. Parce que j'espère bien qu'il va accepter mon nouveau jeu. Et parce que de toute façon, je vais avoir besoin de lui.
Je n'ai pas de plan, pour chasser ces gens qui jouent en même temps que nous.

How could you be so Dr. Evil, you bringin' out a side of me that I dont know...


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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Mer 15 Aoû - 16:26

    Lucien se demandait combien de jeunes gens perdus se baladaient actuellement dans les jardins autour d'eux, sans qu'ils ne puissent les voir. Dardaient-ils un regard méfiant sur le couple disparate formé par leurs deux têtes blondes? Se demandaient-ils ce qui les avaient amené ici? Lucien sourit. Si cela se trouvait, certains pensaient qu'Aleth était sa fille, ou sa petite sœur, jeunes innocents persuadés que deux personnes avec une telle différence d'âge ne pouvaient qu'avoir un lien de parenté. D'autres, plus vicieux, ricanaient peut-être en pensant que leur relation était bien plus tortueuse. Répugnants personnages. Aleth se retourna vers lui d'un air contrarié, pour ne pas dire furieux. Ah. Elle n'avait pas apprécié son irruption, semblait-il. Pourtant, il pensait qu'elle aimait être surprise, se dit-il en souriant. En tout cas, lui ne cessait de l'être en sa présence. Était-ce comme avoir une jeune sœur? Peut-être, ou peut-être pas, il n'en avait jamais eu, ne pouvait pas savoir. Était le dernier d'une fratrie qui n'avait jamais été bien grande, et se retrouvait aujourd'hui annihilée, ne comptant que son unique personne en son sein. Lucien décida que ces interrogations n'en valaient pas la peine. Après tout, Aleth l'amusait, bien qu'elle l'oblige à se mettre dans des situations pour le moins embarrassantes (Il bénissait le noir, même s'il semblait parfois un peu -beaucoup- effrayant. Et celui de ne pas avoir vingt ans de plus, aussi. Vu son endurance, il n'aurait pas été sûr de pouvoir se relever après s'être mis à quatre pattes, ce qui aurait été pour le moins embêtant. Et dégradant. Très dégradant).

    Pourtant, Aleth n'avait pas fini de le surprendre. Il haussa les sourcils, hésitant entre les froncer et sourire. La question ne le fâchait nullement, mais elle suscitait son étonnement : Qu'est-ce que c'était que cette histoire d'ogre et d'esprit? Pervers en plus. Les deux choix qui s'offraient à lui n'étaient pas vraiment mélioratifs pour son image. Il fallait croire que même une jeune fille comme elle identifiait son être comme quelque chose de négatif, le fit-elle avec une question innocente. Sa réputation traversait les frontières, si même les enfants l'assimilaient à des créatures néfastes!

    Ses lèvres frémirent, et finalement s'étirèrent pour former une grimace amusée. Il avait finalement tranché entre les deux émotions qui bataillaient sous son crâne, et le rire avait triomphé. Cette petite fille était décidément pleine de ressources. Il jeta brièvement un regard autour de lui, craignant que ses paroles n'aient réveillé les créatures qui dormaient là, prêtes à jaillir à la lisière de sa conscience pour tâcher de leurs pattes sanglantes cette charmante discussion. Il les sentait prêtes à jaillir tout près de lui, sentait leur souffle contre son cou, leur fourrure frôler ses pieds dans un jappement sourd. Il ferma les yeux un instant, fit le vide dans son esprit. Quand il les rouvrit, les bruits de la nuit semblaient s'être éloignés. Pour le moment, du moins. Il devrait faire attention pour ne pas qu'ils rejaillissent au moment où il ne s'y attendait pas.

    A l'instant où il chassait les démons, il apprit que la jeune fille, dans sa jolie robe à présent teintée de vert (elle avait dû s'assoir à un endroit où les plantes étaient plus grasses que la normale. Dans un sens, la couleur lui conférait un côté sauvageon qui s'alliait parfaitement à l'air sérieux et inspiré qu'elle affichait à présent), était une aventurière (un aventurier, comme elle disait. Elle semblait avoir décidé d'abandonner sa féminité en même temps que la partie de cache-cache) et que lui était son subalterne. Il en apprenait tous les jours, ou plutôt subissait. Lui qui n'avait jamais obéi à personne allait se retrouver dominé par les ordres d'une fillette? Pourquoi pas, après tout. Aleth n'était pas de ces nobles imbuvables qu'il fréquentait quotidiennement. A mi-chemin entre l'enfant qu'elle était et les rêves auxquels elle aspirait, elle paraissait comme un être hybride, fascinant et inquiétant. Il se trouvait bien mieux en sa compagnie qu'en celle de la femme qu'il avait quitté au début de la soirée. Il y a combien de temps? Il pouvait très bien s'être passé une dizaine de minutes comme plusieurs heures. Il n'avait aucune idée du nombre de grains de sable qui étaient tombés contre la paroi du sablier depuis qu'ils avaient quitté la soirée. Il n'avait pas non plus fait attention aux coups de l'horloge, ne savait même pas si on les entendait vraiment d'ici. Avaient-ils été engloutis par le noir en même temps que les arbres et les fleurs? Ils étaient hors de l'espace, hors du temps, et surtout, hors de leurs rôles habituels.

