{ Dirty Prince }


« Brave New World »
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 L'avènement d'un psychopathe ♥

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Armand

{ What a sadistic smile, my Lord...}

avatar
Messages : 104
Âge du personnage : 17 ans
Fiche du personnage :

RPs : "Un ange à ma table" - Louis (inachevé)

A joyful cup of tea? - Loki (inachevé)

"J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." - Vidal (en cours)



Cupboard
Autres détails:
Profession ou titre: Prince tyrannique
MessageSujet: L'avènement d'un psychopathe ♥   Mar 21 Déc - 17:49


    ...

    « Je ne connais pas sur terre
    De douleur plus légère
    Quel plus grand plaisir qu'avoir
    Entre ses mains le Pouvoir»

    Roméo et Juliette.



    I – Le Cadavre Exquis :

      Prénom : Armand
      Âge : 16 ans, né un 21 décembre brumeux.
      Orientation sexuelle : Il serait plus rapide de dire ‘Louisophile’
      Fonction, métier, titre de noblesse : Prince - plus simplement dictateur de son Royaume
      Signe caractéristique : Ses yeux, d'un brun sombre aux reflets améthystes. Mais le Royaume entier le connaît plutôt parce qu’il est la personne la plus obsessionnelle qui soit.
      Manie, habitude : Torturer?
      Groupe : Royalty



    « Qu'on soit riche, qu'on soit beau
    L'esprit jamais au repos
    Qu'on ait tout reçu des dieux
    Qu'on soit certain d'être heureux. »

    Roméo et Juliette.

    II – Autopsie du Macchabée :

    Si la beauté est une qualité, c’est bien la seule qu’Armand eut jamais possédé.
    Une peau pâle, comme tous nobles et royautés de l’époque. Mais contrairement à eux, Armand n’a pas besoin de s’enduire de crèmes malsaines ou de poudres ; il doit être un des rares Princes à ne pas se faire des saignés pour paraitre exsangue. Toutes ces décadences moyenâgeuses, qui fanent la peau au profit d’une mine blafarde, il les rejette du fait qu’il possède déjà ce teint de nacre dont tant de personnes rêvent.
    Carnation renforcée par la couleur de ses yeux aux reflets pourpres et violacés. Ces pupilles ô combien belles, mais qui s’assombrissent si aisément lors des humeurs plus que violente de cet être capricieux. Leurs scintillements peuvent donc avoir l’air d’un mirage, pour ceux qui ne le connaitrait que lorsqu’il arbore un air cynique, le menton relevé d’un air hautain et œil plissé par le dédain. Rares sont les chanceux à voir ses yeux s’agrandir et briller d’un sentiment autre que la cruauté ou le sarcasme, à voir ses traits fins et bien dessinés s’animer pour quitter leur masque de marbre farouche, et parfois, ses pommettes saillantes rehaussées par un sourire sincère. Un sourire angélique, qui pourrait induire en erreur sur la personnalité de ce démon s’il ne le réservait pas uniquement à son frère. Les autres n’ont droit à aucune faveur de la sorte ; le seul rire qu’ils pourraient entendre serait celui qui éclate, sec, hostile, celui qui vous dit clairement « Vous n’êtes rien. ». Et il vous tournerait le dos, narquois dans ses manières et vous ignorant parce que vous n’êtes que des frivolités à ses yeux, il s’éloignerait de vous dans un bruissement de cape et ses cheveux bruns s’harmoniseraient à sa démarche orgueilleuse.
    Ah, mais parlons de sa démarche. Souple et gracieuse, altière, comme tous ceux qui se savent important au reste du monde, élégante dans sa cadence. Quand on le voit de loin, aussi fier, aussi pondéré, on sait tout de suite qu’il ne peut qu’éblouir. Sa silhouette de dessine sur l’horizon, majestueuse malgré cette minceur trop féminine. Il compense son poids svelte par sa taille élancée ; au contraire de la monarchie de l’époque qui incluait qu’un futur Roi se devait d’être coquet, bénin et gras. Il doit faire à peu près 1m75 pour 60 kg – soit 30 kg de moins et 10 cm de plus qu’un de ces preux Seigneurs d’actualité. Mais son aspect fragile ne s’en trouve pas injustifié pour autant : Armand le sait, sa corpulence ne lui permet pas d’avoir l’endurance qu’il désirerait posséder. Il se fatigue vite s’il doit faire un effort trop intense. Ainsi le voilà confronté à un grave problème : son égo surdimensionné. Comment réussir dans tous les domaines si son physique ne lui permet pas ? Il y a de quoi le faire rager au possible, transformer son visage gracieux en grimace de colère.
    Principale tricherie : sa cape noire et rouge englobe principalement son profil émacié, visant à combler sa faiblesse physique tout en rappelant d’avantage sa prestance naturelle. Elle est aussi l’accessoire indispensable, le signe de sa Royauté en attendant qu’il hérite de la couronne - objet qu’il ne mettra finalement jamais puisque son règne est partagé avec son frère et sa sœur. Armand accompagne principalement son manteau de noir, d’or brodé sur ces pièces de soie à la coupe parfaite, de lin, de velours, et de toutes sortes de tissus fort précieux à l’époque. Quoi de plus naturelle après tout, il le mérite.



    « Dans ce monde où tout s'achète
    Je suis le seul à qui on prête
    Dans ce monde où tout se vend
    On me donne sinon je prends. »

    Roméo et Juliette.



