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 Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]

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Lord Lucien

{ "We live in pervert time" }

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Localisation : Où je le veux
Âge du personnage : 25 ans
Fiche du personnage : Vous n'êtes pas le bienvenue ici ~
RPs : Mad tea party - Première partie
Deuxième partie - Aleth (Fini)

Cavalcade en nuitée - Theo & Willy (Fini)

Où l'on joue de malchance, ou quand le hasard s'amuse - Theophil (Fini)

La violence ne résout rien (mais elle soulage) - Theophil (Fini)

Il ne faut jurer de rien - Theophil (Fini)

Un rien suffit - Theophil (Fini)

Des lendemains qui chantent - Theophil (En cours)

Un zeste de citron dans votre décoction? - Heather (En cours)

Prends garde à la paix secrète - Vidal (En cours)



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MessageSujet: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Sam 31 Juil - 21:52

    Les dessins alambiqués des moulures placées au-dessus des fenêtres reflétaient les lustres de cristal clinquants accrochés au plafond. Ceux-ci étaient peinturlurés de fresques à la mode, érotiques ou religieuses, sombres ou colorées suivant l'emplacement. Des chandeliers déversaient leurs flammes ça et là, accrochés à hauteur d'homme sur les murs décorés. De larges tentures cousues avec soin, venant d'Occident ou sortant des plus grands ateliers d'Europe, servaient à réchauffer la vaste salle où évoluaient valets et servantes portant un plat ou une bouteille de grand cru à la main. Habillés de tulle verte et argent, de vestes couteuses et de chaussures cousues main, des représentants des grandes familles nobles de la ville dinaient, installés autour d'une longue table de chêne ouvragée recouverte d'une nappe de dentelle immaculée. Des conversations policées créaient un léger brouhaha élégant, entrecoupées à l'occasion de rires retenus et modulés ou d'exclamations étudiées. Lucien porta un verre à ses lèvres avec lassitude, en but lentement une gorgée et le reposa près de son assiette en veillant à ce qu'il ne tinte pas contre la porcelaine, meilleure façon d'attirer l'attention sur lui s'il voulait entendre une dizaine de voix pester contre son manque de savoir-vivre, brisant le calme dans lequel il avait réussi à s'immerger en coupant court aux tentatives de discussion de ses encombrants voisins de tablée. Il était vêtu d'un habit bleu commandé spécialement pour ce jour, combiné à des bas d'une blancheur de craie et des manches retroussées sur sa chemise à la dernière mode. C'était pour sa cousine, Mary-Sally, qu'il avait accepté de participer à la gigantesque mascarade qu'était ce diner de mariage, puisqu'elle y avait pris pour époux un seigneur italien installé ici depuis cinq ans. Dépositaire d'une richesse conséquente, de terres étendues et d'une réputation limpide, le fait qu'il fasse le double de l'âge de sa fiancée n'avait nullement arrêté ses parents, heureux de contracter un hymen favorable à tous points de vue. Lucien soupira discrètement. Il avait apprécié sa cousine quand ils étaient enfant, beaucoup moins depuis qu'elle avait pris goût à la vie mondaine, se comportant comme l'une des nombreuses petites dindes qui n'avaient en tête que leurs robes à froufrous et la recherche d'un bon parti. Il y avait des années, ils avaient partagé leurs jeux dans le parc de la demeure de ses parents, courant parmi les arbres, tombant à de nombreuses reprises et se faisant disputer par les adultes qui trouvaient leur attitude inacceptable. Aujourd'hui, il assistait aux épousailles d'une étrangère qui lui était indifférente. Il ne lui avait plus adressé la parole depuis longtemps. Depuis qu'il avait repoussé ses avances durant une soirée d'une même type que celle-ci, d'ailleurs. L'inceste et les problèmes de consanguinité n'effleuraient que rarement la noblesse et les mariages au sein d'une même famille n'étaient pas rares, voire courants. Ce jour-là, lors que l'orchestre allait entamer une nouvelle danse, Mary-Sally s'était approchée de lui, un sourire enjôleur sur son joli visage, et l'avait poursuivi de ses suggestions implicites jusqu'à ce que, lassé, il la plante au milieu de la salle pour aller inviter une petite brune en robe fushia. Elle avait pris cela pour un affront, ce qui l'enchantait puisqu'il l'avait fait exprès, et refusait de lui parler depuis. Elle l'avait cependant invitée à ses fiançailles, puis pour son mariage, sous la contrainte des convenances qui voulaient qu'il était inadmissible d'oublier un membre de sa famille lors de ces réjouissances, excepté si le membre en question en avait été exclu. Ce n'était pas le cas de Lucien et il s'était fait un plaisir de venir narguer sa cousine en se montrant à sa réception dès les premières minutes alors qu'il savait pertinemment qu'elle aurait souhaité le voir décliner l'invitation.

    La jeune mariée se tenait, rayonnante, à coté de son mari posté à l'extrémité de la table, surplombant ses invités qui la regardaient soit avec admiration, pour la minorité, soit avec mesquinerie pour la plupart des expérimentées qui ne manquaient pas une occasion de critiquer. Elle était trop expansive, elle aurait dû laisser son mari parler en le regardant en silence, elle devrait éviter de s'habiller de telle couleur car cela ne lui allait pas au teint, elle avait les hanches étroites, cela lui poserait des problèmes pour mettre au jour un héritier... Tous les sujets y passaient et les commères y prenaient plaisir. Les hommes choisissaient plutôt de s'attaquer à l'époux, se contentant de coups d'œil appréciateurs au corps ferme de sa femme. Ils se demandaient à voix basse si ce noble étranger s'était assez penché sur leurs coutumes, s'il saurait diriger sa maison, si sa femme serait heureuse, si le couple ne ferait pas un bon sujet pour les rumeurs discriminatoires d'ici quelques années... Rien que de très normal. Lucien s'ennuyait. Une chance que l'on arrive à la fin du repas, sinon il aurait été obligé de faire fi des convenances et de partir avant que l'heure du bal ne soit sonnée, se dit-il ironiquement. Il eût un faible rictus. Pour couper court à son ennui, il entreprit de détailler les visages qui l'entouraient, les reconnaissant du premier regard pour être ceux qu'il côtoyait en permanence. C'était souvent des femmes d'un âge déclinant et qui cherchaient à le cacher en se recouvrant d'une épaisse couche de poudre, des hommes dégarnis à la bouche tombante, des fillettes enrubannées piaffant d'impatience à l'idée que ce serait bientôt leur tour d'être enchainées à un homme, perspective semblant les remplir d'une joie que Lucien ne s'expliquait pas. Lui n'était nullement excité à cette perspective qui lui rajouterait une centaine d'obligations additionnées à celles qu'il avait déjà et qui l'ennuyaient profondément. Ses yeux vairons glissèrent sur ce qui avait été sa bien-aimée cousine, transformée en une péronnelle obsédée par sa réputation. Elle avait la beauté nordique typique des femmes de sa famille, elle aurait pu prendre un amant, plusieurs, et mener une vie dissolue, bien plus intense que le carcan dans lequel elle s'apprêtait à s'enfermer. Elle avait des pupilles bleus très claires dans lesquelles, en se penchant, on décomptait de minuscules cristaux bruns foncés, des cils aussi noirs que ses boucles vaporeuses, une taille fine bientôt alourdie par des grossesses répétées, une allure juvénile et candide et des mains de pianiste. Quel dommage de gâcher ainsi ces délicieuses caractéristiques.

    Des couples tournoyaient avec vigueur sur la pierre lustrée, esquissant les pas avec assurance et dignité pendant que les violons commençaient un solo langoureux. Lucien se détacha de la jeune femme qu'il avait choisi pour l'accompagner au cours de la soirée, jugeant qu'elle se collait un peu trop contre lui. A la fin de la chanson, il la confia avec courtoisie à un Lord d'un certain âge sans cavalière, qui accepta en la saluant d'un signe du menton. Lucien prit congé d'une simple courbette et se dirigea vers la porte sans regarder en arrière, ignorant par là le reproche muet que les yeux dorés de la noble lui adressait dans son dos. Sous l'arabesque de la sortie en bois ciselé, il appela un domestique d'un claquement de doigts hautain, un air impatient sur le visage. A présent qu'il avait joué son rôle et agacé sa cousine, il n'aspirait plus qu'à rentrer chez lui. Un homme en livrée pourpre s'empressa de le rejoindre en s'enquérant de ses volontés, les devançant en lui proposant à boire, un endroit où coucher ou quelque chose à grignoter en attendant l'heure de regagner les chambres. Lucien les balaya d'un geste de main en lui demandant d'aller chercher son manteau, laissé aux soins du majordome. Il s'adossa à l'embrasure de la porte en attendant qu'il revienne avec l'objet désiré. La nuit était fraiche, bien que le ciel soit dégagé de manière à ce que les étoiles répandent leur lumière avec facilité dans la ville, laissant peu de recoins d'ombres. Il tendit un bras pour que le domestique, revenu en hâte, y enfile la première manche du manteau, puis se retourna pour la deuxième avant de le fermer en l'ajustant d'un geste sec sur ses épaules. Snobant l'homme en pourpre qui lui souhaitait hypocritement un bon retour, il s'engagea sur le chemin dallé menant au portail de fer, sa canne d'ébène frappant les pavés. A l'entrée, un portier déverrouilla la serrure en silence, le portail s'ouvrit en grinçant, se referma dans bruit métallique et imposant. Il s'avança jusqu'à sa voiture arrêtée deux pas plus loin, en vrac sur un coté du trottoir, ainsi qu'à l'habitude. Lucien esquissa une moue désabusée. Victoria, son atypique cocher, n'était pas capable de faire quoi que ce soit correctement. Elle conduisait dangereusement, manquait d'écraser un piéton par jour, mangeait comme quatre, n'accordait aucun crédit à la retenue qu'elle aurait dû observer étant une femme et buvait beaucoup trop. Entre autres. Elle n'était jamais là quand il avait besoin d'elle, accessoirement, pensa-t-il en avisant la calèche déserte. Habitué aux frasques de son employée, il se dirigea d'un pas conquérant vers le premier bar venu, entrebâillant la porte pour regarder à l'intérieur. C'était une auberge mal entretenue, comme la majorité de celles établies dans cette ville, crasseuse et encastrée entre deux maisons délabrées. A une table dans le fond de la boutique, il aperçut la crinière indisciplinée de Victoria, occupée à ce qui semblait être un concours de boisson avec cinq grossiers personnages qui partaient n'importe quand d'un rire grasseyant et poisseux. Il l'observa jusqu'à ce qu'elle lève sa chope vers le ciel en hurlant des propos inintelligibles et fit demi-tour, s'enfonçant dans la nuit pour rejoindre son domicile. Victoria avait une conduite douteuse en temps normal, vu l'état dans lequel elle était à présent il ne se risquerait pas à la rappeler. Autant ne pas tenter le Diable, il tenait un minimum à la vie.

    Se repérant à l'aide des noms accrochés aux angles, il déambula dans le dédale des rues, bifurquant dans des ruelles malfamées et mal éclairées, ses pas résonnant contre les murs des maisons qui s'élevaient de chaque coté. Un chien détala devant lui. Il passa à proximité des remparts et prit à gauche, incertain de la direction mais ne pouvant se résoudre à avouer qu'il s'était à moitié perdu. Soudain, il crut entendre des pas se rapprocher de lui petit à petit. Lucien n'avait pas vraiment envie de savoir qui s'amusait à se balader dans un endroit aussi glauque à une telle heure de la nuit. Le bruit devait provenir d'environ cinq pas derrière lui. Se préparant à se retourner, levant sa canne au niveau de sa taille, il s'apprêta à porter un coup bien placé au cas-où la personne en question n'aurait pas des intentions pacifiques.


Dernière édition par Lord Lucien le Lun 25 Avr - 18:40, édité 1 fois
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Theophil

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Sam 6 Nov - 22:47

    [Voila! Enfin! Encore sorry pour le retaaaard ;o;]


    Theophil soupira une énième fois, et, comme pour exprimer son dépit, donna inutilement un coup de pied à la surface d'une flaque d'eau. C'était encore lui qui s'y collait.

    La nuit était tombée depuis un moment déjà, apportant aux ruelles malfamées un côté encore moins avenant que d'habitude. Les lieux étaient déserts, les habitants s'empressant de se boucler chez eux avant que ne sonnent vingt coups au clocher - il était plutôt malavisé de se faire voir en train d'arpenter les rues au delà de l'heure autorisée. Mais de toute façon, rares étaient les imprudents à tenter de profaner l'interdiction, surtout quand le Royaume était contrôlé par des gardes. En particulier par la Troupe Numéro 9, Terreurs des bataillons, aux soldats sanguinaires et belliqueux. Aux hommes entrainés, à l'esprit vif et aiguisé. Dont la force, la ruse...

    « QUINTE FLUSH! Lieutenant, lieutenant, j'ai fait une quinte flush royale! »

    ... Et la débauche n'étaient égalées de personne dans le corps de l'armée.
    La pièce, sauvée de l'obscurité complète par quelques chandeliers disséminés ça et là, empestait la fumée et l'alcool. Ses propriétaires, rien de plus qu'une dizaine d'hommes, étaient plus ou moins encore en uniforme, la plupart ayant retiré leurs veste et étalé leurs armes lourdes et cliquetantes un peu partout. Il aurait été conseillé de ne jamais déposer un sac de poudre à côté de bougies et draperies, mais en ce bas monde la prudence semblait totalement inconnue aux brutes épaisses dans leur genre - pourtant, le dirigeant de cette joyeuse bande ne comptait plus le nombre de fois où il le leur avait répété, avec une certaine patience toutefois mêlée d'exaspération.
    L'interpelé Lieutenant Theophil soupira, cigarette au coin des lèvres; s'étira, faisant au passage bruisser doucement sa chemise; observa le soldat d'un air las.

    « Et alors? Tu gagnes, et puis? C'était un final intéressant, bravo. »

    Il commença à ramasser les cartes étalées sur la table de bois massif, souillée d'alcool par endroit et susceptible de planter ses échardes à quiconque n'étant pas un habitué de la chambrée. Au centre du meuble étaient rassemblés en guise de mise quelques cartouches, cigarettes, pièces de monnaie et même une bourse contenant un substance "médicale" plus ou moins licite.

    « Bon, on fait une autre partie? »

    Il y eut comme un silence gêné autour de la table. La troupe de soldats, comportant surtout des hommes deux fois plus massifs que leurs Lieutenant, se tenait pourtant soudainement coït, étrangement calme, devant lui. Theo tapota de ses paumes les cartes réunies pour faire du jeu un tas épais et droit, puis commença à mélanger, toujours impassible en attendant une réaction de la part des autres gardes.