    Apparemment, il se récoltait le rôle du serviteur qui n'avait rien à dire. Cela allait le changer de ses occupations habituelles, lorsque lui qui donnait des ordres et que les autres lui obéissaient sans discuter. Il allait se sentir l'âme de Lelio, son majordome, à qui il faisait subir toutes sortes de tortures chaque jour que le Seigneur faisait (enfin, c'était son rôle de toute façon). Il espérait qu'Aleth ne serait pas trop tyrannique. Quoique cette option lui apparaissait elle aussi assez divertissante. Il fallait croire que cette soirée décuplait sa bonne humeur, pour qu'il accepte de jouer les seconds auprès d'une adolescente.

    « Je suivrai avec joie un aventurier tel que vous. Car il faut être vraiment courageux pour demander en subalterne un ogre vorace, n'est-ce pas? »

    Ses yeux brillaient quand il prononça ces paroles. Il avait décidé que l'ogre était un peu plus élégant que l'esprit. Pervers était un mot qui ne lui plaisait pas beaucoup. Les deux syllabes se ressemblaient trop pour donner un mot gracieux. Quoique, au vu de ce qu'il désignait, il était peut-être normal que le terme ne soit pas de toute beauté. L'ogre, quant à lui, dévorait les petits enfants. Celui-ci se ferait-il manger par la fillette indomptable?

    Il effectua une légère courbette qui fit voltiger ses cheveux autour de ses pommettes.

    « Si les êtres derrière l'arbre vous importunent, je ne serais que trop heureux de les expulser en votre compagnie. La chasse est toujours une activité extrêmement divertissante. »

    Surtout la chasse à l'humain. Après tout, en ces terres, l'ogre se nourrit de chair fraiche. Lucien repoussa une mèche pâle derrière son oreille.
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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Mer 15 Aoû - 22:28



He's got a rolled cigarette, hanging out his mouth he's a cowboy kid.

Il faut que je trouve un plan.
Sinon je vais avoir l'air stupide.
Et je ne veux pas avoir l'air stupide devant un monsieur bizarre sinon je vais me sentir encore plus stupide.
Vous comprenez ? Non ? Tant pis, moi je me comprends, c'est l'essentiel !
Je disais donc. Un plan pour chasser ces malotrus. Je suis plutôt douée pour les plans d'habitude, voyons... Hm.. Pourquoi pas... Peut-être... Ou alors... Ah mais ça ne fonctionnerait pas... Oh et si ! Non.
Je. J'AI LA TÊTE PLUS VIDE QU'UNE MARMITE DE SOUPE APRES LE PASSAGE DE MON GROS ONCLE GEORGES. C'est impossible ! J'ai toujours une tonne d'idées pourtant ! Qu'est-ce qu'il se passe ? D'abord mon carnet, ensuite mon esprit qui se détraque... quelque chose cloche aujourd'hui. Je suis sûre que monsieur Lucien n'est pas normal. Il a quelque chose d'étrange. Vous ne me croyez pas ? Mais regardez-le, oh ! Tenez, là ! Làààà ! Il sourit ! Je vous dis qu'il est louche. C'est une preuve ultime.
Et c'est génial.
C'est la première fois que je rencontre un être magique ! Vous pensez que si je lui demande d'exaucer trois de mes vœux, il le fera ? Comme dans mon livre d'images ! Ce serait tellement bien. Mais qu'est-ce que je pourrais lui faire faire... voyons... il faut que j'y réfléchisse avec soin...

▬ Je suivrai avec joie un aventurier tel que vous. Car il faut être vraiment courageux pour demander en subalterne un ogre vorace, n'est-ce pas?

Mes yeux se posent sur lui. Je hoche lentement la tête. Il vient de dire que c'était un ogre veau race, finalement ? Dire que je penchais pour le génie de la lampe... Dommage. Mais bon, c'est pas grave. Il a aussi dit qu'il me suivrait avec joie et que j'étais courageuse, alors je ne lui en veux pas d'être un ogre. Et puis avec un peu de chance, si je lui fait manger de l'herbe, il évoluera en magicien très très fort. J'y repenserai.

▬ Si les êtres derrière l'arbre vous importunent, je ne serais que trop heureux de les expulser en votre compagnie. La chasse est toujours une activité extrêmement divertissante.