    Farouche. Tel était le comportement d’Armand en société. Il était froid, impassible, et refusait de s’approcher à plus d’un mètre d’un inconnu. Si par malheur il lui était forcé de parler à quelqu’un, il était obligeamment sarcastique et cynique. Ou désintéressé et négligeant, si par chance il était dans un accès de sociabilité.
    Les membres de la Cour Royale - qu’il devait régulièrement côtoyer, à son grand dam - le connaissaient sous une nature plus effrontée, plus insolente. En permanence hautain avec eux, comme s’ils les prenaient pour des moins que rien.
    Ceux qui par mésaventure finissaient sur une table de torture au sous-sol, pour l’avoir énervé, lui ou son frère, ou pour s’être opposé au nouveau régime, pouvaient le voir à un degré de joie si intense que s’en devenait effrayant. Car Armand ne se sent jamais aussi puissant qu’en ces moments. Il a beau être prince, avoir à sa merci tout un peuple, claquer des doigts pour voir le moindre de ses désirs comblés au possible ; il se sait être le virtuose de son pouvoir uniquement lorsqu’il a une paire de tenaille à la main, toisant de haut un malheureux tremblant de peur, avec son sourire le plus cruel courbant ses lèvres.
    Sa petite sœur avait le privilège de le voir… Doux. Et la chance d’entr’apercevoir de temps à autre un sourire sincère.
    Et son frère ! Louis, son cadet, sa raison de vivre… Non, sa propre vie. Cette relation qui l’unissait à lui dépassait l’entendement, la raison même. Plus fort encore que ce que ressent un artiste pour a muse ; un aveugle pour son touché ; un chien pour son maître ; un condamné pour son bourreau ; un ange pour son Dieu. Louis. Ce prénom glissait dans sa bouche, coulait sur sa langue comme du bonheur liquide. Il résonnait en lui au point de le rendre fou. Avec lui, Armand n’était plus qu’un déluge de sentiments : joie, trépidation, fragilité, puissance, égoïsme, dépendance, adulation. Amour. Au début, quand ils étaient tous deux en société, lors d’une promenade avec leur Cour, par exemple, c’était Louis qui servait de pond, qui rattachait les deux bords du gouffre qui séparait Armand des autres nobles.
    Louis aimait manipuler le peuple ; Armand aimait profiter du peuple : ils se complétaient.
    Louis était la seule personne à qui il autorisait la victoire.
    Avec n’importe qui d’autre en revanche, Armand ne faisait pas preuve d’autant de tolérance. Il fallait avoir du cran pour battre ce prince tyrannique. Il fallait vouloir la mort. Son orgueil le poussait toujours à entrer dans les pires colères qui soient.
    Mais il est un comportement que tout le monde verra, les pauvres comme les nobles, les étrangers comme sa famille : sa prestance. Qu’importe le moment ou la personne, il restera majestueux, la tête relevée de façon altière, parce qu’il est fier d’être de ces personnes qui ont acquis l’importance et le prestige à la naissance. Voilà d’ailleurs pourquoi il aime à le prouver en excellant dans tout ce qu’il entreprend.



Dernière édition par Prince Armand le Mar 21 Déc - 17:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Armand

{ What a sadistic smile, my Lord...}

avatar
Messages : 104
Âge du personnage : 17 ans
Fiche du personnage :

RPs : "Un ange à ma table" - Louis (inachevé)

A joyful cup of tea? - Loki (inachevé)

"J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." - Vidal (en cours)



Cupboard
Autres détails:
Profession ou titre: Prince tyrannique
MessageSujet: Re: L'avènement d'un psychopathe ♥   Mar 21 Déc - 17:53


    ...

    « Le pouvoir, ah! mes amis
    Si vous en saviez le prix
    C'est la mort qui vous sourit
    L'éternité dans une vie. »

    Roméo et Juliette.


    III – Chronique Sordide :


    Une porte. D’un bois massif noir et épais, ornée d’une vieille serrure et d’une poignée rouillée. Une porte derrière laquelle on pouvait entendre des cris.
    C’était une voix rauque, qui aurait pu être douce et grave si elle n’était pas en cet instant déformée par la douleur. Elle résonnait dans le couloir sombre, où le moindre bruit s’amplifiait au centuple : même les halètements entrecoupant ses cris paraissaient aussi forts qu’une rafale ; même le gargouillis du sang remontant dans sa gorge semblait aussi puissant qu’un geyser. Ce couloir était une façon d’accentuer aux yeux du monde la douleur éprouvée par ce pauvre homme.
    A condition que quelqu’un puisse seulement l’entendre.
    Car ce sous-sol était trop profond pour que quiconque s’attarde sur le râle de souffrance du prisonnier.
    La porte s’ouvrit, lentement à cause de son poids et de ses gonds trop usés et grinçants ; et une ombre sortit de la pièce, précédant un adolescent. Il révéla dans l’obscurité des yeux froids, sombres, dissimulés sous des mèches brunes.
    La porte se referma sur les cris de l’homme tandis que les lèvres du garçon s’animèrent d’un sourire cruel :

    - Contemple ta défaite, vieux fou.

    Il traversa le corridor plongé dans le noir, sans se départir de son rictus animal, satisfait de l’écho de plus en plus lointain des hurlements de l’homme torturé. Ses pas, rapides et souples, le conduisirent dans la cour faiblement éclairée par le soleil levant : c’était une aube nouvelle qui illuminait les jardins d’une lumière blafarde ; c’était le jour de son entrée au pouvoir.
    Le garçon se dirigea ensuite vers la tour principale, celle qu’on nommait "la 3ème". De plus en plus pressé, il gravit quatre à quatre les escaliers de pierres, pour arriver devant une porte dont les deux battants majestueux étaient ouverts sur une immense salle doré. Une chambre remplie de jouets.
    Les marionnettes couchées sur le sol observaient de leurs yeux vitreux le visiteur matinal ; un ours en peluche, inanimé, dont les membres avaient été arrachés et éparpillés à ses côtés, paraissait déplorer les ravages de la pièce. Les poupées, de cire ou de porcelaine, accueillaient leur invité aux yeux d’améthyste d’un sourire vide et terrifiant. Un petit piano à clef, somptueux dans ses ornements d’or et d’ivoire, se laissait baigner d’une lumière blanche près de la fenêtre ; tandis que des partitions s’étalaient sous les pieds de l’adolescent traversant la pièce. Celui-ci enjamba un train qui avait quitté sa voie à cause d’une quelconque chute de cubes de bois ; passa à côté d’un cheval à bascule désarçonné ; puis se posta devant un échiquier de bronze.
    Derrière le jeu, reposait dans une immobilité parfaite un autre adolescent à la peau tout aussi pâle que le garçon aux yeux violets, quoi que rendue plus blanche encore par le contraste de ses cheveux bleus-vert. Il était là, contemplant la partie en cours et s’assimilant dans sa tranquillité à une poupée de porcelaine.
    Soudain, il parut prendre vie, relevant ses yeux - dont l’un était dissimulé sous un cache depuis peu - vers celui qui avait pénétré l’intimité de sa chambre ; il murmura, enfant isolé et blessé :

    - Armand…

    Aussitôt, l’adolescent répondit à l’appelle de son cadet et vint le prendre dans ses bras, contre le siège de soie et d’argent. Il sentit pendant cette étreinte ses longs cils lui chatouiller la joue, ses cheveux aux reflets émeraude lui caresser le visage et son souffle le réchauffer lentement.