    « C'est que... Lieutenant, vous êtes arrivé à la troisième manche et donc vous êtes pas vraiment au courant que... Bah que, pour la mise...
    - Je suis bien au courant que tu rafles la mise. Après tout j'ai parié aussi.
    - Non, mais,c'est qu'il va être 20 heures bientôt et... »


    Theophil soupira, se rappela que les hommes qu'il avait à ses ordres n'étaient pour la plupart pas des lumières, et prit généreusement sur lui. Il libéra sa main droite pour tirer une dernière fois sur sa cigarette, avant d'écraser le mégot sur la table en soufflant un nuage de fumée. Allons bon, si ses gardes avaient l'art de tourner autour du pot, c'était probablement pour se donner le temps de réfléchir, les pauvres.

    « Quel rapport entre l'heure et notre partie de Brelan, tu m'expliques, Willson?
    - Bah, comme j'vous ai dis, vous étiez pas là depuis le début, mais Lieutenant, on avait parié aussi que c'lui qui perdrait en finale à la dernière manche devrait s'coltiner seul la surveillance de la partie externe de la ville pendant le couvre-feu... Heu, bah bientôt quoi... »


    Theophil arrêta de battre les cartes. Avant même qu'il ne puisse ouvrir la bouche pour tenter de répliquer que non, il y avait arnaque, qu'il pouvait considérer cela comme une sorte de mutinerie, et puis qu'il avait déjà effectué une ronde de plus hier soir, la cloche de l'église retentit. Un premier coup, long, grave et trainant, suivi d'un deuxième,... Les gardes restaient là, à attendre une réaction, sans faire le moindre geste indiquant qu'ils comptaient se préparer à aller effectuer une surveillance. Theophil cracha un juron.
    Plaquant les cartes à jouer sur la table , il se leva pour ramasser ses affaires en hâte tandis que sonnait le cinquième coup. Il passa en vitesse la ceinture à laquelle était accrochée ses armes, attrapa sa veste sans prendre le temps de l'enfiler, tout en profanant en pensée les tombes de ses hommes de main et en maudissant leurs futures dépouilles. Au passage, il donna un coup de pied dans un objet non identifié trainant au sol et pesta une dernière fois:

    « Et rangez moi ce foutu bordel! »

    La porte claqua, se refermant sur la chambre anormalement silencieuse.

    Theophil prit la venelle de gauche, celle qui longeait les remparts. Il avait renfilé sa veste, le fond de l'air étant beaucoup plus frais qu'il ne l'avait envisagé. Sûrement parce que le ciel était dégagé - la nuit était plutôt claire, les étoiles chassaient comme elles pouvaient les zones d'ombres. Voila au moins un avantage qui facilitait sa tâche.Theophil tourna à droite. Quelle plaie, cette surveillance! Comme s'il se passait quoi que ce soit d'intéressant. Voila un moment que les Résistants se tenaient tranquilles - en particulier depuis l'exécution publique de l'autre jour, pensait-il naïvement - et même si la périphérie de la ville était suffisamment loin du château, aucun habitant ne tenait à risquer sa peau en défiant l'Autorité. Il regagna la rue principale avant de prendre une ruelle à sa gauche. Un chat détala le long du caniveau; il l'observa jusqu'à ce qu'il disparaisse de nouveau au détour d'un croisement. Vraiment, il faudrait qu'il pense à faire payer les hommes de sa troupe, d'une manière ou d'une autre. Déjà, restriction sur la marchandise de cannabis. Ensuite... Ensuite, il leur ferait récurer la porcherie qui leur servait de chambre à tous. Vivement qu'il passe encore en grade, il aurait enfin droit à un appartement privée! Il emprunta machinalement une rue à droite. Et puis il faudrait aussi qu'il leur fasse subir un autre de ses entrainements mis au point par ses bons soins, hé hé hé...
    Il se stoppa soudainement. L'écho d'un bruit de pas lui parvenait. Mais pas seulement, un bruit plus creux s'ajoutait également à l'autre - l'on tapait quelque chose, une canne peut-être, en rythme avec sa marche. Tiens donc? Un Resistant se montrerait plus discret. Mais sait-on jamais ce qui pouvait se tramer dans l'esprit tordu de ces révolutionnaires.
    Theophil ferma les yeux un instant pour repérer d'où provenait le son - quelque part vers sa droite. Il regarda donc une ruelle de ce côté: personne. Il continua d'avancer jusqu'à se poster à l'entrée de la ruelle suivante; cette fois, une ombre s'étalait sur le sol. Plusieurs pas devant lui, il y avait effectivement quelqu'un de dos, un homme, une canne à la main.
    Le garde commença à le suivre, se rapprochant peu à peu sans prendre la peine de camoufler le bruit de ses propres pas résonnant également contre les pavés. Quand l'inconnu releva sa canne au niveau de sa taille, comme s'il s'apprêtait à s'en servir, il sut que le jeu ne durerait pas plus longtemps. Il fit cliqueter son pistolet.

    « Halte là. Qui que tu sois, il est strictement interdit de traîner ici pendant le couvre-feu. Retourne toi et lève les mains. »

    L'homme était plongé dans l'ombre des bâtiments qui les entouraient. Theo s'approcha encore pour le distinguer d'avantage; identifier l'inconnu était tout de même vivement conseillé avant de procéder à une arrestation. Et en effet...
    De là où il était maintenant, il pouvait voir que la main qui enserrait la canne - somptueuse - était d'une blancheur aristocratique. Ses cheveux, sûrement blond, d'après leur clarté grise, étaient soignés. L'inconnu arborait une veste luxueuse, des bas, des chaussures vernies... La tenue par excellence d'un noble. Aïe. Il avait gaffé.

    « J-je vous prie d'excuser mon comportement, il était irrespectueux vis-à-vis de votre titre. » déballa-t-il a toute vitesse en courbant la tête en même temps que son arme.

    Craignant soudainement pour son grade (imaginez, imaginez seulement vous retrouver de nouveau à la botte d'un de ces soldats stupides que vous auriez passablement maltraité pendant le court temps où vous lui étiez supérieur - non en fait, n'imaginez pas cette catastrophe), Theophil se devait pourtant d'éclaircir le pourquoi de l'histoire. Merde! Après tout ce n'était pas de sa faute s'il se devait de suspecter toute personne défiant la loi! Il inspira profondément et demanda, tentant de prendre tout de même l'air assuré que se devait d'avoir un garde.

    « Si... Si je puis me permettre, que fais... My Lord? à cette heure avancée de la nuit, dans des rues potentiellement dangereuses de surcroît? »

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Jeu 13 Jan - 4:25

    Lucien avait tendance à partir d'à-priori négatifs, qu'il soit de bonne humeur ou de mauvaise humeur. Il était assez négatif. Ou plutôt, il se fiait à son instinct, s'attachant superficiellement à l'allure d'une chose avant de la jauger psychologiquement. On ne comptait plus le nombre de personnes qu'il n'avait pas accepté de recevoir à cause d'idées qu'il s'en était faites, de détails qu'il avisait dans leur apparence. Parfois, un ruban de travers suffisait. Parce que cela le dérangeait pour une raison inconnue, une raison qu'il ne voulait pas ignorer et qui prenait le pas sur sa curiosité. Souvent, quelques temps après, il changeait d'avis sans se soucier de l'avis des concernés, s'attachant illogiquement à un compagnon qu'il avait d'abord ignoré. Et encore plus souvent, il abandonnait quelqu'un à qui il avait semblé, au premier abord, accorder plus d'attention que nécessaire. Inconstant et capricieux, il voletait de visage en visage sans s'arrêter, sans essayer de s'accorder aux sentiments ni de s'y attarder. Quelle importance, quand il avait les siens, si importants, qui demandaient son entière attention? Ceux qui s'en plaignaient n'avaient rien compris. La conversation qu'ils entretenaient ensemble n'était qu'une supercherie raffinée. Elle n'était nullement l'art de l'écoute, encore moins du silence*. C'était celui du combat pour la domination. Le piétinement de l'adversaire par le verbe, les agressions violentes par l'enchainement des mots, les mises à mort par l'essence. Ces murmures empoisonnés étaient capables de lui donner une sensation qu'il ne pouvait retrouver dans la tendresse d'une phrase attentionnée : celle, si simple, d'exister ; de s'imprimer dans la mémoire de son interlocuteur comme celui qui, une fois, avait réussi à percer ses défenses. Il n'était pas forcé de blesser, mais c'était une possibilité. Seulement agacer était déjà une victoire qu'il goûtait à sa juste valeur. Drapé dans son orgueil de guerrier oral, il méprisait ceux qui arrivaient à se satisfaire des phrases plates que leur offraient la pitié et la complaisance, les enviant aussi, de se contenter d'un plaisir aussi fade. Lui ne pourrait jamais se passer de ce qui l'amusait, d'une de ces occupations qui lui permettait de ne pas céder à l'ennui que lui procurait une vie où l'on ne pouvait lui opposer de refus. Sur le piédestal où il s'était lui-même hissé, il regardait de haut, impitoyable, ceux qu'il entendait piétiner à sa guise grâce aux moyens mis à sa disposition.

    Cependant, il était loin d'être inhumain et certains échappaient à ses piques acides : il s'agissait souvent d'enfants, que ceux-ci soient de sa famille ou non. Et sa mère. Sa mère qui ne reconnaissait plus rien et errait seule dans la demeure familiale, ne semblant pas comprendre lorsque l'on s'adressait à elle et se contentant d'esquisser un sourire agréable mais irréel au vide, ses mèches immaculées dégringolant le long de ses omoplates en boucles sales et emmêlées. De grosses touffes de cheveux manquaient parfois, près de son oreille droite ou contre sa nuque, sans que l'on ne parvienne à définir si sa vieillesse commençait à se faire sentir en laissant des marques sur un corps jusque-là épargné, ou si Maryweather les avait arrachés dans un moment de folie passager qui était passé inaperçu aux yeux des domestiques.
    Lucien l'enfermait dans une chambre inoccupée quand il ne désirait pas être dérangé. Cela arrivait souvent les jours où il avait des invités, car ceux-ci auraient pu être effrayés par la présence fantomatique qui se promenait dans son domaine à n'importe quelle heure, diurne ou nocturne, silencieuse et pieds nus, les talons claquant contre la pierre dans un rythme sinistre. Lorsque son fils la laissait seule dans une pièce fermée à clef, elle ne protestait pas. Cela ne semblait pas la déranger. Rien ne semblait plus la déranger, pensait-il avec amertume. Elle le fixait de son regard perdu et interrogateur, calme et souriante, assise au milieu de la pièce comme si de rien n'était jusqu'à ce qu'il ait refermé la porte sur elle, mal à l'aise. Sage comme l'enfant dont elle semblait avoir endossé l'esprit. Elle ne faisait plus rien toute seule, se laissant laver, habiller, coiffer par une servante qui était affilée uniquement à son service et devait se charger de sa toilette tout en surveillant ses escapades. Maryweather était sage. Elle était douce. Elle n'était plus vraiment là depuis longtemps, mais lui continuait à faire comme s'il y en avait encore quelque chose à en attendre.

    « Halte là. Qui que tu sois, il est strictement interdit de traîner ici pendant le couvre-feu. Retourne toi et lève les mains. »

    Lucien soupira. Qui donc était l'impudent qui osait lui parler de la sorte? Docile, il se retourna le plus lentement possible, sa canne toujours levée dans une maladroite position de défense dont il ignorait si elle serait réellement utile en cas de besoin. Mais après tout c'était mieux que rien. Il avait vaguement appris l'escrime pendant son enfance, jusqu'à ce qu'il négocie un coup maladroit qui l'avait propulsé contre le marbre de l'escalier et se blesse à la main. Sa mère, encore consciente de ce qui se passait autour d'elle à cette époque, et tellement protectrice avec lui qu'elle se transformait en lionne dès qu'elle pressentait un danger, avait refusé qu'il continue ses leçons. Elle avait hurlé tant et si bien que son grand-père, qui pourtant tenait particulièrement à ce genre d'enseignement, avait cédé à contre-cœur. Dans des moments comme celui-ci, il aurait cependant apprécié pouvoir compter sur un minimum d'acquis militaires. Qui savait ce que l'on trouvait dans les rues d'aujourd'hui? De la racaille, des violeurs, des bagarreurs, des résistants avides de publicité. En résumé, des excentriques qu'il ne faisait pas bon de rencontrer seul et désarmé. Lucien pesta intérieurement. A cet instant, il ressentait une poussée de haine subite envers tous ses employés sans exception, depuis Victoria qui s'enivrait joyeusement sans se soucier de lui jusqu'à Lelio qui était planqué douillettement dans ses appartements -s'il apprenait qu'il s'était tourné les pouces toute la soirée, il lui ferait amèrement regretter ce divertissement- en passant par Esther et Samuel qui n'avaient rien fait mais que son besoin de chercher des coupables l'obligerait à prendre en compte dans ses réprimandes grincheuses. Il leur ferait passer un sale quart d'heure en rentrant, histoire de leur faire comprendre qu'il n'appréciait pas qu'ils ne viennent pas à son secours illico quand il en avait besoin. Et peu lui importait qu'ils ne soient pas au courant de ses déboires. A eux de se débrouiller pour l'être, c'était leur métier de s'occuper de lui. Il les payait pour ça. Beaucoup trop peut-être, si l'on comptait que c'était entièrement de leur faute s'il était perdu en plein milieu de nulle part, agressé par un malpropre qui ne demandait sûrement qu'à le détrousser.
    Quoique la personne qui venait de l'aborder si agréablement n'avait rien d'un pillard des rues ou d'un occupant des coupe-gorges prêt à soulager le chaland de ses possessions -voire de sa vie si cela se révélait nécessaire. Le comte plissa les yeux. En fait, il portait l'uniforme des soldats de la ville. L'ineptie des propos prononcés le percuta alors. Celui qui venait d'arriver sournoisement derrière lui savait-il seulement combien d'hommes et de femmes se mouvaient dans la pénombre de la ville? Combien déambulaient furtivement dans les rues en évitant soigneusement de se faire repérer? Et combien d'établissements avaient réussi à créer des salles dissimulées dans des taudis ou des impasses où leurs clients pouvaient venir boire une fois le couvre-feu passé? Quelle naïveté. Lucien ricana. Il n'y avait pas grand intérêt à patrouiller ici, ou si peu. Dès qu'une loi était décrétée, la machine de la contestation se mettait en marche et des astuces étaient mises en place pour contrer le décret et prolonger clandestinement l'interdit. C'était presque mathématique.
    Au moment où il ouvrait la bouche pour réprimander vertement l'autre sur son impolitesse, il reprit la parole.