Oooh ! Il a fait une courbette ! Devant moi ! Oooh ! Il a dit qu'il serait très heureux de m'aider ! Ooooh ! Je suis amie avec un ogre veau race !
Si ce n'est pas formidable ! C'est le plus beau jour de ma vie ! Ou quelque chose comme ça.
Ah, ça me redonne de l'énergie, tout ça. J'ai l'impression d'être une princesse. J'ai l'impression de pouvoir tout faire. J'ai l'impression d'avoir suffisamment de force pour porter la lune.
Tududu.
Mes neurones se remettent en marche avec un drôle de bruit.
J'entends mon esprit remuer dans tous les sens à la recherche d'une idée. Je regarde à droite, à gauche, j'inspecte les recoins du jardin d'un air expert, mon menton posé dans ma main en savant aventurier que je suis. Et puis soudain, mon regard s'illumine. Je sens un sourire fleurir sur mon visage, plissant un peu mes yeux.
D'un seul coup, je pointe mon doigt vers l'ogre veau race. Je viens d'avoir l'Idée. Avec un grand « I », s'il-vous-plaît.

▬ Monsieur le subalterne, je crois que je tiens notre plan ! Ecoutez-moi attentivement, c'est une mission très délicate, nous ne pouvons nous permettre de faire n'importe quoi. Vous allez...

Mon sourire s'élargit un peu plus. Je ne peux pas m'en empêcher. J'adore cette sensation de toute puissance... C'est vraiment chouette, comme jeu ! J'en sautille sur place. J'ai l'impression d'avoir à nouveau six ans. Peu importe.

▬ Me porter sur vos épaules et m'emmener jusqu'aux importuns. Nous allons leur faire croire que nous sommes un ogre veau race géant ! On va crier très très fort pour leur faire peur, d'accord ? C'est une bonne idée, hein hein ? Comme ça ils partiront ! Allez, baissez-vous, vous êtes trop grand sinon.

D'un pas léger je me glisse dans son dos et pose mes mains sur ses épaules pour lui faire signe de me laisser grimper. Il a dit qu'il m'aiderait, alors il n'a pas le droit de refuser. N'est-ce pas ? Et puis, un subalterne, ça fait tout ce que son capitaine aventurier lui demande, d'abord ! Je le sais ! Je l'ai lu dans un livre. Même que le subalterne finissait dévoré par un chien. Mais je ne laisserai pas cela arriver, bien évidemment. Je maîtrise to-ta-lement la situation, faites-moi confiance.
Comment ça, j'arrive pas à monter ?
Comment ça, je suis en train de l'étrangler, avec mes bras autour de son cou ?
Mais pas du tout !
Ah, et j'ai une question, tiens.
D'un seul coup j'arrête de gesticuler, une jambe accrochée à la ceinture de ma future monture. Je me contorsionne pour pouvoir voir sa tête. Et puis je demande.

▬ Au fait, Lucien. C'est quoi un veau race ?

Après, promis. On part à l'aventure !

All the other kids with the pumped up kicks you'd better run, better run, outrun my gun.


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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Jeu 16 Aoû - 23:31

    Si Lucien avait raté les joies des jeux de l'enfance quand il n'était encore qu'un petit garçon, il fallait croire qu'il se rattrapait glorieusement en cet instant, alors qu'il était censé se rapprocher davantage de l'âge mûr que de celui du bambin (toutes ces considérations étant franchement relatives étant donnée la maturité relativement limitée du personnage). Il se retrouvait à présent embarqué dans un jeu de rôle à échelle humaine, avec des alliés (Aleth, son nouveau chef improvisé, qui avait l'air de ne plus se tenir de joie à l'idée de son poste), des ennemis (les deux charmants individus qui forniquaient dans leur coin sans rien demander à personne) et une mission à accomplir dans les plus brefs délais (chasser de ces lieux les-dits individus qui forniquaient dans leur coin pour qu'ils aillent se livrer à leurs ébats plus loin. Ou pas du tout, si l'interruption leur coupait l'appétit). Toujours était-il que leur conversation, qui avait fini par se muer en partie de cache-cache (dans laquelle il avait laissé une partie de sa fierté), se métamorphosait à présent en chasse à l'homme. C'était assez intéressant, comme évolution. Bien que Lucien ait toujours aimé mettre son nez dans ce qui ne le regardait pas, il n'avait encore jamais eu l'occasion de le faire en présence d'une personne aussi jeune que l'était Aleth, son étrange partenaire de soirée. Elle était mignonne, cette petite. Possédait la qualité de ne pas l'ennuyer.