    - C’est fini Louis, chuchota Armand. Père sera mort ce soir, de la façon la plus horrible qui soit. Il mourra et nous pourrons vivre heureux.

    Louis répondit dans un souffle un « Oui. » délectable.



    Armand est un prince. Il l’est depuis toujours, depuis le jour de sa naissance, soit un matin brumeux de décembre. Et il a toujours porté et assumé ce titre avec délice.
    C’est un régal de pouvoir se complaire et obtenir satisfaction à tout moment.
    C’est un ravissement complet de voir se courber les majordomes aussi bien que les nobles.
    C’est une jouissance parfaite d’être souverain de la vie et la mort ; claquer des doigts suffit pour couvrir d’or un homme ou pour le condamner à la potence : c’est en son pouvoir.

    Ne vous avisez jamais de donner le pouvoir à un enfant capricieux, il ne vous le rendra que très mal.

    Comme beaucoup de princes, Armand aime être au devant de la scène. Être reconnu pour sa valeur, son courage, son intelligence… Ne pas être devancé par n’importe qui ; si on lui a donné le meilleur rôle, celui d’un futur roi, autant le conserver jusqu’au bout.
    Dès son jeune âge, il veut les meilleurs professeurs : tout avoir rime avec tout savoir. L’anglais, le français, le latin, l’histoire, les sciences, la musique ; de toutes ces leçons princières, il est le meilleur. Il lui répugne d’avouer qu’il est médiocre au tir à l’arc, à l’escrime ou à la danse.


    Vient la naissance de son frère, puis de sa sœur. Il les considère tout deux comme négligeables : après tout, c’est lui l’ainé, c’est à lui qu’est destiné le trône. Pourtant, son petit frère l’attire à lui, le contemple de ses grands yeux et aime se blottir dans ses bras. Armand y prend goût.


    Arrive l’adolescence. Il se promène dans le château, sombre et pensif ; où qu’il aille, les gardes le laissent passer, les domestiques se courbent. Ses pas le conduisent au sous-sol, il pense qu’il n’a encore jamais visité les cachots. Debout dans le couloir humide et obscur, le garçon remarque qu’une des portes est entrouverte. Il entre ; ses yeux s’agrandissent en voyant un pauvre homme, enchainé sur une table, dont les larmes se mêlent au sang sur son visage émacié. Armand le regarde, d’un œil maintenant vide d’expression ; le silence rompu uniquement par la respiration apeurée du prisonnier :

    - N… Ne le laisse pas revenir… Je t’en conjure, ne le laisse… Pas revenir.

    Armand sourit à l’homme; il voit à sa droite divers outils aux utilisations des plus curieuses. L’homme roule ses orbites, affolé, quand le garçon lui demande :

    - Pourquoi donc ?

    - Par pitié ! Je… Ne veux pas mourir ! Ne le laisse pas revenir !


    Ses yeux violets s’illuminent. L'homme est en position de faiblesse. Et lui, malgré sa faiblesse physique, est au summum de sa puissance. Il comprend enfin ce qu’est le vrai pouvoir : il attrape une dague et s’avance vers l’homme.


    Armand à maintenant 14 ans. Les prétendantes se font plus nombreuses, émoustillées à l’approche d’un éventuel mariage. Sans exception, il les observe d’un regard écœuré en soupirant « Pourquoi dois-je subir ces femelles en rut ? ». Jusqu’à ce que ses parents, à bout de patience, lui en choisissent une contre son gré. Le soir de la répétition de mariage, Armand ramène avec lui une fille de joie, décrétant à sa famille ébahie qu’il préfère encore avoir une putain dans son lit qu’une donzelle ingénue pour femme. La fiancée ne reparue plus jamais au château. La prostituée ne quitta plus les cachots.


    Mais nous en venons au véritable début de cette histoire, quand notre prince capricieux atteint ses 16 ans.
    … C’est à cet âge là que les garçons s’éveillent sexuellement.
    Non pas qu’ils deviennent plus curieux, non. Ils ont déjà accumulés assez de connaissances. Ce qu’ils veulent - ou du moins ce que leur corps veut - c’est de la pratique. Ils se mettent à réagir pour pas grand-chose ; un frôlement, un décolleté trop profond, un gémissement doux… Leur excitation croît suivant la provocation de la jeune fille.
    Sauf que les jeunes filles ne comblaient pas l’attente de désir d’Armand. Aucune ne faisait partie de ses fantasmes nocturnes. Les seules personnes à influencer certaines pudeurs de son corps étaient des hommes.
    Ce n’est pas que cela inquiéta le prince ; l’homosexualité ne le choquait outre pas : après tout, ce qui est interdit par la Bible n’a jamais procuré que du plaisir à l’Homme, que ce soit le péché de luxure, de gourmandise, ou le fruit défendu (en somme, Armand considérait Dieu comme un vieux sénile voulant garder tous les plaisirs de ce monde pour lui.).
    Non, cela ne l’inquiétait pas. Ce qui lui faisait peur, c’était que le provocateur de ces pulsions sexuelles n’était autre que son petit frère.

    Louis a toujours été, aux yeux de son ainé, l’innocence même. Sachez que les hommes ont toujours eu une attirance particulière pour les personnes chastes. Rien que la pureté de son frère mettait donc Armand à l’épreuve.
    Celui-ci était assis, dans un recoin de la cuisine aussi mouvementée en cette heure qu’aurait pu l’être une fourmilière. Ce n’était pas qu’il voulait éviter son cadet, non. Mais presque. Louis allait et venait dans le château à sa recherche, continuellement, fouillant tous les recoins de la sombre bâtisse avec des yeux tristes et suppliants. Armand l’imaginait très bien, à genoux sur un somptueux tapis, épuisé dans ses recherches et des larmes coulant sur ses joues : « Armand, occupe-toi de moi… Viens jouer… ». Il secoua à nouveau sa tête, avec plus de force toutefois, agitant ses mèches brunes.