    « J-je vous prie d'excuser mon comportement, il était irrespectueux vis-à-vis de votre titre. »

    Lucien baissa légèrement sa canne, satisfait. Il préférait ce comportement, qui seyait davantage à son rang. Il sentit une satisfaction orgueilleuse couler en lui, celle qui naissait dès qu'on le reconnaissait comme supérieur hiérarchique, mêlée à la condescendance qui allait de paire avec elle. On était noble ou on ne l'était pas, et cela faisait toute la différence à ses yeux. Sans répondre, il se mit à détailler son vis-à-vis. Dans un coup d'œil mouvant, il embrassa sa silhouette, dériva vers la mâchoire, descendit le long d'une mèche de cheveux blonds, s'arrêta sur des pupilles gris clair, sur la courbe d'une pommette. Ce jeune homme n'était pas désagréable à regarder, c'était toujours cela de pris.

    « Si... Si je puis me permettre, que fais... My Lord? à cette heure avancée de la nuit, dans des rues potentiellement dangereuses de surcroît? »

    Cette fois-ci, ce fut un agacement immense qui remonta le long de sa colonne vertébrale jusqu'à la base de sa boite crânienne, comme s'il s'était soudainement matérialisé pour mieux s'imposer dans toute sa splendeur. Il pinça les lèvres. Ce sentiment était dû en grande partie à sa fierté blessée par son sens de l'orientation défaillant. Rien que de s'imaginer donner les véritables raisons -lamentables- de sa présence dans cette ruelle sordide lui donnait la nausée. Car comment ne pas se ridiculiser en avouant que lui, membre influent de la noblesse, s'était perdu en essayant de rentrer chez lui, juste parce que son cocher avait décidé qu'il serait infiniment plus amusant d'aller se saouler dans la première taverne venue plutôt que de l'attendre sagement en employée dévouée? Cela le faisant passer pour un faible qui ne savait pas tenir sa maison.
    Qui plus est, la femme en question se trouvait en train de boire, certes, là déjà campait un problème majeur pour son amour-propre ; mais qu'elle soit en train de boire dans une auberge qui n'aurait pas dû rester ouverte après un couvre-feu obligatoire en était un autre. Lucien balança une seconde entre la colère brute et un amusement qui n'était pas de mise (mais comment ne pas trouver cocasse une situation aussi... Hasardeuse?) et opta finalement pour le second. Il n'avait jamais eu l'occasion de fréquenter un des chiens de la royauté. Il les voyait, de loin, arpenter les faubourgs d'un pas mécanique et sûr, un air satisfait sur le visage, comme si le monde leur appartenait. Et il était vrai que le peuple, apeuré, rentrait la tête entre les épaules sur leur passage, car même quand ils n'avaient rien fait il était possible que tombe sur eux le couperet d'une justice aveugle et inégale. Les parents tremblaient pour leurs enfants, les enfants pour leur famille, les femmes pour leurs maris. On ne comptait plus les exécutions qui avaient lieu sur la place publique et déversaient des seaux de sang dans les rigoles des caniveaux. Lucien, avec tout son scepticisme élégant, aurait été incapable de déterminer si les hommes que l'on tuait par brassées étaient coupables ou non. Il détestait assister à ce genre de cérémonies qui mêlaient dans un vaste mélange hétéroclite les pleurs discrets des proches et les hurlements bestiaux des spectateurs avides de spectacles barbares. Fête macabre ou juste châtiment? Les avis étaient partagés. On hésitait.
    Toutefois, ces réflexions ne résolvaient pas son problème immédiat -celui de sa fierté bafouée et de la potentielle hors-la-loi qui lui servait à conduire sa calèche. Sans se départir de son calme insolent, il se résolut à parler.

    « Je ne pense pas que ce que je fais de mes nuits soit de votre ressort, Monsieur le garde. »

    Il assortit sa déclaration d'un sourire en coin qu'un observateur aguerri aurait pu qualifier de mi-lubrique, mi-moqueur. Aux questions dérangeantes, autant ne pas tenter de répondre en inventant un mensonge bancal. Le contournement suffisait. Il espérait qu'il n'y aurait pas de demandes de précisions malvenues, ou il serait obligé de crier au drame et de passer à la partie plus violente des négociations, celle qui figurait au chapitre des menaces et autres tortures visant à obtenir un silence relatif. Il privilégiait les pourparlers mais si on ne lui laissait pas le choix, il était malheureusement dans l'obligation de passer au niveau supérieur. Malheureusement. Très malheureusement. Cela se corserait encore si le soldat allait chercher ses petits camarades. Devant la foule, il fallait une bourse bien remplie. Mentalement, il recompta l'argent que contenaient ses poches. Il y en avait peu, mais assez pour contenter une bande de gueux ivrognes et malpropres. Normalement, il devrait s'en sortir sans problèmes.

    « En revanche, j'accepte votre si gentille proposition de me ramener vers le centre de la ville, loin de ces rues si dangereuses. Je vous en prie, passez devant. »

    D'un pas souple, il vint se placer derrière son interlocuteur et le poussa en avant de sa canne, le bois venant appuyer contre le bas de son dos et le propulsant vers l'avant.
    L'idée qu'il puisse ne pas être d'accord pour l'accompagner le lui effleura pas l'esprit. Cette proposition n'était-elle pas implicitement comprise dans sa question précédente? Et qui oserait refuser l'honneur de profiter de sa compagnie, ne serait-ce qu'un court moment? A cet instant, il lui semblait détenir le plan parfait : utiliser le garde pour le ramener vers un endroit connu sans perdre la face et sans s'afficher comme élément potentiellement incriminable. Son rictus en coin se transforma en sourire passablement satisfait.

    Il se mit à donner de petits coups de cannes dans les talons du jeune homme, lançant un message subliminal qui signifiait clairement : ''Dépêchez-vous''. Il aurait dû être sacré maitre dans l'art de la mauvaise foi et de la tyrannie facile.

    *Les relents de mon cours sur La Rochefoucauld me harcèlent /poutre/ Ça doit être De la conversation ou un truc dans le genre... La flemme de regarder dans mon cours.
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Theophil

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Lun 31 Jan - 0:00

    L'humeur du noble face à lui semblait pencher vers plusieurs alternatives différentes. Il avait semblé tantôt courroucé, tantôt satisfait, tantôt moqueur. A présent, l'énervement se disputait à l'amusement derrière ses prunelles. Theophil priait très fort Dieu-ne-sait-qui pour que l'homme ne se laisse pas emporter par ce côté démoniaque typique à certains nobles.
    Il en avait subi, des personnes influentes de la Cour. Chaque fois qu'il devait surveiller une réception, à vrai dire, ou bien lorsqu'on faisait appel à lui pour jouer le rôle du garde du corps. L'inconvénient avec cette dernière occupation, bien qu'elle le mettait à l'abri des entrainements boueux ou autres désavantages fastidieux de la vie d'un garde, c'était que beaucoup de nobles tyranniques confondaient ''protection'' et ''servitude''. Theophil, au lieu de rester à côté du noble, la main sur la gâchette de son pistolet, en était souvent peu à peu réduit à satisfaire des caprices incompréhensibles, qui finissaient toujours par lui retomber dessus. Un jour, alors qu'il avait renversé le verre de vin destiné au Baron qui le lui avait réclamé, il avait reçu en guise de punition pour son « insubordonnée maladresse » l'ordre de nettoyer la nappe chaque fois qu'une nouvelle tâche de vin oserait y apparaître – c'est à dire précisément à chaque fois que Theophil venait de finir de récurer la nappe en grommelant qu'il n'était pas une bonne à tout faire, et que le noble y jetait sans aucune pitié le contenu de son verre. L'épreuve façon tonneau des Danaïdes avait failli le rendre dingue; heureusement pour lui le Baron se contenta de ne gaspiller qu'une bouteille de vin. Mais tout de même, quelle méprisante situation. Après tout, Theophil n'avait presque pas fait exprès de renverser ce pauvre verre d'alcool, et c'était encore moins de sa faute si le contenu du verre avait malencontreusement fini sa course sur le visage du Baron.
    Heureusement pour Theo, le jeune homme en face de lui sembla opter pour le côté ''amusant'' de la situation. Avec un petit rictus moqueur, il répondit calmement:

    « Je ne pense pas que ce que je fais de mes nuits soit de votre ressort, Monsieur le garde. »

    Theophil mit quelques secondes à comprendre le double-sens de la phrase. Non... Ce noble ne parlait tout de même pas de... ? Il chassa de ses pensées aussi vite que possible la vision d'innocentes (enfin, si l'on peut dire) jeunes filles dénudées et rougissantes entre les griffes du bel inconnu riant d'un air diabolique. Était-ce bien ce qu'il sous-entendait, ou bien Theophil interprétait mal ce sourire qui lui semblait à présent légèrement vicieux ? Dans tous les cas, cela, en effet, ne le regardait pas, oh non. Même s'il ne fréquentait pas des symboles de chasteté et de vertu, mieux valait ne pas trop se mêler des affaires de débauches des nobles. Alors qu'il cherchait comment formuler des excuses quelconques, l'autre reprit :

    « En revanche, j'accepte votre si gentille proposition de me ramener vers le centre de la ville, loin de ces rues si dangereuses. Je vous en prie, passez devant.
    - ... Hein ? »

    L'interrogation lui avait échappée malgré lui. Avant qu'il ne puisse prononcer la moindre opposition – quelle opposition, crétin, tu penses avoir le choix ? – le noble s'était mû derrière lui pour le pousser en avant de sa canne. Une plainte presque gamine:

    « Mais je... »

    Il n'insista pas plus. Le bâton appuyait le bas de son dos de façon autoritaire.
    Et voilà, dans quoi était-il encore embarqué ! Ah, parce que tu croyais tranquille le métier de garde, peut être ? Tu espérais te la couler douce ? Mais être garde ne consiste pas à jouer les chiens-guides, bon sang ! Bien sur que si. Un chien de l'Etat reste un chien en toute circonstance.
    Il tut le dialogue muet de son esprit en secouant la tête. Derrière lui, le noble capricieux, mais qui semblait beaucoup plus joyeux, commençait à ponctuer leur marche de petits coups répétitifs sur ses talons. Quoi encore ? N'avançaient-ils pas déjà assez vite ? A cette vitesse ils atteindraient bientôt le centre ville pourtant... Un petit déclic. Theophil eut soudain très envie de rire de la situation. Mais cela aurait probablement irrité celui qui le réquisitionnait à cet instant. Aussi se contenta-t-il de piler net, au milieu de la rue sombre, ignorant la canne qui le persécutait. Réprimant du mieux possible le sourire narquois qui étirait ses lèvres contre son gré, il jeta un œil derrière lui pour observer le noble:

    « Sauf votre respect, my Lord. Je me suis dit que, peut être, ça vous intéresserait de savoir que vous me poussez dans la mauvaise direction. »

    Il acheva de se tourner vers le jeune homme juste derrière lui, avant de faire un pas pour se poster à ses cotés. D'un geste poli (autant que pouvait l'être un pistolet lorsqu'il désignait quelque chose) il pointa son arme vers le chemin à prendre, plantant ses yeux gris dans ceux du noble avant de s'incliner légèrement.

    « Revenir sur nos pas me semble plus approprié – sans vouloir offenser votre sens de l'orientation. »

    Puis il rangea enfin son pistolet à sa ceinture et se remit en marche, en sens inverse. En fait, ce noble l'amusait bien. Il avait parfois des airs bougons plutôt enfantins. Soudainement, connaître le nom de la personne avec qui il s'entretenait (ou croisait le fer, suivant les points de vue) depuis tout à l'heure lui sembla nécessaire. Autant risquer de poser la question – sans cesser de le prendre avec des pincettes, bien sûr, Theophil s'était sûrement déjà montré assez impudent comme ça.

    « Hem, et... puis-je savoir qui ai-je l'honneur de raccompagner cette nuit ? »

    La nuit en question promettait d'être risquée.

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Mar 22 Fév - 2:04

    Lucien leva les yeux au ciel en écoutant les balbutiements geignards de son nouvel acolyte -ou nouveau serviteur aurait-on pu dire, puisque c'était ainsi que le Comte voyait cette relation. Les prolétaires n'étaient donc pas capables de formuler une réponse cohérente. Il aurait presque eu l'impression de devoir véhiculer un infirme. S'il avait une réclamation à formuler, qu'il le dise clairement! Il n'avait pas de temps à consacrer au déchiffrage de langues inconnues, surtout quand elles venaient d'un être aussi insignifiant que le petit blond -enfin petit était une appréciation subjective, le garde ne l'était pas, il avait même une taille parfaitement honorable pour un jeune homme normalement constitué- qu'il tentait vainement de faire avancer du bout de sa canne. Il adressa une prière au Très-Haut dans un marmonnement incompréhensible, avalant la moitié des paroles latines. Il espérait que le dieu qui était censé planer dans les nuages ne lui en tiendrait pas rigueur ; ce n'était pas sa faute si cela faisait près de dix ans qu'il n'avait pas mis les pieds dans un lieu saint. En fait si, théoriquement c'était de sa faute, se corrigea-t-il mentalement, puisqu'il avait décidé de son propre chef que la religion n'était qu'un ramassis de foutaises et calembredaines, les prêtres des guignols opportunistes -ou trop idéalistes, ce qui était pire- et les croyants des naïfs bornés. Mais après ce qu'il avait vu se dérouler dans la nef, il y avait de cela maintes années, le Seigneur -s'il existait un quelconque individu immortel en équilibre sur un perchoir duveteux- pourrait éventuellement être indulgent et lui envoyer un compagnon digne de ce nom? Car l'autre n'avait pas l'air très vif, sauf quand il s'agissait de pointer son arme à tout va sans savoir où il la pointait, justement. Cf l'épique instant où il avait osé le menacer avec. Il souhaitait n'être pas tombé sur l'idiot de la garnison. Le garde n'en avait pas l'air, mais savait-on jamais. Les Princes, pour assoir leur autorité, devaient sûrement recruter à droite et à gauche tous ceux qui se portaient volontaires sans faire de sélection. Alors il ne fallait pas s'étonner si l'on se retrouvait avec des cas à l'intellect limité par la suite. Enfin, au moins avait-il réussi, pour un temps, à se tirer d'affaire. Son interlocuteur allait le ramener de son propre chef vers le centre sans que personne ne s'aperçoive que le Grand Lord Lucien s'était perdu dans sa propre ville de naissance. Il se savait magnifiquement intelligent, mais parfois ses éclairs de génie le ravissaient : Son salut se profilait enfin à l'horizon.