    Et celle d'avoir des idées assez étranges : Qui d'autre qu'elle aurait voulu foncer sur un jeune couple en hurlant? Quoiqu'il ne sache pas encore si c'était un point positif ou négatif, au vu de ce qu'elle lui faisait subir (avec son consentement certes, mais il ne savait pas vraiment à quoi il s'engageait) depuis le début de la soirée. Dire qu'il n'avait pas l'habitude de l'exercice physique était faible (très faible. L'effort le plus dur qu'il faisait chaque jour consistait à marcher de sa chambre jusqu'à la calèche et de son lit jusqu'au bureau, ce qui apparaissait assez mince) et voilà qu'il se mettait à courir dans l'herbe, à se trainer par terre et à se hisser derrière des buissons. Ah, apparemment, il allait falloir qu'il porte Aleth sur son dos, aussi. Avant qu'il ait eu le temps de réagir à son plan pour lui faire part de ses réticences (qui devaient beaucoup au fait qu'il n'était même pas sûr de pouvoir porter la petite, et surtout de réussir à marcher avec cette charge qu'il estimait cependant légère au vu du gabarit de l'adolescente), il la sentit qui commençait à essayer de se hisser sur son dos, passant ses mains autour de son cou et l'étranglant à moitié par le truchement de l'inadvertance. L'envie de rire bêtement le prit quand il avisa son pied qui pendait dans le vide à côté de sa taille, comme une petite marionnette abandonnée dans le vent. Il secoua la tête. Dire que s'il s'était agi de quelqu'un d'autre, Aleth se serait retrouvée les quatre fers en l'air en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, devant faire face au départ du noble qui n'aurait eu aucun scrupule à l'abandonner là avec un commentaire mesquin -sur ses vêtements, son caractère, ses relations, n'importe quel sujet qui lui serait passé par la tête à ce moment précis.

    Cependant, Aleth avait une petite lumière qui l'obligeait à faire ce qu'elle lui disait, fut-ce par l'entremise de ses défis farfelus ou de son enthousiasme. Elle mettait tellement d'énergie dans ce qu'elle entreprenait qu'il n'avait pas le cœur de briser ses attentes. Peut-être était-il moins endurci que ce qu'il pensait. Ou beaucoup plus faible. Il ne savait pas trop. Mais il suivait, tout en espérant que personne ne le reconnaitrait. Sérieusement, il allait porter une jeune fille sur ses épaules avant de hurler comme un dément pour espérer faire peur à un couple en train de copuler gaiement dans le noir. C'était tellement idiot qu'il se demandait encore si quelque chose n'allait pas empêcher cette folie au dernier moment, ou si ce n'était pas simplement une énorme blague de la part de sa partenaire. Il finit par hausser les épaules (enfin, par tenter de bouger une omoplate aplatie par la poigne d'Aleth). Au pire, s'ils se faisaient surprendre par une bande de nobles mal embouchés, il suffirait de nier les faits en ridiculisant l'assistance. Ou de faire semblant de ne pas entendre les commentaires désobligeants. Rien que de très habituel, en somme.

    En tous cas, bien plus habituel que la question que venait de lui poser l'enfant. Lucien se retourna pour tenter de la dévisager sans y réussir, cherchant à savoir si la question était sérieuse ou non. Elle ne connaissait donc pas le terme de vorace? Essayant toujours de la regarder pour lui parler, il faillit tomber mais réussit à se stabiliser avec la fillette collée à lui.

    « Vorace, c'est quelque chose qui mange beaucoup. Un ogre vorace, c'est un ogre qui a énormément envie de manger de la chair d'humains comme vous, jeune Aleth. Ou comme ceux que nous allons chasser. » acheva-t-il avec un sourire carnassier.

    Se baissant légèrement pour s'assoir dans l'herbe (au point où il en était, il pouvait continuer à salir ses vêtements. De toute façon, ce serait la domesticité qui les laverait), il dénoua les bras d'Aleth de son cou et commença à enlever sa veste.

    Inhabituelle était également la façon dont elle l'avait appelé. Rares étaient ceux qui désignaient Lucien seulement par son prénom. Ses domestiques, les gens dans la rue, ceux de son rang utilisaient évidemment son titre. Même certains membres de sa famille accolaient son nom à Lord, pour rappeler sa position de comte. Mais il fallait croire qu'Aleth trouvait les titres superflus. Après tout, pourquoi pas? A mi-chemin entre étrange et proximité, entre le vouvoiement et le prénom, stagnait leur relation. Ce n'était pas désagréable.

    Il défroissa la veste et la tendit devant lui avant de la poser sur les épaules d'Aleth.

    « Mettez ça sur votre tête. Ainsi, de loin, nous ressemblerons d'autant plus à un terrible ogre vorace s'apprêtant à dévorer ses victimes. »

    Enfin, il fallait surtout espérer que la surprise empêche le couple de les regarder de trop près, ou ils seraient vite démasqués. Au moins, la veste permettrait peut-être de cacher un tant soit peu leurs visages. La nuit traitresse, noire de loin, s'éclaircissait de près pour révéler silhouettes et visages.

    « Vous êtes décidément pleine d'imagination, mademoiselle l'aventurier. »

    Et moi bien inconscient, pour exécuter vos ordres.