    Même quand l’adolescent se convainquait que ce n’était qu’une envie passagère, que son corps était en pleine croissance après tout, il devait réagir à n’importe quoi, pour n’importe qui, jusqu’aux membres de sa famille ; il se rendait pourtant compte que ça ne lui faisait rien de prendre dans ses bras sa petite sœur Eden, de demander à son domestique Shad de l’habiller, ou même d’espionner sa cousine Arielle en train de se changer. Par contre, il suffisait que Louis vienne à sa rencontre pour qu’il commence à s’imaginer toutes sortes de choses plus vicieuses les unes que les autres.

    Et puisque c’est quand on parle du loup qu’il décide de montrer son museau, Louis débarqua à ce moment précis dans la cuisine, le chef cuisinier à ses côtés. Armand le détestait, ce vieux trompeur toujours prêt à attirer l’attention sur lui et son bon travail, en quête d’une quelconque récompense ou promotion.

    - Le petit prince désirait un verre de lait, fit-il d’une voix mielleuse tandis qu’il servait Louis pour illustrer ces paroles.

    Armand lança un regard noir à l’homme qui retourna aussitôt à son travail. Puis, il tourna la tête vers son petit frère tenant innocemment son verre à la main et en se demandant quelle conduite adopter avec cet ainé qui l’évitait en permanence.

    - Armand, je… Tu ne voudrais pas… Heu, aller te promener avec moi ?

    - Je déteste le lait,
    répondit-il en faisant la moue, ignorant la demande de son cadet.

    Sur ce, il se leva et s’élança vers la sortie. Louis fit de même, criant son nom d’une voix étonnée. Dans sa hâte de rattraper l’adolescent, il bouscula un cuisinier à l’œuvre, renversant dans ce même acte le verre de lait. Alerté par le bruit de verre cassé et les excuses pressantes du cuisinier, Armand se retourna pour tomber sous le spectacle lourd de sens de son cadet : les yeux écarquillés, éclaboussé de part et autre de lait. Et, comble du malheur, l’enfant passa sa langue sur ses lèvres et ses doigts afin de lécher le lait qui les recouvraient.
    Armand détala hors de la cuisine, effrayé comme jamais par la bosse qui s’était formée sous le tissu de son vêtement.


    Ce manège se poursuivi durant de long mois ; Louis allait vers son frère, lequel le fuyait et se faisait poursuivre à nouveau. Mais ses fuites ne l’empêchèrent pas de commettre l’impardonnable, et le péché fut accompli quelques mois plus tard. Le fruit interdit fut cueilli un soir d’été, où la chaleur accablante se cumulait à la lassitude d’Armand. Ses pensées étaient confuses, agitées et semblables à un essaim d’abeilles atteintes de schizophrénie. Il en avait marre, de répondre à l’attente de ses parents en administrant la Cour comme de courir dans tous le château pour échapper à son frère. Celui-ci l’exaspérait plus que tout, s’entêtait à ne pas comprendre le besoin de solitude de son ainé et réclamait sans fin l’attention qui lui était dû.

    - Il ne comprend pas, murmura Armand dans l’obscurité de sa chambre.

    Mais comment pouvait-il comprendre que cet amour fraternel qui les unissait était en train de se muer en un autre sentiment. Une émotion dévastatrice qui s’en allait loger le creux de ses entrailles… Fallait-il se les arracher ? Qu’il lacère morceau par morceau cette chair rosâtre qui le constituait comme il le faisait avec ses prisonniers, pour anéantir ce sentiment aussi poignant qu’un coup de dague ?
    L’adolescent se couvrit le visage de ses mains en signe de réflexion. Ses doigts fins et immaculés dégageaient un parfum de savon ; odeur douçâtre destinée à couvrir une autre senteur, plus froide : la douleur. Le métal rouillé d’une tenaille, le tranchant d’un couteau, l’acier glacé d’une vierge de fer. L’arôme salé d’un sang coulant à flot.
    Des sentiments destructeur vinrent l’envahir, chasser sa lassitude pour à la place lui tourner la tête à la manière d’une drogue.
    Il se releva d’une main, l’autre couvrant toujours son visage de manière à laisser entrevoir ses yeux écarquillés. Bien qu’il resta assis sur son lit, ses pensées dérivant à une vitesse folle, il savait déjà ce qu’il allait faire.
    Armand se leva brusquement, la mine sombre, et sortit de sa chambre dans un claquement de porte assourdissant. Le bruit de ses pas le long du couloir paraissait bien seul sans le bruissement d’une cape pour l’accompagner. Bien qu’en été les jours se rallongent, la soirée était suffisamment avancée pour que les serviteurs ressentent la nécessité d’allumer les chandeliers ornant les murs. L’ombre mouvante des flammes sur le sol se faisait engloutir par celle du prince, suivant ses pas comme une menace familière.
    Il arriva plus vite que prévu devant la chambre de son frère ; et bien que son visage resta clos et farouche, il sentit son cœur battre de plus en plus fort : ce qu’il allait faire bouleverserait définitivement l’inébranlable. D’une main hésitante, puis ferme, il ouvrit la porte menant aux enfers.

    La pièce était plongée dans l’obscurité, tout comme le reste du Château. Seule la flamme d’une bougie éclairait faiblement d’une lumière dansante le visage pâle et surpris de Louis qui s’avançait vers lui :

    - Armand ?! Que… Que fais-tu là ? Je veux dire… bonjour.

    Ses yeux étonnés, ses cheveux ébouriffés, ses lèvres, son cou, ses mains… Une bouffée d’avarice fit s’approcher Armand de cet être si attirant qu’était son cadet. Je le veux, je le veux, je le veux. Il se répétait cette phrase en boucle à la manière d’un disque enrayé.
    Armand aimait à être vainqueur dans toutes les taches qu’il entreprenait, nous le savons. Si par malheur il venait à perdre, il se mettait dans une rage terrible telle qu’on pouvait difficilement le calmer.
    L’air toujours aussi grave, il vint entourer les épaules de son frère de son bras et prendre entre ses doigts son menton tremblant. Leurs souffles se mêlaient l’un à l’autre.
    Il allait briser un tabou.

    - … Armand?