    Il claqua sa langue contre son palais et donna un coup un peu plus fort que les autres sur les chevilles de sa victime, ce qui lui sembla redonner un semblant d'énergie. Bien, une nouvelle donnée venait de s'ajouter : La force brut paraissait efficace contre l'énergumène. Il aurait été préférable qu'il obéisse au doigt et à l'œil à chacune de ses paroles dès qu'il les avait prononcées, mais après tout on ne pouvait peut-être pas trop en demander à ce genre d'être borné. Il s'y ferait avec l'expérience. Quoique Victoria semblât absolument imperméable aux directives qu'il lui adressait. Mais coupons cette désagréable réflexion avant de retomber dans la crise de rage intérieure pure et simple, dirigée contre cette pauvre femme qui ne demande rien de plus que de finir sa chope de bière assise sur sa chaise d'auberge. Et empêchons notre protagoniste de lancer une remarque grammaticale fortement déplacée -et qui ne ferait absolument pas avancer notre affaire- à savoir « On ne dit pas ''hein'' mais ''comment?'' » Bref, donc Lucien ne dira pas cela. J'en fais part en passant car il aurait très bien pu faire cette correction -cf esprit de contradiction développé, moqueries etc, etc. Seulement, pour ne pas se lancer sur des digressions orthographiques, syntaxiques et autres termes en ''ique'' -Pas de propos déplacés sur cette rime, je vous prie, ce n'est pas très élégant- on s'épargnera ce commentaire inutile. Fin de l'aparté.

    A son grand déplaisir, Lucien faillit rentrer dans le dos de l'autre, celui-ci venant de s'arrêter brusquement devant lui. Sa canne, livrée à elle-même, crissa sur les pavés et effectua un quart de tour dans sa main, sans toutefois tomber à terre. Il afficha une expression mécontente, lèvres pincées, un sourcil levé en accent circonflexe au-dessus d'une pupille brune et désapprobatrice. Allons bon, que se passait-il encore? Allait-on lui faire perdre son temps encore longtemps? Il faillit rompre le silence pour demander d'un ton sec ce qui se passait, mais le jeune homme le devança. C'en était trop. Dire qu'il avait déjà eu la gentillesse d'envisager de gaspiller sa salive pour s'enquérir du problème, voilà que l'on contredisait ses plans!

    « Sauf votre respect, my Lord. Je me suis dit que, peut être, ça vous intéresserait de savoir que vous me poussez dans la mauvaise direction. »

    Une vague d'irritation glacée déferla dans la poitrine de Lucien qui se renfrogna en fixant les coins de la bouche ennemie, celles-ci semblant avoir un peu trop envie de se redresser dans une posture qui ressemblait un peu trop à un sourire moqueur. Il frissonna lorsque l'autre se positionna à ses côtés pour lui montrer la bonne direction -ou du moins ce qu'il prétendait être la bonne direction, car personne n'avait la preuve que Lucien se trompait. D'ailleurs il aurait été plus probable qu'il ait raison. N'était-il pas un membre de la haute aristocratie? N'avait-il pas sa place à la Cour, parmi les Grands de la ville? Il était inenvisageable qu'il puisse avoir tort face à un homme sans richesse ni titre. Inenvisageable.

    « Revenir sur nos pas me semble plus approprié – sans vouloir offenser votre sens de l'orientation. »

    Son sens l'orientation se portait très bien, merci. Son amour-propre beaucoup moins. S'il ne prétendait pas connaître le chemin, il aurait au moins pensé s'y diriger correctement.

    « Hem, et... puis-je savoir qui ai-je l'honneur de raccompagner cette nuit ? »

    Au moment où la question retentissait dans la nuit, et avant qu'il n'ait pu réfléchir davantage aux conséquences de son geste, il donna un rude coup de canne à l'arrière des genoux de l'homme, de toutes ses forces. Certes, celles-ci n'étaient pas herculéenne, car le sport le plus rude qu'il pratiquait consistait à marcher de sa chambre vers son hall d'entrée et de sa voiture vers les demeures dans lesquelles il se rendait, mais il n'était pas une petite fille non plus. Il haussa les épaules. Il ne s'était pas rendu compte qu'il frappait avant de l'avoir fait. Il ne s'en était pas non plus rendu compte pendant. Il n'en avait pris conscience qu'après, au moment où un bruit mat était parvenu jusqu'à ses oreilles, mélange d'impact et de bruissement de tissu. L'uniforme de la garde était-il d'assez bonne qualité pour amortir les chocs? Une voix ricana dans un coin de sa tête, espérant bien que non, le tissu soit de si mauvaise qualité qu'il blesse aux coutures et irrite la peau. Décidément, l'insolence de cette engeance inférieure ne lui plaisait guère. Caressant un instant le corps de sa canne, la passant entre ses doigts recourbés, il finit par la faire retomber sur le sol. Il était ennuyé d'avoir frappé si vite. Comme il n'avait pas réfléchi avant de le faire, il n'avait pu ni apprécier la jouissance de retrouver un semblant de contrôle sur la situation, ni imaginer avec joie l'hypothétique douleur de l'adversaire. Il soupira intérieurement, déçu. Il s'énervait encore trop vite, parfois. Il allait falloir qu'il remédie à ces excès, une fois seul, installé tranquillement chez lui. Au chaud. En attendant, ceci ne constituait pas sa préoccupation première. Et en un sens, taper franchement sur quelque chose -en l'occurrence, un être humain- l'avait défoulé. Un peu. Il secoua la tête. Quelle importance? De toute façon, le garde avait tort. Ils étaient dans la bonne direction. Il en était intimement persuadé, et une intime persuasion ne pouvait pas venir de nul part, n'est-ce pas? C'était certainement un signe qu'il était sur la bonne voie. Évidemment, il ne reconnaissait aucune maison devant lesquelles ils étaient passés, les rues lui étaient totalement inconnues et les noms des intersections dans lesquelles il bifurquait depuis le début de la soirée ne lui disaient absolument rien, mais un oubli était vite arrivé, non? Il y avait tellement de rues, de bourgs et de ruelles qu'il ne pouvait les mémoriser en intégralité. Il était normal qu'il ne se souvienne pas de l'intégralité. Les paysages se ressemblaient tous entre eux ; il n'y avait pas trente-six solutions de construire une route : C'était une grande ligne avec des pavés et des maisons autour, quelques croisements et des trous dans le sol pour que les gens inattentifs se prennent les pieds dedans. Alors si c'était le paysage qui était la cause de ce trouble -pour un peu, encore une fois, que ce soit lui qui se trompe, le sens de l'orientation de Lucien n'était en rien fautif dans l'affaire, CQFD. Et si c'était la faute de celui qui avait construit les routes, l'autre avait eu tort de se moquer et Lucien était dans son bon droit quand il l'avait frappé, ce dont il ne doutait d'ailleurs pas une seule seconde. Il aurait dû lui donner un deuxième coup, pour la peine.

    Toujours boudeur, mais légèrement plus satisfait de lui-même, Lucien trottina sur deux pas pour se mettre à la hauteur de son compagnon, le toisant d'un air faussement innocent, et réellement railleur. Puis il le poussa contre le mur qui entourait la route. Il entendit avec satisfaction son crâne rebondir contre la pierre. Appuyé le moins possible contre lui -autant ne pas trop toucher à cette espèce inconnue-, sa main gauche était enroulée à la base du col, tandis que l'autre était serrée autour de sa canne, maintenue à l'horizontal contre la gorge de son pseudo-prisonnier. Il sembla réfléchir un bref instant, puis changer d'avis. Ses doigts se détachèrent du haut de l'uniforme pour venir entourer un bras le plus fermement qu'il le pouvait. Et dans l'esprit de Lucien, le seul endroit plus sûr que la cage qu'il venait d'improviser étaient les cachots du palais en personne. A chacun sa vision.
    S'apercevant qu'il se crispait de plus en plus sur sa canne à chaque seconde, il relâcha doucement sa prise. S'il tuait un garde, il risquait d'avoir des ennuis. Il se figea un instant, puis secoua la tête. Ce n'était pas une bonne idée. C'était même une très mauvaise idée. Cacher un corps se révélerait dangereux dans un espace clos ; l'on était certain de le retrouver au bout d'un moment. Il. Fallait. Rester. Pacifique. Son regard s'égara au coin de son œil, suivant les irrégularités des pavés sur le sol, avant de se relever vers sa rencontre de la soirée. Après ces violences d'usage, il jugea opportun de répondre à sa demande.

    « Je ne crois pas vous avoir autorisé à m'adresser des questions personnelles, Monsieur le garde. »

    Tout comme vous êtes priés de garder le silence lorsque je me trompe, insolent personnage.

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William

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Lun 28 Fév - 21:53

Night Time Coming



    Au dessus de la ville endormie, un oiseau prenait son envol. Le Corbeau semblait ne faire qu'effleurer les toits, silencieux et rapide, ses immenses ailes sombres flottant derrière lui comme un fardeau. La nuit était déjà bien avancée et, Vidal ne lui ayant donné aucune directive dernièrement, il avait jugé bon de s'exercer un peu. Il s'arrêta en douceur, son atterrissage faisant à peine claquer ses talons sur les briques écarlates, et regarda aux alentours d'un œil perçant. L'air glacé de la nuit pour seule compagnie, il avisa que l'hiver serait bientôt là. Il lâcha un profond soupir, caché dans l'ombre d'une cheminée plus haute que les autres. Avant de poursuivre sa recherche, il se laissa aller à contempler les paysages par delà les remparts infranchissables du royaume. Lorsque les princes seraient tombés, il montrerait cela aux pauvres enfants qui étaient nés sans avoir jamais foulé le sol de ces collines verdoyantes derrière lesquelles venait se cacher le soleil. C'était là-bas qu'était enterrée la religieuse à laquelle il devait son nom, c'était peut-être de là-bas qu'il venait, c'était là-bas qu'attendaient ceux qui espéraient des nouvelles de leurs familles, amis, amants enfermés...

    Un son insolite le fit quitter son utopie où tous seraient heureux et il tendit l'oreille, à l'affût. Deux voix masculines qui se rapprochaient lui parvinrent, se distinguant du silence de la nuit. Il reconnut également le martèlement d'une canne sur les pavés, dont le rythme soutenu laissait présager un noble plutôt qu'un vieillard. Glissant presque sur la toiture où il était perché, comme un serpent s'approchant de sa proie sans se faire repérer, il se dirigea vers la source du bruit, curieux de voir qui d'autre que lui pouvait bien se défier le couvre-feu. Ses lèvres se retroussèrent en un sourire joueur lorsqu'il reconnut le garde qui lui donnait le plus de fil à retordre. Le menton négligemment posé dans le creux de sa main, il observa la scène d'en haut, à l'abri de la mauvaise humeur du noble. D'ailleurs, celui-ci lui disait vaguement quelque chose, mais il ne parvenait pas à se souvenir de qui il s'agissait... Il devait l'avoir croisé au détour d'un couloir du château, un jour. Encore un de ces nobles qui ne leur adressaient pas même un regard.

    Soudain, après que ce très cher Theophil l'ai presque ouvertement tourné au ridicule, le noble aux cheveux blonds et aux étranges pupilles polychromes s'emporta, le frappant violemment de sa canne avant de le plaquer contre le mur avec une suffisance à peine dissimulée. Il avait l'air très contrarié, et ce spectacle combla le Corbeau de joie. Quelle honte pour le jeune garde de se faire ainsi maîtriser par un noble autrement moins entraîné que lui ! Le brun ne pût retenir un ricanement satisfait et décida de le faire enrager plus encore. Se laissant tomber, il se rattrapa agilement et fondit sur les deux hommes, s'arrêtant à quelques centimètres du noble qui lui tournait le dos. Un sourire sarcastique aux lèvres, il souffla au visage de Theophil d'un ton provocateur :

    « J'espère ne pas vous interrompre dans votre petit jeu... »

    Profitant de l'effet de surprise, il savoura un instant leurs airs incrédules avant de s'enfuir en courant, souffle de vent dans la noirceur de la nuit. Le garde pouvait bien le courser autant qu'il le voulait, ce monde-ci lui appartenait. Jubilant, il se fraya un chemin dans les ruelles sombres, attendant que la fuite soit plus ardue avant de monter sur les toits. Après tout, c'était bien plus drôle s'il le laissait s'essouffler un peu avant, non ?

_________________
.

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Entachée de sang





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Theophil

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Mar 1 Mar - 14:38

    [Woaaah ça fait longtemps que j'avais pas répondu aussi vite *o* *CRASH*]

    C'est parce qu'il avait été pris par surprise. C'était uniquement pour cela. S'il n'y avait pas eu l'étonnement, ses années d'expériences auraient eut vite fait de l'emporter sur le reste. Et puis, s'il n'avait pas été dos à son attaquant, aussi. Et puis même, c'était parce que son adversaire était noble, il s'était laissé avoir pour ne pas le contrarier, voilà tout. Par politesse.
    … Hum. A quoi bon continuer ? Si même Theophil n'arrivait à gober ses propres mensonges, ça ne servait plus à rien de tenter de se leurrer. Il s'était fait maîtriser comme un simple débutant – c'était dur et délicat à admettre, mais vrai.

    Le noble avait d'abord envoyé sa canne percuter l'arrière de ses genoux. Déséquilibré, c'est tout juste s'il n'avait pas manqué de se vautrer par terre. Mais il s'était vaillamment repris, et rapidement, s'était tourné vers le responsable du bleu qu'il commençait déjà à sentir à l'arrière de sa jambe, une expression de légère surprise sur le visage. Le noble avait-il voulu recommencer à taper ses talons de sa canne et, pour une quelconque mystérieuse raison, avait manqué sa cible initiale ? Bien sûr que non, lancée avec cette force le coup avait tout l'air d'être volontaire. Alors quoi, non seulement il devait se coltiner un inconnu hautain, pervers, capricieux, gamin, mais également, en plus de tout cela, fourbe et violent ? Mais le pire restait à venir. C'est quand il vit le noble approcher, un air faussement innocent collé au visage, mêlé à une attitude purement narquoise, qu'il commença à éprouver de sérieux doutes et qu'une crainte non dissimulée vint à le faire frissonner. L'expression diabolique de l'inconnu témoignait du sombre projet qu'il avait l'air d'échafauder mentalement – et avait de quoi faire fuir toute personne désireuse de vivre longtemps –, Theophil voulu faire un pas en arrière, instinctivement, mais avant même qu'il ne s'en rende compte, il n'avait plus les yeux en face des trous.
    Alors que la rue était obscure, que la nuit les enveloppait, de sombres lumières vinrent à danser devant les prunelles étourdies du garde. Ce n'est que bien longtemps après avoir entendu un bruit mat qu'il ressentit un élancement à l'arrière du crâne, obnubilé qu'était d'abord son corps par la soudaine présence d'un mur de pierre derrière son dos. Un souffle vint effleurer son visage – il se mit en quête de sa propre respiration sans parvenir à la trouver. Quelque chose bloquait l'accès de l'air vers ses poumons – il comprit que c'était la canne qui était appuyée contre sa gorge. Quand il leva mollement une main pour s'y opposer, on attrapa fermement son bras.
    Et alors que l'agonie semblait s'éterniser, encore et encore – Jésus-Marie-Joseph, même Dieu, pourquoi pas, Allah, Bouddha, Vishnu, Rê, Zeus, n'importe qui. Un petit avorton à moitié païen ose demander de l'aide. Parait-il qu'il est en train de mourir étranglé. – la pression contre sa gorge se relâcha enfin. Tandis qu'il reprenait sa respiration, son regard s'accrocha à celui face au sien. D'ici, il remarqua que le gris des iris différait entre les deux yeux; simple détail qui lui apparaissait là, comme toujours lorsque telle ou telle bagatelle nous marque au cours d'une situation critique.