    Priant pour conserver toute sa dignité après un tel épisode (et pour réussir à se relever), il fit signe à Aleth de monter sur ses épaules.
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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Sam 18 Aoû - 23:36



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Il me semble que ma monture n'est pas très stable. Je lui ai posé une question, une seule, et elle a manqué de s'écrouler en essayant de me regarder. J'admets que ce n'est pas très rassurant. J'avais oublié le fait que Monsieur Lucien ne devait pas faire du sport tous les jours... Je commence à me demander si l'on va réussir à arriver à destination. Il va pourtant bien falloir qu'il arrive à me porter ! Il en va de mon merveilleux plan. Et puis, au risque de me répéter. C'est son rôle de subalterne. En tant qu'assistant, il doit m'aider à accomplir la mission ! Il n'a pas le choix !
N'est-ce pas ?

▬ Vorace, c'est quelque chose qui mange beaucoup. Un ogre vorace, c'est un ogre qui a énormément envie de manger de la chair d'humains comme vous, jeune Aleth. Ou comme ceux que nous allons chasser.

A cet instant, il a un drôle de sourire. Mais ma foi, je m'en moque un peu. Je suis très concentrée, pour tout vous dire ! Je viens d'apprendre un nouveau mot, vous rendez vous compte ? Un veau race, c'est quelque chose qui mange beaucoup ! Quelque chose qui a très envie de manger ! Comme moi, là, apparemment. Je suis un veau race, et je viens seulement de le savoir !
Vous ne trouvez pas cela incroyable, vous ?
Moi en tout cas, cela me rend toute contente. J'en reste songeuse. Tellement que je laisse Monsieur Lucien enlever mes mains de son cou sans protester. Il s'installa par terre et je partis de son dos sans rien dire, trop absorbée par ma découverte pour dire quoi que ce soit. Si seulement j'avais mon carnet, pour noter tout ça. J'apprends tellement de choses ce soir ! Mes doigts s'en agitent de frustration. Un fusain et du papier. Je ne demande rien de plus Mon Dieu.
Que c'est agaçant, cette impuissance !

D'un seul coup, une veste tombe sur mes épaules. Je baisse les yeux vers Monsieur Lucien, toujours par terre. Il a l'air de bien aimer l'herbe. Il ne quitte plus la pelouse. Enfin. Dans tous les cas, je me demande bien à quoi va servir cette jolie veste sans pli. Je m'apprête à poser la question quand la réponse me parvient.

▬ Mettez ça sur votre tête. Ainsi, de loin, nous ressemblerons d'autant plus à un terrible ogre vorace s'apprêtant à dévorer ses victimes. 

Oh ! Voilà que mon subalterne se met à anticiper mes besoins. Et à trouver des idées pour parfaire notre plan. Fantastique ! Fabuleux !
Je ne regrette pas de l'avoir choisi comme apprenti aventurier !

▬ Vous êtes décidément pleine d'imagination, mademoiselle l'aventurier.

Un instant, je songe à lui rendre le compliment. Et puis non.
Il ne faut pas que je le flatte trop. Je ne voudrais pas qu'il prenne la grosse tête, vous savez ? Ce serait vraiment dommage. Pour le moment, il est parfait dans son rôle !
Gardons l'air fier des aventuriers, mes amis. Je suis pleine d'imagination ? Et bien oui, je le sais, merci. Pas de quoi sauter de joie dans tous les sens parce qu'on m'a fait un compliment et que je suis très heureuse voir même ravie et que la vie me paraît d'un seul coup magnifique et que je me sens on ne peut plus confiante en mes capacités.
Non, vraiment, il n'y a pas de quoi. Tout est normal !

D'un regard que je veux digne d'un aventurier (menton relevé, lèvres serrés, plus d'air passant par le nez), je vois Monsieur Lucien m'indiquer que je peux grimper sur ses épaules. Vu d'en haut, elles n'ont décidément pas l'air très stables. Mais bon. Je lui fais confiance. C'est le rôle du capitaine des aventuriers, de croire en ses subalternes ! Respirant à fond – je commençais à étouffer, à cause de mon air digne – j'enjambe une de ses épaules. Puis l'autre. Je sens le bout de mes orteils touchant encore le sol. J'installe la veste au-dessus de ma tête pour cacher tant bien que mal nos visages et les rendre un peu plus inquiétants. Pose mes mains sur le haut du crâne de ma monture. Agrippe une ou deux mèches de cheveux au passage, par pure sécurité (je n'ai pas peur, que croyez-vous donc !).
Et puis il se relève.
Tout doucement, vacillant un peu. Monsieur Lucien a l'air de peiner un peu. Mais il y arrive. Nous finissons tous les deux bien droits. Et honnêtement, c'est à peine croyable la vue qu'on a de là-haut. Je ne me suis jamais rendue compte à quel point je pouvais être petite ! Là, je suis gigantesque. Mes doigts tirant les cheveux de mon subalterne se desserrent petit à petit, jusqu'à ce que j'arrive à lever les bras en l'air. Mes yeux se mettent à briller sans même que je m'en rende vraiment compte. Tanguant par-ci par-là, ma monture se met à avancer. Et je garde les mains tendues vers le ciel. Si haut, si haut.