    Un murmure à peine audible, une supplique à ne pas prendre en compte. Si son frère le repoussait, Armand considérerait cela comme une défaite ; sauf qu’il ne pourrait jamais s’énerver contre Louis : il n’aurait plus qu’à se laisser chuter.
    Sans réfléchir d'avantage, il déposa ses lèvres sur les siennes.
    Leur péché était doux et chaleureux, avait une légère odeur métallisée, une odeur de sel. Bien qu’elle fût sans doute liée au repas de la soirée, Armand ne put s’empêcher de l’assimiler à l’arôme du sang. Profitant de l’étonnement sans résistance de son cadet, il franchit la barrière de ses lèvres douces pour introduire sa langue malicieusement. Le parfum salé, ajoutée à sa salive, ne fit qu’amplifier son envie de briser cette prohibition qu’est l’inceste. Il passa ses bras autour de la frêle taille de Louis, tandis que sa langue découvrait les moindres recoins de cette bouche tant désirée. Sentir les doigts de son frère caresser ses cheveux bruns ne fit qu’augmenter ses pulsions de convoitise. La peur mêlée à un désir grandissant en lui ; il abandonna ces lèvres tentatrices à contrecœur.

    - Qu’est-ce que tu…- commença Louis avant de se faire interrompre.

    - Je te veux pour moi tout seul. Je... t’aime, Louis. Je t’aime alors… Ne me repousse pas.

    Son discours exigent et passionné se mua en une supplique chuchotée avec peine. Il attendait désormais, les yeux fermés, le verdict de son frère qui l’élèverait à une effervescence sans nom ou à une chute sans fin. Il sentit ses mains fines se poser sur ses épaules pour s’y appuyer et ainsi, l’aider à se redresser pour chuchoter sa libération comme un secret:

    - Moi aussi… Je t’aime... Je t’aime tellement… Ne me laisse plus, Armand, ne me laisse plus…

    Il serait idiot de décrire avec de simples mots, aussi puissant soient-ils, l’émotion intense qu’éprouva Armand. C’était aussi fort que centaine de tempêtes de neiges réunies, et pourtant aussi doux et voluptueux qu’une brise légère d’air chaud. Il était terrible de savoir qu’il entrainerait son frère innocent avec lui en enfer, mais aussi jubilant de savoir qu’ils pourraient s’appartenir à jamais. L’immense félicité que ressentent les anges à leur déchéance.
    Ils restaient ainsi, à s’étreindre, partageant dans leur silence leurs émotions mutuelles. Leurs corps entremêlés s’éveillaient l’un à l’autre ; Armand releva son visage, exalté de cette nouvelle puissance qu’est l’amour partagé. Un sourire d’une nature nouvelle l’illuminait : si l’on dit que les yeux sont le miroir de l’âme, ce sourire était la porte menant à un paradis embrasé que les flammes ravageaient avec violence.
    L’adolescent se pencha à nouveau vers son frère, l’embrassa avec plus d’assurance en passant ses mains sous sa chemise de lin ; le tissus frais contrastait avec la peau brulante du cadet. Lui aussi s’affirmait, il déposait de légers baisers sur le visage d’Armand tandis que celui-ci l’entrainait vers le lit où ils pourraient se consumer.

    - Ar… Ar… Mand…

    - Laisse-moi te guider, Louis, suis-moi… Laisse-moi te posséder... Je t’aime, et je t’aimerais toujours… Je te l’ai promis, Louis, alors sois à moi…

    A l’aube, ils avaient conclus leurs pactes pour l’enfer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Armand

{ What a sadistic smile, my Lord...}

avatar
Messages : 104
Âge du personnage : 17 ans
Fiche du personnage :

RPs : "Un ange à ma table" - Louis (inachevé)

A joyful cup of tea? - Loki (inachevé)

"J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." - Vidal (en cours)



Cupboard
Autres détails:
Profession ou titre: Prince tyrannique
MessageSujet: Re: L'avènement d'un psychopathe ♥   Mar 21 Déc - 18:01

    Durant trois mois, ils vécurent une intense relation des plus secrètes. Presque chaque nuit, ils se glissaient dans la chambre de l’un ou de l’autre, se précipitant un peu plus dans les bras du Diable mais soulagés d’y aller ensemble.
    Le Diable, ils ne se doutaient pas qu’il viendrait frapper à leur porte de ci-tôt.
    Il s’était faufilé, discrètement, sa couronne sur ses cheveux poudrés, et avait espionné Louis et Armand par la porte entrouverte. Ses enfants, que ce Roi bien trop négligeant trouvait étranges ces temps-ci, ne faisaient que s’étreindre fraternellement. Qu’elle ne fut sa surprise de les voir ensuite s’embrasser !
    Inceste. Ce mot claqua comme un fouet entre ses deux yeux sortant de leurs orbites. Il se mit à trembler, de rage, de dégout ? Ses enfants, ses nobles héritiers, naquis de ses royales entrailles, osaient fricoter de manière répugnante dans son propre château ! Ils contestaient Dieu et son Ordre sans le moindre remord et ce, devant ses majestueux globes oculaires paternels !
    Il faut savoir que, tout comme ses fils, le Roi avait lui aussi un défaut bien à lui : il détestait être pris pour un idiot.
    S’emparant d’un chandelier inutilisé sur un meuble du couloir, il rentra dans la chambre et profita de la confusion des deux frères pour frapper le plus jeune de son arme improvisée.