    « Je ne crois pas vous avoir autorisé à m'adresser des questions personnelles, Monsieur le garde. »

    Ah tiens donc ? Theo partit au quart de tour, sans même réfléchir – alors que jusqu'ici il avait pris soin de peser consciencieusement chaque mot, même insolent – il lâcha une insulte à demi-étouffée. Peut être regretterait-il son impulsion, plus tard. Ou peut être pas. Au pire, il mettra cela sur le compte du manque d'oxygène, voilà tout. D'une voix enraillée, mais un sourire effronté aux lèvres, il continua:

    « Tout comme je ne suis pas autorisé à vous rendre vos attaques, n'est-ce pas, Lord ? Ne le prenez pas mal surtout, mais moi, j'appelle ça de la lâcheté. »

    Mais la fin de sa phrase s'éteignit doucement dans le fond de sa gorge. Les yeux écarquillés, il fixait l'apparition fantomatique derrière le noble.

    « J'espère ne pas vous interrompre dans votre petit jeu... »

    Cette voix, ce masque, ce sourire railleur. Corbeau.
    Corbeau, le résistant qui n'avait l'air d'avoir pour autre passe-temps que le continuel plaisir de contrarier le garde. Se montrer, parader, et disparaître comme un lacet de fumée qu'on tenterait vainement d'enserrer entre ses doigts. Encore une fois, Corbeau venait le provoquer. Et pas seulement en se pavanant, mais en venant souligner d'un ton moqueur la condition actuelle de Theophil – c'est à dire (enfonçons encore un peu le couteau dans la plaie) acculé contre un mur, encore à moitié assommé, menacé par un noble sans connaissance apparente du combat, contre lequel il n'avait pas le droit de filer un seul coup de poing.
    Corbeau, comme toujours, se volatilisa.
    Theo vit rouge – passez-moi l'expression. Ah non, il ne le laisserait pas fuir comme ça. Pas alors qu'il ressentait le désir brûlant de se défouler. Il ne pouvait pas frapper le type en face de lui ? Aucune importance, c'est la peau de Corbeau qu'il aurait à la place.
    Brusquement, il se dégagea de l'emprise du noble pour s'élancer à la poursuite du résistant.

    « Corbeau, ordure ! Reviens ici ! »

    Décidément, c'était un jour pour les politesses.

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Lun 25 Avr - 18:23

    Par le truchement de l'inadvertance (ou plutôt par le truchement des circonstances normalement anodines qui lui avaient fait rencontrer un garde désagréable, peu consciencieux et inconscient de ses responsabilités, que Dieu était cruel envers ses fidèles sujets), Lucien se retrouva, une nouvelle fois en ce beau soir d'hiver, plongé dans un état de choc profond et pourvu d'une envie de meurtre qui l'était encore plus. Car le charmant garçon qu'il était n'étant pas encore totalement sourd, bien qu'il pratiquât assidument la surdité sélective, avait bel et bien entendu ce que l'inconnu -l'insolent- lui avait dit. Et on ne l'insultait pas sans en payer automatiquement les conséquences. De la manière la plus odieuse et la plus imaginative qui soit, si possible. Quoiqu'il était capable de s'accommoder d'un règlement de compte ordinaire, à partir du moment où c'était douloureux.

    « Tout comme je ne suis pas autorisé à vous rendre vos attaques, n'est-ce pas, Lord ? Ne le prenez pas mal surtout, mais moi, j'appelle ça de la lâcheté. »

    Évidemment que tu n'es pas autorisé, pauvre abruti! Reste à ta place et boucle-la. Tu dois être habitué à la hiérarchie, non? Avec tous ces êtres crasseux qui te servent de supérieurs et qui t'envoient patrouiller à des heures indues. J'espère au moins que tu ne le fais pas de ton plein gré, sinon tu es franchement irrécupérable. Quoique cela ne m'étonnerait même pas, les lèche-bottes dans ton genre sont capables de beaucoup. Mais dans ce cas, agis de même avec moi. Ou laisse-moi t'apprendre le respect et surtout, surtout, tais-toi. Sinon, je ne garantis pas ta survie.

    Dans un accès d'ahurissement rageur, Lucien se demanda pendant un instant s'il n'allait pas recommencer à l'étrangler comme le misérable vermisseau qu'il était. S'il avait un peu de chance, il se retrouverait écrasé sur le mur et son corps laisserait une empreinte indélébile sur celui-ci, déclenchant une énième légende locale. Ainsi, il deviendrait célèbre, il acquerrait un semblant de renommée, ce qui ne lui arriverait jamais s'il continuait à vivre en léchant les bottes de tout un chacun -car sans paroles visqueuses, comment un avorton pareille aurait-il pu se faire engager dans la Garde du Royaume? Il était certain qu'il avait obtenu son poste par dessous de table, n'est-ce pas? Voire même en rendant d'autres services plus intimes. Il laissa échapper un ricanement. C'était sûrement cela. Obligé. Du moins était-ce ce dont il s'efforçait de se convaincre pour calmer l'irritation qui ne cessait de le tarauder depuis le début de la soirée. Il était si rare -quel dommage- que l'on rencontre des gens aussi agaçants que ce jeune homme, des gens qui ne savaient pas rester à leur place, se permettaient de parler lorsque personne ne les y autorisait, et formulaient des propos absolument inadmissibles dans un cadre de dominant à dominé.

    Il allait récriminer une nouvelle fois de façon musclée contre son interlocuteur lorsqu'un deuxième intrus se permit de s'incruster dans une situation qui était, à son avis, déjà assez embrouillée. Et assez irritante. Lucien se demanda vaguement s'il était maudit : toute la population s'était-elle concertée dans le seul but de lui casser les pieds?

    « J'espère ne pas vous interrompre dans votre petit jeu...
    Corbeau, ordure ! Reviens ici ! »

    Il n'eut pas le temps de formuler une seule parole qu'il reçut, dans le creux de son épaule, un coup lancé au hasard, se sentit poussé en arrière et se réceptionna sur les pavés -ou ne se réceptionna pas, selon les points de vue. Mais pour sa survie mentale, Lucien préféra se dire qu'il s'était repris de lui-même et avait atterri sur le sol de son plein gré. Bien qu'il ait parfaitement conscience d'entretenir par ces réflexions un déni un peu absurde. Un bruit saugrenu, entre le gémissement et le cri de surprise, franchit ses lèvres et il tenta tant bien que mal de le réfréner, trop tard. Heureusement, ce n'était pas comme si quelqu'un s'en souciait encore. L'apparition -qui pouvait être cet étrange personnage? On pouvait faire toutes sortes d'hypothèses, de la plus crue à la plus bancale- s'était carapatée aussi vite qu'elle était venue et l'autre imbécile de service s'était empressé de la suivre, le laissant seul ici. Une minute. Seul? Lucien promena son regard sur les alentours, un poil paniqué. Pitié Seigneur, ce n'était vraiment pas le moment de le replonger dans la galère jusqu'au cou alors qu'il avait enfin trouvé un échappatoire sans failles. Il resta ce qui lui parut de très longues secondes à détailler les rues plus sombres les unes que les autres qui s'alignaient autour de lui, perpendiculaires à celle où il se trouvait, accompagnant ses investigations de longues prières silencieuses -dont il inventait la moitié des paroles, mais quelle importance, il suffisait que Dieu sente sa sincérité, n'est-ce pas?- qui se rapportaient davantage à un automatisme dépassé qu'à une réelle inclination de l'esprit pour la pénitence, la chasteté et le reste de la panoplie vendue avec la bigoterie. Au bout d'un moment, il dût pourtant se rendre à l'évidence : aucun des deux zigotos semblant s'être alliés pour lui pourrir la soirée (et non, pour la dernière fois, ce n'était nullement sa faute s'il se retrouvait perdu en plein milieu de la nuit dans une ruelle déserte, obscure et sûrement assez malfamée) ne se trouvait plus dans les parages. Subitement, paraissant répondre à un instinct de survie encore inconnu de sa personne jusqu'à aujourd'hui, il sauta sur ses pieds, récupéra sa canne étendue de tout son long sur la pierre et se mit à courir, les bras bougeant au rythme de son corps. Il lui semblait avoir aperçu, loin devant, une silhouette en mouvement. Était-ce une de celle qu'il avait perdu de vue en tombant par terre? Il avait été tellement préoccupé par l'outrecuidance de ces prolétaires qu'il n'avait pas fait le moins du monde attention à la direction dans laquelle ils s'étaient évaporés. Il pensa avec mauvaise foi qu'ils auraient pu l'attendre, puis se ravisa en soupirant. Il n'avait pas envie que des gens s'arrêtent près de lui alors qu'il avait été, un, dans une position d'une infériorité flagrante (ce qui le mettait d'autant plus en rage qu'il avait dominé le garde avec brio quelques secondes auparavant), deux, qu'il se retrouvait à présent en train de mener une course poursuite agrémentée de mouvements qui manquaient clairement de dignité. Foutu blondinet. Et foutu empêcheur de tourner en rond. Qui était-il, celui-là? En quoi se permettait-il d'interférer dans ses affaires? Que voulait dire ce « Corbeau »? Ce n'était même pas un nom. Que faisait-il à se promener après le couvre-feu dans la ville? Quelle relation entretenait-il avec l'autre? Et puis, quelle importance? La seule chose qui l'intéressait réellement était de trouver une foutue personne connaissant les environs, et peu lui importait qui.

    Les yeux à moitié fixés au sol, tête baissée, il s'aperçut en relevant rapidement les yeux que la canne était rayée depuis la base du pommeau jusqu'au sommet. Il jura entre ses dents. S'il arrivait à rentrer sain et sauf chez lui, il aurait encore à se risquer auprès de cet infâme rapace chargé des réparations. Rien que l'apparence de sa boutique criait au monde qu'il trempait dans des affaires louches. Lucien n'aurait même pas été étonné si on lui avait dit qu'il commanditait froidement les assassinats de clients récalcitrants -ou mieux, qu'il utilisait ensuite leur chair pour son petit déjeuner, histoire de ne pas dépenser d'argent pour payer de la viande. Dieu que c'était pratique -et peu ragoûtant. Il fronça les sourcils pour s'empêcher de penser à des affaires qui n'avaient aucun rapport avec la situation présente. Il s'occuperait des détails matériels une fois qu'il aurait remis la main sur ce garde, qui était censé représenter sa porte de sortie -ou plutôt d'entrée- vers son chez-lui (pour ceux qui n'auraient rien suivi de la logique développée depuis le début de l'histoire).

    Comble de malchance, il s'essoufflait assez vite. Voire très vite. Quand était-ce donc, la dernière fois qu'il avait couru? Il avait beau réfléchir, il ne se rappelait plus avoir fait un quelconque exercice physique depuis le temps où il s'amusait joyeusement dans le jardin de la propriété -et encore, il était un enfant dépourvu de la moindre force. Son manque d'endurance ne jouait pas en faveur et le desservait même impitoyablement. Il respirait rapidement par à-coups, sa gorge le brûlait quand l'air y entrait, il avait l'impression d'avoir un poids au côté. Il passa une main sur son front pour la découvrir légèrement humide. Il ne manquait plus que ça. De plus, il avait perdu de vue la forme humaine captée plus tôt. Celle-ci s'était noyée dans les ombres de la nuit, pour son plus grand déplaisir. Il s'arrêta. Qu'allait-il faire, maintenant? Cela ne servait à rien de continuer à courir, il fallait qu'il se rende à l'évidence. Non seulement il ne les rattraperait pas mais se fatiguerait également pour rien. Il ressentait l'envie soudaine de frapper quelque chose. Si seulement le soldat pouvait réapparaitre dans son champ de vision, il ferait bon usage de son visage. Avec un peu de chance, il pourrait le redécorer à son goût. Ne serait-il pas mieux avec le nez de travers et la bouche fendue? Cela s'arrangerait facilement si on le laissait manipuler sa canne comme bon lui semblait -et il était heureux qu'on le laisse faire, d'ailleurs. Jusqu'à aujourd'hui.
    Il se perdit dans ses doux rêves de vengeance, bien qu'il sache pertinemment qu'il ne le mènerait pas à bien. Les spectacles de torture pure et simple le dégoûtaient assez. Il n'aimait pas la débâcle de sang et autres substances corporelles. Non seulement c'était inesthétique, mais en plus il en ressentait un certain malaise. C'était un peu inquiétant. Mais cela ne résolvait pas son problème. Il était de retour à la case départ, coincé dans un quartier de la ville qu'il ne connaissait pas (en même temps les endroits qu'il connaissait se résumaient en peu de lignes, ceux où il avait l'habitude de se rendre seul et dont il connaissait le chemin l'étaient encore davantage), sans compagnie et loin de sa demeure. Il n'avait aucune idée de l'heure. Comment de temps s'était écoulé depuis le moment où il avait décidé de rentrer? Peut-être qu'au moment-même où il faisait le point sur sa désastreuse situation, Victoria sortait de l'auberge en titubant ou s'écroulait sur sa table. Toujours était-il qu'elle trouverait forcement un toit qui l'accueillerait pour la nuit, elle était débrouillarde. Ce qui n'était pas son cas. Il était très fort pour donner des ordres et faire enrager les autres, moins pour se prendre en charge seul. Il pinça les lèvres. De toute manière, il n'avait pas à se prendre en charge, les inférieurs étaient là pour lui. Ou devaient l'être.

    Par contre et pour en revenir à l'idée précédente de torture salvatrice, une ou deux gifles bien placées n'avaient jamais fait de mal à personne. Il aurait dû en profiter lorsqu'il avait coincé l'autre crétin contre le mur, histoire de lui faire sentir sa culpabilité dans l'affaire.