▬ Lucien... Lucien, je crois que je vais réussir à attraper une étoile. Je vais essayer d'en avoir une pour vous aussi...

Je les sens, là, tout près, si près. Mes doigts se tendent. Un peu plus, un peu plus. Ce serait plus aisé si j'avais des ailes. J'arriverais à attraper une de leurs cinq branches sans problème aucun. Et je pourrais en offrir à tout le monde. Enfin, juste à ceux que j'aime. Soit... William... et puis Lucien je crois... et puis. Hm. Oh.
Je n'ai pas beaucoup d'amis, en fait.
Tant pis. De toute façon, je n'y arrive pas. Quand je serai grande, peut-être que j'aurais suffisamment de centimètres. Mes mains retombent, je repositionne un peu la veste sur ma tête. Ma monture semble peiner. On avance, on avance, passe des bosquets, des arbres. Mais toujours personne. Juste le silence.
Les gens ont peut-être fini de jouer.

Je me sens fatiguée, d'un seul coup. Je me demande si Monsieur Lucien l'est aussi. Il n'est pas encore tombé. Ça ne devrait pas tarder, je pense. Il ne se plaint pas, mais je le sens trembler un peu. Je me demande quelle heure il est. Mes yeux se ferment doucement. Mes parents doivent me chercher partout. Ou plutôt, la femme de chambre doit me chercher partout. La pauvre. Je l'aime bien. C'est presque dommage que je la fasse tourner en bourrique comme ça. Lentement, je me sens glisser. Mes bras entourent le front de ma monture pour que je ne tombe pas. Toujours pas d'intrus à l'horizon.

▬ Hm... on a déjà dû leur faire peur, en réalité... rien que notre silhouette les a effrayé.. Ils sont probablement partis en courant. Mon plan a trop bien marché.

Un bâillement m'échappe. Ouh ! Il faut que je me réveille ! D'un seul coup, je me penche en avant pour pouvoir observer Lucien à l'envers. Ses yeux louches vers les miens, c'est terriblement drôle.
Sauf que ça le déséquilibre un peu.
Dans un fracas de bras et de jambes, nos deux corps s'écroulent. Je me retrouve par terre, dos au sol. Avec Lucien pas très loin, le nez plongé dans l'herbe, les fesses relevées. Je me redresse un peu. Le fixe. Ne peut pas m'empêcher d'éclater de rire.

▬ Excellent travail, mon cher subalterne ! Vous avez été parfait !

Et je ris, et je ris. Et je n'arrive pas à m'arrêter. Et cette soirée est magnifique. Et tout est parfait. Et je ne me suis jamais sentie aussi pliée par le rire.
Et au loin, j'entends crier mon nom.

A southern drawl, a world unseen; a city wall and a trampoline.


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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Mar 21 Aoû - 23:06

    Si on lui avait dit qu'en allant à cette soirée, il allait effectuer davantage d'exercice que ce qu'il avait pu faire tout au long de ces dernières années, nul doute qu'il aurait ri très fort. Comment? Il allait juste à une réception comme les autres, enfin! Il allait parler à deux ou trois personnes pour les insulter à mots couverts tout en sirotant une coupe de champagne (ou de tout autre liquide alcoolisé) , puis il allait rentrer, seul ou accompagné, se coucher au chaud chez lui en oubliant aussitôt ces heures qui ne se démarquaient aucunement des autres. S'il s'était un jour demandé s'il avait des dons de prémonition (ce n'était pas le cas, mais pourquoi pas), il aurait su aujourd'hui qu'ils étaient complètement faussés. Ainsi, au lieu de mener une midinette en bateau comme il aurait dû le faire, il se retrouvait à l'heure actuelle avec une jeune fille perchée en haut de ses épaules qui, elle, n'avait rien d'une greluche imbuvable comme les familles nobles savaient si bien les produire (mais qui tirait sur ses cheveux, par contre. Il grimaça).

    Lucien se promit que, s'il avait un jour une fille, il ferait en sorte qu'elle ait un caractère potable, et non une mentalité de femelle décérébrée. Il lui apprendrait que le mariage n'était pas tout, qu'elle pouvait faire sa vie sans -mais il voulait tout de même qu'elle trouve un mari, la descendance en dépendait et avoir des petits-enfants ne devait pas être désagréable- et surtout, qu'il fallait se méfier des gens comme lui, qui promettaient monts et merveilles sans tenir parole. En fait, il lui apprendrait à ne pas être ces filles à qui il pouvait faire la cour, mais à faire parti de celles qui lui résistaient avec un regard de mépris. C'était nécessaire pour sa survie. Il ne tenait pas à avoir une imbécile dans sa descendance. Si elle faisait une erreur, il faudrait qu'il la reprenne sévèrement, et... Il secoua la tête en se rappelant que, de toute façon, il n'avait pas d'épouse susceptible de lui donner un enfant, et de donc de fille encore moins. Sa grand-mère se serait arraché les cheveux si elle avait connu sa vie de débauche. Paix à son âme. Et paix à Lucien, qui pouvait ainsi faire ce que bon lui semblait sans rendre de comptes à personne.