    La scène parut se dérouler au ralenti pour Armand. Il vit le métal forgé s’abattre lentement sur le crane de son frère, le sang jaillir de la plaie et se répandre en de magnifiques gouttelettes rouges sur le visage haineux de son père, ce Roi qui cherchait à punir ses enfants comme la main de Dieu elle-même. A punir de manière violente et mesquine, comme une sorcière donnant à une innocente une pomme vilement empoisonnée. Armand voyait rouge, il voyait le sang de son frère se déverser sur les draps blancs. Ses yeux écarquillés contemplaient la scène sans comprendre : pourquoi ? Pourquoi Louis ? Pourquoi son sang ?
    Parce que dans les contes de fées, c’est toujours le cadet qui souffre, qui prend la pomme ou se pique avec la quenouille.
    Un deuxième coup fut porté, à l’œil cette fois. Une gerbe de liquide pourpre gicla sur Armand. Les lèvres tremblantes, une haine sans nom s’empara de lui pour remplacer sa paralysie : il attrapa la semi-arme de son père pour la jeter à l’autre bout de la pièce ; puis il tenta de le plaquer au sol. Le vieil homme le repoussa et s’enfuit hors de la pièce avant que son fils ne puisse totalement l’immobiliser. Sans jeter un regard sur le spectacle ensanglanté que présentait son frère, Armand s’élança à la poursuite du Roi, aveuglé par la rage.
    Leurs pas résonnaient dans l’escalier de pierre, tout comme leurs halètements entrecoupés de menaces. Le vacarme alerta une partie du personnel encore éveillée ; des gardes dégainèrent leurs fusils, des domestiques coururent à la fenêtre. Père et fils se tenaient désormais dans la cour. Heureusement pour Armand, la vieillesse avait eu raison de l’endurance et de la vitesse du Roi, tandis que la haine motivait son fils. Celui-ci tentait encore pourtant de vaincre sa fatigue, courant faiblement jusqu’au moment où son enfant le jeta à terre d’un coup. S’étalant sur le ventre en tombant, le Roi sentit Armand lui attraper les bras pour les tordre en arrière ; un cri s’échappa de sa bouche contre son gré. « Ceci est une querelle familiale, quiconque osera s’en mêler verra son cadavre jeté aux chiens ! » hurla Armand aux gardes qui comptaient intervenir. Il se jeta ensuite à genoux aux cotés du corps du Roi, pour prendre sa tête de boucle poudrées entre ses mains et la frapper contre les pavés. Et même si sa force décroissait à une vitesse folle, il continua encore et encore, tant il était soulagé d’entendre le crâne se fracturer, de voir le sang former une flaque sur le sol. Il revoyait Louis, couvert de sang lui aussi, il entendait des cris sans savoir qu’ils venaient de sa propre gorge ; puis il finit par lâcher le crâne endommagé de son père, essoufflé. Il resta un moment sans parler, calmant sa respiration à mesure que les quelques gardes recommençaient à s’agiter. En vertu de sa haine, il cherchait tout de même un moyen de ne pas se discréditer auprès du personnel présent : les parricides n’ont jamais été très acclamés. Il se tourna, aboya un ordre à l’homme le plus proche « Toi là ! Va me chercher le médecin ! ». Se releva, épousseta ses vêtements et ordonna ensuite d’un ton sec « Retournez à vos postes, le Roi va très bien. Sachez seulement que cet homme se prétendant mon père a tenté de tuer le Prince Louis dans un accès de folie. Oubliez tout le reste. Allez ! » ; puis il rajouta précipitamment à un des derniers gardes à ne pas être encore partis « Toi, reste ici et écoute-moi. Tu va porter cette pourriture de corps royale jusqu’aux cachots et tu nous y attendra, moi et le médecin. ». Le garde s’inclina légèrement, et sans un mot de protestation ou question gênante, souleva le Roi inconscient sur son épaule. Son corps mince supportait sans mal le corps lourd ; il gardait un visage froid malgré les râles de souffrance du Souverain et le sang qui se déversait encore de son crâne.
    Armand accueillit le médecin encore ensommeillé d’un sourire hostile. Les ordres étaient clairs : empêcher le Roi de mourir cette nuit. Le garder en vie et dans un état de santé suffisant pour ressentir la douleur. Ne pas poser de questions et ne divulguer à personne ce qu’il était en train d’advenir au Château.
    Ils descendirent au sous-sol et retrouvèrent le garde aux côtés du père allongé à même la terre humide. Fidèle aux exigences, Earl soigna comme il put le Roi, stoppa l’hémorragie et ne quitta la pièce que lorsque le blessé redevint vaguement conscient à ce qui l’entourait.

    - Attache-le aux chaines, contre le mur, ordonna Armand au garde.

    Il obéit, toujours neutre. Le prince appréciait ce silence qui l’accompagnait, qui lui donnait d’avantage l’impression que l’homme n’était qu’un pion prêt à suivre les ordres sans discuter, qui confirmait son pouvoir en dominant de cette manière. Il l’observa plus en détail, tandis que celui-ci ferrait les poignets du Roi aux chaines : la minceur qui le caractérisait ne lui donnait pas cette expression de fragilité, contrairement à lui. Il finit d’attacher le blessé.

    - Comment t’appelles-tu ?

    - Aion, votre Altesse,
    souffla t-il dans une courbette. Seulement Aion, car j’ai renié mon passé en même temps que mon nom il y fort longtemps.

    - Aion. Ta servitude silencieuse me plait. Tu seras promu au rang de garde personnel – si bien sur tu restes silencieux sur ce qu’il adviendra du Roi.

    - A vos ordres, Altesse.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Armand

{ What a sadistic smile, my Lord...}

avatar
Messages : 104
Âge du personnage : 17 ans
Fiche du personnage :

RPs : "Un ange à ma table" - Louis (inachevé)

A joyful cup of tea? - Loki (inachevé)

"J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." - Vidal (en cours)



Cupboard
Autres détails:
Profession ou titre: Prince tyrannique
MessageSujet: Re: L'avènement d'un psychopathe ♥   Mar 21 Déc - 18:05

    Ne serait-ce que par respect pour la vie humaine, Armand n’humiliait jamais ses victimes. Il en était autrement pour son père.
    Une fois qu’Aion eut quitté la pièce pour monter la garde à l’entrée de la cellule, le Roi fut réveillé au contact de l’eau glacée qu’on lui jeta à la figure. La douleur qu’il ressentait au crâne accompagna son réveil brutal, lancinante et "tiède" en comparaison avec l’eau froide qui dégoulinait de son visage. Il reconnut à travers un brouillard incertain son fils, face à lui.

    - Armand…

    - Père.

    - Armand,
    répéta-t-il faiblement. Que fais-tu… ?

    - Je vous regarde, père, je contemple votre décadence et votre folie une dernière fois. Je vais vous tuer.


    La phrase avait été prononcée de façon nonchalante, et même légèrement méprisante, comme si cela était évidemment et qu’il était stupide de vouloir contester cette logique. Un gémissement résonna dans la pièce, plainte déchirante dans un requiem de peur et de désespoir.

    - Je vais vous tuer, répéta Armand, autant pour s’en convaincre lui-même mais que pour persuader son père que son destin était bel et bien scellé. Je vous briserai d’abord les rotules de façon à ce que vos jambes ne puissent plus vous soutenir. Votre poids sera suspendu à ces chaines, et au bout de plusieurs heures vous vous déboiterez automatiquement les épaules, peut-être les coudes et les poignets aussi. Pour faire passer le temps d’ici là, je n’aurais qu’à taillader ici ou là, arracher ceci ou cela ; tordre, râper, presser, couper, vitrioler… Quand vous serez totalement désarticulé, je vous allongerai sur la table là-bas. Et j’improviserai.