    Les bras croisés, Lucien continuait à fixer la rue devant lui comme si la solution allait soudain en surgir sans crier gare, ce qui était, somme toute, assez peu probable. Finalement, il haussa les épaules et se mit à marcher à un rythme soutenu, toujours haletant. Avec un peu de chance il mettrait trois mois à se remettre de son effort physique. Et cinq pour effacer toute séquelle psychologique. Alors quelqu'un paierait pour cela, c'était certain.
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Theophil

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Jeu 29 Mai - 19:46


  • Theophil courut, jusqu'à en perdre son souffle et jusqu'à ce que ses articulations le brûlent tant qu'il en oublia l'énorme bleu qu'il avait à l'arrière du genoux. Jamais il ne lâcha des yeux la silhouette insolente de Corbeau se découpant dans la nuit, plusieurs mètres devant lui. Pourtant, il perdait du terrain – il était endurant, mais Corbeau avait pris une avance que Theo ne parviendrait pas à rattraper s'il ne rusait pas. Sans cesser de courir, accélérant encore tant que ça lui était possible et ignorant son pauvre cœur affolé, Theo sortit son flingue de sa ceinture. Il se félicitait de l'avoir chargé par avance. Il ne prit pas la peine de viser – c'était impossible, en courant – et tira simplement droit devant lui, loin au dessus de la tête du résistant, dans le but de l'effrayer.
    Il jura l'avoir vu sursauter, mais impossible de s'avancer plus. Le nuage de fumée de son pistolet lui obscurcit un court moment la vue. Et soudainement, Corbeau disparut.
    Theophil déboula sur une grand place. Vide. Il s'arrêta si brusquement qu'il crut que ses jambes allaient le lâcher. Il s'obligea à ne plus respirer (son souffle était si bruyant qu'il semblait résonner dans toute la ville) pour écouter autour de lui : plus de bruit de pas, rien que le silence. Corbeau devait se cacher non loin d'ici – mais où ? Il avait dû quitter son champ de vision en tournant aussitôt arrivé sur la place. Mais avait-il pris la route à sa gauche, à sa droite, ou encore une autre un peu plus loin ? Ou bien avait-il regagné les toits, son terrain préféré, pour s'esquiver ? Theophil observa en l'air. Il n'y avait rien qui permettait d'escalader les murs – à moins que ce tuyau, contre le mur... Une ombre, sur le toit. Son sang ne fit qu'un tour – au sol, le soldat suivit la silhouette qui tentait de s'échapper, trahie par la lumière des étoiles. Ses pas s'accélérèrent en même temps que le rythme de son ennemi, sur les toits. Un coin de son esprit s'aperçut que Corbeau le faisait retourner sur ses pas – ah, le petit con voulait le faire tourner en rond, en plus ? S'il espérait le perdre, il pouvait toujours courir. Tout en marchant rapidement, Theophil rechargea son pistolet. Devait-il tirer de nouveau, ou risquait-il de permettre encore une fois à Corbeau de disparaître ? Mais Theophil vit approcher un nouveau carrefour ; intérieurement, il exulta : une fois arrivée à la dernière maison, Corbeau sauterait-il pour traverser la rue et atteindre le toit suivant ? Theo avait hâte de voir comment il allait se débrouiller. Il accéléra le pas, de façon à arriver au carrefour avant le résistant, et se prépara à tirer. Ce serait comme viser un objet mouvant à la foire.
    Mais une fois de plus, à sa grande surprise, Corbeau n'agit pas comme il l'avait supposé. La silhouette n'alla pas jusqu'au rebord du toit. Elle bifurqua juste avant, et sembla aviser un jardin que gardait un haut mur. Ni une ni deux, Theophil visa et tira sur la silhouette de Corbeau alors que celui-ci se laissait tomber dans le jardin à l'abri des balles. De l'autre côté du mur, il cru entendre un rire.
    Une bouffée de colère envahit Theo. Il commençait à se rendre compte que la chasse était finie, et  qu'il avait une nouvelle fois perdu son ennemi de vue. Le soldat donna un coup de pied rageur dans le maudit mur, insultant au passage Corbeau et tous les Dieux qui se mettaient entre son flingue et la tête moqueuse du résistant.
    Il entendit un bruissement sur sa droite, dans la rue d'à côté. Theophil se tourna brusquement, pistolet tendu vers la source du bruit.

    « Ah. Ce n'est que vous. » fit-il d'une voix pleine d'amertume.

    Il ne baissa pas son arme tout de suite, et quand il le fit, ce fut lentement et douloureusement. C'était idiot, puisqu'elle n'était plus chargée, mais il n'avait absolument pas envie de se soumettre une nouvelle fois, encore moins devant l'autre type.
    Devant lui se tenait le Noble insupportable. Et contrairement à ce qu'il venait de dire, c'était très éprouvant de retomber sur lui après cette course poursuite ratée. D'autant plus que l'inconnu avait dû le voir tirer sur Corbeau et le manquer. Comme s'il ne s'était pas déjà suffisamment tapé la honte quand le résistant l'avait surpris en position d'infériorité, coincé contre un mur. Décidément, ce n'était pas son jour.

    « J'espérais que vous auriez enfin retrouvé votre chemin. »

    Et que vous m'auriez foutu la paix en disparaissant à jamais de ma vue.
    Comme toujours lorsqu'il faisait preuve d'insolence, les mots, d'apparence polie, étaient contredits par l'intonation railleuse. Plus énervé que jamais, Theo avait décidé de ne plus se soucier de respect ou d'autres conneries du même genre – au point où il en était.
    Mais tout de même précautionneux, Theophil rechargea son pistolet de poudre. Peut-être que cela suffirait à dissuader le Noble de lui sauter dessus pour l'étrangler de nouveau.

    (Putain ce RP a trois aaaans °_°)


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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Dim 3 Aoû - 20:00

  • Enfin, il arriva à un endroit pourvu de présence humaine. Celle de l'idiot de tout à l'heure, qui venait de tirer dans le vide pour une raison inconnue, manquant évidemment sa cible. Lucien ricana intérieurement, encore essoufflé par sa course. Si seulement sa seule chance de rentrer chez lui avant le matin ne reposait pas sur ce gringalet. Si seulement il ne ressentait pas la soudaine envie de lui faire payer ses insolences. Pourquoi avait-il fallu qu'il tombe sur un des seuls êtres de cette ville à ne pas avoir peur des nobles ? Du moins, ne pouvait-il pas être assez respectueux pour tenir sa langue ? Sa pensée se dirigea un instant vers ses propres domestiques. Il haussa les épaules. A défaut de faire preuve d'autant de retenue qu'il l'espérait, au moins ceux-là avaient-ils la reconnaissance de la bourse, et savaient-ils s'arrêter avant de franchir le pas de trop. De toute manière, ceux qui allaient trop loin ne restaient pas longtemps chez lui. Dommage qu'il n'ait pas le même moyen de pression sur cet homme qu'il venait de rencontrer. Et qu'il espérait quitter au plus vite après avoir rejoint sa demeure, tout en en profitant pour lui faire ravaler ses affronts.

    Qui ne semblaient, par ailleurs, pas devoir finir tout de suite. Le coin de ses lèvres se crispa quand il se rendit compte de la manière dont il était accueilli. Ce « vous » quelque peu méprisant n'était pas pour lui plaire, d'autant qu'il n'était guère dans ses habitudes de se laisser traiter de la sorte, et en particulier par des inférieurs. La suite ne provoqua pas non plus chez lui une joie débordante. Si l'homme restait dans les strictes limites de la politesse, sans déraper comme quelques minutes plus tôt, il était certain de sentir l'agacement sous les termes policés de ses paroles. Ses gestes n'étaient pas plus engageants, de toute manière. S'il n'avait pas peur de se sentir paranoïaque, il aurait juré que le canon du pistolet s'était attardé plus que nécessaire dans sa direction. Il ne l'aurait peut-être pas parié, mais son instinct lui soufflait que le garde ne lui était pas forcément favorable. Ce qui lui était bien égal, car pouvait-il réellement avoir cure des sentiments d'un soldat crasseux et vagabond ? Tout ce qui importait, c'était qu'il puisse rentrer chez lui et venger son honneur bafoué. Celui-ci se réparait doucement, l'attitude déconfite du garde y étant pour beaucoup. Il semblait qu'il ait laissé s'enfuir sa cible. Il ricana doucement. Non seulement il avait affaire à un malpoli, mais également à un incapable. Quel tableau ! Il avait sûrement affaire au troufion de la bande. Il espérait que ses supérieurs rattrapaient tout cela, car sinon la monarchie courait à sa perte. Cela ne le dérangeait pas spécialement en soi, mais il tenait à ses privilèges et à ses richesses, et il préférait avoir des macarons au petit-déjeuner que faire le traîne-savate pour un bout de pain dans des ruelles crasseuses.

    « Que je retrouve mon chemin vous aurait-il aidé à vous acquitter convenablement de votre travail ? Je suppose que vous n'aviez pas l'intention de laisser cet homme s'enfuir. »

    Lui n'avait pas actuellement la patience de se couvrir de sous-entendus. Il entendait pouvoir rétorquer de la manière qui lui plairait. Il en avait le droit. Sa naissance, son rang, son évidente supériorité le lui autorisaient. Ce n'était donc pas le comportement d'un sombre crétin, ignorant de la soumission qu'il lui devait, qui devait lui imposer une quelconque loi. Il laissa son regard glisser sur le pistolet que l'homme venait de remplir de poudre, puis esquissa un geste vague de la main.

    « Vous pouvez bien recharger votre pistolet, si vous visez toujours aussi bien, je doute que cela vous soit d'une quelconque utilité. »

    De toute façon, il ne voyait pas à quoi cela pourrait bien lui être servir. Son ennemi devait être bien loin, à présent, et le seul qui se trouvait dans les parages était Lucien. Il eut, un instant, un regard suspicieux, puis décida qu'il se faisait des idées. Qui pouvait bien être assez stupide pour oser tirer sur un noble en pleine tyrannie monarchique ? Celui qui ferait cela était sûr d'être traqué et abattu sans autre velléité de jugement. Personne n'oserait, bien sûr. Il se rapprocha d'un pas.

    « Si vous avez fini de courir bêtement dans les rues, il serait bienvenu que vous reveniez à vos devoirs. Il vous était demandé de m'accompagner. »

    Il avait hésité avant de choisir le terme « demander », et avait marqué un silence subtil juste avant de le prononcer. Tout cela n'était qu'une jolie manière d'enrober ses volontés. Lucien ne demandait jamais, il ordonnait. Et tous étaient tenus de subvenir à ses besoins et, avant tout, à ses désirs. Malheureusement, l'homme semblait n'avoir que de très vagues notions de ce qu'il pouvait dire ou non, faire ou non, et le comte était fermement décidé à défendre ses droits.

    Si seulement il était tombé sur un homme plus fidèle que cet idiot. Pas une femme, non, les femmes étaient souvent trop timorées (sauf Victoria, qui ne l'était pas assez, et tenait davantage du bucheron que de la lavandière) et peu utiles dans ce genre de circonstances. Quoique il aurait peut-être mieux valu cela que tomber sur un âne comme celui qu'il avait en face de lui. A cause de cette entrevue malencontreuse, il s'était perdu (il omit de s'avouer à lui-même que c'était déjà le cas avant d'effectuer cette rencontre impromptue), avait malmené à la fois son corps et sa fierté, et n'était pas plus avancé que lorsqu'il venait de quitter la soirée à laquelle il se trouvait. Il poussa un soupir, regardant le garde de manière sceptique.

    « Quoique, sûrement êtes-vous davantage un boulet qu'une aide véritable. »

    Il se disait de plus en plus, à chaque seconde qui s'écoulait, qu'aller tirer Victoria de la boisson aurait peut-être été moins contraignant que de chercher l'aide d'un individu de cet acabit, mal embouché, insolent, et qui plus est, ne semblant pas réellement dégourdi.

    Il leva les yeux vers le ciel, fit claquer sa canne sur le sol d'un geste impatient. Cet idiot ne se déciderait-il jamais à bouger ?
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Theophil

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Lun 1 Sep - 1:51


  • Le noble était à peine reparu que déjà, il se montrait encore plus insupportable qu'avant – si cela était possible. Theophil ne l'aurait pas cru. Était-ce que plus le temps passait, plus son noble et fichu caractère empirait ? Theo avait intérêt à s'en débarrasser le plus tôt possible dans ce cas.
    L'inconnu en était à une critique sur sa façon de tirer au pistolet, et déjà, le garde réprimait de nouveau des envies de violence. Il ne put s'empêcher de s'imaginer en train de lui prouver l'inverse d'un tir en pleine tête – il ne put s'empêcher non plus de marmonner :

    « Je ne voudrais pas faire une mauvaise rencontre en étant désarmé. »

    Il coula un regard très appuyé au noble.
    A cet instant, alors que l'autre continuait sa diatribe sans se soucier de lui, si ce n'était pour guetter une réaction énervée de sa part (et il n'aurait pas à guetter encore très longtemps, à ce rythme), Theophil constata que tous les nobles avaient pour point commun d'être exécrable. Certes, celui-là atteignait des sommets – pour son plus grand bonheur – mais il avait déjà rencontré et côtoyé plusieurs cas similaires. Dans ce cas, pourquoi soutenait-ils ces gens contre les révolutionnaires républicains, déjà ? Il faudrait peut-être qu'il pense à renouveler ses idées politiques. (Voilà qu'il devenait cynique à présent. Rien n'allait plus. Theo savait pourtant bien que tous les républicains n'étaient que des anarchistes sans foi ni loi, sans ordre ni moral. Il suffisait de compter leurs victimes pour le savoir. Mais bon, ce soir, il était pessimiste, et le destin semblait vouloir s'acharner sur lui de toute façon). Et après, on s'étonnait quand il faisait preuve d'insolence.
    Heureusement pour lui, jusqu'à présent, il avait toujours évité que ses manques de respects (certes rares et discrets) remontent jusqu'à ses supérieurs. En fait il avait plutôt toujours eu de la chance. Une fois, un Marquis mécontent avait bien essayé de se plaindre à plus haut gradé, mais pas de chance pour lui, la caserne était vide à ce moment là. La plainte était tombée dans l'oreille d'un autre lieutenant, peu regardant des règles en général, et n'était jamais allée au delà.
    Il mit ces pensées de côté aussi vite qu'elles lui étaient venues : le noble venait-il, d'abord, de lui ordonner de lui servir de guide à nouveau, ensuite, de le traiter de boulet ?
    « Mais c'est toi le boulet ! Qui se perd dans les rues à une heure tardive, me fait perdre mon temps et m'empêche de poursuivre mon tour de garde, me ralentit dans la poursuite de Corbeau ? Parce que c'est de ta faute, crétin, si je n'ai pas pu partir aussi vite que je l'aurais voulu, tu me bloquais le passage ! Espèce d'enfoiré de noble ! » aurait-il voulu dire à haute voix, et de plus belles encore. Mais, bon sens (et volonté de survivre) oblige, il se retint – presque, s'échappa de ses lèvres malgré lui un : « C'est l'hôpital qui se moque de la charité », tout bas. Du moins il l'espérait. Heureusement, une cloche venait de sonner au loin, couvrant certainement le son de sa voix au bon moment. Si le noble devait le gratifier de nouveaux coups de canne sur le trajet (parce qu'il allait bien falloir se résoudre à repartir) il sortirait de cette aventure plus fourbu qu'un soldat revenant de la guerre.
    … Une cloche?
    Theophil se rappela au même moment la signification de celle-ci : la fin de son tour de garde.
    Il remercia tous les Dieux à genoux en son for intérieur.
    Avant qu'un sourire large comme le bras ne le trahisse, Theo rangea son pistolet tranquillement et se tourna vers le noble.