    Toujours était-il qu'il se retrouvait au milieu de la nuit avec Aleth sur les épaules, et qu'il peinait à avancer avec le poids de la fillette dans son dos. Il aurait eu peine à l'admettre, mais il semblait qu'il n'était même pas capable de porter une enfant plus de cinq minutes, tout comme il avait des rudiments discutables en escrime, et tout comme il n'avait absolument aucune endurance. Heureusement que sa condition ne l'amenait pas tous les jours à rencontrer ce genre de situations, sinon il aurait pu dire adieu à sa crédibilité. On l'aurait appelé Lucien la mauviette, ou quelque chose du genre. Il bénit le ciel d'être riche, noble, et d'avoir des domestiques pour effectuer les travaux pratiques. Cela avait au moins l'avantage de lui éviter de se ridiculiser.

    Il essaya de lever la tête pour contempler les étoiles qu'Aleth semblait si tendrement convoiter. Il ne dit rien. Si quelqu'un était capable d'attraper des étoiles, ce serait sûrement cette jeune comtesse plus que tout autre, qui croyait aux ogres voraces, jouait à cache-cache sous les statues et cherchait à effrayer les gens dans les jardins.

    D'ailleurs, le couple avait dû fuir vers d'autres horizons pour finir d'assouvir leur amour. Ils avaient beau chercher dans tous les recoins, le parc était vide de toute présence humaine -mais pas de toute présence fantastique, loin de là, pensa Lucien en avisant un bout d'aile translucide qui dépassait de derrière un arbre. Il ressentait du soulagement, mâtiné d'une petite pointe de déception. Au point où il en était, il aurait bien pu hurler comme un dément dans la nuit que cela ne l'aurait plus vraiment étonné. Il commença à pester intérieurement en sentant ses épaules trembler. Il se demandait si Aleth le sentait, décida qu'il préférait penser que non, et s'en tint à cette conclusion. De toute façon, si lui fatiguait physiquement, il semblait que c'était l'heure de dormir pour la petite demoiselle, qu'il entendait bailler dans son dos, glissant légèrement sous l'effet du sommeil.

    Ce fut le moment où intervint un autre des retournements de situation dont cette soirée avait le secret. Lucien eût à peine le temps d'acquiescer à la remarque d'Aleth (il doutait que le couple ait jamais été au courant de leur présence, et surtout de leur plan un peu bancal, mais si elle le croyait il préférait aller dans son sens) qu'il avisa sa tête basculer devant la sienne, et à peine le temps de se demander ce qui se passait qu'il se sentit basculer en avant cul par-dessus tête, ne parvenant pas à se retenir (de toute façon, il n'avait rien pour le faire, à part le sol sur lequel il arrivait à toute vitesse), et s'étala comme une crêpe dans une position dégradante dont il préféra éviter les détails en se remettant aussi vite que possible sur pieds. Cela avait au moins le mérite de faire rire Aleth, qui ne semblait plus pouvoir s'arrêter. Lucien sourit.

    « C'est au chef que revient tout le mérite, car après tout, c'est lui qui guide ses troupes vers la réussite. »

    Ou pas, mais apparemment le fait de n'avoir trouvé personne à effrayer ne chagrinait nullement Aleth. Et ne chagrinait pas non plus Lucien, que cela empêchait de risquer sa réputation (enfin, ce qu'il en restait) pour aller jouer la bête des champs auprès de malheureux copulateurs. Il tendit la main à Aleth pour qu'elle se relève, au moment où il entendait crier le nom de la jeune fille quelque part autour d'eux. Il la saisit doucement et la remit sur pieds.

    « Si je ne me trompe, il semblerait que l'on cherche après vous. Le monde vous réclame. »

    Il vit courir vers eux ce qui semblait être une domestique. Lucien posa une main sur la tête d'Aleth comme pour lui caresser les cheveux, puis la fit glisser le long de son dos, s'arrêtant à sa taille pour la pousser légèrement vers la source du cri. Il se pencha vers son oreille, et sa voix se transforma en murmure.

    « J'espère que lorsque nous nous reverrons, vous attraperez une étoile pour moi. »

    Il ne savait pas encore à quoi celle-ci ressemblerait, ni lorsqu'il reverrait sa jeune amie. Mais il ne doutait pas une seule seconde que les ogres voraces ne pouvaient qu'évoluer d'une manière fort agréable.

    Surtout ceux aux cheveux blonds.
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Lady Aleth

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MessageSujet: Re: Mad tea party ♥ } PV Lulu   Mer 22 Aoû - 23:19



Jette la pluie, le vent et les étoiles, jette ce cri qu'il souffle sur la grand-voile .

▬ Aleeeth ? Mademoiselle Aleeeeth ? Aaaaaleth ?