    Il accentua ce dernier mot en même temps que son sourire dément. Le roi gémissait, tremblait ; il avait perdu tout ce qui avait pu le faire paraitre puissant aux yeux de son fils autrefois. En l’absence de sa perruque bouclée, il ne lui restait plus sur le crâne qu'une plaie béante et de rares cheveux couverts de sang séché. Ses lèvres décolorées poussaient un gémissement sans fin, remuant une partie de ses rides au passage – une moitié de son visage restait inerte, affaissée à cause des coups aillant endommagés ses nerfs. L’eau, le sang, la sueur et le fond de teint blafard se mélangeaient pour ne plus faire qu’une immonde palette de couleur clownesque.
    Pitoyable, c’est le seul mot qui venait à l’esprit d’Armand. Et pourtant, à sa grande surprise, son père ne s’apitoyait pas sur son sort. Pas encore.

    - J’aurais du vous séparer avant qu’il ne soit trop tard… J’aurais dû vous tuer avant que Satan ne prenne possession de vos âmes…

    Un tic violent fit se relever les lèvres d’Armand en une moue de dégout ; l’idée qu’on aurait pu le séparer de son frère faisait sa route. Mais il observa à nouveau son père le Roi, enchainé dans sa misère et sa fierté piétinée ; il eut une bouffée de puissance salvatrice : Satan, c’était lui, ce vieil homme méprisable qu’il tenait entre ses mains.

    - Vous tuer avant de commettre l’irréparable… Vous n’avez pas conscience de votre action, vous vous emprisonnez dans votre dédain en pensant que vous ne pouvez pas vous donner à quelqu’un d’autre que votre sang. Ce n’est que par orgueil que vous êtes unis !

    - Taisez-vous…

    Il serra les doigts, se força à respirer calmement.

    - Ou alors, reprit le Roi dans un souffle, ton frère ne comprend pas ce que tu lui inflige, il prend ça pour un jeu comme un autre… Il ne t’aime pas vraiment.

    - Non ! Taisez-vous !

    Il couvrit ses oreilles de ses mains souillées, ne voulant plus entendre, ne pouvant plus entendre. Son père haussa la voix pour continuer son discours biblique et illuminé :

    - Il prend ça pour un jeu ! Tu l’as sali, condamné à l’enfer et vos corps pourris de l’intérieur dégagent des relents de souffre du purgatoire… Mais il prend ça pour un jeu et quand il en aura marre, il te quittera !

    - TAIS-TOI !

    Armand attrapa un objet jonchant la table, se jeta sur son père pour le frapper au ventre avec ce qui semblait être une barre de fer. Un filet de sang coula de la bouche du vieil homme, des côtes furent sans doute brisées, sous la couche d’hématomes qui ne tarderait pas à se former.

    - Jamais il ne m’abandonnera ! Jamais, entends-tu ?!

    La barre de fer acheva sa route contre le mur, jetée avec violence sur les briques. Une nouvelle fois, le prince repris son souffle. C’est dans un effort ultime que le Roi articula difficilement :

    - Tu ne connaitrais de défaite plus cuisante que votre séparation… Tu n’as… jamais aimé perdre, Armand. Tes sentiments les plus fulgurants prennent toujours le dessus sur toi… Et tu n’as jamais supporté qu'on te le reproche.

    - C’est le monde… murmura Armand, poings serrés de nouveau et tête baissée. Il resta quelques secondes ainsi, à se reconsidérer, puis releva son visage haineux vers son père pour achever sa phrase en criant : C’est le monde qui a tort, pas moi !

    Comme rassuré par cette réplique qui le sauvait une fois de plus de toute culpabilité déjà inexistante, Armand retrouva sa maitrise, et, dans un soupir énervé, il attrapa un marteau de petite taille.

    - Tes discussions m’horripilent… Il est temps d’en finir.

    - Seigneur, protégez-moi…

    - Il n’y a qu’une divinité ici, et elle se tient devant toi.

    Le Roi eut un dernier sourire, triste et profond d’amertume. Plus pour lui-même que pour son bourreau, il murmura une ultime question, comme tous les Roi avant leur mort quand ils ont prédit qu’on leur volerait le trône un jour « N’y aura-t-il donc jamais que les fous pour nous gouverner ? ».
    Sur cette dernière phrase censée, il reçut de plein fouet un coup métallique sur sa rotule gauche.




    Le soleil était totalement levé à présent. Il irradiait dans la pièce, paraissait embraser les jouets en vrac sur le sol et tempérait la vaste chambre. Les deux adolescents, l’un dans les bras de l’autre, reposaient sur un lit au fond de la pièce, loin des rayons de lumière. Le plus vieux regardait d’un œil vide son cadet toujours endormis, et dont l’une de ses paupières fermées serait à jamais recouvert d’un cache, désormais. Du sang les recouvrait encore tous les deux.
    Armand repensait à cette nuit, revivait ces scènes tragiques intensément. Ses mains qui s’étaient animées au contact d’un couteau, ses doigts qui avaient plongés dans ces entrailles visqueuses, ses paumes qui avaient tâtés les organes colorés. La lame qui avait caressé ces chairs, le plomb fondu qui les avaient ensuite dévastées. Les cris qui avaient raisonnés si délicieusement au nom de la vengeance.
    Puis son étreinte avec son frère, leurs halètements et leurs caresses, gestes à la fois proches et différents de l’acte intime de torture.
    Tout avait changé lorsqu’il s’était uni à son frère ; et pourtant tout serait transformé maintenant que cette nuit s’était accomplie.
    La mort de son père fut suivie de leur prise du pouvoir, d’une explication futile au peuple qu’ils croyaient stupide, d’un baratin sans preuves ni fondement que le monde devait gober pour la seule cause que c’était des Princes qui l’affirmaient.