    « Eh bien, Monsieur, mon service venant de prendre fin, je vous laisse. »

    Avant que l'autre ne proteste, comme ça aurait surement été le cas, Theo poursuivit en désignant de la main un point sur sa droite, au delà des nombreuses demeures voilées par la nuit.

    « Les ordres sont les ordres, je dois retourner à la caserne. Mais ne vous inquiétez pas, mon remplaçant finira bien par passer ici prendre ma relève, et il vous sera certainement un guide plus agréable. »

    « Par contre, vous ne serez surement pas le plus beau cadeau que j'aurais pu lui laisser. Mais d'ailleurs, ce n'est pas plus mal, ça me vengera un peu de la partie de cartes de ce soir. » Il ricanait presque, intérieurement.

    Convaincu de son parfait droit de quitter les lieux – en fait, dans le fond, il n'en était pas si sûr, mais peut-être que s'il l'affirmait avec suffisamment d'aplomb, l'autre trouverait naturel de le laisser s'en aller – Theophil fit un rapide salut militaire au noble et se détourna, prêt à partir.
    Pour une fois, il avait hâte de rentrer à la caserne.

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Ven 2 Jan - 2:01

  • Les poils dans son cou se hérissèrent quand le garde laissa échapper une nouvelle insolence. Il espérait avoir mal entendu. Comment pouvait-on être aussi désagréable envers ses supérieurs ? C'était tout de même un monde de ne pas avoir, à défaut d'un respect bien ancré dans ses mœurs, un instinct de conservation un peu mieux exploité. Mais visiblement, l'homme en face de lui n'en avait strictement rien à faire. Lucien, qui avait l'habitude que le bas peuple s'écrase devant lui (sauf Lelio, qui prenait quelques libertés subtiles, comme un regard un peu trop appuyé et un soupir excédé de temps à autre, mais il s'agissait de Lelio et il ne saurait se séparer de son majordome sans que ses habitudes en soient profondément perturbées), le prenait très mal, et c'était le moins qu'on puisse dire. Le garde en face de lui ne semblait jamais abandonner la perspective d'être désagréable à son encontre. Malheureusement pour lui, Lucien n'avait pas dit son dernier mot. Si seulement il pouvait lui rabattre son misérable caquet une bonne fois pour toutes. Il en retirerait une satisfaction tellement délicieuse.

    Il allait ouvrir la bouche pour aligner quelques remarques méprisantes, quand l'autre lui coupa l'herbe sous le pied. Il fut tellement surpris qu'il faillit en rester la bouche ouverte. L'écho de la cloche retentissant encore dans le lointain, il fixa un instant le garde d'un air ahuri, puis se reprit pour lui décerner son air le plus dubitatif, sourcil en l'air et main sur la hanche pour parachever le tableau. Cependant, on lui tournait le dos, après un salut qu'il pensait pouvoir qualifier sans erreur d'assez ironique. Il grinça des dents, ses lèvres se pinçant sous l'effet de la colère. Il pouvait à présent l'affirmer sans crainte : il n'avait jamais rencontré un misérable aussi irritant de toute son existence, et il préférait mourir que le laisser s'en tirer à si bon compte. Il fit un pas en avant puis s'arrêta. Il pensa un instant à l'attraper par le bras mais décida qu'il ne devait certainement pas s'abaisser à courir après pareil homme – il était capable de se procurer une bien meilleure qualité, n'est-ce pas ? Autant laisser la camelote pour les autres. Après tout, toucher aux classes de pouilleux ne l'intéressait pas, quand bien même ils étaient passables pour tout être lambda.

    Il éleva un peu la voix pour être sûr que l'autre l'entende. Autant ne pas lui laisser l'opportunité de faire croire qu'il n'avait rien entendu, vu qu'il semblait que la proie sautait sur toutes les occasions de le laisser en plan, que ce soit de sombres histoires d'homme dans la nuit ou de tours de garde qui, il n'en doutait pas, n'étaient que pur mensonge. Et même s'ils étaient réels, ils étaient sûrement moins importants que la noble mission de le ramener à bon port, loin de la vermine à même d'envahir son espace vital.

    « A votre place, je ne ferai pas cela. »

    Il se ménagea une petite pause dramatique, en espérant que cela suffise à retenir le sombre crétin qui représentait à la fois sa seule planche de salut dans ce monde cruel qu'était la ville, le soir, quand on était perdu (vaguement égaré, lui souffla son esprit fier, il était certain qu'il retrouverait son chemin si jamais il devait le faire, il n'était pas si imbécile, merci beaucoup), et la raison pour laquelle il était de mauvaise humeur – évidemment qu'il ne l'était pas avant, puisqu'avant de rencontrer ce garde, il n'avait absolument aucun problème.

    « Malheureusement pour vous, votre joli minois est assez reconnaissable. Que dira-t-on de vous si, par le plus grand des hasards, demain, un noble, un représentant éminent de la haute société de cette ville, venait à se plaindre d'un malotru vous ressemblant comme deux gouttes d'eau ? »

    Il pencha la tête sur le côté, bien qu'il fut certain que le garde ne le regardait pas. Il se demandait se celui-ci serait assez fou pour ignorer ses sous-entendus. S'il le faisait, nul doute que ses menaces se réaliseraient. Lucien avait toujours eu un grand sens de la justice. Ou la rancune particulièrement tenace, au choix, puisque le résultat serait le même.

    Il laissa échapper un ricanement.

    « Je me demande bien qui l'on croira. »

    Il frappa deux coups de sa canne contre le sol, puis décida d'avancer, d'un pas rapide, pour se poster juste derrière le garde. Tout ceci commençait à être plus amusant que ce qu'il imaginait. Quoiqu'il se passe, dans les deux cas, il serait gagnant. La bande de bouseux qui habitaient la caserne n'oseraient jamais s'opposer à lui, leurs supérieurs encore moins, accrochés à leur mesquin petit pouvoir et à leur vilaine tête comme ils l'étaient. Il imaginait déjà la face de ces vieux grigous quand il viendrait raconter sa petite histoire avec force regrets, en leur annonçant d'une mine contrite le manque de discernement d'un de leurs soldats. Ce serait sûrement fortement divertissant. Moins cependant que de faire plier le garde à son bon vouloir.

    Il reprit la parole, un ton plus bas, son sourire s'entendant à merveille dans le ton employé.

    « Je me demande bien qui l'on punira. »

    Nul doute que son petit stratagème porterait ses fruits. Il laissa échapper un reniflement de mépris. Il lui en ficherait, des tours de garde, quand il y avait un Lucien à aider. Ce jeune homme avait été bien mal élevé. Encore une de ces petites racailles des rues qui avaient réussi à se hisser péniblement jusqu'à un travail de barbares.

    Il écarta les mains, d'un mouvement moqueur.

    « A vous de faire le choix qui vous convient. Après tout, si vous ressentez l'irrépressible envie de finir au bout d'une corde, cela ne me ressemble absolument pas. »

    Il exagérait sûrement quant au châtiment, mais il commençait tout de même à faire froid. Il regrettait de ne pas avoir emmené un manteau plus épais. Alors si le garde pouvait se dépêcher d'adopter la seule voie qui paraissait devant lui, cela l'arrangerait grandement.
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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Dim 4 Jan - 1:47

  • « A votre place, je ne ferai pas cela. »

    Il n'aurait pas dû s'arrêter. Il n'aurait même pas dû l'écouter – pourquoi n'avait-il pas fait celui qui n'avait pas entendu, plutôt? Mais voilà, il s'était arrêté, et maintenant il était obligé d'écouter l'autre parler. Pire, il était obligé d'attendre qu'il daigne parler. Cela valait-il vraiment la peine, juste pour satisfaire sa curiosité? Fichue curiosité tiens. Theophil tourna légèrement la tête, montrant son profil en même temps qu'il écoutait le noble. Ce dernier poursuivit enfin sa tirade.
    Au fur et à mesure, Theophil ouvrit de plus en plus grand ses yeux. Le noble était-il vraiment en train de le menacer?

    « Je me demande bien qui l'on croira. »

    Il l'entendit frapper sa canne contre le sol, puis s'approcher de lui, rapidement. Sans pour autant se retourner, Theo se crispa. Étrangement, depuis leur altercation, tout rapprochement avec l'inconnu le tendait légèrement. Et plus sa haine pour lui augmentait, plus il souhaitait que la distance minimale entre eux s'agrandisse. Il entendit malheureusement la voix du noble trop près de lui, dans son dos – une voix douce, dont on entendait avec énervement le sourire.

    « Je me demande bien qui l'on punira. »

    … Ce type était pas croyable.
    Theophil eut un rire sans aucune joie. Il acheva de se tourner vers l'autre pour se retrouver pile face à lui. Il regardait le noble avec toute la haine dont il était capable lorsque ce dernier acheva sa menace avec éloquence, toujours le sourire aux lèvres, et les mains ouvertes de façon moqueuse.
    Il y eut ensuite un long silence, pendant lequel Theo évalua ses possibilités. Sa possibilité, en fait, il n'en avait qu'une. Et elle était très loin de lui plaire. L'ennui, c'est qu'il savait le noble parfaitement capable de réaliser ses menaces – il ignorait jusqu'à son nom mais cela, oui, il était certain qu'il pourrait le faire. Et, si jusqu'à présent il avait eu de la chance quant à ses quelques insubordinations, il ne tenterait pas le diable avec un tel homme.
    L'enfoiré avait raison : entre la parole d'un garde, et celle d'un noble, il n'y avait pas à réfléchir. Ne serait-ce que pour avoir la paix et éviter une plainte fatigante, ses supérieurs diraient amen à tous les souhaits du noble, et il serait puni. Au mieux, on lui filerait des corvées ; au pire, il en prendrait pour son grade. Son but était de parvenir au rang de Capitaine, pas de perdre celui de Lieutenant. Pour cela, il fallait obtempérer. Tant pis pour les heures supplémentaires.
    Il mit son orgueil de côté et inclina la tête en avant. Il n'avait même pas la force d'approuver oralement la demande du noble (un de ces « Vos désirs sont des ordres » conventionnels l'aurait littéralement tué sur place de honte et de rage).

    « Suivez-moi. »

    Puis tourna le dos au noble et se mit en route. Mâchoires crispées, il lâcha tout bas : « Je n'ai visiblement pas le choix, de toute façon » . Ses mots furent emportés par le vent nocturne.

    Il marchait d'un pas rapide. Il ne tenait qu'à l'autre de suivre le rythme – et si son altesse était trop éprouvée encore par sa dernière course dans les rues, et bien tant pis pour elle, il ne l'attendrait pas. Et puis quoi encore. Une pensée le fit sourire : à tous les coups, en plus, le noble serait trop fier pour lui ordonner de ralentir. Il accéléra un peu plus.
    A une intersection cependant, il dut s'arrêter – malheureusement – le temps de se repérer. Plusieurs chemins étaient possibles, lequel emprunter?
    (A sa gauche, une venelle étroite et tortueuse : elle n'était pas réputée pour mener aux quartiers les mieux famés de la ville... Et, l'éclairage y faisant défaut, un accident pouvait si vite s'y produire. Un agréable frisson le parcourut à cette pensée. Il coula un regard au noble, à côté de lui – lâcha un soupir déçu. Bien sûr que non, ce n'était pas possible, Theo. Et sois un peu plus discret quant à tes fantasmes, à l'avenir, il est très possible que l'autre type ait compris ce à quoi tu pensais.)

    « Souhaitez-vous toujours vous rendre au centre-ville? Ou avez-vous changé d'avis? » Se rappelant le sens de l'orientation du noble, il précisa, un sourire légèrement sarcastique aux lèvres : « Nous quitterons bientôt le quartier Est. »

    Avec un peu de chance (il y croyait encore), l'inconnu allait lui demander de l'emmener à un endroit moins loin que le centre-ville, et ils auraient moins longtemps à se supporter mutuellement.
    Ne jamais cesser d'espérer.

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Jeu 8 Jan - 21:25

  • Il exultait littéralement. Quel bonheur cela avait été de rabattre le caquet de cet insupportable petit insolent. Ah, il pensait l'avoir avec ses minables petites entourloupes ? Mais Lucien ne se laissait pas faire, par quiconque. Il se réjouissait à l'avance de toutes les piques qu'il allait pouvoir lui lancer sur le chemin du retour. Ce serait follement divertissant, surtout après tout ce qu'il avait enduré.

    Ce fut au point qu'il choisit d'ignorer le sourire sarcastique du garde, qui se comportait décidément en mauvais joueur. Il avait voulu se mesurer à lui, et il avait perdu, quoi de plus normal ? Face à Lucien, il ne faisait de toute façon pas le poids. Ainsi se contenta-t-il de répondre sobrement, avec calme et maturité, comme il le faisait toujours.

    « Le centre-ville, ce sera très bien. »

    Cela lui paraissait bien court, maintenant qu'il pouvait se vanter de sa victoire. Il l'aurait bien savouré encore quelques mètres supplémentaires, histoire de faire le plein de bonne humeur pour les quelques jours à venir. Le garde n'était pas une compagnie si désagréable quand il se tenait à carreaux. Il faisait peut-être partie de ce genre d'hommes qui devaient forcément se faire humilier pour filer droit. Lucien adorait cela. Il sourit.

    « A moins qu'ébloui par votre compagnie, je ne vous demande de m'accompagner jusqu'à ma demeure. »

    Il ne doutait pas une seule seconde que le garde en serait absolument ravi. Quel honneur pour lui que de marcher aux côtés de son supérieur. Il était persuadé qu'il devait s'étouffer de joie à l'instant même. Avec un peu de chance, il risquerait une autre remarque maladroite dans ce laps de temps et la joute verbale pourrait se finir de nouveau sur son écrasante victoire. Allons, allons, allait-il l'obliger à subir la cruelle torture de sa présence un temps supérieur à celui qu'il avait auparavant requis ? Ce serait si divertissant de voir sa mâchoire se contracter sous le mécontentement, et la colère briller dans ces yeux gris.

    Quelle idée de se mesurer à lui, aussi. Il était bien évident, dès le début, que le garde en serait pour ses frais. Du moins, Lucien n'en avait jamais douté. Il n'y avait pas moyen qu'un petit individu comme lui ne prenne le pas sur sa personne.

    Il remarqua qu'ils étaient toujours arrêtés à l'intersection. Lucien n'aurait pas été capable de dire dans quelle direction ils devaient partir, même si sa vie en dépendait. Il fit un geste vague avec sa canne.