Chut.
Veuillez vous taire.
Je n'aime pas entendre mon prénom prononcé par cette bonne femme payée par mes parents. Je n'aime pas savoir qu'elle m'appelle. Je n'aime pas l'idée de devoir partir bientôt. Je m'amuse bien, ici. Dans ma chambre, il n'y a que de l'ennui. Dans ce jardin, je deviens un aventurier hors pair, je peux faire ce que je veux.
Je n'ai pas envie de rentrer.
Alors, même si j'entends cette pauvre domestique s'égosiller, je ne réponds pas. Je me contente de rire, de rire à en perdre le souffle. Tout est si drôle, sous les étoiles ! Chère lune ! Regarde, regarde comme Lucien est amusant, comme ça ! Et vois comme cette vieille madame du château est divertissante, à courir ainsi dans tous les sens pour me trouver ! Ah ! Cherche, cherche donc ! Tu ne me trouveras pas ! Et je me tortille comme une asticot, comme une folle, comme une personne jetée en plein dans de l'ivresse pure. Je n'arrive pas à m'arrêter. Je voudrais rester là toute ma vie.
J'aimerais ne jamais grandir.

▬ C'est au chef que revient tout le mérite, car après tout, c'est lui qui guide ses troupes vers la réussite.

Voilà, tout le mérite ! Je suis exceptionnelle ! Je suis formidable ! J'ai mené notre expédition à bien ! Hahahaha ! Décidément ! Si seulement je pouvais rester enfant, ainsi, jusqu'à la fin des temps. Ce serait formidable.

Mais il y a cette main, qui se tend vers moi. Cette paume pâle, qui me dit « accroche-toi ». Et même si j'adorerais rester au sol, je sais qu'il me faut la saisir. Oh, pas tout de suite ! Encore quelques secondes, s'il vous plaît ! Le temps que je respire, le temps que je me calme, le temps que je doute un peu. Juste un tout petit bout de vie. Pour que je me rende bien compte d'où je suis. Pour que je profite des derniers instants. Parce que je sais que lorsque j'aurais pris cette main, tout sera fini. Je serai à nouveau debout, sur mes deux jambes. Avec des responsabilités, des « tiens toi droite » et des « mange correctement ». Honnêtement, ça ne me tente pas du tout.
Mon nom résonne encore une fois dans la nuit.
Je soupire.
Une deuxième fois.
Je tends le bout de mes doigts.
Une troisième fois.
En moins de temps qu'il n'en faut, me voilà le nez en l'air.

▬ Si je ne me trompe, il semblerait que l'on cherche après vous. Le monde vous réclame.

Le monde me réclame. Cette petite phrase arrive à me faire sourire, alors que la femme de chambre court vers nous. Lucien a le don pour me faire sentir importante. J'ai toujours l'impression d'être une grande reine, quand il me parle comme ça. Ou plutôt, un grand aventurier. Parce que je ne veux pas être reine. C'est nulle, d'être la reine. On s'ennuie toute la journée, à rester assise sur un trône idiot. Alors que quand on est un aventurier, on a le droit de faire toutes les bêtises du monde. Vous comprenez ? Oui, bien sûr.
Doucement, je sens sa main sur mes cheveux, puis dans mon dos. Et ça me fait vraiment bizarre, tiens. Même ma mère n'a jamais fait ça. Je ne sais même pas si elle a un jour posé un de ses doigts sur moi. Peut-être que je n'en vaux pas la peine.

▬ J'espère que lorsque nous nous reverrons, vous attraperez une étoile pour moi.

Il m'a parlé tout bas, tout bas dans mon oreille. Et ça m'a comme mis un soleil dans le cœur. Qui chauffe mais qui ne brûle pas. Je me sens légère. Comme si j'étais un oiseau. Je marche vers la dame dans un état un peu second. Je la sens m'attraper par le bras, me secouer un peu, me demander ce que j'étais allée fabriquer encore, me dire que mes parents étaient fous d’inquiétude. N'importe quoi. Mensonge, mensonge. Mes parents ne se font jamais de soucis pour moi. Ils préfèrent s'amuser. Les adultes mentent tous, de toute façon. Enfin, presque tous. William, il ne ment pas, je crois. Et Lucien non plus. Non, Lucien, il ne me mentirait jamais. Ça se voit à ses yeux bizarres et pas pareils.

D'un seul coup, on se met en marche. La dame me tire toujours le bras. Ça fait un peu mal. Je n'ai pas dit au revoir à Lucien. Sans un mot, je tourne la tête. Je regarde dans la nuit noire, plisse les yeux. Je n'arrive pas à le voir. Peut-être qu'il est parti. Ou peut-être que je n'ai pas une assez bonne vue. Dans le doute, je fais un coucou avec ma main libre. On ne sait jamais.

Après tout, je ne voudrais pas offenser mon subalterne préféré.

Jette l'enfance, le cœur de tes promesses, jette tout, jette tout, retourne à l'ivresse.


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Mad tea party ♥ } PV Lulu

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