    - Braves gens ! J’ai le triste devoir de vous apprendre la fin du règne de notre roi Paul-Henri. Personne n’est à l’abri de la menace du temps, il opère sur chacun de nous, accentuant notre décadence et notre folie. C’est ainsi que la vieillesse du roi l’a emporté sur sa raison et qu’après qu’il ait tenté de tuer le prince Louis, je l’ai démis de ses fonctions. Son…

    Louis s’approcha de lui pour murmurer à son oreille le mot qu’il ne parvenait plus à retrouver : « Incompétence. » Armand sourit et reprit son discours :

    - Incompétence oui, ne vous affectera plus, bon peuple, et désormais la couronne sera repris par mon frère Louis, ma sœur Eden, et moi-même, Armand.

    La foule n’eut plus qu’à applaudir, geste dirigé par l’incompréhension ou la peur, allez savoir. Ce qui est sur, c’est que cette terreur et cette mécompréhension finirent par s’enraciner. La censure entra dans les mœurs, le sang finit par couler plus que l’encre. On trainait en ville, les yeux vides et errants dans une brume malsaine. On finit par oublier les choses sans valeurs : le nom, la raison de vivre, la conscience de soi-même, parfois… C’est simple de ne plus y penser, quand on est persuadé de n’être qu’une chose inutile en ce monde, quand on a perdu sa raison et que la folie domine peu à peu. La maladie devint familière, les gens furent disséminés. A force, le taux de la population chuta, et avec lui, les chances de s’opposer au nouveau régime.
    Mais il est une chose qu’aucun tyran ne pourra jamais vaincre : l’espoir. Et, si dans le pire des cas ce sentiment n’est plus, il restera toujours la haine, et la hargne que certaine personnes consacrent à leurs idéaux.
    Ainsi, les oppressés défieront l’orgueil des dieux.



    « Le pouvoir ça brûle en vous
    Le pouvoir ça vous rend fou
    Le pouvoir on s'y cramponne
    Et quand il vous abandonne
    On en meurt. »

    Roméo et Juliette.


    IV – Anastasie censure :

    Votre nom ou pseudo : "Talou"? =w= Mieux vaut Clelio, hein u_u
    Comment avez-vous découvert le forum ? Disons qu'il à été conçu par nos bon soin, après avoir été imaginé dans une chambre bordélique, la veille de la JE <3
    Qu’aimez-vous/détestez-vous dedans ? En tout cas je surkiffe nos gentils membres *o*
    Comment l’améliorer ? Huum, pas à moi de le dire, sans doute \o/
    Rien à ajouter? Code vu par moi-même (Ow fuck, c'est toujours aussi jouissif d'écrire ça *o* *frappée*) Bon, sinon, heuuu je me suis contrôlée pour changer le moins de trucs possibles sur cette fiche, parce qu'après tout c'est l'ancien Armand qui revient, et non une nouvelle version digivolvée/SBAM


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eden

{ The Lady who dreams to cut heads }

avatar
Messages : 369
Localisation : Avec ma poupée.
Âge du personnage : 13 ans
Fiche du personnage : Graouh.



Cupboard
Autres détails:
Profession ou titre: Princesse
MessageSujet: Re: L'avènement d'un psychopathe ♥   Mar 21 Déc - 19:17

Nan, pas Clelio, Ta-Lou. Talou Talou Talou Talouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu//SBLAM !!

J'aiiiime Armand il est si... psychooooo *w*

Brefouille, validé Royalty ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Armand

{ What a sadistic smile, my Lord...}

avatar
Messages : 104
Âge du personnage : 17 ans
Fiche du personnage :

RPs : "Un ange à ma table" - Louis (inachevé)

A joyful cup of tea? - Loki (inachevé)

"J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." - Vidal (en cours)



Cupboard
Autres détails:
Profession ou titre: Prince tyrannique
MessageSujet: Re: L'avènement d'un psychopathe ♥   Ven 22 Juin - 3:16

    Groupe : Extremist
    Réaction :

    Le corps lourd, éreinté, les membres douloureux. L'harassante envie de dormir mais le cœur en chamade bat la mesure trop vite pour un souffle qu'on force à ralentir en vain. Les soupirs n'arrangent rien ; les changements de position non plus.
    Armand se retourna dans son lit – ce qui lui servait de lit – encore et encore pendant ce qu'il lui sembla être une bonne heure, avant de céder à l'appel de la lumière qui devenait oppressant. Ne songez rien qu'une fois à ce qui vous manque alentour et sa présence devient nécessaire. Armand songeait à la clarté d'une bougie. Il craqua une allumette.
    Dans ce trou à rats où on l'avait jeté, c'était bien la seule chose qu'on lui avait laissé qui soit utile.
    Au milieu de tout ce silence froid, il avait l'impression d'entendre la flamme crépiter. Même si elle jetait sur les murs des ombres terrifiantes, cette faible clarté était d'un grand réconfort en ces heures sombres.
    Il se rappelait cette époque où, à la lumière des bougies, il s'introduisait dans la chambre de son jeune frère.
    « Louis. » murmura-t-il. Comme un enfant convaincu que prononcer un nom pouvait faire venir à lui cette personne, comme un croyant persuadé que dire Dieu le rendrait plus réel.
    Il fixa la flamme, longtemps, à s'en brûler les yeux et les doigts. Quand il dut finir par lâcher l'allumette au sol, éteinte et encore fumante dans la poussière, une tâche de lumière dansa dans l'obscurité devant ses pupilles.
    L'allumette était éteinte, et pourtant la lumière était toujours là.
    Armand était sûr qu'il en était ainsi pour les Rois. Aussi attendrait-il son heure.



_________________






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eden

{ The Lady who dreams to cut heads }

avatar
Messages : 369
Localisation : Avec ma poupée.
Âge du personnage : 13 ans
Fiche du personnage : Graouh.



Cupboard
Autres détails:
Profession ou titre: Princesse
MessageSujet: Re: L'avènement d'un psychopathe ♥   Ven 22 Juin - 21:03

... Guh. Pourquoi j'ai fait mourir Louis ? T___T (Non, il faut qu'Armand souffre, gnéhéhéhéhé *w*)
Moi, sadique ? Absolument pas.

Validé Extremist Armanichou ♥♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: L'avènement d'un psychopathe ♥   

Revenir en haut Aller en bas
 

L'avènement d'un psychopathe ♥

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
{ Dirty Prince } :: ♣ { Hors RP } ♣ :: || Welcome you... future victim :: • Fiches validées :: Extremist-