    « Vous passerez donc devant, le temps que je réfléchisse tranquillement au sort que je voudrais vous faire subir. »

    Il avait finalement arrêté qu'il valait mieux se débarrasser le plus vite possible de cet énergumène, mais cela, il n'était pas obligé de le savoir. S'il pouvait le torturer psychologiquement encore quelques minutes, il n'allait certainement pas s'en priver – en espérant que le garde n'ait pas des instincts trop violents, qui pourraient le faire réfléchir à la possibilité de reprendre son pistolet en main. Malheureusement, dans le cas où il serait victime des nerfs du soldat, il craignait de ne pouvoir ensuite aller porter plainte. Mort, il apparaissait un peu compliqué de faire valoir ses droits.

    « Je suis certain que vous mesurez l'honneur qui vous est fait de marcher en ma compagnie. »

    Il ne doutait pas une seconde également qu'il donnerait cher pour lui enfoncer sa compagnie en travers de la gorge, ce qui lui donna envie de glousser – il se rappela à temps qu'il n'était pas une de ces stupides petites poules avec lesquelles il s'amusait dans les diners, voire après, quand la soirée devenait beaucoup plus intéressante.

    Sa soirée actuelle, si elle avait mal commencé, s'améliorait de seconde en seconde. Quoi de mieux que de passer ses nerfs sur une victime rendue silencieuse ? Il ricana. Forcément, tant que les conséquences ne suivaient pas, il était facile de jouer les impertinents. Mettre en jeu sa place et son confort, c'était tout de suite moins drôle.

    « Quelle joie que nous ayons encore quelques minutes pour chercher à nous connaître ! »

    Ce faisant, il poussa le garde devant lui, à l'aide de son pommeau, afin qu'ils puissent se remettre en marche. Il ne résista pas à l'envie d'asséner un petit coup sec au niveau de son épaule. S'il pouvait continuer à titiller son adversaire, autant ne pas s'en priver.

    Par ailleurs, il avait conscience de piailler à tout va comme une vieille fille mais après tout, quelle importance ? Il n'y avait qu'un garde grognon et frustré pour l'entendre, garde qu'il ne reverrait jamais, pour son grand plaisir. Il n'avait pas besoin qu'on lui rappelle le désastre de ce début de soirée par la présence d'un indésirable. Surtout quand cet indésirable avait la cause d'une partie de ses malheurs – ou de tous, si l'on généralisait, rien ne serait arrivé sans la sottise de ce soldat. Tout comme il était persuadé que le mystérieux homme qu'il avait cherché à poursuivre était imaginaire (il cherchait sûrement déjà à le semer, ce bougre d'animal), il pensait (bien évidemment à juste titre) que l'attitude du garde, dont la conscience devait être pavée de mauvaises attentions, n'avait eu dans cette soirée qu'un seul but : le ridiculiser. Il n'en était que plus satisfait de l'obliger à satisfaire ses désirs. Quel méprisable personnage, qui ne savait pas rester à sa place.

    Il laissa un sourire s'étirer sur son visage, cruellement déçu que l'autre ne puisse pas admirer le symbole de son triomphe fleurir dans son dos.

    « Cependant, attirés l'un vers l'autre comme nous le sommes, je ne doute pas qu'il soit sage que nous ne nous revoyions plus jamais, n'est-ce pas ? »

    S'il avait le malheur de le recroiser un jour au détour d'une rue, suivant son humeur, il n'était pas sûr de ne pas causer d'ennuis au jeune homme, ne serait-ce que pour son bon plaisir.

    Sa rancune, si elle était souvent changeante et fluctuante (comme elle l'avait été tout au long de l'entrevue), avait tendance à être tenace. Notamment quand son humeur n'était pas de la partie.
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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Mar 3 Fév - 1:28


  • « Le centre-ville, ce sera très bien. A moins qu'ébloui par votre compagnie, je ne vous demande de m'accompagner jusqu'à ma demeure. »

    Theophil sentit un frisson d'effroi parcourir son échine, et, il en était presque certain aussi, une veine battre sur son cou.

    « Mais c'est qu'il a le sens de l'humour, en plus. » marmonna Theo tout bas, entre ses dents serrées.

    Soit le noble ne l'avait pas entendu, soit il choisissait délibérément de l'ignorer. La seconde hypothèse était encore plus probable. Pour l'énerver davantage, ou bien pour ne pas risquer d'entacher sa si belle (et lâche) victoire contre lui, le garde n'en savait rien – ce n'était pas comme s'il pouvait deviner, comme s'il avait envie de deviner, ce qui se passait dans le foutu crâne de ce prétentieux, à supposer qu'il s'y passe quelque chose. (Oui, c'était bas, oui, c'était rancunier, et oui, ça avait le mérite de le défouler un peu. Comme imaginer tomber sur une bande de rebelles bourrés d'explosifs dont l'unique but serait de saigner le premier noble qu'ils croiseraient. Le tragique accident que cela serait.) Toujours était-il que l'inconnu, après avoir tergiversé encore un moment (oh, Theo lui aurait bien fait bouffer son fichu honneur et sa joie et toutes les autres inepties qui pourraient bien continuer à sortir de sa bouche par la suite, s'il avait pu), le poussa en avant pour lui signifier de reprendre leur route.

    Il n'aurait pas cru cela possible, et pourtant, ça l'était : il avait de plus en plus de mal à supporter le noble.

    Même quand il ne parlait pas, il paraissait dégager une aura des plus désagréable. Tout son être respirait la suffisance, si bien qu'à chaque nouveau pas qu'ils faisaient ensemble dans la rue, le noble semblait plus insupportable encore qu'au précédent.
    Nouveau coup de canne sur l'épaule. Theophil leva les yeux au ciel : ça faisait longtemps – peut-être bien que l'inconnu l'avait tout de même entendu marmonner, finalement.
    Il aurait bien envoyé une nouvelle pique au noble, au moins pour se venger un peu, seulement, à ce moment-là, quelque chose interrompit Theophil dans son entreprise. Il sentit son cœur bondir de joie à la vue de la place centrale de la ville. C'était un lieu où il passait au moins une fois par jour pour le boulot, où se tenait également le marché et tous les évènements importants (allant de l'annonce publique à la pendaison), un lieu tellement habituel qu'il en était devenu banal malgré les jolis colombages et l'immensité du parvis. Mais jamais il n'y était allé d'aussi bon cœur : même la menace de changement d'avis du noble ne lui parut plus d'actualité, à ce moment-là.
    Le noble choisit cet instant, alors qu'ils étaient tout proche d'aboutir sur la place, pour lancer une énième remarque. Son sourire était toujours aussi audible :

    « Cependant, attirés l'un vers l'autre comme nous le sommes, je ne doute pas qu'il soit sage que nous ne nous revoyions plus jamais, n'est-ce pas ? »

    Avec un sourire féroce, encouragé par la perspective de voir enfin leur entrevue se terminer, et la joie que cela lui procurait, Theo s'arrêta brutalement et se tourna vers le noble :

    « Mais tout à fait, Monsieur. C'est même la chose la plus pertinente que vous ayez dit ce soir. »

    Il exultait presque. Leur entretien était terminé, il avait respecté sa part du marché : plus rien ne pouvait lui arriver. Sa langue se déliait d'elle-même, impatiente d'en découdre : même l'éventualité d'un autre coup de canne ou d'une nouvelle baston ne lui faisait pas peur.

    « Alors, puisque tomber d'accord est un fait qui ne risque pas de se reproduire de si tôt, je propose que nous concluions sur cet incroyable événement. »

    Theophil ouvrit un bras largement pour montrer la place, à quelques pas derrière lui.

    « Vous constaterez que vous êtes arrivé à destination, comme vous le souhaitiez. Je ne doute pas désormais qu'un homme d'honneur tel que vous respectera à son tour sa parole. »

    De toute façon, il pouvait toujours venir se plaindre à la caserne, Theophil était tranquille. Le garde pourrait jurer sur toutes les reliques et tous les baratins sacrés qu'il n'avait pas manqué à sa parole. On ne pourrait que lui reprocher son insolence – et, actuellement, c'était un détail qui n'avait aucune importance à ses yeux.
    Il lança donc un dernier sourire éclatant à l'inconnu – qui le resterait, il l'espérait bien, pour toujours – et lui fit un dernier salut. Sur ce, il contourna le noble pour se remettre en route.

    « Bonne route, et à jamais je l'espère. » lança-t-il lorsqu'il passa à côté de lui.

    S'il était évident qu'il n'était pas sincère en lui souhaitant un bon retour chez lui, la fin de sa phrase, elle, était tout ce qu'il y a de plus véridique.
    Et s'il s'était montré particulièrement insolent à la fin de leur entretien, Theophil n'était pas pour autant complètement inconscient : il ne prit pas le risque de traîner plus longtemps près du noble. Ce dernier avait déjà suffisamment prouvé à quel point il pouvait être rancunier.
    Courage, fuyons, comme on dit.

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Lord Lucien

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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Mer 25 Fév - 18:50

  • Il priait pour que rien n'entache la fin de cette soirée. Elle avait commencé de manière assez désagréable, merci beaucoup. Et avait continué de manière aussi désagréable, jusqu'à ce qu'il entrevoit une faible lueur à la fin de celle-ci. Si seulement le garde avait été un peu plus coopératif, la joute en aurait été bien simplifiée. Moins gratifiante certes, mais au moins sa victoire aurait été sans tâche, et pas bancale comme il la sentait à présent. Alors qu'il se sentait de meilleure humeur, le garde à côté de lui paraissait sur le point d'exploser, et il espérait partir avant que cela n'arrive. Il était fatigué de se battre, mais il savait qu'il ne pourrait s'en empêcher si jamais l'autre se décidait à relancer les hostilités. Il était sorti vainqueur de la première manche, il ne tenait nullement à perdre sa victoire. Il en avait besoin pour pouvoir dormir tranquillement – enfin le reste de cette nuit, car il semblait qu'il avait perdu beaucoup de temps à errer comme un malpropre dans la ville.

    Au moment où il terminait sa dernière réplique, il sut qu'il venait très certainement de commettre une erreur, en voyant la cascade de paroles qui commençait à sortir de la bouche de l'impertinent qui lui faisait face. Suffoqué par l'indignation, il ne put que le regarder avec un air renfrogné. Ah, il se croyait autorisé à se montrer insolent parce qu'ils allaient bientôt se quitter ? Il le retrouverait, et on verrait bien qui rirait le dernier !

    Il mourait d'envie de le garder afin de lui faire regretter ses dernières paroles. Cependant, s'il cédait à la tentation, il montrerait son agacement au garde, ce qu'il se refusait à faire. Il était ridicule que de stupides paroles d'un stupide garçon l'atteignent. De plus, après que le garde ait fait une remarque sur son honneur, ce serait s'abaisser que répondre à ses basses provocations. Il se trouvait donc ben et bien coincé, ce qui ne lui plaisait pas le moins du monde. Car, d'un autre côté, s'il le laissait s'en aller sans autre dégât, il aurait laissé cet homme désagréable avoir le dernier mot, alors que c'était lui, et nul autre, qui aurait dû conclure cet entretien. Il avait l'impression de se faire congédier comme un vulgaire serviteur qui aurait mal agi (il ne s'était jamais retrouvé dans cette situation, heureusement pour lui, mais il supposait que l'état de rage et d'impuissance devait être sensiblement le même), quand il aurait dû se montrer grand seigneur. Il regretta qu'une patrouille ne passe pas à ce moment-là. Il aurait pu le dénoncer pour un méfait ou un autre, ce qui l'aurait grandement soulagé.

    Il était d'autant plus honteux que l'autre ne lui laissait pas le temps d'en placer une pour le remettre à sa place comme le vulgaire serviteur qu'il était. Il regretta de ne pas avoir trouvé une astuce pour se débarrasser du garde quelques minutes plus tôt, quand il avait encore l'avantage. L'autre passa près de lui sans un regard, lui lançant son ultime adieu.

    Alors qu'il se perdait déjà dans la nuit, il se décida à réagir.

    « Priez pour cela, car si jamais nous nous recroisons, nul doute que je rendrai votre vie encore plus désagréable qu'elle ne doit l'être actuellement. »

    Il ne savait pas si le garde l'avait entendu, mais il aurait au moins la satisfaction de ne pas être resté muet. Sa fierté ne s'était pas totalement relevée de l'épreuve, mais au moins avait-elle eu un dernier sursaut avant de s'enfoncer dans la boue.

    Si jamais il retombait sur lui, il tiendrait sa promesse. Il se rappela alors qu'il ne connaissait pas le nom de l'insolent. Il haussa les épaules. Mieux valait, après tout, ne pas retomber sur un tel énergumène. Il poussa un soupir. Cette soirée aurait donc été bel et bien catastrophique. S'il avait eu droit à un bref rayon de soleil, cela n'avait été que pour que le garde le gâche aussitôt. Il espérait que, comme lui, il garderait un souvenir cuisant de cette entrevue. Cela serait d'une maigre consolation, mais cela en restait une tout de même. En fait, il espérait qu'il maudissait actuellement son souvenir de toute la force de sa cervelle d'oiseau. Il se surprit à rêver au visage du garde si jamais il débarquait un jour devant lui, pour annoncer qu'il était mis à pied suivant son bon vouloir. Ce serait certainement jouissif.

    Il se renfrogna cependant. Si c'était pour essuyer encore une fois les sarcasmes désagréables de personnes inférieures, il préférait rester parmi les siens. Au moins, ses serviteurs, désireux de gagner leur salaire, ne réagissaient pas à ses brimades. Et il pouvait choisir les membres de sa caste qu'il souhaitait côtoyer, ce qui était bien plus agréable.

    Il regarda autour de lui. Heureusement qu'il reconnaissait les environs. Il n'aurait pas supporté de devoir chercher son chemin une fois de plus. Cet épisode lui avait au moins une nouvelle fois prouvé qu'il n'était pas fait pour la marche, et qu'il allait devoir baisser le salaire de Victoria pour lui apprendre à écouter un peu moins ses désirs et un peu plus ceux de son maître. Il espérait que Lelio ne se permettrait pas de donner le complément au cocher derrière son dos. C'était une lamentable habitude que son majordome avait prise, de prendre le parti des employés contre le sien. S'il n'avait pas été si habitué à lui, il aurait pris des mesures. Mais c'était décidément trop fatiguant de s'habituer à d'autres personnes, surtout quand elles ne se pliaient pas immédiatement à ses exigences.

    Les maisons, dans l'obscurité, avaient la même apparence, sans que rien ne les distingue les unes des autres. Qu'avait dit le garde, déjà ? Ah oui, « bonne route ». Même dit avec toute l'ironie dont il avait été capable, il aurait encore un peu besoin de ce souhait.

    Avec un soupir, il se remit en marche, tout en maudissant le souvenir du garde avec toute la verve dont il était capable.
Fin
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MessageSujet: Re: Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]   Aujourd'hui à 18:53

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Cavalcade en nuitée [Theo & Willy]

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